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 Pourquoi vouloir décrocher la lune quand on a les étoiles - Orion

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Orion
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Sujet: Pourquoi vouloir décrocher la lune quand on a les étoiles - Orion Lun 23 Déc - 20:12

ORION


Orion Orion, "Le Chasseur", est une constellation située sur l'équateur céleste. Elle fait partie des rares constellations immédiatement reconnaissables par leur forme. Ses sept étoiles les plus brillantes forment un nœud papillon (ou un sablier) facilement identifiable : quatre étoiles très brillantes forment un rectangle caractéristique au milieu duquel se trouve un alignement de trois autres étoiles, les "rois mages", qui constituent une signature remarquable.
Olivetti Zacharie
17 ans
Né le 31 Octobre
Scorpion
Mâle
155 de Q.I
Italien
Présent depuis sept mois
Sourire


Les plus forts pardonnent, les plus faibles se vengent, les plus heureux oublient



TAILLE : 179 cm
POIDS : 59 kilos
COULEUR PEAU : Dorée
COULEUR CHEVEUX : Noir
COULEUR YEUX : Bleu
SIGNES PARTICULIERS : La carte des maraudeurs dans le dos ; « Always » inscrit sur l'avant bras droit, Les Reliques de la Mort sur le dos de la main droite, la Marque des Ténèbres en couleurs sur l'avant bras gauche.
CORPULENCE : Normale
Définissez-vous en une phrase.


    ■ Je suis un.



Vous offrirez quoi à Noël à votre meilleur ennemi ?


    ■ Le DVD d'Ed Wood par Tim Burton.



Parmi ces livres ci-dessous, lequel serait le plus susceptible d'être votre livre de chevet ?


    ■ Harry Potter de J.K Rowling.



Ce que vous devez impérativement arrêter de dire. Sérieusement.


    ■ « Le si n'aime pas le ré pour la centième fois ! »



La petite manie dont vous vous passerez bien ?


    ■ Câliner tout le monde.



Il y a forcément quelque chose que vous auriez dû faire depuis longtemps et n'avez toujours pas fait.


    ■ Lécher les bottes du professeur pour m'accorder un délai supplémentaire si j'ai pas la flemme...



Orion, il sait. Il sait pourquoi il est né. Il est né pour mourir. Tout sur cette terre est destinée à disparaître, « Everything must end ». Il l'a compris très tôt cette règle de la vie, et il n'en a pas peur. On n'a pas à avoir peur de l'inévitable. Alors Orion sourit à la vie, à la mort, à l'existence et au désespoir, il sourit au monde, aux méchants et aux gentils, il sourit. C'est sa manière de montrer qu'il est fort, sa manière de se rebeller contre le monde et la société. Sourire et rire, qu'importe ce qui arrive, soit on rit de tout, absolument de tout, ou alors de rien, mais ne pas commencer avec les si et les oui mais. Pas d'exceptions, pas de pitié, pas d'anormalités. Alors Orion rit, rit de choses ignobles, rit de la maladie, de la mort, de la tragédie. Il sourit et vous regarde avec des yeux pétillants de joie et de provocation, et vous exhibe sa dentition parfaite dans cette expression qui en devient blessante. Il rit de vous, de lui, du monde et du bonheur. Il rit de l'homme, de sa bêtise, de sa grandeur.

Orion il est beau avec ses sourires, Zacharie est attirant avec ses danses, Zacharie vous enchante avec sa bonne humeur, Orion vous irrite en riant alors que vous êtes en pleurs. Il n'est pas méchant, il ne cherche pas à faire souffrir, et vous offrira tout le réconfort nécessaire, mais ne cessera de sourire. Il n'est pas sans cœur, il a des sentiments lui aussi, mais préférera  être mis dans un cercueil plutôt qu'arrêter sa moquerie du monde. Compatissant, mais pas indulgent.

Il est social Orion, mais n'a pas beaucoup d'amis proches. Il faut croire que côtoyer jour après jour quelqu'un qui ne sait qu’être heureux a quelque chose d'énervant. Il attire la jalousie Zacharie, à force d'être joyeux, on l'envie. Et lui il s'en fiche des autres, car les autres ne sont rien, sauf différents ; il y a juste lui, son petit cercle d'amis, son plus grand cercle d'admirateurs, et le reste peux aller se faire foutre.

