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 Rather than love, than money, than faith, than fame, than fairness... give me truth. இ Blossom

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Sujet: Rather than love, than money, than faith, than fame, than fairness... give me truth. இ Blossom Mer 31 Juil - 18:40

Randomness gets you everywhere in the world. Sometimes you meet new people. You see new things. And there are two possibilities: either these things and those people you leave, or last forever.

Anonymous

Le temps m'avait pourtant paru si long. Tellement que j'aurais confortablement pu me permettre de céder sans regrets, après tant d'attente, à la revoir. Céder ainsi, et concéder mon temps à sa présence, sans me dire que j'aurais pu attendre un peu plus, que j'aurais du, aussi. Histoire de la faire languir à part égal, autant que moi-même je me languissais d'elle, de lui faire subir ce que je subissais. Tout chez elle me manquait. Ses traits jusqu'à la douceur de ses doigts, de la douceur de ses doigts jusqu'au pourpre de ses mèches. Chaque heure, chaque minute, et chaque seconde, face à ma solitude, m'avait paru infinie et davantage déraisonnée. La raison qui motivait mon attitude était pourtant mûrement réfléchie, calculée, préméditée. Se tenir à l'écart régulièrement m'avait été une obligation que je m'incombais à moi-même, car je me devais bien de le faire... Pour moi, tout comme pour elle. Juste le temps de l'inciter à croire qu'elle ne représentait pas tant pour moi. Juste le temps de m'inciter, moi ultérieurement, à croire qu'elle ne représentait pas tant pour moi.
Et cela devait être, simplement et sans regrets. Il me fallait m'habituer à quitter les choses et les personnes durant une durée bien déterminée, m'inciter à dépasser mes limites tout ça pour éviter de m'attacher à quoi que ce soit. Sans regrets, n'est-ce pas ? foutaises... ce n'était que deux termes qu'il m'était aisé d'utiliser pour mon bon plaisir, me confortant ainsi dans l'idée que je suis resté l'homme indépendant, celui que j'étais autrefois. Celui dont Blossom s'est attaché, accessoirement, et dont Pavel aussi s'était attaché. Ce garçon, qui avait été moi quelques années auparavant, qui ne se souciait de rien sinon de lui, qui glissait dessous et dessus problèmes et prises de têtes, car il en avait le choix et la possibilité. Mais où était-il vraiment passé, ce garçon ? Celui rejeté par tant d'autres, et apprécié par les meilleurs ? Ces derniers n'étant rien de moins que ceux que j'avais réussi à me tolérer à apprécier, malgré moi ? Où étais-je donc passé ?
Ces rares personnes que je pouvais aujourd'hui nommer "amis", étaient resté dans ma vie et m'avaient, chacun à leur manière, permis d'entre-apercevoir un semblant d'univers... Et d'espace temps. Alors que je vivais dans un monde gris dont les contrastes se faisaient si rares, chacune de ces personnes étaient pourtant parvenues si tôt, à me faire oublier la vision fade des nuages et le goût amer que laissait la pluie après l'orage. Ils m'avaient ainsi ouvert les portes d'un monde nouveau, un monde entier, fait de couleurs et d'odeurs, un monde parallèle à tout ce qu'il m'avait déja été offert de voir, de sentir, d'effleurer.
Et malgré tout, j'étais là aujourd'hui, tandis que lui n'y était pas. Je profitais de chaque jour nouveau, de chaque sourire, tempête et divertissements.
Et elle... elle, était présente, quoiqu'à moitié.
J'avais toujours tenu à les remercier, tout deux malgré les apparences. Mais comment procéder sans m'emmêler les pinceaux, laisser fuir des paroles que j'aurais mal mené, des gestes maladroits, et les faire fuir ensuite ? Comment pouvais-je seulement espérer me faire comprendre tandis que le verbe, celui que nous reconnaissons tous à tort ou non comme maître de toutes passions, refusait de se conjuguer lorsqu'il s'agissait de moi ? Comment savoir où commencer, ce sentiment m'étant inconnu ? Aimer. Voilà un art pur qui m'échappait avec une adresse merveilleuse. Telle qu'il m'arrivait parfois d'en rire jaune et de grimacer noir. Ce devait être cette pureté qui me manquait. Sûrement. Très certainement, même.
N'empêche, ceux qui avaient la chance de goûter à ce fruit interdit devaient être bien heureux, non ? Qui savait, en vérité... Je devais être le dernier à avoir réponse à cette question, comme j'avais souvent été dernier en ce qui concernait les sentiments. Ce devait être très probablement l'une de ces interrogations-là que tous les hommes s'essaient à comprendre un jour, à déchiffrer et à expérimenter enfin pour en sortir le coeur net. Mais le coeur n'en ressortait jamais... jamais tout à fait "net". Il arborait forcément une entaille ou deux, au terme. Et pourtant, tout le monde prétendait qu'aimer n'était pas chose simple, tout le monde en était donc dès lors avisé. Tout pouvait nous être arraché si vite, si injustement. Le périple en valait-il, finalement le coup ?

