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 Circé || « take another walk out of your fake world. »

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Invité
Sujet: Circé || « take another walk out of your fake world. » Mer 21 Déc - 21:46

Identité

PSEUDONYME : Circé
NOM : Campbell
PRÉNOM(S) : Callixte
QI : 179
DATE DE NAISSANCE : 21 / 11
ÂGE : 26 ans
SEXE : ❒ M ✔ F
ORIGINE : Anglo-française
MANIE : Mange ses lèvres et l'intérieur de ses joues.
ANCIENNETÉ : Trois ans.


Physique

Couleur des cheveux : Brune teinte en bleue.
Couleur de la peau : Caucasienne
Tatouage/Piercing ? : Aucun.
Couleur des yeux : Bleue
Taille en centimètres : 161
Corpulence: Moineau



Caractère

Passionnée
Délicate
Attentive
Perfectionniste
Sociable
Maternelle
    Impatiente
    Possessive
    Capricieuse
    Egoïste
    Névrosée
    … Nymphomane ?
Offre-lui la douceur de ton étreinte, la violence de tes baisers.
« When Love is for the highest bidder, there can be no trust.
Without trust, there is no Love. »

Circé est calme, Circé est sagesse. C‘est ce que ce petit bout de femme dégage au premier abord. Souriante dans les couloirs peuplés, un air rêveur derrière le clavier de son piano ou sincèrement enthousiaste lors de ses cours. Elle apaise, elle rassure. Peut-être même est-elle la mère que vous avez toujours imaginé. Pédagogue et psychologue à ses heures, elle ne rechigne pas à donner de son temps à ceux qui le demande. Pure et douce, on lui donnerait le bon dieu sans confession, honnêtement. Quel charmant portait. Or.

Circé est une ensorceleuse. En moins fantastique, on pourrait simplement dire qu’elle vous charme pour mieux obtenir ce qu’elle veut. Elle séduit. Elle donne, mais jamais sans rien attendre en retour. Ce n’est même pas du mensonge car elle ne cache pas ses intentions. Elle tourne autour de sa proie, l’agrippe et ne la lâche que lorsqu’elle se lasse. La métaphore est sauvage mais Circé est plus délicate. Elle veut être aimé, elle veut être regardé, elle veut que l’on s’occupe d’elle. Un vieux complexe, elle est ainsi. Et d’ailleurs, elle supporte assez mal la frustration. Si elle peut se permettre de vous jeter comme un jouet trop usé ou de vous faire attendre un peu, elle ne mérite pas un tel sort. Elle additionne, elle collectionne. Quand quelqu’un paraît plus intéressant que vous, elle vous délaisse pour changer de perchoir. C’est une girouette, un cœur d’artichaut. Elle aime tout le monde tant que le monde l’aime. Elle pourrait l’impression de dominer les autres mais c’est bien l’inverse, elle est dominé par les autres. Des autres dont l’importance varie selon son humeur. Un jour noir, l’autre blanc. Un jour chocolat, l’autre vanille. Elle ne sait pas ce qu’elle veut, mais elle sait ce dont elle a besoin. De l’attention. Mais ne l’imaginait pas fleur bleue; Circé supporte moins bien le romantisme et la douceur que la violence et les insultes. On pourra bien dire d’elle qu’elle est masochiste, tant pis, c’est ainsi qu’elle se sent vivante. Et se sentir vivant, c’est primordiale. Elle n’est pas blanche comme neige, la jeune femme a sa part de vices et elle ne s’en cache pas. Sa curiosité et sa soif de vivre l’ont amenée à franchir des frontières qui auraient pu la conduire aux portes de la mort mais elle n’en a cure et persévère dans cette voix. L’adrénaline, le danger, la surprise, l’interdit. Elle est plus influençable qu’il n’y paraît mais elle n’est pas naïve, elle sait ce qu’elle encourt mais ce n’est pas ça qui l’arrête. Rien ne l’arrête, elle n’est pas raisonnable. Elle n’a honte de rien. Elle a vingt-six ans et se la joue professeur mature et responsable, il le faut et elle l’est de 8h du matin à 18h au soir. Mais en dehors de ce créneau officiel, elle se comporte plutôt comme une adolescente de dix-huit ans qui n’a rien d’autre à penser que la satisfaction de ses plaisirs personnels. Ca ne la dérange de pas de sortir jusqu’à pas d’heure, et même emmener des élèves tant qu’on y est; de jouer niaisement aux jeux vidéos, de manger des bonbons à s’en donner des indigestions. Même séduire ses propres élèves ne semblent pas la gêner niveau éthique et morale. Tout est bon pour la sortir de sa salle de musique où elle rumine de vieilles peines et pleure la vanité de son existence. Elle ne se remet pas en question, elle ne supporte pas les remontrances; elle s’enferme elle-même dans cette spirale instable et infernale.

