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 ♣ Utopy ♣ If you're not a hot chocolate, molehills will burn you. How it this surreal ?

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Sujet: ♣ Utopy ♣ If you're not a hot chocolate, molehills will burn you. How it this surreal ? Mer 6 Juin - 23:55

identité
Who am I ?


Je suis désolée de devoir poster ma fiche en trois parties, mais elle ne rentre pas en un message, ni en deux ~ >_<'
PSEUDONYME: Utopy
NOM : Ukars [prononcez You-Keurz]
PRÉNOM(S) : Pearl
QI: 192
DATE DE NAISSANCE : 03/03/1996
ÂGE : 16 ans
SEXE (✔) : ❒ M ✔ F
ORIGINE : Anglaise
ANCIENNETÉ : 2 ans et demi
MANIE : Monter partout en hauteur. Elle ne supporte pas être assise et que ses pieds touchent le sol par exemple. Elle est toujours assise sur une table, une étagère... partout.


physique
Are you sure to see me ?

Couleur des cheveux : Une sorte de noir teinté de rouge, avec les pointes plus rosées/violacées.
Couleur de la peau : Blanc, enfin on dit cela, mais se serait plutôt une sorte de beige ~ °°
Tatouage/Piercing ? : Non
Couleur des yeux : Bleu foncé
Taille en centimètres : 1m57
Corpulence: mince (46.3kg)


caractère
You won't find my soul

Assidue
Passionnée
Bonne vivante
Utopiste
Joyeuse
Positive
    Rebelle
    Associable
    Imprudente
    Orgueilleuse
    Détachée
    Obsessionnelle
Vivre dans un monde où tout, absolument tout est possible, n'est-ce pas le rêve de tout à chacun ?

Cependant, ce que l'on ferait dans ce monde varie d'une personne à une autre. Certains rêveraient de gloire, une couronne sur la tête au port altier, scintillante du pouvoir absolu contenu dans ces feuilles d'or ciselées de pierres ouvragées. La sceptre dans une main gantée, un manteau d'hermine sur les épaules, et surtout des millions de sujets fidèles sur qui on a le droit de vie, de mort, et de bien plus encore. L'allégorie de la royauté sied à bien des gens, mais ce n'est pas exactement le dessein auquel aspire Utopy.

Elle ne vit que pour elle-même. Les autres, elle n’en a cure. Il est vrai que depuis sa plus tendre enfance, une seule manière d’être heureuse s’était imposée à elle : le détachement complet. En effet, c’est quelqu’un que bien peu de choses peuvent déstabiliser. Bien que son corps soit ancré profondément dans cette terre morne et sans intérêt où, à l’instar des milliards de terriens, son âme avait échouée ; son esprit nageait bien au dessus de l’eau. Quelles que soient les vagues qui pouvaient la secouer, elle se laissait ballotter avec un sourire angélique aux lèvres, attendant simplement que passe l’orage. Les flots de la vie auraient beau se refermer sur elle comme l’étau de la mort, Utopy sait, elle, sentir au plus profond de soit les courants salvateurs qui, à la seconde où la faux brillera sur sa gorge, la pousseront hors de l’eau. Ainsi, sa vie n’est autre qu’une montagne russe ambulante, dans sa quête d’endorphine, d’adrénaline, et de sérotonine, tout en gardant à l’esprit une distance certaine avec sa vie.

C’est donc dans l’excès total qu’elle trace son chemin. Une explosion de sensations, visant à contrer l’ennui, ce fléau auquel les gens comme Utopy étaient trop souvent sujets. Car cette quête constante de vivacité n’est que le fruit d’années de souffrance psychologique, qui la menèrent au bord du gouffre, dans les abysses les plus incertaines de l’esprit humain. La solitude, surtout, avait jouer un rôle décisif dans sa vie. Seule, chez elle, dans le noir, perdue dans un douleur sourde qui suintait par tous les pores de sa peau, avec la seule envie d’appuyer sur le bouton « off » et ne plus jamais se réveiller. Ce seul désir, perlant à travers les larmes de sang qui s’égouttaient du couteau, de mettre fin à ce spectre invisible martelant son crâne. Au bord de la folie, le cœur battant à rompre les os, le seul moyen d’endormir le monstre dans sa tête était charnel. Elle n’avait sentie nulle douleur lorsque la lame mutilait son poignet, juste une immense satisfaction, à la limite de la transe. Un soulagement dément, alors que les flots se teintaient de rouge. Utopy avait baigné dans une mer de sang durant de longues années, sans jamais mourir, poussée par une étincelle de survie qui s’allumait lorsqu’à bout, le bras vermillon, elle pensait à sa mère. La seule pensée de sa génitrice partie rejoindre les anges, ayant sacrifier sa vie afin que sa fille mène son propre chemin, ravivait en elle une rage brûlante, un colère qui la poussait à la vie. Chaque fois, elle épongeait le sang, et en regardant les étoiles, murmurait doucement : « Tu seras fière de moi, maman. ».

A présent, sortie de ses ténèbres, Utopy s’était jurée de ne plus jamais toucher à une lame pour s’ouvrir les veines. Ses scarifications, ces fines cicatrices sombres sur son avant-bras gauche, lui laissaient des souvenirs à la fois très vifs et très estompés, comme si un voile de poussière les avaient recouverts, les relayant au coin le plus reculé de son esprit. A la place, la jeune fille se lançait corps et âme dans l’ivresse la plus complète des sensations. Tout ce qu’elle entreprenait n’était que succès, du moment qu’elle y portait un intérêt frisant l’obsession _ ce qui, soit disant passant, était le cas pour tout ce à quoi elle daignait s’intéresser _ . Elle est fascinée par le tout petit comme le très grand. Tout ce qui est ou n’est pas est digne d’occuper une part de ses pensées, du moment que c’est de son point de vue, ce dernier étant assez particulier, je l’avoue. Ce qui n’est pas est à inventer, ce qui est est à étudier pour en décortiquer les fondements les plus enfouis. Ce théorème s’applique à ℝ, pour notre damoiselle. Ah, oui, c'est une phrase qu'elle a l'habitude de dire lorsqu'elle cite une des règles fondamentales de sa vie. Ses capacités infinies vont des mathématiques au français sans aucun écart. Étrange n'est-ce pas ? Elle peut-être tout à fait à l'aise dans l'art de jongler avec les chiffres, les signes, afin de les associer par un petit « = » de rien du tout ; comme elle sait à la perfection jouer de sa plume pour écrire les plus belles lignes qui soient. Son cerveau est très polyvalent, au bonheur de ses professeurs. Du moins, au début.

En effet, Utopy a un... différent avec l’autorité. Elle ne supporte pas les ordres, et toute chose qui lui est imposée, si elle n’y trouve pas d’intérêt, sera supprimée de son disque dur, alias « cerveau ». Ce rapport difficile lui joue très souvent des tours, notamment dans le cadre scolaire, où les nombreux devoirs non-rendus, les heures séchées, et les marques d’insolences la poussaient au bord de l’expulsion. Enfin, peu importe à présent. Ce n’est pas de sa faute, elle adore jouer. Utopy est une très grande joueuse. Elle joue avec les gens, avec les choses, avec tout ce qui lui tombe sous la main. Après tout, je vous l’ai déjà dit, la vie est un jeu pour elle. Cependant ce n’est pas vraiment une qualité, car ces jeux la pousse parfois à faire du mal sans qu’elle s’en rende vraiment compte. Le bien est le mal ne sont définies que par la société, d’après elle, donc ce n’est pas quelque chose auquel elle fait attention. Ces notions absconses varient d’une croyance à une autre, comme d’une époque à une autre. Certaines religions procédaient à des sacrifices humains pour leurs Dieux, chose totalement mauvaise pour la société actuelle. La traite des noirs en esclavage paraissait totalement normale, et est considérée comme horrible à présent. Certes, l’être humain sent ce qui est bon ou pas, mais la société le confine dans des idées qui n’est parfois pas les siennes, c’est comme ça. Nous subissons tous un formatage d’idées depuis notre naissance par nos enseignements et notre vécu.

Ce formatage consiste également à mettre tout le monde à même hauteur. C’est se voiler la face. Il y a des plus intelligents, des plus beaux, des plus intéressants, et des plus idiots. L’école, par exemple, est dédiée aux plus vils intellects qui soient, trop étriqués pour comprendre, et non apprendre. Le système scolaire est le reflet de la bêtise gouvernementale, comme elle répète souvent à ses professeurs courroucés. Les seules choses qui la sauve de l’exclusion définitive sont ses notes plus que convenables. En effet, elle a beau avoir sauté deux classes, son intelligence plus que remarquable lui procure le droit à quelques bavures. Ces notes vont de 15 à 20 sans aucun effort. Ce n’est absolument pas pour son avenir qu’elle « travaille », ce n’est pas une bonne élève modèle. Elle étudie absolument toute seule, sans écouter le moins du monde ses professeurs. En classe, elle se penche seule sur son bouquin, afin de contrer l’ennui qui la taraude. Elle va plus vite en solo que les cerveaux réunis de toute la classe. Tel est son fléau.

Car être intelligente n’est pas qu’une chance. Elle se considère presque comme handicapée par cela. L’être surdoué n’est qu’un rejeté de la société qui l’entoure. Il est seul, confronté à lui-même. Sa solitude combinée à sa passion la rendent cependant fort observatrice. Elle voit tout, entend tout, se souvient de tout. Sa mémoire colossale est fort utile, c’est vrai. Lors de ses entrevues avec ses... « camarades », ses paroles sont dépourvues de spontanéité. Une conversation avec Utopy est à double tranchant. Lorsque sa bouche mène la conversation, son cerveau réfléchit à une vitesse phénoménale. Les mots s’engrènent suite à une réflexion intense pour ne laisser paraître que des fragments, souvent faux, de sa personne. Chaque geste compte. Ne vous méprenez pas, elle a parfaitement conscience de l’inaptitude de ses camarade à reconnaître ses signaux corporels. Lorsqu’on parle, nos positions, notre gestuelle en disent long, bien plus que nous le voudrions. La partie la plus importante comme la plus mystérieuse de nous même se trouve dans nos faits. Exemple : quelqu’un ne cligne pas des yeux alors qu’on lui parle ? C’est signe de son désintérêt. Un semi-sourire : mépris. Ce don est fort utile parfois, et elle sait en jouer. Cette faculté, avec un sourire, une posture particulière, de s’immiscer lentement dans l’esprit de sa « victime », pour en prendre le contrôle total. Elle sait se calquer sur les autres, afin de capter les bons signaux, ceux qui pousseront les gens à dire « avec Pearl, on est vraiment sur la même longueur d’onde. » Vous saisissez ?

C’est donc une manipulatrice, et comme tout manipulateur, elle ment. Utopy sait très bien mentir, car elle sait accorder ses paroles à ses gestes. Elle a un défaut qu’elle ne maîtrise pas vraiment : elle s’invente des vies. C’est plus fort qu’elle. En une fraction de seconde, elle peut inventer une vie toute entière. Paraître, et non être. Tel est sa devise en compagnie de gens bien plus limités qu’elle. Le fait d’inventer son bonheur la poussait jadis à se convaincre de sa propre joie. Ce n’est qu’un mensonge ambulant, qui cependant se satisfait très bien comme cela. Oh, j’ai failli oublier le plus important : son égo. Elle est plus que prétentieuse, elle se prend presque pour Dieu. Cette arrogance se voit dans son regard lorsqu’elle vous toise du haut de ses 1m57, méprisante envers les humains qui ne méritent pas un regard de sa part.

