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 "real life" has been successfully deleted.

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Invité
Sujet: "real life" has been successfully deleted. Mar 19 Juin - 20:58

(i'm baaaack.)



i would like to change the world, but they won't give me the source code

PSEUDONYME : Matt.
NOM : Jeevas.
PRÉNOM : Mail.
QI : 207.
DATE DE NAISSANCE : 01 / 02
ÂGE : 15 niveaux âprement gagnés.
SEXE : ✔ M ❒ F
ORIGINE : Australienne.
ANCIENNETÉ : 12 années déjà.

well, let the geek in the pink take a stab at it

#eyecolor; 8B4513 saddlebrown
#skincolor; FFEFD5 papayawhip
#haircolor; FF4500 redhead
#fontsize; 168
#weight; skinny
#customization; none
#facts; Matt est toujours flanqué d'un sweat ou d'un polo rayé aux estampilles bas de gamme. Il endosse toujours par-dessus un blouson mi-cuir molletonné, et pour compléter cette toilette un brin frileuse il passe un jean random. Il se dépare rarement de cette tenue à laquelle on l'associe comme par automatisme, comme il ne quitte jamais la paire de bésicles teintées scellées autour de ses yeux. Sa marque de fabrique.

shut down computer, go outside, meet someone

HUMBLE On peut au moins lui accorder la simplicité. Matt n'a besoin que d'air pur et d'eau fraîche, de ses premiers contacts sur skype et du confort le plus rudimentaire. Oh, si on inclut ses moniteurs, écrans et multiples joysticks dans le terme rudimentaire bien sûr.GEEK Terme barbare on vous l'accorde, mais qualificatif le plus adapté. Matt, l'invétéré des plaisirs virtuels, des conférences de l'e3 et autres consoles. Il préfère son petit cosmos informatique à la civilisation, son cheptel d'écrans au panorama appelé réalité, ses ports usb aux jambes imberbes des filles. Et le mot est faible.
CORDIAL Matt est gentil, Matt est charitable. Il sera l'épaule sur laquelle vous reposer un instant et le dépositaire compatissant de vos plus pesants secrets. Quelque chose vous taraude ? Mais parlez-en donc en toute impunité à notre cher geek. Il saura renflouer votre moral et s'en tenir à sa petite place. Même si au fond, vous ne le préoccupez pas plus que ça, n'est-ce pas.NONCHALANT Si Matt daignait un peu s'intéresser, prendre part aux colloques, se mêler aux échauffourées de l'orphelinat plus souvent. Ce serait un joli pas en avant. Au grand dam de certains, il aime tant lambiner sur ses écrans. Surveiller sa jauge de vie plutôt que son taux d'activité sociale.
PLACIDE Sa tempérance et son flegme savent être justement appréciés. Oui, parce qu'un Matt pondéré, un Matt calme et paisible, ça ne se refuse jamais. Surtout en temps de crise. Lorsqu'il n'est pas influencé, son discernement détendu est tout à fait bon à prendre. Parce que Matt est lucide et clairvoyant, lorsqu'il n'a plus de Ganon à terrasser.NÉGLIGENT Au risque de faire gueuler ses roommates, Matt n'est pas très attentionné. Ses effusions de sentiments ne sont que pour Samus Aran et la princesse Zelda. Il s'est amouraché des idées de Mello et s'il les partage, il ne suit aucune autre tendance apparente. Son manque de prévenance et son côté contemplatif lui valent bon nombre d'invectives.
INGÉNIEUX Après tout, on est successeur ou on ne l'est pas. Matt est capable de briller de part son esprit méthodique, et sans être un fana des équations différentielles, il est assez judicieux et raisonné pour être fiable. Quand il n'est pas absorbé par ses tribulations en quête de la princesse Peach évidemment.TACITURNE Masquer son désintérêt sous un profond silence, c'est un peu pudibond. Surtout quand on rechigne à sortir de son monde pixellisé pour se mêler aux personnes de chair... et de volubilité. Il parle peu, souvent en 1337 5|*34|<, parfois pour ne rien dire.
LOYAL La probité de Matt, son dévouement et sa fidélité incorruptible ont été très bien remarquées. Lorsqu'il emboîte le pas de Mello, cependant. Son comparse, son ami, son alter ego. Oui, le Shape n'est pas un parangon de vertu, mais il peut s'assurer d'avoir à sa botte sa deuxième ombre qui l'adule de façon si dithyrambique. Plus qu'un larbin le rouquin ?NEUTRE Son impartialité presque ironique ; son désir chronique d'être hors les petites rixes entre charmantes têtes blondes poussent à l'exaspération. Ou à la confidence. Et puis osef, il ne fait pas grand cas de ce qui ne concerne pas Mello, de près ou de loin.
JOVIAL Trait relatif de l'orphelin, son enthousiasme partiel et partial. Oui, c'est effacé et peu remarqué, mais c'est bien en lui. Ne pas oublier que le garçon est un bon-vivant, et même si sujet de griefs ; il préfère prendre la vie du bon côté, son temps, et son joystick avec toujours un sourire buriné sur les lèvres.JOUEUR Rien ne l'empêche jamais, lorsqu'il sort de son état larvaire, de jouer avec le feu. Au risque de se brûler méchamment. Que voulez-vous, dans tout internet il y a un deep. Son esprit de sale gosse mutin aime les bonnes doses de grabuge. Et d'adrénaline.

