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 Perceval ─This here, this is a talking fish-bone !

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Perceval
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Sujet: Perceval ─This here, this is a talking fish-bone ! Mer 5 Juin - 17:16

R : cette fiche est mienne d'accordqsjfkdh
E : tu as 24h, sinon elle est à moi.




PERCEVAL ■ THEODORE PETERSON


âge : seize ans.
date de naissance : dix mai.
qi : 168.
sexe : masculin pourquoi ?
origine : anglais.
ancienneté : Un an.
manie : dessiner/écrire dans son carnet d'invention.
cheveux : châtain clair.
yeux : vert.
peau : mangée par les tâches de rousseurs.
taille : un mètre soixante-dix.
tatouage/piercing : nope.
corpulence : maigrichon.


Toi, toi tu joues à un p’tit jeu dangereux mon ami ! Réprimer cette sauvage vickinitude dans ce corps... CE SERA PAS SANS CONSÉQUENCE !


PREDEFINI WORD.:.ETUDIANT LITTERATURE EPIQUE DU M-A, ROMAN MEDIEVAL ET CHANSON DE GESTE.:.



J'ai dis un grand gaillard aux biceps en béton armé, du cran et de la gloire à revendre ! Et là, c'que j'ai, c'est rien qu'une crevette qui parle !



Ici c’est Wammy’s House. Imposante bâtisse perdue dans Winchester et dans une campagne anglaise pluvieuse. Mais faut pas croire, c’est plutôt cool. On y trouve pleins de surdoués faisant fonctionner leurs méninges pour perfectionner leurs prédispositions en sport, en sciences, en langues, en lettres ou en altruisme et autres. On a aussi une forêt, une cantine, une salle de jeux, un stade et des grands couloirs pour jouer à cache-cache ou faire de magnifiques glissades. Ouais c’est génial mais bémol. Pour y vivre faut être un orphelin – un bonus si votre famille est morte dans d’atroces souffrances ou que vous en avez bien bavé dans votre enfance avant d’atterrir ici. Ouais, Wammy c’est un orphelinat pour les têtes des quatre coins du monde. Et j’y vis…ou plutôt je tente d’y survivre. Je m’appelle Perceval, raccourci en Percy ou Persil pour les feignants de la salive. En vrai je m’appelle Theodore – merci maman – mais allez comprendre pourquoi le règlement veut qu’on hérite d’un pseudo à partir du moment où on pose un orteil dans cet univers coupé du monde. Faut savoir que dans Wammy on trouve de tout : des filles échappées de Gossip Girl (Caprice), des nymphomanes (Arpège, Lula, Dainty), des geeks (Cancel, Matt), des intellos (Near, Near, Near again), des adeptes de Pokémon (trop nombreux à citer), des enfants (piaillant et sautillant partout), des drogués (trop nombreux aussi), des dealeurs qui vous foutent la peur de votre vie car ils sont englués dans les magouilles (Ember), des populaires dont le simple nom suffit à transformer des filles ou des garçons en cannibales (généralement des nymphos) ou en fans prêts à tout pour avoir juste le privilège de dire avec désinvolture : « Quoi ? Y et X ?! Ouais on est potes. Ils sont trop cools et géniaux ces mecs. » (Holmes, Watson, Mello), des égoïstes loyaux (Hiems), des filles merveilleuses et magnifiques mais trop bien pour toi (Fire), des filles trop choux et aussi douce que la plus douce des friandises (Benzie, Moran), des dépressifs (Ginger), des gays (…une espèce pas du tout en voie de disparition ici)…on manque pas de choix dans notre melting-pot réunissant tous les spécimens de la société humaine…en puissance mille. Car ouais, Wammy c’est davantage un asile qu’un orphelinat.