Malgré cela, elle a tout pour réussir, n’est-ce pas ? Cependant, le sort en a décider autrement...


classe
My vision's the best

Choisir une seule et unique réponse à chacune des questions ci-dessous en la mettant en gras et/ou dans une couleur voyante. Cette zone sera par la suite éditée par un membre du staff qui vous communiquera ainsi votre classe.


Définissez vous en une phrase.
  1. Non.
  2. Dans un souci d'objectivité, je pense qu'il faudrait poser la question à mes amis...
  3. Anthropologiquement parlant ou bien ?
  4. Sérieusement, t'as pas quelque chose d'autre à faire que me demander ça ?
  5. Je suis un.


Vous offrirez quoi à Noël à votre meilleur ennemi ?
  1. Une bataille navale.
  2. Les hauts de Hurle-vent.
  3. Le DVD d'Ed Wood par Tim Burton.
  4. Un poisson rouge.
  5. Une corde.


Parmi ces livres ci-dessous, lequel serait le plus susceptible d'être votre livre de chevet ?
  1. Finnegans Wake de James Joyce.
  2. H2G2 : The Hitchhiker's Guide to the Galaxy de Douglas Adams.
  3. Totem et Tabou de Sigmund Freud.
  4. Harry Potter de J.K Rowling.
  5. Les 120 journées de Sodome du Marquis de Sade.


Ce que vous devez impérativement arrêter de dire. Sérieusement.
  1. « Le si n'aime pas le ré pour la centième fois ! »
  2. « Ton niveau s'élève à la dérivée d'une constante. »
  3. « Plus vite ! Hé que ça saute ! Allez ! Merde ! »
  4. « D'un point de vu biologique... »
  5. « Je comprends ce que tu ressens... »


La petite manie dont vous vous passerez bien ?
  1. Câliner tout le monde.
  2. N'avoir aucune notion du temps.
  3. Faire des private jokes.
  4. Accro au high five.
  5. Caser des citations partout.


Il y a forcément quelque chose que vous auriez dû faire depuis longtemps et n'avez toujours pas fait.

  1. Faire mes devoirs. Mais je les ai jamais fait, commencer maintenant serait pas judicieux pour ma réputation.

  2. M'excuser au près de la personne que j'ai insulté il y a trois semaine. Peut-être. On verra.

  3. Quelque chose que je dois faire ? Euh. Non non, j'ai fini ma classification, ma maquette de l'ADN, tout est bon. Non ?

  4. Ranger ma chambre si je trouve un jour le temps.

  5. Lécher les bottes du professeur pour m'accorder un délai supplémentaire si j'ai pas la flemme...



HRP
I'm not mad, I'm me


    SURNOM(S) : Skully S. ~ Styx ~ Lëwen ~ etc ~ (non ça c'était pas un surnom ~ )
    DATE DE NAISSANCE : 18 / 05 / 96
    ÂGE : 16 ans ~ oui je sais, vous avez la flemme de calculer ~
    SEXE (✔) : ❒ M ❒ F ✔ Chose étrange
    AVATAR : Kattzu ~
    DÉCOUVERTE DU FORUM : Hasard ~ °°
    EST-CE VOTRE PREMIER FORUM RP ? Non pas du tout non ~ x)


Dernière édition par Utopy le Jeu 7 Juin - 22:18, édité 7 fois
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Invité
Sujet: Re: ♣ Utopy ♣ If you're not a hot chocolate, molehills will burn you. How it this surreal ? Jeu 7 Juin - 0:12

histoire
The World Is Mine !

Chapitre I Je suis née en Enfer, et n’en sortirai pas vivante...

La vie dans les bas-fonds de la Ville de Londres n'avait rien à voir avec les maisons en taule et en plastique, les chiens errants, aux côtes saillantes sous un pelage incrusté de poussière, les enfants voleurs, boueux et malodorants, que les gens "normaux" s'imaginaient. Non, parfois, c'était bien pire. Les bêtes à demi mortes s'attaquaient directement aux humains tel la faim les dévorait; Le vent faisait tomber les habitations de cartons, où toute une famille se terrait parfois pour contrer le froid qui pétrifiait leur chaire nue. Les endroits les plus vils, criminels, où suintait continuellement la crasse et la peur, étaient ceux où Pearl vit le jour. 

Un vieil appartement, à l'aspect moins délabré et obsolète que le reste de la rue, abritait une communauté de femmes de toutes sortes. Il y habitait des vieilles, des jeunes, des étrangères, des grosses, des petites... Un choix énorme de modèles, comme disait Martin, le gérant. Car ces filles n'étaient qu'une marchandise, dont l'on dévorait la chaire à vif, dans les battements de cœurs affolés d'un corps résistants aux attaques charnelles. Chaque jour, des hommes arrivaient, bestiaux, à l'envie irrésistible de compromettre leur âme par le pêché de chaire. Et Martin faisait marcher la maison. Il aiguillait les rencontres, récoltait un pourcentage sur les gains de ses filles, et les hébergeaient en échange. Oui, détrompez-vous, les maisons closes existent encore, à titre-non officiel bien sur.

Il y vivait une prostituée, nommée Anna. Au pied du mur, les dettes imprégnées dans tous ses os, sans le sou, elle avait été contrainte au plus vil des métiers. Vendre son corps, la dernière chose qu’il lui restait. Plus de famille, plus de métier, plus de logement... Martin lui avait tendu la main. L’homme à la tête d’ange avait le charisme d’un vendeur de drogue. Comme celle-ci, il est d’abord agréable. Il lui avait prêté de l’argent, afin d’éponger une maigre partie de ses emprunts, mais cependant, c’était une belle somme. Elle lui devait une énième dette... un contrat avec le diable. Il avait des moyens, de très gros moyens. D’où les tenaient-il ? Elle n’en savait rien. Personne n’en savait rien, à vrai dire. Le Cresus démoniaque l’avait précipiter dans le commerce de chaire, et jamais plus elle n’en sortirait. C’était fini pour elle. Plus d’espoir, plus aucun, ne pointait à l’horizon. Il ne lui restait plus qu’à ouvrir ses cuisses au premier client qui payait grassement. Car bien que son métier ne soit pas des plus rentables, c’était une « entreprise » qui se voulait saine et qui gardait un minimum de dignité. Les filles étaient toutes belles, parlaient toutes la langue... Et la misère du quartier ne pénétrait pas les murs de la maison. L’ambiance qui y régnait entre les filles était bonne. Ce métier de débauche et de douleur les unissait, et nulles querelles ne pointaient entre elles. Elles mangeaient bien, car Laura, la compagne de Martin, s’occupaient d’elles comme de ses propres filles, même avec les plus âgées. Elle était douce, gentille, et toutes, avec le temps, se détachaient peu à peu de cette vie d’horreur.

Anna s’était liée d’une très solide amitié avec Mary, une femme de même âge qu’elle. Les deux prostituées, deux très belles femmes, avaient beaucoup de succès auprès de ses messieurs. La joie exubérante de leur amitié était ce qui avait de plus cher à celles-ci. Les liens fraternels qui les unifiaient les rendaient inséparables. Elles écumaient ensemble les eaux tumultueuse de leur vie, dans leur petite barque solitaire. Barque qu’elles relègueront plus tard à Pearl. Anna et Mary étaient les courtisanes préférées d’un homme, un gérant d’une petite entreprise qui ne demandait qu’à s’étendre. Cette homme, c’était Alexander Ukars.

C’est dans une chambre étriqué, où l’atmosphère lourde se mêlait à la poussière et aux copeaux de bois rongés par les souris, qu’un imprévu se produisit. Les deux corps entrelacés au sein de l’alcôve sombre ; le lit grinçait au rythme des muscles saillants sous l’effort. Les respirations saccadées, agrémentées de quelques gémissements, de quelques mots murmurés au creux de l’oreille, accompagnaient la symphonie charnelle de la couche. C’est dans cette illusion aux sensations explosives, brûlantes ainsi qu’extrêmes, qu’Alexander satisfaisait sa soif bestiale de chaire. Il se laissait totalement guider par ses instincts. L’homme en lui s’était tu à la seconde où il avait franchi la porte ; Et Anna, toute à sa douceur de femme, lui dispensait milles caresses pour la plus belle prime. Jouant de son corps délicat, de sa beauté jalousée par grand nombre de demoiselles, elle prenait possession de son corps, dans des élancements de buste et de hanche. Et lui, hypnotisé, bercé par les mouvements comme par les bruits réguliers, n’était plus maître de lui même. C’est alors que dans une explosion de plaisir, Alexander commit un acte qui l’enchaîna à jamais avec cette prostituée. La contraception n’est pas toujours garantie, une infime brèche éclata sur le plastique sensé les protégés. Cependant, épuisés, ils ne firent pas attention au drame de leur vie.

Des mois passèrent, pendant que le miracle de la vie continuait d’opérer, grandissant dans le ventre d’Anna. D’instinct, elle sentait que quelque chose n’allait pas chez elle. Qu’un élément avait changé... Ce n’est qu’au bout du quatrième mois, alors qu’elle avait prit du poids que Mary, affolée, lui avait dit « vient, on va acheter un test de grossesse » en voyant la peau de son ventre s’arrondir de plus en plus. Elles étaient aller à la pharmacie du coin, et étaient rentrées en toute hâte pour lire la notice. Arf, il fallait attendre le matin, c’était plus propice aux hormones de grossesse. La nuit pour nos deux amies fut ponctuée de rires et d’angoisses, si bien qu’Anna n’attendit pas l’aurore pour sortir les petites bandelettes de l’étui.

Attendre une demi-dizaine de minutes les résultats avaient été une torture mentale pour la jeune femme. Elle remettait en doute tout son triste avenir, toutes ses chances de maigre survie. Car si Martin l’apprenait, il attendrait qu’elle ne soit plus bonne à rien, empotée par sa grossesse, et la mettrait dehors, sans aucun scrupule, pour lui tirer le moindre sou. Anna n’était qu’un pion insignifiant sur l’échiquier, un gambit ne dérangera pas l’homme d’affaire. Il aurait une bouche de plus à nourrir, bouche qui ne pourrait pas travailler, et cela ne l’enchanterait guère.

Anna regarda la bandelette emprisonnée dans un tube en plastique, et compara les résultats sur la notice, oubliant de respirer tant elle tentait de préserver son calme.
Les deux bandes annonçaient un résultat positif.

Chapitre II Décision d’une vie

La pauvre Anna ne savait que faire. Les jours suivant la nouvelle, elle passa son temps à réfléchir à sa situation. Les bons conseils de Mary ne lui était pas très utiles malheureusement. Elle était effarée par l’idée d’une grossesse, elle, une prostituée, considérée comme une moins que rien, un sous-déchet de la race humaine. Elle, qui subit sans broncher les caresses masculines ; Elle à qui la vie a lâchement tourner le dos, comme à toutes ses femmes du monde obligées de choisir la survie, et d’oublier la vie, la vraie. Comment vivrait cet enfant ? Il serait traité de tous les noms. « Fils ou fille de pute » et j’en passe. Comment le bébé pourrait-il grandir ? Dans ce monde immonde, où la honte surgit à tous les coins de rue ? Non, elle ne voulait pas de cela pour son enfant. La seule solution qui s’offrait à elle était l’avortement, cet acte odieux qui l’avait toujours repulser. Pour la jeune femme, cela s’avérait être un acte à l’égale d’un crime. Tuer avant même sa naissance un être humain, une vie, une âme en formation dans son propre ventre, qui n’avait comme base que deux cellules... cela frisait l’inimaginable. Et pourtant, ce miracle de la vie se perpétuait depuis des millions d’années, cet acte merveilleux que de mettre au monde le fruit de la communion de deux êtres.

