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 L'ignorance germanique [Mellolerigolo]

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Vergil
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Sujet: L'ignorance germanique [Mellolerigolo] Ven 21 Fév - 2:03

Vergil corrigeait des copies dans son bureau, ennuyé par la nullité de tous ces gamins qui ne savaient pas conjuguer correctement la moitié des verbes allemands. Il appuya son front contre la pile de copies, se demandant pourquoi il avait décidé de bosser dans cet orphelinat de malades. Après tout, ces gamins étaient sensés être des putains de surdoués, mais dans les faits, c'était différent. Il tombait sur de magnifiques absurdités grammaticales, à croire que la paresse était un immanquable pendant du talent. Viktor planta son stylo entre ses lèvres, pour en mordiller le capuchon. Avec ce foutu tas de paperasse, il allait passer toute sa soirée coincé dans la classe. Génial, définitivement. Il alluma son ordinateur et se choisit un fond sonore de circonstance, China Girl de David Bowie. Ça n'allait pas le motiver plus que ça à aller plus vite, mais au moins il ne serait plus seulement coincé entre ses copies et lui-même. La voix soyeuse de Bowie allait foutre un peu d'ambiance dans le vide glauque de la salle de classe.

Il se massa doucement les tempes et reprit son stylo, prêt à se replonger dans la mémorable grammaire de ces gamins. Quand il était ado, tout ça, c'était différent, il était moins paresseux, plus rigoureux, alors pourquoi se sentir agacé par toutes ces capacités gâchées ? Peut-être parce que c'était un temps différent du sien. Les gens semblaient surestimer tous ces mômes. Il grimaça et passa à la copie suivante, soudain écœuré par sa propre langue. Il en adorait toutes les nuances, avant, mais là, là, c'était différent ; il sentait que ces gamins n'en avaient strictement rien à branler. C'était difficile à digérer pour un prof.

Vergil reposa son stylo et se permit de rêvasser, repoussant sa chaise contre le tableau. Il songea à ce qu'il devait manquer, là bas, dans son Allemagne natale ; la première rentrée des classes de Sophia, le nouveau mari de Thelma, et Andreas qui devait s'être retrouvé un amant. D'ici quelques années, Sophia ne se souviendrait même plus de son père, et il se retrouverait totalement effacé. Il se demanda à quoi devait ressembler le nouveau mari de Thelma ; déjà qu'il ne faisait pas confiance à Facebook, il n'avait pas envie d'y aller pour tomber sur le glorieux visage de son ex femme, coincée entre sa gamine vêtue d'une robe de demoiselle d'honneur, et de l'autre côté, un autre homme. De fil en aiguille, Viktor repensa à son propre mariage, et à son naufrage. Toute cette histoire creusa un abscès brûlant dans son estomac, et le brun s'empara du paquet de biscuits qui reposait entre l'amoncellement bancal de ses copies. Il l'ouvrit d'une main distraite, s'emparant mécaniquement du premier biscuit pour le fourrer dans sa bouche. Oui, effectivement, un autre temps, comme celui oú il était encore marié à Thelma. Ces gamins pouvaient se permettre de se la jouer rebelles, parce qu'on n'attendait pas les mêmes choses d'eux, que de lui. Des starlettes présomptueuses, et on croyait en leur intelligence, avec force, pour ne pas voir ce qu'il y avait en dessous, tout ce vide, toute cette saleté. Il se rappela de ses propres quinze ans et décida d'être plus gentil avec sa prochaine copie. Allez, peut-être la moyenne, se sermonna-t-il. Il ne fallait pas tous les détruire méthodiquement, comme il l'avait fait jusqu'à là. Ils ne méritaient pas son agacement.

Viktor reposa son paquet, la bouche encore pleine de miettes. Il allait même se permettre un quart d'heure de soulever d’haltères, là, maintenant, et au diable les copies de merde. Il se leva et sortit de la salle pour se rendre au gymnase. Une fois là bas, il se débarrassa de sa chemise et s'allongea sous les haltères. Il se fit la remarque qu'il avait dû oublier d'éteindre son pc. Tant pis. Il se chantonna tout bas les paroles de China Girl, en soulevant les haltères lentement. Déjà il se sentait mieux.

En espérant que ça dure.
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Mello
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Sujet: Re: L'ignorance germanique [Mellolerigolo] Mar 25 Fév - 15:49

L’allemand, cette langue gutturale aux accents rugueux – la beauté dans la dureté.

Cette langue que Mello déteste présentement plus que tout au monde – plus que Near, même –, au point de se dire que, lorsqu’il deviendra L, il s’occupera avant tout, il ne sait trop comment, de rendre l’allemand illégal. Dans le monde entier. Plus personne n’aura le droit de parler allemand. Plus. Personne. Jamais.

Alors qu’il parcourt inlassablement les couloirs de la Wammy’s House, d’un pas vif et coléreux, le blond se maudit d’avoir choisi l’allemand. L’espagnol ? Pffft, tu parles, trop facile pour lui ; il lui fallait quelque chose de plus compliqué, quelque chose dont il tirerait une fierté à chaque succès, quelque chose qui lui demanderait de véritables efforts. Il ne s’attendait cependant pas à une telle difficulté, et encore moins à de tels échecs – ce quinze humiliant qu’il tient dans sa main.

« Putain mais il est où ce con ?! vocifère-t-il inopinément, effrayant les quelques orphelins se trouvant dans les parages. C’est quoi ce prof’ de merde introuvable quand on a besoin de lui ?! »

Mello le sent, s’il ne s’empresse pas de museler la colère qui gronde en lui – de plus en plus fort, un crescendo de menaces et de coups à peine retenus –, il va... il va faire quelque chose d’horrible, provoquer une énième catastrophe.

Son punching-ball dans la salle de gymnastique. Tout de suite.

« Ah non. Vous vous foutez de ma gueule, là. »

Bien évidemment que Vergil serait là où le jeune blond n’aurait jamais pensé à le chercher. Bien évidemment. Et ça l’enrage davantage encore, en fait, parce qu’il avait abandonné l’idée de trouver son professeur d’allemand au profit d’une séance de boxe américaine destinée à l’apaiser.

Vergil va prendre cher.

« Je vous cherche depuis au moins une heure, on peut savoir ce que vous foutiez ?! ... Ah mais en fait non, oubliez ça, je m’en tamponne le coquillard avec une babouche. Expliquez-moi plutôt ça ! »

Surplombant le professeur de toute sa hauteur, il se penche au-dessus de lui et brandit l’infâme copie devant ses yeux.

« Ça mérite au moins un dix-huit, ça, vos corrections sont complètement débiles ! Ça vous amuse de chercher la petite bête comme ça ?! »

En temps normal, Mello ne se permettrait pas de s’adresser ainsi à un professeur – insolent et désobéissant, peut-être, mais dans son défi sempiternel de l’autorité il garde tout de même un certain respect pour ceux qui dévouent leur vie à nourrir l’intelligence affamée de petits génies. En temps normal, il discuterait posément, demanderait au professeur de lui expliquer le plus précisément possible ses erreurs afin qu’il ne les reproduise pas.

