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 Berry "My sweet prince, you are the one"

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Sujet: Berry "My sweet prince, you are the one" Dim 30 Mar - 14:50

    I. IDENTITÉ

    Nom : Grange
    Prénom : Betty
    Pseudonyme : Berry
    Âge : 19 ans
    Date de naissance : 22 mars 1989
    Groupe : The outs


    II. PHYSIQUE

    Tantôt gamine, tantôt adolescente, son apparence possède diverses tendances qui n’échappent à personne. Sa personnalité candide ressort jusque dans sa manière de se vêtir, qui consiste à mettre le plus de couleurs possibles en avant afin d’attirer l’attention et d’égayer les couloirs de l’orphelinat. Elle ne s’est fixé aucun style et touche à tout au dépend de son humeur, selon qu’elle soit chagrinée, pleine d’entrain, fougueuse ou coléreuse. Chaque morceau de tissu recouvrant son corps fluet reflète un pan de son passé ou de sa personnalité. On notera qu’elle ajoute constamment une touche de noir afin de ne pas oublier qu’elle aussi, avant d’arriver à la Wammy’s House, a parcouru un chemin semé d’embûches. Et aujourd’hui encore, elle n’en voit pas la fin à cause des nombreuses injustices dont elle se dit être la victime. Elle évoque l’amour par le rouge étincelant de ses multiples écharpes ou de ses gants, mais ne laisse pas ce sentiment présider sur sa tenue vestimentaire. Elle veut mettre en avant le blanc de l’innocence, le bleu de la volupté et du caractère comme l’eau à ses heures perdues, ainsi que le vert de Dame Nature et le marron du chocolat doucereux qu’elle sait concocter avec brio. On dit que ses créations chocolatées sont très inspirées de celles du chocolat suisse, ce qui les rend particulièrement alléchantes. Ses gavroches sont le belge de la pureté et de la neutralité, mélange de gris de noir et de blanc peut-être ? Signifiant qu’elle ne prend le parti d’aucun clan, si ce n’est du sien dont elle est la seule participante. Et pour finir, elle s’arme de ses jupes longues ou courtes, volantes ou cintrées à la taille pour représenter sa légèreté, sa féminité, et secrètement montrer ses atouts charmes.

    Berry n’a jamais été une corpulente jeune fille. Elle a toujours possédé une carrure plutôt fébrile qui la rend faible et fragile en apparence. Ses épaules semblent carrées sous ses vêtements serrés ou larges, à cause de la maigreur de son corps. Cependant, cela ne l’empêche pas d’être pourvue de formes typiquement féminines, et qui ne trompent pas sur son sexe bel et bien confirmé. Elle ne se met pas en avant par provocation, mais parce qu’elle ne peut pas s’affirmer par le simple fait d’imposer sa personnalité. Après tout, comment pourrait-elle se mélanger aux autres à cause de son étourderie et de ses sourires incultes en apparence ? Alors pour rattraper le coup, elle apprit à se faire belle sans ressembler à une incongrue poupée Barbie, se vêtant de la manière la plus blasphématoire qu’il soit. Elle sait enjoliver son physique, mais si on ôte la légère couche de maquillage qui l’embellit, et les tenues vestimentaires extravagantes susceptibles de cacher quelques petits défauts anatomiques, voilà où nous en sommes.

    Berry a un visage tout ce qu’il y a de plus enfantin et de plus doux. Néanmoins, un aspect très adulte d’elle-même en découle sans que l’on ne sache pourquoi. Peut-être est-ce à cause de ses yeux noisettes grandement ouverts sur le monde qui l’entoure ? A moins que ses lèvres légèrement pulpeuses et rosies par la féminité dont elle regorge ne soient les uniques coupables ? Son nez peu présent, fin et parfaitement rehaussé pourrait être l’un des facteurs de ce phénomène ? Nul ne saurait répondre à cette question, pas même elle qui en est l’unique sujette. En se regardant dans le miroir, elle aperçoit une ravissante demoiselle à la chevelure plus ou moins volumineuse, châtain claire, mi-longue, aux mèches éparses et au front libéré par une frange à peine présente. Ses sourcils sont parfaitement symétriques et ses yeux possèdent des cils très prononcés, ce qui lui permet de faire des économies pour l’achat de Mascara. Afin de mettre en valeur la douceur de son faciès, elle use d’un maquillage très fin qu’elle appose soigneusement sur ses lèvres pour leur donner un teint rosâtre plus foncé qu’à la normale. La couleur s’accommode habilement à la pigmentation de sa peau, presque dénuée d’imperfection, puisque de toute façon, la perfection n’existe pas. Berry reste persuadée que ce L dont tous les orphelins sont fous, a besoin d’une bonne séance dans un institut de beauté. Le peu qu’elle a pu en entendre de la bouche de Roger la conforte dans son opinion arbitraire et injustifiée. Pour poursuivre sa description extérieure, on peut dire de Berry qu’elle possède une taille peu marquée, à cause de sa minceur. Cela est certainement dû à ces 1m65, ce qui n’est pas trop mal pour son âge. Berry a une tombée de hanches peu marquée de ce fait, ce qui ne l’empêche pas d’avoir un séant tout juste rebondi, attisant la curiosité des plus pervers. Et le pire dans tout cela, c’est qu’elle n’a jamais remarqué l’attention que l’on portait excessivement à ses jambes de mannequine, fines et dépourvues de graisse.

    Berry est donc une jeune adulte filiforme, belle et candide à sa manière.


    II. CARACTÈRE


    Berry est une jeune femme à l’esprit romantique et dotée d’une douceur inégalable, à coup sûr. Chacun de ses gestes est ponctué par cette caractéristique psychologique, allant jusqu’à empiéter sur le timbre mélodieux de sa voix. Si féminine et si naïve aussi , puisque tel est son plus gros défaut. En même temps, n’est-ce pas l’un de ses atouts charmes, malgré ce que peuvent en penser les autres ? En tout cas, il n’y a rien de plus insouciant que cette demoiselle, qui malgré son grand QI passe plus souvent pour une inculte que pour une intellectuelle irréprochable. En ce qui concerne ses capacités, elle les utilise que lorsqu’on lui demande, ou pour lire des magazines de mode en provenance du monde entier, lorsqu’il s’agit d’user des cinq langues qu’elle connaît sur le bout des doigts. Malheureusement pour elle, c’est ce refus de se vanter de son intelligence linguistique qui la rend quasiment inutile voire inintéressante pour les autres clans formés par divers orphelins. Notamment très étourdie et excessivement collante, elle est exclue par les autres, reste très souvent avec les seules personnes l’appréciant pour ce qu’elle est et non ce qu’elle paraît être. De toute façon, elle ne serait pas assez « futée » pour se dissimuler derrière un masque placide voire récalcitrant. Elle semble s’apprécier telle qu’elle est, mais a du mal à s’affirmer et dans son exclusion aurait tendance à se replier sur elle-même. Mais rien ne l’empêche de sourire bêtement, de faire des gaffes à gogo et de remplir sa petite caboche d’informations peut-être inutiles au sujet de la mode actuelle. En plus d’être naïve, bourrique, insouciante et quelques fois inconsciente, Berry est ambitieuse puisqu’elle rêve de trouver le prince charmant. Ce fantasme est aussi une preuve de son immaturité, de ses gamineries impénitentes qui n’en finiront jamais d’exaspérer ou d’amuser son entourage. C’est ce qui, en attendant, la rend plus humaine que les Autres.