Une grimace d'agacement déforma mes traits. Après recalcule j'avais en tout et pour tout, tenu trois semaines. Ainsi, en dehors de mes propres ressentiments et de ma notion du temps erronée par ceux-ci, je n'avais pas supporté aussi longtemps que je l'aurais voulu, le poids de son absence. Je me maudissais de paraître aussi faible. De sembler dépendre de quelqu'un ou quelque chose alors que je n'en avais plus le droit. Ce n'était pas tant l'image contradictoire que je risquais de projeter aux autres... Non, loin de là, mais c'était une corde bien plus délicate que je frôlais plus le temps passait. Celle de la déception. Pure et dure. J'étais, en fait, comme une roche volcanique.Le basalte, tenez. Bien sombre, microlitique, de sorte à ce qu'on ne puisse en rien distinguer nul matériau, seulement des tâches imparfaites. Et je m'effritais, proportionnellement à mon estime de moi-même qui s'envolait en miettes. Je n'étais plus ce "moi-même" depuis que Pavel était parti. Je m'étais perdu. Oublié. Châtié sans l'aide de personne, et elle... Blossom. Avait-elle été finalement pour moi ce que l'on appelle un signe du destin, cette lumière que l'on aperçoit au bout du fil ? De ces choses un peu saugrenues que nous, scientifiques dans l'âmes ne pouvions nous résoudre à admettre car cela défiait de façon indécente toute raison. Ma rencontre, la première, avec elle et ce qu'elle m'avait dit ce jour là, tout résonnait en moi comme si c'était hier, comme si aucune de ces années ne s'étaient écoulées, comme si ni elle ni moi n'avions grandi. Je ne connaissais pas Pavel à l'époque. Je ne connaissais personne, ni même elle. Son prénom me revenait aujourd'hui flou, brouillé, tordu par les mots et les maux qu'ils faisaient tonner dans mon esprit, et dans mon cœur. Chaque cellule de mon corps me hurlaient ses mots noyés de sanglots. Et après tout ce temps, j'étais incapable de la prendre dans mes bras sans en ressentir la brûlure de ses larmes s'écrasant sur ma peau et mes habits. Je ne pouvais pas non plus à l'époque me permettre de la considérer comme une amie, car je ne fonctionnais pas ainsi, pas plus qu'aujourd'hui. En ces temps là, mes relations ne s'établissaient qu'à deux échelles et elles suffisaient à chaque fois : les personnes que je ne distinguerais jamais des autres, et celles que je distinguerais seulement pour mon propre divertissement, plaisir et volupté infantile. Des proies, en définitif, serait perceptiblement un terme abordable bien qu'en de nombreux aspects péjoratifs. Il y avait donc deux listes, deux encres, guère moins, et certainement pas plus. La liste noire, et la liste rouge. Les ennemis et les proies. Je me remémore maintenant que cette fillette aux cheveux écarlates n'avait accepté de s'inscrire dans aucune des listes. À mes yeux d'enfant, elle aurait dû être une proie. Il ne pouvait y avoir d'autre choix, autrement quoi ? Pourquoi Diable son fichu singe - ou avait-ce été un ours ? Peu importe ! - brun avait-il décidé de se perdre ce jour là, et de m'atteindre moi ? Quelle folie m'avait temporairement habité pour que j'éprouve ne serait-ce qu'un instant le désir de l'aider, de retrouver son bien, sécher ainsi ses larmes, rendre justice à la beauté de ses traits et calmer ses tremblements ? Comment expliquer que... la sentir se blottir contre moi, se laisser envahir par la sérénité, m'avait comblé de paix à cet instant précis à mon tour ? Je n'en demandais pourtant pas beaucoup. Aucune reconnaissance. Si tant est que retrouver l'éclat de son sourire n'en était pas une. Ses cheveux rouges avaient été la première chose m'ayant interpellé chez elle, mais également la première chose que j'avais haï. Ils avaient osé voler la vivacité du reflet de la joie sur ses traits, ce jour là. Ils avaient profité de la tristesse de leur hôtesse pour lui faire de l'ombre, et continuer à flamber tandis que les larmes coulaient sur sa peau immaculée, pâlissant à vue d'œil, ne semblant en rien prendre compte de la traîtrise voisine. Le rouge de ses mèches avait été prédominant, à un point tel qu'ils ne m'avaient pas permis de remarquer son malaise dès le début, trop occupé que j'étais à me laisser admirer cette spécificité !
Et voilà ce qu'il m'en a coûté. Je ne savais quel genre de sorcellerie m'avait-elle infligé elle, pour que moi, Dynamo, aurais-je pu ressentir un jour l'envie irrépressible d'être près de quelqu'un, de bannir cette solitude qui ne m'avait jamais déçu. Encore aujourd'hui, la question se pose, car ce désir là demeurait ascendant.

