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 we were sitting with our backs against the world ★ S E V E N T E E N

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Invité
Sujet: we were sitting with our backs against the world ★ S E V E N T E E N Jeu 3 Jan - 20:06

Edit G : Je réserve

Seventeen;



She's bringing me in
Checking me out
Making me Glorious

NOM : Nicholson
PRÉNOM(S) : Scarlett, Zoey
QI: 153
DATE DE NAISSANCE : 23.12.95
ÂGE : dix-sept ans
SEXE (✔) : ❒ M ✔ F
ORIGINE : américaine
ANCIENNETÉ : neuf mois
MANIE : lever les yeux au ciel



physique;


Want you to make me feel
like I'm the only girl in the
world

Couleur des cheveux : un châtain blond
Couleur de la peau : blanche
Tatouage/Piercing ? : un oiseau, en v comme ceux que dessinent les enfants, au bas de la nuque.
.......
Couleur des yeux : gris
Taille en centimètres : 162
Corpulence: moyenne



caractère;


The shows we give
The hearts we break
We live through this

énergique
sociable
soignée
téméraire
franche
anarchique
capricieuse
égoïste
superficielle
accro à son portable
bornée
adolescente
Seventeen est le rire éclatant dans l'air, le soupir exaspéré vrillant les oreilles, les idéaux croisés sous les étoiles. Seventeen est ce curieux mélange d'envies ; celui d'être enveloppé d'un monde carré et celui de se rebeller contre la Terre entière. Seventeen veut tout, Seventeen n'a rien, Seventeen crie, Seventeen joue, Seventeen vous emmerde, Seventeen vous aime.
Seventeen est l'adolescence insouciante.
Elle n'est pas plus imaginative, plus gentille ou plus intelligente que les autres. Mais elle vit. Elle vit intensément, chaque instant ; elle donne toutes ses émotions puissance dix mille. Elle remarque quelque chose, elle le désire, elle fait tout son possible pour l'obtenir, elle donne ses tripes, son cœur, ses jambes, jusqu'à cette absolue félicité qu'elle ressent en arrivant à son but. Elle ne regarde pas en arrière, elle ne cherche pas à se plaindre de son passé. Elle a déjà bien assez à râler avec son présent. Un ongle mal limé, une veste un peu décousue, un gamin qui l'a bousculée, une réforme qui ne lui plaît pas et la voilà partie. Il faut que ça change, on ne peut plus continuer comme ça, c'est n'importe quoi cette putain de planète. Elle se lance dans ses discours comme quoi elle va changer les choses. Et puis elle se lasse, elle passe à autre chose. Le temps n'a pas bon effet sur elle ; soyons clair, c'est l'instant présent ou rien. Elle serait bien capable de foutre en l'air des années de travail pour une raison avant de s'apercevoir qu'en réalité, elle s'en fout complètement. Elle ne réfléchit pas, elle fonce droit devant elle, les yeux lançant des éclairs ou le sourire aux lèvres. Génération spontanée. Génération passionnée. Dans son monde, il n'y a qu'elle. Ses histoires, ses fringues, ses vernis à ongle qu'elle range méticuleusement dans ses tiroirs, ses messages, ses conneries, ses projets par centaines. Ses affaires qu'elle conserve paradoxalement le plus en ordre possible, pour laisser un semblant d'ordre dans le chaos de son existence. Elle n'a pas le temps de mentir, elle n'a pas le temps de tricher, elle n'a pas le temps de faire semblant. Seventeen est l'adolescence insouciante. Celle qui délire pour cesser de douter.
Celle qui hurle aux armes, pour ne pas penser à pleurer.



questionnaire;


I’m waking up
I feel it in my bones
Enough to make my systems grow

Définissez vous en une phrase.
  1. Non.
  2. Dans un souci d'objectivité, je pense qu'il faudrait poser la question à mes amis...
  3. Anthropologiquement parlant ou bien ?
  4. Sérieusement, t'as pas quelque chose d'autre à faire que me demander ça ?
  5. Je suis un.


Vous offrirez quoi à Noël à votre meilleur ennemi ?
  1. Une bataille navale.
  2. Les hauts de Hurle-vent.
  3. Le DVD d'Ed Wood par Tim Burton.
  4. Un poisson rouge.
  5. Une corde.