Et moi ? Je suis dans le nec plus ultra des groupes : celui des tocards et des looseurs…et j’en suis le major. D’accord en choisissant Perceval comme pseudo, j’ai pas mis toutes mes chances de mon côté pour entrer dans la case populaire. Mais depuis que je suis môme j’ai toujours été le comique de service à ses dépens, dont on se moque gentiment ou pas, sur qui on adore faire des blagues vaseuses et qu’on aime voir dans le pétrin. Et je suis trop faible pour pouvoir me défendre. Ma colère quand elle éclate ressemble plus à un minable vent frais qu’à une tornade. Je suis le pigeon de service qu’on aime plumer ou alors c’est parce que j’ai un physique de poire. Je sais pas. En tout cas je suis pas né sous une bonne étoile. J’aurais voulu être un gars marrant et dont l’insolence aurait attiré le monde comme un aimant mais je suis qu’un flan croisé avec une crevette douée de la parole.  

Mais si je suis ici ça veut dire que je suis pas un idiot. Non un idiot je n’en suis pas un. J’ai des tas d’idées qui trottent dans ma tête et fleurissent sur mon carnet d’inventions. J’invente, je dessine, j’écris, je construis…Je voudrais être Rimbaud et Leonard de Vinci – mes modèles – et je sais qu’avec des efforts j’arriverais à atteindre leur cheville mais personne ne le remarque. Mon aqueduc que j’avais entrepris dans l’étang, ma mini catapulte – appelée lance boulettes de papier par Holmes et Watson -, mon dragon mécanisé et mes ébauches de poèmes…ont généralement été raillés, dédaignés ou cassés. Je désespère pas mais faut pas se leurrer, je suis juste bon à faire rire et à faire la corvée devoirs quand bien même je suis pas dans la classe alpha. Même mes amis Caprice, Danger et Marley me demandent de l’aide. Surtout en littérature. Perceval est un looseur…d’ailleurs pourquoi Perceval ? Parce que depuis tout petit j’aime les romans de chevalerie, la légende du Roi Arthur, le Moyen-Age…Remarque en aimant les dragons, Game of Thrones, les romans médiévistes de Ken Follet et Merlin l’Enchanteur, je pense qu’il est difficile d’être surpris si je vous dis que j’adore les cours d’Histoire sur le Moyen-Age et que j’étudie la littérature médiévale. Ouais je vis dans le passé et je suis l’écuyer malingre rêvant de chevalerie et de princesse à courtiser. J’aurais pu choisir de m’appeler Tristan, mais je ne suis pas un garçon sachant séduire la fille de ses rêves. Je suis trop maladroit, trop old-school, trop looseur, trop…moi –pour reprendre les paroles de Holmes. Et puis j’aime bien Perceval parce qu’il a beau être naif et l’idiot de service, c’est un chevalier. Un vrai ayant accompli des exploits et sachant faire preuve de loyauté en toute circonstance.

Je suis Perceval. Le mec vivant dans les histoires de chevalerie, le nez dans ses inventions, regardant en cachette La petite Maison dans la prairie –tout ça parce que môme je suis tombé amoureux de Laura Ingalls – et rêvant juste qu’on le reconnaisse à sa juste valeur.



studieux ■ sarcastique ■ inventif ■ maladroit ■ gentil ■ soumis ■ loyal ■ peureux ■ sociable ■ boulet ■ ironique ■ littéraire ■ malchanceux ■ romantique



-Quelle a été l'erreur d'Harold?
-Euuuh venir à l'entrainement?
-Pas s'faire bouffer?
-Il est jamais là où il devrait être...