Elle.
Je la détestais autant que je l'appréciais, malgré elle, malgré moi. Existait-il alors une demie mesure au bout du compte, ou était-ce bien la triste réalité ? Je lui en voulais de me priver de tout bon sens lorsqu'elle était là, ledit bon sens qui s'évaporait sans pudeur hors de moi sans que je n'y puisse rien, et en si peu de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Pour y penser, surtout. Car elle avait ce don qui pouvait s'approprier la moindre de mes pensées tout en ignorant la lutte dont je faisais preuve pour l'éviter. Ce bon sens mais également cette capacité à réfléchir, aussi promptement que d'habitude, et à prendre la bonne décision, tout ce qui m'avait en vérité... toujours caractérisé. N'étais-je donc pas un "Riddle" pour une raison bien précise ? ...N'était-elle donc jamais repue de moi ? Et en dépit de tout, je parvenais encore moins à lui en vouloir véritablement d'agir comme elle le faisait. D'être elle-même, de ne pas avoir changé. Auquel cas il était certain que jamais plus je ne lui aurais adressé la parole, je pense. Mais me convaincre de cette soi disant animosité qu'il me devait de ressentir à son égard m'avait paru si simple ! et ce fut par ailleurs le cas. Mais bien que je pus contrôler sans encombre ce sentiment là, celui, davantage encore immuable et sur lequel je n'avais guère contrôle lorsqu'elle le déclenchait à moi, le fait d'être heurté par ses reproches ne me convenait pas le moins du monde. Prétendre qu'elle n'avait rien changé en moi, en sa présence, n'avait également guère posé problème. Mais j'en venais bien souvent à oublier le plus important. Ce qui se passait vraiment dans ma tête et ce qui était en vérité l'opposé même de ce que je voulais devenir en arrivant ici. Elle... Avait réussi à me faire atteindre ce point, cette limite dont je voulais m'entourer, pour oublier tout ce qui m'avait construis plus jeune, et ce qui m'avait détruit. Elle avait d'une part atteint ce point mais l'avait également touché, avait osé ébranler le parfait équilibre. Elle avait été témoin de cette chose, cette part maudite que je hais tant en moi, et cette Flamme représentait aujourd'hui rien de moins que le reflet de tout ce que j'avais décidé de réprimer avant de passer le seuil de cet orphelinat, trois ans plus tôt. Mon passé. Mes remords dont il me fallait me départir au plus vite. Et puis lui.
Je savais pertinemment qu'elle aurait tout fait pour ne pas me renvoyer ces désagréables images, à chaque fois que je posais les yeux sur elle. Je savais davantage qu'elle n'avait jamais été responsable de quoi que ce soit en terme de sa disparition, elle ne l'avait d'ailleurs jamais connu. Tout n'était parti que d'une vulgaire peluche brune qui représentait un joyau à ses yeux. Pourquoi ce joyau-la devait-il donc me de renvoyer l'image de ce qui avait jadis été le mien ? Mon joyau ? Le mien, le seul que je possédais ? Pourquoi personne n'avait été là pour moi, pour le retrouver, calmer les tremblements, les coups de froids, les yeux vides et les lèvres humides ?

