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 Lil' - Petit frère n'a qu'un souhait devenir grand

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Lil'
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Sujet: Lil' - Petit frère n'a qu'un souhait devenir grand Mar 18 Mar - 3:32


READY TO GO
Lil' ■ Lee Brown



âge : 17 ans
date de naissance : 28 février 1996 à 23h56 - eh ouais, à quatre minutes près une année bissextile, la bande était bien dégoûtée de pas pouvoir le faire enrager
qi : 192
sexe : masculin
origine : le fin fond du Bronx
ancienneté : 3 ans
manie : fait du pen-spinning
cheveux : noirs avec deux tresses très serrées lui tombant derrière les oreilles
yeux : noirs
peau : noire. Enfin c'est un afro-américain, le gars, quoi !
taille : 198 centimètres
tatouage/piercing : un anneau à l'oreille
corpulence : du genre mince et costaud, il atteint les 100 kilos tout rond grâce à sa taille et ses muscles

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WORD
Analyse d'images
Définissez-vous en une phrase.

■ Sérieusement, t'as pas quelque chose d'autre à faire que me demander ça ?

Vous offrirez quoi à Noël à votre meilleur ennemi ?

■ Une corde.

Parmi ces livres ci-dessous, lequel serait le plus susceptible d'être votre livre de chevet ?

■ Les 120 journées de Sodome du Marquis de Sade.

Ce que vous devez impérativement arrêter de dire. Sérieusement.

■ « Je comprends ce que tu ressens... »

La petite manie dont vous vous passerez bien ?

■ Accro au high five.

Il y a forcément quelque chose que vous auriez dû faire depuis longtemps et n'avez toujours pas fait.

■ M'excuser auprès de la personne que j'ai insultée il y a trois semaines. Peut-être. On verra.


THAT'S WHO I AM

franc ■ jusqu'au-boutiste ■ bon confident ■ protecteur ■ incapable de trahison ■ créatif
jaloux ■ possessif ■ sanguin ■ rancunier ■ excessif ■ individualiste

Lil' a toujours été en décalage par rapport aux autres.

Au Bronx, il était le gamin surdoué. L'un des seuls enfants du quartier dont on espérait qu'il pourrait s'en sortir et effectuer de grandes choses. On était fier de lui, mais on avait l'impression de ne pas pouvoir le comprendre, alors on n'essayait même pas de s'en rapprocher. A la Wammy's House, il est le renoi wesh-wesh qui fume des oinj et deale de la beuh pour les pensionnaires. On ne connaît pas ses origines mais elles sont faciles à deviner, et le QI est un chiffre qui ne veut plus rien dire quand tout le monde en a un exceptionnel, alors qu'il soit dans le groupe Alpha et qu'il travaille sérieusement, on ne s'en rend pas compte et on l'oublie bien volontiers.

Auprès des filles, il est ce foutu macho qui les considère comme sa propriété. Il est tellement jaloux que c'en est à pleurer. Peu importe le côté protecteur et tendre qu'il a en privé, elles en ont marre de devoir lui demander l'autorisation pour la moindre soirée. Aux yeux des mecs, c'est une tapette trop sensible - franchement, qu'est-ce qu'on s'en fout des problèmes de vie de la conne que t'as sautée l'autre soir ? A quoi ça te sert de les écouter, mec ? Si encore tu faisais semblant, OK, mais toi tu sembles prendre un foutu malin plaisir à essayer de les consoler, non vraiment, on n'a pas de temps a perdre pour ça, nous les mecs.

Aux yeux de ses amis, il est trop bonne poire, trop gentil, trop à l’écoute. Aux yeux de ses ennemis, c'est un foutu rancunier qui ne sait jamais s’arrêter.

Il faut dire ce qui est, le problème principal de Lil', en fait, c'est que son bon cœur mêlé à la rude éducation du Bronx a fait de lui un étrange mélange assez explosif. Mais, finalement, il n'a pas envie de changer. Chaque facette de son caractère lui rappelle un souvenir de la vie qui l'a forgé, et ça, il ne veut surtout pas l'oublier.


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- Calvin est encore en retard.
- Il a quatorze ans, laisse-le respirer, il va revenir...
- C'est l'anniversaire de son frère !
- Tu crois que c'est intéressant pour un ado de participer à l'anniversaire d'un môme de six ans ?
- La famille c'est ce qui compte le plus au monde ! Calvin le sait ! Il ne devrait pas être en retard !