Un brin névrose, elle a quelques attitudes étranges - si tout cela ne l‘était pas déjà assez. En vrac, elle a un problème avec l‘hygiène. Pas qu‘elle ne se lave pas non; au contraire, elle se lave trop. Si elle ne se lave pas les mains au moins cinquante fois dans la journée, elle ne se les lave pas une seule fois. Elle peut prendre aussi jusqu‘à cinq douches par jour et changer autant de fois de vêtements. C‘est compulsif, et ça apparaît par période. Quand elle se sent triste, nostalgique, seule, contrariée. Aussi, elle qui est d‘ordinaire assez fouillis, du genre à repousser le rangement au lendemain, Circé devient une vraie fée du logis et ne supporte d‘ailleurs même plus le désordre. Alignez correctement vos stylos parallèlement au rebord du bureau ou ça va chauffer. Ou crier. Hurler pour extérioriser, c‘est son petit truc à elle et généralement, ça va mieux après. C‘est bien connu, une petite crise d‘hystérie et ça repart. ~

Mais à part ça. Elle est tout à fait saine d‘esprit.



Rôle

Circé exerce le fabuleux poste de professeur de musique. Le choix de cette orientation était tout fait étant donné ses talents pour la musique très jeune déjà. On lui donne le talent de l‘oreille absolue, elle répond simplement qu‘elle a travaillé dur pour arriver où elle en est. Les instruments ne lui résistent pas longtemps et elle sait aujourd‘hui jouer des plus courants. Piano, violon, contrebasse, guitare, basse, batterie - oui, imaginez, c‘est amusant. Oh, l‘harmonica aussi. C‘est cool l‘harmonica. Curieuse, elle n‘estime pas son apprentissage terminée et apprend autant que ses élèves. Et pour ceux qui préfère le chant, Circé est tout autant qualifiée pour les prendre sous son aile. Elle n‘a pas une voix exceptionnelle, simplement juste.


Histoire


ACTE I
« Today’s the day when dreaming ends. »


Des allées et venues. Des regards en coin. Des chuchotements discrets au détour d’un couloir. Des doigts qui se pointent. Vers elle. Cette enfant assit sur une chaise disposée le long d‘un mur nu, silencieuse et les mains nouées sur ses genoux. Cette enfant tellement jeune et petite que ses pieds ne touchent même pas le sol, pendants, sans cette vivacité et impatience propres aux enfants de cet âge. Ses boucles brunes tombent plus bas que ses épaules, cachant son visage pâle et ses yeux rougis par les larmes. D’entre ses doigts dépassait un bout de tissu sale que la petite fille serrait pourtant avec force. Ses yeux fixaient le sol, le regard perdu dans ses méandres marbrés. Si quelqu’un s’était approché, il aurait vu qu’elle était littéralement effrayée, sa peau d’opaline piquetée par la chair de poule et le corps tremblant à peine perceptiblement. Mais on préfère la regarder de loin, elle sent leurs grands yeux posés sur elle. Ses grands yeux posés sur elle. La brunette bouge enfin, se laissant glisser de sa chaise avec précaution. Les bras ballants, le chiffon traîne au sol et l’on distingue finalement la forme d’une tête d’ours démunie de tout rembourrage tressauter au rythme des pas de sa propriétaire. Sa robe bleue nuit caresse ses genoux, ses ballerines noires sont silencieuses, la petite poupée longe le mur. Une poupée de chiffon qui se balance devant le mur. Son ombre danse elle aussi. Elle ne sait pas où elle va, elle ne sait pas où elle est. Ce couloir tellement long aux lumières agressives et froides, ça ressemble à un rêve. Tandis qu’elle avance, le bout de ses doigts effleure le mur.