Mais cette grossesse tombait fort mal à propos. Anna devait s’y résoudre, elle ne pouvait le garder. Les résultats du test indiquaient 4 mois et 1 semaine. Comment se faisait-il qu’elle ne s’en soit pas rendu compte avant ? Il est vrai qu’elle avait grossit, que son ventre s’était arrondi... Elle avait plus faim, et était souvent prise de nausées, mais elle avait fait bien attention à se protéger d’une quelconque fécondation accidentelle ! Elle eut soudain un déclic. S’il y a enfant, il y a père. Celui-ci serait-il apte à garder son bébé, un batard qui n’aurait peut-être aucune valeur à ses yeux ? La jeune femme se mit à réfléchir quels clients elle avait eut à cette période. Elle consignait tout dans un carnet, un journal intime, en quelques sortes, et se rua dans la chambre où elle dormait avec ses camarades. Caché sous une latte branlante du parquet, elle le sortit en toute hâte, et tourna frénétiquement les pages. Son short en jean commençait à lui serrer vraiment le ventre, quand elle était assise ; Et ses seins avaient gonflés, elle se sentait serrée, étriquée, étouffée. Ça ajouté au tourbillon de pensées qui se bousculaient dans sa tête, elle était au bord de la crise d’angoisse. Les pages tournaient entre ses mains moites, et elle trouva enfin la date qui lui convenait. Elle lut :

«  Aujourd’hui, journée calme. Peu de gens sont venus pour moi, ils voulaient tous voir Wendy, Angel, Grace, et Kate. Les autres, comme Mary, Susan et moi, nous n’avons eus qu’un client chacune. J’ai tout de même gagné une belle somme avec Mr. Ukars. »

Ces quelques mots lui suffisaient. Elle se bénie de tenir ce cahier, dans un élan de bêtise qu’elle refoula aussitôt. Ainsi donc, le père était Alexande Ukars. C’était un client fidèle, un peu trop peut-être, mais il ne demandait que les services d’Anna et de Mary, ses deux favorites. Il était plutôt doux, pour les hommes qui venaient ici. Cruellement en manque d’affection, il était cependant pourvu d’une intelligence apparente, teintée d’une pointe de timidité qui faisaient souvent rosir ses pommettes, que son teint halé de parvenait pas à cacher. Il avait la trentaine, peut-être, et avait l’air aisé. Tout du moins, assez pour porter des lunettes chères et un jean Lewi’s. Les gens qui se permettent d’acheter cela ne sont pas comme les filles de la maison. Cependant, s’encombrerait-il d’un enfant ? Elle n’en avait aucune idée.

La main de la jeune femme alla caresser son ventre, tout doucement, comme si elle avait peur de casser le fragile cœur qui battait dans ses entrailles, à l’unisson avec le sien. Elle se surprit à esquisser un sourire. Peut-être son inconscient se manifestait-il.
Peut-être avait-elle envie d’être maman.

***

«  Alexandre... Reveillez-vous ! »

Une main sur l’épaule de l’homme lui fit cligner des yeux, les paupières lourdes, et la bouche pâteuse. Il leva le regard vers son collègue de travail, qui le fixait avec un air désapprobateur.

« Vous devriez dormir plus la nuit, vous allez vous faire virer par Schwarzenegger s’il vous voit. »

Alexandre jeta un œil vers le « big boss », que tous nommaient « Schwarzenegger », avec ses airs de robot destructeur et sa carrure plus qu’imposante. Il se redressa, une feuille restée collée sur sa joue, et se regarda dans l’écran de son ordinateur. Ses yeux bleus clairs cernés de rouge trahissaient ses nuits agitées devenues quotidiennes. Ses cheveux en batailles, indisciplinés, arboraient un post-it en guise de coiffe, qui avait du s’accrocher alors qu’il avait glissé dans les bras de Morphée. L’homme enleva le papier collant, et retroussa les manches de sa chemise, étouffant un bâillement. Il avait prit du retard dans son travail, et déjà qu’il devait gérer tous les salariés, en tant que gérant, mais en plus il avait des dossiers à rendre en urgence aux hautes sphères. C’est quand il se mit de nouveau au travail que son téléphone sonna. En pestant, il retira ses mains du clavier de l’ordinateur préhistorique, et décrocha :

« - Allo ?
Mr. Ukars ? C’est Anna, de « hard cockail »

Alexandre ouvrit de grands yeux. Il avait donner son numéro à la maison de prostitution _ qui faisait aussi bar et parfois restaurant, soit disant passant _ qu’il fréquentait régulièrement pour se tenir informé des soirées et des jours de fermeture exceptionnels. Mais il ne s’attendait absolument pas à recevoir un coups de fil de la jeune femme.

« - Je suis désolée de vous appeler, mais il faut que... que je vous dise quelque chose.
Je... Oui, allez y. J’aurai du retard sur un payement ou quelque chose comme ça ?
Non, pas du tout, répondit Anna avec un petit rire crispé, c’est bien plus grave, malheureusement.
- … De quoi s’agit-il ? Demanda Alexandre qui commençait à se faire méfiant.
Et bien... je... je suis enceinte, déclara-t-elle d’une traite, et le père, c’est vous. »

Le pauvre garçon hésita alors entre trois réactions : le rire, l’incrédulité, et le désarroi. Plus tard, la colère fit son entrée dans la spirale émotionnelle. Puis il passa par les même réflexions que Anna, avant de se poser l’ultime question « Est-ce que je garde mon enfant ? »

Chap III Naissance

« - Soutenez-la ! On l’emmène dans la chambre ! »

Les directives sortaient seules de la bouche de Mary, qui portait son amie avec deux autres de ses compagnes. Une dernière avait accouru pour ouvrir la porte et débarrasser un lit des affaires échouées sur la mer de tissus et de plume duveteuses. Elle écarta les vêtements qui jonchaient le sol, afin de faciliter la marche de ses camarades, qui portaient Anna, sur le point de créer une nouvelle vie. Presque au terme de sa grossesse, Anna, ayant travailler jusqu’à la limite de sa corpulence, avait voulu cacher tant bien que mal son état à Martin, qui omnibulé par ses affaires, ne s’était rendu compte de rien. Cependant, en faisant ses comptes, il s’aperçu d’une baisse notable dans les activités d’Anna. Cette dernière se disait souffrante depuis quelques temps, et cela était mauvais pour son commerce. Aussi, il décida d’aller lui remettre les pendules à l’heure en allant à l’improviste dans sa chambre. En voyant le ventre arrondi à l’extrême de la jeune femme, il était entré dans une colère noire. Elle en était à 8 mois et quelques, et ne put se défendre quant aux gestes de son patron. Dans un excès de rage, il avait donné un coup dans le ventre, qui lui fut fatal. La jeune femme ressentit une douleur atroce, et un liquide translucide mêlé de sang se rependit sur son lit. Le coup avait déclenché un accouchement prématuré.

A présent, la lumière pleuvait devant ses yeux teintés de noir. La souffrance implosait en son corps, comme si le néant se déchirait, que la chaire écartelée, flagellée par les sangles du Diable, faisaient perler l’Acheron des plaies. La peau étirée au maximum palpitait, vivait, respirait en s’ouvrant de plus en plus. Les organes se bousculaient, les fins vaisseaux cassaient, déversant leur fluide brûlant dans les entrailles d’Anna. On l’allongea enfin sur son lit, et on la dévêtue. Enfin, comme un grand soulagement, un hurlement déchira ses cordes vocales. Ses compagnes, endossant le rôle de sage-femme, durent se mettre à deux pour lui tenir les jambes écartées, alors que Mary, gardant son sang froid malgré son teint blafard et ses mains tremblantes, essayait de faire venir l’enfant. Placée au bord du lit, les jambes maintenues, une bassine aux côtés du lit pour les déjections _ inévitables _ de la mère. Comme quoi, toute vie commence noyée dans les excréments, dans la bassesse la plus extrême, et la honte ancrée à la peau.

Des heures interminables passèrent, teintées de sang et de douleur. Les jambes seules restaient encore dans le ventre d’Anna. Épuisée, cette dernière ruisselait de sueur. Ses yeux, tout comme son corps, étaient parcourus de spasmes incontrôlables, alors qu’une des prostituées lui épongeait tant bien que mal le visage. Le sang lui manquait, elle se sentait au bord des lymbes de l’évanouissement. Mary, enfin, réussit à dégager l’enfant, et d’une main mal assurée coupa le cordon qui reliait les corps de la mère et de l’enfant. Des larmes ruisselaient sur ses joues tant les flots d’émotions qui se déversaient en elle était forts. Aussitôt, elle laissa Anna aux soins des autres pour faire expulser le liquide des poumons de l’enfant. Elle tenta, de gestes désespérés, de le faire tousser le nouveau-né. Soudain, un cri retentit. Un cri de naissance, alors que le bébé ruisselant de sang secoua son petit corps de toussotements. Ebettée, Mary le prit dans ses bras et l’essuya avec une serviette qui lui avait tendue une de ses amies. Elle lança un regard humide à Anna, étendue sur le lit, pâle et respirant avec peine. La jeune mère esquissa un sourire, et tendit la main vers son amie. Cette dernière lui rendit un radieux sourire, et lui tendit son enfant en murmurant :

« - C’est une fille... »

Chapitre IV Adieu

Martin était fou de rage. C’est avec peine qu’il se contenait. Il devait sortir avant de frapper le bébé, et vite. Aussi, il sortit de la pièce à grands pas, en claquant la porte derrière lui. Il prendrait sa décision plus tard quant au sort de la mère et de son enfant. Sa vengeance ne tarderait pas.

Anna était faible, trop faible pour s’occuper tout le temps de son bébé. La beauté de la petite fille relevait de l’incroyable, du romantisme. Bien qu’elle soit encore toute fripée, la peau rougeâtre et les yeux fermés, on pouvait deviner aisément quelle beauté se cachait derrière cette peau de nourrisson, sous l’enveloppe de l’angelot, aux cheveux blonds déjà foisonnant. Ce sera une magnifique femme, si elle a le privilège de vivre jusque là. Cependant, Anna n’allait pas bien, pas bien du tout. Si elle esquissait un geste de trop, il lui arrivait de vomir du sang par la bouche ou le rectum. D’après la femme de Martin _ qui avait eut des parents médecins disait-elle, mais avait apparemment un peu trop abuser des séries hospitalières _ D’après la femme de Martin Anna aurait souffert d’une hémorragie interne lors de son accouchement, et il lui fallait du temps pour récupérer.

Martin, qui était parti se fumer une Malboro _ dont il était friand _ revint quelques minutes plus tard. Il déboula dans la chambre tel une tornade, ses cheveux blonds en bataille, et le visage exprimant une colère froide, figée sur ses traits de David. D’une voix mordante il s’adressa à Anna :

« - Dehors. »

Perdue, cette dernière resta immobile, tout comme les autres filles qui étaient restées dans la chambre.