    Quelques mots, lancés comme des anguilles, comme des flèches, des pulsations, au travers des décibels qui résonnent hors de ton monde. Au delà des images polychromes qui se glissent comme des couleuvres hors de tes jeux technicolor.


Mon petit Mail Jeevas...

Il se trouve que par malheur tu n'es pas le personnage éponyme d'un jeu virtuel dans lequel tu aurais voulu naître. Un jeu où tu aurais sans doute déniché toutes les soluces en un rien de temps, que tu aurais mémorisé sous toutes les coutures ; Matt et les gnomes orphelins. Tu es fait comme les autres, garçon. De matière frémissante et humaine, de venaison bruyante et bouillante. D'intuitions martelées et de sensations palpitantes. Et pas tout de pixels colorés, criblés d'armes lourdes de la tête aux pieds, ne t'en déplaise. Tu es encore juvénile, emprisonné dans un corps mutant, une enveloppe de pulpe qui t'encombre pour sauter à la nuque des Elfes de la Nuit ou à l'assaut d'un Metal Gear récalcitrant. Voilà qui t'ennuies profondément. C'est frustrant, de ne pas être des leurs, n'est-ce pas ? De ne pas avoir d'Action Replay pour resquiller in real life. Mais soit. Contournons le morne quotidien comme tu le fais avec brio.

Tu te plais dans ton monde factice, hein Matt ? En boudant le réel et les problèmes. Tu t'incrustes confortablement chez Mario et ses acolytes sans une once de remords. Fin prêt à combattre à ses côtés pour le salut, même si en fait, c'est pour de faux. Tout ça n'est qu'une vaste mascarade. En guise de figurants, ces êtres dont tu t'entoures comme autant de pnjs. Après tout, pourquoi se plaindre de ton absence ? Linux et les autres mis à part, peu te connaissent vraiment. Peu ont palpé le tréfonds de toi-même. On te passe au travers, on te connaît pas vraiment. Aucune importance, de toutes façons. Tu ne fais de mal à personne, connecté dans un ailleurs high-tech et inexistant, plongé dans ce paradis artificiel en hardware qui n'a rien d'un dangereux stupéfiant. Enfin, pour les autres. Parce que pour toi, c'est un opium, un addictif, une pulsation délicieuse qui t'emporte loin de tout ça. Une montée aux cieux comme dans un Need for Speed. Une partie finale qui reboote la réalité dans un camaïeu d'aventures et de rêves. Du rêve, c'est du rêve. La sci-fi, l'Internet, le MMO, les entrailles des cartes mères... C'est là que tu te transcendes, que tu trahis ta réalité, cette amante lascive et lassée, et puis que tu t'éclates comme ça devrait être interdit ; dans l'enveloppe d'un autre que toi. Dans une dimension qui te file entre les doigts. Tu es un invétéré de ces antidotes si chronophages à la vie vraie. Dis-moi, peux-tu pallier à tout ça, cesser d'y être accro ? Trouver plus pur amusement ? Plus intense source de plaisir ? En suspens, cette question. Hors de portée d'une réponse concrète. L'électronique offre pléthore de possibilités, elle est tellement plus ductile, tellement plus jouissive que tout ces mariolles qui t'englobent comme des satellites agglutinés. Tu vivrais très bien d'une intraveineuse de pixels. Les sentiments, les gens ? Oui. Oui, mais après. Tes précieux acolytes dans l'écran t'y renoncerais pour rien sur Terre. Tu ne t'en séparerais pas pour un lopin de luxe, n'est-ce pas ? Ah, si. Pour Mello, forcément. Mais pour Mello, il faut dire, tu ferais n'importe quoi.