Parmi ces livres ci-dessous, lequel serait le plus susceptible d'être votre livre de chevet ?
  1. Finnegans Wake de James Joyce.
  2. H2G2 : The Hitchhiker's Guide to the Galaxy de Douglas Adams.
  3. Totem et Tabou de Sigmund Freud.
  4. Harry Potter de J.K Rowling.
  5. Les 120 journées de Sodome du Marquis de Sade.


Ce que vous devez impérativement arrêter de dire. Sérieusement.
  1. « Le si n'aime pas le ré pour la centième fois ! »
  2. « Ton niveau s'élève à la dérivée d'une constante. »
  3. « Plus vite ! Hé que ça saute ! Allez ! Merde ! »
  4. « D'un point de vu biologique... »
  5. « Je comprends ce que tu ressens... »


La petite manie dont vous vous passerez bien ?
  1. Câliner tout le monde.
  2. N'avoir aucune notion du temps.
  3. Faire des private jokes.
  4. Accro au high five.
  5. Caser des citations partout.


Il y a forcément quelque chose que vous auriez dû faire depuis longtemps et n'avez toujours pas fait.

  1. Faire mes devoirs. Mais je les ai jamais fait, commencer maintenant serait pas judicieux pour ma réputation.

  2. M'excuser au près de la personne que j'ai insulté il y a trois semaine. Peut-être. On verra.

  3. Quelque chose que je dois faire ? Euh. Non non, j'ai fini ma classification, ma maquette de l'ADN, tout est bon. Non ?

  4. Ranger ma chambre si je trouve un jour le temps.

  5. Lécher les bottes du professeur pour m'accorder un délai supplémentaire si j'ai pas la flemme...



histoire;


Before too late
Before too long
Let's try to take it back


Lettre n°1


Que je suis vieille. Bon Dieu que je suis vieille, Scarlett. Tu regardes par-dessus mon épaule avec ta petite tête ronde, ta petite tête blonde, et je me sens désespérément âgée. Tu essayes de comprendre ce que j'écris, mais tu ne peux pas ma chérie. Tu es trop jeune, beaucoup trop jeune ; plus tard peut-être tu arriveras à me déchiffrer. Mais plus tard peut-être que tu n'en auras plus envie. C'est comme ça quand on grandit, on change ses préoccupations. Et je me souviens qu'à dix-sept ans, âge auquel tu pourras lire ceci sans la moindre difficulté, je ne pensais pas un seul instant à ma grand-mère et à ses délires sur papier jauni. C'était il y a longtemps maintenant, mais je m'en souviens si bien. La vie est incroyable quand on est jeune. Tout est nouveau, tout est vif, tout semble incroyable et exceptionnel. Le monde paraît si vaste alors. Si vaste. Et on a qu'une envie, c'est le conquérir en riant de la bêtise de la Terre entière. L'attraper au creux de sa main et le forcer à réaliser nos rêves les plus fous - parce qu'à ce moment là de l'existence on a toujours une trentaine de rêves semés au hasard de l'esprit. Une fois qu'on est vieux, ce n'est plus pareil mon cœur. On se lasse. Les rêves se ternissent, on n'a plus le temps pour ça. Mes amies du club de bingo disent avec fierté qu'elles se sentent encore jeunes et bien dans leurs peaux ; comme si elles avaient vingt ans tout en ayant la sagesse de leur âge véritable ! En plus elles n'ont plus à travailler, que du bonheur. Tu crois bien. La vérité mon ange, c'est qu'on se fait bien chier ici. Moi en tout cas je m'emmerde. J'ai mal au dos, aux mains, mon rhumatologue me bourre de pilules contre la polyarthrite. Je jette toujours le tout dans les toilettes. Comme si ça allait changer quelque chose de m'empoisonner avec ces choses-là. Si ton grand-père était encore là, il leur dirait d'aller se faire foutre, à mes médecins. Alors tu vois mon poussin, je lui fais honneur.

▬ Ne touche pas à la prise trésor !