Maman.
Maman.
Maman.
MAMAN.
MAMAN.
MAMAAAAAAAAAAAAAAAAN.
Maman continue d'appeler sa petite voix de môme alors que son nez dégouline de morve et que son corps maigrichon est secoué de sanglots. Mais il est seul. Toujours seul dans ce pauvre petit appartement exsangue et paumé dans un quartier oublié et crasseux de Londres. Il tape frénétiquement du pied par terre dans l'espoir de rappeler cette mère inconsciente qu'il aime de tout son petit cœur d'enfant. Il hurle à la mort, sa gorge s'obstruant parfois alors que les larmes ruissèlent sur ses joues.
Maman maman, reviens ! Reviens crie-t-il mais maman ne reviendra pas. Mauvaise mère que voilà qui a laissé son enfant attaché au pied de la table de la cuisine pour pouvoir aller tranquillement faire la fête. Dans la pénombre de la maison…il ne s’est jamais aussi senti misérable qu’en cet instant. Recroquevillé sur lui-même, ses mèches châtaines retombant sur son front constellé de taches de rousseur, sa frêle poitrine compressée par le chagrin, il hoquète doucement ne cessant de murmurer vainement ce simple mot. Maman. Mais il n’y a jamais eu de maman Theodore. Elle ne fut qu’un doux fantôme. Une amère illusion dans ta pauvre vie d’enfant.
.::.
Elle est où maman ? Le nez dans la misère alors que les rails de coke glissent sur les tables poisseuses des pièces où elle passe ses nuits. La gorge rauque par les injures hurlées envers une existence morne contre laquelle elle ne tente pas la moindre opposition. Ballottée dans les affres de la misère, maman aime profiter de sa jeunesse. De cette jeunesse qu’elle brule en fêtes, coucheries, alcools et drogues. De cette jeunesse qu’elle dilapide et saccage parce qu’elle est de toute façon incapable de produire quoique ce soit de constructif. Maman n’est qu’une paumée de l’existence, une de ces dizaines d’âmes qui trainent leur carcasse sur les trottoirs de la déchéance sans jamais se remettre en question. Et le petit Théodore dans ses vêtements trop grands est toujours là pour lui rappeler qu’elle ne se sert pas souvent de sa tête. Il est une erreur. L’erreur d’une adolescente qui ne s’est pas bien protéger avec son copain. L’inconscience d’une fille qui a pensé qu’elle pourrait élever ce petit être. Du haut de ses dix-huit ans elle a pensé naïvement qu’elle pourrait sacrifier sa vie pour un gamin alors qu’elle n’était qu’une pauvre gamine paumée refusant de renoncer à ses passions futiles et destructrices.
Maman avait sans doute choisi de le garder pour mieux s’accrocher à la vie. Une vie meilleure que celle qu’elle avait sur le canapé de l’appartement crasseux, puant le père ivrogne à plein nez. Elle pensait qu’il lui amènerait une vie joyeuse et colorée, teintée d’espoir. Et puis de toute façon elle commençait à en avoir marre des taloches du pater, de la cage d’escalier moisie, de cette vie crasseuse. Alors sans remord elle avait volé l’argent cachée dans le petit tiroir, tandis que son père ronflait dans son fauteuil, véritable éponge à alcool.
Jill Peterson n’était pas une mauvaise mère. Elle aimait son fils. Dans ce petit appart perdu dans la jungle londonaise, dans la misère d’âmes déchues, dans le non-sens de l’existence, le petit Theodore avait toujours était la flamme vacillante qui éclairait sa pauvre existence ténébreuse. Elle aimait cet enfant qui accourait dans la maison pour lui montrer ses esquisses rêveuses et grouillant d’inventions. Ebauches d’un cerveau débordant d’imagination. Elle se glissait la nuit sous son lit pour lui raconter des histoires de sa voix rendue rauque par la consommation addictive de cigarette. Elle aimait voir ses yeux pétiller alors qu’il lui racontait à son tour ses histoires, dévoilant un coin de son jardin secret rempli de dragons, de fantasy, de champêtre et de chevalerie. Elle aimait voir ses petits doigts potelés créer et façonner tout un univers rien qu’avec de vulgaires légos. Tout ce qu’il touchait devenait merveilles à ses yeux vitreux. Elle l’aimait. Elle admirait cette flamme tremblotante qu’elle tenait précieusement entre le creux de ses mains.
Jill Peterson n’était pas une mauvaise mère. Elle était juste une enfant de la débauche qui s’était brûlée les doigts en voulant garder entre ses doigts une étincelle trop brillante et lumineuse. Elle n’était pas une mauvaise mère. Juste une ombre trop engluée dans ses vices et qui n’avait pas su concilier instinct maternel et addictions vicieuses. Elle aimait Theodore mais il était trop brillant pour ses pauvres yeux de droguée paumée.

