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 Meurtre parfait. Meurtre raté [Lola][- 18, les enfants][TERMINÉ]

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Vergil
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Sujet: Re: Meurtre parfait. Meurtre raté [Lola][- 18, les enfants][TERMINÉ] Mer 2 Avr - 17:41

Le problème, c'était que personne, de toute façon, ne pouvait se targuer d'être assez unique pour ne pas correspondre à tel ou tel cliché ; Vergil avait l'impression d'avoir affaire à de la rhétorique sale, seulement utile lorsqu'il s'agissait d'opposer l'ennemi à une question sans réponse. Autant dire que voir un adolescent patiner sur cette merde bien lisse n'était pas le moins drôle des spectacles ; Vergil fronça les sourcils, encore, semblant figé dans cette attitude d'attente silencieuse qu'adoptent les grands félins avant de bondir. Mais effectivement, quand on grandit, on se résigne, on arrête de se rebeller à tort et à travers, on se la ferme, on marche droit, avait envie de répliquer l'allemand, mais il se doutait que ces mots-là ne serviraient à rien, juste à l'enfoncer lui, dans cette même discussion sans fin, qui remplissait son esprit d'un brouhaha de pensées illicites et sournoises. Il ne s'agissait même plus de heurter deux egos aux appétits malsains, il fallait plutôt défendre son unicité, son âge, face à ce qui semblait être son strict opposé. Mais Vergil était loin de se heurter avec la même froideur à tout ce que disait la jeune blonde ; en effet, il était aigri. En effet, il était blasé. Il avait du mal à se définir autrement, depuis qu'il était devenu adulte ; mais ce terme de cliché était toujours difficile à porter. Il se rendait aussi compte que ce qu'il rétorquait était au moins aussi puéril que les réponses de Lola ; il fouillait à la recherche d'un point faible, et s'acharnait ensuite à le gratter jusqu'à ce que ça saigne. Si la française finissait par tourner les talons, se sentirait-il fier de l'avoir humilié à l'aide de répliques seulement motivées par son agacement ?

« Effectivement. Se laisser aller à la colère, ou à la tristesse, n'amène à rien de positif. Ça n'a rien d'un cliché, ça ; le cliché, c'est de s'entêter à hurler à tue-tête dans le seul but de provoquer l'opposant. Comme un gamin qui roulerait par terre pour réclamer de l'attention. »

Ouais, sûr que quand on est adulte, certes, on gueule, mais moins dans le but de pousser tout le voisinage à te poursuivre avec des fourches. Vergil posa sur Lola un œil plus clair, remarquant ses cernes, songeant au fait qu'elle n'avait pas dû dormir depuis plus de vingt-quatre heures, et son jugement lui parut un peu plus définitif ; telle une gamine qui n'aurait pas eu sa sieste, la jeune blonde hurlait du plus fort qu'elle pouvait pour accaparer l'attention des adultes environnants. Vue sous cette angle-là, la discussion lui parut soudain plus simple à laisser de côté. Viktor relâcha Lola et sa main remonta se poser sur la tête de Lola, qu'il tapota d'un air moqueur :

« Peut-être. » Lâcha-t-il, très simplement

La Wammy's House ne se serait jamais mise en travers du chemin de quiconque désirerait arracher un gamin à ses griffes de fer ; ceux qui étaient là n'avaient plus vraiment personne en mesure de s'occuper d'eux, mais qu'est ce que ça pouvait bien lui apporter de faire remarquer ce petit détail à Lola ? À part encore une nouvelle crise, une nouvelle pique acide lâchée sur son ego, et encore, une discussion à n'en plus finir – à quoi bon lui enlever ses espérances ? Ces gamins se sentaient assez seuls, pour ressentir le besoin de coucher avec le premier venu, comme si ça suffirait à combler l'affreux vide qui béait en eux. Aussi, l'allemand retint son commentaire acerbe, et s'attaqua à la réplique suivante de la blonde :

« Ouais, c'est sûr qu'à part faire des consuls de leurs chevaux préférés, ils ont juste conquis une grande partie de l'Europe, et ce, pendant quelques siècles. C'est sûr que les clochards grecs peuvent au moins se vanter d'avoir inventé le suicide face à la pression démocratique. »