Alors tu t'incarnes, avec indolence, avec décalage, là où tu es. Après tout, la Wammy's n'a rien d'une planète érigée en 8-bit. Du sang court aussi dans tes veines, tu sais ? Ce fluide carminé que tu fais toujours couler à flot, au cours des odyssées épiques à travers FF ou Assassin's Creed. Et même lorsque la gâchette virtuelle te démange, il faut bien t'en priver, Matt, t'en détacher avec amertume pour affronter le tangible. Le désagréable. Le fatigant. Alors avec un rictus goguenard, c'est un peu las que tu te plies, que tu te résignes malgré tout. Et tu fais ce qui doit être fait : Tu es. Tu existes, tu es toi. Tu fais graviter autour de toi un petit réseau social, un lacis plus désorganisé qu'une page Facebook. Et lorsque tu erres avec autre chose que ces noobs, comme dit ton jargon, avec les bonnes personnes, celles qui te tirent hors de tes écrans bariolés, il faut avouer que tu y prend goût. Ça peut s'avérer plus drôle encore qu'une séance de trolling sur un forum, plus effrayant qu'une creepypasta juteuse, musarder avec tes bons copains. Tu aimes ça, sans l'ombre d'un doute. Mais juste ce qu'il faut ; pas tout à fait pleinement, de façon à n'être rassasié que par l'autre, l'autre monde, le monde virtuel. Histoire aussi de conserver cet éternel côté nonchalant qui te sied si bien. Cette seconde peau poisseuse qui fait que tu esquives bien des complications. En vérité, t'es pas méchant, Matt. Tu veux juste la facilité imminente. Tu es comme n'importe quel garçon versé dans l'âge ingrat qui est le tien : emprunt d'engouement, de malice puérile, de penchant pour les défis et autres paris pernicieux, qui te donnent quelques réminiscences de ces parties endiablées jusqu'à pas d'heure sur console. Cette griserie que te procurent les jeux dangereux, cette frénésie douce comme de l'épinéphrine dans les veines qui te rend fou. Tout le monde sait que t'en raffoles. Cette compétition constante, carnassière, les crocs dentelés des ennemis ? Un jeu de plus. Un jeu préjudiciable, mais un jeu à gagner. Pas toujours pour toi d'ailleurs : c'est souvent pour lui, aussi, le blondinet que tu talonnes partout, que tu veux triompher. Et ça te vaut quelques mauvais racontars. Mais les jugements ça ne t'effleure pas vraiment ; seul demeure cette malice gouailleuse, ou ce rai de génie qui illumine ton regard comme une oriflamme. Tu es si simple au fond qu'on te veut complexe, et tu peines à comprendre jusqu'où vont te décortiquer les analystes les plus alambiqués de tes camarades. Après tout, il sont comme toi à la recherche d'Excalibur, non ?

Les autres te trouvent un peu mou, à dire vrai, mais malgré tout tu ne déplais pas à toute l'assistance. Au contraire, ta présence est sympathique, agréable. Ton apathie a trouvé moyen de se faire apprécier, de trouver sa place désignée. De se former doucement, comme une tranchée boueuse dans un Call of. Et nul doute qu'on ne te délogera pas du trône un peu particulier sur lequel on t'a finalement placé, cher Matt. Une figure de proue ? Peut-être, peut-être pas. Tout est subjectif. Tu te loves dans une humilité parfaite et sans mesure, réfutant ta petite notoriété. Tant que ça fait plaisir à l'autre et son carré caramel. Moulé immuable dans ton sweat à rayures et ta veste à fourrure. Tu n'es sous les feux d'aucun projecteur, vraiment ! Tu voudrais juste qu'on te laisse étriper Pyramid Head dans ton coin, ta tranquillité mutique, et que l'électro-encéphalogramme de ton existence ne s'emballe que devant une Playstation flambant neuve ou un comic épuisé. Ta petite tête rousse est plutôt renommée, tu sais, tu as acquis une paresseuse réputation dont tu as quelquefois vent. Mais ça ne fait rien, vraiment. Discrétion constante. Après tout, une incartade pourrait déplaire à Mello, et tu ne veux pas qu'il assiste à tes frasques. Alors discrètement, lunettes fumées vissées sur la figure, tu en souris d'un air amusé. Sans en jubiler vraiment. Sourire de quoi ? De tout voyons. De tout ce qui passe auprès de toi, de tes yeux, de tes oreilles, de ton corps frais d'adolescent disloqué. Inutile de s'exalter sur les diverses broutilles auxquelles tu assistes au quotidien. Parce que tu n'es que Matt. Matt le pourfendeur de dragons, Matt le webmaster, Matt le chevalier Jedi, Matt le geek. Ce garçon qui sait, malgré les travers et l'adversité, où trouver son compte.

there are 10 types of people. those who understand binary and those who don't

#définissez vous en une phrase.
*Anthropologiquement parlant ou bien ?

