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 Some folk we never forget • Ginger

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Meine
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Sujet: Some folk we never forget • Ginger Sam 19 Jan - 23:39

Après manger, Marlen avait eu besoin d'aller aux toilettes. Une histoire de fille, rien de vraiment intéressant. La reprise des cours approchait, il fallait qu'elle se dépêche. Elle ne voulait pas être en retard, même si c'était un cours de spécialité et qu'elle allait devoir supporter la présence de Hammer. Le cours de spécialité était aussi le seul où elle pouvait voir Screen, parfois même lui parler. C'était un cours précieux.

Mais en arrivant dans les toilettes, tout ce ne passa pas exactement comme prévu. A peine posait-elle le talon sur le carrelage qu'un ignoble bruit de régurgitation, l'ignoble bruit d'une fille qui vomissait. Meine retint un haut-le-cœur. Elle se souvenait un peu trop bien des efforts qu'elle avait développé à une époque pour rester mince, à cette époque où sa mère ne pouvait s'empêcher de la critiquer sur son physique, où elle n'arrivait pas à se sentir bien dans sa peau, cette époque passée où elle n'arrivait pas à faire face à son atroce culpabilité.
Elle se précipita sans réfléchir vers la porte de la seule cabine occupée. Elle savait que ce n'était pas ses affaires et qu'il valait mieux pour elle qu'elle ne se retrouve pas impliquée là-dedans. Mais elle ne pouvait plus faire demi-tour à présent.

« Hé, tout va bien ? » Le silence lui répondit. « Tu es malade ? » Encore un silence. L'adolescente n'était visiblement pas malade, le silence était trop pesant, trop coupable. Un frisson parcourut l'échine de Marlen, son estomac se serra. Elle n'aimait pas ça, elle ne pouvait plus fuir à présent. Et dans son esprit de surdouée, tous les éléments s'alignaient un peu trop vite, elle comprenait à présent trop bien la situation.

Elle resta un instant silencieuse, les mains posées sur la porte, elle pouvait entendre la respiration de l'autre de l'autre côté. Sans qu'elle comprenne comment, elle s'était retrouvée dans une affreuse situation, le genre de situation qui amenait au désastre. Elle était tentée de se montrer lâche, de quitter la pièce après quelques conseils inquiets, en jouant l'innocente, celle qui ne comprend pas ce qu'il se pense. Mais il était trop tard, elle était trop impliquée à présent. Trop de souvenirs lui revenaient en mémoire.
Le nom mit longtemps avant de sortir. Elle du rassembler tout son courage pour formuler ces deux simples syllabes comme trop dures à porter. « Ginger ? » Elle déglutit. « C'est toi, n'est-ce pas ? » Elle chuchotait presque, sa voix tremblait presque. Ginger était dans cette cabine de toilettes, elle le savait. Ah qu'elle abhorrait ce surnom, qu'elle détestait cette fille, ce cadavre.
Ginger était un cadavre en ballerine, une pauvre petite créature triste et seule, trainant sur cette pauvre planète son malheur, exposant son mal-être à quiconque croisait son chemin. Marlen ne pouvait supporter cette attitude, elle la révulsait, c'était d'une terrible impolitesse.

Elle ne voulait rien avoir en commun avec la danseuse. Elle et ses vomissures, Marlen n'avait pas vraiment à s'en charger. Il valait mieux qu'elle retourne avec ses amies, qu'elle aille en cours, qu'elle puisse sourire à Screen à travers la salle, il valait mieux qu'elle supporte Hammer, il valait mieux Hammer que l'horrible tâche de se retrouver en face à face direct avec Ginger. Elle avait trop peur de cette fille, elle la trouvait malsaine, elle trouvait son désespoir malsain, indécent, effrayant. Elle restait pourtant devant la porte des toilettes, immobile, attendant que la petite souris montre le bout de son nez. Avec un courage dont elle s'ignorait capable et alors que d'autres souvenirs d'autres toilettes se confondaient avec la situation actuelle, Marlen toqua à la porte, rappela le surnom de la danseuse, bien déterminée à la faire sortir.

Elle était dégoûtée de Ginger, elle la révulsait, elle voulait l'écraser tel un insecte pour ne plus avoir à la croiser tous les jours dans les couloirs, dans le réfectoire. A chaque heure de chaque jour, Marlen se battait contre ses propres complexes et péchés. Tous ceux qui se laissait happer par le drame étaient des monstres, des animaux.
Si tu ne te bats pas pour faire croire au monde que tout va bien, au moins aie la décence de le faire dans ton coin, hors de vue.
Dieu, qu'elle haïssait ces égoïstes.
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Ginger
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Sujet: Re: Some folk we never forget • Ginger Ven 3 Mai - 23:49


I am a question to the world,
Not an answer to be heard.
They don’t know me,
'Cause I’m not here.