Orion est fort. On le sent, on le sait. Au ton de sa voix, au regard qui ne défaille pas, semblant fouiller dans vos pensées de ses iris du bleu sans fond des Lagons. De ses postures droites, fières, et provocantes, toujours provocant. Il ne cherche ni la guerre ni la bataille, mais aime jouer avec le feu. On ne s'impose pas face à lui, on ne l'écrase pas, on ne l'intimide pas. On lui sourit, ou on l'oublie.

Ce n'est pas la peine de prendre la vie – sa vie –  trop au sérieux, personne n'en sort vivant de toute façon.

Orion a la tête dans les étoiles et le cœur dans un cercueil. Il ne sort que la nuit, là où le ciel est illuminé de milliers d'astres colorés, et peut-être alors, vous le verrez s'abandonner.





La tête sous des milliers de soleils, loin, loin, il observe.

Il y a eu d'autres nuits, elles n'étaient pas pareilles. Il y a eu des nuits douces, des nuits sucrées, il y a eu des nuits où il a pleuré, des nuits où il s'est disputé, il y a eu des nuits orageuses et des nuits capricieuses. Aujourd'hui est une nuit à étoiles, et il se demande si un jour il pourra voir leurs lueurs avant leurs fins. Il sourit, il se sent calme, serein, la tête dans les étoiles. Les charognards, les vautours qui s'abattent sur les restes, lui ont trouvés un endroit, un endroit pour lui, pour sa tête dans les étoiles et son coeur dans un cercueil, un endroit où l'enfermer, un endroit pour l'isoler. C'est loin, loin, pas comme ces milliers de soleils, mais comme une terre inconnue, quelque chose d'exaltant et de terrifiant. Son frère lui a écrit, beaucoup, a promis de venir, et ça le fait sourire. Il ne lui a pas dit où il allait. Il l'imagine tellement piquer une crise et faire valser les chaises, et le traiter d'idiot dans toutes les langues qu'il connaît et le chercher, encore et encore, pour le trouver et lui foutre une bonne raclée. La pensée le fait rire, doucement, en se souvenant du bon vieux temps. C'est débile de dire « bon vieux temps » à seize ans. Et pourtant.

La voiture s'arrête et il se retrouve dans une nouvelle campagne, dans un nouveau pays, derrière une nouvelle colline qui cache les lueurs d'une autre ville. Il est tard, il fait nuit, et il observe ces lueurs dans le ciel, si loin et déjà mortes. Il sourit. Un orphelinat, rien que ça, dans la campagne Anglaise. Il avait toujours rêvé d'aller en Angleterre. Mais pas de cette façon là. Le voici donc dans un garde-manger, dans cet endroit où tout le monde a été dévoré, pauvres agneaux, dévorés par la vie, par les loups, rongés par les charognards, par les vautours, par la chance, qui a envoyé ceux qui laissent les cadavres dans leurs vies.

Il y a eu d'autres nuits. Des nuits dont il ne parlera pas, des nuits qui n'existent pas. Les étoiles sont toujours là. Il ne les voit pas, mais elles ne sont pas encore toutes mortes, et il sera toujours là pour les observer, il a juré, en espérant en attraper une du coin de l’œil, un jour.

Il s'est renseigné. Aucun animal ne fait ça. Aucun animal ne se dresse sur ses pattes arrières pour contempler les astres au-dessus de sa tête. Peut-être n'est-il pas un animal. Peut-être n'était-il pas rangé parmi les vautours, les loups ou les agneaux. Peut-être se dit-il, et cette pensée l'attriste, peut-être fait-il partie de cette race étrange et désolé qu'est l'espèce humaine.

Peut-être n'est-il qu'un homme sur le chemin des bêtes, sur la voie des hyènes.

« Peut-être n'aurais-je pas dû m’inquiéter des charognards, peut-être aurais-je dû me méfier de ceux qui leurs laissent les cadavres. »

MARAUDEUR, EUSE [marodœr, øz]. n. et adj. (1679 ; de maraudeur). Personne (ou animal) qui maraude. V. Pillard, voleur. Personne qui rit et sourit même dans les temps les plus sombres.

