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 Sur mon cachier, il y a des grenouilles vertes.

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Sujet: Sur mon cachier, il y a des grenouilles vertes. Mer 12 Juin - 23:49

(ceci est un journal qui se retrouvera dans le topic des chambres. il n'attend pas de reponse. ce sont des memoires pour faire avancer morphée dans l'aventure :B)




*

J'ai ré-ouvert l'album photo. Il reste de la place entre les sourires, je crois que je peux me confesser ici. Ce cahier est à moi, alors j'imagine que ce n'est pas trop grave si je dessine un peu dans un coin. Grand père ne serait pas triste, Grand-mère me gronderait dessus, mais vu qu'ils ne sont plus là.
Tu sais, photographie de Grand-mère, c'est dure de vivre. Oui, je sais, il le faut parce que c'est ce que tu aurais voulu, mais, toi tu es morte et moi, moi je suis une morte-vivante ? Je crois que c'est comme ça qu'on dit quand on n'est plus trop rattachée à la vie. Elle ne me quitte pas vraiment, c'est une métaphore hein. Mais, tu vois, j'ai un peu...plus de mal à lutter. Quand je rentre dans la chambre, j'ai toujours ce soupire qui me dit que j'ai battu une journée de plus contre la terre entière. Je n'ai pas de problème avec les gens hein ! Ne t’inquiète pas, ils sont gentils ici, et pour le peu qu'ils me regardent, cela ne me gène pas. Ce n'est pas spécialement ça le problème.

J'ai l'habitude d'être un papier peint. On a eu une vie banale avec Grand-père, donc dans la banalité, je reste et resterai..C'est un peu dur d’écrire ses sentiments sur du papier. Ma main tremble, je crois que mon corps ne veut pas que j’écrive ce que je ressens. Cette chose que je ressens, pour le peu que je ressente quelque chose. Tu sais, des fois, je repense à nos pic niques sur la plage ou devant la boulangerie. Je me rappelle du sourire de Grand-père et du tien avec tes petits gâteaux et, c'est bizarre...mais...ça fait mal. Tu vois. Penser à toi, à vous, à nous. C'est comme si le bonheur faisait encore plus mal que quand vous étiez là. Les souvenirs ne sont pas fait pour être retenus trop longtemps. Sinon on explose. Sinon on se fait dévorer et on devient un légume.

J'ai peur d'être un légume plus que de la mort. Je ne veux pas être un légume mais, quand je vais mal je pense à toi. Et quand je pense à toi et que je me regarde, j'ai envie de pleurer. Je ne sais pas si c'est du chagrin ou si c'est tout simplement parce que j’abandonne quelque part. Tu sais, je prie souvent pour vous. Je ne sais pas si le paradis est remplit de jolie fleur jaune. Je le souhaite. C'est beau de vous imaginez avec des papillons, dansant sur du jazz, Grand-père avec son éternelle sourire.
Et je vous regarde, regarde danser, dans une robe blanche sur un banc. Vous êtes si beaux. Toujours, vous dansez et moi je vous regarde.
Et mes joues se transforment en fontaine, et vous devenez des silhouettes floues. Mais toujours vous dansez, et toujours le jazz résonne sur le petit square blanc.

Mourir fait plus de mal pour les gens qui reste. Vivre est tellement pire. Vous savez, quand je regarde ma balance, je me dis que je suis débile. Mais ce n'est pas moi. Je reste devant et je me dis « Mathilda, tu cherches quoi dans les nombres » mais Mathilda est debile. Mathilda, je te hais parce que je ne suis plus la Mathilda d'avant. Je suis quelqu'un. Je suis un nombre sur une balance.

J'ai toujours voulu porter des robes blanches. J'aime beaucoup mes chevilles. Elles sont jolies et fines et avec une robe blanche, j'ai l'impression d'etre un nuage. J'ai l'impression d'être dans le jardin paradis avec vous. Mais les robes blanches, c'est pour les filles fines.