Tu es intenable tu sais ? C'est fou comme tu peux faire des bêtises. Tu veux être partout, tu veux tout faire, tu veux tout savoir. Tu sais à peine marcher, et tu désires déjà le monde. Qu'est-ce que ce sera plus tard, hein, dis-moi ? Voilà que tu me pinces. Tu serres ma peau ridée, constellée de tâches, entre deux de tes doigts blancs ; ça te fait rire. Oh, je ne peux même pas t'en vouloir ! Mon adorable petite-fille. Fille de ma fille. Avec tes yeux gris qui volettent partout à la recherches des choses les plus jolies et étranges à découvrir, tes lèvres qui se pincent quand je te refuse ta crème glacée à la vanille au petit stand de la plage. Avec tes mots baragouinés dans un anglais incorrect, qui me font rire tandis que mes jambes me tiraillent. Avec ton nez qui se plisse quand ta maman te demande au téléphone pour te dire qu'elle ne rentrera pas ce soir mais qu'il y aura toujours papa et mamie pour te serrer dans leurs bras, va. Avec tes cheveux blonds comme ceux que j'avais avant de les avoir blancs.
Bon Dieu que je suis vieille.

▬ Plage ?
▬ Glace ?
▬ Vanille ?
▬ Oui !

Bon Dieu que je t'aime, Scarlett.

Lettre n°8


Il est tôt mon ange. Je ne sais pas même exactement pourquoi je suis debout à cette heure ; le soleil n'est pas encore levé. Je me suis fais un thé, pour tenter de faire un peu british et vieille peau, mais le goût est parfaitement infect. J'ai ajouté quelques sucres et à présent c'est encore pire.
Je rappellerai à ton père de ne plus m'acheter ces petits sachets jaunes pisse. Rien ne pourra remplacer le café dans mon cœur j'en suis persuadée. Je suis trop mamie pour changer d'avis maintenant. Mon imbécile de beau-fils me dira bien sûr que c'est pour mon bien, que la caféine à mon âge ce n'est pas conseillé. Mais quel âge dîtes-moi jeune impudent ? Vous vous êtes vus vous avec vos lunettes trop petites et votre ride du lion prématurée ? À ce rythme, vous crèverez avant moi, tiens.
Je suis navrée de te l'apprendre ma Scarlitta au nougat, mais ton pauvre vieux je peux de moins en moins le supporter. Tu serais d'accord avec moi si je t'en parlais, de toute façon. Il devient complètement barjot avec ses histoires de déménagement. Tu n'es pas encore au courant bien sûr, mais il voudrait habiter dans un appartement plus proche du travail de ta mère. Alors qu'elle passe sa vie dans des avions. Quelle idée ! Et puis surtout, cela voudrait dire quitter la maison. Quitter ma maison. Celle où j'ai tous mes repères, tous mes souvenirs, et dont il est hors-de-question que je me sépare. Il le sait bien, il est parfaitement au courant. Il croit pouvoir nous dissocier mon amour, il croit arriver à se débarrasser de moi ainsi, parce qu'il pense que je vais devenir un poids d'ici quelques années. Je conçois certes ne plus être de la première fraîcheur, même si c'est à contrecœur. Mais de là à dire que je suis proche du handicape, enfin ! C'est incongru. Pire, c'est insultant.

▬ Vous êtes réveillée Mary Rose ?
▬ Absolument, mon cher.
▬ Et je vois que vous vous êtes mise au thé ! Quelle excellente nouvelle !
▬ Certes. Mais vous seriez un ange d'accepter de me faire un arabica un peu serré, maintenant.

Son visage se renfrogne. Il n'avait qu'à rester couché dans sa chambre impeccablement rangée. Je n'ai jamais rien demandé à personne. Tout du moins, je me dois de faire remarquer que ce nez plissé me rappelle quelqu'un. Mon poussin. Tu tiens cette mimique de lui, il me semble. Ce n'est pas la plus jolie ni celle que je préfère, mais il faut bien que je l'admette ; quelques traits dans vos visages sont d'une similitude troublante. Tant pis. Personne n'est parfait Scarlett, je ne t'en voudrais pas pour ça. Tu resteras toujours ma petite-fille adulée, que ton père soit un emmerdeur de première ou non.
Enfin, assez de simagrées pour aujourd'hui.
Je prie pour que tu ne tombes pas sur ces lettres trop tôt, certains de mes propos m'échappent. Mamie est fatiguée, tu sais ? Le gendre est parti sans jeter ne serait-ce qu'un coup d’œil à la cafetière ; voilà qui est bien dommage. J'en aurais eu besoin. Il va falloir que je retourne jusqu'à mon lit dans le brouillard. Je suis intimement persuadée qu'il a mijoté tout ceci pour que je me casse la figure dans l'escalier et que tu retrouves ta pauvre grand-mère démantelée dans le couloir en te réveillant. Mais ne t'inquiètes pas, à ce petit jeu-là, je suis probablement celle qui tiendra le plus longtemps ! J'ai de la réserve que crois-tu donc.