    « Et tu sais pour la petite ?
    - Oui. Sa mère s’est pendue.
    - Seigneur …
    - Le pire, c’est qu’elle était là, la gosse.
    - Mais … c’est horrible !
    - Ouais. Mais apparemment, elle lui faisait des misères aussi, c’est peut-être mieux comme ça.
    - Des misères … ?
    - Séquestration, maltraitance. Elle était barrée sa mère. Le père l’a jetée à la naissance de la petite, elle a dû reporter tout son malheur sur elle; apparemment, elle ne la laissait même pas aller à l’école. C’est un dossier costaud et croustillant, de quoi faire bosser les assistantes sociales et faire parler les stagiaires ! »


Il rit. Elle lui sourit. Sous les yeux innocents de l’enfant qui vient de s’arrêter quelques pas derrière eux. Parce qu’ils réalisent leur insolence ou bien parce qu’ils remarquent sa présence mais ils cessent de sourire. Regardant par-dessus leur épaule pour croiser son regard azuré. Accusateur malgré son jeune âge. Si les adultes s’écartent de la machine à café pour s’approcher, la petite fille s’enfuit en courant dans le couloir. Un sanglot secoue ses épaules. Combien de fois avait-elle entendu que sa mère était folle ? Que sa mère était mauvaise ? Qu’elle méritait bien tout ça ? Et elle, était-elle si petite qu’on ne pensait pas qu’elle puisse comprendre le venin qui sortait de leur bouche ? Sa maman n’était pas comme ça. Sa maman était belle. Sa maman était gentille. Sa maman la prenait dans ses bras quand de l’eau coulait sur ses joues. Sa maman la protégeait de tout. Sa maman était juste malade, elle lui avait expliqué. Elle avait un trou dans la poitrine, un trou où un démon s’était introduit et c’est ce démon qui leur faisait du mal. Ce démon qui avait attaché la corde à son cou pour la faire danser devant le mur. Mais eux ne comprenaient pas ça. Les sanglots la font hoqueter, les larmes brouillent sa vue et ses pieds s’emmêlent. Basculant en avant, l’enfant se retrouve ventre à terre. Ramenant ses bras sous son visage, elle pleure bruyamment. Elle avait peur. Elle voulait simplement sa mère, cette pauvre petite.

Une main se pose sur son dos, elle sursaute mais pleure de plus belle en se retournant pour s’y accrocher avec force. Elle enlace ce bras qui s’offre à elle, le seul à s’être approché jusqu’à maintenant. Un bras fripé qui avait une odeur de tisane à la camomille. Blanche Alembert ne s’était pas vraiment attendu à cette réaction … Ses lèvres fines se pincent tandis qu’elle redresse la petite fille.

    « Calme-toi Callixte, un peu de tenue s’il te plaît. Regarde-toi. »


A chaque fois qu’elle la repousse, la petite brune se tend mieux vers elle pour s’agripper mais c’est avec froideur qu’elle repousse les assauts jusqu’à taper sur le bout de ses doigts, sans douleur, juste pour la recadrer. Ce qui fonctionne. Callixte renifle et lève un regard humide et implorant. Elle ne la connaissait pas, cette dame, mais elle était la seule à s’être approchée d’elle. Sa main chaude sur son dos; celle qui venait de tapoter ses doigts avec une certaine sévérité.

    « Je préfère ça. »


Un homme s’approche mais sans accorder plus qu’un sourire à la jeune orpheline; il tend une pochette à la femme. Cheveux gris tirés dans un chignon, des pattes d’oie quand elle plisse ses yeux d’acier, des rides entre ses sourcils qu’elle semble froncer pour un rien.

    « Voilà tous les papiers. Je n’ai plus qu’à vous souhaiter bon voyage.
    - Merci. Ses affaires sont prêtes ?
    - Ils sont à l’accueil. »


Ils hochent la tête et se serrent la main, solennels.

    « On y va, Callixte.
    -
    - On répond : Oui, grand-mère, quand on est une petite fille polie.
    - Oui, grand-mère … 
    - Oh et lâche donc cette serpillère, c’est répugnant. »


Sa langue claque sur son palais, irritée. Dévisagée, analysée par les grands yeux de sa petite fille, Blanche arrache le doudou de ses mains pour le jeter dans la poubelle la plus proche, lui prenant ensuite la main. Entraînée dans ce long couloir blanc et froid, l’enfant jette des regards par-dessus son épaule, vers la poubelle. Maman et Doudou étaient partis … Obligée de trottiner pour garder le rythme vif de la matriarche, elle s’agrippe mieux à sa main.

Callixte avait cinq ans.
Et ce qui l’effrayait le plus, c’était d’avoir un trou elle aussi.