    Il l’écrase. Il l’étouffe. Il la tue. Et comme toujours elle est là à suffoquer sous le poids de cette douleur qui dévore son cœur. Ne cesse de peser sur sa poitrine si frêle, si maigre. Comme toujours quoiqu’elle fasse elle se retrouve les doigts nerveusement accrochés à l’émail blanc de la cuvette, le corps secoués de frissons, les joues ruisselantes de larmes alors que ses membres sont pris de violents spasmes pour régurgiter vainement ce qui cloche dans son existence.

    C’est une ritournelle incessante dans sa vie. Une musique aigrelette et tressautante, semblable à ses pointes et ses fouettés. Tout va bien la musique est calme avec un semblant de gaieté cachant les fausses notes. Tout va bien.  Puis le mécanisme se dérègle dans une cacophonie de sons dissonants et c’est de nouveau reparti pour la plonger dans les abysses du désespoir. De nouveau elle court dans les couloirs, le cœur au bord des lèvres, suffoquant sous la poigne oppressante du chagrin. Elle trébuche presque en bousculant la porte de ce lieu qui n’a jamais cessé de recueillir dans un silence religieux sa souffrance. Et de nouveau elle est là, sanglotant comme une pauvre enfant alors que des hauts le cœur secouent sa maigre carcasse.

    La porte de la cabine était fermée à double tour. Un silence oppressant résonnait dans les toilettes des filles. Elle était seule. Comme toujours. Prisonnière de la haute tour qu’elle avait érigé pour se couper du monde, des autres, d’elle-même. Prisonnière des griffes de la souffrance et d’elle-même. Ce n’est pas lassant à force Ginger ? Toujours à pleurer son malheur, à griffer ce corps mal aimé, à se laisser abattre sous le poids des aléas de la vie. Les larmes roulaient sur ses joues alors qu’elle se sentait perdue et déroutée. Sa vie n’était qu’un immense point d’interrogation à laquelle elle n’avait jamais pu trouver le moindre sens. Danser…avait toujours été sa raison de vivre mais cette unique raison finissait par devenir un fardeau pour ses épaules maigrelettes. Elle se sentait perdue, seule dans l’immense foule d’orphelins et d’adultes qui se permettaient de la juger, de se moquer, de l’ignorer sans la comprendre. Oui dans sa pauvre cabine, sous le roulement de ses larmes silencieuses, Ginger avait l’impression d’être une grande incomprise sur laquelle la cruelle existence s’acharnait. Egoïsme de la souffrance.

    Un nouveau haut le cœur la prit, la poussant à se pencher au-dessus des toilettes pour émettre un violent bruit de régurgitation. Et à cet instant la porte s’ouvrit, changeant Ginger en statue de sel alors que le silence s’abattait dans la pièce. Les talons résonnèrent dans la pièce alors que la jeune fille se laisse glisser lentement sur le sol, effrayée.

    « Hé, tout va bien ? »

    Oh non.

    « Tu es malade ? »

    C’était bien pire que de se retrouver en face d’une orpheline inconnue ou de Pure. Meine…une des filles qu’elle ne pouvait supporter. Un silence coupable et révélateur plana dans la pièce alors que Ginger se recroquevillait sur elle-même. Pauvre proie apeurée par la suite fatale des événements. Et elle croyait encore naïvement que le silence lui permettrait d’échapper à l’interrogatoire de l’allemande. Insulte à la perspicacité de l’experte.

    « Ginger ? »

    Et voilà.

    « C'est toi, n'est-ce pas ? »

    Gabrielle eut presque envie de crier, lui hurler de partir, qu’elle ne voulait pas de sa pitié ou de son aide. Après tout c’était tellement mieux de se morfondre toute seule sur le carrelage froid et sale des toilettes de l’orphelinat. C’était tellement mieux de persister dans son chagrin, de creuser sa propre tombe. Les larmes ruisselaient silencieusement sur ses joues alors que son corps tambourinait avec force dans sa maigre carcasse. Elle ne voulait pas se confronter à Meine. Elle la redoutait trop. Elle avait trop peur de se voir à travers ses yeux, de lire toute la haine et le mépris qu’elle ressentait envers sa personne. Ces mêmes sentiments qu’elles partageaient toutes les deux envers la pauvre ballerine qu’elle était. Elle aurait voulu fuir. S’engluer jusqu’à suffocation dans ce chagrin malsain qui lui collait à la peau. Ginger avait peur. Ginger était lâche.

