Partagez | 
 

 Don't fuck around right now, Arp.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Carthage
avatar

Sujet: Don't fuck around right now, Arp. Sam 11 Jan - 15:12

Il neige !

Il fait beau, il fait froid, on est tous sous les couvertures, les épaisseurs de laine et de coton. On est au chaud dans une salle de cours ou les bras d'un amant endormi. C'est l'hiver, c'est la nouvelle année, et il neige. Tout le monde devrait être heureux, content, commencer les batailles de neige et à se rouler par terre. On pourrait quasiment faire un bonhomme de neige actuellement.

Carthage est au milieu de tout ça. Au milieu du parc, immobile, tétanisée.
Ce jour-là, un mercredi après-midi bien tranquille, elle avait profité de son heure de pause pour se risquer dehors. Carthage aimait le froid, elle aimait le vent qui lui perforait la cache thoracique. Elle aimait ses pulls, son bonnet, ses gros gants, son écharpe épaisse. Elle aimait le parc désert.

Mais aujourd'hui, Carthage avait oublié la météo, elle n'avait pas l'annonce de neige, de grêle, de verglas. Elle avait été complètement prise au dépourvue, trop loin de l'entrée pour se réfugier à temps.
Au début elle y avait cru. Dès les premiers flocons elle avait commencé à rebrousser chemin vers l'orphelinat. Mais la neige était drue, assez vite une petite couche de neige s'était formée sur le sol et elle s'immobilisa face à ce minuscule monticule à franchir.

Carthage avait vécu beaucoup d'hivers, peu de neige. C'était pas à Marseille qu'on faisait beaucoup de batailles de boules de neige. Mais le peu de neige que Carthage avait eu, elle s'en souvenait un peu trop bien. Les glissades, les os brisés, le temps passé à l'hôpital, la glace, la glace, le froid qui fragilisait encore plus ses os. Et puis, quand elle se cassait quelque chose chez elle, par accident, les urgences mettait toujours plus de temps quand il neigeait, ils conduisaient toujours plus lentement. Il y avait toujours dans leur camionnette une tension presque palpable à l'idée de faire un écart, d'avoir ne serai-ce que le plus petit accident, un accident qui pouvait coûter la vie de leur patiente, aussi petit était-il.
Ses parents étaient morts un soir de neige.

Carthage n'avait pas si peur que ça. Certes elle avait la respiration lourde, les muscles figés, le cerveau en panique, mais elle était habituée. C'était du quotidien pour elle. Elle savait quoi faire. Il n'y avait peut-être plus ses parents mais il restait des gens sur qui elle pouvait compter. Avec sa lenteur habituelle, elle sortit son téléphone pour composer soigneusement un court sms.

Carthage a écrit:
Arp'. Je suis sous la neige. SOS.

▬ Ne sois pas en train de baiser, putain, faites qu'elle soit pas en train de baiser. 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Arpège
avatar


Feuille de personnage
Wammy’s: H / A
Double Compte: Screen, Jesse
Âge: 17 ans / 25 ans
Sujet: Re: Don't fuck around right now, Arp. Dim 12 Jan - 22:14


Les fêtes de fin d’année avaient transformé la Wammy’s House en une espèce de Disney Land à plus petite échelle. Les plus jeunes – et les plus âgés, également – s’étaient chargés de décorer l’orphelinat à l’aide de trucs colorés-lumineux-clignotants-qui-niquent-les-yeux. A l’heure actuelle, et particulièrement quand la nuit commençait à tomber, le lieu ressemblait à une espèce de Las Vegas désert. Pour en rajouter une couche, la neige avait décidé de s’y mettre aussi. La Wammy’s House enfilait peu à peu son grand manteau blanc, qui pointait le bout de son nez absolument tous les ans. C’est bon, on y était. On se serait réellement cru dans un sympathique film américain où les enfants jouaient dehors, avec en arrière plan des guirlandes clignotant en boucle et des chants joyeux de Noël.
A la seule différence que, cet après-midi là, personne ne pointait son nez en dehors des murs de l’orphelinat. Généralement, cette période de l’année alourdissait le cœur des pauvres orphelins, qui se remémoraient les joyeux moments en famille, qu’ils ne revivraient plus jamais. De huit à dix-huit ans, ils avaient plus ou moins tous cette nostalgie douloureuse qui les transportait à l’époque où Papa et Maman glissaient discrètement des cadeaux sous le sapin.