#vous offrirez quoi à Noël à votre meilleur ennemi ?
*Une bataille navale.

#parmi ces livres ci-dessous, lequel serait le plus susceptible d'être votre livre de chevet ?
*H2G2 : The Hitchhiker's Guide to the Galaxy de Douglas Adams.

#ce que vous devez impérativement arrêter de dire. Sérieusement.
*« Je comprends ce que tu ressens... »

#la petite manie dont vous vous passerez bien ?
*N'avoir aucune notion du temps.

#il y a forcément quelque chose que vous auriez dû faire depuis longtemps et n'avez toujours pas fait.
*Ranger ma chambre si je trouve un jour le temps.

charge it, point it, zoom it, press it, snap it, work it, quick - erase it

─ Mais c'est une sale histoire, quand même.

Le vieil homme alluma une cigarette. C'était drôle, mais la lueur dansa sur le mur calciné qui dix minutes plus tôt expirait encore sous les flammes. Une taffe. Le reflet jaune vacilla un peu sur la balustrade.

Les pompiers étaient arrivés tard, un peu trop tard en tous cas, mais l'incendie n'était plus. La dernière flamèche avait expiré sous les trombes des lances. Le feu s'était aventuré, dévorant, jusque dans le patio et la petite cour derrière. Tout était mangé. Ne restait qu'un fumet. Et les cris âpres, comme du papier de verre, du voisinage.

Il avait faim, le feu. Faim de tout, de vie, de combustible quel qu'il soit, jusqu'à ce qu'on le maîtrise comme une méchante bête sauvage. et les soldats rouges qui le domptaient à grand bruit s'affairaient tout autour. Dans une frénésie désolée. C'est mort là. C'est mort. Les échelles claquent en se déployant, et ça y est, le périmètre est bouclé. On a pu sauver que le petit, les gars. Merde, juste le petit. Putain. Oh le carnage...

La chaux avait coulé sur les façades. L'eau tiède giclait depuis les tuiles, de part en part, comme de l'huile. Et à l'intérieur la maison était morte. Elle suait, suffoquait, craquait et s’essoufflait après la tempête de cendre et de fumée qui l'avait prise à la gorge - et tuée. Elle n'en pouvait plus de tout cet étranglement : elle avait succombé à l'implosion. Elle se reposait maintenant, sous l’œil vigilant des sapeurs crevés par l'embarras. Beaucoup de fumerolle s'épanchait partout dans les pièces. Des volutes gros comme des poings écrasés sur les poumons. L'asphyxie. Dans les entrailles de la cuisine, avec la fenêtre petite comme une meurtrière, il y avait maman par terre. La poitrine saturée de gaz. Les yeux grand ouverts. Papa était plus loin, dans la chambre du petit : les secours allaient et venaient dans l'escalier, en haut, en bas, piétinaient dans la grande salle aux allures de prétoire. S'étalaient comme du beurre. Vous nous entendez monsieur ? Monsieur ne vous entend pas. Monsieur a fait ce qu'il a pu. Les bruits de pas résonnent en surmultiplié et le brouillard se lève. On le chasse au dehors, alors que l'aube timide se frotte doucement à la baie vitrée. Le feu a frappé. Le glas a sonné.

─ C'est vraiment moche, monsieur Jeevas venait d'avoir la maison.
─ De ? Vous dites ?
─ Je dis : monsieur Jeevas venait d'avoir la maison.
─Vous connaissiez les résidents ?
─ Un peu. Des nouveaux, ils ont emménagé il y a quoi. Deux semaines ?


Les odeurs de brûlé s'étaient propagées jusqu'aux pénates voisines. Quelques uns étaient sortis, devant leur pavillon, encore en tenue du soir, portant leurs mains à leurs bouches ouvertes. De cet effroi confus mais fasciné jusqu'au bout de la rue réveillée. De cette effervescence un peu lâche et passionnée qu'on a tous, lorsque quelque chose de grave ou de surnaturel explose sous les yeux nus. Un spectacle intense. C'est terrible. Le rouleau de tabac mort s'écrase, petit à petit, consommé. Les dernières langues de feu se font braises. Tout s'éteint dans le déluge un peu cru, un peu acide, et plus rien ne crépite encore. Les pompiers pressés transportent consciencieusement un gamin hors de la résidence.

Le paquet était précieux, et silencieux, surtout. Il ne bougeait pas, pas un mot sur ses lèvres dormantes, pas un cri. Ses yeux fixaient le rien, le lointain, le point invisible hors de tout, qui lui épargnait l'horreur. C'était trop pour lui.