P-S. : Je ne suis pas paranoïaque ma jolie blondinette.

Lettre n°17


Le téléphone a sonné à dix-huit heures une. Tu étais devant la télé, affalée de tout ton long sur le tapis, ta main piochant de temps à autre dans un sachet de pop-corn. J'étais assise dans mon fauteuil, observant tes pieds de gamine battre l'air, suivant ton regard absorbé par les cris des petits personnages animés. Tu avais une drôle de mine en les contemplant. Presque comme si tu les trouvais stupides, avec leurs visages grossiers et leurs voix de fausset. Ce qui est absolument idiot, n'est-ce pas ? Comment une fillette de sept ans pourrait-elle avoir un quelconque avis sur des images parcourant un écran. Ne va pas croire que je te pense simple d'esprit, au contraire, tu es la petite fille la plus éveillée de ma connaissance – bien que je n'en connaisse pas tant que cela. Mais de là à te voir te forger une opinion sur un sujet autre que le mariage de Barbie et son ami aux cheveux plastifiés, il y a un pas.
Le téléphone a sonné, donc.
Je ne tenais pas tant que cela à décrocher. Le téléphone, à mon âge, tu sais, ce n'est jamais pour annoncer une bonne nouvelle. Mais tu ne paraissais pas vouloir bouger d'un pouce, toi qui d'habitude saute toujours immédiatement sur le combiné en imitant les intonations de ton père. Mon beau-fils était dans son bureau, furetant dans ses dossiers plein de chiffres, probablement. La sonnerie stridente me donnait la migraine. Alors je me suis décollée de mon fauteuil, mes fesses tremblotaient c'était une horreur ; j'ai empoigné le téléphone. Une voix masculine m'a demandée si j'étais Monsieur Nicholson. Je me suis retenue de lui raccrocher au nez en lui demandant si j'avais une voix de grand gaillard. Au lieu de quoi j'ai répondu bien poliment que non, et que j'en étais fort heureuse. Il y a eu un silence. Manifestement, mon cœur, le bonhomme au bout du fil était un peu décontenancé. Je lui ai dis que j'étais Madame Parker, que Monsieur Nicholson était mon gendre, et que s'il avait quelque chose à lui dire je pourrais volontiers lui transmettre le message.

▬ Madame Parker. Votre fille, Helen Margaret Parker, est morte cet après-midi dans un avion à destination de Toronto. Nous sommes navrés.

Il m'a ensuite baragouiné quelque chose à propos d'une surchauffe du moteur, il m'a jeté des mots techniques et compliqués aux oreilles que je n'arrivais pas à comprendre. Helen. Helen c'est ta mère, Scarlett. Helen c'est ma fille, Scarlett.
Et elle n'est plus là. Elle est morte, en allant à Toronto, cette ville où je n'ai jamais mis les pieds, que je ne connais pas, mais qu'elle a de son côté dû visiter une bonne dizaine de fois. Elle est partie sans me dire au revoir.
Ma gorge est devenue plus sèche qu'un désert africain. J'ai lâché le combiné ; tu as lâché l'écran des yeux. C'est incroyable comme nous sommes coordonnées. Tu m'as regardée avec tes iris grises, et tu m'as posée cette question.

▬ Tu vas bien mamie ?

Elle résonne encore dans mon esprit. Ta petite voix, entrecoupée par les mauvais doublages des personnages à la télévision. Je n'ai pas réussi à te dire si oui ou non j'allais bien mon trésor. Je n'arrive pas à le savoir encore. Je suis perdue. J'ai mal au ventre je crois. Je ne sais pas si c'est de la tristesse ou cette aspirine que j'ai osé avaler après avoir dit à ton père qu'il ferait mieux de regarder les informations ce soir. Je ne sais pas.
Helen c'est ta mère, Scarlett. Helen c'est ma fille, Scarlett.
Elle est partie sans nous dire au revoir.