Un soupire filtra alors d'entre mes lèvres et mes doigts se refermèrent sans plus grande hésitation sur la poignée de la porte du dortoir. Mes pieds m'avaient finalement mené ici après trois semaines d'absence, et connaissaient toujours l'itinéraire comme jamais. Le battant ne tarda pas à s'ouvrir violemment malgré moi, et bien que mes yeux se lancèrent instantanément à la recherche d'une fenêtre ouverte, ils n'en rencontrèrent qu'une bien verrouillée. Ne justifiant ainsi en rien la violence dont j'avais fait preuve en ouvrant la porte. Tant pis, elle serait bien trop surprise de me voir pour m'interroger là-dessus. D'un haussement d'épaule désabusé, je reposai finalement ma complète attention sur une Blossom à demi dénudée devant le miroir de sa chambre.

-Charmante, murmurai-je d'une voix dénuée d'émotion. Il n'y avait pas vraiment d'ironie dans le ton, seulement un amusement feint, et peut-être même les germes d'excuses quant à mon manque de nouvelles pendant mon absence. J'avais même été plus ou moins surpris que ces mots viennent de moi après de telles pensées à son égare. Je penchai au contraire ma tête de côté pour la jauger plus attentivement, me surprenant d'autant plus.
Il était clair qu'elle était très belle. Et vraiment... Oh, mais à quoi pensais-je ? Alors qu'une série de scénarios m'assaillaient d'un coup concernant la singularité de la situation, je me forçai à détourner promptement les yeux de ses frêles épaules avant que je ne perde le contrôle et, que sais-je... Fasse quelque chose de regrettable ? Enfin.
Le visage de nouveau fermé et les lèvres pincées, mes iris glissèrent à nouveau vers la fenêtre. Depuis quand l'air était-il si étouffant ? Je rejoignis alors en quelques enjambées le fond de la chambre, mes doigts rencontrant ainsi le verrou du cadran pour ouvrir la fenêtre en grand, laissant de cette manière le loisir aux rayons de lune de se faufiler dans la pièce, et redorer sans doute les meubles et le sol d'éclats nacrés. Mes doigts plongèrent alors instinctivement au fond de ma poche, au moment même où l'air me caressait la nuque, s'enroulant alors autour d'un vieux briquet dont il m'avait pourtant semblé avoir perdu depuis une semaine. Un geste identique vers ma seconde poche m'informa que le reste n'y était pas. Merveilleux.

-T'as une cigarette ?

J'avais lâché ses mots sans politesse, alors que je m'efforçais continuellement d'en faire preuve. Intérieurement, je me doutais bien qu'elle le prendrait mal, tout comme ne digérerait pas le fait que je soulève ainsi le voile de son intimité. Mais qu'importe, au fond ? Qu'elle refuse d'accéder ou pas à ma demande, je savais très bien ce qu'elle allait répondre. Et de ce fait, tout en prononçant ces derniers mots, j'entrepris de faire lentement volte face, la retrouvant au même endroit et pour le moment immobile, me lançant un regard qui en disait long sur ce qui allait suivre... Quoi qu'il en soit, réalité des choses ou non, je demeurais incapable de déterminer avec précision.
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Sujet: Re: Rather than love, than money, than faith, than fame, than fairness... give me truth. இ Blossom Mar 13 Aoû - 2:09

» Abused patience turns to fury.