.::.

Theodore était un de ces mômes chétif et malingre. Le visage mangé par les taches de rousseurs. Les yeux verts candides et brillants d’un besoin avide de reconnaissance. La démarche gauche. Il traînait des pieds dans les couloirs et la cour de son école maternelle. Il griffonnait, dessinait et inventait dans son coin. Emprisonné dans un doux cocon où son esprit vif échafaudait des constructions et des expériences incroyables, à coup de légos et de gros cubes en plastique. Il était bizarre. Le nez en l’air. Un enthousiasme excessif quand il découvrait quelque chose d’incroyable. Il savait lire et avait une certaine aisance pour les travaux manuels. Mais il n’écoutait rien et ne faisait jamais ce que l’on attendait de lui. Il était trop en avance, trop dans son monde, trop lui. Du coup il devenait le pauvre bouffon de la classe. Et les enfants, fidèles à leur caractère, firent preuve de cruauté avec un plaisir délectable envers le petit Theodore. De leurs petites mains hésitantes, ils tracèrent des gribouillis mauvais sur des étiquettes qu’ils collèrent avec joie sur le front du pauvre Théodore.
Boulet. Idiot. Bêta. Sale vilain. Crétin. Tête en l’air. Moche. Poltron. Peureux. Porcinet.
L’imagination des enfants ne manquent jamais d’idées quand il s’agit de faire preuve de cruauté. Theodore était gentil. Theodore voulait juste des amis. Theodore voulait juste de l’amour. Theodore fut seul. Theodore fut le dindon de la farce dans les jeux. Theodore reçut plein de quolibets. Theodore vit son précieux carnet d’invention – le tout premier  que maman lui avait acheté et sur lequel il avait dessiné un bateau volant, « très très compliqué avec tous pleins d’avancés teknikologiques », pour partir au Pays Imaginaire – se noyer dans l’eau des toilettes. Theodore chercha trop souvent ses affaires. Theodore n’était jamais bien accueilli quand le sort le plaçait dans un groupe pour une activité quelconque.
La seule consolation de Theodore c’était quand maman venait le chercher. Gentille maman qui l’emmenait prendre une glace, lui témoignait de la tendresse et lui offrait des cadeaux. Oui c’était toujours une délivrance de voir maman arriver dans la classe pour venir le chercher. Ses yeux fatigués, sa voix éraillée, ses mouvements nerveux.  Maman était  la meilleure maman du monde. Quand elle ne l’oubliait pas à la maternelle. Quand elle ne le secouait pas comme un prunier en l’agonisant d’insultes parce qu’elle avait eu une dure journée ou qu’elle n’avait pas eu sa dose du mois. Quand elle ne voulait pas retrouver sa liberté paumée de jeunesse et oublier ses responsabilités de mère. Quand elle n’était pas comme ça, maman était la plus merveilleuse. 
Il avait tant d’amour à donner, tant de gentillesse à offrir, tant de pardon à accorder. Adorable petit Theodore. Pauvre enfant qui offrait un grand sourire à la maison à sa maman, ses mèches châtaines en bataille, flottant dans ses vêtements trop larges, un grand sourire édenté alors qu’elle revenait après l’avoir laissé seule pendant des heures. Mais il ne se plaignait pas. Non, il voulait que maman soit fière de lui et l’aime autant qu’il l’aimait. Alors pendant ses absences il gardait la maison ; attendant avec impatience son  retour, tandis que ses petits yeux regardaient les images idylliques de La petite maison dans la prairie. Il rêvait d’avoir une maman aussi douce que Carline, une amoureuse aussi tendre que Laura Ingalls et un père aussi bon et gentil que Charles Ingalls. Ses doigts maigres, enroulés autour de la manette finissaient par connaitre toutes les chaînes et les programmes de jeunesse, zappant et jonglant entre les aventures de Bob l’Eponge, le sourire de Laura Ingalls, le courage de Docteur Quinn et les péripéties de Lady Oscar.  D’autres fois il n’allumait pas la télé, choisissant de lire ses livres d’images pour se retrouver emporté dans l’univers de la chevalerie, de la fantasy  et des légendes médiévales. Parfois il inventait des histoires merveilleuses et délirantes avec ses figurines de chevaliers et de princesses. Le cœur fébrile eau moindre pas et au moindre bruit de serrure annonçant le retour de maman.
.::.
─ Maman, tu vas où ?, demanda Theodore la voix enrouée à cause du rhume.
