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 Just like a prayer, Panzer.

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Meine
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Sujet: Just like a prayer, Panzer. Jeu 26 Jan - 23:19


    ____Marlen s'observa longuement dans le miroir avant de partir. Elle était laide en noir. Malgré ce que tout le monde pouvait dire sur les pouvoirs amincissants du noir, elle était loin d'être convaincue. Quant au fait que le noir allait bien aux blondes, elle le mettait ouvertement en doute. Elle était laide en noir. On voyait juste davantage encore sa pâleur, ses cheveux devenaient ternes, ses yeux verts juraient avec le reste et elle avait l'impression de ressembler à une antisociale morose. Comment pouvait-elle avoir l'air jolie, douce et chaleureuse en noir ? Et puis on voyait trop ses points noirs. Et puis elle ne pouvait pas mettre la maquillage qu'elle voulait avec du noir. Et les chaussures noires étaient tellement tristes. Le noir c'était pour les grandes femmes classes, les dominatrices, les sensuelles, les adultes. Marlen était encore au plein cœur de l'adolescence et restait accrochée à ses couleurs claires et ses froufrous afin de paraître mignonne. En noir, Marlen faisait bien plus femme qu'à l'accoutumée, bien plus sérieuse aussi.
    ____Toujours devant sa glace depuis une demi-heure, la jeune fille fit un tour sur elle-même une énième fois, faisant voler son jupon sombre au passage. Ça n'allait pas. Elle n'était pas mignonne. C'était horrible. Mais en même temps, elle ne se pardonnerait pas de porter autre chose que du noir aujourd'hui. Mais bon. Dans cette tenue, elle avait vraiment l'air d'une pauvre orpheline en deuil.
    ____Elle était une pauvre orpheline en deuil.

    ____Cela faisait exactement deux ans que sa mère était morte et à peine trois semaines que sa grand-mère l'avait suivie dans la tombe. Sans père, ni grand-frère, ni fratrie, ni rien d'autre qui puisse se rapprocher d'une famille, Meine était seule au monde. Sans famille, sans maison, sans nom, sans personne à aimer. Et même elle se réfugiait dans le mensonge depuis son arrivée, elle sentait bien la pitié dans certains yeux. Bien sûr que non, son père ne viendrait pas la chercher dans ce trou paumé, au milieu de nulle part, parmi les vaches et les surdoués. (Connaissaient-ils au moins l'existence des soldes ici ?) De toute manière, il ne connaissait même pas l'existence de sa fille. Et elle, ne connaissait même pas son nom.
    ____Mais cela, ce n'était pas comme si c'était nouveau. Et ce n'était pas parce qu'elle était officiellement orpheline à présent qu'elle allait soudainement se mettre à arrêter de mentir sur son père, sa famille, ses goûts, ses activités et sa sexualité.
    ____Cette pitoyable jeune fille mal dans sa peau, déprimée avait visiblement eu une nuit courte et mouvementée, même si son maquillage le dissimulait avec soin. Pour la mille-et-unième fois, elle sourit à son reflet. Un sourire doux et serein qu'elle cultivait depuis des années. C'est bon, lui, ne changeait pas. Après ce rituel, Meine décida enfin de sortir de sa chambre.

    ____Il était hors de question de se faire remarquer aujourd'hui. De manière générale, Meine détestait se faire remarquer, mais aujourd'hui était un cas spécial. Elle se sentait particulièrement laide et il était hors de question que quiconque puisse penser d'elle qu'elle le soit. Ce serait vraiment trop honteux de sentir un regard la jauger de haut en bas et ne pas voir s'allumer cette petite lueur de plaisir. Elle ne voulait pas qu'on la prenne pour une fille pourrie gâtée aux caprices incessants qui joue sa martyre à longueur de journée (même si c'était effectivement le cas). Surtout qu'elle était loin d'être la plus à plaindre dans l'établissement, loin de là. Elle était juste l'une des plus fragiles.
    ____Telle une ombre, elle se faufila donc dans les couloirs en évitant soigneusement les lieux trop bondés pour aller à l'extérieur. Là, elle se colla au mur, passa derrière les arbres, évita encore quelques groupes et fini par arriver à destination : la chapelle. Lieu déserté, souvent sujet à la débauche ou aux profanations, il avait pourtant sauvé déjà plusieurs fois la santé mentale de Meine depuis son arrivée. Fervente croyante malgré ses péchés secrets, il l'avait surtout aidé pour son calme et son isolation totale. Qui irait à la chapelle ici, dans ce lieu empli d'enfants abandonnés de Dieu ? Tous ces martyres à qui a été offert la félicité du génie avant de leur retirer tout droit à une famille. Pourtant, Meine croyait, plus que par habitude et par besoin que par conviction, mais elle croyait. Et aujourd'hui, en cet anniversaire funeste, elle ne pouvait pas rester loin de ce lieu.