« - DEHORS ! » Hurla Martin. Le bébé, réveillé, eut quelques hoquets puis commença à pleurer, ce qui eut pour effet immédiat de faire bondir Martin pour la faire taire. Laura s’interposa aussitôt entre lui et l’enfant, bientôt suivit de Mary et d’autres filles. Elle lui dit, en prenant son visage entre ses mains élancées :
« - Mon chéri, on ne peut pas les mettre dehors, Anna est malade, elle mourra si...
Je me fous qu’elle vive!
Chéri, le bébé...
Une fille de pute ! Une future trainée ! Je veux que vous foutiez le camps de chez moi, continua t-il en s’adressant directement à Anna, ou c’est moi qui te buterai de mes propres mains. »

L’index accusateur qu’il tendait en sa direction rendaient ses paroles explicites et sans appels. Laura réussit à apaiser un peu sa colère, à l’aide de douceurs dont seules les femmes ont le secret. Il leur accorda un jour, puis répéta que si elles trainaient encore dans la chambre quand le délai sera terminé, ils tuerait l’enfant et sa mère, sans scrupules. Des bouches de moins à nourrir, qu’il disait. Cette explosion d’insultes et de reproches désemparèrent certes Anna, mais ne la surprirent pas. Elle était tristement hermétique à toutes les infortunes qui se montreraient devant elle, et se laissait peu à peu consumée par les flammes du purgatoire. Elle se sentait si faible... Jamais elle n’arriverait à survivre dans cet état, elle devait soit trouver un lieu où vivre en quelques heures, soit mourir, et son enfant avec.

Une résignation aussi violente qu’apaisante s’installa en elle. Soudain, plus rien autour d’Anna ne comptait. Il n’y avait que sa petite fille, son bébé, qui dormait paisiblement dans un berceau improvisé, au fond de couvertures pelucheuses. Sa propre vie n’était plus rien, plus qu’une sombre histoire sur le point de se terminer, arrivée au dernier chapitre d’une existence houleuse et perdue dans l’écume du temps. Son corps se détendit doucement, alors que perlèrent à ses yeux la quintessence de l’amour pour sa fille. Les diamants liquides restèrent longtemps en suspend sur ses yeux d’azur, puis glissèrent sur ses joues pâles. Elle s’empara de son carnet, d’un stylo, et commença à écrire. Les larmes s’échouèrent sur les pages blanches, comme un gage à l’affection d’une mère pour son enfant. Le stylo dansait sur la feuille, alors que ses prières, ses peurs, ses espoirs les plus profonds prenaient forme sous ses yeux embués. Qu’allait-il rester d’elle à sa fille ? Aurait-elle une quelconque affection pour une mère morte ? Elle coucha sur le papier ses interrogations, toutes les moindres bourgeons de pensées, qui un jour peut-être fleuriront dans l’esprit de son enfant. Les mots d’une condamnée, qui perdue dans ses lignes ressentait chaque mouvement de l’air sur sa peau, chaque palpitation de veines en son corps, chaque respiration comme si c’était la dernière. Elle écrivit ainsi durant des heures, comme en transe, bercée par la nuit qui tombait sur les ghettos de Londres. Cette ultime nuit, et la première qu’elle passerait avec Elle.

Anna se leva doucement, ménageant ses efforts, et soucieuse de réveiller ses camarades. Elle s’approcha de son enfant, et la prit doucement dans ses bras. Chaque contact lui faisaient l’effet d’un courant électrique, presque d’une douleur tellement ceux-ci étaient lourds sur sa conscience. Elle s’installa à nouveau dans son lit, indifférente au sang qui commençait à couler de sa bouche, et colla son enfant contre son sein. La petite ne pleura pas. Elle respirait doucement contre sa mère, qui pleurait à nouveau sur ce petit corps palpitant de vie. Puis lentement, la minuscule main de l’enfant vint se poser contre le cœur d’Anna. Elle semblait tellement paisible, tellement rassurée du contact maternelle, des larmes qui gouttaient sur sa peau frêle. Elles étaient parfaitement unies, synchronisées par les liens invincibles qui s’étaient tissées entre elles. Cet instant magique dura toute la nuit, sous le regard bienveillant des étoiles et la pâleur triste de la Lune. Le bruit des voitures dehors, des aboiements et des hommes ivres ne troublaient pas l’harmonieuse communion d’Anna et son bébé. Puis quand virent les premières lueur de l’aube, qui chatouillèrent leurs visages endormies, elle prit le téléphone. En chuchotant, elle chercha le nom d’Alexandre dans le répertoire, et l’appela. Bien qu’il fut tôt, il décrocha, d’une voix endormie et pâteuse. A la suite d’une brève conversation, la décision était prise. Il allait venir prendre sa fille.

Après avoir reposer le combiner dans son socle, qui émit un léger « bip », elle se redressa sur son séant. Le bébé commença à geindre légèrement, et malgré la douleur que ce geste occasionnait, elle le secoua doucement en l’intimant de se calmer. D’un très léger coups de pied, elle réveilla Mary, qui dormait dans le lit à côté d’elle. La jeune femme émergea lentement du sommeil, et la regarda. Elle n’avait pas fière allure. Le teint fantomatique, les yeux ternis par une vie de malheur, les cheveux bruns emmêles, et le tee-shirt tâché de sang. En croisant le regard de son amie, elle fut frappée par la détermination ainsi que le désespoir qui s’emanaient d’eux. Les lèvres d’Anna chuchotèrent :

« - C’est l’heure, Mary. »

L’intéressée la regarda un instant, et, comprenant quelques brides _ mais non pas les moindres _ de ses intentions, son visage se contracta. L’horreur de la situation lui sauta aux yeux, et un torrent de larmes déferlèrent sur ses joues. Elles n’avaient pas besoin de dire un mot. Mary avait tout compris. Anna esquissa un sourire, et lui tendit une main tremblante, qu’elle prit tendrement, comme pour lui signifier toute son amitié. Anna chuchota à nouveau :

« - Tu veux bien m’accompagner quand... ? »

Paroles auxquelles son amie acquiesça doucement, les joues baignées de larmes, et le visage tordu dans un abominable rictus de douleur. Elle savait qu’il n’y avait plus rien à faire. Déjà Anna commençait à tousser du sang, et le lit se couvrait peu à peu d’élixir vermillon. Elle pâlissait à vue d’œil. Ses lèvres devenaient violettes, et son corps fut secoué de tremblement. Mary voulut lui prendre l’enfant des bras, mais elle fit un geste pour lui signifier de ne pas y toucher.

« - Je... je veux l’av... avoir dans mes bras... » dit-elle en grelotant.

Mary, impuissante, pleurait à chaudes larmes. Anna la tira vers elle, et posa sa main sur sa joue, les yeux dans les siens, dans une dernière étreinte avant que le froid qui la secouait ne la fasse dérivée sur d’autres mers inconnues. Elle lui glissa un papier froissé dans une main, et lui désigna un sac d’affaires.

« - Do... donne ça à... à ma fille... je... je t’en supplie... ne m’oublie ja... jamais Mary... Tu se... sera toujours mon am... amie.... ma sœur...
Je te le promet, hoqueta Mary, en proie à des spasmes de sanglots, je te le... jure. »

Après ces brefs mots, la lueur dans les yeux d’Anna commença à se dégradée. Elle luttait pour garder connaissance, pour grappiller encore quelques secondes, quelques précieuses minutes à tenir ainsi sa fille dans ses bras, et à sentir la chaleur de son amie. La peur de mourir la prit soudain,et elle eut un frisson d’horreur pour ses ténèbres qu’elle sentait ramper autour d’elle. L’angoisse paralysa tous ses os dans un sursaut de frayeur qui se traduisit en un hurlement de l’âme. Cette peur fit battre son cœur, et elle tomba doucement sur son lit, les yeux grands ouverts vers la fenêtre qu’elle ne pouvait plus voir. Toute étincelle de vie s’éteignit alors dans ce regard vide qu’était le sien, et ses organes engorgés de sang cessèrent toute vie.
Elle était morte.

Un cri d’enfant déchira la nuit, comme si le bébé avait senti que la personne la plus précieuse pour lui ne serait plus jamais là pour le chérir. Mary prit la petite dans ses bras, et secouée d’un chagrin épouvantable, déplia le papier que son amie lui avait glisser dans la main. Sur ce menu bout de feuille, de sa fine écriture maintenant perdue, étaient écris ses quelques mots :

« Prend bien soin de ma Pearl »

Chapitre V enfance

S’occuper d’un enfant ne pouvait pas être si difficile ! Du moins, c’est ce qu’Alexandre croyait. Il était arrivé le matin, à temps pour voir le corps d’Anna blanc, noyé dans un océan de larme et de sang, sa peau de porcelaine maculée par le fluide vermeil de la vie. Elle paraissait calme... presque endormie. Seuls ses yeux trahissaient la raideur cadavérique qui s’était emparée d’elle. Ses cheveux semblaient ternis, recouverts d’un voile de poussière. Cela faisait peine à voir. Les détails de son corps inanimés restèrent gravés à jamais dans sa mémoire, comme une balafre qui hantaient parfois ses nuits.

Il avait prit sa fille et préparer un enterrement décent pour Anna. Lors de la mise en terre, humble, où toutes les filles qui travaillaient avec Anna pleuraient leur amie disparue, Pearl ne pleura pas. Elle ne semblait pas pour autant insensible, mais gardait un silence qui paraissait empli de respect pour sa mère disparue. Que pensait-elle, dans sa tête d’enfant ? Comprenait-elle qu’on mette sa mère dans une boite pour la déposer en terre ? Cela pouvait se révéler être si étrange comme pratique, d’un point de vue nouveau. Elle se taisait. Elle ne faisait que dormir, où regarder parfois le cercueil, de ses grands yeux bleus à peine ouverts. Dans l’assemblée, ceux qui n’avaient pas vécus avec Anna jasaient, pestaient contre la pauvre femme. On regardait son bébé, et bien loin de faire des commentaires sur sa bonne santé et sa beauté, on la rabaissait au rang d’animal souillant l’espèce auquel il appartenait. Que les gens sont peu réceptifs au malheur, parfois. Peut-être était-ce seulement une mesure de protection, une sorte de rempart. Car rabaisser quelqu’un de mort à une espèce sous-evoluée, se sentir supérieur à elle, n’était-ce pas penser échapper au destin de cette personne ?

L’enfance de Pearl se révéla tranquille. Son père l’aimait, c’était à n’en plus douter. Lorsqu’il était au travaille, parfois il la confiait à Mary, qui s’occupait d’elle comme de sa propre fille, en mémoire de son amie disparue. Les filles de la maison adoraient Pearl, et Martin tolérait sa présence du moment que ça ne nuise pas aux activités de ses prostituées. Aussi, le bébé passait de mains en mains, mais le climat de confiance qui régnait dans la maison close lui garantissait une sécurité et un amour sans faille. Elle prit vite de l’âge, alors que son père grimpait les échelons de son entreprise, pour devenir le nouveau big boss. En deux ans, la petite grandit à une vitesse folle. A ses 3 ans, elle savait parler comme quelqu’un d’absolument normal et mature, et plongeait déjà dans les histoires que son père lui lisait parfois. Cela avait commencer quand son père lui lisait des légendes des milles et unes nuits pour l’endormir. Au bout d’une petite cinquantaine de fois, elle les connaissait par cœur. Puis de fil en aiguille, elle avait associer les mots, les sons, et les voyelles à sa mémoire, pour en former des mots. Elle apprit à lire seule, à trois ans.