─ Chez Tony. Il a dit qui y aurait une fête, marmonna-t-elle, cigarette au bec en préparant un vieux  sac élimé sur le lit.
─ Je peux venir ?
─ Non on sera à la campagne. Tu n’aimes pas la campagne, répliqua abruptement Jill en prenant son blouson dans la penderie.
─ Mais…je suis jamais allé à la campagne. Je peux y aller maman ?
─Non ! Non Theodore j’ai dit non, cria sa mère excédée et les yeux exorbités.
Theodore demeura silencieux. La peur tordant son ventre en voyant que sa mère n’était pas comme d’habitude. Il la regarda partir dans le couloir. Le sac traînait sur le sol dans une supplique étrange qui retourna l’estomac de l’enfant. Il courut vers Jill. Il entoura de ses petits bras son corps. Il pleura, cria, supplia.
Non. Non. Ne pars pas maman. Ne pars pas. Ne pars s’il te plait. Maman. Maman ! Maman arrête ! Arrête s’il te plait. Maman t’en vas pas ! T’en vas pas me laisse pas seul ! Maman. MAMAN !!
Mais la porte claqua. Laissant le petit Theodore tout seul dans la nuit sombre et le misérable salon-cuisine de l’appartement. Il pleura, dans de gros sanglots déchirants alors qu’il tapait de ses pieds le lino. Il cria. Il appela. Il pleura.
Deux jours plus tard les pompiers arrivèrent dans la maison et découvrir un spectacle malsain qui ferait le bonheur des curieux avides de faits divers dans les journaux. Ils étaient venus suite aux plaintes de quelques voisins. Ils disaient que c’était un scandale de ne pas faire taire son gamin. Qu’un enfant ne devrait pas crier aussi fort. Et que c’était définitivement pas normal que lorsqu’on tapait sur la porte personne ne venait ouvrir la porte. Non ce n’était pas normal. Il n’avait jamais été normal de retrouver un gamin de cinq ans attaché au pied de la table de la cuisine, nageant dans ses vêtements trop grands et ses excréments. Le visage inondé de larmes.
.::.
Le petit Theodore Petterson fut emmené à l’hôpital où il apparut qu’il était sous-nourrit et avait parfois été victime de maltraitance. On retrouva la trace de Jill Petterson dans une rave, défoncée et hilare. La garde de Theodore lui fut retirée alors qu’elle allait en prison pour un an et recevait un ticket pour une bonne séance de désintox. Theodore fut placé dans un foyer. Il demanda si sa maman pourrait au moins lui rendre visite. On lui promit qu’elle serait autorisée à venir le voir. Elle ne vint jamais.
Pas même pour la fête des mères où le petit Theo n’avait que sept printemps et attendait avec fébrilité l’arrivée de maman pour lui offrir sa grande invention de papier. Un dragon en origami de plusieurs couleurs avec une dédicace tremblotante : Pour la meilleure des mamans. Elle lui avait promis au téléphone qu’elle viendrait. Il l’attendit toute la journée le cœur battant. Ce ne fut que lorsque les portes du foyer se fermèrent et que le gardien fit remarquer qu’il serait en retard pour le diner que Theodore comprit.
Les yeux empli de larmes il se dirigea vers la cuisine où une femme corpulente, brune et rondelette s’affairait avec quelques employés. Leslie Patmore. La cuisinière du foyer. Lorsqu’elle vit Theodore au milieu de la cuisine, elle comprit et l’entraina doucement dans la réserve où l’enfant lui tendit son cadeau d’une voix enrouée.
─Tiens, je te le donne parce que c’est toi ma vraie maman.
Emue, Leslie Patmore le prit dans ses bras. Pleurant avec ce pauvre petit enfant qui déversait enfin un chagrin trop longtemps enfermé dans son petit cœur débordant d’amour pour une mère qui n’en avait jamais été une.
.::.
─Vous êtes sur ?
─Absolument. Ce petit est un génie et possède un QI incroyable.
─Mais…mais que conseillez-vous alors ? Je veux dire Theodore est…a toujours été à part…j’ignorais qu’il pouvait avoir 168 de QI ?!
─Et pourtant les tests l’ont démontré. On pourrait presque remercier cet idiot d’Howard de lui avoir envoyé cette batte de base-ball dans la tête, car sans ça nous n’aurions jamais découvert son potentiel.
─Mais…mais qu’allons-nous faire de lui ? Doit-il rester dans le foyer ?
─Non. Si je suis ici c’est au contraire pour vous proposer de le transférer dans un orphelinat où il s’épanouira pleinement avec d’autres surdoués.
─Et comment s’appelle cet endroit ? Sans être indiscrète.
─Wammy’s House.