    Un nouveau toquement à la porte la fit sursauter, lui rappelant qu’elle était piégée et que derrière la porte se tenait la personne qui la jugerait. Hésitante, elle se releva, ses yeux lorgnant sur les chaussures soignées de Meine effleurant l’espace entre la porte et le sol. Ginger s’agenouilla sur le carrelage, n’osant toujours pas ouvrir, retardant la confrontation.

    « Oui…c’est moi. »

    Murmura-t-elle d’une voix timide et coupable. Elle essuya ses lèvres poisseuses avec la manche de son pull, tentant d’arranger sa robe froissée d’un bleu nuit. Elle sentit son estomac se tordre alors qu’elle mâchonnait ses lèvres. Ginger avait peur. Ginger voulait fuir.

    « Tout…tout va bien Meine. Ne t’en fait pas je suis juste un peu fatiguée. »

    A qui croyait-elle mentir ? Surement pas à Meine en tout cas. Elle était tellement stupide à rejeter la main qu’on lui tendait alors qu’elle n’avait cessé d’exposer sa tristesse, dans l’espoir vain qu’on la remarquerait enfin. Elle avait peur en cet instant. Peur qu’une fois extirpée des ténèbres dans lesquelles elle se lovait, la lumière ne serait plus aussi douce que ce qu’elle avait imaginé. Elle voulait fuir, elle voulait que Meine parte et en même temps elle voulait qu’elle reste.
    Contradiction de l’égoïsme englouti dans le drame de la souffrance. Contradiction d’un esprit perdu.

    « Laisse-moi. »

    La souffrance finissait par la rendre molle et incapable de saisir la main qui saurait la secouer et peut-être l'aider.


Plus de cinq mois sans rp...je suis passablement rouillée et j'ai l'impression d'avoir fait du gros caca. Pour la peine tu pourras foutre une claque à Gin <3

♔ ♔ ♔

Avatars par Sissi d'amouuuuuur<3
Ginger/Ember pour l'image 8D

LUCK AND INTUITION PLAY THE CARDS WITH THE SPADE TO START,
AND AFTER SHE'S BEEN HOOKED I'LL PLAY THE ONE THAT'S ON HER HEART,
Poker Face


Dernière édition par Ginger le Sam 19 Oct - 14:35, édité 1 fois
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Meine
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Sujet: Re: Some folk we never forget • Ginger Sam 19 Oct - 10:51

Alors heu voilà, du retard et un post assez court... mais dernièrement j'aime vraiment pas quand c'est long. J'espère que ça gêne pas. Bisouus.

Debout devant la porte de la cabine, Meine patientait. Finalement la petite voix de Ginger émergea des profondeurs des toilettes. Elles étaient à présent toutes deux piégées dans une situation qu'aucune des deux ne pouvait échapper. Ginger parce qu'elle était tout simplement enfermée dans sa situation, et Meine parce qu'elle était emprisonnée par ses principes, sa morale convenue ainsi qu'un brin léger de culpabilité, voire de compassion.

« Oui…c’est moi. »
Comme si Meine n'avait pas appris à reconnaître l'orpheline à sa petite voix fluette particulièrement horripilante.
« Tout…tout va bien Meine. Ne t’en fait pas je suis juste un peu fatiguée. »
Mais bien sûr, on y croit.
« Laisse-moi. »
De mieux en mieux.

Doucement, Meine s'accroupit sur le sol, retenant délicatement sa jupe pour qu'elle ne touche pas le sol. Elle laissa s'écouler quelques autres secondes de pouvoir silencieux sur Ginger (qu'elle savoura secrètement) avant de reprendre enfin la parole d'une voix toujours aussi douce mais avec une fermeté qui n'acceptait pas de refus.

« Ginger, ouvre la porte s'il te plait. »

Rien ne pressait à présent : le cours avait commencé et, haineuse des retards, elle s'accordait le droit de ne pas y être présente. A présent qu'elle était là, elle allait soigneusement s'occuper de cette sale gamine assistée. Si elle réussissait, cela ferait une crasse de moins dans sa petite vie parfait.

« Et ne me mens pas, je sais précisément ce qu'il se passe. »

La voix était toujours aussi douce et se voulait toujours aussi réconfortante. Il y avait juste un petit mot de trop, un petit mot de rien du tout, juste pour tester la ballerine et ses tripes.
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