    Cependant, derrière cette demoiselle remplie de défauts, s’enterre une Betty qui a besoin de se sentir protégée, aimée et appréciée. Elle méprise la solitude, parce qu’elle a peur du néant que cela occasionne, et de la déprime que cela peut susciter. Car si elle paraît être constamment débile, elle a pourtant des instants de réflexion, comme des interludes qui l’emmènent entre deux eaux. Car la disparition de ses parents a laissé quelques séquelles, et que le fait d’être exclue des clans de la Wammy’s House la blesse, sans qu’elle ne soit en mesure de se l’expliquer elle-même. Se voilant constamment la face, elle reste séquestrée dans sa fausse stupidité, persuadée d’être plus appréciée ainsi parce qu’elle fait rire en se cassant la figure (je vous l’accorde, ça ce n’est pas fait exprès), intrigue par sa naïveté et effraie par ses gloussements répétitifs et ses maladresses abracadabrantes. Sans compter les monologues qu’elle se concocte dans les profondeurs de ses pensées, dès qu’un ravissant jeune homme entre dans son collimateur, et n’oublions pas non plus ses bavardages ampoulés.

    Elle adore cuisiner, lire des ouvrages de mode, des magasines féminins et s’intéresse évidemment de très près au sexe masculin, en quête de ce prince avec qui elle aimerait retourner à New York. Les rares personnes qui lui parlent aisément savent à quel point Betty est dotée d’une humanité très grande, et d’une sensibilité qui découle subtilement de ses blagues à deux sous, et de sa douceur angélique. Gentille, pas vilaine pour deux sous, elle n’est qu’un « insecte » qui se fait lamentablement écraser par les autres, et qui essaie de s’attirer au moins la pitié des adultes.

    Elle parle cinq langues (anglais, italien, français, espagnol et chinois) et semble connaître ces quatre dialectes par cœur. Elle comprend les matières scientifiques.


    III. AUTRE


    QI : 159
    Manie : sourire bêtement quand cela lui chante, glousser désagréablement même dans les pires circonstances, rire nerveusement.
    Spécialités : Elle se casse régulièrement la figure et en ressort toujours indemne. Elle est un véritable cordon bleu en matière de cuisine.
    Rêve, Ambition : Son rêve est de trouver son prince charmant et de partir avec lui à New York. Hormis cela, elle n’a aucune ambition particulière, même pas celle de devenir L, mais ça, elle se garde bien de le crier sur les toits. Plus tard, elle aimerait suivre la même voie que ses parents, et travailler pour le compte de la littérature. Elle ne demande pas à être célèbre et se réserve sur ses réelles ambitions.

    Cauchemar, Phobie : Sa plus grande peur serait de voir ses rares relations disparaître, la laisser tomber ou la traiter de tous les noms. Bien qu’elle se fasse tout le temps rabrouer, elle est très attachée à ses relations et souffre d’un besoin oppressant d’être entourée, aimée et protégée. Elle a peur de la mort depuis celle de ses géniteurs. Ce qui l’effraie le plus dans ce phénomène naturel c’est l’idée que tout se termine, que tout disparaisse pour devenir l’impénétrable néant. Quelque part, elle ne supporte pas l’idée de devoir partir de cette planète un jour ou l’autre, trop attachée à son existence et à la personne qu’elle est. Néanmoins, elle est aussi partagée par l’idée de quitter ce monde pour rejoindre ses géniteurs au-delà des frontières mortifères, mais elle est terrorisée à l’idée d’être jugée au purgatoire.


    IV. HISTOIRE.


    Famille : Betty Grange est née du ventre rond d’une ravissante infante prénommée Lucy, dotée d’une chevelure identique à la sienne mais possédant en plus, des yeux d’un bleu spécial, avec des reflets verts. Berry aurait pu être dotée de cette fabuleuse caractéristique physique, mais n’aura hérité que des yeux noisettes de son patriarche. Lucy était une femme d’une trentaine d’année, londonienne, douce et très cultivée dans le monde de la littérature puisqu’elle était traductrice de livres et parlait donc plusieurs langues dont l’anglais couramment. On soupçonne que les talents accrus de notre surdouée viennent de là. Quant au père, il se prénommait Harrison, était lui aussi londonien et travaillait activement avec sa femme. Discret, joyeux et légèrement étourdi, voilà d’où provient l’enthousiasme de Berry. Il est aussi celui qui lui transmit la compréhension des sciences, étant autrefois un scientifique contraint de travailler dans un domaine qui ne lui plaisait guère. Mais après avoir défié l’autorité paternelle, il put parcourir la voie qu’il désirait tant.

    Le couple est mort tragiquement dans des quartiers malfamés, tandis qu’il rentrait chez lui à pied dans New York.

    Origine : Berry est une américaine, une new-yorkaise pour être plus précise. Elle a de la famille à Londres qu’elle n’aura jamais pu retrouver après le trépas de ses parents.
    Relations : Les relations véritables de Berry se comptent sur les doigts de la main. Elle s’est beaucoup rapproché du groupe des Dark Nightmare, y compris de son chef appelé Zero. Elle passe ses après-midi à cuisiner avec Unknow, allant jusqu’à créer des recettes farfelues. Il lui arrive d’organiser quelques sorties avec Knight, qui fait principalement partie des demoiselles avec qui elle aime s’aérer l’esprit que ce soit en ville ou aux alentours de l’orphelinat. Elle voue une admiration considérable à Only, mais elle garde ses distances avec cette personne, certainement par intimidation et parce qu’elle a peur de se faire rabrouer par cet « objet » de fascination ? Allez savoir. Pour ce qui est des quatre successeurs potentiels pour prendre le trône de L, elle éprouve pour eux une fausse indifférence, feignant de ne pas les remarquer. Il n’y a aucunement de la jalousie là-dessous, mais pour elle, la tranche d’âge ne correspond pas. Figurez-vous qu’elle aurait même tendance à avoir quelque peu peur d’eux… Les considérant prématurément comme des êtres surnaturels, alors qu’elle ne semble pas réaliser qu’elle aussi, à leurs âges, dévoilait des capacités jusqu’alors insoupçonnées.