.::.


C’était une rencontre du troisième type. Le genre de rencontre qui marque une existence au fer rouge, dans un éclatement psychédélique de couleurs, parce qu’on ne l’a absolument pas vu venir. C’est une de ces rencontres qui vous percute comme ça. En un claquement de doigt BAM ! Dérouté, perdu, sonné le monde a changé et vous êtes comme un idiot. Le chemin a changé. C’est une nouvelle route qui s’étend sous vos yeux et vous n’êtes pas le seul à la prendre. Theodore fit ce jour-là cette rencontre. Rencontre de trois orphelins arrivés en même temps que lui dans la Wammy’s House. Quatre enfants possédant un additionnements de chiffres dépassant la norme intellectuelle. Quatre mômes dont le train de l’existence avait déraillé pour les laisser sur le quai de la gare des Sans Famille. Et il était là tous les quatre, dans ce petit couloir, sur ce petit banc juste à côté du bureau de Moriarty. Assis les uns à côté des autres, ils se regardaient, s’observaient et se découvraient.
Il y avait une petite blonde de treize ans, un appareil dentaire sur ses quenottes enfantines. Elle embaumait la petite bourgeoise. Elle puait l’orgueil. Elle empestait la superficialité. Son petit nez en l’air, une lueur de défi dans ses yeux, elle semblait prête à en découdre avec le monde alors qu’elle tremblait comme une feuille devant l’incertitude de son existence.
Il y avait un garçon noir, à l’aise dans ses baskets, son jean délavés et son tee-shirt Bob Marley. Ecouteurs sur les oreilles, il dodelinait de la tête au rythme lent du reggae que lui crachait son ipod. Sa main dribblait sans conviction sur une balle de tennis. Lunettes vissées sur les oreilles, il était nerveux et dérouté par ce triste imprévu dans sa douce petite vie dont les rouages avaient toujours bien tourné jusqu’à cet instant fatal où tout s’était écroulé, comme un vulgaire château de cartes.
Il y avait ce brun dégingandé à la peau mate. Jeune sportif dont le sang bouillonnait sous l’effet de l’adrénaline et du besoin de friser avec le danger. Il semblait briller d’une aura indescriptible : celle de l’inconscience de la jeunesse. Cette insouciance et cette curiosité frénétiques poussant aux pires folies juste pour sentir pendant un instant l’immortalité couler dans ses veines.
Et Theodore était entre eux. Perdu dans ce nouvel univers. Ses converses raclaient le sol, seul exutoire pour expulser sa gêne et sa peur. Il flottait dans sa chemise et son pull cet enfant maigrichon qui regrettait l’atmosphère du foyer et la douceur de Leslie.
Dehors on entendait les murmures lointains des orphelins dans le parc et les jardins de la Wammy. Ils n’avaient rien en commun ces gamins qui venaient d’endosser une nouvelle identité – un au revoir à leur ancienne existence et leur douloureux passé – et attendaient patiemment qu’on leur fasse visiter leur nouvelle maison.
