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 « Les gens sont pas heureux, ouais, c’est la crise du siècle » – Lola

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Lola
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Sujet: « Les gens sont pas heureux, ouais, c’est la crise du siècle » – Lola Dim 12 Jan - 18:52

Nous bâtissons, ouais, notre propre destruction, frère


   Lola ■ Louison Guesnu

   
âge : Vingt-quatre ans.
date de naissance : 12 Novembre.
qi si anormal : 191.
ancien de wh ? Oui.
cheveux : Blonds (et touffus).
yeux : Verts.
peau : Claire.
taille : Un mètre soixante-dix.
tatouage/piercing : Au Bouddha psychédélique dans son dos s’est ajoutée une feuille de marijuana tatouée sur l’intérieur de son poignet, par-dessus laquelle il est écrit « Be so blunt that they could smoke your truth ».
corpulence : Quarante-neuf kilos.

   
Y'a un truc qui cloche


   
Words.


   
Ils ont dit oui mais non, c'était d'la poudre aux yeux

   
Assurée ■ Franche ■ Clairvoyante ■ Observatrice ■ Stoïque ■ Assidue dans l'apprentissage de nouvelles langues
   Hargneuse ■ Blessante ■ Je m'en foutiste ■ Froide ■ Égocentrique ■ Blasée
   
Ce putain d’institut l’a détruite. Il l’a meurtrie, l’a blessée, l’a déchirée jusqu’à ce qu’il ne subsiste d’elle rien d’autre que les morceaux épars et sanguinolents de son âme martyrisée.

Devenue par obligation traductrice-interprète de la Wammy’s Agency – sûrement intéressée par sa vaste maîtrise de diverses langues (elle a ajouté le japonais, le chinois, le serbo-croate, le polonais et le tibétain à son répertoire) –, Lola a dû quitter sa petite vie tranquille – sa vie d’oisiveté, sa vie de marie-jeanne et de rap.

Et elle s’est quittée elle-même au passage.

Elle souffre, Lola, tout le temps, tout le temps, depuis maintenant cinq putains d’années. Elle souffre parce qu’elle est pas faite pour ça, pas faite pour bosser, pas faite pour se soumettre à cette réalité qui lui file la gerbe, pas faite pour suivre ce chemin qu’on lui a tracé – qu’on trace à chacun d’entre nous.

Cet exécrable métro-boulot-dodo la tue à petit feu.

Astreinte à diminuer considérablement sa consommation de cannabis par sa vie professionnelle, on reconnaît à peine dans le renfrognement comminatoire de son visage, dans ses regards smaragdin brûlant d’une haine inépuisable, la Lola sereine et énigmatique de la Wammy’s House – cet espèce de moine tibétain défoncé à l’anarchique chevelure blonde. Ce n’est que trois ou quatre fois par jour, lorsqu’un mince sourire abruti ourle ses lèvres, lorsqu’elle ouvre la porte de son bureau pour laisser échapper un dense nuage de fumée, que l’on retrouve la stoneuse apathique mais heureuse d’il y a quelques années.

Parce qu’elle vous hait tous, Lola. Parce que vous êtes tous une infime partie de cet Enfer qu’on semble avoir construit tout spécialement pour elle – cet Enfer de dossiers, de cafés et de discussions formelles.

Et parce qu’elle refuse catégoriquement d’être la seule à morfler.

Les longues années de contemplation flegmatique qui caractérisent son adolescence l’ont rendue particulièrement sensible aux comportements, aux émotions des autres. Une œillade succincte lui suffit à comprendre qu’untel a mal dormi ou que son patron s’est disputé avec sa femme la veille au soir.

Elle sait tout de vos états d’âme, et elle s’en servira éhontément dans le seul but de vous pousser à bout. Elle vous plantera cruellement face aux réalités que vous vous dissimulez savamment ; meurtrira votre ego d’échecs que vous ne reconnaissez pas... Elle vous fera souffrir.

Lola continue de rapper, de fumer des joints (beaucoup plus que l’agence ne le permettrait si elle savait), d’apprendre des langues – seule activité qu’elle exerce avec une passion acharnée, assimilant à une vitesse impressionnante une myriade de langages tous plus différents les uns que les autres – ; bref elle continue de faire les trucs qu’elle faisait.

Mais c’est plus pareil.



   
French inhale... I like the way you French inhale


   « Ça suffit maintenant. Lola, il va falloir faire quelque chose de votre vie. »

Bien que rougies et voilées – comme submergées par l’amère, délicieuse fumée de la marie-jeanne –, c’est animées d’une haine vive que les prunelles vertes de l’intéressée fixent l’homme qui s’adresse à elle. Cette espèce de raclure en costard.

« Allez-vous faire foutre, j’préfère continuer tranquille de mon côté.
- Ah oui ? Et que ferez-vous, mademoiselle ? Sans Wammy’s House pour pallier à tous vos besoins, comment comptez-vous vivre ? Avec quel argent ? Il est temps de vous réveiller, mademoiselle. Ce n’est pas le cannabis qui vous fera vivre dignement. »

Sans un mot, Lola se lève. Elle adresse un dernier regard à son interlocuteur – un regard sombre, qui chuchote de muettes promesses de mort et de souffrances – puis quitte la salle, avec tout juste assez de rapidité pour fondre en larmes dans un couloir – pas question de faire ça devant ce fils de pute.