Arpège avait connu très peu de Noël. Depuis qu’elle avait quitté le cirque, ils ne l’avaient jamais vraiment fêté avec son père. Elle se rappelait qu’ils mangeaient de la dinde aux marrons devant la télé – sûrement devant Le Père Noël est une ordure, ou un autre des ces films français diffusés durant cette période – en silence, et qu’ils s’échangeaient un cadeau vers vingt-trois heures, avant d’aller se coucher. La grosse éclate quoi.
Mais plutôt que ces dîners ennuyeux et foirés, la neige lui faisait davantage penser à l’hiver dernier, où elle avait terminé à l’hôpital pour avoir ingurgité un peu trop de drogue. Ces flocons tombant du ciel et venant s’écraser sur son visage couvert de sang et de vomi étaient tout ce dont elle se rappelait de son overdose. Autant dire que ce n’était pas nécessairement un souvenir des plus sympathiques.

Depuis sa chambre, emmitouflée dans sa couette chaude, sous des tonnes et des tonnes de pull, Arpège observait ces petits points blancs commençant à couvrir peu à peu le parc de la Wammy’s House. C’était magnifique, et c’était encore plus magnifique de savoir qu’il faisait au moins zéro degré dehors, tandis qu’il en faisait bien cinquante sous sa couverture. Ce mercredi après-midi, elle avait décidé de le passer seule. Les professeurs étant en vacances, et donc les orphelins aussi, on l’avait grandement sollicité pour sortir en ville ou faire des conneries dehors. Sauf que voilà : elle entamait la dernière saison de Breaking Bad, et bordel de merde, elle n’avait clairement pas l’intention de bouger son cul hors de son lit. Un joint entre les doigts, l’ordinateur sur les genoux et une fumée épaisse s’échappant de ses lèvres, Arpy était calée comme jamais.

Brzzz. Brzzz. Merde. Son téléphone portable était à l’autre bout de la pièce, par terre, entre deux chaussures balancées là en vrac. Entre nous, jamais de la vie elle ne sortirait de sous sa couette pour s’en emparer. J-a-m-a-i-s.
Et si c’était End qui avait un chagrin d’amour ? Et si c’était Lola qui voulait venir se caler avec elle ? Et si Carthage était encore à l’hôpital pour un énième os cassé ?
En grommelant, Arpège posa son ordinateur dans un coin, et s’étira de tout son long pour enfin saisir l’iPhone qui jonchait le sol. Bingo, c’était Carthage.

Arpy a écrit:
Putain meuf la flemme, j'suis dans mon lit là

Une chose était sûre : Carthage allait gueuler. Fort. Et Arpège n'avait tout simplement pas envie de s'en prendre plein la gueule durant ses vacances d'hiver, juste parce qu'elle avait eu la flemme de bouger son cul jusqu'au parc. Et au moins, cela mettrait un peu de piquant dans sa journée. Lentement, la jeune femme s'extirpa de sa couverture en jurant faiblement, toujours son joint fumant entre ses doigts maigres. Tant pis, elle le prendrait avec elle. De toute façon elle se tapait la moitié des surveillants, on ne lui disait jamais rien sur sa consommation de drogue au sein de l'établissement. Oh, elle était chez elle ici.
Arpège enfila une veste, et en pris une pour son amie, au cas où - ok, elle n'avait pas bien compris ce que voulait dire son message. Mais qu'est-ce qu'elle avait encore foutu ?

Arpy a écrit:
Ok tu m'as soulé, j'arrive, t'fais chier

Une fois les escaliers descendus, l'adolescente s'engouffra dans l'immense parc de l'orphelinat, couvert de son plus beau manteau blanc. Il faisait bien froid, quand même.
De ses yeux gris, Arpège scannait le grand espace. Blondinette debout immobile en plein milieu repérée.

"C'est une blague ?"
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
 

Don't fuck around right now, Arp.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Wammy's House :: Extérieur :: ♔ Jardins :: parc & cour-