La blonde lança d’une voix hautaine, faisant rouler les sonorités anglaises avec son accent italien, que le garçon noir l’irritait profondément à dribbler.
─Je fais ce que je veux la bourge. Tu n’as pas à me donner d’ordres t’es pas la Reine du Pakistan.
─La quoi ?
─Ben la Reine du Pakistan. Tu sais celle qui se croit tout permis juste parce qu’elle a une couronne de galette des rois en or sur sa tête.
─C’est la Reine d’Angleterre dont tu veux parler plutôt ?
─Oui surement…ça change pas grand-chose de toute façon.
─T’es bizarre mec.
─Je m’appelle Marley au fait.
─Marley ?! Hahahaha mon Dieu, encore pire que ce que j’imaginais !
─Rigole mais moi au moins je ressemble pas à une voie ferrée Sourire d’Acier !
─C’est Caprice abruti de négro ! Et puis moi au moins je ne m’abaisse pas à écouter ce genre de crotte musicale pour shooters que t’as dans les oreilles !
Excédé, Marley voulu répliquer mais un rire tonitruant les interrompit. Caprice, Marley et Theodore regardèrent avec surprise le jeune garçon à la peau mate tomber du banc sous le coup d’un fou rire incontrôlable. Caprice haussa les sourcils d’incompréhension, lançant un regard vers un Theodore qui n’en menait pas large non plus. Entre deux hoquets le jeune garçon dit :
─Caprice ? Tu t’appelles Caprice ! Mais c’est un nom de caniche ça !
Les joues de l’orgueilleuse italienne s’empourprent alors que Marley éclatait à son tour de rire et que Theodore esquissait un sourire amusé.
─Pas du tout…Je…Ce n’est pas un nom de caniche !
─T’en as le caractère en tout cas.
─Même pas vrai crétino ! Et toi comment tu t’appelles hein ? Au lieu de rire comme une baleine.
─Danger, ptite Capricette.
─Ne m’appelle pas Capricette !
─Tu préfères Riri peut-être ? Comme Fifi et Sousou ?
─Toi la ferme l’écorcheur de noms ! Et c’est quoi ton nom à toi au fait ?
Theodore sursauta, la bouche entre ouverte alors que la voix impérieuse et furieuse de Caprice résonnait encore dans ses oreilles. Il avala sa salive, hésitant à balbutier son nouveau nom. D’une voix hésitante il révéla sa nouvelle identité.
─T..Perceval. Je m’appelle Perceval.
Un silence plana dans le couloir avant que Marley et Danger partent dans une nouvelle hilarité, suivi du rire maniéré de Caprice.
─Non sérieux ?! Ah mais c’est totalement ridicule.
─J’aurais jamais cru que tu prendrais le même nom que ce chevalier idiot.
─Mec mais comment t’as pu ? Comme ça craint !
Perceval marmonna, se justifia, s’énerva lamentablement alors que Danger le taquinait. Marley et Caprice se disputaient et se mêlaient à la conversation entre les deux jeunes garçons. Et c’était ainsi qu’avait débuté leur amitié.
La bourge prétentieuse. Le rasta déformant les expressions et les mots. Le casse-cou. L’inventeur boulet.
Ils n’étaient pas fait pour s’entendre au départ…et pourtant.
.::.