Son père se rendit vite compte que sa fille était bien plus intelligente qu’elle en avait l’air. Elle était loin de la naïveté enfantine qu’avaient tous les jeunes enfants. La petite Pearl décelait dans les histoires d’enfants les sombres reflets de la réalité. Elle avait bien compris que le petit chaperon rouge, qui se faisait manger par le loup en allant dans la foret sans permission, n’était que l’allégorie de la petite fille qui se balade seule dans les rues sinueuses de Londres, et se faisait agressée. Elle avait comprit que Alice n’était qu’une junkie, une droguée qui fume la chicha avec une chenille, et qui fait un bad trip, comme les adultes disent. Elle avait saisit que pinocchio, un pantin idiot et naïf, frôle la mort un grand nombre de fois en acceptant les offres de minables revendeurs et trafiquants aux airs de gollum. Il n’y avait rien d’autre à dire, elle avait vu les aspects les plus sombres de la société, à seulement 3 ans et demi, maintenant. Pearl posait sans cesse des questions existentielles, comme « est-ce que Dieu existe ? », « qu’y a t-il après la mort ? » ; et son père, désarmé par cette vivacité d’esprit juvénile, ne savait que répondre.

Lors de son entrée à l’école, elle savait déjà lire et écrire seule. Elle allait déjà sur l’ordinateur, et était avide de savoir. Tout ce qu’elle pouvait apprendre, elle le buvait avec une avidité proche de l’obsession. Elle était aussi fascinée par le très grand que le très petit, par l’univers et les molécules, par l’Homme et l’animal. Elle mémorisait très facilement tout ce qui l’intéressait. Il était évident que son intelligence allait bien au delà de celle de ses camarades, et ce que son père et ses instituteurs qualifiaient comme « une graine de génie », Pearl le prenait seulement comme un handicap. Ils lui firent passer deux ans, et elle atterrie à la « primary school » en « year 1 » à 3 ans et quelques. Malgré tout, elle était bien mieux seule, dans un coin de la classe, à empiler les jouets qu’elle apportait de façon à les transformer en réacteur nucléaire où en robot ultra-perfectionner. Elle rêvait de devenir un inventeur de renommé international ! De révolutionner le monde vivant avec ses inventions, ses robots et les molécules qu’elle mettait au point.

Toute sa scolarité, on refusait de la faire sauter d’autres classe. Son père parvint à lui accorder un dernier passage directement vers « the year 4 ». Ce n’était qu’une scolarité ennuyante, et le passage du SATS à ses sept ans fut la seule distraction qui lui était accordée. Elle n’avait que cela à faire, étant donné que bien peu des élèves n’acceptaient une gamine de six ans dans leur classe de dix ans. Cependant, elle n’eut pas besoin de réviser, ni d’apprendre vraiment. Elle s’ennuyait à mourir en classe. Ce n’était presque pas une métaphore. Passer ses journées à écouter ses camarades déblatérer sur les couples de la classe, sur le sexe ou autre discutions de puceaux immatures étaient d’un ennui et d’un désintérêt mortel. Alors Pearl regardait par la fenêtre de son collège. Elle écoutait d’une oreille distraite le professeur faire son petit numéro que personne ne prenait au sérieux, tout en décortiquant les immeubles qui se dressaient tel des totems sur le béton froid de la ville de Londres. Depuis son enfance, elle avait migrer dans les quartier bien plus chics de la ville, non loin de la Tamise, et pouvait voir les douces nappes de brumes matinales qui flottaient sur le fleuve encore endormi. C’était beau, si l’on ne prenait pas en compte la noirceur humaine qui sommeillait en ces eaux putrides.

Elle était malheureuse. Pearl se sentait trahie par la vie, repoussée par ses semblables, des bêtes idiotes et étranges pour son cerveau bien trop vif. Elle était dans l’incapacité de se trouver de véritables amis, et ces soirées étaient occupées par l’informatique, le seul refuge qu’elle avait trouver pour développer ses facultés tout en étant solitaire. Elle avait découvert un monde assez spécial : le rpg. Les forums où elle passait son temps servaient à écrire, écrire plus encore. Elle créait des personnages plus fous les uns que les autres, tous soumis à un passé tragique, et à un futur bien plus sombre. La lumière ne faisait pas partie de ses personnages. Ils étaient tous mauvais, destructeurs, perdus dans leurs propres ténèbres, qui avaient consumées la petite part de beauté qui des cachait peut-être encore dans leur âme. La torture mentale qui s’écoulait de ses mots étaient son exutoire, son passeport pour les océans brumeux de l’inconscience, juste quelques minutes, quelques secondes où la paix revenait.

Son père lui avait parler toute petite de sa mère. Il lui avait dit qu’elle était morte en la mettant au monde, ce qui, bien qu’elle n’eut aucun souvenir de sa génitrice, l’avait profondément culpabiliser. Comment vivre alors que celle qui aurait dut la chérir, la protéger, était morte par sa faute ? C’était d’un cruel... Elle se sentait incapable, tout au long de son adolescence, de tourner cette page de plomb qui pesait sur sa menue poitrine. Puis un jour, son père lui donna un carnet. Ce dernier était couvert d’une couverture abîmée de cuir, aux coins racornis et à l’odeur de vieux. Il lui avait seulement dit, avec une voix voilée :

« - Ta mère t’a laisser ceci. »

Sa première réaction fut la colère, évidemment. Puis plus tard elle se rendit compte qu’elle était à la fois très frustrée et peinée par ce carnet, par ces pages reliées qui recelaient peut-être le secret de son existence et de la mort de sa mère ; Mais elle avait peur. Une peur sourde qui suintait par tous les pores de sa peau. Et si ça avait été une mauvaise personne ? Si elle ne l’avait pas voulue ? Si elle ne l’aimait pas ? Si elle découvrait, caché entre les lignes, des injures à son enfant ? Tant de questions se bousculaient dans son crâne, comme un ouragan qui ne demandait qu’à causer le plus de dégâts possible. Puis un jours, alors qu’elle était seule, dans un excès de désespoir, elle prit le carnet de sa mère, et l’ouvrit à la première page. Elle y trouva des notes, des anecdotes sur sa vie de débauche forcée, sur la misère qui était sienne, et sur les jours d’une longueur épouvantable qui éreintait. Alors qu’elle se couchait, tout le ventre douloureux par les mauvais traitements sexuels qui lui étaient infligés, elle couchait sur papier les heures interminables de sa vie. Puis à la fin... Elle y trouva une lettre. Elle la reconnue car la page commençait par « A ma fille, Pearl. » Son cœur s’affola dans sa poitrine, alors que soufflant un bon coups, elle continua la lecture du texte qui changea sa vie.

« Que te dire, ma chérie... Je viens de te mettre au monde, et les forces me manquent pour t’écrire ceci. Je vais mourir, tu sais ? Je vais rejoindre les anges au delà des frontières. Où pour toutes mes infortunes, le diable m’ouvrira ses bras, qu’en sais-je ? Cependant, je ne regrette rien. Sache que si la vie m’a abandonnée alors que tu n’avais qu’un jour, c’est parce que je l’a voulu. Tout contre mon sein, tu dors, en ce moment. Mon petit bébé, ma mignonne petite fille... Comme j’aurais voulu te voir grandir, te soutenir dans toutes les épreuves de la vie... j’aurais voulu être une vrai mère pour toi, une présence qui te prendrait dans tes bras quand tu seras mal. Quelqu’un pour rire à tes côtés, pour sécher tes larmes, pour annihiler tes peurs, et étouffer tes cris. J’aurais voulu avoir le privilège de souffrir ton absence alors que tu seras avec ton petit ami, j’aurais voulu assister à ton mariage, pleurer de bonheur lorsque devant l’autel, sublime avec le voile blanc qui embellira ton corps, tu murmura « oui », en serment à une vie de bonheur. J’aurai voulu voir mes petits enfants... Si tu savais tout ce que j’aurais voulu !

A présent, il fait sombre. Je revois tout ce que j’ai vécu, et me dis que je suis passée à côté de bien des choses. J’ai fait commerce de mon corps, j’ai vécu dans des poubelles rances qui sentaient l’urine et où les rats menaçaient notre pain. Mais à présent que je te vois, mon ange, dormir paisiblement, hermétique à la souffrance de ce monde, je pleure. Je pleure de bonheur, de soulagement de laisser une étincelle dans mon sillage. Cette petite étoile qui un jour allumera un feu qui illuminera le ciel de sa grandeur. Ma fille, tu es l’ange de mon cœur, et malgré les bras de Gabriel que je sens couler contre moi, c’est toi, et toi seule à qui je dois la paix. Je souhaite qu’un jour lointain, nous nous retrouveront au paradis. Je voudrai que tu vive, que tu vive plus que personne ne pourrai vivre. Je t’en supplie, ne porte pas attention à ces monstres qui courent les rues. Vie pour toi, et vie jusqu’à ton dernier souffle. Je t’ai donner ton premier, à présent, porte mon dernier au fond de ton cœur pour toujours.

J’aurai tant de chose à te dire, mais l’aube arrive, ma chérie. Les heures se sont écoulées comme les flots torrentiels de l’océan. J’aimerai tellement continuer à te serrer ainsi dans mes bras... Mais ces cruelles secondes m’arrachent peu à peu à toi. Sois assurée que même dans les cieux, mon cœur sera toujours tient. Toujours.

Je t’aime, ma chérie »

Et les larmes de Pearl rejoignirent celles de sa mère.

Chap VI Etrange

Lors de sa « year 13 », elle rencontra un garçon., qui était lui aussi plus jeune, et avait 15 ans. Malgré son mutisme habituel, la jeune fille s’était peu à peu ouverte à lui. Cela avait commencer par de petites taquineries, puis des câlins, pour finir par ce qui semblait être de l’amour. Il était le seul qui la comprenait, le seul à qui elle pouvait se confier sans crainte. Au fil du temps, elle lui avait même raconter l’histoire de sa mère, et au lieu de la rigoler sur le fait qu’elle soit la fille d’une prostituée, il l’avait simplement prit dans ses bras, en essayant de la réconforter d’une caresse affective sur ses cheveux. Ce geste si inhabituel _pour elle _ avait réveiller un sentiment de peine profondément enfoui, et elle avait fondu en larme contre l’épaule du jeune homme. Aussi l’avait-il bercer et murmurer des mots tendres jusqu’à ce que les larmes se tarissent dans les grands yeux bleus de la jeune fille.

Depuis maintenant 9 mois, ils étaient ensemble. Compter les mois paraissait très à la mode dans les couples de nos jours. Il était fou amoureux d’elle, d’après ses longs regards langoureux et les battements de son cœur qu’elle ressentait vivement contre leurs poitrails enlacés. Cependant leur relation parvint vite à un stade de dégradation extrême. Il était plus âgé qu’elle, de trois ans _ bien que leurs maturités respectives furent équivalentes _ et elle trouva son comportement changé au fil du temps. John _ de son nom _ commença à fréquenter des gens peu recommandables, même pour Pearl, qui avait la présence d’esprit de ne pas juger les gens hâtivement. Une bande de quelques garçons l’avaient intégré dans leur cercle intime, et au fur et à mesure, la jeune fille se rendit compte qu’ils touchaient à un fléau bien connu : la drogue.