Ça lui apprendra, à ce prof’ de mes deux, à se faire désirer.
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Vergil
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Sujet: Re: L'ignorance germanique [Mellolerigolo] Mer 26 Fév - 0:24

Vergil songea qu'il devrait demander à Moriarty, si, à titre d'exception, il pouvait crucifier ses élèves les plus insolents avec des clous et des claques dans la gueule. Parce que son instant de calme le plus parfait, le paroxysme de son paradis personnel, venait d'éclater en morceaux, sous la poussée hargneuse du petit chouchou de la WH.
Il lui fallut quelques secondes pour comprendre la nature de sa requête, et reposa lentement ses haltères, avant de se redresser. L'homme posa sur le mioche un regard acide, agacé par la perspective de devoir se replonger aussi vite dans sa tâche de « Je suis un bon professeur, et je vais devoir te remettre dans le droit chemin ».
Le petit Mello, hein ? Un enfant difficile, très certainement, et un sacré casse-couilles, quand il ne se contentait pas de tout faire pour surmonter sa rivalité avec l'autre petit génie albinos. Vergil lui arracha la copie des mains. 15 ne lui suffisait pas ? Allons bon, c'était déjà incroyable d'avoir cette note-là dans son cours ; le seul qui pouvait se vanter d'avoir un peu plus était Near, et on l'avait prévenu que le petit Mello était un nerveux, un obsédé de la perfection. Viktor le regarda fixement :

« Quoi, espèce de petit merdeux ? Tu veux une autre note, c'est ça ? »

Désabusé, il ramassa sa chemise qui était posée sur le banc d'à côté, et la tâta pour en sortir un stylo. Il barra la note sur la copie, pour la remplacer par un 4 sur 20 :

« Tiens. J'ai interverti ta note avec celle d'Aston. Ça t'apprendra à fermer ta grande gueule. »

Mais quel petit connard pouvait se permettre de venir le houspiller en dehors des heures de cours, comme s'il était un prof' lambda, passif et prompt à se plier à ses désirs ? Mello devrait au moins pouvoir se contenter de ses bonnes notes ; 15, ce n'était pas si mauvais, hein, surtout quand le reste de la classe se tapait quelque chose allant de 0 à 10. Sale gosse, pensa Vergil, en s'essuyant la figure avec la serviette qu'il avait ramenée de la classe :

« Passe moi la bouteille, veux-tu. » Demanda-t-il au gosse, en lui montrant du doigt la bouteille abandonnée près de la porte

À son tour de jouer au tyran. Il adressa à Mello un regard au moins aussi agressif. Il ne tirerait aucun plaisir à humilier le gamin – ce dernier avait bien trop d'ego pour être drôle à tourmenter – mais il n'était pas dit qu'il se laisserait insulter ; surtout quand ledit morveux se comportait comme une femmelette qui a ses règles. Vergil avait l'impression de voir de la fumée lui sortir des oreilles, oho. Et puis, peut-être que Mello repousserait assez les limites pour se prendre une bonne petite heure de thème anglais – allemand, ce que Vergil se ferait un plaisir à accorder. Rien de meilleur qu'une petite punition pour bien commencer le week-end. Et ce ne serait pas le premier élève à haïr son prof. Vergil avait eu, lui-même, ses propres problèmes avec des profs, et ça lui avait forgé le caractère, d'abord. L'avantage de l'âge, c'était qu'il était débarrassé de toute cette pression à l'encontre des autres adultes ; il pouvait haïr bien tranquillement la société qui l'entourait avec un cynisme qui était de circonstance, alors que Mello, hein, sur quelles bases fragiles pouvait bien reposer sa piètre insolence ?
Viktor esquissa un petit rictus hautain et se leva, collant sa serviette entre ses omoplates humides de sueur :

« Je fous un 15 à quelqu'un qui est juste capable de recracher son cours sans être capable de donner une analyse personnelle et pertinente. Tu auras 18 quand tu sauras aller plus en profondeur dans l'analyse de Bruno Bettelheim, tout en gardant un niveau d'allemand au dessus de la moyenne. Aha. En attendant, dégage, morveux. »

Mello y penserait probablement à deux fois, avant de venir l'emmerder.
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Mello
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Sujet: Re: L'ignorance germanique [Mellolerigolo] Sam 1 Mar - 3:16

Passe-moi la bouteille, veux-tu.

...

Il se fout de la gueule de qui, au juste, ce prof’ ?! Il se permet de le remettre à sa place comme s’il s’agissait du premier abruti venu, il l’accable d’une note qu’il n’a clairement pas méritée – il a révisé pendant des heures pour ce contrôle, bordel ! –, et après tout ça, il lui ordonne de lui passer sa putain de bouteille ?!

Ah non. Ça ne va pas se passer comme ça.

« Attendez une seconde. Vous me prenez pour qui, là ? Vous parlez à la personne la plus brillante de cet orphelinat, à l’un des plus probables successeurs de L, je vous rappelle ! Alors vous savez où vous pouvez vous la mettre, votre bouteille ?! »

De la même manière que la grenouille voulant se faire plus grosse que le bœuf – c’est le cas de le dire –, Mello se gonfle d’orgueil. Des gestes grandiloquents, des reniflements de dédain ponctuent cette coléreuse tirade. Se mettre en scène, c’est encore ce qu’il fait de mieux, ce gamin pourri-gâté qui prétend soumettre la Terre entière au moindre de ses caprices.

« Je... »

Le blond se fige soudain, les yeux écarquillés. Qu’est-ce que Vergil insinue, là, qu’il n’est bon qu’à restituer un cours docilement appris sans ébaucher ne serait-ce qu’un semblant de réflexion ? Il est bien drôle de lui dire ça alors que dans le milieu de la psychanalyse, on remet en question la réflexion de Bettelheim-même !

« Vous êtes culotté quand même de me traiter d’abruti, combien je parie que mon Q.I. surpasse le vôtre d’au moins vingt points ? crache-t-il, la voix gorgée d’un mépris acerbe. Et puis rendez-moi ma note ! »

Il exacerbe son insolente fierté, s’arme de remarques hautaines, sans doute pour dissimuler au mieux l’humiliation qu’il ressent. On ne saurait cracher à ce point sur son intelligence, et encore moins sur tout le travail fourni – un travail tel qu’il en oublie d’être jeune – dans le but de s’octroyer les résultats les plus exceptionnels possibles. Il se tue au quotidien pour mériter l’argent que l’on investit dans son éducation, l’épanouissement intellectuel que lui offre cet orphelinat pas comme les autres, la chance qu’on lui accorde d’être un jour, peut-être, le nouveau L...

En fait il y arrive pas trop. Il en chialerait presque. Là, comme ça, devant ce connard.

« C’est quoi votre problème ? Ça va tellement mal dans votre vie que vous avez besoin de vous acharner sur des élèves méritants ?! De les traiter comme des chiens, à grands coups de ‘‘Passe-moi la bouteille.’’ ?! Mais c’est pitoyable ! »

Il en chialerait presque. Sauf qu’il préfère gueuler.
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Vergil
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Sujet: Re: L'ignorance germanique [Mellolerigolo] Sam 1 Mar - 15:56

Pour qui il se prenait, mon petit Mello ? Mais pour une sorte de Dieu, parce qu'être adulte, c'est pas tout, si on ne parvient pas à se construire un pouvoir, une barrière inaltérable contre laquelle les plus forts spécimens de l'espèce humaine viendraient s'échouer comme des baleines en panique.
C'est surtout que Vergil n'était pas du tout porté sur l'empathie. Il fixait, le visage placide, l'énervement du petit blond grimper, sans ressentir la moindre pitié pour son pauvre petit ego malmené. Comment pourrait-il ressentir de la pitié, de toute façon ? On lui avait demandé de prendre soin de ces gamins, et c'était pas comme si les mettre au défi de toujours se surpasser pouvait constituer une violation de son devoir. Mais il ne fallait pas trop les brider, non plus, au risque des les voir s'effondrer dans une crise de phobie scolaire – c'était peut-être pour ça que les autres imbéciles de son cours ne prenaient même plus la peine de se concentrer sur les exercices demandés. Et Vergil avait l'impression de sentir l'odeur de crâmé que pouvaient bien émettre les nerfs en perpétuel flamboiement du petit blond. Hmm, le doux parfum de l'ego calciné. Dans ce cas, il pouvait passer sur le fait que sa bouteille était toujours à sa place, et le gamin dans une agitation démoniaque. Viktor se dirigea d'un pas lourd vers ladite bouteille et la ramassa :

« Le plus brillant de l'orphelinat ? »