Les parents de Lee parlent à voix basse car ils ne veulent pas que le petit, qui voue un véritable culte à son frère, soit davantage déçu. Sa mère a repoussé son déjeuner d'anniversaire au maximum, et maintenant, le dessert qu'elle a préparé, avec les bougies presque entièrement fondues non pas parce qu'elles ont été allumées, mais parce qu'on les utilise d'une année sur l'autre pour économiser le plus possible, a été remis au four pour le garder chaud et moelleux. Lee regarde les bougies alignées sur la table en attendant. Il ne pleure pas, car c'est un garçon et que les garçons ne pleurent pas, mais il a du mal à retenir ses larmes. Son frère aurait dû arriver il y a deux heures.

- Tu es sûr que tu ne veux pas manger le gâteau, Lee ?
- Non ! Je veux partager ma part avec Calvin !

Et a ce moment-là, la porte s'ouvre. Le soleil froid de février qui tape précisément sur l'encadrure de la porte rend l’arrivée miraculeuse éblouissante, et le dénommé Calvin semblerait presque avoir une auréole. Un hurlement perce les oreilles des trois grands :

- CALVIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIN !

Lee s'est jeté à bas de sa chaise et s'est précipité sur son grand frère, lui enserrant les jambes.

- Je t'ai attendu pour manger le gâteau ! J'ai cru que tu viendrais pas !
- T'es sérieux, lil' bro ? Comment je pourrais louper un anniv de mon frérot ? Tu te rapproches de l’âge des grands, maintenant !

Calvin se dégage en riant et entre dans la minuscule cuisine. Ses parents lui jettent un regard de reproche et il hausse les épaules. Visiblement, il n'est pas inquiet des conséquences. Il faut dire que Lee est maintenant ébahi, bouche bée, yeux hagards, devant la magnifique trottinette rouge flambant neuve qui étincelle sur le trottoir devant leur porte. Il semble n'oser y croire, ça doit être une erreur, une coïncidence. Calvin se retourne et rit :

- Bah alors, tu l'essayes pas ?

A peine a-t-il fini sa phrase que Lee est déjà dix mètres plus loin. Le grand frère se retourne vers les parents :

- Je vous ai entendu discuter hier soir quand Lee dormait. J'ai entendu que vous n'aviez pas pu acheter de cadeau pour lui. Alors je me suis levé à six heures ce matin et j'ai fait tous les magasins alentour pour me rendre utile et gagner un peu de thunes. Seulement au moment où je voulais me contenter d'une bricole et revenir, j'ai fini par trouver le jackpot : un mec m'a pris pour son inventaire en me promettant une grosse somme. Du coup j'ai accepté, et après j'ai filé acheter la trottinette la plus chère que je pouvais...

Les parents se regardent. Ils savent très bien que si l'histoire de fond est certainement vraie, Calvin n'a pas gagné cet argent légalement. Il s'est plutôt arrangé avec la bande de dealers avec qui il traîne pour récupérer le plus d'argent possible de la vente aujourd'hui. Le père hésite une seconde, mais à ce moment-là, Lee passe comme une fusée devant la porte en hurlant de joie.

- Très bien, fils, ça passe pour cette fois.

Calvin utilise peut-être des méthodes pas très saines, mais pour lui aussi, la famille c'est ce qui compte le plus au monde. Il sent son cœur se serrer de joie alors que son frère repasse sur cette trottinette qui fait sérieusement tache en plein cœur du Bronx. Pour Lee, Lil' comme il l'appelle le plus souvent, en raccourci de lil' bro, little brother, il est prêt à absolument tout, même se plonger dans les histoires les plus sordides. Juste pour voir un sourire sur le visage de son petit frère.