Source : Petit Robert Harry Potter


■ ■ ■


« Votre nouveau nom doit obligatoirement commencer par la première lettre de votre prénom ou de l'un de vos noms.
– Vous faites chiez. »



« Tu dois me promettre quelque chose, d'accord ? Tu vas me promettre de toujours sourire. D'accord ? Non non, promet, après je te dirais pourquoi d'accord ? Voilà. Je t'aime, tu sais. Je t'aimerais toujours. Même quand je ne serais plus là, tu dois savoir que je t'aimerais toujours. Toujours. Ne doute jamais. Tant que tu souriras, tu n'auras pas à douter. Et tu as promis. Et un homme bon ne rompt pas ses promesses. Je serai toujours là, dans ton sourire, dans ton cœur, dans tes souvenirs. Prends bien soin de ton père et de ton frère pour moi. »

Ce discours il le connaît par cœur. C'était même plus du par cœur d'ailleurs. C'était inscrit, bien plus profond qu'on ne pourrait jamais chercher dans sa drôle de petite cervelle. C'est dans ses gènes, dans son mode d'emploi. Il avait quatre ans. Et il s'en souvient. Beaucoup le traître de menteur, mais il sait, lui, que c'est vrai, ça doit être vrai, c'est obligé d'être vrai, il ne peut pas se tromper. Il n'a pas besoin de douter non plus. Parce qu'il sourit - il a promis. Ce discourd, cette leçon, cette morale. Les derniers mots de sa mère. Son père lui en a voulu qu'il soit le dernier à lui avoir parlé, il lui a crié dessus, il a même essayé de le taper. Heureusement il y avait mamie, la Mama de la maison, pour le rattraper quand il allait trop loin, et elle s'enfermait avec son fils dans la cuisine pour s'engueuler, envoyant Zacharie et son frère se coucher, mais ils n'avaient même pas besoin de faire semblant, car les beuglements allaient jusque dans leur lit, où ils ne s'endormaient qu'après que le soleil se soit levé.

L'enterrement s'était mal passé, mais Zacharie était fier, fier de lui, fier d'avoir souri. Les autres étaient allés les voir et leurs avaient présenté leurs condoléances, et Zacharie avait eu envie de leur faire du mal, à ces gens prêts à tout pour montrer qu'ils sont 'normaux', qu'ils éprouvent toute la compassion du monde, mais Zacharie n'en a rien à carrer de leur compassion, ça ne change rien, ça ne lui ramènera pas sa mère, ça ne fera pas avancer les choses. Il ne peut plus supporter ces hypocrites, ces charognards, qui s'attaquent aux cadavres pour montrer qu'ils sont en peine, alors qu'ils ne sont rien, qu'ils n'ont rien fait pour éviter ça.

Son frère avait aussi essayé de lui en vouloir. Mais, alors que les grands l'incendiaient du regard pendant qu'il souriait - un sourire baigné de larmes et de sanglots - à l'enterrement, son frère s'était approché de lui. Il lui avait pris la main, et avait une grimace - pas pire que la sienne. Un sourire. Il comprenait. Il avait compris. C'est pour ça qu'il était toujours le cerveau, et Zacharie le subordonné dans leurs jeux de pirates. Parce que lui il avait un cerveau bien droit, qui pense bien, carré, comme la société le veut. Et Zacharie, il a un cerveau penché, tordu, malade peut-être - mais grand-mère lui avait assuré que non, et la Mama ne ment pas. Elle en a pas besoin, jamais on oserait contredire mamie. Parce qu'elle a toujours raison. Il est juste différent, qu'elle disait, et qu'il ferait de grande choses une fois que le monde entier se serait rendu compte du joyau qu'il était. Il aimait bien quand mamie lui disait des trucs comme ça. Parce qu'il n'y avait guère qu'elle qui disait ça.

Pour les autres, il était le dérangé. Il entendait les mères murmurer dans son dos, avec pitié ou avec dégoût, selon ce qu'elles savaient. Quel enfant dessinerait ça après tout.