Mais son devoir de professeur impliquait-il de toujours dire la vérité, rien que la vérité, de laminer l'ego sur dimensionné de ce petit ? Il secoua la tête, lentement, comme pour se convaincre que, non, il n'était pas en train de vivre l'une de ces crises ridicules oú le gamin ne se maîtrise plus. Il avait toujours réussi à éviter ces situations avec sa propre fille, et la perspective d'un môme hurlant, hystérique, ne l'avait jamais beaucoup attiré. Aussi, il ne daigna pas répondre par la négative, que, non, mon petit bonhomme, à ce que je sais, tu n'es que l'éternel second. L'éternel second, aha, comme le terme était drôle.
Il revint vers le gamin, la bouteille à la main, et prit son temps pour la déboucher, comme pour laisser à Mello le soin de patiner dans le ridicule :

« Oh. Visiblement, ça n'a jamais été la taille qui compte le plus. » Finit-il par répondre, un brin acide et moqueur

C'était même un peu flatteur, que le gamin insinue que ses professeurs étaient quand même au dessus de la moyenne. Quand Vergil pensait à des types comme Whisky, il était profondément écœuré, parce que ce gars-là ne pouvait pas avoir un QI au dessus de la moyenne, à peine de quoi survivre dans le Mcdo du coin. Visiblement, bosser à la WH n'impliquait pas toujours une intelligence supérieure.
Mais les derniers mots de Mello achevèrent de le convaincre qu'il avait affaire à une crise d'hystérie adolescente, et, en conséquence, de réagir le moins possible. Il n'avait jamais cherché à ajouter de l'huile sur le feu – parce que souvent, un gamin qui explose faisait aussi flamber ses nerfs à lui -, mais ce que marmonnait le Mello était profondément irrespectueux et immature. Comme quoi, un gamin avec un QI largement au dessus de la moyenne restait aussi mal fagoté dans son ego qu'une fillette hideuse :

« Parce que tu crois qu'être intelligent t'ouvre automatiquement les portes de la gloire ? Tsk. J'ne doute pas que tu as travaillé pour ce putain de devoir, mais, vois-tu, gamin, il faut toujours faire plus. C'est comme ça. C'est ça, le challenge, n'en faire jamais assez. Ce serait trop facile, sinon. Et je suppose que si tu me gueules dessus parce que c'est trop difficile à achever, je m'en prendrais autant dans la gueule si tu trouvais ça trop simple, aha. »

Et Vergil pouvait assurer à Mello que le jour oú ce dernier travaillerait assez pour obtenir une note au dessus de 15, il allait se pisser dessus de bonheur. En fait, il se rappelait même que quand il était encore ado', il subissait à peu près les mêmes crises de nerfs quand il n'avait pas les notes qu'il voulait ; il pouvait grogner pendant des heures sur une copie de philo' – juste parce que c'était soit-disant une science allemande par excellence – et se sentir prêt à faire un attentat à la bombe sur la bagnole du prof concerné. Les temps n'avaient pas tant changé que ça, finalement, juste les gosses et leur tolérance à l'autorité
Vergil darda un regard brûlant sur le gamin, avant de s'accorder une longue rasade d'eau glacée :

« J'crois que ce genre de concept ne t'est pas totalement inconnu, hein, gamin ? Et non. Je ne te rendrais pas ta note. Prends ça comme un avertissement. »
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Sujet: Re: L'ignorance germanique [Mellolerigolo] Sam 1 Mar - 21:42

Non, effectivement.

Il s’agit en fait de ce que Mello connaît le mieux – s’épuiser pour se surpasser, toujours, toujours, ne jamais se satisfaire de sa réussite, il y a toujours un mieux à atteindre, un mieux que l’on se doit d’atteindre, jusqu’à parvenir au meilleur de tous les mieux. Tout cela exige une force, une persévérance folles ; et il a tout ça, il a su faire des sacrifices impressionnants pour satisfaire les exigences qu’il s’impose.

Il ne savourerait de toute façon pas une victoire trop aisément obtenue. En tout cas c’est ce qu’il aime se dire pour justifier son acharnement, lors de ces moments vides de tout où les plus douloureuses questions lui torturent l’esprit – Est-ce que ça vaut vraiment la peine ? Tout lâcher, ce serait tellement plus facile, non ? Plutôt que d’être un génie, pourquoi ne pas être jeune ?

Les mots de Vergil l’apaiseraient presque, à la vérité ; il se sent compris et relativement estimé. Sauf que justement, malgré la justesse de ses propos, son aîné se fout visiblement un peu de sa gueule et ça, il aime pas trop.

« Eh bien, c’est que vous seriez presque pédagogue... »

... si vous n’étiez pas un tel connard, se retient-il d’ajouter.

Il y a dans l’attitude de l’enseignant quelque chose qui exaspère profondément le blondinet. Sans doute ces grands airs de despote qu’il croit pouvoir se donner sous prétexte qu’il est un adulte – et un professeur.

« Ah par contre la note, j’insiste. Rendez-moi mon quinze. Je vous signale que j’ai une place dans le classement à maintenir, moi – pour ne pas dire dépasser. »

Là-dessus, Mello se redresse et plante son regard dans celui de son interlocuteur – puisque ce dernier se permet de lui jeter depuis tout à l’heure des regards qu’il n’apprécie guère. Sa présente placidité tremble encore de sa fureur d’il y a tout juste quelques minutes, et elle ne craquerait que trop aisément si de nouvelles ires venaient à naître dans son âme si prompte à enrager. D’autant plus que l’arrogance un peu animale de Vergil – animale, oui, toute cette froide brutalité n’existe que pour établir un rapport de domination des plus primaires, n’est-ce pas ? – tend à l’agacer aussi facilement que l’impassibilité de Near.

Tiens, il irait bien lui exploser la tronche dans un coin, à celui-là, juste question de bien dormir ce soir.

Enfin, pour le moment, l’éternel second se préoccupe seulement de faire comprendre au Super Saiyan du dimanche que, malgré le respect qu’il a pour lui ainsi que pour son statut de professeur, dans cet orphelinat, le commun des mortels se soumet aux autorités employées par Moriarty mais que le commun des mortels et les autorités employées par Moriarty se soumettent au grand Mello.

« Je ne vous le demanderais pas deux fois, monsieur. Votre avertissement à la con ne vaut pas ma place de second au classement – et encore moins le haut du classement qu’il se tue à tenter de décrocher depuis des années. »
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Vergil
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Sujet: Re: L'ignorance germanique [Mellolerigolo] Dim 2 Mar - 14:38

Mello ne devait pas forcément chercher à se faire plaindre de sa situation d'éternel perdant, mais Vergil le ressentit comme tel. Pauvre petit machin obligé de se décarcasser pour atteindre l'excellence. Viktor esquissa un nouveau rictus sardonique :

« Je ne fais que mon métier, gamin. »

C'est marrant, juste à voir la tête du gosse, il avait envie de mettre au féminin tous les adjectifs le concernant. Dans une autre vie, ils auraient pu être d'accord sur pas mal de sujets – la recherche du pouvoir, le mépris pour le reste de l'humanité, tous ces points épineux qui les rendaient aussi aimables que des Cerbères miniatures -, mais là, c'était différent. Aussi, se contenta-t-il de prendre une nouvelle gorgée d'eau, sans trébucher sur l'insolence latente qui planait sur chacun des mots du blond :

« J'suppose qu'une place dans le classement ne se mesure pas qu'aux notes, mais aussi à la façon dont on gére son entourage. Donc non. »

Pas avant que tu ne t'excuses tout du moins, petit merdeux. Et là, Vergil éclata d'un petit rire sec. Le gamin s'imaginait l'impressionner ? Oh, quelle douce menace pouvait bien se dissimuler dans sa voix. Il eut soudain envie de le voir s'emporter une nouvelle fois, le spectacle n'étant pas totalement dénué d'un côté tragico-comique. On pourrait lui dire, après coup, qu'il fallait ménager l'équilibre précaire de ces petits cons, mais, jusqu'à là, il pourrait prétendre ne rien savoir des mesures pédagogiques nécessaires à leur bonheur. Parce que non, il ne daignerait pas s’aplatir le premier devant cette Altesse des Bacs à sable. Il s'imaginait que le gamin avait des tas de larbins prêts à mourir pour lui – c'était souvent comme ça que commençaient le tyrans les plus sociables – mais il était temps de remettre un peu d'ordre dans son ego. Et Vergil se doutait que le môme n'irait pas voir Moriarty, parce que quand on est un mec, un vrai, bordel, on s'occupe de sa merde soi-même :