Elle ne l’avait découvert qu’à son comportement ; son absentéisme, ses yeux aux capillaires éclatés, l’état étrange de détente et de rêverie niaises dans lequel elle le trouvait parfois entre deux cours. C’en était devenu vraiment étrange. Puis dans la poche de son blouson, un jour, elle avait trouvé ce qui semblait être un joint, d’après l’odeur et la « texture » ; et encore, en allant chez lui, sous un tiroir était caché un petit sachet au contenu plus que louche : De petites pastilles blanches. Son comportement envers elle aussi avait changé. Il maintenait une distance froide entre eux, et se révélait souvent très désagréable. Et pourtant, il l’aimait ! Oui, s’il y avait une certitude que Pearl pouvait encore avoir, c’était celle-ci. Cependant, la jeune fille n’était pas gentille. Ce n’était pas une de celles qui se soucie de ne pas froisser ceux qu’elle aime, pour la simple et bonne raison que c’était de l’ordre de l’utopie. Si l’on fait du mal au gens par les mots, la plupart des cas ont pour cause l’affection que se portent les individus ; alors le sentiment de culpabilité _ humain _ qu’elle ressentait parfois était vite balayé. C’est pourquoi elle lui annonça un jour, au détour d’une rue, que c’en était finit de leur histoire. Il la regarda, une expression neutre sur le visage, qui se fendit instantanément en un grand sourire. Pearl fut totalement désarmée. Que lui arrivait-il ? Était-ce vraiment la réaction des gens normaux quand on leur disait cela ? L’air incrédule qu’elle affichait le fit rire. Il la prit par la main en disant, le plus simplement du monde :

« - Tu viens ma puce, on va prendre un café. »

Elle ne comprenait plus rien. Avait-il entendu ce qu’elle avait dit ? Cachait-il sa peine, ou était-il simplement content des événements ? Mais dans ce cas, pourquoi l’avoir appeler « ma puce », surnom qu’il lui donnait pour formuler son amour à chaque phrase ; et le sourire qu’il affichait n’avait pas l’air feint, au contraire ! Au delà de l’étrangeté du geste, un fond de panique commençait a venir en elle. La main qui ensserait la sienne lui faisait penser à un aigle et sa proie...

Tous les deux assis à un café, Pearl le regardait du coin de l’œil fumer sa cigarette. Ses jambes étaient ouvertes dans sa direction, tout comme le reste de son corps. Il ne croisait pas les bras sur la table, tenant seulement la cigarette au niveau du cendrier. Pas de tic, pas de geste furtif dénotant d’un embarras quant au silence qui s’éternisait. Rien ne laissait croire à une quelconque gêne de sa part. Il était ouvert à elle, prêt au dialogue, et parfaitement détendu. Elle en était venue à se demander s’il n’y avait que du tabac dans sa cigarette. Pearl tourna la tête, croisa les jambes dans une posture involontairement fermée au dialogue, et expira un bon coups.

« -Tu m’a entendu tout à l’heure ? » Demanda-t-elle sans le regarder.

Il la regarda avec une expression de surprise.

« -Bien sur que je t’ai entendu, ‘suis pas sourd. Rétorqua-t-il avec un nouveau sourire.
Et... ?
Bah rien ma puce, cela ne sert à rien d’avoir une discutions idiote deux fois de suite, répondit-il en passant son bras autour de ses épaule avant de lui glisser à l’oreille, je serais obligé de te mettre un poing devant tout le monde. »

Elle ne dit rien. Son esprit était à mi-chemin entre l’incrédulité la plus totale et une panique grandissante. Comme toujours quand quelque chose de mal lui arrivait, elle priait en son fort intérieur pour que le présent ne soit qu’un cauchemar. Un instinct sauvage lui dictait que les mots murmurés au creux de son oreille n’étaient en rien des foutaises, et que la menace pouvait devenir concrète en quelques secondes. La pression sur son épaule l’indiquait clairement. John se redressa, et reprit sa cigarette, posée sur le cendrier fumant. La jeune fille ne risqua même pas un regard vers lui. Son esprit, il fallait bien l’avouer, était très confus ; et comme pour en rajouter, John déposa un baiser sur la joue de Pearl _ qui réprima un frisson _ et dit :

« - Je t’aime ma puce. Et toi aussi tu m’aimes. Je sais que tu m’aimes. Tu m’aimes n’est-ce pas ? Si tu ne m’aimes pas, je serai fâché... oui, tu sais, je te surveilles... je suis partout... je surveille ton père aussi. Si tu ne m’aimes pas, je serai obligé de faire quelque chose... je ferai tout, tout pour que tu m’aimes... »



Dernière édition par Utopy le Jeu 7 Juin - 0:18, édité 1 fois
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Sujet: Re: ♣ Utopy ♣ If you're not a hot chocolate, molehills will burn you. How it this surreal ? Jeu 7 Juin - 0:15

histoire
Suite...



Chap VII Enfer

Les jours qui suivirent, Pearl priait pour que l’entrevue passée avec John se révélerait être le fruit d’un délire. Se droguer l’avait déjà pousser à ce genre de chose, pourquoi cela ne recommencerait-il pas ? Elle ne voulait pas d’ennui de ce type. Cependant, elle se sentait comme épiée depuis. Une présence semblait flotter autour d’elle. Peut-être n’était-ce que sa frayeur ? Mais partout où elle allait, elle semblait le voir. Parfois même, lorsqu’elle regardait par la fenêtre de sa chambre, le soir, elle croyait apercevoir sa silhouette noire se détacher sous la lumière des réverbères. La jeune fille était à boue. Elle ne savait quoi penser. Était-elle devenu parano ? Cette question demeurait sans réponses. Mais dans tous les cas, elle se sentait en danger, et cela ne lui plaisait pas du tout.

Lorsqu’elle le revit en cours, elle laissait une certaine distance entre eux. Un petit jeu de fuite s’instaura entre lui et elle, devenant un peu plus inquiétant et imposant chaque jour. Elle était la souris, il était le chat. Un jour, en rentrant chez elle, elle l’aperçu. Vraiment cette fois. Elle en était persuadée. C’était bien lui qui la suivait, et non le fruit de son imagination. Il l’avait prévenu... Il était partout, à la surveiller.

Chez elle, Pearl se connectait régulièrement à internet. En allant faire un tour sur facebook, un signal sonore lui indiqua que quelqu’un lui parlait. C’était lui, c’était John. Il lui disait, avec un air joyeux « coucou ma puce ! Ça va ? ». Elle l’ignora. Puis le signal recommença, encore, et encore, jusqu’à retentir toutes les 5 secondes à peu près pendant 15 minutes. Il lui parlait comme si elle répondait, comme si elle était présente avec lui. Puis il partit dans des délires de plus en plus inquiétants. Il lui disait « OMG! Je viens de découvrir un truc ma puce ! Tu savais que les français faisaient des cultures d’animaux ? Ils les font pousser sous serre, y’a plein de medecins et de savants qui les font grandir artificiellement, surtout des loups aux aspects mécaniques ! Puis après ils les lâchent sur la population, qui se fait déchiquetée, et après avec les morceaux ils les envoie à Mac Do ! J’te jure , c’est dément ! On ira jamais en france hein è_é , même pour notre mariage de noce, j’veux pas finir en hamburger moitié prix. »

Ce genre d’étrangeté aurait pu ne pas choqué chez des gens un peu farfelus, mais lui... ce n’était pas du tout son genre, mais alors vraiment pas. Il avait les pieds sur terre. Plus tard, le lendemain surtout _ alors qu’il avait continué à la harceler ainsi par message toute la soirée _ elle le vit poser des affiches dans le lycée. En regardant de plus près, il y était affiché le slogan « tuons les cyber-loups de France ! » avec un logo montrant une pseudo-bête féroce en train de dévorer un homme. Là, ça devenait vraiment étrange. A la sortie des cours, il courut vers elle, et l’embrassa, sans permission de sa part. Elle tenta en vain de se dégager en lui donnant de multiples coups dans les hanches, les jambes, et finalement dans l’aine, ce qui eut pour effet de le plier en deux. La satisfaction qu’elle éprouvait se mêla à la colère, la peur et le dégout qui s’infiltraient jusqu’aux profondeurs de son être. Elle s’essuya la bouche d’un revers de main, et prenant son courage à deux mains mit son visage à la hauteur du sien. La jeune fille planta ses yeux bleus dans ceux du jeune homme, et d’une voix glaciale lui dit :

« - Je ne veux plus te voir, c’est clair ? Laisses moi tranquille pauvre con. »

Le ton de sa voix signifiait qu’il était hors de question de discuter sur le sujet. Elle en avait marre, et surtout, il lui faisait peur... Il la fixa un moment, des spasmes de douleur lui revenant parfois au visage, puis la regarda s’éloigner d’un pas qui se voulait assuré et digne. Plus tard, dans la soirée, Pearl reçu un sms de John. Il disait « ce n’est pas terminé ma puce... »

Ce manège dura longtemps, pendant plusieurs mois. Pearl avait de plus en plus peur. Il la suivait partout. Il était comme l’air, omniprésent, oppressant ; il la bousculait, la chahutait, l’encerclait... Elle n’était plus que la proie d’une vapeur toxique et moisie, l’empêchant de respirer et de vivre. Au début, il venait vers elle en l’embrassant et, depuis qu’elle lui avait fait mal, il prenait bien soin de cacher ses parties génitales. Elle pensait en son fort intérieur « pas de couilles », mais lorsqu’elle rit à cette pensée, il la regarda tout sourire, et l’embrassa plus vigoureusement. Elle avait beau essayer de se débattre, il était bien plus grand qu’elle, et plus fort. Jamais elle ne réussissait à le faire ne serait-ce que desserrer son étreinte. Ses doigts broyaient ses poignets à chacune de ses tentatives pour échapper à l’assaut brutal de sa bouche. Malgré la douleur, elle continuait de lutter, de se défendre. A présent, en plus des fines cicatrices blanches qui s’étendaient sur son poignet, des hématomes omniprésents succédaient les brutales traces de doigt. Lorsqu’il l’avait remarqué, la menace avait été très clair :

« - Si jamais tu dis quoi que ce soit, ma puce, des potes à moi se feront une joie de niquer ton père. C’est bien clair ? »

La seule chose qu’elle avait à faire était de courir, de s’échapper. Elle aurait du aller prévenir son père et prendre des mesures en conséquences. Elle aurait du aller le dénoncer aux flics. Elle aurait du aller crocheter sa serrure pour trouver les preuves de son trafique de drogue. Elle aurait du acheter une matraque. Elle aurait du l’empoisonner, le faire cracher ses tripes et le saigner comme un vulgaire animal. Oui, elle aurait du.
A la place, elle baissa la tête, et murmura :

« - Très clair. »

C’était de pire en pire. Il avait par la suite commencer à joindre des caresses à ses ignominieux baisers. Docile poupée de chaire, elle se laissait faire, réprimant une envie horrible de vomir à chacun de ses attouchements, frissonnant de dégout alors que le dément prenait ce geste pour de l’attirance. La turpide salive qu’il laissait sur son corps agissait comme un acide à son âme ; La moiteur de sa paume qui courait le long de son ventre et de ses seins lui tordait les entrailles, faisait couler des larmes sur ses joues, alors que la douleur cuisante que cette ordure lui faisait subir décimait toute bonté de son âme. La seule consolation que son pauvre cœur lui donnait était de savoir son père en sûreté, et son esprit loin, bien loin de touts les attouchements à son enveloppe charnelle. Des image parvenaient en flash à son esprit enfiévré ; elle vit des collines, des lacs, l’eau de la Tamise, des gens de sa classe, des lieux... un amas d’inepties sans queue ni tête, qui s’imposaient à elle en une tentative futile de son inconscient de l’apaiser alors que le feu brûlait en son corps.