***

Lee rentre de l’école. Ses parents et surtout son frère, qui ne cesse de lui clamer qu'il deviendra un grand homme un jour et que lui, grâce à son gros cerveau, il arrivera à se tirer de cette pourriture du Bronx, sont particulièrement fiers de ses très bons résultats, auxquels on n'est pas habitué dans la famille. Sa mère n'a jamais eu la chance d’être instruite et n'a jamais rien fait d'autre que gérer son foyer, son père a appris à lire et compter tout seul, quand il avait la vingtaine, et fait vivre, ou plutôt survivre, sa famille à l'aide de petits boulots. Les Brown sont une bonne famille, les Brown sont une famille honnête : pour eux, rien n'importe plus que le bonheur de leurs enfants, et c'est pour ça que, dépassés, ils ferment les yeux sur les frasques de l’aîné, qui servent presque toujours à payer la nourriture qui manque ou un cadeau au cadet. Et le père de Lee est fichtrement heureux d'avoir engendré un gamin aussi intelligent. Il regrette profondément de ne pas avoir l'instruction nécessaire pour stimuler l'esprit de son fils. Il lui dit régulièrement qu'il a toujours fait de son mieux, mais qu'hélas son mieux n'est pas très élevé, et encourage le cadet à travailler en lui inculquant l'importance de savoir prendre soin de sa famille. C'est pour cela que ces valeurs sont si solidement ancrées en Lee.

Le garçonnet de huit ans est fier de lui, il ramène un excellent bulletin aujourd'hui. Il sait que ses parents vont le féliciter, peut-être même, puisqu'on ne doit pas excessivement se serrer la ceinture en ce moment, aura-t-il droit à quelques bonbons. Et puis il a hâte de voir cette étincelle de fierté dans les yeux de son grand frère. Son grand frère, qui, depuis qu'il a eu huit ans, lui avoue que lui n'est qu'un con obligé de plonger les mains dans la merde pour survivre, mais que lui, son lil' bro, deviendra quelque chose de grand, au vu et au su de tous - et surtout des blancs. En deux ans, de quatorze à seize, Calvin est devenu plus sombre, plus renfermé, plus distant. Ses parents ont totalement renoncé à le contrôler, et seul Lee désormais arrive à le dérider et rire avec lui. Mais aujourd'hui, quand il rentre, toutes les lumières sont éteintes, Calvin est assis à la table, en train de faire du pen-spinning, et le cadet est vivement choqué par les yeux noirs de l’aîné, renfoncés dans ses orbites, avec des sourcils si froncés que dans l’obscurité son regard semble invisible.

- Calvin ?

Il remarque soudain le massacre autour. Les chaises sont toutes renversées, l'une est même cassée, il y a plein de vaisselle par terre, tout le peu de décoration que leur mère avait réussi à improviser pour rendre leur minuscule maison insalubre plus accueillante est détruit. Un seul objet a échappé au massacre : le vase préféré de leur mère, pour qui leur père avait dépensé une petite fortune, qui a été soigneusement mis a l'abri dans le coin du plan de travail.

- Hey, Lil'.
- Qu'est-ce qui s'est passe ?
- C'est moi qui ai tout pété.
- Oh là là, maman va pas être contente !

Calvin laisse tomber le stylo et fond en larmes, la tête entre les bras.

Lee est profondément choqué.

C'est son grand frère qui lui a appris que les garçons ne devaient jamais pleurer. Ce sont les filles qui pleurent. C'est pour ça que les garçons se doivent toujours de protéger les filles. Alors pourquoi Calvin est en train de chialer comme s'il crachait toutes les larmes qu'il a retenu depuis sa naissance ?

- Putain, Lil' !

Lee n'a pas l'impression, malgré l'interpellation, que Calvin veut spécifiquement lui parler. Il a parlé d'une voix étouffée entre ses bras, et le cadet a senti que l'exclamation n’était qu'un cri de désespoir. Il ne comprend pas du tout ce qui se passe, mais il commence à avoir vraiment peur. Il s'est rapproché de son frère et lui a posé une main sur l’épaule. Calvin se redresse et essuie ses larmes d'un air rageur.

- Elle est morte, maman !

Grands yeux effarés.

- Et papa aussi, putain ! Ils se sont fait faucher par un routard fou furieux ! Course-poursuite avec des putains de flics qui se sont même pas arrêtés pour regarder, trop occupés à vouloir choper leur abruti ! Forcément on va pas demander à des flics blancs de gérer les ennuis du Bronx ! Ils ont probablement même pas faits exprès d'y passer ! Papa et maman sont MORTS, Lee !

Le gamin ne peut se résoudre à focaliser son esprit sur la terrible nouvelle qui vient de le frapper, alors il préfère être surpris par l'emploi de son prénom. Ça fait presque quatre ans que Calvin ne l'a pas employé.

- ... Lee ?

L’aîné comprend immédiatement le point d'interrogation.