« Tiens donc, serait-ce de la menace que j'entends dans ta voix ? Ce serait drôle, quand même, qu'un gamin comme toi puisse se permettre ce genre d'insolence qui n'appartient habituellement qu'aux plus stupides de cet orphelinat. »

Enfin, toi et moi le savons bien, que cette note te coûterait une jolie place sur le piédestal doré de la Wammy's House, mon mignon, et peut-être même un peu d'attention de la part du grand Manitou. Alors qu'il te suffirait juste d'être poli, pour t'ouvrir les portes de l'excellence germanique. Mais visiblement, ce genre de concept devait le dépasser. Tant pis pour lui. Pour Vergil, ça ne lui coûterait que l'effort de barrer sa note sur le relevé qu'il remettait chaque mois à Moriarty. Oh, bien sûr, il y aurait des questions, comment le petit second aurait-il pu s'obtenir une aussi mauvaise note, mais l'homme se faisait un devoir de répondre au mieux à ces demandes. Parce que, m'voyez, quand un élève se permet de se la jouer petit con de la cité, il vaut mieux le remettre à sa place, avant que les dommages collatéraux ne s'aggravent.
Viktor referma sa bouteille et alla chercher sa chemise pour la remettre. Il fit ensuite craquer ses phalanges, une à une, pour se débarrasser de la tension qui faisait vibrer ses muscles. Il était bien bon, d'accorder un peu d'attention à ce gamin un vendredi soir alors que tout ce dont il avait envie, c'était de se griller une clope en écoutant les Siouxsie Banshees hululer lugubrement sur de la musique d'un autre temps.

Mais que ne ferait-on pas pour remplir au mieux ses devoirs d'enseignant, aha.
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Mello
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Wammy’s: H
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Sujet: Re: L'ignorance germanique [Mellolerigolo] Lun 3 Mar - 20:09

Un ricanement incrédule échappe à Mello – l’un de ces rires secs qui n’augurent rien de bon, un genre de ‘‘Cause toujours, tu m’intéresses...’’ pour étouffer les accents plus agressifs des ‘‘Mais je vais t’éclater la gueule, espèce de sauvage !’’.

De quel droit se permet-il de s’adresser à lui comme à la dernière des raclures ? Ne comprend-il pas à qui il parle ? Le terrible blondinet s’enorgueillit de ses presque dix ans de pratique. Des professeurs zélés qui prétendaient le recadrer, il en a combattu et vaincu une pléthore ; Vergil, malgré sa musculature et ses airs d’officier de la Gestapo – hm, le délice du point Godwin – n’était au final rien de plus qu’un de ces professeurs à abattre.
A la vérité, il s’amuserait follement à relever ce nouveau défi – tout le monde sait l’exaltation que le jeune diable trouve dans la cruauté d’écraser un adversaire – si sa place au classement ne dépendait pas dangereusement de l’issue du combat.

« Vous essayez de faire quoi là, au juste, de me dresser ?, crache-t-il avec une hargne à peine contenue. J’ai réussi à faire fuir des vétérans de la Wammy’s House, croyez-moi si je vous dis que vous avez plutôt intérêt à ne pas vous mesurer à moi. »

D’un mouvement de tête sec, il fait brièvement valser son carré de cheveux blonds puis il accable Vergil d’un regard altier et comminatoire – comme un noble murmurant ses menaces derrière son mouchoir en soie. Personne, personne ne supporte les assauts d’un Mello aux capricieuses fureurs de petite princesse, redoutable cependant car dotée d’un génie qui ne s’embarrasse guère d’absurdes moralités, qui trouve la plus grisante stimulation dans l’élaboration de stratégies infaillibles de sournoiserie.

Un génie né pour faire le mal.

D’une démarche féline, menaçante dans la langueur, l’éternel de la Wammy’s House se met à parcourir la salle, chacun de ses pas indolents conquérant un peu plus de cet espace qu’il s’apprête à faire sien. Parfois il jette un bref coup d’œil à l’enseignant, comme s’il ne condescendait pas à considérer sa présence.

« Trouvons plutôt un compromis : rendez-moi ma note et je ne viendrai plus vous demander quoi que ce soit. »

D’abord il faut montrer, par son indulgence, que l’on préfère conserver de bons rapports – ou tout du moins ne pas les envenimer. C’est vrai, l’ambition de Mello exige une grande part de son temps libre, il ne peut se permettre de sacrifier des heures à livrer une bataille futile. La clémence dans la puissance s’avère souvent calmer les ardeurs.

Le Polonais tire de sa poche arrière une tablette de chocolat noir qu’il déballe avec dextérité, et dramatiquement – presque solennellement – il en arrache un bout d’un coup de dents succinct. C’est qu’il aurait presque un petit air de mafieux.

« Surtout qu’honnêtement, cette conne d’Aston ne mérite pas ma note... »
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Vergil
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Sujet: Re: L'ignorance germanique [Mellolerigolo] Mer 5 Mar - 18:52

« Je n'aurais pas cette prétention, voyons. Mais, c'est marrant, plus t'ouvres ta gueule, plus j'ai l'impression que c'est du vent. »

Sa voix gardait une inflexion férocement ironique. Pas qu'il ne se sente pas de taille à dresser le gamin, mais, soyons réalistes, un chiourme qui vient prétendre qu'il va t'écraser sous son petit talon, ça éveille un intérêt malsain de voir ce dont il pourrait bien être capable. Mello a un côté légèrement tête à claques, quand même, pensa Viktor, des profs qui avaient dû avoir envie de lui foutre des tartes, y'avait dû en avoir des tas. Vergil croisa ses bras musclés sur son torse, contemplant d'un œil moqueur  le môme qui se dressait face à lui :

« Écoute, gamin, j'attends un truc précis de toi, et pas des menaces. Si t'étais pas aussi con, t'aurais déjà trouvé la bonne parade. »

Cette fois-ci, l'homme ne résista pas plus longtemps à l'envie d'ajouter de l'huile sur le petit ego flamboyant du gamin. Rien que de voir ce dernier parcourir la salle comme s'il était le maître des lieux lui donnait des envies de meurtre ; il ne supportait pas que ces sales mioches se prennent pour les rois du monde, sous prétexte qu'ils avaient un QI supérieur à celui du commun des mortels. De plus, il sentait avec une netteté affolante le mépris que lui adressait Mello – pas comme si celui-ci faisait semblant de cacher son ressenti, de toute façon. Mais ce dernier ne pouvait pas se vanter d'être en position de force. Aux dernières nouvelles, Vergil était toujours un professeur, et Mello un petit bouffon showman. Alors quoi, le blondinet attendait que l'allemand se prosterne à ses pieds en gémissant "oh pardon, petit dieu, je ne voulais pas te vexer", à coups de battements de cils et de yeux larmoyants ? Si la vision était comique, le rictus qu'esquissa Vergil l'était beaucoup moins :

« Très drôle, petit merdeux. Le génie, c'est aussi de savoir se mettre à la place de l'autre, il me semble que ça consiste en partie en ça, votre système de binôme ; et vu que je ne compte pas te rendre ta note, je te laisse savourer la place d'Aston. Elle n'est pas encore la plus mauvaise, tu es un sacré chanceux. »

Viktor en vint à la conclusion qu'il était très certainement inutile d'attendre des excuses ; vu le comportement du gamin, ce dernier ne comptait pas changer d'un poil son altitude. Au mieux, Mello était en train de lui bousiller son temps libre. Vergil secoua la tête, pessimiste, et referma un à un les boutons de sa chemise, le front plissé par l'agacement. Encore faudrait-il que pour se mesure l'un à l'autre, ils aient une force équivalente - l'allemand savait bien que son intelligence n'était pas aussi grande que celle du petit seigneur qui se pavanait devant ses yeux, mais sur le plan de la force physique, il pouvait très bien lui arracher sa tête blonde avec les dents. Après tout, c'était connu que les Boches avaient mangé les enfants des russes pendant la Seconde Guerre Mondiale, et le Vergil avait pas mal de cet héritage-là dans le sang -.
L'entrée en scène du chocolat lui parut être la cerise sur le gâteau, le point final sagement médité par le gamin, comme pour lui faire parvenir un message. Quoi, devrait-il craindre d'être cassé en deux par Mello ?