Puis un jour il la traina de force dans une ruelle. Il faisait presque nuit. C’était l’hiver. Il était 18h, et le soleil laissait sur son sillon des traînées orangées. Elle se préparait mentalement à subir maintes et maintes tortures psychiques et physique, quand il la plaqua brutalement au mur. Par réflexe, elle se débattit en criant. Il l’embrassa pour la faire taire ; elle lui mordit la langue. Contrarié, il lui donna un coups de poing dans la mâchoire qui l’assomma à moitié. Ses articulations craquaient désagréablement, et ses dents grinçaient de façon étrange. Elle tousse. Du sang jaillit de sa bouche. Il en profita pour sortir un canif et lui déchirer son tee-shirt, révélant son soutient-gorge, qu’il s’empressa de faire sauter également. Elle gémissait, l’implorait qu’il la laisse tranquille. A chaque fois qu’elle haussait la voix il lui entaillait la peau avec son couteau en chuchotant avec un grand sourire :

« Chhhht ma puce. Je suis désolée de faire ça, mais tu as été vilaine... son visage se contractait, des larmes coulèrent sur ses joues, très vilaine ! »

Il lui déboutonna son pantalon. Elle lui mordit sauvagement l’épaule, dans un réflexe douloureux et désespéré. Elle voulait protégé son corps ; elle ne voulait pas être un bout de viande sur lequel il déchaînerait ses pulsions bestiales de sexe. Elle devait s’échapper... s’échapper... s’échapper... quitte à le tuer... ou à se tuer.

Il lâcha un cri, et commença à lui taper dessus, oubliant visiblement qu’il avait un couteau dans l’autre main. Chaque coups lui déclenchait des brûlures, des étincelles de douleur qui se déplaçaient, palpitaient en même temps que la géhenne de son corps.
Elle lâcha son épaule.
Il saignait.
Elle aussi.
Leurs sangs se mélangeaient dans une fusion immonde et repoussante. Pearl avait la tête qui tournait. Sa vision se brouillait affreusement, de sorte que le visage de John lui apparaissait teinté de milliers de petits points de couleur. Elle tituba en sentant la pression de son corps se relâcher, l’équilibre défaillant autant que sa vue. Un haut le corps secoua son buste, et elle vomit contre le mur. Elle sentait la pestilence de ses sucs gastrique relancer les contractions de son estomac, tandis que son bourreau jurait à tue tête, couvrant le bourdonnement de ses oreilles. Sans réfléchir, le tee-shirt ouvert, elle commença à courir. Aveugle, son cœur battait à tout rompre. Ses jambes flageolaient, ne la soutenaient plus. Elle entendait John derrière elle ; ses pas résonnaient sur le béton, et ses cris vrillaient ses tympans. Cependant, elle courut, courut sans s’arrêter, sans se préoccuper des murs qui se dressaient devant elle, se fiant à tous ses sens valides pour la diriger. Un bras sur la poitrine, l’autre devant elle pour éponger le choc, elle courait. L’air brûlait les poumons endoloris de la jeune fille. Son sang se déchirait son ventre comme l’aurait fait de l’acide. Un son criard, aiguë retentissait dans ses oreilles, et le sang continuait de couler de sa bouche haletante, mêlé à un flot de bile. Elle courut, courut, courut, courut encore et encore. Les cris avaient cesser derrière elle. Mais elle continuait de courir sans s’arrêter, en proie à la terreur. Finalement, à bout de souffle, manquant de s’étouffer avec son propre sang, elle s’effondra à terre. Un hurlement déchira sa gorge, puis dans une toux humide et chaude, elle perdit connaissance.

Chap VIII

Du blanc... de la lumière... des bruits artificiels ... des... cris ?

Pearl battit des paupières péniblement des paupières, avant de les refermer. Son corps tout entier était lourd... si lourd... Elle ne pouvait esquisser le moindres geste. Son esprit engourdi se réveillait doucement. Que s’était-il passé ? Où était-elle ? Les voix d’abord pâteuses se clarifiaient. Cependant les brides de conversations ne l’intéressaient pas. La seule chose qu’elle voulait, c’était dormir à nouveau. La lumière agressait ses paupières fermées ; c’était désagréable. Soudain, quelqu’un lui ouvrit brutalement la paupière, et lui planta une lampe dans l’œil. Elle eut un mouvement de recul qui déclencha à nouveau la douleur en son corps : « Eeeeeeeh ! ». Aveuglée de nouveau _ cette fois par des lumières décolorées _ elle entendit seulement un « bip » régulier, et des gens dire des phrases qui ressemblaient à : « Elle est (bip) réveillée ! Pouls (bip) à 80 (bip) ! » On lui enserra le bras et on le serra sans qu’elle puisse trouver le courage de se défendre, puis la même voix renchéri « Tension de (bip) 12. Réflexes des (bip) pupilles correctes (bip). ». Sa vision s’adapta peu à peu à son environnement, pour finalement distinguer plus que quelques ombres informes. Elle était dans une pièce dans les teints clairs, beige et blanc en majorité, étendue sur ce qui semblait être un lit. Une machine avec des courbes d’électrocardiographes était relié à son doigt par un petit bidule en plastique, et une perfusion était plantée dans sa main. Elle tourna la tête avec peine, au bord de la nausée, et observa les gens qui avaient fait irruption dans sa chambre. Ils et elles étaient habillés en blancs, avec des chaussons de couleur avec un aspect « mousse » désagréable, et qui faisaient des couinements quand ils marchaient. L’une d’elle _ une brune petite et assez grosse _ l’interpella :

« Mademoiselle Ukars ? Vous allez bien ?»

Ah... il fallait répondre maintenant. Elle le regarda sans émotion, ayant tout bonnement une flemme monumentale de prononcer ne serait-ce qu’un mot. De plus, tout son corps, et notamment sa tête, semblaient palpiter à la même fréquence qu’une alarme. Au prix d’un gros effort, elle ouvrit la bouche. Sa mâchoire était particulièrement endolorie, mais elle ne se souvenait pas du tout pourquoi. Pearl marmonna un « ouais » un peu trop vulgaire à son goût, qui suffit pour que les infirmiers se repartissent d’autres patients. Ils lui racontèrent des choses comme l’heure du repas, les douches, l’assistance qu’elle aurait pour se remettre de son « accident ». Quel accident ? Pearl était de plus en plus confuse. Son corps lui faisait un peu moins mal, ou tout du moins, elle parvenait à oublier la douleur. Aussi, la jeune fille se redressa sur son séant, et commença à rassembler ses souvenirs. Elle avait un l’impression d’avoir un trou noir à la place du cerveau, s’en était effrayant. A défaut de souvenirs, Pearl se lança dans un rapide examen de son corps. Ce qu’elle vit la choqua. Elle était couverte de bleus de la tête au pied. Des plaies à demi cicatrisées s’étendaient ça et là, et des trace de mains jaunissaient sur les zones de ses poignets et de ses bras. En se regardant dans le reflet de la vitre, elle vit que son visage était boursoufflé, tabassé de partout. Sa peau avait prise la teinte d’un camaïeu froid, et le jaune tranchait le bleu et le violet.

Bon sang, que s’est-il passé ?

A cet instant, une infirmière entra dans sa chambre. Cette dernière regarda Pearl avec un sourire, et lui tendit des vêtements propres. La jeune fille la remercia du bout des lèvres et sans réfléchir lui demanda :
« - Excusez-moi, que m’est-il arrivé ? »
Elle garda le silence quelques instants, comme gênée. Au bout d’un moment, lorsque l’absence de bruit devenait lourde, elle dit :
« - Tu ne t’en souviens pas ?
… Non.
C’est logique, soupira-t-elle, tu as été trouvée en pleine rue, inconsciente. Tu perdais beaucoup de sang, un passant bien intentionné à téléphoné aux urgences. Tes vêtements et ton corps laissent penser que tu as subit de mauvais traitements, certainement... certainement sexuels, continua-t-elle du bout des lèvres, en guettant du coin de l’oeil les réactions de Pearl. Tu as subit de nombreuses blessures à l’arme blanche, ainsi que des coups portés à la tête et au thorax notamment. Une de tes côte était déplacée, ainsi que ta mâchoire. On a diagnostiquer un hématome sous-dural, à cause des coups portés à la tête. Tu avais un taux anormalement haut d'acide lactique dans le corps, ce qui laisse penser que tu as fuis très très longtemps ton ou tes agresseurs. C'est ton père qui nous as demandé de te faire passer tous ces examens. On l'a appeler, il devrait être là dans quelques minutes maintenant, dit-elle en regardant sa montre.
Merci... » murmura Pearl, les yeux dans le vague.

L'infirmière esquissa un sourire triste et sortit de la chambre, laissant la jeune fille avec elle même. Beaucoup d'éléments lui revenaient en mémoire à présent, mais c'était très confus. Ces souvenirs revenaient par brides... sous forme d'un puzzle sans queue ni tête, qu'elle n'arrivait pas à reconstituer. Elle sentait comme une sorte de champs de force qui résistait à ses intrusions mentales. Ce qu’elle avait vécu était-il si horrible que cela ?

Quelqu’un frappa à la porte. Elle lui indiqua d’entrer, et son père apparu dans l’encadrement, avec un bouquet de fleurs à la main. Un grand sourire traversa le visage de Pearl, qui manqua d’arracher sa perfusion pour sauter au cou de son père.

« - Papaaaaa ! »

Gêné par son bouquet, il la serra dans ses bras tant bien que mal. La pression de son bras et de sa tête sur l’épaule de sa fille indiquait combien il avait eut peur. Elle le regarda avec un sourire, indifférente à ses forces qui commençaient à se troubler, et s’assit sur son lit.

« - Tu as l’air fatigué. Dit-elle en observant ses yeux cernés et son teint blafard.
Qui ne le serait pas ? Rétorqua-t-il. Tu m’a fait si peur, Pearl. Qu’est-ce que tu foutais dans cette rue, hein ?
Papa... je... je ne m’en souviens plus.
Hmmm, fit-il, perplexe, avant de soupirer, tu m’as vraiment foutu la trouille... tu te souviens de ce qu’on t’as fait ? Pourquoi on t’a tabasser ? Si on te demande ton portable ou autre, je t’ai déjà dit de le donner !
Je sais papa, je sais, mais... elle hésita un moment. Elle ne se souvenait pas de qui lui avait fait cela. Elle savait qu’elle était avec John, mais elle n’était pas certaine que ce soit lui... Non, reprit-elle, je ne me souviens pas du tout, désolée.
Désolée ? Mais peu importe que tu sois désolée ! Je veux attraper les connards qui t’ont fait ça ! »

Pearl lui trouva l’air changé, un peu plus vieux peut-être. Ses cheveux semblaient s’être éclaircis depuis, et d’après la date, elle savait qu’elle était restée deux semaines dans le coma. Il avait du se faire vraiment énormément de soucis pour elle, et elle était désolée de lui avoir fait subir cela. Elle lui fit comprendre avec une main sur l’épaule, et un sourire triste, auquel il répondit par un pauvre soupire.