Malheureusement, tout avait commencé à cause d'un simple dessin. La maîtresse leur avait demandé de rapporter pleins de dessins de chez eux pour décorer la classe. Lui, il était content, il aimait dessiner, ça l'aidait. Il avait donc ramené plein de feuilles colorés ; souvent de rouges, parfois de noirs, parfois de blanc, parfois tout cela à la fois. Mais le regard horrifié de la maîtresse ne l'avait pas enchanté. Elle l'avait convoqué après la classe, alors qu'il essayait de sortir vite vite avant qu'on ne lui pose des questions auxquelles il ne saurait pas quoi répondre, et auxquelles on répondrait à sa place, des réponses fausses, qu'il ne pense pas, de méchantes réponses et on dirait que c'est les siennes alors que non, jamais il n'aurait dit ça, mais il n'a rien dit, et il serait puni par ça. Elle l'avait installée en face de son bureau, à côté de sa soucoupe pleine de bonbons, mais ne lui en offrit pas comme d'habitude, alors il n'en prit pas. Au lieu de ça, elle le regarda longtemps, très longtemps, trop longtemps pour que ça soit normal, ou même acceptable, et au moment où il allait demander si elle était cassée - ou alors s'il pouvait s'en aller, il ne sait plus - elle lui posa des questions. Auxquelles il ne sût pas quoi répondre. Elle lui demanda pourquoi il avait dessiné ça. Dessiner quoi, qu'il répondit. Ça, dit-elle en poussant vers lui un dessin, un de ses dessins, l'un des premiers de son cahier, un qui avait plus de rouge que l'autre. Zacharie ne comprenais pas, car après tout son cerveau était tordu, et le pauvre petit Zacharie ne comprends jamais rien. Mais le silence n'arrange rien, jamais, car il répond à sa place et dit de mauvaises réponses, de méchantes réponses. Alors Zacharie le dit, qu'il ne comprend pas, car après tout, ce n'est pas sa faute si son cerveau va mal, il y peut rien, ou peut-être que si ? Et la maîtresse le regarda un regard qui lui fit peur, mais ça il ne veut pas en parler.

Après ça il y eut beaucoup, beaucoup plus de réunion avec la maîtresse, parfois à la fin des cours, parfois le midi, parfois avec l'infirmière et un messieurs bizarre qui prenait des notes et qui était trop brute - ou peut-être est-ce brusque le mot - pour que Zacharie ne l'aime, alors il ne l'aimait pas. Il y avait toujours mamie avec lui lors de ces réunions, et ils parlaient longtemps, longtemps, et il ne comprenait pas ce qu'ils disaient - parce qu'il était tordu - et plus pourquoi il était obligé d'assister à ces entretiens qui l'ennuyaient et l'ennuyaient. Parfois ils le laissaient jouer dehors, ou le mettaient dehors pour parler ''entre grandes personnes'', mais n'était-ce pas ce qu'ils faisaient déjà ? Dans ces moments là il allait retrouver son frère, si droit, si intelligent, si carré, et il jouait et jouait des heures et des heures avec lui, ou peut-être était-ce des minutes, qu'importe, elles passaient à la même vitesse de toute façon. Son frère disait que les grandes personnes de l'entretien étaient tous débiles - en fait ils disaient un autre mot, mais c'était un gros mot et Zacharie n'avait pas le droit de dire de gros mots. Son frère non plus, mais lui il s'en fichait, parce qu'il savait quoi faire, il n'était pas tordu - et que mamie le défendait contre ces idiots débiles, parce que dessiner ça c'était pas mal, c'était jamais mal de dessiner, sauf les gens nus, ça c'est mal de les dessiner, mais ce qu'il dessinait n'était pas des gens nus, alors il avait le droit, et personne ne devrait jamais rien dire à ce sujet. Et son frère avait toujours, toujours raison, encore plus que papa - papa qui était parti loin, loin, au travail qu'elle disait mamie, mais il ne le voyait plus, et ça lui fait un peu mal dans la poitrine quand il pense à ça, alors il essaie de ne pas y penser -, et encore plus que mamie elle-même.

Si son frère disait qu'il était normal, si sa grand-mère lui disait qu'il était un cadeau, et si sa mère l'aimait, alors il n'avait pas à s'inquiéter.



« Votre grand-mère est morte. »

C'était comme ça qu'ils l'avaient appris, son frère et lui, alors qu'ils riaient en prenant leur petit déjeuner - brunch à vrai dire, à cette heure-ci. Il faisait beau, il faisait chaud, les grillons chantaient dans les arbres et la piscine ne demandait qu'à se jeter dedans, une journée typique d'un été italien. Ce n'était pas comme dans les films - qu'à moitié. Il y a bien eu les rires qui s'arrêtèrent brusquement, et les regards d'incompréhension, puis de panique dans la pièce. Mais il n'y eut pas de silence - connards de grillons - , il n'y eut pas de pluie diluvienne, il n'y eut pas eu de musique dramatique, juste l'été qui continuait, qui s'en foutait, qui se foutait d'eux. Ils avaient quinze et dix-sept ans. C'était leur père qui leur avait dit, pour une fois qu'il n'était ni au travail ni beurré, et c'est sûrement la dernière déclaration qui est la plus surprenante, car sa mère était morte, et il avait réussi à rester sobre pour aller prévenir ses enfants. Bien qu'il se servit un verre de scotch sans attendre - c'était donc ça, il n'avait plus de bouteilles à son bureau. Si la situation n'avait pas été dramatique, si bouleversante, alors peut-être que Zacharie aurait ri de la scène, comme il riait normalement de ces scènes là, comme on rirait de ces scènes si elles étaient dans un feuilleton comique.