Le coude reposant sur le rebord de la fenêtre, une jeune adolescente portait sur le ciel un regard méprisant, hautain. Depuis quand est-elle supérieur à la Nature, l’allégorie même de la perfection ? Depuis que cette Nature refuse d’influencer le Destin, d’aider Blossom à vivre de nouveau, à ressentir autre chose que la douleur. Là ne sont point des mots qui font une chaîne destinée à encercler le cou de la jeune fille, de la trainer dans la boue, communément nommée pitié. Car si elle déteste quelque chose, sans compter les milliers de choses qu’elle pourrait citer, il y a bien ces personnes qui attisent la pitié.
Quelle bande de vils, de sots.
Les étoiles ne brillent pas comme il y a un mois. Depuis, Blossom n’a plus reposé son regard sur la voûte céleste. Celle-ci semblait plus philosophique. Il y a un mois, approximativement. Tout a changé depuis. Même le fameux carnet de la Word, là où se déverse, en même temps que l’encre du stylo, toute l’inspiration de l’adolescente, toute sa poésie ainsi que toute sa philosophie. Sa bizarrerie aussi, cette sorte de caractéristique étant sienne. Ces paroles de chansons, ces répliques d’auteurs, cet enchevêtrement d’illusions tenaces, de récits soutenus ou vulgaires. Ses craintes, mais aussi et surtout ses fantasmes font partie intégrante de ce cahier auquel elle ajoutait des dizaines de pages.
Cahier qu’elle tient depuis deux ans et qui connait, depuis autant de temps, son premier mois sans le moindre nouvel écrit. Avant cela, Blossom écrivait au moins une fois par jour.
Tss. Même en présence de ses anciennes muses, elle n’y parvient plus. Sa réelle muse a disparu. Mais, depuis quand diable une muse peut-elle être de sexe masculin ? Et depuis quand une muse peut traîner à ses pieds l’adjectif lié au mystère et à la noirceur ? Eh bien, simplement depuis que celle qui l’invoque est Blossom. Une Blossom en manque, visiblement. Manque de quoi ? Drogue ? Non. Sexe ? Non plus. Juste... Lui. C’est une addiction plus forte que celle de la drogue, la détentrice de la chevelure flamboyante est bien placée pour le savoir. Cependant, le fait de savoir que l’on manque d’un je ne sais quoi, d’une sorte de tout, d’une âme vagabonde et d’un esprit en peine, c’est affreux. En manque de... De quelqu’un qui a dû oublier jusqu’à notre existence.

La cigarette coincée entre deux de ses doigts se consume doucement, se meurt en ne laissant qu’une trainée de fumée envahir la gorge de la jeune fille, inonder ses poumons. Sur une chanson de Plumb, Blossom semble s’enfoncer dans une faille du ciel, y perdre sa clairvoyance, son humanité toute entière.
La cigarette devint mégot. Les doigts libérés retrouvent rapidement un autre objet cylindrique. La flamme du briquet se ravive et de nouveau la fumée monte dans le ciel, s’y perd et y rejoint peut-être l’esprit troublé et confus de la demoiselle. Elle se demande pourquoi même la lune perd son attitude royale, pourquoi les étoiles se départissent de leur éclat princier. Tour est contre elle, à priori.
Tout est avec lui. Lui qui doit bien s’en foutre de Blossom.
Elle pose des questions silencieuses et ne trouve nulle réponse. Elle les cherche dans l’infinité céleste, sombre et affreusement morbide en cette nuit fraîche. Elle aimerait le voir. Elle aimerait se perdre dans ses bras, se retrouver dans ses yeux, cesser de réfléchir, simplement savourer le moment passé avec lui. Tant de choses qu’elle aimerait faire, tant de mots qu’elle aimerait lui dire, tant d’émotions nourries à son égard, tant de belles pensées dirigées vers lui ; autant de choses qu’il ne saura jamais. Il en dépend d’une pseudo-réputation qui ne l’a jamais leurré, lui.