- Ouais, parce que c'est fini d’être petit, maintenant. T'es toujours mon lil' bro, ça ça changera jamais, mais il faut devenir grand aujourd'hui. On est tout seuls, putain, Lee. On va devoir se démerder tout seuls. Et si on commence pas à se démerder vite, déjà, ils vont nous séparer et nous placer dans des foyers différents. Ça, c'est mort.
- Mais tu veux t'enfuir alors ? demande le petit garçon en écarquillant les yeux.
- Hors de question. On va faire ça propre, de manière à ce que personne puisse rien nous dire. J'vais m'arranger pour être émancipé, puis je trouve un vrai taff et comme ça je peux obtenir ta garde. Mais va falloir que tu m'aides. Faudra pas dire de conneries. T'es capable de faire ça, Lil' ?

Le petit est rassuré par l'emploi de son surnom. Si Calvin prend les choses en main, alors tout se passera bien. Il voue une confiance aveugle en son grand frère.

- Oui. J'te promets de t'aider autant que t'en auras besoin.
- Parfait. Allez viens, je vais t'apprendre à faire du pen-spinning. Comme ça tu te concentreras sur ça au lieu des mauvaises nouvelles et ça t’évitera de péter un câble.
- Sérieux ? TROP COOL !

Calvin esquisse un mince sourire. Il savait que cela distrairait le petit garçon, qui le harcèle depuis un an qu'il commence à se débrouiller pour pouvoir apprendre aussi. Il s'est entraîné seul sans grand succès et son grand frère a toujours rétorqué qu'il était trop jeune pour y arriver.

Une expression triste flotte sur son visage alors qu'il regarde l'air concentré du cadet qui n’arrête pas de faire tomber le stylo. Il sait qu'il ne pourra pas empêcher Lee de réaliser à un moment qu'il ne verra plus jamais sa maman, mais autant repousser ça le plus possible.

***

Mort Calvin

***

Moriarty nous a tout montré, à la p'tite française pâlotte et moi. On a visité les chambres, on a vu laquelle nous serait attribuée, on nous a assuré que nos affaires y seraient déposées d'ici ce soir, ce qui m'a bien fait marrer vu que j'ai pas grand-chose à part trois fringues, on nous a parlé des classes de QI - on a tous les deux l'honneur de faire partie de la plus élevée - on nous a parlé des différents groupes et plus spécifiquement des WORD auxquels on appartient tous les deux - apprendre qu'on aurait pas mal de cours en commun m'a réjoui. La blondinette m'a un peu tapé dans l’œil, je dois bien l'admettre, et puis après tout j'ai toutes mes chances, on a sombré dans cette galère en même temps. En plus son accent français est super sexy.

- La dernière formalité, mais pas des moindres, dit gravement Moriarty, assis derrière son bureau. Afin de vous protéger au mieux, nous nous efforçons dès aujourd'hui de conserver votre anonymat le plus total. Pour ce faire, personne, à part moi, ne connaît votre véritable nom. Vous allez devoir choisir un surnom, un pseudonyme, sous lequel vous serez connus, et dont la première lettre est aussi celle de votre prénom ou de votre nom de famille. Vous êtes totalement libres à ce sujet. Avez-vous une idée ?

J'ai vraiment pas besoin de réfléchir.

- Lil'.
- Lola.

On a parlé exactement en même temps, d'un ton un peu décidé, et ça a sonné comme Lila. Ça me fait rire. Miss Blondinette me jette un regard blasé et je me rappelle que ses parents sont morts il y a peu. Je me calme.

- Lil' et Lola, c'est ça ? C'est parfait. Vous pouvez vous en retourner à vos chambres, maintenant. Vous n’êtes pas obligés de vous mêler aux autres enfants ce soir si vous ne le souhaitez pas. Si vous ne pointez pas au réfectoire, on veillera à vous amener un plateau. Dès demain, vous devez suivre votre emploi du temps. J’espère que vous vous sentirez chez vous ici.

Je serre les poings. Il est marrant le vieux, comme si on avait le choix. On n'a plus aucun autre chez nous. Pour ne pas m’énerver, je fais tourner le vieux stylo de Calvin sur mes doigts. J'ai vachement progressé depuis mes huit ans. J'arrive à faire des figures de ouf maintenant. Inconsciemment, j'essaie de me la jouer devant Miss Blondinette, renommée officiellement Lola. Je ne sais pas trop si ça marche ou si elle est indifférente. Si ça se trouve, elle me prend pour un connard insensible.