A l'enterrement, en soirée, en dessous des étoiles, à l'énième mort de leur soleil, alors que le cercueil descendait dans ce trou si sombre et si profond, il se dit que si cet infarctus ne lui avait pas été fatal ils seraient en train de se régaler avec ses fameuses pâtes aux pesto et avec ses crêpes fatales, qu'ils seraient en train de jouer à un jeu de carte sur la terrasse, faisant les pitres pour la faire rire, car son rire était merveilleux, vieux, sec, cassé, accompagné d'un sourire pincé, typique de la Mama de la maison, typique de la Super-Glu qui les maintenait ensemble, eux et leur père –  parce que Zacharie n'aurait jamais besoin de n'importe quelle Glu pour être proche de son frère, il en était convaincu – , elle serait en train de leur crier dessus pour qu'ils arrêtent de se chamailler et qu'ils aillent se coucher.

Mais il ne le verra plus, parce que ces grands hommes en noir si délicats seront en train de le recouvrir de terre et soudain ça le heurtera : il ne le verra plus jamais. Plus jamais. Ni lui, ni le cadavre dedans, et il n'entendra plus jamais sa voix et il ne se passera plus jamais rien la concernant. C'est très long, plus jamais, et rien, c'est pire.

La suite, il ne veut pas en parler. Il y un temps de blanc, de vide, où leur père était encore plus absent, et où lui et son frère n'avaient plus rien à se dire, alors le vide s'installait, tranquillement, prenant ses aises dans leurs coeurs effrités. C'est à ce moment-là que Zacharie commença à aller sur le pont, celui derrière la colline qui cache les lueurs de la ville à peine assez grande pour être appelée ville, mais pas assez petite pour être appelée village, et derrière cette colline, sur ce pont, la tête sous des milliers de soleils, loin, loin, il observe.

Il y a eu d'autres nuits, elles n'étaient pas pareilles. Il y a eu des nuits rieuses, des nuits gueulantes, des nuits insultantes, des nuits insouciantes. Maintenant, il y a des nuits à étoiles. Il y a des nuits où il leur parle beaucoup de Maman et c'est triste, il y a des nuits où il leur parle beaucoup de ses livres préférés et c'est intéressant, il y a des nuits où il leur parle beaucoup de sa vie et c'est catastrophique, et si sa vie était un livre, ce serait un livre onirique et désolant. Un livre qui parlerait d'étoiles, d'astres vieux de millions d'années, qui meurent bien avant que l'on ne puisse apercevoir leurs lueurs.



Aujourd'hui, c'est son tour. Son tour à lui. C'était prévisible en même temps, tout le monde y passe un jour où l'autre, forcément. C'est la seule certitude de ce monde, qu'ils disent les philosophes. Et ça lui fait mal de dire qu'il est d'accord avec eux. Zacharie remarque que plus le temps passe, plus les tours passent, moins il y a de monde qui vient. Peut-être eux aussi ont en marre de ces conneries. L'année dernière, la Mama, et maintenant lui ? Non mais sérieusement. En plus c'était pas la première fois qu'il faisait ça, son père, c'était pas la première fois qu'il conduisait bourré, il faisait ça tout les putains de jours de sa merde de vie. C'est à cause de la mort de maman qu'il est devenu comme ça, tu l'aurais beaucoup aimé si tu l'avais connu avant, qu'il disait son frère, et pour une fois Zacharie souhaitait juste qu'il la ferme. Les policiers ont dit que c'est l’ivresse de son géniteur qui a fait qu'il s'est pris un six tonnes dans la face. C'est des conneries. Ça faisait douze ans qu'il conduisait bourré, et il ne s'était jamais fait arrêter. Des conneries. Le truc, c'est que c'était l'anniversaire de la mort de sa femme, et la veille de l'anniversaire de la mort de sa mère, voilà pourquoi il s'est dit que rester dans la trajectoire de ce camion serait une bonne idée.