Quoique des suicidés, y'en avait même eu chez les romains, mais chut, l'allemand préférait les histoires d'homicides volontaires qui n'avaient pas manqué de fluctuer sous le Grand Empire. Vergil avait adopté ce ton professoral, un peu condescendant ; pourtant, quand il fallut répondre à Lola sur ce peuple qu'il n'avait jamais aimé défendre – est-ce qu'il se sentait vraiment de Berlin, après tout ? Pourquoi est-ce qu'il s'emballait comme si l'honneur de sa nation était vraiment si important que ça ? -, il sentit que sa voix redevenait ce grondement antipathique qui semblait provenir de la gorge d'un animal prêt à déchiqueter sa proie. Formatage idiot qu'il avait subi dans sa piètre famille de nazis au nez toujours poudré par la cendre des juifs calcinés  :

« C'est une gamine qui vient d'un pays de lâches collaborateurs qui ose ouvrir sa gueule, là ? Tu devrais suivre l'exemple de Pétain sous le régime de Vichy, et me sucer la bite. »

C'est qu'il en deviendrait presque vulgaire, quand il est agacé, le teuton :

« Et je m'dis que tant qu'à ce que tu fermes la gueule, autant que ce soit plaisant. »

Et comme, visiblement, ils passaient leur temps à valdinguer entre états d'extrême passion et de rage tenace, Viktor sortit son paquet pour y piocher une nouvelle cigarette, autant pour s'occuper les mains, que pour se changer les idées. Baiser une élève pour y gagner le droit de s'engueuler avec elle deux fois plus, y'a que le rapprochement éducatif qui peut se permettre d'être aussi brillant.
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Lola
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Sujet: Re: Meurtre parfait. Meurtre raté [Lola][- 18, les enfants][TERMINÉ] Mer 2 Avr - 23:12

L’envie de ragequit se fait plus insistante qu’une manouche mendiant dans le métro, plus par dépit – il a pas tout à fait tort, en fait, aussi humiliant que ce soit de le reconnaître – que par réelle exaspération. La mauvaise foi consciente et inavouable du perdant. La honte rageuse de se retrouver une fois de plus réduite au statut de sale gamine – elle en connaît au moins un que ça fascinerait, cette phobie de l’infantilisation. Le regard qu’elle darde sur Vergil, serrant les lèvres pour taire les paroles coléreuses, les mots impulsifs qui naissent dans son esprit, gronde de promesses malveillantes – ‘faut arrêter ça maintenant, m’sieur, pour vrai j’aime pas ça, ça va vite me saouler d’ailleurs – telle une des grandes figures du ghetto, genre de nigga qu’on préfère globalement caresser dans le sens du poil. Non sérieux, c’est déloyal d’exploiter cette faiblesse, cruel de lui faire fermer sa gueule en lui foutant un complexe chelou. Tellement que bah voilà, elle fulmine en silence, elle en perd son anglais, son allemand, son français et même son argot, parce que malgré l’envie elle ose pas.

Enfin au point où elle est rendue, autant gueuler pour gueuler – se réconforter de cette misérable parodie de fierté brillamment sauvée de la défaite. Allez, Lola, retrouve ta verve de meuf de la rue, tu t’avoues pas vaincue, toi, tu t’acharnes, c’est comme ça qu’on apprend aux mioches dans ton quartier.

« Moi, réclamer d’l’attention ? J’sais qu’on est tous les deux blonds et qu’on a une syllabe en commun mais quand même, me confondre avec ce p’tit pédé... Et, très honnêtement, quand on manque de péter la tronche de son élève pour une pelle en toute innocence – bon là elle déconne un peu –, on vient pas dire aux autres comment ils devraient gérer leur colère. »

Et elle savourerait intensément l’approche indéniable de sa victoire – puisqu’on lui prête l’attitude d’une pauvre merdeuse obstinée, autant se refuser aussi farouchement à la possibilité d’une réplique cinglante brisant ses illusions de succès – si cet espèce de sale mec avait pas... putain comment il a osé.
A peine la main de son vis-à-vis se retire, abandonnant derrière elle une mortification et une fureur qui se révèle jusque dans les tressaillements nerveux de ses épaules – jusque dans le figement fébrile de son être –, que la blonde l’accable d’un regard semblable à celui d’un fauve s’apprêtant à bondir violemment sur sa proie. J’vais t’la faire bouffer, ta main, si tu retentes ça. « Brave petite, va, reste dans ton délire... », qu’elle comprend de ce geste outrageant, l’alliage le plus sournois, le plus douloureux, de la pitié et de la raillerie. La fessé, maintenant ça, jusqu’à quel point au juste compte-t-il la ridiculiser ?