On repart ensemble.

Des que nous sommes éloignés des bureaux des adultes, elle sort tout son petit matos et commence à rouler un joint en marchant. Je me marre.

- T'as un problème ? réagit-elle immédiatement.
- Nan, aucun. C'est juste que t'as bien l'air d'une petite fille sage, et tu te roules ton spliff comme ça en plein milieu du pensionnat. T'as l'air cool.

La gamine retient visiblement une réplique cinglante, mais se contente finalement d'un coup de langue sur la feuille slim avant de rouler un joint nickel chrome - parole, j'en ai du Bronx qui pourraient prendre quelques cours. Elle l'allume et tire quelques longues taffes, crachant sa fumée sans la moindre gêne sous le plafond qui est probablement au moins dix fois plus vieux qu'elle. On arrive à ce moment devant le croisement qui doit nous séparer. Je la regarde, et au moment où je m’apprête à lui dire au revoir, un peu penaud de ma maladresse, elle me tend le joint.

- Tu veux ?

Si je veux ! Je le prends et tire trois longues lattes avant de lui refiler.

- Merci, c'est cool. On se voit demain ?
- ... OK.

Notre amitié a commencé aussi simplement que ça, et moi, comme le bon abruti que j’étais, même si je le savais pas, j’étais déjà dingue d'elle.

***

Je l'ai eue, ma petite blondinette. Elle a fait sa sauvageonne mais j'ai été patient, j'ai attendu, j'ai compris comment elle fonctionnait à force de l'observer, et je l'ai laissée venir, tout doucement. Jamais je n'aurais pu l'obtenir si elle ne l'avait pas voulu. Je n'aurais jamais pu la faire changer d'avis, elle est beaucoup trop forte tête. Mais ça me plaît, une nana qui sait se défendre comme ça. Et elle, elle a beau se plaindre de ma possessivité, je sais qu'au fond elle se sent bien quand elle peut se blottir, toute minuscule, au creux de mes bras.

Ça fait un an qu'on est ensemble et je l'aime plus que tout. C'est la femme de ma vie. J'en suis sûr et certain. Le problème, c'est que depuis quelques semaines, je ne suis pas bien persuadé d’être l'homme de sa vie. Bien sûr, nous savons tout les deux tacitement que j'ai toujours eu plus de sentiments qu'elle, mais j'ai l'impression que les siens se délitent dernièrement, ce qui ne fait pas vraiment mes affaires. Alors j'ai décidé de lui faire un cadeau d'anniversaire.

Bon, le temps de me décider, notre anniversaire est déjà passé depuis une semaine, mais peu importe, Lola n'entend rien aux dates, et puis c'est de l'à peu près, on sait pas vraiment quel jour on est sortis ensemble. Je décide de faire les choses biens, même si je n'ai des notions que très limitées de romantisme, et lui envoie un texto pour lui enjoindre de venir me voir sous notre arbre préféré du parc. Il est suffisamment éloigné du pensionnat pour que les petits ne tournent pas autour de nous en nous empêchant de fumer, pour que les adultes aient généralement la flemme de pousser jusque là-bas, et il a de grosses branches basses sur lesquelles on peut s'allonger et s'installer aussi confortablement qu'un écureuil le pourrait, le tout additionné à un épais feuillage conservant la fraîcheur en été.

Elle arrive. Elle est belle, putain. Dans sa dégaine de gitane, elle me fait toujours battre le cœur. Lola n'est pas faite pour cette vie, elle est faite pour une vie de bohème à parcourir les routes. Quand je vois Near ou Mello dans les couloirs de la Wammy's House, je vois de futurs brillants policiers, qui seront chargés des affaires les plus compliquées. Quand je vois Lola, je vois un oiseau enfermé dans une cage.

- Wesh, gros. Y s'passe quoi ?

Y a pas de mots d'amour avec Lola. Ou plutôt, y en a pas qui viennent de Lola. Moi je les lui dis, mais elle n'y répond jamais, elle se contente de les accepter avec le sourire. Je n'y fais plus attention maintenant. J'ai préparé mon discours à l'avance mais les mots se mélangent dans ma tête. Je ne sais pas les manier comme elle, mon truc, ce sont les images. Mon stylo tourne à toute vitesse sur le dos de ma main, comme toujours quand je suis nerveux. Je finis par sortir un galimatias qui ressemble vaguement à ce que j'ai préparé. L'original n’était pas beaucoup moins pire de toute façon.