Dernière édition par Berry le Dim 30 Mar - 14:59, édité 2 fois
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Invité
Sujet: Re: Berry "My sweet prince, you are the one" Dim 30 Mar - 14:52

    Histoire :

    Lucy et Harrison Grange, après avoir fui l’autorité de la famille paternelle procédèrent à une étrange mutation à New York, qui avait tout l’air d’être une fugue romantique. Alors âgés tous les deux de trente et quarante ans environs, les voilà qui sautèrent dans le premier avion, libérés de ces chaînes qui les bloquaient à Londres. Cela faisait un an qu’ils se côtoyaient sans jamais prendre une décision autonome. Depuis tout ce temps, ils n’avaient fait que compter sur celles de leurs dynasties, persuadés d’être plus heureux ainsi. Mais un beau jour arriva où la motivation n’était plus présente, où leur existence devenait une véritable calamité. Harrison fut le premier à se reprendre en main et à défier courageusement son père qui décidait tout pour lui, sans jamais lui laisser le choix. Alors que son accord n’avait nullement été acquis, les tourtereaux ne patientèrent pas et voulurent conquérir l’Amérique, pour le meilleur et pour le pire. Cependant, derrière cette mutation se cachait une toute autre raison. Leur départ n’était pas simplement dû à une pression familiale quelconque, mais à l’arrivée d’une petite fille qui, à cette époque, n’avait que trois mois dans le ventre arrondi de son infante. Lucy ne voulait pas révéler son existence à ses parents, connaissant leur réticence à l’idée de la voir partir avec Harrison, issu d’une modeste famille. Si en plus ils apprenaient qu’il l’avait mise enceinte, ce serait le scandale. Il était donc préférable de partir sans rien dire à personne, quitte à s’attirer les foudres de la famille d’Harrison.

    Six mois plus tard, à New York, leur vie fut égayée par l’arrivée de Betty, le 22 mars 1989, période durant laquelle ses parents étaient ennuyés financièrement. Son arrivée fut autant vénérée qu’appréhendée, car les moyens financiers du couple étaient tels qu’ils ne pouvaient prendre la responsabilité de sa naissance. Ils hésitèrent pendant quelques mois, et puis Harri trouva un travail. Les salaires s’encaissèrent, Betty ne fut plus un problème après que le jeune couple ait resserré sa ceinture pour ne pas faire d’extras. Ils durent se priver durant un bon bout de temps et étaient exclusivement focalisés sur leurs revenus mensuels. Ils les surveillaient méticuleusement, pour le bien de leur fille unique, riant insouciamment dans son berceau en agrippant de ses mains boudinées son pied droit. La situation des Grange ne fut confortable que lorsque Betty grandit, c’est-à-dire à partir de ses deux ans, où Lucy se sentit d’attaque pour reprendre le labeur. Deux salaires participèrent à la survie de la demoiselle, et elle fut gardée de très près par une nounou qui lui fit connaître la ville new yorkaise pour la première fois de sa vie. Cette femme qui l’accompagnait dans son quotidien s’appelait Line, elle était âgée d’une vingtaine d’années et se portait volontaire en tant que baby-sitter pour arrondir ses fins de mois. Elle avait été connue dans l’entreprise de Monsieur Grange, et s’était rapidement proposée pour l’aider. Elle offrit une ouverture à Lucy qui put reprendre le travail et soutenir son époux pour la survie de leur ravissante enfant. D’une beauté inégalable, elle possédait une blonde chevelure ondulée que Betty admirait secrètement. Il était évident qu’elle la comparait à une princesse dès son plus jeune âge, et elle la prit pour exemple lorsque Line lui raconta son existence. Elle lui narrait ses aventures enfantines par bribes, et à chaque fois qu’elles se baladaient sur le chemin de l’école ou les mercredis après-midis, elle lui dévoilait un nouveau chapitre de son passé. Elle contait avec de grands gestes et son récit prenait progressivement vie, captivant son auditoire uniquement constitué de Betty. Celle-ci la contemplait rêveusement de ses yeux ronds comme des billes chinoises, et lorsque sa voix mourait dans l’atmosphère, mademoiselle Grange était immergée dans ses rêveries lointaines. Son visage prenait une expression évasive, ses orbes tourbillonnantes d’innocence ne regardaient plus son interlocutrice. Elle était plongée dans des aventures imaginaires et romantiques car oui, Line lui inspirait tout cela à la fois. La prestance, la beauté ainsi que la perfection. Elle était aussi dotée d’une culture littéraire que Betty appréciait à sa juste valeur, et elle s’en délectait intimement, feignant de ne pas enregistrer chaque élément nouveau qu’elle apprenait. Sans réellement s’en rendre compte, son cerveau mémorisait chaque information inconnue et le rangeait convenablement dans un tiroir facilement imaginable dans son esprit. Lorsque ce dernier était bouclé, cela signifiait que l’information serait bien gardée, et qu’elle pourrait s’en servir le moment venu, tout en l’utilisant dans un contexte adéquat. Et inconsciemment, Line plongeait la fillette dans un monde de princes et de princesses, s’aimant d’un amour sincère et tissant des liens plus solides que le roc. Ses pupilles pétillaient dans le blanc de ses yeux et son faciès s’éclairait d’une envie de le trouver, elle aussi, le prince charmant. Car à force d’entendre sa nounou lui raconter des contes qu’elle avait lu étant petite, ou des aventures vécues dans son enfance avec des garçons adorables, Betty alors âgée de quatre ans, se voyait déjà dans les bras d’un séduisant homme. Son esprit fut nourri par des clichés, soit le stéréotype du couple parfait que tout le monde devait admirer et féliciter pour son Amour divinement construit. Son empire serait inviolable, et la fidélité la base de tout, comme la confiance que l’on vouait inéluctablement à son meilleur ami.
    Ces éléments instaurés dans sa caboche, Betty grandit dans la ville new-yorkaise qu’elle aimait par-dessus tout. Dans ces contrées fantasmagoriques où les néons étaient multicolores, et les buildings aptes à chatouiller le ciel, elle plongeait dans un univers princier, où la richesse, le luxe et la perfection de tout être humain étaient primordiaux. En bref, ce qu’elle voulait conquérir n’était que superficialité et fausseté. Elle se laissait berner par un mensonge qui aurait dû disparaître dès lors qu’elle grandirait. Pourtant, personne ne se doutait qu’elle resterait aussi immature et inconsciente. Sa façon de pensée ne changea pas au fil des âges, et elle s’épanouit dans l’émerveillement avec l’espoir de pouvoir, un jour, être aimée et protégée par un homme qui la respecterait et la couvrirait d’amour.