    ____Alors, dans la semi-pénombre du petit matin, dans le silence sacré de l'abandon, Meine traversa doucement la chapelle, faisant résonner ses talons sur le sol. Son sourire doux s'était envolé pour laisser place à la sérénité et la gravité qui prenait toujours emprise sur elle dans ces moments mystiques. Les yeux levés vers l'autel, emplis d'émotions, elle s'approchait lentement. Arrivée devant l'autel, fascinée, perdue dans ses pensées, elle s'agenouilla. Là, après quelques secondes de silence, elle ouvrit la bouche et sa délicate voix s'éleva pour chanter un requiem de sa langue natale.
    ____Meine aimait chanter et avait d'ailleurs une jolie voix. Mais si il lui arrivait le plus souvent de chanter des chansons à la mode afin de se socialiser, elle avait toujours gardé cette fascination pour les champs religieux. Elle avait toujours une fervente participante de la messe et était toujours la première à se lever pour chanter, la première à fermer les yeux pour savourer l'orgue et les voix angéliques de la nouvelle soprano, la première à pleurer en écoutant un beau Ave Maria.
    ____La plupart des chants étaient en latin ou en italien et, au final, il n'y avait que quelques rares compositeurs allemands à avoir composé des cantiques ou requiem dans leur langue natale, malgré leur nombre imposant. Or, à présent qu'elle était si loin de sa terre, Meine voulait entendre de l'allemand et c'est pour cette raison que Brahms résonnait à présent dans la chapelle.
    ____Si Meine savait chanter, elle était pourtant loin des capacités des sopranos de son enfance. Pourtant, aujourd'hui plus que jamais, Meine chantait bien. Sa voix était faible, elle n'avait aucun orchestre, n'était même pas debout et elle ne pouvait pas monter aussi haut que nécessaire et pourtant il y avait une telle émotion dans sa voix qu'on en oubliait ses difficultés techniques. Ces chants, c'était les longues heures passées avec sa grand mère à parler et chanter la bible. Ces chants, c'était aussi ces dimanches matins de messe, rares occasion où l'enfant pouvait passer plusieurs heures avec sa mère. Ces chants, c'était des heures dans sa chambre à entrer en communion avec Dieu entre ses quatre murs. Ces chants, c'était une multitude de souvenirs révolus d'un passé heureux. Ces chants, c'était aussi le souvenir de ces deux enterrements qui avaient marqués sa vie à jamais. Et comme à son habitude lorsque Meine se laissait aller à ses émotions en se remémorant sa famille défunte grâce à la beauté d'un requiem, les larmes commencèrent à couler. Doucement, silencieusement, une à une, avec une lenteur presque religieuse, les petites gouttent roulèrent sur ses joues.
    ____Sur la dernière note du Ein deutsches Requiem de Brahms, la voix de la jeune fille se brisa avant de s'éteindre. De deux petits gestes, elle fit rapidement disparaître ses pieuses larmes avant que le silence ne reprenne ses droits.
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Sujet: Re: Just like a prayer, Panzer. Sam 28 Jan - 20:11


-« Et, tu sais quoi ? »

Serait-ce enfin une information intéressante ? Dans cet espoir, Panzer relève la tête de sa console de jeu. On ne le remarque pas, pour une fois, ses bandes blanches passeraient presque inaperçues, contre le mur pâle. Les deux autres orphelins installés un peu plus loin dans la salle commune continuent de converser, ayant déjà oublié ce sur quoi ils étaient censés travailler.