- Lola... Tu sais que je t'aime plus que tout. Je te l'ai dit et répété des milliers de fois. Mais j'ai pas mal réfléchi ces derniers temps, et je voudrais te dire quelque chose qui te prouve à quel point je tiens à toi. Tu veux bien ?

Je prends des risques. On s'est déjà disputés parce qu'en un an, elle ne m'a jamais dit je t'aime, pas une seule fois. C'est une pente glissante que ce choix de mots, qui peut tout autant l'intriguer que l’énerver. Mais je fais confiance à Lola, elle est assez intelligente pour me laisser m'exprimer.

C'est la peur qui l'emporte, finalement, sur toutes les réactions possibles. Elle est de plus en plus crispée, dernièrement, quand je lui dis des choses comme ça. J'ai l'impression qu'elle a peur de mes sentiments pour elle et c'est une sensation assez horrible.

- Euh bah... Tu vas pas m'demander en mariage d'façon, non ? répond-elle en riant jaune. Enfin vas-y, envoie l'bail.
- Non, non, promis, je veux juste te dire quelque chose, la rassuré-je. Voilà, c'est... c'est que trois mots mais j'ai pas besoin de t'expliquer l'importance que ça a, tu le sais déjà.

Je prends une profonde inspiration.

- Lola... Je m'appelle Lee.
- Pardon ?

Elle me jette un regard de profonde surprise. La surprise n'a pas l'air agréable et ça me fout un coup au cœur.

- Je... J'apprécie le geste mais... Est-c'que tu t'rends compte d'ce que tu viens d'me balancer ?
- Putain Lola, me dis pas ça, ça fait une semaine que j'y réfléchis. Je sais exactement ce que je viens de te balancer, je sais tout ce que ça implique. C'est pour ça que je te le dis...
- Tu sais que... j'te retournerai pas la faveur ? J'veux dire... j't'apprécie vraiment, mais... j'suis pas prête à lâcher ce genre de trucs.

Elle refuse catégoriquement de me regarder, mais comme pour se faire pardonner sa réaction immédiate, elle a entremêlé ses doigts aux miens. Elle tire furieusement sur son joint. J'avais l'impression de m’être planté totalement mais elle s'est adoucie juste à temps - c'est toujours ça avec elle. Je franchis une ligne de trop, elle se crispe et s'effraye, et puis, elle l'oublie tellement soudainement que je ne ne peux que lui pardonner sa réaction trop vive. Je me suis toujours dit que c’était parce qu'elle se rendait compte que finalement, c’était pas la peine de se prendre la tête comme ça. Là, je sais pas pourquoi, j'ai un drôle de pressentiment depuis le début de la conversation, et à la voir tirer sur son joint comme pas possible, je me dis, que, tout simplement, elle s'efforce peut-être juste d'oublier très vite les événements désagréables. J’éloigne cette idée cruelle aussi rapidement qu'elle m'est venue en tête.

- Mais ne t'inquiète pas, je ne te le demande pas. Je suis pas assez dingue pour exiger une chose pareille de toi. T'es comme un chat, faut te laisser approcher.

Je cesse de faire tournoyer mon stylo, lui caresse les cheveux et lui grattouille la nuque comme je le ferais à un vrai chat. Je sais qu'elle adore ça. Je lui replace doucement une mèche blonde derrière une oreille.

- Lola, r'garde-moi, s'il te plaît. Je vais pas te bouffer.
- Je sais, mec... Désolée.

Elle me regarde et me fait enfin un vrai sourire, le premier qui n'a pas l'air crispé depuis le début de la conversation.

- Sinon j'aime bien ton prénom... ajoute-t-elle. Crois-moi t'as été gâté.
- Aussi loin que je me rappelle, je peux compter les fois où mon frère m'a appelé par mon vrai nom sur les doigts d'une main. Il m'appelait toujours Lil'. J'étais son lil' bro, quoi. C'est pour ça que j'ai pris ce pseudo. Promis, c'est la dernière révélation du jour, souris-je.
- C'pas bien c'que tu fais, si Moriarty t'entendait, gros... C'est adorable... Et c'est cool, ajoute-t-elle, toujours le sourire aux lèvres. J'veux dire, le passé, c'est comme un trésor enfoui, ça sert que si y'a quelqu'un pour se souvenir d'aller le déterrer alors faut... s'en souvenir. Perso' c'est... hm. Mon ex' qui m'a appelé comme ça. Mais c'était qu'un pote à l'époque, et en fait tout le monde m'appelait comme ça avant. On était dye et j'voulais qu'il m'trouve un autre nom. J'me reconnaissais plus dans, ahem, mon nom d'avant. J'crois.