    En plus d’acquérir une immaturité déconcertante, elle était une enfant choyée, et lorsqu’elle dépassa ses six ans, ses géniteurs redoublèrent d’attention à son égard. Leur situation financière était si confortable qu’ils substituèrent leur appartement légèrement insalubre pour un autre, plus spacieux et moderne, à Brooklyn. La fillette s’y sentit à l’aise et alors qu’elle avait commencé sa scolarité incessamment sous peu, on remarqua son avance intellectuellement parlant. En effet, les professeurs, dès les cours préparatoires, remarquèrent sa vivacité d’esprit. Elle fut rapidement remarquée autant par sa naïveté et son insouciance que par ses connaissances littéraires, qu’elle déballait avec une spontanéité abracadabrante. Mais à cette époque, on pensait qu’elle bénéficiait seulement d’une mémoire surdéveloppée, et malgré ses quatre ans d’avance, Betty insista étrangement pour qu’on la laisse avec des enfants de son âge. Elle ne voulait pas être opposée à une tranche beaucoup plus haute que la sienne, pensant qu’elle serait forcément rabrouée par des esprits jaloux et malintentionnés. Ses parents respectèrent son choix et elle garda sa marge d’avance au fil des années de cours, ce qui lui permit de s’intéresser à bien d’autres choses.

    Oui, Betty n’aimait pas seulement déballer ses connaissances linguistiques à tout-va, mais elle adorait tout ce qui était splendide, et qui ne montrait aucun défaut. Par conséquent, elle prêtait plus d’attention aux belles œuvres architecturales, aux beaux habits et aux beaux garçons qu’à toute autre chose. Et cette attirance pour la sublimation se révéla réellement durant la préadolescence, période où elle découvrit ce qu’était la mentalité actuelle. La voilà entrant au collège et faisant une apparition fracassante, en trébuchant dans les escaliers des couloirs de l’établissement. Alors que l’étourdie tombait la tête la première, une âme généreuse l’avait agrippé par le dessous des épaules, et l’avait solidement serré contre elle. Un corps chaud ne fit plus qu’un avec celui de Betty, et fortement surprise et embarrassée de se retrouver dans une telle situation, elle ne laissa échapper qu’une exclamation de surprise. Ses affaires de cours atterrirent au bas des marches, et sa seule motivation était de voir le visage de son sauveur. Celui qui avait eu la pertinence de la soutenir dans ce moment de solitude s’appelait Calvin, et cette appellation lui fit rapidement penser à la marque de parfums appelée Calvin Klein. Elle se souvint avoir entraperçue la publicité dans un magasine de mode auquel elle s’était abonnée. Hébétée et ses yeux transperçant les siens, elle le dévora d’un seul coup d’œil. Sensiblement, le jeune homme crut un instant qu’elle le croquerait tout cru si l’envie lui prenait, mais elle contint toutes ses intentions farfelues et s’empressa d’abandonner la chaleureuse étreinte du valeureux chevalier. Il n’avait pas de destrier, n’était pas muni d’un sabre à la lame suintante à la lueur solaire, et n’était pas vêtu comme un prince. Mais au moins, il avait quelque chose de beau : son visage. Celui d’un ange, par la blondeur de sa chevelure, et l’innocence que dégageaient ses yeux. Une carrure pas plus imposante que cela, mais contre laquelle elle voulut se nicher pour se sentir à l’abri du grand Manitou.

    « Est-ce que tout va bien ? lui demanda-t-il. »

    Elle ne fut pas en mesure de répondre, subjuguée par sa beauté, muette comme une tombe et immobile.

    Ses joues rosies à cause de cette nouvelle rencontre, l’adolescente de douze ans pensa :

    « Oh !! Son visage, celui d’un chérubin à qui on aurait coupé les ailes et qui ce serait malencontreusement échoué sur Terre ! Et son sourire salvateur, sa voix suave et…je défaille ! Il est trop craquaaant !!! »

    L’extase s’empara d’elle, persuadée que ce face à face serait l’achèvement de ses fantasmes. Enfin elle pourrait assouvir sa soif d’amour, car elle voyait en lui tout ce qu’elle convoitait. Le charme, la gentillesse, l’attention, l’écoute, et autres caractéristiques qu’elle dénicha chez lui en apprenant à le connaître. Cependant, d’autres conquêtes se succédèrent après que Calvin l’ai lâchement abandonnée, sans lui prévenir qu’il déménageait dans le courant de l’année. Perdue, elle eut à faire à un Roméo dépressif qui croyait dur comme fer à la bienfaisance de la fumette sur son esprit, au stagiaire plus âgé qu’elle de trois ans dans la boulangerie du coin mais qui ne s’attardait que sur sa maigre poitrine. Il y eut entre autre, le voisin qui était un apprenti peintre et qui ne souhaitait prendre d’elle, comme modèle, que son corps nu. Sans omettre l’un de ses camarades de classe, passionné par la photographie et la prenant sous tous les angles, allant même jusqu’à soulever sa jupe pour garder en souvenir la finition raffinée de ses sous-vêtements. Allant de déception en déception, tombant de la rêverie à la désillusion, elle commença à croire que tout ceci n’était qu’un objectif irréalisable, que le prince qu’elle rêvait d’avoir à ses côtés n’était qu’une lubie. Elle aurait pu revenir à la raison si un événement n’était pas venu la chambouler en se pointant comme un cheveu sur la soupe.