Zacharie n'a même plus la force d'être étonné par le sort de sa famille, il s'y attendait presque, un pressentiment, un peu comme le gamin qui voit les morts. Lui, il avait vu celle de son père la nuit de sa mort, dans ses rêves. Coïncidences de merde. Il est las de toutes ces morts injustes et inutiles. Mais il sourit – il a promis. Les charognards sont de nouveau là, avec leur compassion dont il ne veut toujours pas, et ces hyènes sont venues avec des vautours, ces sales rapaces qui ont pour boulot de lui trouver un foyer – il n'a encore que quinze ans, son anniversaire n'est que dans trois mois. Le pire dans tout ça ? C'est que son frère, majeur depuis quelques jours ne sera pas avec lui, plus jamais. Plus jamais, c'est très long. Il ne peut pas prendre Zacharie sous sa charge – il a promis, Zacharie lui a interdit, car ce ne sera que la fin d'une fraternité contre l'avenir de son frère, et aussi injuste que cela est, il ne lui permet pas de foutre son avenir en l'air pour son petit frère. Le débat est clos.

La tête sous des milliers de soleils, loin, loin, il observe. La nuit ne s'est pas encore emparée du ciel, ne lui permet pas encore d'admirer ces astres illuminés qu'il chérit tant, voilés par la lueur si gênante de ce soleil si petit, minuscule, insignifiant à côté de tous les autres, ce soleil qui leur permet de vivre, lui, son frère et les charognards, et qui causera leur perte.


 


Ils tambourinent contre la porte, l'immense porte en chêne, pratiquement impossible à enfoncer, ils toquent à la porte et Zacharie ne répond pas, enfermé dans sa chambre aux couleurs de magie, un livre de contes à la main, parlant de sorciers et d'une école qui n'a jamais existé, et il prie comme personne n'a jamais prié pour qu'on lui envoie une lettre par hibou pour qu'il puisse s'enfuir dans un château féerique au doux goût de rêve. La porte tombe en morceau, et les hommes de la loi, si peu délicats, viennent l'arracher à son monde fermé.  


 


« Peut-être n'aurais-je pas dû m’inquiéter des charognards, peut-être aurais-je dû me méfier de ceux qui leurs laissent les cadavres.
– Vous avez dis quelque chose ?
– Non non, rien.
– Bien, Orion sera donc ton nouveau nom. »


 


« Orion hein ? »

Il s'est renseigné. Aucun animal ne fait ça. Aucun animal ne se dresse sur ses pattes arrières pour contempler les astres au-dessus de sa tête. Peut-être n'est-il pas un animal. Peut-être n'était-il pas rangé parmi les vautours, les loups ou les agneaux. Peut-être se dit-il, et cette pensée l'attriste, peut-être fait-il partie de cette race étrange et désolé qu'est l'espèce humaine.

Peut-être n'est-il qu'un homme sur le chemin des bêtes, sur la voie des hyènes.

Drôle de petite chose connue sous le nom de Stein, entre l'oreiller et le paresseux sur la chaîne de l'évolution, je suis malheureusement connue pour mes fautes d'orthographes – involontaires – et ma procrastination à toute épreuve. Présente sur cette terre depuis 6209 jours et 4 heures (soit précis ou meurt) Potterhead, Homestuck fan inconditionné et Sherlockian, dessinatrice à mes heures perdues, je connais ce forum depuis maintenant un an et demi et ne regrette rien (sauf peut-être mon âme). L'avatar utilisé pour ce personnage est Tom Elvis Jedusor/Tom Marvolo Riddle de « Harry Potter », et j'ai apparemment l'habitude de poster des personnages aux vacances de Noël. Why not ?  

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Sujet: Re: Pourquoi vouloir décrocher la lune quand on a les étoiles - Orion Lun 23 Déc - 20:52

Il y aura d'autres nuits, sale Alter de merde contrebandier de feels. validé soit cette héroïque constellation

♔ ♔ ♔

A quoi bon les audaces, me voilà remplacé
J'ai bien ma carapace mais ma gueule est cernée
On s'emmerde une fois désemmusé
Conduis-moi au sommet des rêves
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Near
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Feuille de personnage
Wammy’s: H / A
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Âge: 14 / 22
Sujet: Re: Pourquoi vouloir décrocher la lune quand on a les étoiles - Orion Lun 23 Déc - 23:49

Bonjour,

Du love sur ton perso,

rebienvenue,

au revoir

♔ ♔ ♔





The universe works on a math equation
that never even ever really even ends in the end
Infinity spirals out creation


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Sujet: Re: Pourquoi vouloir décrocher la lune quand on a les étoiles - Orion

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Pourquoi vouloir décrocher la lune quand on a les étoiles - Orion

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