-« Il y a une nouvelle qui vient de débarquer. Une allemande, à ce qu’on dit. »

« german ». A ce mot, Panzer lève définitivement la tête, comme si l’on venait de lui asséner un coup de tisonnier dans la nuque. Il en oublierait presque de sourire. Il voudrait être sûr, avant d’entrer dans une période de réjouissances. Le duo espère certainement qu’elle n’est pas aussi dérangée que lui. On porterait alors de bien mauvais préjugés à propos des origines germaniques. Apparemment, on ne sait pas grand-chose d’elle. De ce fait, on peut supposer que c’est une demoiselle intelligente, et ne se prenant pas pour l’un des terribles chanceliers de son pays. Le garçon aux cheveux striés aurait bien demandé davantage de renseignements sur ce cadeau tombé du ciel. Toutefois, il ne veut pas passer pour un obsédé qui menace de suivre h-24 la pauvre petite nouvelle innocente. Il se contient, donc, crispant ses doigts aux ongles auparavant peints en noir autour de sa console. Il doit attendre. Comme toujours. Il attend toujours beaucoup de choses, Panzer.

C’était la première fois qu’il entendait parler de Meine. Entre temps, il était parvenu à savoir son pseudonyme. « Meine », ou une invitation subliminale à la faire sienne. Ces derniers jours, il n’avait eu qu’une idée en tête : mettre la main dessus. Peut-être seulement pour quelques secondes, pour la saluer, en allemand. Il voulait parler allemand. Et qu’on le comprenne, ça c’était une autre paire de manches. Car il ne se retenait pas d’insulter les autres ou de penser dans sa langue maternelle. Néanmoins, discuter, ça lui était devenu impossible. Cela faisait plusieurs années qu’il n’avait pas entendu un mot d’allemand provenant d’autre part que d’entre ses lèvres gercées. Il avait bien tenté de l’enseigner à quelques orphelins, mais ils abandonnaient aussi vite qu’ils apprenaient qu’il était origine de cette nation. Comme si, malgré leur intelligence, les autres adolescents redoutaient que les terres de l’ancien royaume de Prusse ne contiennent que des cinglés dans son genre. Le plus réceptif avait certainement été Crazy. Pour le reste, il avait dû maintes fois renoncer. Au final, il s’était convaincu lui-même que les autres ne méritaient pas de savoir parler comme lui.

Toutefois, apprendre qu’un autre allemand fréquentait les mêmes lieux que lui le remplissait d’une allégresse maussade qu’il s’était crue oubliée. L’impatience qui le rongeait était la même que celle des enfants à la veille de Noël. Et Dieu seul sait à quel point les fêtes de fin d’année sont mouvementées dans cet orphelinat. Plusieurs jours s’étaient cependant écoulés depuis cet heureux hasard qui avait fait qu’il avait été dans la bonne pièce, au bon moment de la conversation. Et toujours pas de nouvelles de Meine. Il se serait presque senti comme un amant démuni de nouvelles de sa bien-aimée, si seulement il avait connu autres choses que son surnom. Néanmoins, le hasard était, dans ces temps mornes, un peu plus de son côté que d’accoutumée.

Il n’était pas rare que Panzer se rende à la chapelle. Il n’est pas beaucoup croyant, bien qu’il ait grandi avec une croix chrétienne accrochée au-dessus de son lit et une Bible à son chevet. Il aurait pu le rester, un fervent croyant, s’il n’y avait pas eu l’arrivée opportune d’un autre modèle à suivre, bien loin du « aime ton prochain comme toi-même ». A croire qu’on aurait peut-être dû lui enfoncer ces préceptes avec un peu plus de vigueur dans son crâne. Ainsi, bien des choses mauvaises se seraient vu l’accès bloqué. Malheureusement, on ne refaisait pas le passé. Pas avec lui. Il était bien trop tourné vers l’avenir. Un avenir empoisonné, d’ailleurs.