    Il faisait froid ce soir là, en cette fin de journée d’études. Des frissons parcouraient étrangement le corps de Berry, après que celle-ci ai rompu avec le photographe incongru. Marchant d’un pas nonchalant, son sac à dos suspendu à son épaule gauche, elle traînait des pieds et portait difficilement le poids de son corps sur ses jambes. Il lui arrivait de s’arrêter quelques fois, comme éprise d’un pressentiment déboussolant. Bouleversée, elle surprit quelques palpitations puis plus rien. Tout semblait s’arrêter en une fraction de seconde, comme le réveil que l’on jette contre le mur lorsqu’il se déchaîne contre vous, en émettant sa stridente sonnerie. Notre romantique était dans l’état d’esprit similaire, en éveil, comme si elle se rendait compte de quelque chose. De quelque chose qui lui avait échappé depuis si longtemps, et pourtant, elle ne savait pas ce qui l’animait actuellement. Elle marchait encore et toujours après avoir stoppé sa marche, pressant petit à petit la cadence, telle une fanatique persuadée de rater un concert pour voir son groupe préféré. Captivée par la lueur de la pleine lune, elle s’était nouvellement interrompue dans sa démarche, et avait négligé l’heure qui avançait à en perdre haleine. Les aiguilles de sa montre en argent indiquèrent 19h00, une heure où il ne faisait pas bon de traîner dans les rues de New York. Bien que cette ville était magique par son aspect féérique et fantasmagorique, elle n’était en rien gouvernée par des êtres dotés d’une bonté sans limite. Il y avait des dingues partout, et son père n’avait jamais cessé de lui répéter les mêmes consignes. Ne jamais s’arrêter en cours de route, ne croiser le regard d’aucun individu sur le chemin du retour, ne pas parler à un parfait inconnu et surtout garder la tête haute pour ne pas donner l’image d’une faible. Pleine d’immaturité et surtout très stupide par moment, elle faisait tout le contraire, et tentait de charmer le premier venu en le transperçant de ses yeux faussement revolvers. Quand la première consigne n’était pas respectée, l’irrespect de la suivante se succédait aussitôt, lorsqu’elle adressait une parole mi-libertine, mi-candide au malheureux élu. Et quand ces deux premières conditions étaient remplies, elle finissait par se couvrir d’opprobre lorsqu’un vent la heurtait de plein fouet, l’incitant à se braquer et à baisser honteusement ses mirettes noisettes. Ces trois erreurs réunies auraient pu lui coûter cher, mais elle fut une fois de plus épargnée pour cette fois.

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Invité
Sujet: Re: Berry "My sweet prince, you are the one" Dim 30 Mar - 14:54

    Histoire (suite)

    En arrivant dans la demeure familiale, Betty constata avec stupéfaction que l’appartement était vide. Elle ne remarqua pas le petit mot laissé intentionnellement par sa mère sur la table de chevet de sa chambre. Il indiquait la localisation du couple : dans un restaurant très chic, qu’il avait décidé de s’offrir après une dure journée de travail, la tête dans des livres de langues étrangères.
    Pendant ce temps, le ventre de l’adolescente criait famine et elle répondit à toute vitesse à son appel, loin de comprendre l’importance de sa maladresse. Elle se délecta simplement d’une boîte de conserve qu’elle ouvrit habilement et dont elle fit chauffer le contenu qu’elle mangea avec gourmandise. Aussi étrange que cela pouvait paraître, même dans une telle situation où le travers de l’humain pouvait ressurgir à tout instant, Betty restait égale à elle-même et s’armait de sa grâce. Lorsqu’elle agrippait soigneusement sa fourchette, celle-ci suivait parfaitement le prolongement de son bras et qu’importait la normalité de la scène, elle exigeait naturellement que son poignet ne se arque pas pour que la continuité de son membre ne soit pas interrompue. Ce caprice de princesse resterait toujours inexpliqué, et sa droiture, sa stature pleine de prestance et d’innocence, faisaient d’elle une petite mondaine sauvant les apparences d’une famille, ayant fui ses origines. Portant rapidement la nourriture à sa bouche, elle mâchait consciencieusement, car elle avait lu dans un magazine étranger de nutrition, que manger lentement les aliments permettait une meilleure digestion. Et même si le repas n’en paraissait que plus long, son estomac en revanche lui en serait éternellement reconnaissant. Des rumeurs obsolètes prétendaient que cette méthode aidait à maintenir la ligne voire à maigrir, sans être contrainte d’avoir recours à des méthodes drastiques qui demanderaient à ce que l’on se prive de ses péchés mignons. Pour Betty, le plaisir et la liberté avant tout. C’était ce qui comptait le plus pour elle, même lorsqu’il s’agissait de sa vie quotidienne. Elle y apportait beaucoup d’importance, voire plus que ce qu’elle aurait dû donner à sa famille plutôt que de briser son petit cœur fragile avec des amourettes éphémères. Et elle dégustait son modeste mets, innocemment…

    Au delà de ses espérances, deux silhouettes tenues l’une contre l’autre dans les sombres ruelles d’Harlem s’évanouirent sempiternellement, sous des coups portés avec une cruauté sans précédent. Des hurlements et des pleurs, des cris déchirants, des adieux imprévus qui s’apprêtaient à devenir aussi douloureux pour les victimes, que pour leur chérubin à qui on avait lâchement mutilé les ailes. On venait de lui ôter ce qu’il avait de plus cher, et il regretterait de ne pas leur avoir dit « Je t’aime » plus souvent…

    Le lendemain matin, le soleil ne vint pas chatouiller comme prévu ses joues rougies par la chaleur de la couette. Il était dissimulé derrière une épaisse couche de nuages, et sa luminosité n’était plus qu’un épais voile semblable à une couche atmosphérique, qui recouvrait la totalité de New York. Une brise particulièrement faible soufflait, conférant à la ville un aspect morne et mortifère. La jeune demoiselle se redressa sur son séant, observant les draps éparpillés autour de son corps maigre en circonférence. Vêtue d’une chemise de nuit au coloris chocolaté, elle mit pieds à terre, persuadée de retrouver ses parents attablés dans la cuisine en train de savourer leur petit-déjeuner. Elle cligna obstinément des yeux et les écarquilla, faisant fi de cette impression de vide qui la hanta soudainement. Elle posa pieds à terre mais resta assise, respirant un bon coup et riant nerveusement de cette crainte subite qui se jouait d’elle depuis la veille. Elle joua quelques temps avec les mèches de ses cheveux, en les enroulant autour de son index longiligne. Sa main droite revint le long de son corps et l’adolescente entreprit d’aller à la rencontre de sa famille. Elle enfila ses pantoufles logeant confortablement ses petons, et elle s’emmitoufla dans son fin peignoir. Elle traversa lentement mais sûrement la largeur de la chambrette, et elle ouvrit la porte qui céda sous son geste dans un sinistre grincement. Un corridor plutôt restreint s’étendait face à elle puis s’achevait dans une spacieuse pièce que l’on appelait plus communément living room. Betty l’appréciait pour sa décoration raffinée, entièrement conçue et imaginée par sa mère, aux talents multiples. Malheureusement, elle n’avait hérité d’elle que son amour pour les langues, mais cela était amplement suffisant et elle en avait conscience. En attendant, elle s’inquiéta de savoir si ses géniteurs étaient toujours à ses côtés, car elle remarqua que la pièce n’avait pas été nouvellement rangée comme Lucy Grange, sa mère, avait pour habitude de faire. Généralement, les coussins dérangés un jour auparavant étaient soigneusement remis à leur place. Mais là, tout était resté désordonné, et l’odeur de renfermé présidait dans cet appartement aux allures luxueuses et modernes. L’adolescente en conclut que ses parents étaient rentrés particulièrement tard, et que son infante n’avait pas ressenti l’envie de faire le ménage de bon matin. Elle le conçut parfaitement et hocha positivement de la tête. Ce fut pour cette raison qu’elle rebroussa chemin et revint dans l’étroit couloir réunissant les deux chambres qui constituaient l’appartement. Elle frappa à la porte du nid conjugal et l’entrouvrit, remarquant avec stupeur que les volets étaient ouverts et que les lieux baignaient pleinement dans la lueur du jour. Elle fronça péniblement des sourcils et s’écorcha la lèvre inférieure en la pinçant frénétiquement de sa blanche dentition. Elle en oublia de garder son calme et cria à en perdre ses cordes vocales :