Ils restèrent à parler longtemps, inconscients du temps qui passait à une vitesse folle. Si bien que lorsqu’une infirmière de nuit vint dire à son père qu’il était l’heure qu’il parte, ils avaient passés 3 heures ensembles. Son père lui fit un bisou sur le front, et parti sur un « au revoir ma fille que j’aime. » ce à quoi elle répondit « je t’aime papa. ». Une fois parti, elle s’installa sur les oreillers. Quoi qu’il lui était arrivé, elle pressentait qu’il existait un lien avec John. Elle se souvenait de ses attouchements, de sa façon désagréable de l’embrasser sans qu’elle le veuille, entre autre choses. Mais serait-il aller si loin ?
Quoi qu’il en soit, c’était terminé. Elle n’avait plus rien à craindre maintenant, dans cet hôpital. Si quelqu’un venait la voir alors qu’elle ne le désirait pas, elle n’avait qu’à appuyer sur un bouton. Rien hors de sa portée. Son père lui avait apporter quelques affaires, et notamment sa pelluche préférée : un lapin. Elle se mit en chemise de nuit, et, curieuse, se leva pour se perdre dans la contemplation de la fenêtre.
Dehors, la cheminée de l’usine crachait d’épaisses bouffées de fumée grise, à l’aspect sale et épais. Comme un phare dans l’obscurité, cette tour de l’industrie projetait son ombre rassurante sur la petite chambre que la jeune fille occupait. Debout devant sa fenêtre, droite, la taille fine et fière, elle observait de ses yeux vifs les lumières de la ville danser; les êtres humains, pareil à des fourmis, s’agitaient sous ses yeux, minuscules êtres, de taille comme d’esprit, incapable de s'élever assez pour se démarquer des autres. Plus loin, elle apercevait les enseignes de la zone commerciale, à quelques pâtés de maisons de l'hôpital. Sa peluche à la main, tenant le lapin par l’oreille, elle restait ainsi, à observer. Qu’avait-elle d’autre à faire, hormis dormir ? Et dormir, elle n’en avait pas envie, c’était certain. Elle respirait enfin depuis des mois, loin de tout, au dessus de tout. Dans la chambre voisine de la sienne s’époumonait un enfant, un petit être chétif qui sanglotait sans cesse, priant, criant, hurlant qu’il voulait sa mère à ses côtés. Le même refrain tournait ainsi depuis des heures, et ces douloureuses supplications, loin d'énerver la jeune fille à présent, renforçaient son sentiment de solitude et de tristesse déjà profondément ancré à son âme qu’elle s’efforçait d’étouffer . Elle entendait les infirmières s’affairer dans le couloir, vérifier les perfusions ici, consoler là. C’était devenu un manège courant ici, et elle ne s’étonnait plus de l’agitation omniprésente qui régnait dans le service.
Reportant son regard sur la fenêtre, elle se perdit dans ses pensées. Ce sentiment lui avait manqué, c’était certain. Elle dominait Londres entièrement, comme un ange qui contemple la misère humaine. Que c’était bon, ce sentiment de liberté... Elle inspira un bon coup, en fermant les yeux, et chassa l’air de ses poumons. Ici, elle ne risquait rien. Ici, elle pouvait dormir tranquille.

Cela faisait à peine dix minutes que son père était partit. Sachant qu’il devait régler des papiers avant, il en avait bien pour une vingtaine de minutes avant de quitter l’hôpital. Elle le guettait donc par la fenêtre, accoudée au rebord, avec son lapin sous le coude, quand soudain une silhouette l’intrigua. En bas, sur la route, un homme _ d’après sa corpulence _ restait immobile. Il portait un sweat-shirt à capuche, large et difforme, et regardait en sa direction. Pearl essaya de se rassurer sur le fait qu’il y avait des centaines de chambres. Un inconnu ne peut savoir à cette distance qui est où, n’est-ce pas ? Soudain, il bougea. Ses mains allèrent fouiller dans ses poches, et il en sortit quelque chose. Après quelques secondes à le fixer, Pearl sursauta. Son téléphone _ qui était miraculeusement resté dans la poche de son jean _ venait de vibrer. Elle l’avait allumé tout à l’heure, souriant aux vœux de bon rétablissement de ses amis. Déglutissant avec peine, elle s’empara de son téléphone, et appuya sur « voir le message ».

« Je te vois
John »

Son cœur s’emballa à tout rompre. Ses mains tremblèrent, et elle lâcha son portable. Tout lui revint en mémoire d’un coup, comme si son cerveau venait d’être frappé par la foudre. Elle ne reprit le contrôle d’elle même que pour une seule raison : joindre son père. Elle se jeta sur le portable. L’écran s’était brisé lorsqu’elle l’avait fait tomber. Tout en marmonnant un flot d’injures, elle arracha sa perfusion dans un petit hoquet de douleur, et se jeta au dehors de sa chambre. Malgré les infirmières qui tentaient de l’arrêter elle courait à nouveau, comme avant... Mon dieu mais le monde n’est-il qu’un éternel recommencement ? Pensa-t-elle.

Son corps la brûlait, mais elle n’avait pas le temps de le prendre en compte. Elle descendait les escaliers quatre à quatre, criant le nom de son père afin qu’il s’arrête, qu’il ai ne serait-ce que le doute d’avoir entendu son prénom. Chaque secondes avaient un prix, et en l’occurrence, celles-ci valaient tout l’or du monde. En arrivant enfin rez de chaussée, elle se jeta au dehors, bousculant les vigiles qui tentaient étalement de stopper sa course folle. Dans la nuit, pied nu, vêtu d’une pauvre chemise de nuit, elle se retrouva dehors, cherchant son père du regard, alors qu’intérieurement elle promettait tout et n’importe quoi au ciel en échange de la vie de son père. Au loin, elle aperçue la silhouette de John. Elle resta pétrifiée de peur. La panique envahissait chaque zone de son corps, et dans un violent effort elle fit taire son instinct qui lui dictait de partir loin, de fuir cet homme. Non, il fallait qu’elle se batte jusqu’à la fin pour sauver la vie de son père, quoi qu’en soit le prix. Elle courut sur le parking, à l'affut de lumières de phares où du bruit d’un moteur. Rien, rien qui soit là, près d’elle, à portée de main. Rien qui laisse penser que son père était là, quelque part. L’angoisse devenait insupportable. Elle s’attendait à le voir surgir à chaque instant, muni d’un couteau, les yeux brûlant le purgatoire et ses atouts bestiaux pointés sur elle comme un revolver, prêts à entrer en sa chaire, à la frapper, la violer, la tuer...

Soudain, elle entendit le démarrage d’une voiture. Le moteur était puissant, ça pouvait être celle de son père. Peu importe, il fallait qu’elle vérifie, quitte à se jeter sous les roues. Elle devait ne pas le laisser nuire ! Aussi elle recommença à courir, mais cette fois dans une direction. Pour la première fois, elle ne courait pas dans les ténèbres, sans lueur pour guider sa route. Non, elle se jetait en courant dans la gueule du loup. Elle volait vers le danger, le cœur battant, la peur résonnant dans tous ses organes et manquant de la faire vomir à nouveau. Mais non, elle devait continuer, encore, encore... Elle avait trouver sa destinée.

Soudain, tout se passa très vite. Elle tourna à l’angle d’une voiture, juste à temps pour voir la scenic de son père, immatriculée LBS 50AI comme toujours, sortir du parking. John, au milieu de la route, s’était débarrassé de son sweat-shirt, et Pearl pouvait remarquer qu’il avait des excroissances particulières sur le corps. Elle compris trop tard, lorsque les phares quelques peu faibles l’éclairèrent, alors que la voiture roulait vite... bien trop vite...
Des explosifs.

Chap IX - Epilogue

« - Utopy ! C’est pas vrai, ces gosses sont insupportables. Utopy!! »

Utopy _ anciennement appelée Pearl _ se cachait tant bien que mal en haut d’une armoire de la Wammy’s House. Elle n’avait aucune envie d’aller en cours, aussi avait-elle décidée de sécher afin de profiter d’une petite sieste. Le sourire au lèvre, elle laissa les cris de la surveillante la bercer. Lentement, elle sombra dans son inconscient... dans une partie reculée de son esprit. Elle se mit à penser à son enfance, à sa mère, à son père... à John, à Londres, et aux accidents... Elle se souvenait très bien qu’il y à 2 ans et demi, elle venait de perdre son père dans un... oui, disons le, un assassinat, une opération kamikaze, un meurtre doublé d’un suicide. Les deux hommes avaient péris dans l’explosion. Leurs corps avaient étés carbonisés, leurs organes liquéfiés, et leurs os éclatés. Oui, tous les deux étaient morts... morts depuis deux ans, alors qu’elle avait treize ans. Puis peu après, elle avait eut ses quatorze ans, dévorée par le chagrin, et persuadée que ce serait la dernière année de sa vie.

Puis elle était arrivée à la Wammy’s House. Là, elle avait rencontré des gens... de « vrais » gens. Des gens qui pour elle étaient normaux, intelligents, tous maître dans leur domaine. Avec eux, les relations pouvaient être tendues, voir haineuses, mais au moins elle pouvait dialoguer sans avoir la très nette impression d’être un extraterrestre. C’était si reposant...

La jeune fille _ de 16 ans maintenant _ avait apprit à sourire à nouveau. Peu à peu, ses peines, ses blessures et ses incertitudes s’étaient atténuées pour ne former qu’un amas de vieux jouets relégués aux profondeurs les plus extrêmes de son esprit. Son père lui manquait, c’est vrai. Parfois, elle avait envie de pleurer, de le serrer dans ses bras. Elle sentait un grand vide dans sa poitrine et réalisait, pour la millième fois, que jamais plus elle ne pourrait revoir son sourire. Sa gorge se serre, et elle a envie de pleurer ; mais les larmes sont bien trop précieuses pour être données au passé. Alors elle marche, marche vers l’avenir, illuminée par la révélation qu’elle avait eut un jour, dans un parking, quand elle avait comprit que même si elle pouvait s’être égarée, même si elle ne savait plus vers qui se tourner, à qui faire confiance, même si elle était seule, elle savait qu’elle choisissait son chemin. Elle choisissait sa destinée, et on la qualifiait d’utopiste... utopie... un monde meilleur.

Cette période de doute et d’ombre avait donc disparue de son quotidien. Certes, elle restait toujours au plus profond de son âme, cependant, depuis que le service des orphelinats l’avait adressé à la Wammy’s House et qu’elle y avait été inscrite, elle s’était choisi une autre route. Utopy avait voulu accéder au dernière vœux de sa mère, celui dans lequel elle voulait qu’elle vive heureuse, et surtout qu’elle vive toutes les expériences qu’une vie peu contenir. Maintenant, elle pouvait regarder la lettre de sa mère, aux pliures déchirées à force d’être lue, et se dire du fond de son cœur que sa mère doit être fière d’elle, à l’heure qu’il est.

End... or not

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End
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Feuille de personnage
Wammy’s: House
Double Compte:
Âge: 17
Sujet: Re: ♣ Utopy ♣ If you're not a hot chocolate, molehills will burn you. How it this surreal ? Ven 8 Juin - 13:07

Bienvenue sur Wammy's House ! :3

Alors, je t'avoue que quand j'ai vu ta fiche je l'ai classée directement dans le top 3 des fiches les plus longues que j'ai jamais lues et ça m'a un peu effrayée xDD mais bon, ton style d'écriture est fluide et tes descriptions agréables à lire ! Malgré le fait que parfois il y a quelques illogismes, et que Utopy est quand même un peu 'trop surdouée' enfin, je ne vais pas t'embêter avec ça mais essaye de doser, pour tes rps =)

Alors ! En lisant Utopy je m'étais dit qu'elle ne pouvait pas être ailleurs que chez les Riddle, et d'ailleurs le questionnaire est d'accord avec moi donc tout est parfait \o/

Je te valide avec plaisir :3 en espérant que tu t'amuses bien sur Wammy's House !

(et j'ai bien aimé qu'elle fasse du rp Utopy 8D elle s'entendra bien avec Cancel)

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♣ Utopy ♣ If you're not a hot chocolate, molehills will burn you. How it this surreal ?

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