Elle méprise le monde, exerce l’humanité, les sentiments. Mais elle ne s’apitoie pas sur son sort, ne déverse guère une averse de pitié sur ceux que son cerveau identifie. Elle ne prend pas non plus une quelconque lame pour s’entailler les veines.
Un corps meurtri ne pourra jamais lui faire oublier un esprit qui se meurt. Quoi que, la vue de son corps meurtri à lui aurait un effet autre sur l’adolescente ; elle ne souffrirait plus de son esprit agonisant car ce-dernier cédera, à jamais se brisera, ne sera hanté que par la vue affreusement déstabilisante de ce corps. N’empêche, le sujet n’est pas là.
Elle pourrait essayer de verser son sang. Elle pourrait, bien sûr. Sauf que son intention n’est ni de mourir, ni d’attiser de l’attention, ni, de décevoir celui pour lequel elle... Oh, non, elle n’y pensera pas.
Hors de question.
Et puis, Blossom déprime peut-être mais elle n’est pas dépressive. Pas pour si peu. Pas pour lui.
Peu ? Lui ? Mouais. Elle aimerait.
Oui, elle n’est pas dépressive. Mais la question est, pourrait-elle le devenir ? La réponse est clairement oui.
Que lui reste-t-il, dans ce cas ? Se griser l’esprit, se pourrir les poumons et se perdre dans l’infinité d’un ciel qu’elle juge ce soir comme incapable de comprendre sa profonde douleur. Une douleur si intense, si vivace, si invivable. Le ciel ne l’absorbe pas, cette souffrance, ne fait que l’accentuer au lieu de l’atténuer comme elle l’espérait.
Elle sentit ses yeux la piquer. Nous mettrons cela sur le compte de la cigarette, bien qu’il soit exclu que seulement aujourd’hui la fumée la gêne. Elle cligna des yeux et expira un nuage grisâtre avant de fermer la fenêtre.

Dans son lit, elle se tourne, se retourne, se débat avec ses draps et finit recroquevillée, à peine couverte, les poings serrés, les yeux grands ouverts.
Son image la hante. Sa voix résonne encore à ses oreilles, ses mains parcourent encore son dos dans son souvenir. Ce souvenir qu’elle a de lui, debout et la gardant près de son cœur, deux années avant. Pourquoi. Pourquoi n’est-il pas là ? Pourquoi ne le voit-elle plus ? Non. Pourquoi lui ne la voit-il plus ? Quand est-ce qu’ils s’étaient éloignés ? Lorsqu’il cessa de venir la voir ? Peut-être était-elle celle qui a coupé les ponts, après tout.
Qu’importe, le résultat est le même.

Plusieurs fois, leurs regards se sont croisés dans les couloirs. Jamais, pourtant, leurs yeux ne se sont réellement cherchés, ne se sont réellement trouvés.
Trois semaines. Presque. Vingt-et-un jours. Presque.
Elle déglutit. Veut crier. Non.
Elle ferme les yeux. Fort. Son image la submerge. Ce sourire, non, ces lèvres. Bon Dieu, elle se sent si mal, si près de la souffrance éternellement mortelle. Comment osait-il ainsi la laisser sans nouvelles ? Tout ce qu’elle sait c’est qu’il est en vie, mais s’il avait pu la priver de sa vue, s’il avait pu l’empêcher de savoir qu’au moins physiquement, il allait bien, il l’aurait fait.
Elle le déteste pour cela.
Elle se replia encore un peu plus sur elle-même. Son ventre lui fait désormais mal et une migraine ne tarde pas à venir troubler ses réflexions, submergeant son manque sans toutefois le noyer, car encore une fois, nulle douleur physique ne surpasse celle qui l’assaillit mentalement.
Sa colocataire étant absente, Blossom se permet le caprice de l’individualisme. Pas assez, cependant, pour ne pas se demander pourquoi elle n’était pas allée le voir.
Car oui, elle aurait plus d’estime pour sa personne, elle ne se demanderait pas pourquoi elle n’était pas allée le voir d’elle-même.