Sa vie commença à l’aube de sa cinquième année; ou c’est ce que sa grand-mère prétendait. Elle qui n’avait plus parlé à sa propre fille depuis une dizaine d’années quasiment, quand celle-ci décida de quitter la douce France pour les rosbifs. Un en particulier, elle ne se souvenait même plus son prénom. Tout ce dont elle se rappelait, c’est qu’il avait suffisamment séduit sa fille pour l’emmener loin d’ici. Colère, haine, ils avaient bien sûr coupé les ponts. Et elle n’avait appris l’existence d’une petite fille que le jour où une assistance sociale la contacta, le lendemain du suicide de sa fille, Gabrielle. Sans surprise le père s’était sauvé avec une autre le jour où elle eut le malheur de lui annoncer sa grossesse. Tu avais cru pouvoir le garder ? Lui qui batifolait dans tous les ports du monde ? Tu aurais mieux fait d’écouter ta mère, se disait Blanche encore pleine de rancune. Et dire qu’elle avait élevé sa gamine dans un taudis. Enfin, élevé est un bien grand mot. Toute son affection et toute sa peine avaient été reportés sur cette enfant qui dû souffrir sa possessivité et sa paranoïa. Ce n’était pas de l’amour maternelle et cette petite sotte ne s’en rendait même pas compte, pleurant la nuit après sa mère de temps en temps. Mais bon. Elle n’avait que cinq ans. La grand-mère, veuve depuis une vingtaine d’années, prit sur elle pour essayer de rattraper tout ça et en faire quelque chose. Par devoir de sang, pas par amour.

ACTE II
« The show must go on. »


La seule lumière provenait des quelques projecteurs éclairant la scène, celle-ci baignait dans une atmosphère chaude. Sécurisante. C’était un lieu privilégié où même le parquet avait une odeur particulière. Peu de gens pouvait saisir ce rapport presque intime entre l’artiste et la scène; pour beaucoup, c’est même plutôt le symbole d’un stress, d’un trac, d’une pudeur. Mais pour Callixte, cette scène était son terrain de jeu. Sa cabane au fond du jardin. Malgré les regards des spectateurs braqués sur elle, elle se sent dans un monde à part. Et puis, elle les aime aussi ces regards, au fond. Elle n’avait pas la prétention d’être une artiste, juste de pouvoir offrir un moment agréable à ceux qui s’étaient donnés la peine de venir. Au conservatoire, la jeune fille avait attiré beaucoup d’attention. De la sincère admiration en passant par l’envie purement mauvaise. Elle n’avait jamais bronché malgré les bâtons que certains s’évertuaient à lui mettre dans les roues. Cordes coupés, matériels détruits. Ca ne l’avait pas empêché de jouer ce soir. Sa crinière brune retenue en une queue haute, une robe noire et sobre, ses doigts couraient inlassablement sur le clavier bicolore. Un sourire en coin, un regard perdu. Elle n’était plus vraiment là.

La note se tient. Les applaudissements concluant son intervention alors qu’elle les quitte après une révérence polie et un sourire généreux. Quelques intermittents s’agitent et débarrassent la scène pour installer le musicien suivant. Callixte rejoint sa loge, impatiente de quitter cette robe collante. La porte se referme, elle souffle enfin. L’endroit était exigüe, il n’y avait qu’une coiffeuse, une penderie et un petit fauteuil dans un coin. Retirant l’élastique et les nombreuses pinces, sa longue chevelure ébène retombe sur ses reins avant qu’elle ne se retrouve en sous-vêtements, lançant sa robe dans un coin. Elle flâne, elle traîne et se démaquille sans se presser. Elle n’avait plus grand-chose à se soucier à vrai dire. Même si jamais vous ne la verrez stresser pour quoique se soit; ou en tout cas par pour le bac qu’elle venait de passer. Les résultats étaient tombés hier, elle avait décroché la meilleure mention sans grand étonnement. Sa grand-mère lui imposait un rythme de travail strict et surveillait ses résultats, elle gérait tout son emploi du temps en fait, l’étouffant sans que ça n’ait jamais agacé la demoiselle. La porte s’ouvre et l’on vient troubler sa tranquillité dans un cri surexcité.

    « CALLIIIIIIIIII ! C’était trop beau ~
    - Contente que ça t’ai plu, Deby. ♥ »


Deby, ou Deborah, prend le temps de refermer la porte avant de se jeter au cou de la jeune musicienne qui s’était redressée pour l’accueillir. Callixte enlace son amie de quasiment trois années, elle aussi venait de passer son bac, toutes deux allaient au même lycée.