─ Tout va bien mon garçon. Tout est ok. Ses tympans d'enfant ne répondent pas. Il crachote. Il se sent partir. Il ne voulait pas traverser ça. Peut-être que c'était pas vrai, il pouvait se dire. Peut-être que c'était pas vrai : il pouvait encore voir l'image de papa qui courait le chercher dans la chambre.

La cendre rencontre le gazon noir. Par terre on ne les différenciait pas. C'était gris, impardonnablement gris, un gris éperdu et morne, étalé comme du sang sec. Le vieil homme termina la cigarette et regarda les pompiers conduire le petit dans le camion écarlate. Puis les restes du foyer. Ses paupières ridulées par le temps se fermèrent, rendues piquantes par l'air plein de vapeurs et de peaux humaines à jamais sous la débâcle. C'était comme un vieux four qui avait rendu l'âme, et tout avait péri.

Il y avait juste ce tout petit chanceux, ce rescapé miniature qui avait échappé aux mains enfumées du sinistre. C'était bien, au fond, c'était beau, qu'il s'en tire. Qu'il survive. Rien n'aurait pu rendre monsieur et madame Jeevas plus heureux, alors il fallait sourire.

─ Bonne chance, Mail Jeevas.

menu_ newgame*


On s'était concertés pour savoir où il irait. Il avait de la famille à Melbourne, d'après les informations, qui pouvait le recueillir, puis non, c'était une erreur, puis en un coup d’œil approximatif on en retrouvait sur la côte un peu plus sauvage, vers l'ouest, puis non en fait, puis on se tournait vers la lande, puis vers le foutu dossier, et ce qu'on voyait c'était juste un grand malaise blanc et un trou de questions.

Vacuité. Le fichier était muet et il n'y avait rien sous ces kilomètres de pages vides, toujours plus vides, qui n'abritaient en fait rien. Pas de secret qui soulageait. On grattait un peu et on se frottait les yeux, on se rengorgeait pour ne pas se résigner. Du café, pour chasser l'amertume, on s'y remettait, on caressait la tête du petit. Il ne disait rien depuis ces trois jours de procédure. Sa lèvre tremblait avec dureté. Bruit de papier roidé. Encore une erreur. Et un nouveau regard peiné pour le petit. Ses pieds se balancent dans le vide. On arrête de fouiller. Il fallait juste se rendre à l'évidence - parce que Mail Jeevas n'avait juste nulle part où aller ; il était juste orphelin.

─ Ce pauvre gosse.
─ Han mince, je pensais qu'on lui avait trouvé quelque chose... vers Melbourne, par-là...
─ Non mais ça c'était une coquille.
─ Ah.
─ Quelle foutoir dans ces dossiers !
─ Bon bah il faut.
─ Il faut, ouais.
─ Ça fout mal au cœur, mais on n'a plus le choix là. >


Pas de fin très heureuse.
Mail Jeevas croisa le regard de l'officier, qui n'avait plus rien d'équivoque. Il glissa une oeillade en biais sur les distinctions qui rutilaient sur son uniforme. Elles avaient un brillement dérangeant, tintaient comme des grelots de fer. C'était là le souvenir, celui du chatoiement de velours du feu. Le feu lui avait emporté l'enfance. Il se cacha les yeux dans ses petites mains blêmes, trop à vif. Ses jeunes années rognées par l'incendie lui étaient trop présentes. Trop fraîchement immolées. Il ne savait pas trop ce qui allait lui arriver ; le pas lourd de ces adultes pressés lui faisaient peur. Il espérait qu'il ne souffrirait pas trop... qu'on ne le laisserait pas tout seul... si on ne pouvait pas les lui rendre, alors il voulait au moins ne pas rester solitaire. Ils n'allaient pas le laisser solitaire n'est-ce pas ?

─ Il est encore petit. Il pourra se refaire sans trop de mal.
─ C'est pas trop tard, c'est bon.
─ J'espère qu'il a pas eu le temps de comprendre. Heath ? Il a compris, tu crois ?
─ Trop jeune.
─ Je pense aussi.


Mail resta mutique devant ces spéculations de grands. Les mains crispées autour d'un milk-shake, peinant à engloutir la crème sans nouer sa gorge et son cœur, il restait sur le banc. Emmuré dans un silence faux. Il ne levait le regard que pour lorgner sur leurs silhouettes, pour acquiescer des yeux, pour leur faire croire que c'était vrai. Oui, il était petit, oui, ça l'avait dépassé comme la salve de flammes avait dépassé les murs boisés de la maison. Mais ça n'empêchait pas qu'il savait. Il avait compris. Du haut de tes trois ans, sous les lumières des fenêtres, celles de son petit cerveau, il avait compris. Toute l'horreur incandescente de la scène lui avait troué les artères et puis ça lui était passé au travers comme un bistouri. Sa jeunesse n'était plus un anesthésiant parce qu'il en avait déchiré les frontières prématurément. Inconsciemment. Il avait dans les pensées un tamis au travers duquel filtraient les colles posées par la vie.