L’espoir. Cette chose qui demeure omniprésente, qui ôte toute humanité de la jeune fille. Elle espère qu’il sache qu’elle existe lorsqu’elle ne l’incombe pas de sa présence. Elle espère qu’il pense à elle. Pas toujours, juste quelques fois. Alors même que ses pensées sont que trop souvent dirigées vers lui, elle n’en demande qu’un peu, certainement pas l’équivalent. Elle lutte intérieurement pour cesser de croire qu’autre chose que cette attache du présent les unit.
Elle l’avait revu, le jour de sa venue ici, et...
Tout s’enchaîne dans son esprit, elle repense à chaque esquisse de geste, chaque parole. Elle revoir le petit garçon, revoir sa mère, son père, leurs morts, sa solitude, encore lui, Crow. Elle s’endormit sur une affreuse, mais ô combien apaisante image de corbeau. Message des mœurs et peurs.

Son rêve n’est composé que d’un ciel gris s’effondrant sur une grille du même temps. Elle est là. Il l’est aussi. Du mauvais coté en l’occurrence. Dans ce rêve, cet emboitement de peurs, ce cauchemar donc, il lui dit tout le mal qu’il pense d’elle. Face à lui, elle se demande une seconde pourquoi fait-il ça. Mais bien vite, elle s’accroupit et se prend la tête entre les mains. Elle est sur le point de pleurer. Mais elle lui murmure juste d’arrêter.
Elle le supplie.
Il rit.
Elle crie.
Il rit plus fort.
Elle est perdue.
Jamais il ne lui sembla si... Si peu perdu. Si confiant.
Monstre. Pas lui ; elle. Elle qui souffre. Elle qui est naïve. Elle la victime d’humanité, elle la sotte, elle la vile, elle la non-désirée, elle la rejetée.

Elle se réveille en sursaut et, ainsi habillée d’un shorty et d’un débardeur, elle alla contempler son reflet.
Il ne voit que l’idiote, la faible. C’est horrible.
La porte s’ouvre brusquement. Blossom se fige. Son cœur oublie comment battre, ses yeux ne voient plus, son cerveau cesse de distribuer du sang aux organes vitaux. Elle se sent mourir.
Et revivre. Surtout revivre en fait.
Elle a le souffle court. Elle est si heureuse de le voir. Si surprise aussi. Oh et tellement énervée de revoir ce visage si... Si rien du tout !
Il murmure un mot. Un simple adjectif. Du cynisme, peut-être. Une moquerie terriblement blessante. Peut-être un reproche pour lui signifier qu’elle n’est certainement pas en tenue correcte.
Mais c’est lui qui est survenu. Elle n’a jamais rien demandé.
Bien sûr.
Elle ne répond rien, ne fait pas confiance à sa voix. Elle se contente de laisser ses prunelles brunes se baigner dans un puits de splendeur humaine. Ce n’est pas le plus beau, mais il est tellement... Oh, elle le déteste, le hait, ressent tellement de... De joie. Autant appeler un chat un chat, sérieusement.
La tête penchée sur le coté, les yeux rivés sur la demoiselle, il ne sembla pas le moins désabusé de rentrer dans « sa » chambre, de littéralement la...  La «  mater », si je puis me permettre.
Arf, quel bel enfoiré ! Surtout beau.
Il traverse la chambre, le regard de Blossom sur lui et ouvre la fenêtre. Les rayons lunaires baignent la pièce, épargnent l’adolescente. Elle ne réagit pas, ne le regarde même pas mal. Elle ne se demande pas si elle rêve. Non, elle est indifférente à toute cette situation. Elle ne se demande même pas à quoi il pensait en la regardant de la sorte. Non, elle s’en fiche. Extérieurement du moins, car intérieurement, elle est déchirée, brisée, baignant dans une utopie avec une énorme horloge au-dessus.
Bonheur éphémère. Tellement éphémère. Mais si succulent, si délicieux, si idyllique.
Il bouge. Que fait-il ? Oh. Il parle. Quel manque flagrant de politesse, quelle étroitesse de vocabulaire. L’esprit Word de la demoiselle se renfrogne face à si peu de savoir-faire. Elle répugnerait presque de ce brun.
Il se tourne vers elle. Il n’aurait jamais dû. C’est le geste de trop.
Il rencontre le regard profond et perdu de la demoiselle qui, d’un coup, s’allume d’une flamme d’irritation que tout l’encre du monde ne saurait mieux décrire que le reflet qu’elle est seule à voir dans les yeux de Dynamo.