Lettre n°23


Je ne t'ai pas écris souvent ces derniers temps, mon ange, j'en suis bien désolée. Je n'avais pas bien le cœur à cela. Nous avons dû organiser l'enterrement de ta mère, voilà déjà qui m'a miné le moral. Nous n'étions jamais d'accord sur la procédure à suivre, avec ton père. Quoiqu'il arrive, nous finissions toujours par te faire sortir de la pièce pour pouvoir nous jeter des injures à la figure en toute impunité. Tu as dû en apprendre, des mots, par-delà le mur. Mais que veux tu ; il voulait choisir des roses à laisser sur le cercueil alors que les fleurs préférées de ta mère étaient les iris ! Ce n'est tout de même pas possible d'être aussi inconscient !
Au moins il en a oublié ses affaires de déménagement.
Ensuite il a fallu t'acheter une robe noire ; et bien sûr ce fût à moi de m'en occuper. Je t'ai emmenée dans ce grand magasin un peu chic et guindé que mon gendre m'avait conseillé. Cela sentait le tissu neuf et le cuir trop cher, les vendeuses s'adressaient à moi avec un ton incroyablement poli qui me donnait envie de fuir en courant de cet endroit. Malheureusement je ne sais plus courir. Toi, tu souriais en regardant les volants, tu jouais avec les rubans pendant qu'on essayait de te mesurer. Tu n'as pas compris tout de suite, je crois, que Helen était partie pour de vrai. Quand je t'ai dis qu'elle s'était envolée, tu as probablement cru que je parlais d'un énième avion. Ou alors tu as merveilleusement fait semblant, ma chérie. Selon moi cependant, tu as vraiment pris conscience de sa disparition le jour même de l'enterrement. Tu avais sur le dos ta nouvelle robe, tu tenais dans tes mains ce bouquet de roses que ton père avait réussi par je ne sais quel miracle à commander malgré ma surveillance, me faisant grincer des dents comme une porte rouillée. Lorsque le prêtre a commencé à parler, prononçant le nom de ta mère, endormant l'assistance pour la demi-heure suivante, tu as ouvert de grands yeux. Je pensais que tu allais pleurer, mais ton regard est resté incroyablement sec. Tu avais simplement. Cette mine affreusement étonnée. Ensuite c'est moi qui ai fondu en larmes, à ma plus grande honte. Je suis alors bien incapable de dire ce que tu as fais.

En rentrant, assise dans la voiture louée pour l'occasion, tu regardais tes ongles avec une fascination décalée. Comme si tu essayais de comprendre comment ils marchaient, alors qu'un ongle ne marche pas. J'essayais de trouver une position confortable sur ces fauteuils trop durs, te jetant de temps à autres des regards en coin. J'ai l'impression de ne plus parvenir à te comprendre aussi bien qu'avant, Scarlett. Tu te dégages de la normalité des enfants de ton âge avec une rapidité qui me laisse pantoise. Arrivés à la moitié du trajet, tu as tout de même fini par détacher tes yeux de ta main. Tu m'as regardée. Tu m'as fixée avec une telle intensité, mon poussin, j'en étais gênée. Tu n'as pas rompu le silence régnant dans l'habitacle, tu es juste restée là, avec ton petit sourire, ta ceinture de sécurité trop grande t'entravant le cou. Tu avais huit ans alors. Je te pensais libre de tout souci. Peut-être savais-tu plus de choses que tu n'en laissais paraître.

▬ J'ai faim...
▬ Bientôt, trésor.

Tu as déjà dix ans maintenant. Comme tu grandis vite. Je te soupçonne de m'écouter parler au téléphone avec mes amies. Je ne suis pas dupe tu sais ! Tu as beau prendre toutes les précautions du monde, j'arrive à entendre le bruit que tu fais en décrochant ou en raccrochant le combiné du salon. Je suis persuadée que tu racontes tout cela à ta bande d'amis, ensuite. J'hésite à t'en parler. Je sais que tu veux savoir le plus de choses possible, je sais que tu es d'une curiosité dont toute petite fille de ton âge est pourvue, je sais que tu aimerais vivre de grandes aventures. Mais je ne tiens pas à ce que tu saches trop de choses non plus, mon petit amour. La connaissance, parfois, c'est trop lourd à porter.

P-S. : De plus, je tiens à signaler que mes conversations avec Blair McCarton sont de l'ordre du privé, mademoiselle !