"Tu ne viendrais plus me demander quoi que ce soit ? Même si au prochain devoir, je te mets un 14,5 ?

Mouais, un compromis pouvait être envisageable, les excuses attendues n'étant pas une finalité en elles-mêmes (et puis, il ne faut pas brider les enfants, se rappela Vergil, avec une ironie prononcée), ça aurait été, certes, une bonne conclusion, bien positive, pour l'aventure, mais si Mello s'attendait à ce que l'allemand lui lèche le cul pour le remercier de sa divine promesse de ne plus lui casser les couilles à l'avenir, il n'y était pas encore.
Après tout, mon garçon, Vergil, lui aussi, apprécie les défis.
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Sujet: Re: L'ignorance germanique [Mellolerigolo] Ven 7 Mar - 16:00

Vergil a quand même un culot fou pour oser se foutre de sa gueule aussi ouvertement.

Mello en ressentirait presque l’envie de, lui, le dresser. Comme il l’a plus ou moins fait avec tant d’autres enseignants avant lui, à la vérité, apprenant à ceux-ci comment s’adresser à lui, comment le regarder, comment le gérer, pour une collaboration paisible et efficace – tant que l’on respecte rigoureusement les règles du jeu, il ne s’épuisera pas à pourrir la vie d’autrui.

« Ah oui ? ... Je vous conseille une seconde fois – et ce sera la dernière – de vous méfier, monsieur. »

Il croque de plus belle dans sa tablette de chocolat, interrompt brusquement son autoritaire parcours des lieux, puis, d’un pas altier, il s’approche soudainement de son interlocuteur. Son regard cérulescent, froid mais menaçant, se plante dans le sien ; les commissures de ses lèvres fines se relèvent subtilement en un exorde de sourire cruel.

« Parce qu’à partir du moment où vous me déclarez la guerre, je vous suivrai comme votre ombre. Quoi que vous fassiez, quoi que vous disiez, je serai là pour le voir et l’entendre. Si vous vous piquez à l’héroïne, si vous vous farcissez une diarrhée, si vous pleurez devant Titanic ou que vous vous tapez une élève, je le saurais. »

Le claquement sec du bout de chocolat qu’il arrache de ses dents ponctue dramatiquement sa tirade doucereuse.

Son adversaire détient certes l’avantage de la force physique – il juge brièvement du regard sa carrure, ses narines se froncent d’agacement devant l’évidence – mais il ne saura résister bien longtemps face à la poursuite opiniâtre et sournoise du jeune blond. Ce dernier possède une vaste panoplie de moyens puériles – s’infiltrer dans une chambre pour y foutre un bordel monstre – ou terriblement ingénieux – convaincre une âme faible de prétendre qu’elle a été attouchée – pour dégager sans concession un membre de l’autorité trop encombrant.

« Vous ne comptez pas me rendre... ? Mais vous êtes complètement inconscient ou quoi ? »

Trop exaspéré pour faire directement face à un visage qu’il frapperait volontiers, l’éternel second s’éloigne afin de remettre entre eux deux une distance convenable, ne se privant néanmoins pas d’accabler l’autre de coups d’œil assassins. Et un peu incrédules, aussi, parce qu’il lui semble trop difficile de croire qu’un individu visiblement pas trop abruti se jetterait ainsi dans la gueule du loup – il l’a prévenu, il lui a offert une occasion de se sauver...

« Mais bien sûr que oui, puisque je vous le dis. Je n’ai qu’une parole, monsieur. »

Une affirmation à laquelle la plupart de ses connaissances éclateraient de rire. Qu’une parole, quel mensonge. Quelqu’un de retors et d’ambitieux comme Mello ne s’encombre guère de paroles – il dira sans aucun remords tout ce qu’on voudra lui faire dire si cela le rapproche de son but, de sa victoire, pour ensuite tout oublier sans aucun remords.
Quelques semaines sans doute, il acceptera les jugements chiffrés de l’adulte sans broncher – et sûrement qu’il le remerciera même poliment lorsqu’il lui tendra son travail. Un jour cependant il se lassera de se conformer à sa parole et de plus belle il arpentera toute la Wammy’s House pour lui faire part de son désaccord. Il est comme ça, Micha, capable de bonne volonté mais toujours rattrapé par l’égoïste et méprisante priorité qu’il accorde à ses intérêts.

« Allez, soyez raisonnable. Rendez-moi mon 15, qu’on puisse chacun faire ce qu’on comptait faire de notre temps libre. »

Non parce que le blondinet aime bien tourner autour de Vergil tel un vautour autour d’un cadavre qu’il meurt de déchiqueter, mais une pléthore de devoirs et révisions l’attendent – il n’a pas de temps à consacrer à l’arrogance folle de son professeur d’allemand, qu’il se trouve un élève moins important et plus conciliant à martyriser.
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Vergil
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Sujet: Re: L'ignorance germanique [Mellolerigolo] Jeu 20 Mar - 22:17

Quoi, c'est tout ce qu'il trouvait à répliquer pour sauver son trône, ce petit merdeux ?

Mais c'était surtout qu'il en avait vu d'autres, le bosch, des gamins à la fierté exacerbée, trop fier pour l'écraser en douceur quand il aurait fallu qu'ils baissent les yeux. Un feu en train de cramer sur le bousier de l'orphelinat, une jolie petite plante brûlante. Il soutient le regard du blondinet, crispant ses lèvres dans un simulacre de sourire :

« Et je suis sensé avoir peur et baisser les yeux ? Mais, mon p'tit Mello, c'est que tu te prendrais presque pour le roi du monde, dis moi. Tu devrais revoir tes exigences à la baisse, tu es tombé sur le mauvais prof à couillonner. »

De plus, il commençait à devenir redondant, le gosse, Vergil appréciait au moins que les menaces à son encontre soient un peu variées, pas seulement un enchaînement de bouh, j'vais vous détruire si vous cédez pas à mon caprice. Mais lorsque Mello mentionna ses éventuels passes temps interdits, l'allemand sentit les muscles de son cou se gonfler de colère. Un truc illégal, hein ? Encore faudrait-il qu'il ait vraiment à se reprocher quelque chose – surtout ne pas penser à Lola. Mais le blondinet se rajoutait une belle réputation de fouille-merde, pour le coup. Viktor l'imagina arpenter l'orphelinat d'un pas raide, à la recherche d'indices licencieux. Bon. Si ça pouvait l'occuper pour deux, trois semaines, pourquoi pas. Ce n'était pas les autres profs de l'équipe qui allaient s'en plaindre :

« Ah, mais c'est que tu as du temps à perdre. Fous la même motivation dans tes devoirs et t'auras peut être un 15,5 la prochaine fois. Et je doute qu'une larmichette versée devant un film soit le ragot qui te soit le plus profitable. Désolé de te décevoir, mais, contrairement à toi, je suis d'une innocence immaculée. »

L'allégation suivante du petit blond élargit le rictus de Vergil. Il voyait très mal ce genre de gosse s'écraser sur la durée ; trop de fierté dans ce regard-là. Mello espérait visiblement l'appâter avec du vinaigre. Qu'une parole ? Ça se saurait, si les enfants étaient aussi fiables qu'ils le promettaient :