Mail était intelligent.

Mail avait passé quelques heures, quelques jours, devant le moniteur du petit centre aéré où il était gardé en attendant que l'investigation aboutisse. Les surveillants lui montraient des jeux ludiques, lui disaient de cliquer ici, là, comme ça. Ces écrans s'offraient comme des compagnons. Ces images étaient érigées pour lui. Ça lui plaisait.

Les minutes étaient égrenées par ses jeux. Par sa curiosité alambiquée. Les moniteurs devaient poser quelques limites ou il y passait ses nuits ; c'était mauvais pour un si petit. Mais la machine était un animal polyvalent et docile qu'il ne lui fallut que quelques jour à maitriser. Découvrir ses secrets (enfin si l'on considère le dernier niveau bonus d'un jeu junior comme tel) était source de jubilation. Quelques moments pour comprendre, et c'était tout ; ça lui semblait familier, doux, présent. Infaillible. Il ignorait encore, le petit Mail, que plus jamais il ne pourrait s'en passer. Ça allait juste muter comme une tumeur maligne pour combler un vide - un vide dévoré par l'incendie. L'incident. La technologie serait juste un réconfortant, un salut et une passerelle. Beaucoup de pédagogues vous diront qu'il faut toujours combler le manque chez l'enfant, je présume.

─ Il faudra juste le faire passer chez Keane dans la semaine, avant son départ.
─ Il a l'air putain de malin, le gosse. Ça se voit dans ses yeux. Tu trouves pas ?


Lucian Keane était un psychopédagogue. Keane trouva en effet des qualités impressionnantes au petit Mail, lorsqu'il lui fut présenté le dimanche suivant. Keane n'en crut même pas ses yeux, en fait.

Le petit rouquin s'appliquait, consciencieux au possible, les yeux cloués sur la vitre bariolée de la télévision. Il pressait les boutons de la manette qu'il tenait entre ses deux mains frêles dans une concision parfaite. Indifférent au crissement du stylo, celui du professeur à sa droite, qui parcourait un formulaire. Il semblait presque absent, effacé, résumé à la simple masse de pixels traduite à l'écran par les manœuvres pleines de justesse qu'il exécutait dans un par-coeur affolant. C'était du concerto virtuel. L'homme rajusta ses lunettes du bout de l'index, suivant la course effrennée d'il ne savait quel protagoniste projeté à la tv.

─ Mail ? Quelques secondes qui passent.
─ Hmm. Quelques ennemis à l'écran qui trépassent.
─ On a trouvé quelque chose de très bien pour toi, mon garçon.
─ Hmm.
─ C'est un orphelinat un peu particulier. Un endroit qui te correspond tout à fait. Il est très loin d'ici, mais tu y seras comme chez toi.
─ ...Hmmm.
─ D'ici quelques jours, tu seras dans ta nouvelle maison. Avec une éducation. Des amis. Je suppose que tu n'as pas beaucoup d'affaires. Tu aimes les avions ?


Mail écrasa le bouton off et l'écran vira au noir complet. Il posa la manette sur le tapis de jeu où il se trouvait affalé, levant la tête avec latence. Le petit fit naviguer un instant son regard dans la salle, les pieds en l'air, agités par un balancement continu. Ses yeux verts ourlés de cils un peu trop longs s'arrêtèrent sur le bac à jouet, sagement rangé sur un rayonnage.

─ Je peux prendre les lunettes ?
─ Les ?
Le vieil homme ne comprit que lorsqu'il posa à son tour un regard fatigué sur l'écrin. Une grosse paire de bésicles d'aviateur trônait au milieu, dangereusement délogée par la patte d'une peluche. Il fit à nouveau mouvoir ses propres lunettes d'un coup de doigt. A qui appartenaient-elle, déjà, ces vieilles montures ?

─ Si ça peut te faire plaisir.
─ Ca me fait plaisir,
il répondit aussitôt. Son visage un peu blême, un peu clairsemé de taches de rousseur s'illumina. Il avait vraiment un minois de fillette, Mail Jeevas ; une frimousse de chérubin déjà triste. Angelot aux ailes déjà déplumées par un mal trop gourmand. Bouffé par le génie précoce qui lui sortait par tous les pores. Mangé par le prodige qui le jetait droit vers la Wammy's House où, inéluctablement, il serait expédié d'ici quelques jours.

─ Au revoir monsieur Keane.

Et il est parti.