Lettre n°44


Je t'entends rire par-delà le mur. Ma tête me paraît bien lourde, mon cœur, ainsi posée sur l'oreiller ; et ta voix infiniment légère me laisse sur le carreau. Je n'arrive plus bien à suivre la vie, je crois. Pendant que toi tu t'envoles, je reste les pieds bien ancrés au sol. Bientôt je serai sous terre.
Pardonne-moi, ce n'est vraiment pas amusant du tout, mais je relativise comme je peux.
Ainsi, j'entends ton rire. Tu parles avec une amie au téléphone, il me semble. C'est toujours ce que tu dis à ton père, lorsqu'il te demande ce que tu fais de ces heures de crédit, alors admettons que je te crois. Mais je pense que parfois, tu parles davantage avec des garçons qu'avec des filles, ma chérie. Si mon cher gendre le savait, il ferait une crise cardiaque. Tu le connais bien. Tu sais qu'il faut lui cacher cela. Mais moi... Moi je passe ma journée couchée, ces derniers temps. J'ai tout le temps de te sentir vivre, dans la chambre d'à côté. Tu ne peux rien me cacher, Scarlett. La fumée des cigarettes par-dessous la porte, tes aventures à la plage, au lycée, tes sorties shopping qui durent des milliers d'années, tes devoirs qui traînent, tes indignations continues pour des sujets divers et variés, tes cris quand un jeune homme a osé te quitter pour une autre. Tes histoires de jeune fille vivant à deux cent à l'heure, tandis que je ralentis, de plus en plus, indéniablement.
Je me sens vieille. Je ne veux pas me sentir vieille.
J'aimerais tellement revenir en arrière, quand je pouvais encore me lever sans sentir mon dos crisser de douleur. C'est frustrant, terriblement frustrant. Je ne comprends pas. J'ai vécu ma vie, déjà. Je devrais être en paix, soulagée de savoir que toute cette mascarade est bientôt terminée. Mais non. Non. J'en veux encore. Je suis avare de cette jeunesse que tu as et qui m'échappe.

▬ Tu m'aimes combien, alors ?

Tu as cette manie de vouloir mettre des chiffres partout. Comme ta

Lettre n°45


Je m'endors sans même finir mes lettres, maintenant. Je ne me souvenais pas qu'il était aussi difficile de tenir un crayon. Comme c'est étrange, mon trésor. Ah et tiens, ton père est passé me voir tout à l'heure. Il a dit qu'il allait m'acheter du thé, je n'ai pas su répliquer quoi que ce soit. Après toutes ces années, il n'a toujours pas compris que je ne pouvais pas supporter cette chose infect.
Toi tu sais, oui toi tu sais. Tu remarques bien les choses. Ma chérie, mon petit amour. Quand tu toques à la porte de ma chambre, tu m'apportes un arabica, toi.

Lettre n°46


Le téléphone a sonné à onze heures vingt. J'ai décroché parce que je savais que tu étais déjà occupée à causer avec quelqu'un d'autre et que c'est mon unique travail ici maintenant. Décrocher le téléphone. Arrêter cette sonnerie qui me vrille les tympans. D'habitude c'est Blair pour avoir de mes nouvelles ; cette fois c'était la gendarmerie. Ton père a eu un accident, sur le parking du supermarché. Il est parti, lui aussi, d'une façon terriblement bête. Je n'attendais pas mieux de lui. Tout ça à cause de ces fichus sachets de thé. C'est presque drôle. Presque.
Je n'arrive plus à rire, ma chérie.
Je n'arrive plus à pleurer, ma chérie.

C'est embêtant, tout ceci, c'est fatigant. Scarlett, bientôt tu vas venir me voir, pour m'apporter mon café. Je dormirai. Je t'aime tellement, mon cœur. Pardonne-moi. J'aurais voulu parvenir à être là pour toi. J'aurais voulu courir comme tu le fais. J'aurais voulu savoir encore vivre. Oh, Scarlett.

J'aurais vraiment voulu avoir dix-sept ans.