« Faites ça encore une fois et j’vous casse le bras, crache-t-elle d’une voix tremblante de toute l’ire qui inspire cette menace bien peu crédible. Avec tout le respect qui vous est dû bien sûr. »

Un sourire froid, profondément ironique, acéré comme une lame, naît sur ses lèvres. Elle se savait même pas capable d’un emportement si brûlant qu’il en devenait glacial, et si elle l’attribue majoritairement à l’insupportable condescendance de Vergil, elle ne niait pas l’influence d’une patience cruellement fragilisée par le manque de marie-jeanne dans sa tête. D’façon on s’en fout du pourquoi du comment, tout ce qu’elle en retient de tout ça, c’est que dans la jungle, terrible jungle, le lion va mourir ce soir. Rageux de Scar qui prétend empêcher le petit Simba aux airs de mouton sauvage d’accéder au trône.

« Ils ont quand même tout pompé aux grecs... Même l’Enéide, quoi, Virgile – ombre d’un sourire goguenard sur ses lèvres fines – y aurait pas pensé si y’avait pas eu Homère. C’bien beau de conquérir l’Europe quand on est pas foutus de fonder sa culture soi-même. »

Concrètement, Lola s’en tamponne le coquillard avec une babouche des grecs et des romains, sa connaissance du bail se limite à deux années de latin au collège – dont une généreusement séchée –, condamnée par sa mère à apprendre à décliner civis et à scander les vers de poésie latine. Et Wikipédia. ... Surtout Wikipédia, elle a pratiquement tout oublié de ses cours – sauf les trucs de mythologie qu’elle écoutait comme s’il s’agissait de jolies histoires. Elle veut juste saouler l’enseignant, se venger des blessures infligées à son ego.

« Je... »

La bouche grande ouverte, les yeux écarquillés, la Française n’a plus de mots. Parce que l’audace politiquement incorrecte de son interlocuteur l’ébahit – et l’impressionne, un tout petit peu –, d’habitude à l’évocation de la Shoah les gentils Allemands s’empressent de s’auto-flageller – « ja ja on a tué des juifs, ach pardon nous sommes des misérables ! –, c’est bien pour ça que c’est drôle. Quelque part au fond de sa tête elle croit percevoir les hurlements révoltés de son feuj de père – « Quoi, on traite la chair de ma chair de collabo’ ?! Dis-lui, Lola, que tes arrières grands-parents sont morts à Auschwitz ! » – mais elle les ignore superbement, se considérant tout à fait étrangère à ces juiveries qui de toute façon se transmettent par la mère.
Cependant la violence, la force abrupte de ses mots ; le coup fulgurant, foudroyant qu’encaisse son orgueil déjà meurtri... Victoire par K.O. Amalgame trop éprouvant pour ses nerfs de honte, de ressentiment, de fatigue, de manque.

Capitulation à l’arrière-goût nauséabond d’Occupation.

« ... Taisez-vous, j’veux plus vous entendre. En tout cas moi j'vous calcule plus - puisque que vous tenez à c'que j'me la ferme. »

Adieu semblant de respect dû à son professeur, adieu goût inlassable du conflit, de l’altercation impitoyable, adieu nonchalance de grande gueule que la hargne de son adversaire amuse plus qu’autre chose. Les mains enfoncées dans les poches d’une veste appartenant à l’ennemi, les prunelles jaugeant ce dernier avec une rage de lionne courroucée, Lola boude.
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Vergil
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Sujet: Re: Meurtre parfait. Meurtre raté [Lola][- 18, les enfants][TERMINÉ] Jeu 3 Avr - 20:57