« Dégage abruti. »

Bon choix de mots. Vraiment.
Elle crache presque ces quelques lettres à la figure du bel homme. Qu’il s’en aille d’ici, qu’il se retire de sa vie. Qu’il dégage en somme.
Elle approche d’un pas décidé et ferme violemment la fenêtre. Elle se tourne vers lui, le défie de s’opposer à sa décision.
Il veut une cigarette ?
Pauvre abruti, je les ai toutes fumées tout à l’heure. Parce que tu me manquais, qu’introduire cette nicotine en moi m’apaisait… Enfin, je voulais qu’elle m’apaise surtout.
Elle lui arrache littéralement le briquet des mains et l’envoie valser contre la porte s’étant refermée.

« Tu n’es pas le bienvenu. Va-t-en. Je ne veux plus te voir. »

Plus ? La demoiselle a réussit à utiliser le « pas » en début de phrase, mais le « plus » l’a rattrapée.
Elle se mord la lèvre inférieure. Méchamment. Elle a mal maintenant. Mais la douleur physique est tellement moindre. Tellement...
Elle regarde l’armoire. Devrait-elle s’habiller un peu mieux ? Enfiler un t-shirt.
Oh mais qu’il aille donc se faire voir.
Elle le regarde de nouveau. Son regard exprime toujours de la colère, mais la culpabilité prend le dessus.

Il l’a oubliée. Ne l’a jamais réellement connue. Ce rêve est si présent que Blossom s’accroupit de nouveau, reprend sa tête entre les mains.
Dans un accès de désespoir, d’une blessure profonde, d’une peine sans remède, elle se redresse et va faire tambouriner ses poings sur le torse de Dynamo. Elle s’agite tellement qu’il ne peut voir son visage ; elle le fait reculer, mais elle perd le contrôle, cesse ses bêtises lorsque le jeune homme est près du lit. Là, seulement là, la fenêtre se rouvre suite à une bourrasque de vent, Blossom en frisonne de surprise et de froid, lève le visage vers lui et les rayons lunaires inondent son visage trempé de larmes. Elle recule soudainement et essuie son visage. Le regard qu’elle braque sur le brun est juste... Désolé. Il sous-entend clairement qu’elle s’excuse. Mais de quoi ? Et surtout, pourquoi ?

« Va te faire foutre, Crow. J’ai plus de cigarettes, alors pars… S’il te plaît. Arrête maintenant, tu... Tu m’as abandonnée. Et je te retrouve et t’accueille avec des larmes. »

Deux tons dans cette phrase : le premier irrité se tait avec le « s’il te plaît » murmuré, suppliant.
Faible. Sotte. Vile.
Sa voix tremble, tressaute.
Elle se sent tellement conne.
Elle s’approche de Dynamo, le regarde longtemps puis, sans prévenir, abat sa main sur sa joue, lui assénant une violente gifle.

« Dis-le ! Dis-le que je ne suis qu’une conne pleurnicharde ! Dis-le bordel, dis que je suis insignifiante à tes yeux ! »

Elle le regarde, encore, sans s’excuser, l’insultant avec ses yeux.
Tout ce chemin pour une cigarette. Vraiment.
Elle attend une réponse, une réaction. Entre temps, elle se demande ce qu’elle ferait s’il part, là, tout de suite.
Elle irait voir un garçon plus âgé qu’elle connait bien. Il la fera boire, ils partageront quelques joints... Et elle se remettra à déprimer. Elle cessera de vivre. Elle le reverra, lui, avec son regard, ses cheveux, sa posture. En bonne compagnie peut-être. Son regard se pose naturellement sur une peluche dans un coin de son lit. Tant de souvenirs.
Délicieux ou affreux ? Que ressent-elle pour Dynamo ? Et lui, alors ?
Elle ne le déteste pas. Oh que non. Elle l’apprécie tellement.
Il lui a tellement manqué. Tellement qu’elle aurait cédé le lendemain même en allant le voir.
Elle veut se sentir à l’abri, en sécurité, dans ses bras, tout contre lui. Autant de pensées que de mots qui ne parviennent à atteindre Dynamo. Mais il l’entend peut-être.
Après tout, Crow l’entend toujours.
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