    « Et mais … qu’est-ce que tu fais en sous-vêtements … ?
    - J’avais trop chaud.
    - Mais quelqu’un peut rentrer à tout moment et te voir comme ça !
    - Et alors ? Ca t’embête ? ~
    - Oui.
    - Je me rhabille alors.
    - Non plus. »


L’aînée la retient, l’étreignant étroitement en allant trouver les lèvres mutines de la jeune fille. Elle la fait reculer jusqu’à l’asseoir sur la coiffeuse, ses intentions se devinant au chemin qu’empruntent ses mains vagabondes. Callixte se cambre et s’abandonne dans un sourire, ses doigts dans les cheveux châtains de sa petite-amie. Petite-amie, meilleure amie, plan Q. Elle ne savait pas tellement comment la qualifier mais était-ce important ? Elle se sentait aimée et désirée dans ses bras, elle lui donnait l’affection qu’elle n’avait plus depuis longtemps. Ca ne faisait pas encore un mois, elle se souvenait encore comment la situation avait dérapée. Une soirée prébac, des couples qui se lèchent les amygdales dans tous les coins, l’envie d’essayer quelque chose de nouveau. Surtout pour la plus âgée du moins car Callixte n’avait encore jamais franchi ce pas avec ses précédents petits-amis. Mais elle n’avait pas été effrayée, elle n’avait même pas douté. Ca lui chatouillait le ventre, ça la rendait toute chose, ça lui suffisait. Bien sûr, inutile de préciser que Blanche n’était pas au courant de tout ça. Sa petite fille était tout ce qu’il y a de plus pur, innocent. Si elle savait … A être avec des adolescents plus âgés pendant quasiment toute sa scolarité, elle a été initiée plus tôt encore aux déviances et aux vices de ceux-ci.

Mais peut-être auraient-elles dû songer à verrouiller la porte. Car craindre que quelqu’un la voit en sous-vêtements ou les voit dans cette position, il y avait des priorités. Ce qui devait arriver, arriva. La porte de la loge s’ouvrit, Blanche ne prit pas la peine de frapper.

    « Callixte, il faut que nous parl … ions … »


Un ange passa.

Callixte avait quinze ans, et demi.
Et tout cela ne lui tira qu’un gloussement amusé.


Sa vie prit un tournant. Après un savon accompagné d’une morale autant homophobe qu’intolérante, des insultes et des menaces, elle en vint à parler de son avenir. Chose pour laquelle elle devait lui parler à la base. Callixte avait pris l’initiative de s’inscrire dans une licence en arts et musique. Rien à voir avec l’avenir que sa grand-mère lui avait prédestiné pour ne plus l’avoir sur les bras le plus tôt possible. Une énième dispute qui se finit mal. Comme sa fille avant elle, elle la rejeta. Bon, elle ne pouvait pas la jeter dehors, mais leurs rapports se résumaient à présent à l’assiette qu’elle lui laissait à chaque repas. Callixte rompit avec Deborah. Puis il y eut Sullivan, Quentin, Jason, Eloïse, Klaus, Lola, William, Fabiola, Raphaël, Jude et d’autres encore. Le début d’une longue liste, parce qu’il ne fallait pas être vide. Elle quitta sa grand-mère dès l’âge de ses dix-huit ans.

ACTE III
« Thank you for curing me of my ridiculous obsession with Love.  »


    « Et qu’en est-il de ce vide, Callixte ? »


Des murs aux couleurs chaudes, un bureau moderne, une décoration minimaliste. Une bibliothèque de livres qui n’ont jamais été et ne seront sûrement jamais lu. L’homme attend impassiblement, faisant rouler son stylo entre ses doigts. Ses yeux au vert triste et sans éclat dévisage la jeune femme assise dans le fauteuil en face d’elle. Le décolleté est généreux, la robe est courte, il pourrait presque en voir les porte-jarretelles. Des cheveux bleus, un visage encore juvénile. Il la suivait depuis la mort de sa mère; il l’avait vu grandir, changer. Toujours attendri par son léger accent anglais malgré un français impeccable depuis le temps de son expatriation. Il savait tout d’elle, ou tout ce qu’elle avait bien voulu lui dire. Callixte restait pour le moment silencieuse, les yeux tournés vers la fenêtre. Un mince sourire se dessina sur sa bouche, une main se porte à sa poitrine, ses doigts effleurant le décolleté d’un geste pensif, peut-être même sensuel. Elle patiente encore quelques secondes avant de regarder le psychologue avec un sourire innocent.