Les larmes dévalent ses joues creuses et ses sanglots résonnent dans le long corridor tels la déchirante symphonie du Malheur. Elle pleure pour la première fois depuis bien longtemps, tant qu’elle tremble de son corps tout entier – bientôt ses jambes ne la soutiennent plus et elle s’effondre au sol –, et ça ne s’arrête pas, ça ne s’arrête pas, putain, elle y arrive pas, elle n’a pas assez de larmes pour apaiser la douleur qui comprime sa poitrine.

Il a raison, cet enculé pété de tunes.

« Je veux pas, bordel... Je... Je... Non... »

*

« Allô Timothée ?
- ... Lola ?! Putain mais qu’est-ce que tu deviens, qu’est-ce que tu fais, t’es où, ça va...
- T’es toujours sur Paris ? »

Son vieil ami – son ex-petit ami – se tait inopinément, interrompu par sa question dans l’expression éclectique et interminable de son abasourdissement – rien d’étonnant, leur dernière discussion remonte à il y a trois ans. Sa main, agitée de tremblants, serre davantage le téléphone.

« Euh ouais, j’suis toujours sur Paris, pourquoi cette... ?
- Je reviens sur Paris. »

Lola se laisse lourdement tomber contre le fauteuil et c’est presque avec désespoir qu’elle tire sur son joint – elle a peur. Peur de la réaction de Timothée, peur de ses mots – « Je reviens sur Paris. » Je reviens à mon passé, à ma vie d’avant mais... saurais-je la reprendre comme avant ? Serais-je heureuse comme avant ? Putain je sais pas, je sais pas, je...

Elle tire de plus belle sur son joint, s’étouffant presque.

« Le temps de faire mes études, précise-t-elle d’une voix hésitante. Et euh... j’aurai besoin de crécher chez quelqu’un, en fait.
- T’sais très bien que t’es la bienvenue chez-moi, grosse. J’vis plus chez mes parents depuis quelques mois en plus, tu tombes bien. »

Ce n’est qu’une fois allongée sur le lit, gémissant sous les mains rugueuses de Timothée – mon Dieu ces mains qui explorent jusqu’à la plus infime courbe de son corps, ces mains qui réclament tout ce qu’elles ont désirées pendant si longtemps – que ses angoisses délaissent son âme perdue.

*

Ces cinq années à Paris 3 – la Sorbonne Nouvelle, s’il-vous-plaît – s’avérèrent magnifiques.

Pleines de rap, de weed, d’amour, d’amis, de fêtes... Un seul mot saurait qualifier son retour à Paris. Bonheur.

Elle songeait à rester à Paris, avec Timothée – couple dysfonctionnel dans le tendre et affectueux partage de leurs vices – et sa crew ; elle se voyait traîner avec eux, complètement stone, dans les rues de Paris jusqu’à la fin de ses jours ; rapper jusqu’à n’en plus pouvoir parler...

« Mademoiselle Lola, la Wammy’s Agency vous attend. »

Putain.

*

« J’vais essayer d’te rejoindre à Londres, j’te promets, meuf, je t’aime... »

Tous deux savent que c’est faux, qu’ils ne se reverront jamais, qu’ils s’oublieront dans d’envoûtantes arabesques de fumée... Mais ils préfèrent se mentir que se haïr.

Et voilà.

C’est après l’avoir laissée goûtée, s’accoutumer à la sensation du Bonheur, que la Wammy’s Agency la condamne à la solitude, au quotidien... à tout ce qui n’est pas Lola.

Pour la première fois depuis ses dix-huit ans, Louison pleure – une fois assise dans l’Eurostar seulement, nul besoin d’accabler Timothée de ses larmes, nul besoin d’occire par le désespoir les factices promesses qu’ils se sont accordés comme un dernier ‘‘Je t’aime’’.


   


   
Tu dois payer la bouffe, tenir jusqu'à la fin du mois

emploi civil : Au chômage.
formation : Master de sciences du langage, spécialité sciences de la traduction et de l’interprétation à l’ESIT (Ecole Supérieure d’Interprétation et de Traduction), Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris 3) ; parle couramment français, anglais, espagnol, italien, allemand, russe, polonais, chinois, japonais, serbo-croate et tibétain.
ancienneté à l'agence : Un an.
poste à l'agence : Traductrice-interprète.
   


   
i got sunshine in my bag.

   
pseudonyme : Didou.
âge : J'ai pas vieilli depuis...
sexe : Par contre j'ai changé de sexe.
avatar : Toujours des blondes randoms sur dA.
découverte du forum : Je réponds plus à cette question.
est-ce votre premier forum rp ? Celle-là non plus.
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Hammer
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Feuille de personnage
Wammy’s: H & A
Double Compte:
Âge: 17 ans /25 ans
Sujet: Re: « Les gens sont pas heureux, ouais, c’est la crise du siècle » – Lola Jeu 23 Jan - 21:01

Ca claque. Je valide.

♔ ♔ ♔



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