Elle a enfin fini son putain de joint qui m’empêche de l'embrasser depuis tout à l'heure et l'écrase négligemment dans l'herbe. Elle se suspend à mes deux mètres, toute minuscule et menue contre moi, et écrase ses lèvres contre les miennes. Je souris contre les siennes.

- Techniquement, c'pas grave si j'te fais cette révélation, hein ? chuchote-t-elle.

Je rirais si je n’étais pas très occupé à l'embrasser. Je murmure sans quitter sa bouche :

- Non, c'est pas grave du tout, et c'est déjà énorme. Merci.

***

Scene tag

***

Voila, j'ai tout gâché.

Je le savais pourtant. Je ne suis pas un imbécile. En revanche je suis bel et bien un crétin amoureux, et je suis tombé dans l'erreur la plus banale qui attendent tous les crétins amoureux du monde : me planter complètement sur les sentiments de ma jolie blonde.

C'est fini. Elle a rompu. Elle m'a laissé comme un con. J'ai bien vu que ça lui faisait du mal aussi ; elle tient sincèrement à moi et ne voulait pas me blesser. Mais elle ne m'aime pas comme moi je l'aime. Je suppose qu'on pourrait dire que c'est la vie. Mieux vaut qu'elle rompe maintenant que dans un an, quand j'aurai eu encore plus le temps de me fourvoyer.

Enfin, ça, c'est la merde habituelle que je me dis pour pas m’écrouler.

Ça fait une semaine et je vois bien qu'elle est malheureuse aussi, mais elle n'a pas cédé et m'ignore totalement depuis. Enfin pas totalement. Je sens parfois ses regards inquiets peser sur moi, je croise même ses yeux si je tourne la tête assez vite. C'est difficile parce qu'on est dans la même classe, dans le même groupe, on a masse de cours en commun et des horaires très proches. En plus on traîne dans les mêmes endroits. Elle ne me fuit pas, pourtant, parce que j'essaye aussi de pas lui imposer ma présence. Ça me ferait trop mal de toute façon. Mais là où avant elle serait venue me saluer, partager un joint, m'embrasser, eh bien elle fait comme si elle ne me connaissait pas, ou presque.

Je suis parti seul dans le parc et je grille un joint sous notre arbre préféré, celui sous lequel on se retrouvait tout le temps, celui sous lequel je lui ai révélé mon nom - ça fait un mois et il me semble que ça fait une éternité. Avant. Il y avait l'avant avec mes parents, l'avant avec mon frère ; maintenant il y a aussi l'avant où j’étais heureux avec Lola, où je pouvais l'embrasser, la toucher, lui faire l'amour. C'est terminé.

Le coucher de soleil est en face de moi et les lueurs rouges et orangées se répandent dans le ciel comme une tache d'encre sur du tissu. Les orphelins qui sont au loin dans le parc ne sont que des silhouettes noires enflammées par la lumière. Je plisse les yeux. J'ai la drôle d'impression que quelqu'un se rapproche. Peu désireux d’être interpellé, je me décale un peu de manière a ce que mon regard ne soit pas dirigé vers la silhouette. Si je feins de ne pas l'avoir vue, elle me laissera peut-être tranquille.

Mais j'entends les pas se rapprocher et je pousserais un soupir d’énervement en remarquant que la personne vient s'installer contre le même arbre que moi, si je n'avais pas senti le parfum floral mêlé de weed caractéristique de Lola. J'inspire profondément. Je l'entends actionner un briquet, tirer sur son joint. Je ne dis rien. Petit chat à ne pas effaroucher. Je la laisse s'approcher.

Le silence règne pendant un bon quart d'heure, le temps qu'elle met à savourer son joint en entier. J'ai fini le mien et je m'occupe à en rouler un autre ; j'ai pas envie de continuer à fumer mais je sais que Lola les enchaîne. Au moment où je l'allume, sa voix s’élève.