Emmitouflé dans une cape de laine noire, Panzer poussa la lourde porte qui menait à la chapelle. Aussitôt, le parfum d’encens lui titilla les narines. A croire que, malgré l’absence de messe, ce lieu saint se voyait encore honoré par quelques fidèles. Ses pensées allèrent à Abbey, la vieille femme de ménage aussi pieuse que son larbin du Moyen-Orient. Tant mieux. Les orphelins d’ici avaient bien besoin d’un peu de foi. La plupart ne croyait plus en rien ; c’est ce qui arrive, quand on est trop lucide. Sans même sortir de ces quatre murs, on avait déjà tout vécu. Comme si les points de Q.I. étaient autant de niveaux franchis dans l’existence. Il eut un rictus à cette pensée, tandis qu’il trempait le bout de ses doigts dans le baquet d’eau bénite. Il ne faisait jamais grand-chose à l’église, surtout qu’elle était très souvent déserte. Il se signa, réajusta le col de son vêtement, et s’enfonça dans la pénombre du lieu saint. Tout de noir vêtu, il se fondait avec une facilité déconcertante dans le paysage, si bien qu’il aurait pu faire peur à quiconque se trouvait là. D’ailleurs, il perçut des murmures, là, juste devant l’autel. Puis, une silhouette, toute sombre elle aussi, se dessina sur sa cornée. Quelqu’un priait. Il aurait pu laisser cette âme en peine en paix et passer son chemin, pour aller s’enfermer dans le confessionnal. Mais quelque chose le retint : quelque chose de plus fort que la simple envie puérile de l’embêter. La prière. Elle était récitée d’une voix faible, presque tremblante, sûrement à cause des sanglots. Et elle était récitée en allemande. Il comprenait chacun de ses termes.

A croire que le hasard avait joué dans son camp. A moins que ce ne soit ce Dieu qui était cloué au-dessus de son lit. Peu importait, il était tombé sur Meine. Dans la chapelle, juste devant l’autel. Un allemand et une allemande, sûrement les seuls à des kilomètres à la ronde, retrouvés sous le même toit. Panzer se désola d’avoir perdu le ressenti d’un sentiment d’allégresse, lui, le serviteur du diable. Il s’approcha d’elle, sans le faire en silence, histoire de ne pas l’effrayer. Ce serait dommage qu’elle ne s’enfuie alors qu’il n’a même pas encore vu son visage.

-« Bist du Meine ? »
|« C’est toi Meine ? »|

Il avait posé sa question tout en mettant un genou à terre, juste à côté d’elle. Il convoitait déjà les soyeux cheveux blonds qui glissaient élégamment sur sa nuque et s’empressait de découvrir le céruléen obligé de ses iris. Il contenait cette impatience d’entendre sa gorge lui délivrer un « ja » affirmatif ou quelque autre terme allemand.
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Meine
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Sujet: Re: Just like a prayer, Panzer. Mar 31 Jan - 20:25

| La joueuse de Meine est une humble francophone étudiant l'anglais et l'espagnol. Veuillez donc excuser des fautes qui vont sûrement faire saigner les yeux de certains germanistes, merci.|