« Tu me proposes un marché de dupes. »

Le ton de l'éternel second semblait sous-entendre qu'il disposait d'une arme secrète ; Vergil se demanda si, poussé face à une trop forte colère, le blondinet allait soudain s'arracher les vêtements et devenir une sorte de Hulk adolescent. Mais mine de rien, il était en train d'obtenir ce qu'il voulait, le teuton, parce qu'après ce 4 asséné sur sa fierté, Mello allait finir par accepter la note qu'il lui avait mise au tout début. Autant dire que ce petit jeu aurait pu être évité, si seulement l'affreux gamin avait pu contrôler sa rage. Vergil ressortit son stylo de sa poche et tendit la main :

« Allez, t'as raison, on a assez rigolé, donne moi ta copie, que je te remette ton 15. Tu m'as offert assez de distraction pour que j'en rigole encore pendant deux jours. »

Il pourrait au moins tirer de l'aventure une anecdote à raconter à Id, pour lui prouver que les gamins n'en ont jamais assez, file leur la main et ils s'attaqueront à ta tête, telles des petites sangsues hystériques.
Mello était épuisant, songea vaguement l'allemand, en serrant ses doigts sur sa bouteille. Il la déboucha de nouveau, les sourcils froncés, maintenant dans sa main libre l'instrument de son pouvoir, le stylo qui n'attendait qu'un geste pour s'abattre.
Peut-être que le spectacle que lui offrait le blondinet méritait de récupérer le 15, au final, pour son côté grotesque. Certains disaient que la télé était le nouvel opium du pauvre ; ici, dans l'orphelinat, les crises de certains élèves valaient bien le show des sœurs Kardashian.
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Sujet: Re: L'ignorance germanique [Mellolerigolo] Dim 23 Mar - 1:31

Mais oui, rétorquerait Mello avec agacement s’il ne savait pas réprimer un tant soi peu ses élans de colère, c’est exactement ce que vous êtes censé faire, bordel ! Avoir peur et baisser les yeux, en à peine six mots le condensé le plus exact de comment il veut ses professeurs – apeurés et soumis – ; roi du monde, peut-être pas – ça viendra plus tard –, roi de la Wammy’s House, indéniablement.
Au cours de ces douze années de vie dans l’orphelinat, il a fait de l’immense bâtisse son château, de l’extérieur au vert infini ses jardins, des orphelins et du personnel ses sujets.

La Wammy’s House est son royaume. Quiconque s’oppose à l’exercice de son pouvoir divin doit être châtié en conséquence.

« Je ne ‘‘couillonne’’ – à la façon d’un petit aristocrate perdu par hasard dans les quartiers populaires, ses narines se froncent de dédain à ce mot – personne, monsieur. Je ne fais que vous expliquer comment ça se passe ici. »

Je vous apprends à filer droit, gronde doucereusement l’azuré intense de ses prunelles lorsqu’elles se confrontent à celles de son vis-à-vis – le tout en croquant une énième fois, plus violemment, plus sèchement dans sa tablette de chocolat.
Un sourire amusé ourle ses lèvres au fur et à mesure de la réponse de Vergil. Lui, d’une ‘‘innocence immaculée’’ ? Ca n’existe pas, ça. Tout le monde traîne secrètement ses péchés, ses erreurs, ses regrets ; l’innocence immaculée dont le ciel nous fait gracieusement cadeau se tâche des criminelles imperfections dès la naissance.

« ‘‘Everybody lies.’’, ça vous dit quelque chose ? Parce que croyez-moi, rien n’a jamais été aussi vrai. »

Mello sait mieux que personne de quoi il parle – imposer sa suprématie exige de se construire un réseau d’informations efficace et secret, tout juste une légende qui se chuchote d’oreille en oreille et que tous craignent sans même posséder la preuve de son existence concrète. Il connaît une myriade de secrets plus ou moins importants. Linda, cette petite sotte, a le béguin pour Near ; Id se fume mensuellement quelques joints ; Lola a terriblement peur des Teletubbies depuis qu’elle a regardé un épisode lors d’une défonce magistrale ; Byte regarde My Little Pony... Il connaît les secrets inavouables de tout le monde. Toujours ce besoin irrépressible de tout voir, de tout savoir, de tout contrôler – l’une des formes les plus sournoises d’assurer son pouvoir.

« Vous n’avez pas idée, monsieur, d’à quel point il est facile de faire perdre toute crédibilité à un professeur aux yeux de ses élèves, renchérit-il d’un ton cruellement allègre. Croyez-moi qu’une ‘‘larmichette versée devant un film’’ suffit largement. »

A partir de là, tout ce que Vergil peut bien dire ou faire lui importe peu. La familiarité de ces combats entre deux intelligences tortueuses lui redonne toute son assurance, toute sa prestance – toute son arrogance. Rien ne l’atteint, pour la simple et bonne raison qu’il mène irrémédiablement la danse – il le sait, il le sent.

Victoire, victoire, vict...

Clac.

« Pardon ? »

Défaite cuisante. Humiliante. Le Roi ne s’avère être qu’un Bouffon royalement pigeonné. Echec et mat. ... La rage de Mello n’a jamais connu qu’une seule limite, la honte, seule affliction apte à le raisonner dans ses accès de colère. C’est donc ainsi qu’il se trouve face à Vergil. Brutalement figé, muet, trop sidéré pour même avaler le morceau de chocolat dans sa bouche. Il se fout de sa gueule depuis le début ? ... Comment ose-t-il ? Surtout, comment lui a pu se laisser entraîner aussi aisément ?

Le Polonais déglutit péniblement.

« Très bien. »

Il lui tend altièrement sa copie tandis qu’il s’efforce de conserver un rythme de respiration qui ne trahirait pas le bouillonnement de fureur en son for intérieur. S’il doit perdre, qu’il perde froidement, dignement. Tout semblait pourtant converger vers sa victoire. ... C’est une victoire après tout. Il a récupéré son quinze, non ? Si, mais il n’en voulait justement pas.

Toute cette bataille acharnée pour rentrer chez-soi les poches vides de tout butin.
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Vergil
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Sujet: Re: L'ignorance germanique [Mellolerigolo] Ven 28 Mar - 22:29

Vergil barra la nouvelle note qu'il avait attribuée au petit con blond et entoura le 15 d'une ligne souple. Il poussa le vice jusqu'à mettre un smiley souriant à côté du chiffre, comme pour ironiquement féliciter Mello de cette fallacieuse victoire qui n'en avait jamais été une. En parallèle, il ne tirait guère de satisfaction de l'histoire ; avec un tel ego à porter sur sa tête blonde, l'enfant allait revenir le harceler, tôt ou tard, mais la première manche avait été loin d'être une déception. Viktor contre le monde adolescent, une victoire à savourer en buvant un bon petit verre de whisky accompagné d'un match de foot. Et vu que ces têtes à claques étaient destinées à être, un jour ou l'autre, les dirigeants du monde libre et aussi les tyrans de l'espèce humaine, il pourrait au moins se targuer d'avoir réussi à soumettre l'un d'entre eux. Vergil ne manqua pas de penser aussi à Near qui, en comparaison avec l'énergumène blond, était d'un calme si parfait, qu'il en serait presque ennuyeux ; voilà oú résidait le complexe de Mello, dans son éternelle course vers la victoire. Mais c'était bien, que Viktor ait réussi à le remettre à sa place, au moins pour cette fois. Ce petit con comprendrait que tout le monde n'était pas prêt à rouler à ses pieds comme des chiens de cirque dociles et abrutis :

« Il m'en faut énormément pour me faire pleurer. Mais je crois que tu es bien placé pour comprendre ce que je veux dire. »