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La boîte ailée pressurisée avait quitté le sol. Pourfendant un tapis de nuages, projetée à toute allure dans le ciel déjà tout moucheté d'étoiles, le bruit des réacteurs bourdonnait derrière lui. Un bruit mou et mécanique, un bruit ronflant qui ne pénétrait aucun des cent hublots alignés sagement.

Mail était seul dans son compartiment. On lui avait réservé un duo de places, en première classe. Les allées et venues de l'hôtesse lui semblaient souvent incongrues. Un coca ? Des chips ? Tout va bien ? Et ta ceinture ? Mais après tout quelqu'un au poste devait avoir décrété qu'une vigilance permanente à son égard, c'était peut-être mieux. Il était encore tout petit. Qu'importait. Mail bailla bruyamment, remuant entre ses deux accoudoirs. Il se gratta l'épaule en scrutant a minuscule fenêtre. La place déserte à côté de lui était occupée par une petite pile d'appareils électroniques, mais il n'y touchait pas. Une fresque de paysages étrangers au dehors ; des étendues de plaines jaunes noyées par la nuit, et d'un coup des buildings aux milliers de lueurs petits comme des briques de lego mal emboîtées.

─ Go go go, Matt ! On a plus le temps, la bombe explose dans moins d'une minute. Magne magne magne !!

Le bruit de la télé suspendue au plafond, à côté des néons irradiant son siège, lui vrillait les oreilles. Le son était dérangé par les parasites. Le programme était banal. C'était un de ces blockbusters où un héros ensanglanté menait une croisade contre des robots, à l'aune d'un désamorçage express. Vous connaissiez le scénario à la seule vue d'une scène, à la seule vue de la gueule lisse et luisante du protagoniste. Enchaînement d'explosions. Mail regardait d'un seul œil, touillant dans l'assiette en carton posée sur sa table rétractable. Il aurait aimé être à la place de ce héros, ce Matt qui déjouait des complots machiavéliques et sauvait la madone à la fin.

La voix désincarnée d'une annonce quant à l'atterrissage prochain couvrit le film, et Matt sentit que l'appareil amorçait un lent plongeon. Il riva ses yeux curieux sur le hublot. Ils descendaient. Alors il n'y aurait pas de crash, comme dans un de ces jeux qu'il avait essayé tout à l'heure. Le garçonnet rassembla maladroitement ses affaires. La Wammy's House ? Il ne savait pas quoi en penser. Les grands le feraient pour lui.

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─ Alleeeez, c'est parti. T'oublies pas Matt, si tu plantes, c'est no dessert pour trois semaines !
─ Avec les skills pourris que tu te payes je peux même monter à quatre, si tu veux.
─ Oueoue cause toujours. Je te marave moi.

Les gamins rabattirent leurs casques, à présent vissés sur leurs oreilles dans une nuée de décibels. Les lampes à lave de la chambre chutèrent d'un coup dans un dégradé violacé. Et les seuls foyers de lumière présents étaient ceux des deux écrans disposés face à face. Le duel avait commencé. Toute existence extérieure s'était stoppée, les battements de cœurs assourdis par la Machine, les câbles entremêlés, les flux rss enchevêtrés. Tout ce qui était vital entra en bruyante collision avec le virtuel, où le duo de garçons se plongeait corps et âme - parés d'armures et de masses d'arme en acier magique -. Une cacophonie de clic et de touches écrasées retentirent comme une sonate, mais aucun son ne s'extirpait de leurs bouches respectives. Un tressaillement de temps en temps. Une explosion au delà des deux casques. Mais c'était tout. Le reste ne comptait plus : seule cette partie de mmo héroïquement engagée déciderait, désormais, du sort du monde. Et de la crème brûlée de ce soir.

Cela faisait douze ans que les murs de la compagnie Wammy's cloisonnaient Matt. Une décennie et deux années qu'il était présent, qu'il s'était construit et formé auprès des autres tranches de vie qui l'englobaient. Ça formait son réseau social unique. Matt était moulé dans une atmosphère étrange, une atmosphère imprégnée par le génie. Le sien, celui des autres, qui les avait irrémédiablement conduits dans cet institut singulier.

Mail Jeevas c'est le garçon étalé dans le coin là-bas, sur un coussin, les fils de ses chargeurs enroulés sur les avant-bras. Mail Jeevas était devenu un fervent geek. Ce nom trivial que l'on entend dans bien des bouches, ce concept un peu retrempé et porté aux nues de l'ère moderne. Tout présageait ce dans quoi il tombait quelques temps plus tôt; cette lubie grandissante pour l'électronique, cet engouement souligné pour les pixels par milliards, pour les jeux - les héros tragiques et canonisés de l'ère vidéoludique -. Et ce vide, sans doute, causée par l'absence des emportes par le feu. Celui qu'on appelait Matt avait en quelque sorte remplacé la vacance de sa famille par cette généalogie là, où prenaient place les compagnons virtuels que l'on incarne à la faveur d'une partie. Une substitution, en quelque sorte, mais il appréciait tout ça. Qui l'aurait sorti de l'abîme, sinon ?