- Louison.

Je reste abasourdi, les mains figées en l'air, le joint allumé à mi-chemin de ma bouche, le briquet éteint juste devant. J'ai l'air d'un con, mais c'est pas grave, elle me tourne le dos. Je ressens soudain un élan d'amour si fort pour elle que j'en ai mal. J'ai envie de pleurer, putain, mais les leçons de Calvin me reviennent en tête. Les garçons ne pleurent pas, seules les filles ont le droit de pleurer, c'est pour ça que les garçons doivent les protéger. Pourtant, là, c'est Lola qui m'a cassé. Je n'avais pas envisagé ce cas de figure.

Mais ce prénom chuchoté dans le coucher du soleil signifie tellement que j'arrive facilement à repousser mes larmes, finalement. C'est de ma faute après tout. C'est moi qui l'ai effrayée. C'est moi qui ai failli à mon rôle. Mais je ne suis pas déçu par la force intérieure de ma Lola ; elle s'est ressaisie comme elle seule peut le faire, et me l'a prouvé de la plus touchante des manières.

- Merci.

On ne dit pas un mot de plus. On se contente de rester là, adossés d'un côté et de l'autre de l'arbre, à fumer et regarder le coucher de soleil exploser puis se terminer.

Même si je ne suis plus avec elle, peut-être que ça va bien se passer, finalement.


AND THAT'S WHO'S PLAYING


pseudonyme : everchild
âge : 21 ans
sexe : féminin
avatar : Snoop Dogg version fanart (ouais ce sera plus simple, et ouais je plagie totalement Id)
découverte du forum : dc Byte
est-ce votre premier forum rp ? nope


Dernière édition par Lil' le Jeu 22 Mai - 17:09, édité 13 fois
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Dreamy
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Feuille de personnage
Wammy’s: H/A
Double Compte:
Âge: 15 ans/23 ans
Sujet: Re: Lil' - Petit frère n'a qu'un souhait devenir grand Mar 18 Mar - 7:15

Re-bienvenue Lil' o/

Ton personnage est un Word ! Merci de lui trouver une spécialité !

Pour ton avatar, je peux te conseiller Garterbelt de Panty & Stocking ; mais après je crois qu'il y a des sites qui ont une liste des persos noirs dans les mangas / autres....mais après, c'est sûr, c'est pas évident (surtout qu'ils sont souvent au deuxième plan, voir au troisième les pauvres).

Bonne chance o/

♔ ♔ ♔

AU MON DIEU UNE CITROUILLE ZAVEZ VU CA UNE CITROUILLE LOL CA C'EST TROP COOL OLOLOL ET DE LA NEIGE, DE LA NEIGE PARTOUT YAY BEST DAY OF MY LIFE EVER PATATO

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Hammer
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Sujet: Re: Lil' - Petit frère n'a qu'un souhait devenir grand Jeu 27 Mar - 13:45

Fiche toujours en cours ?

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Lil'
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Sujet: Re: Lil' - Petit frère n'a qu'un souhait devenir grand Jeu 27 Mar - 14:33

Maiseuh meme si vous avez peut-etre pas fait gaffe au debut parce que je n'ai pas ete inactive tout de suite, je suis quand meme censee etre absente jusqu'au 13 avril ! e_e

(Don't worry je plaisante je m'en fous, mais tout ca pour dire que oui, c'est toujours en cours ma bonne dame !)
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Hammer
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Sujet: Re: Lil' - Petit frère n'a qu'un souhait devenir grand Jeu 27 Mar - 15:57

Faut le préciser dans les sujets de présentation aussi parce qu'on est de grosse flemmardes <3

Je mets ça en attente alors, pas de souci et à bientôt 8D

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Dreamy
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Sujet: Re: Lil' - Petit frère n'a qu'un souhait devenir grand Dim 8 Juin - 18:23

Toujours en cours ?

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Sujet: Re: Lil' - Petit frère n'a qu'un souhait devenir grand Mer 30 Juil - 22:08

Hey, je viens au nouvel avec un retard honteux : D toujours en cours ?

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Sujet: Re: Lil' - Petit frère n'a qu'un souhait devenir grand Lun 27 Oct - 14:49

Fiche toujours en cours ?

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Sujet: Re: Lil' - Petit frère n'a qu'un souhait devenir grand

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Lil' - Petit frère n'a qu'un souhait devenir grand

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