Viktor ne pensait pas avoir pleuré depuis des années, de toute façon – mais c'est vrai que au vu de sa personnalité, une simple larmichette suffirait à lui attirer les moqueries des adolescents. Attends, le tyran allemand, capable de pleurer ? C'était comme si Hitler avait commencé à faire dans le sentimentalisme ; et même devant la honte, Vergil n'avait jamais fait que serrer les dents, et avancer d'un pas plus raide, chaque fois plus rigidifié dans ses principes d'une autre époque. C'était cependant ce genre de moralité qui lui permettait aujourd'hui d'affronter ces minuscules tempêtes d'hormones qui menaçaient de tout emporter sur leur passage. Il venait dans l'orphelinat en conquérant, pensant apporter avec lui toute la rigueur de sa maturité, ses principes, sa froideur étant des instruments d'un genre ancestrale pour la pédagogie moderne. La pensée contemporaine façon Don Bosco voulait que l'on essaye de comprendre les enfants, pas que l'on fracasse leurs petits egos misérables contre le mur, mais Vergil avait toujours été incapable de comprendre comment ce genre de méthode pouvait les endurcir contre les épreuves à venir. Au contraire, il était pour l'idée qu'un enfant doit se heurter contre un mur pour en sortir plus fort, et aussi plus solide. Ceux qui s'effondrait face à la pression comme des châteaux de sable ne valaient décidément pas les espoirs que l'on plaçait en eux. Il ne fallait jamais cesser de les mettre à l'épreuve, pour les endurcir; quelle bonne excuse il se trouvait pour se persuader que ses mauvaises humeurs étaient là pour sauver ces gamins d'un sale destin de laveurs de carreaux. Non, monsieur, il ne faisait que leur apprendre la vie, rien de bien cruel, là dedans. Et tous les pédagogues – à commencer par ce con de Id – pouvaient aller se faire foutre avec leurs méthodes permissives ; ce n'était pas avec un bonbon que l'on s'attirer le respect de ces gamins.

L'allemand tendit d'une main nonchalante la copie à l'adolescent, restant néanmoins sur ses gardes. Vu la personnalité de ce petit con, il ne fallait pas crier victoire tout de suite. Mello devait encore avoir des cartes dans sa manche ; Vergil l'imaginait très mal baisser les bras tout de suite, dire okay, maître, vous avez mon respect éternel, je vais me aller me faire foutre loin de votre regard divinement scrutateur. Mais lui-même devait avouer qu'il avait parfaitement bien placé ses pions au cours de ce bras de fer. De quoi mettre le bon professeur qu'il était dans la meilleure des humeurs pour commencer le week-end. Il se délectait d'avance de ces deux petits jours, sans copies à corriger – ah non, il avait toujours son tas d'énervement dans la salle des profs, qui n'attendait que sa bonne volonté pour s'animer d'une sale envie de lui pourrir son week-end -, juste avec des imbéciles à chopper aux grilles lorsque ceux-ci décideraient de faire le mur. Mais il connaissait toutes leurs astuces, fallait pas croire qu'il avait toujours été ce professeur trop rigide :

« Tu me vois ravi de ce soudain... sursaut de bonne volonté. Le petit Mello commencerait-il à comprendre qu'il doit se contenter de fermer sa gueule quand un adulte parle ? » Déclara-t-il, moqueur

Allez, coucouche panier, jeune abruti.
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Sujet: Re: L'ignorance germanique [Mellolerigolo] Dim 30 Mar - 18:45

La remarque ô combien cinglante, ô combien cuisante de Vergil, ne lui soutire rien de plus spectaculaire qu’une œillade froide et désabusée – je comprends très bien ce que vous voulez dire, je comprends très bien la mesquinerie derrière, en grand seigneur je m’abstiens d’y accorder la moindre importance. Et pourtant, en son esprit fusent les ‘‘Bon le nazi arrête tout de suite de me narguer avec ton succès vaseux ou ça va mal se passer.’’ et les ‘‘Alors on se sent pas gonflé de la ramener autant ?’’, et en son esprit ils se meurent.

La dignité dans la défaite.

L’ignoble smiley à côté de sa note, semblant se foutre allègrement de sa gueule par ce sourire si niais, Mello parvient à se contenter d’un haussement de sourcil vaguement agacé – les offuscations coléreuses, les ‘‘Non mais vous me prenez pour un gamin débile à dessiner des smileys sur ma copie ?!’’, les sanglots de son honneur bafoué, blessé, poignardé, tout tempête en lui sans tordre ses traits délicats, plisser ses yeux bleus. Il s’incline face à la victoire implacable de son opposant, mais avec la victorieuse figure stoïque de celui qui comprend la justesse de son échec.

« Tu me vois ravi de ce soudain... sursaut de bonne volonté. Le petit Mello commencerait-il à comprendre qu'il doit se contenter de fermer sa gueule quand un adulte parle ? »

Oh no you didn’t...

Les poings du blond se serrent convulsivement, froissant impitoyablement sa copie ; le cérulé de ses yeux s’assombrit tel un firmament se noircissant à l’approche d’un orage aux rugissements encore lointains et c’est son regard le plus noir, le plus assassin, le plus dangereux qu’il fixe sur le visage de l’adulte. Tout ce qu’il réprime depuis le début – la... dignité... dans... – semble s’élever furieusement à cet outrage indicible, cette ultime offense ; tout en lui hurle la révolte, la guerre, le châtiment, et étouffe les échos désespérés du sage précepte qu’il s’imposait il y a à peine quelques instants – la... dign...

« Le petit Mello sait se reconnaître perdant, rétorque-t-il d’un ton sec. Mais en aucun cas il ne ‘‘ferme sa gueule’’ devant un adulte visiblement trop imbu de sa personne. Permettez-moi de vous rappeler que vous êtes professeur dans cet institut, pas dictateur. »

Non, il n’ajoutera rien de plus, il ne s’abandonnera pas aux caprices destructeurs et trop impulsifs de sa colère. Il n’offrira pas à Vergil de quoi l’humilier davantage, qu’il s’opiniâtre à le provoquer puérilement si ça l’amuse, il n’y accordera plus aucune importance. La défaite de l’intelligence, mais la victoire de la fermeté de son esprit – le stoïcisme résigné du petit génie qui découvre qu’il existera toujours plus fin, plus rusé que lui. Que ses prunelles scintillent d’une ire incommensurable, que ses traits se tordent sous l’influence impérieuse de celle-ci, aucun éclat de voix ne lui échappera.

Rien. Pas un mot de plus.

Mello repousse d’un geste vif et altier les mèches blondes qui s’aventurent malicieusement devant son visage et tourne les talons, déterminé à en finir avec cette vaste blague, à retourner dans sa chambre sans adresser ne serait-ce qu’un salut à Matt – aucune envie de lui raconter cette douloureuse déconvenue –, sa copie à la main comme la preuve indéniable de son échec. De ses échecs, se corrige-t-il amèrement.
Cependant, lorsqu’il se retrouve devant la porte de la salle de gymnastiques, ses jambes refusent soudainement d’aller plus loin. Il ne peut pas se résigner comme ça, son honneur, sa fierté lui interdisent de tolérer cet affront. Depuis quand il se fait une raison face à l’évidence ? Depuis quand il se fait une raison ? Les seules volontés qu’il concède à subir sans protester sont les résolutions divines.

Vergil est-il Dieu ? Non.

Le blond fait brutalement volte-face, d’un pas à l’impatience hautaine il s’empresse de revenir se planter devant son adversaire. C’est devant lui, le regardant imperturbablement droit dans les yeux, qu’il déchire lentement, superbement sa copie dont il abandonne les morceaux au sol. Voilà ce qu’il en fait, de sa victoire abjecte.