    « Papaaaa !! Mamaan !!! Où êtes-vouus ? »

    La question ne se posait pas voyons ! Ils étaient sûrement dans la cuisine en train de siroter un bon thé, et sa mère avait juste modifié ses habitudes. Elle se rassura et elle gloussa une fois de plus, toujours avec cette même nervosité qui découlait de sa réaction. Les mains aussi tremblantes que des feuilles mortes, elle les ramena solidement contre sa maigre poitrine. Elle déglutit bruyamment en s’approchant à tâtons de la porte qui lui révèlerait la vérité derrière toutes les autres. L’air grave et ses pétales de rose flétries par la déshydratation occasionnée par la peur et l’appréhension, elle avança ses mains vers la poignée. Elles l’agrippèrent dans un geste mécanique, uniquement conduit par la curiosité et par la peur. Un cliquetis annonça qu’elle était tournée à bloc et que Betty pouvait pousser ce rempart qui l’empêchait de voir le sourire de sa mère, et le visage plutôt distrait de son père. Et là, la vérité fut ! Le mobilier parfaitement en place, la table dénudée de sa nappe habituellement apposée lorsque le moment du petit-déjeuner arrivait. Ici, il n’était pas question d’ornement. Les couverts prévus à cet effet n’étaient pas sortis, et la cuisine était par conséquent, désertique. Les yeux de la teenager s’embuèrent de larmes, et ses membres déjà flageolants s’effondrèrent sous sa masse. Ses genoux se heurtèrent brutalement au carrelage qui ne broncha pas et resta aussi froid qu’un iceberg. Ses épaules vibrèrent au rythme des sanglots paniqués, et son cœur n’en finissait pas de pulser tout le sang qu’il pouvait. Elle hoquetait, elle tapait le sol du poing sans trop savoir pourquoi, alors que ses parents étaient peut-être partis au travail plus tôt que prévu. Mais le dimanche, personne ne travaillait et elle le savait. Il n’y avait pas à palabrer plus longtemps !
    Comme elle aimerait que tout cela ne soit qu’une illusion, un mirage, comme ce prince charmant qu’elle attendait depuis si longtemps, mais qui ne se présentait pas ! Comme elle aimerait entendre sa mère rire de sa bêtise, parce qu’elle ce serait inquiéter de ne pas les savoir à la maison, alors qu’ils étaient allés acheter du pain et des gâteries dans la boulangerie-pâtisserie du coin ! Elle crevait d’envie d’entendre son père s’exaspérer sur le compte de sa fille qu’il aimait d’un amour incommensurable…mais le silence fut l’unique entité à lui répondre, et dans un élan de courage, elle se releva et voulut les retrouver.

    « Raaah je sais ce qui vous est arrivé !! Vous me l’aviez expliqué lors de mes douze ans !! Vous avez fui vos familles qui ne voulaient pas vous voir ensemble et qui refusaient en plus de vous laisser vivre votre vie ! Je sais ! Ils vous ont kidnappé, ils ont voulu se venger de cet affront que vous leur avez fait, et maintenant…ils veulent briser votre union !! Papa, maman, je vais vous sauver ! Je me rends à Londres sur le champ ! »

    Ce ne fut pas tellement sur le champ qu’elle se rendit à Londres, là où le reste de sa dynastie résidait. Il lui fallait tout d’abord remplir quelques paperasses qu’elle obtint illégalement en usurpant quelques fois l’identité de ses géniteurs. Ces étourdis avaient laissé une partie de leurs papiers, entre carte de crédit de son père, et autres utilités qui lui permirent d’arriver à ses fins. Notamment, réunir les papiers adéquats pour son périlleux périple ce qui lui prit deux jours, et la falsification d’une autorisation de sortie du territoire. Elle mit ensuite de côté sept longs jours pour faire les préparatifs, mais dès son départ fut prise à tort par la lourdeur de ses bagages. Au début armée de cinq valises, elle s’allégea un peu et atterrit à quatre. Cependant, de sa maigre force elle ne put les tirer hors de l’appartement et les entraîner dans l’ascenseur de l’immeuble comportant une vingtaine d’étages. Elle se débarrassa donc à contrecœur de ses produits de maquillage et de ses crèmes pour le visage qui lui prenaient tant de place, et eut à son actif deux valises. Celles-ci contenaient soi-disant le strict nécessaire, sauf que les nombreuses robes qui avaient coûté bonbon à ses parents, et les magazines de mode qu’elle pourrait toujours lire en faisant une halte dans une papeterie n’étaient pas nécessaires. Elle abandonna les marques du passé et se retrouva avec une petite valisette, comportant les papiers qu’elle avait obtenu illégalement, de l’argent retiré de la carte de crédit de son père, des habits de rechange et un cadre photo de ses parents. Finalement prête à découvrir la cité londonienne, déterminée à quitter son songe en néons multicolores, elle déserta l’appartement des Grange, habité par les souvenirs d’une famille heureuse.