Lettre n°0


Grand-mère,

j'ai lu toutes tes lettres avec attention. Tu es la plus belle et la plus incroyable personne que j'ai jamais rencontré dans ma vie, et tu le resteras jusqu'à la fin de mes jours je crois bien. Moi aussi je t'aime. Pire que ça même. J'ai mis un peu de temps à te répondre, excuse-moi, parce qu'il me paraissait parfaitement stupide de parler à une morte – désolée de te le dire aussi clairement, mais je crois que c'est le nom qui te convient maintenant, ma chère – et que je ne savais pas vraiment quoi écrire. Ça n'a jamais été mon trip, les discours à rallonge sur papier. J'ai tendance à préférer les sms. Les messages sur portable, tu sais. Je t'avais appris à en taper, avant que tu ne balances ton téléphone par la fenêtre. Enfin bref, allons à l'essentiel.
Je ne suis pas allée à l'enterrement de papa, ni au tien. J'aurais voulu, mais on m'a poussée dans un avion sans me laisser le temps de souffler. Au moins j'ai pu faire deux ou trois valises – j'ai redécouvert des fringues, mon Dieu. Et je suis en Europe, maintenant. A Winchester. C'est en Angleterre. C'est pas très loin de Londres.
C'est juste surkiffant.
Je ne m'attendais juste tellement pas à atterrir là. Ils m'ont balancée dans un orphelinat pour jeunes surdoués : parce que je suis surdouée, ça gère tellement. Je suis dans une catégorie de sportifs on dirait, alors j'ai commencé l'escalade. L'athlétisme me gonflait et tout le monde en fait ici. Je veux être unique au moins un minimum. Sinon il n'y a rien d'amusant à faire du sport. La compétition c'est mieux si je la fais contre moi-même.
Pour parler du peuple, parce que je sais que c'est ce qui t'intéresse le plus : les gens en général sont plutôt hypes même si j'avoue que certains me font flipper. Ils ont tous des manies bizarres. Moi aussi apparemment j'en ai une, mais je ne fais pas vraiment attention. Je m'en fous un peu. Je continue à vivre c'est déjà bien, ça m'occupe à plein temps. Parce que la vie, tu avais raison grand-mère, me semble immense. J'ai envie de l'avoir juste pour moi. J'ai envie de l'attraper et de lui faire faire tout ce que je veux. J'ai envie de tout connaître de ce qu'elle peut apporter.

J'ai eu dix-sept ans il y a quelques semaines, j'ai pensé à toi. J'aimerais que ça dure toujours.
Je vais tout faire pour.
De toute façon, à cause de ces pseudos que l'on doit choisir en arrivant, même à quarante ans je serais toujours dix-sept. Seventeen, même le jour de ma mort, grand-mère. Et je t'emmène avec moi, promis juré craché par terre, au creux de ma tête. On va rester toutes les deux. Ensemble, jusqu'au bout.

Nous serons éternellement jeunes.



mint;

...........
14.11.96; seize ans; gamine; OC de soulist-aurora; QC rpz on va dire; et donc j'ai répondu à la dernière question. cette fiche est un bordel monstre pardon love.




Dernière édition par Seventeen le Ven 18 Jan - 19:08, édité 3 fois
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Ginger
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Sujet: Re: we were sitting with our backs against the world ★ S E V E N T E E N Jeu 3 Jan - 20:15

Oh j'aime Seventeen (poto de Muse obligée ayaaaah)
Sinon ta charmante jeune fille est une Shape à 99,9% (respect !)

Bonne continuation pour ta fiche mon petit panda ♥♥♥♥

♔ ♔ ♔

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Ginger/Ember pour l'image 8D

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Sujet: Re: we were sitting with our backs against the world ★ S E V E N T E E N Ven 11 Jan - 9:19

J'étais persuadée qu'hier on était le 3 du coup ta présa est passée à la trappe au moment de ma vague de ups hebdomadaires en retard.
LA SEULE PRÉSA OÙ J'AURAIS PU ÊTRE A L'HEURE et bah non.

Je sais que Ginger s'occupe de ta fiche je viens juste pour le up, savoir si tu t'en sors, tout ça. :33

♔ ♔ ♔

I MENTALLY MURDER PEOPLE I DON'T LIKE.

you fall in love with the most unexpected person at the most unexpected time:
 
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Sujet: Re: we were sitting with our backs against the world ★ S E V E N T E E N Dim 13 Jan - 21:23

j'étais motivée pour faire une fiche potable et tout. MAIS EN FAIT JE SAIS PAS FAIRE LULZ.
donc voilà c'est fini c'est bâclé rip love.
(♥♥♥)
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Sujet: Re: we were sitting with our backs against the world ★ S E V E N T E E N Sam 2 Fév - 16:52

Oooooooooooh purée !!! Comment oses-tu dire que c'est nul ?! Comment ?!
C'est une des meilleures fics que j'ai pu lire ! Seventeen est juste géniale et sa grand-mère est une des meilleures grand-mère au monde !! C'est beau, émouvant, poétique, triste, magnifique, planant...bref

Validée très chère :3

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: we were sitting with our backs against the world ★ S E V E N T E E N

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we were sitting with our backs against the world ★ S E V E N T E E N

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