« C’est la guerre. »

La dignité dans la bataille.
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Sujet: Re: L'ignorance germanique [Mellolerigolo] Lun 7 Avr - 15:59

Ce qu'il ne fallait jamais oublier, avec ces charmantes têtes blondes, c'était qu'ils avaient beau clamer qu'ils seraient les rois du monde de demain, et se comporter parfois avec une espèce de maturité grandiloquente – Vergil s'était attendu à ce que Mello pleure comme un gamin de trois ans devant sa note -, ils retombaient le reste du temps dans une espèce d'abrutissement sauvage, plus proche de celui du couguar affamé que de l'être humain. L'allemand reconnaissait, presque avec respect, que pour son ego surdimensionné, l'affreux garçonnet semblait bien prendre la chose. Même un peu trop calmement, à croire que sous ce casque blond devaient mijoter de délicats plans de vengeance. Ou peut-être pas ; Vergil ne sous-estimait pas l'importance que devait avoir cette note aux yeux de l'adolescent, mais il pensait surtout qu'au lieu de réagir comme un gamin, Mello allait daigner disparaître dans sa chambre et peut-être réviser pour le prochain partiel :

« Je m'accorde le genre de réaction que méritent les gamins ; si vous étiez moins têtus, ça se passerait probablement mieux. »

Et à quoi bon reconnaître qu'effectivement, son caractère avait ce quelque chose d'autoritaire qui n'était apparu que chez les dictateurs les plus implacables ? Il y avait toujours eu cette différence, entre se laisser marcher dessus, et écraser l'autre ; mais Vergil avait toujours été incapable de trouver le juste milieu, probablement parce qu'il ne concevait les rapports avec autrui que comme un éternel enlacement oú il s'agissait de rouler au dessus de l'adversaire pour mieux saisir sa gorge entre ses crocs. Aussi, entendre le blond céder à ce genre de bataille, malgré sa petite pique de fin – holà, le traiter de dictateur, comme c'était original -, était plutôt rafraîchissant. Autant dire que le blondinet pourrait sentencieusement lancer à son cabot de pote « Aujourd'hui, j'ai appris quelque chose. ». Mais visiblement, ce genre de réaction mature aurait été surestimer le blond, car lorsque ce dernier fit volte face, pour déchirer sa feuille, Vergil sentit que les hostilités étaient rouvertes. Vingt minutes de réflexion sur sa note, et trente autres de bataille, réduites au néant, entre les mains de l'adolescent. Et Viktor n'aimait pas que ses efforts soient bousillés pour un motif aussi stupide ; il aurait largement préféré que Mello assume ses conneries, et reconnaisse que sa note serait probablement meilleure la prochaine fois – quoique, vu les circonstances, il doutait que le blond dépasse la moyenne. Mais après tout, il fallait toujours noter les copies de façon purement objective, et le fait que Mello soit un sale petit con obtus ne devait pas être pris en compte. De nouveau, des voies diverses s'offraient à l'adulte : prendre le gamin par le poignet et le traîner en détention – façon old school -, lui balancer une injure bien sentie dans la gueule et un bon petit zéro sur son bulletin – mais ça, ce serait un peu trop -, ou, simplement, l'ignorer. Viktor se décida pour cette dernière option, sans oublier de la nuancer des teintes agressives de la moquerie. Tu veux te comporter en petit chef barbare, mon gars ? Et bien, tu vas déguster.
Ses prunelles sombres se reposèrent sur l'adolescent, avant qu'un sourire de requin ne vienne se peindre sur ses lèvres, dénudant légèrement ses canines. Et Vergil éclata d'un rire sardonique. Son éclat d'hilarité roula contre les murs, se déforma en échos rauques, plein de cette exquise vibration de la colère :

« T'es un vrai comique, toi, hein. »

Il ne se rappelait pas de la dernière fois qu'il avait ri d'une façon aussi acide ; quoique, ça ne devait pas remonter à si longtemps que ça, étant donné que les bouffons étaient légions dans cet orphelinat. Sa bouteille à la main, l'allemand s'approcha de Mello, pour le toiser, lui, et les restes de sa copie :

« Reviens me dire ça quand tu seras en mesure de m'affronter. »

Et le dernier mot sortit comme un crachement vulgaire, corrosif, mettant l'accent sur cette implacable distance qui avait toujours séparé Vergil de ses adversaires :

« Gamin. »

Il décida que le mioche pouvait tout aussi bien pisser sur les confettis de son vague succès, ou en faire un feu de joie, qu'il n'en aurait plus rien à foutre. Juste, quel gaspillage.

« Je te laisse ramasser tes cochonneries. » ajouta Vergil, pour la forme, avant de dépasser Mello et de se diriger vers la porte
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Sujet: Re: L'ignorance germanique [Mellolerigolo] Lun 16 Juin - 0:43

La patience, le calme, sont en fait aussi fragiles qu’un château de cartes. Ils tiennent courageusement, supportent silencieusement, plus ou moins stoïquement, le poids des affronts, des injures, du mépris... jusqu’à ce que quelqu’un pose la carte de trop. Le majestueux monument vacille alors, ses fondations de papier tremblent, et puis tout s’effondre.

Du glorieux château ne subsiste plus que des ruines. Un fatras de cartes.

Cet éclat de rire mauvais, ce paroxysme de l’insolence ; cet ultime outrage... Si Mello a un jour, peut-être, pu se targuer d’avoir une certaine patience, en cet instant précis en tout cas elle est refoulée, oubliée, annihilée au profit d’une fureur qui ne saurait plus s’embarrasser d’aucune limite, d’aucune considération d’ordre hiérarchique.
Il n’y a plus d’élève, plus de professeur dans cette salle de gymnastique au silence frissonnant encore d’une hilarité mortifiante. Plus que deux hommes, face à face.

Et d’ici la fin de son long – très long – séjour à la Wammy’s House, il n’en demeurera plus qu’un.

« Je vous fais rire, monsieur ? s’enquiert-il avec une politesse, une obséquiosité, de meurtrier accordant une dernière volonté à sa victime. »

Les lèvres du blond s’étirent en un rictus gorgé soudainement d’un tel dédain et d’une telle révulsion... On ne lui accorde donc aucune importance, ni à lui ni à ses guerrières – sanguinaires – intentions ? Qu’il en soit ainsi. L’outrecuidance de Vergil le mènera à sa perte et au jour de sa chute seulement il comprendra que tout ce temps passé à le mépriser fut du temps très généreusement – très inconsciemment – offert, et au moins tout aussi brillamment consacré à élaborer, finaliser, mettre à exécution ses plans. Si Mello, dans le cours de ses pensées, dans sa perception de toute cette situation, exagère ? Oh oui, très certainement. S’il s’en aperçoit un tant soit peu ? Peut-être bien, au fin fond de lui-même. Lui et sa conscience ont néanmoins des rapports très similaires à ceux de Pinocchio et du fameux grillon (qu’on confond aujourd’hui très souvent avec un criquet à cause du fameux Jiminy Cricket, soulignerait-il sans doute d’une voix docte en d’autres circonstances).

« Croyez-moi, je suis déjà largement en mesure de vous affronter. Je suis le futur L, après tout, renchérit-il avec un reniflement dédaigneux. »

Puis il daigne jeter un coup d’œil méprisant, très peu concerné, aux morceaux de copie par terre. Lui, nettoyer tout ça ? Ah, quelle bonne blague, y’a pas écrit Conchita sur son front (ou alors seulement dans sa chambre, puisqu’il sait très bien que Matt ne se préoccupera jamais de la propreté des lieux).

« Quant à ‘‘mes cochonneries’’... Sauf votre respect – oh, qui crois-tu donc tromper ? cela fait bien longtemps que tu l’as jeté aux orties, le respect –, monsieur, pour autant que ça me regarde, vous pouvez vous... torcher avec. »

Pas sûr que cette formulation soit moins effrontée que le « vous les mettre là où je pense » originellement supposé conclure son discours altier. Décidant que cela ne lui importait finalement que très peu, Mello hausse les épaules et va à la suite du professeur – puisque ce dernier fuit le champ de bataille...

« Je me permets quand même de vous rappeler que quand les Alliés ont enfin commencé à considérer Hitler comme une menace, c’était déjà trop tard. »
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