    L’avion décolla de la belle Amérique que Betty Grange vit s’éloigner sous ses mirettes. Le nez collé contre le hublot de l’appareil aérien, elle sentit les larmes lui monter aux yeux en apercevant les néons s’éloigner de plus en plus d’elle. Un déchirement fut provoqué par cette dure séparation, sans qu’elle ne soit en mesure d’expliquer les battements quelques fois saccadés de son cœur. C’était comme une crise cardiaque qui survenait mais en prévenant de son arrivée. A croire qu’elle mourrait avant d’avoir atteint la ville Londonienne, chose qui ne devait pas arriver ! Il fallait qu’elle retrouve ses grand parents, car c’était en venant à eux qu’elle était sûre et certaine de retrouver ses géniteurs. Ils n’avaient pas pu se volatiliser comme cela, et voilà qu’au lieu de prévenir les autorités, elle fuguait sans faire la distinction entre le pour et le contre. En constatant qu’elle se trouvait parmi les nuages, elle se demandait si elle n’avait pas commis une erreur, mais il était trop tard pour rebrousser chemin. A moins de vouloir se jeter par le hublot qu’elle côtoya pendant tout le trajet, non merci, il lui fallait plus que cela pour renoncer à la vie ainsi qu’à sa famille.
    « J’espère que je ne suis pas en train de faire une bêtise. Mais si je procède par élimination, il ne reste que cette hypothèse. Il est évident qu’il y a eu des répercussions après leur fugue amoureuse ! J’en suis persuadée. Mais pourquoi est-ce que je doute ? Alors que je suis sur le point de les retrouver, j’ai quand même l’impression d’être passée à côté de quelque chose, d’un indice important qui me mettrait sur la voie. Quelque chose sonne faux… »

    Elle ne put réfléchir promptement car la lassitude l’assaillit, et les bras de Morphée l’enlacèrent pour la transporter vers d’autres cieux. Dans ce monde en noir et blanc qu’elle visita durant son sommeil, elle retrouva les morsures du passé, et se revit dans les bras de son père et de sa mère. Elle rencontra en chemin la nounou qui avait nourri sa culture littéraire et avait fait naître chez elle l’envie de trouver le prince charmant. Quelque part, elle lui en voulait de tout son cœur, mais en même temps, elle s’accrochait désespérément à ce fantasme auquel elle croyait dur comme fer. C’était son unique objectif dans la vie, comme celui de retrouver Lucy et Harrison Grange, ceux qui lui avait permis de vivre. Sans eux, ses poumons ne ce seraient jamais embrasé lors de son premier souffle dans le monde des Hommes, et sans son infante, elle n’aurait jamais eu une culture générale aussi poussée. Certes, elle savait l’exploiter, mais après tout, ce n’était qu’un don parmi tant d’autres dont elle ne s’était jamais vantée. Elle n’avait jamais pris conscience de l’ampleur de ce talent qu’elle développerait au fil des années. Elle n’avait que quatorze ans, et immergeait dans un univers qui n’existait pas, mais par lequel elle se laissait berner. La superficialité, le luxe qu’elle n’atteindrait peut-être jamais, et le sourire Colgate de l’homme dont elle rêvait. Tant de mensonges qu’elle s’était créé et qui la faisaient sombrer dans la désillusion. Elle se plaisait à contempler ces mirages qui, comme un oasis dans les déserts arabiques, se résorbaient dès qu’elle s’apprêtait à les atteindre. Comme dans ce songe transformé en cauchemar, où elle surprit ses parents en train de s’éloigner, séparés d’elle par une ombre qui la dévorait toute crue. La pénombre l’ensevelissait et enveloppait affectueusement son corps avec ses tentacules noires comme l’ébène. Effrayée, elle appelait au secours et elle revit toutes ses conquêtes amoureuses, lui tournant le dos et ne répondant pas à son cri de SOS. Elle tendit ses bras vers eux, et ses poings se refermant sur leurs corps lointains, tout disparut quand elle se réveilla au rythme d’une voix mécanique annonçant l’atterrissage de l’avion dans le plus grand aéroport de Londres, médiateur international : Heathrow. Elle cligna des yeux et les ouvrit difficilement. Une hôtesse posa une main rassurante sur son épaule, la secouant tout doucement et l’observant d’un air doux et incommensurablement apaisant. Elle se laissa bercer par cet agréable retour sur la Terre des Hommes, et se leva. Dans la foulée, elle se cogna contre son siège et en souhaitant enlever ses bagages de leur soute se les prit sur la figure. Pauvre d’elle !
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Invité
Sujet: Re: Berry "My sweet prince, you are the one" Dim 30 Mar - 14:58

    Histoire (suite)

    Désormais dans le grand aéroport londonien, elle débusqua un magasin de presse où elle acheta un plan détaillé de la ville. Elle n’avait aucune idée de combien de temps s’était écoulé pendant le périple, et elle se laissa conduire par les évènements. S’asseyant sur un siège d’attente à côté de ses bagages, elle paniqua à l’idée de voir tous ces noms de rue sur la carte. La demoiselle regretta de ne pas avoir prêté plus d’attention aux récits de ses parents, sur cette ville historique et admirable.
    Elle riva ses yeux sur un grand écran installé dans l’aéroport[je préfère ça au téléviseur proposé dans l’ébauche de la fiche], affichant en temps normal les départs, les retards ou bien les arrivées très prochaines des autres vols. Soudainement, l’écran clignota pour afficher l’image des News, passant sur l’antenne et communiquant les dernières nouvelles de la journée. Un adulte en costard cravate, aux lunettes rectangulaires possédant une monture quasi invisible et très discrète, attira le regard de l’adolescente par sa classe et sa prestance indéniables. Elle rougit en le voyant si austère à la télévision, persuadée que l’on devait avoir affaire à un sacré étalon en dehors de sa profession. En pleine fabrication de scénarios en tout genre, elle fut violemment extirpée de ses films farfelus lorsque le présentateur fit brièvement allusion à la ville de New York.
    « A New York, dans la circonscription de Brooklyn, au quartier Sunset Park, lieu de rassemblement des populations mexicaines et chinoises, ont été retrouvés deux corps poignardés de trente coups de couteaux. Les causes de cette agression sont encore inconnues, bien que l’on soupçonne un conflit ethnique. L’autopsie a révélé l’identité des deux corps, appartenant à Lucy et Harrison Grange qui…
    Tout s’effaça autour de Berry. La foule cessa de rugir incessamment, la voix mécanique annonçant les vols sembla mourir lentement, et l’unique être au monde que l’adolescente pouvait regarder droit dans les yeux était ce séduisant homme qui annonçait avec froideur le trépas de ses parents. Scandalisée, elle porta ses mains à ses lèvres séparées par l’effroi et le dégoût. Un sentiment d’oppression rendit son corps difficile à mouvoir et ses yeux larmoyants attirèrent l’attention d’une hôtesse de l’air, s’apprêtant à rejoindre l’avion où elle exerçait son métier. Le nom des deux parents étaient toujours affichés sur l’écran de télévision, et dans la tête de Betty passaient en boucle ces quelques mots : « deux corps poignardés de trente coups de couteaux […] Lucy et Harrison Grange »
    -…selle…retentit un écho lointain dans sa caboche.
    Elle sursauta lorsqu’une main plus ferme que l’hôtesse qui l’avait éveillée dans l’avion se posa sur son épaule. Lourdement, elle renforça l’étreinte qui finit de surprendre l’adolescente. Celle-ci se retourna violemment tandis que le présentateur télé continuait de résumer la situation :
    -Depuis quelques heures maintenant, la police locale recherche activement la fille des deux victimes, mademoiselle Betty Grange, disparue de la circulation.
    -Mademoiselle ! l’interpella l’hôtesse précédemment évoquée, comme rejoignant son lieu de labeur.
    -Ou…oui…désolée…
    -Pourrais-je avoir l’honneur de consulter vos papiers ?
    Tout fut exposé sous son nez comme convenu, la pauvrette trop choquée pour réaliser la bourde incorrigible qu’elle venait de commettre. Les yeux de l’hôtesse étaient successivement posés sur l’écran géant et sur le passeport, ainsi que les papiers falsifiés. Le temps que l’information monte au cerveau, elle réalisa que le nom de famille et l’orthographe correspondaient parfaitement. Abasourdie, elle s’empressa d’appeler la police à l’aide de son téléphone portable, tandis que Betty, en voyant arriver quelques minutes plus tard les autorités, perdit connaissance…