─ Pffff. Tu va pouvoir bouffer tes desserts, sale pgm. Le micro alla sauvagement valdinguer sur la touche echap. ragequit.

Il rit d'un air mutin en rajustant la lanière de ses bésicles.
Matt c'était le pseudonyme dont il s'était affublé. Une origine assez simpliste en somme, juste un extrait de ce film à gros budget dont il avait oublié le nom au sortir de l'avion douze ans plus tôt. C'était un peu con de l'avoir choisi sur un coup de tête, mais il était petit à l'époque. Il n'avait jamais eu matière à en changer par la suite parce que c'était devenu une part de lui-même, un pseudonyme juste et attachant qu'il usitait sur tous ses forums rpg et sur tous les boards. Sauf sur 4chan, histoire de pas se faire tracer trop vite.

Oui, bien sûr, Mail Jeevas était désormais Matt, dont les journées se voyaient scindées par sa passion très chronophage : il passait le plus clair de son temps - la moitié de ses vingt quatre heures journalières, sans doute - campé devant une console ou un moniteur. Et avec lui tout y passait. Il n'était pas un casual, Matt : tout le monde le savait. A propos de tout le monde, il y avait bien quelques entités qui lui sortaient le nez de ses chères occupations. Il y avait ces petites têtes comme lui, dans ce lacis d'enfants perdus, ces amis à la volée avec qui il était enfermé.

─ Où il va, Matt ?
─ Ben à ton avis. Il va rejoindre son maître comme le bon toutou qu'il est.
─ C'est un de ses larbins ? Moi je le trouve flippant Mello.
─ Regarde-moi ce roucquemoute qui voudrait surtout pas arriver en retard...


Et puis il y avait Mello.
Mello c'était une toute nouvelle sorte d'amphétamine, débarquée depuis fort longtemps dans le quotidien mi-pixellisé du gamer. Il était une dose d'adrénaline dans ses nerfs, qui valait tous les raids du monde dans une contrée virtuelle. Il était son meilleur ami et la seule étincelle de vie qui comptait pour de vrai, à ses grands yeux fardés sous des lunettes chromées. Il n'en parlait que peu, mais à toujours être fourré avec son petit monarque blond, à la merci de ses caprices digne des plus grands glitches, à le talonner bien plus souvent que de raison... la rumeur avait fait tous les couloirs. Matt c'est un peu l'ombre du jeune caïdd auquel il ne refusait rien. C'était ardu pour lui de s'en passer. Mais pas d'anxiété, il le vit très bien.

Matt vit tout très bien en général, d'ailleurs, ayant finit par laisser mourir l'amertume de son passé. Son acceptation de la vie nouvelle semble optimale, favorisée par ses jeux, ses compagnons, son quotidien plus doux qu'il tend à le faire croire - et à le croire lui même. Cela fait belle lurette que le rouquin connait les règles. Qu'il laisse courir, qu'il ne bronche pas. Tant qu'on le laisse placide éviscérer Deathwing, suivre son Shape, taper ses cours sur son macbook ou s'affaler sur la chaise à la cantine. Les conditions les plus arbitraires lui conviennent parce qu'il s'est imposé un certain recul sur tout. Même sur l'incendie qui lui a pris un fragment d'âme. Mais qui, qui l'a déjà vu en colère ? Lui qui connaît son nouveau monde comme tous les arpents de ses FPS.

─ Brb, je vais dormir un peu.

Une nouvelle partie qu'il n'est pas près d'effacer.

big man in a suit of armor. take that away and what are you ?

SURNOM : Ludy
DATE DE NAISSANCE : 041294
ÂGE : 16 piges /o/
SEXE : ❒ M ✔ F
AVATAR : matt@deathnote, thanks captain obvious.
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EST-CE VOTRE PREMIER FORUM RP ? HELL NO.
AUTRE : RAWR ITS ME IM BACK so repost. revoilà matt, je m'excuse platement pour mon inactivité, j'étais là en mode fantôme mais ça va changer, alors le geek revient en 2.0. J'ai remanié des microdétails ; c'était plus pour signaler mon retour que modifier ma fifiche. vous pouvez me frapper ;;' oh et je supplierais bien le staff de delete mon actuelle fiche de liens, que je reposte bientôt aussiiii. navrée du dérangement.

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