Et je ne suis pas une fille fine.

Grand-père. Héhé, j'ai gardé ton fusil. Il reste dessous ma couette. On ne sait pas que je le cache. Il n'y a que mes amis les plus proches qui le savent. Tu sais, je me suis faite des amis ici. Et, comment dire, j'ai l'impression qu'on était destiné à se rencontrer. Tu sais, quand tu me racontais comment tu avais rencontrer Grand-mère ? J'ai l'impression que c'est la même chose. Quand ils sont autour de moi, je suis Mathilda. Pas Morphée.

C'est dans mes rêves qu'on est liée.
On est dans des pyjamas et je sais voler.
Alors je me dis que il reste peut être un espoir et que peut être je porterai une robe blanche avec eux. Ils ne comprendront sans doute pas que ça sera un grand pas pour moi, mais je n'ai pas peur.
Avec eux je n'ai pas peur, tu vois. Comme quand j'étais chez nous. Comme quand je courrais sur la plage en hurlant contre la mer ou quand je fixais le ciel.

Ils sont mon ciel, ils sont ma mer.
On est liée et je leur dois tellement tout, si tu savais.

Hier, j'ai fais une hiérarchie sur mon livre de géographie !:B Des gens les plus importants. Tu sais, il y a vous, puis en dessous, j'ai dessiné leur tête ! J'ai eu un peu du mal pour la tête de Rocket parce que ses cheveux sont un peu désordonné mais on le reconnaît assez.
Je vais le coller ici et après j'irai me coucher.


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Sujet: Re: Sur mon cachier, il y a des grenouilles vertes. Lun 1 Juil - 22:24





*
J'ai tracé des cercles, entre mes doigts et contre les paumes de mes mains. Des arabesques, des triangles et des pointillées violets. J'ai décidé de continuer, parce que j'ai toujours eu une théorie un peu floue sur les limites des gens.

Quand je pense à quelque chose de très fort, il n'arrive jamais. Pas parce que je n'y pense pas assez fort mais parce que des l'instant où je me mets à convoiter quelque chose, cela devient une impossibilité. Je n'ai pas choisi d'avoir des amis, ceci est mon exemple. Quand j'étais petite, je ne savais pas ce que représentait un cercle d'ami. J'avais mon cercle familiale, mon cercle de plante, mon cercle de gâteaux aux pommes mais jamais je n'avais de cercle d'amis. Du coup, je ne savais pas ce à quoi représentait le terme  « amitié ». C'était un terme flou et même avec un dictionnaire, je n'y arrivais pas. Voilà pourquoi je n'ai jamais pu souhaiter des amis : parce que je ne savais pas ce que cela était.

Alors je peux me dire que dans un sens, ils sont arrivés de leur propre chef. Avec leurs petites manies et leur sourire en coin, leurs doigts qui se lient et leurs câlins. Je n'ai jamais demandé d'amis. Ils se sont installés dans mon cercle. Dans un cercle nouveau qui n'avait jusqu'alors pas de noms. Comme celui que l'on fait avec les personnes qu'on rencontre dans la rue. Le cercle des inconnus.
J'étais inconnue, ils étaient inconnus.

Ils ont planté leur tente, allumés un feu et ont dansé dans mon cercle. Je ne regardais que leur silhouette, mi fascinée, mi apeurée par la nouvelle sphère qui se construisait dans mon propre cercle. Je n'ai pas parlé de suite. Non. Non, ils sont venus et ils m'ont parlé. J'étais le papier peint, le bois, l'arbre qui regardait les gens danser. Puis je suis devenue quelque chose d'humain, me rapprochant de plus en plus du feu, de leur visage et de leur sourire.
Et je suis rentrée dans mon propre cercle.

Je n'ai jamais pensé à me faire des amis. Parce que quand on pense trop fort à quelque chose, il devient immatériel. Impossible à tenir, retenir.
Alors je suis devenue un cercle.


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