    Il lui sembla que les heures s’écoulaient plus vite qu’habituellement, et chaque minute fut pour elle une fraction de secondes. Sous la faible lumière d’une lampe dans une salle obscure où des inspecteurs de police l’interrogeaient, elle voyait son chemin tout tracé. Sagement assise devant une tasse de chocolat chaud concoctée dans le but de la réconforter et de la calmer, elle laissait les larmes rouler doucement sur ses joues. En état de panique et de choc, son mental ne put supporter plus longtemps cette pression, et elle fut contrainte de craquer sous les airs impassibles de ses bourreaux. L’un d’entre eux dont elle ne vit pas le visage fut en mesure de lui exposer les circonstances de sa punition. Pour s’être comporté avec tant de stupidité, elle ne passerait pas à travers les mailles du filet, et paierait pour son attitude irréfléchie. Pour se faire, on lui annonça une nouvelle qui eut le don de la surprendre. Elle ne fut ni apeurée, ni mécontente, elle était tout simplement stupéfaite. Aussi absurde que cela puisse paraître, elle apprit qu’un orphelinat situé en Angleterre, à Winchester, avait remarqué on ne sut comment ses capacités intellectuelles. Elle n’eut aucunement le droit de soumettre son avis, le choix était déjà fait pour elle…

    Et ce fut après cette décision prise à la va-vite qu’elle se retrouva à Winchester, devant un portail aux pics formant semblablement des croix. La lointaine sonnerie des cloches lui rappela celle qu’elle entendrait sûrement lors de son mariage, et droite comme un pic, son unique valisette à ses pieds, elle attendait. Une gigantesque bâtisse aux allures médiévales (ce qu’elle en pensait) se dressait devant elle, la rendant plus minuscule encore que ce qu’elle ne l’était déjà. Persuadée de sa bassesse, elle se demanda ce qu’elle fabriquait ici, devant cet établissement pour orphelins surdoués qui, tout comme elle, devaient faire leurs preuves pour succéder à un dénommé L. En entendant ce pseudonyme, elle crut à une blague comme celles que l’on trouvait dans les Carambar, mais on lui confirma que la situation était sérieuse et qu’il n’y avait pas de quoi persifler. Pour toute réponse à ses futiles badineries, elle reçut pour ordre d’oublier son identité, son passé, et de se présenter là-bas, sous le surnom de Berry. Maintenant avertie, elle accepta la cécité et intégra Wammy’s House.

    Elle avait 14 ans.


    V. HJ


    Votre nom ou pseudo ? Nelyss ou China
    Comment avez-vous découvert le forum ? par la publicité de Miru-chan sur MSN, connaissant visiblement mon amûûûr pour Death Note.
    Que pensez-vous du forum (design, intrigue..) ? très bon design (mais changez les boutons "nouveau" "repondre" et toussah, ça va pas avec le design je trouve), le concept me plaît, étant une fanatique de Death Note et donc une adoratrice des couche-culottes de la Wammy’s House.
    Comment l'améliorer ? Je ne sais pas Xd je le trouve bien tel qu’il est, bon design, apparence très agréable donc, et si le niveau de rpg général est aussi fantastique que le design, peut-être qu’il n’y a plus rien à en redire, et je serai aux anges.
    Des remarques ? aucune pour le moment. PLAY THE GAME ! Muhaha !
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Invité
Sujet: Re: Berry "My sweet prince, you are the one" Dim 30 Mar - 15:37

Ohayo ! ^3^

MAGNIFIQUEBHBHJVHGFCDGHGVJ !!!

J'ai enfin trouvé quelqu'un d'autre que moi qui fait des fiches de 3 km de long ! *-* //SBAAAAAF

Ta fiche est parfaite ! <3 Comme je te l'ai déjà dis par MP, ton vocabulaire et riche, ta syntaxe parfaite, ton orthographe et conjugaison soignées... Et en plus t'as de l'inspiration ! *0*

C'est long, c'est beau, c'est propre... Que dire de plus à part que c'est sublimement divin ?

De mon côté, tu es validée mais attendons la réponse de Lust, qui sera sans aucun doute favorable, j'imagine. ^-^

Chuu ! ~

PS : Très bel avatar.
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Invité
Sujet: Re: Berry "My sweet prince, you are the one" Dim 30 Mar - 15:45

    Bon bon. C'est nul, c'est bourré de faute, recommence moi ça de suite. De plus tu n'as pas le niveau, je te propose un personnage de ton cru.....






























    Bah quoi ? Rolling Eyes Boutade à part, je suis exactement du même avis que Mello, et puis je connais ton niveau hein [qui c'est qu'est admin sur A* heiin ? Razz]. Bienvenue sur WH*, trouve toi ton prince charmant si tu y arrives, bonne chance pour la suite.
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Invité
Sujet: Re: Berry "My sweet prince, you are the one" Dim 30 Mar - 15:52

Validée, donc.

>>> Outs.
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Sujet: Re: Berry "My sweet prince, you are the one"

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Berry "My sweet prince, you are the one"

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