Reprendre l'avantage.
C'était une obsession qu'il avait cultivée depuis sa plus tendre enfance ; à croire que l'absence de la mère avait eu quelque chose à voir avec ça, grandir dans un environnement masculin ne l'avait pas spécialement aidé à ressentir de l'empathie envers autrui ; il lui avait toujours semblé qu'il se porterait mieux sans ce poids qui réduirait ses sentiments à de la charpie grumeleuse – rien qu'à voir comment il s'emballait déjà, pour rien, autant essayer d'imaginer ce que ce serait avec un surplus de sentimentalisme dégoulinant. Aussi, le regard, qui ne se lassait jamais de contempler l'adversaire lorsque celui ci semblait flancher, restait dénué de tout sentiment. Le fait était qu'une fois certaines limites franchies, d'autres barrières commençaient insidieusement à se troubler ; Viktor ne serait jamais permis ce genre de réponses avec un élève qu'il n'aurait pas connu intimement – eh, ça va, il n'était pas sans cœur à ce point-là. Lola était assez proche de lui, pour qu'il se permette des remontrances qu'il n'aurait pu habituellement... que garder pour lui. Leur conversation avait dépassé le simple stade de la joute, pour s'animer de cette volonté malsaine de poignarder l'autre, autant dire qu'il était trop tard pour simplement tourner les talons et se casser tant que l'ego était encore tiède ; Vergil grimaça, manquant de hausser les épaules devant tant de mauvaise foi :

« Une pelle en toute innocence ? Tu cherchais juste à te faire aimer de la foule en accomplissant une action tout à fait hasardeuse. »

Doucement, ses doigts s'égarèrent entre les mèches blondes, s'accrochant à l'angle de la mâchoire. Le geste était étrangement plus tendre qu'il ne l'avait été, quelques secondes en arrière :

«...mais c'est que ça tente de me menacer ? »

Son ton manquait de la menace dont il avait fait preuve auparavant ; Vergil commençait à comprendre qu'il en avait trop fait – les dommages sanglants de l'orgueil -, et sa main, comme manipulée par sa propre volonté, se retira pour se poser sur sa hanche osseuse. Il aspira la fumée de sa cigarette et la recracha lentement, les yeux mi-clos ; chaque inspiration arrachait à son esprit un soupir nerveux. Comment veux-tu arriver à quelque chose avec ces gosses, si t'arrêtes pas de leur marcher sur la gueule. Peut-être que les gamins, c'était pas trop son truc, finalement. Son agressivité aurait été sûrement plus utile à la Bourse, si seulement il avait suivi les conseils de Thelma et fait de l'économie :

« Faux. L'existence d'Homère n'a pas été assumée comme étant celle d'un être unique ; il aurait pu s'agir d'un groupe de personnes, Homère n'a même pas d'existence historique pour tout te dire. Vergil, lui, au moins, a pu écrire l'Iliade tout seul. »

Il bloqua sa clope entre ses lèvres, le temps de réfléchir à ce qu'il venait de dire ; vu l'expression de Lola, la jeune fille avait été profondément heurtée dans son ego, attends, il avait l'avait non seulement insultée elle, mais aussi tout son pays, et ce genre de xénophobie était inacceptable, mais Vergil, dans son impulsivité toute germanique, savait néanmoins reconnaître lorsqu'il poussait les choses trop loin. Il ouvrit la bouche, prêt à vaguement se racheter, lorsqu'il entendit au loin la cloche sonner, et les hurlements des adolescents déçus retentir à sa suite – mêlés à la plainte de son propre estomac qui criait famine. Il était déjà si tard ? L'homme écrasa sa clope contre l'arbre, d'un geste sec, avant de tourner les talons :

« Tu devrais aller te coucher. Tu peux garder ma veste. » Grommela-t-il, bourru

Gagner face à une adolescente de 17 piges n'avait jamais été bien glorieux, difficile de se convaincre que s'engueuler avec elle pendant une bonne demie-heure valait l'aventure, et c'est à ce moment là que les mots de la jeune fille lui revinrent en tête « Vous auriez pu ne pas répondre, j'me serais lassée » – toujours se rendre compte de son immense connerie après la guerre, le détail essentiel pour toute relation destructrice ; de toute façon, il ne s'attendait pas à la revoir de sitôt, et surtout pas dans son lit, pas après cette bataille.

Ou peut-être que ça la motiverait seulement à s'améliorer et à aiguiser d'autant plus le tranchant de son intelligence.