Perceval c’est trop un boulet. Il est toujours le nez dans les livres sur la période médiévale. Engloutissant romans, études, essais et autres bouquins barbants. Il fantasme en secret sur Laura Ingalls et, hormis Game of Thrones, il enchaine les séries pourries qu’il cache sous son lit. Il invente des trucs totalement stupides qui font rire le monde entier par leur inutilité ou leur non-sens. Perceval c’est le tocard of the universe sur qui on adore faire des blagues qui font rire tout le monde sauf le concerné. Les enfants l’adorent car il sera toujours le squaw attaché à la chaise qu’on se prépare à scalper, le constructeur de cabane, l’esclave des caprices des chérubins. Le reste du monde l’adore car ils peuvent lui imposer des paris stupides, en faire le bouffon de l’orphelinat, le pigeon à plumer, le faiseur de devoirs. Perceval on rit et on se moque de lui parce que c’est un grand maladroit doublé d’une incroyable malchance. Perceval on adore lui sortir des répliques de Kamelott car on le compare à l’autre boulet de la série. Perceval on aime l’appeler Percy ou Persil. Perceval c’est le gars populaire grâce à sa boulétitude.
Oui au fond rien a changé pour Perceval. Il est toujours le dindon de la farce et le bouffon qu’on ne veut pas avoir dans son groupe scolaire ou dans son équipe car il sert absolument à rien. Tout juste bon à faire vos devoirs et à vous amuser. Rien a changé sur ce point-là depuis qu’il est à Wammy’s House. Et pourtant. Depuis qu’il est dans l’orphelinat…Perceval n’est plus seul. Il a Caprice, Danger et Marley, piliers de son monde. Il a rencontré l’adorable Benziodazépine, la fascinante Fire et l’incroyable Hiems. C’est un tocard et un looseur. Mais avec des amis.


C'est Peach derrière l'écran et jouant ce pauvre Percy qui n'a rien demandé au monde mais qui doit supporter l'intérêt de damoiselle Peach pour les looseurs attachants/adorables. Modératrice ceci n'est qu'un énième compte et un petit rectangle que j'ai souvent trop rempli. C'est le merveilleux Hiccup de How To Train Your Dragon que j'ai choisi pour mon avatar et j'inonde d'amour et d'arc en ciel WH. Un dernier mot ? Big Four forever Jean-Pierre.


Dernière édition par Perceval le Sam 15 Juin - 9:48, édité 1 fois
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Sujet: Re: Perceval ─This here, this is a talking fish-bone ! Mer 12 Juin - 17:28

Toujours en cours ?

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: Perceval ─This here, this is a talking fish-bone ! Mer 12 Juin - 17:46

Toujours. J'essaye de le finir dans la semaine ^^

♔ ♔ ♔

Avatars par Sissi d'amouuuuuur<3
Ginger/Ember pour l'image 8D

LUCK AND INTUITION PLAY THE CARDS WITH THE SPADE TO START,
AND AFTER SHE'S BEEN HOOKED I'LL PLAY THE ONE THAT'S ON HER HEART,
Poker Face
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Sujet: Re: Perceval ─This here, this is a talking fish-bone ! Ven 14 Juin - 21:06

Fiche finie :3
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Sujet: Re: Perceval ─This here, this is a talking fish-bone ! Ven 14 Juin - 21:23

L'incroyable Hiems hein J'APPROUVE.
C'était beau c'était touchant c'était hihihi Percy est trop chou et sa cuteness répare mon kokoro brisé par son histoire.
J'ai pas le temps de m'étendre en moult compliments et autres commentaires mais je les pense quand même très fort.
Validé. ♥

♔ ♔ ♔

I MENTALLY MURDER PEOPLE I DON'T LIKE.

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Sujet: Re: Perceval ─This here, this is a talking fish-bone !

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