    « Je me sens bien. Il n’y a pas de démon. »


Son fameux démon. La folie de sa mère qu’elle n’avait jamais pu accepter malgré tout leur travail. Mais il s’était demandé ce qu’il aurait pu être pour elle, en quoi elle l’incarnait. Car dire que l’on n’est pas fou est souvent un des premiers signes de folie. Sans en être sûr, il avait supposé que ce démon s’appelait Attachement. Elle cherchait l’amour et l’attention pour ne pas avoir un trou, comme elle le disait encore plus jeune. Ce vide douloureux et déchirant dans la poitrine quand on perd un être cher, quand on se sépare de quelque chose. Paradoxalement, une fois ce vide comblé par l’attachement, elle changeait d’objet. Pour ne pas souffrir d’un nouveau déchirement. Il n’avait pas la prétention de la comprendre, il doutait même qu’elle en sache plus sur elle-même. A la mort de sa grand-mère, il y a quelques mois, Callixte avait été complètement anéantie. Chose difficile à comprendre quand on sait ô combien cette grand-mère pouvait la détester. Suite à ce décès, c’est à l’hôpital qu’il avait dû aller la trouver. Alcool, drogue, elle avait été ramassée par la police dans un état lamentable. Mais elle avait remonté la pente finalement. Elle avait pu passer son CAPES et terminer son stage, au moins une bonne chose.

    « Et que comptes-tu faire à présent ?
    - Je m’en vais.
    - … Pardon ?
    - J’ai trouvé un travail en Angleterre, je pars demain. »


Comme toujours, elle ne prévenait pas. Elle l’annonçait de but en blanc, sans penser aux conséquences que cela pourrait avoir. Sur lui, aucune, ou sinon un pincement au cœur. Après tout, il la suivait depuis presque vingt ans. Mais il songeait surtout à son petit-ami actuel, il risquait de ne pas apprécier.

    « Je vais contacter un confrère là-bas, tu --
    - Non merci, c’est inutile. »


Elle n’avait plus besoin d’aide, et elle n’avait pas envie de se confier à un inconnu après tant de temps passé ici. Ce psychologue devait être le seul à qui elle a été fidèle … La séance se termine, ils se quittent. Il ne lui demanda pas de repasser un jour. Elle ne reviendrait pas. [ ... ]

    « Callixte … tu fais quoi là ?
    - Ma valise, tu m’aides ? ♥
    - Je vois bien mais où tu vas ?
    - En Angleterre; tu te souviens, j’ai eut un entretien il y a deux semaines.
    - Tu aurais pu me prévenir ! Pour combien de temps ?
    - Ce n’est pas la peine, puisque je ne reviendrai pas sweet. »


Callixte avait vingt-trois ans.
Et elle apprivoisait sa liberté.


Aujourd’hui, Circé a vingt-six ans. Et rien n’a changé.



HRP.
SURNOM(S) : Kufufu.
DATE DE NAISSANCE : A peu près 726 041 jours après Jésus Christ, sans les années bissextiles.
ÂGE : Un an de plus que l’année dernière, et ouais.
SEXE : Sans sel, c’est mauvais pour ma tension.
AVATAR : Hatsune Miku de Vocaloid
DÉCOUVERTE DU FORUM : Sur un site de rencontre.
EST-CE VOTRE PREMIER FORUM RP ? Voilà que. Ma vie défile devant mes yeux. Des années de jeu et de débauche sur la toile, mais pour quoi ? Pour quoi ? Tout cela a-t-il un sens ? .. Hum ? Par là vous dîtes ? Oui, je sors.



Dernière édition par Circé le Mer 28 Déc - 21:14, édité 1 fois
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Invité
Sujet: Re: Circé || « take another walk out of your fake world. » Mer 28 Déc - 12:09

Oh mon Dieu.
Bienvenue sur le forum.
Je suis désolée du retard qu'a pris la validation de cette fiche.
Par contre, je vais te demander s'il-te-plaît d'ajouter deux ans d'âge à Circé, afin qu'elle ne soit pas trop proche des élèves.
Sans plus attendre, je te souhaiterai ensuite la bienvenue chez les profs.
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Invité
Sujet: Re: Circé || « take another walk out of your fake world. » Mer 28 Déc - 21:15

    Pas de problèmes, c'est excusable en période de fêtes =)
    Done ♥
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Invité
Sujet: Re: Circé || « take another walk out of your fake world. » Mer 28 Déc - 21:29

Bienvenue parmi nouuus !
Validée !
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Sujet: Re: Circé || « take another walk out of your fake world. »

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Circé || « take another walk out of your fake world. »

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