Il pouvait toujours espérer ça pour virer la culpabilité qui grondait dans sa conscience.
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Lola
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Sujet: Re: Meurtre parfait. Meurtre raté [Lola][- 18, les enfants][TERMINÉ] Ven 4 Avr - 16:37

A chacune des répliques de l’enseignant, Lola doit retenir les réponses qui se précipitent naturellement de son esprit à ses lèvres – vraiment, elle mérite son statut de Word avec un amour aussi fervent, aussi profond de la parole. Non m’sieur, pas tout à fait, j’suis pas une attention whore – vous m’confondez encore avec Mello, là, j’vais finir par vraiment vous croire sénile – j’appliquais seulement les préceptes du YOLO si cher à notre jeunesse débauchée – j’espère que vous sentez l’ironie, m’sieur, private joke entre nous ; et j’étais bien défoncée aussi, vous croyez quand même pas qu’j’aurais fait ça si j’étais pas dye. Un enchaînement brut – tels ces diamants à la beauté encore rude, l’éclat pas encore raffiné par les artifices de la main artisanale – d’une rancune et d’une raillerie acerbes qu’elle ravale malgré la frustration que lui cause ce mutisme forcé. Plus envie d’parler, j’suis dégoûtée, j’laisse couler, j’suis épuisée. Elle semble prendre goût aux enrageantes contradictions de ses envies – trouver plus fort que soi mais ne jamais perdre, exprimer son opinion mais ne pas relancer le débat. D’habitude la blonde se complique pas la vie, elle sait ce qu’elle veut, elle agit en conséquence – ses désirs se résument à la devise « Alcool, rap, sexe et drogue » – et voilà, fin. Avec Vergil elle hésite, elle demeure pantoise devant les dilemmes de ses élans, elle sait plus à quel saint se vouer – Sainte Marie-Jeanne, de quelle cruauté tu fais preuve à m’abandonner ainsi –, comme s’il suffisait de sa froide brutalité pour la perdre totalement.

Putain elle fait pitié.

Le principal concerné aide franchement pas, aussi, à la toucher avec une légèreté presque tendre, faisant courir sur sa peau d’albâtre des frissons presqu’imperceptibles. La jeune fille le scrute tout en se gardant de piper mot, ses lèvres serrées en une ligne fine et le froncement de ses sourcils en subsistances à peine convaincantes de son exaspération ; et ne détourne le regard que lorsque la sonnerie brise le silence électrique – gorgé encore de leurs impulsifs affrontements – qu’elle s’efforçait péniblement de ne pas troubler elle-même. Comme si le tintinnabule des cloches marquait impérieusement, quoiqu’avec un peu de retard, la fin du dernier round, comme si les échos fissuraient pour finalement détruire cet indicible univers d’orgueil et d’animalité qu’ils ont construit à force de se mettre sur la gueule.

« ... J’vous la rendrai, qu’elle se contente de bougonner timidement en guise d’au revoir – mensonge éhonté, en plus, elle qui piquait allègrement les fringues de ses anciens potes. »

Après quoi la Française se met en marche dans l’autre sens – elle connaît un raccourci et elle préfère éviter de traîner dans les couloirs grouillants d’élèves seulement vêtue d’un tee-shirt, d’une veste et d’une paire de pantoufles –, nonchalante et même un peu étourdie. Soudainement claquée, en fait. Blasée, aussi, maintenant qu’elle a le recul nécessaire pour constater la puérilité, la futilité, même, de sa réaction. Trop conne, Lola, et même pas bonne. C’est le corps et l’esprit alourdis de sa nuit, de sa matinée, de sa connerie accablante, des faibles subsistances opiniâtres de son ardente exaspération, qu’elle retrouve enfin sa chambre – que direct elle se jette sur son bong et son pochon de beuh, qu’elle inhale avec un empressement frustré la fumée de sa marie-jeanne.

Si elle veut revoir Vergil ? Ouais carrément. Il a beau l’avoir humiliée, enragée ; il possède visiblement le don inexplicable de l’arracher à sa léthargie enfumée – celle-là même qu’elle retrouve dans le début de brouillard que sa douille souffle lentement dans le vide de la chambre. Trop conne, Lola, mais pas assez pour pas comprendre qu’elle a besoin de... elle saurait pas le formuler, sûrement parce que mettre des mots dessus l’astreindrait à nommer sans tabous le coupable – un coupable qu’elle aime trop pour lui reprocher quoi que ce soit – ; besoin de... de se sortir un peu de son truc.

Oh bon, que la blonde se dit une fois fourrée dans ses couettes, j’glisserai mon 06 dans la poche de sa veste avant d’la lui rendre, à lui d’voir ce qu’il en fait. Même si du coup, elle se voit dans l’obligation de... la lui rendre. Pas de nouvelle fringue de mecs à ajouter dans sa vaste collection. Ça le vaut bien. Enfin pas s’il se refuse à... mais... Hm, trop morte pour y penser maintenant, demain.

Rendez-vous au prochain règlement.
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