    ____ Alors que les dernières notes du chant de Meine s'éteignaient et que la jeune fille reprenait conscience de la réalité, elle entendit des pas derrière elle. Aussitôt, elle se figea. Ses muscles se raidirent, elle reprit sa respiration et pria silencieusement pour que l'intrus l'ignore. Peine perdue. Voilà qu'il s'agenouillait à ses côtés et, vu ses chaussures, c'était un homme. Génial. Elle était en noir, le maquillage sûrement endommagé, la tristesse au coeur et assise par terre et il fallait à présent qu'un homme vienne la voir. Qu'avait-elle fait au bon dieu pour multiplier tant de malchance en un instant ? Était-ce sa mère qui envoyait depuis le Paradis des signes pour la faire revenir sur le droit chemin ? Certainement pas. Les suicidés n'avaient pas droit au Paradis.
    ____Au début, Meine avait décidé de ne pas regarder son interlocuteur. Avec de la chance, celui-ci venait juste prier et elle pourrait sortir discrètement en évitant soigneusement de montrer son visage qui devait être absolument dégradant actuellement. Mais non, le sort la poursuivait et il fallu que l'individu masculin prenne la parole. Pour lui parler à elle. Meine.
    ____Au son de son pseudonyme, un long frisson descendit son échine. Aussitôt, elle redressa la tête et se tourna vers son interlocuteur, plongeant ses yeux verts dans ses pupilles bleues dans une première analyse : non, elle ne le connaissait pas. Mais alors, comment la connaissait-il ? Comment ? Pourquoi ? Que lui voulait-il ? Elle avait fait quelque chose ? Avait-il remarqué quelque chose ? Pourquoi lui adresser la parole ? L'avait-il suivie jusqu'ici ? Si oui, depuis combien de temps ? Si non, pourquoi lui parler ? Pourquoi ? Le cœur de Meine battait à tout rompre et elle avait la désagréable impression d'être prise aux pièges dans les sales mains de cet homme... ou plutôt de ce garçon.
    ____En découvrant le visage de l'intrus et suite à la première analyse constituant à déterminer si celui-ci était connu ou non ainsi que la confirmation de son sexe, ses grands yeux verts commencèrent une seconde analyse plus poussée. Jeune homme de taille relativement petite, brun, yeux bleus, visiblement non-geek, potentialité d'homosexualité non-nulle, propre sur lui sans être du genre à se précipiter vers les soldes, il n'était certainement pas timide et ses yeux dévoilaient qu'il avait envie de quelque chose et qu'il était impatient. Si de manière générale, le brun semblait assez inoffensif voire presque sympathique, les deux derniers points suffisaient à stresser la jeune allemande. Il y avait quelque chose qui clochait avec ce type. Elle en était sûre !

    ____Pourtant, rien ne semblait montrer le trouble de Meine. Habituée depuis sa naissance à jouer avec son stress et sa paranoïa dévorants, elle savait avec adresse garder un calme éblouissant alors qu'elle n'avait envie que de déguerpir à toute vitesse. En se retournant, elle gratifia donc l'adolescent d'un de ses plus doux sourires, répondant avec calme à son interrogation à l'aide de sa langue maternelle qu'elle avait utilisée de manière purement instinctive. Elle avait l'accent de Berlin et une voix étonnamment mélodieuse pour une germanique.
    ____« Ja ich bins, sehr erfreut. Nun, Ich weiß nicht, wer du bist... »
    ____|« Oui c'est moi, enchantée. Mais, je ne sais pas qui tu es... »|
    ____Et oui jeune homme, lorsque l'on est poli et bien élevé on se présente d'abord avant d'agresser les gens de cette manière. Aucune politesse. Surtout dans un lieu sacré telle qu'une chapelle. Surtout quand on se prétend allemand.
    ____Allemand.

    ____Allemand. Il était allemand. Il lui avait parlé allemand. Elle lui avait parlé allemand. Sortant à peine de son chant allemand et de ses souvenirs d'enfance, Meine n'avait même pas réalisé que la discussion se déroulait dans sa langue natale. Aussitôt, le sourire de la jeune fille s'illumina d'un sourire rayonnant. Ce n'était plus le doux sourire poli qu'elle adressait à M. Toutlemonde. Non. C'était un sourire jailli, pour une fois, de ses véritables sentiments. Elle se tourna complètement vers lui tout en se redressant un peu et attrapa la main du brun dans un éclair de spontanéité assez rare.
    ____« Du bist Deutsche ! Wonderbar ! »
    ____|«  Tu es allemand ! Magnifique ! »|
    ____Si Panzer avait été une fille, Meine lui aurait sûrement sauté au cou pour lui coller deux grosses bises en pleurant de nouveau mais, cette fois-ci, de joie. Elle l'aurait enseveli de questions et d'attentions et ne l'aurait plus jamais lâché de sa vie. Mais Panzer était un homme et il venait d'approcher un grand moment de complicité avec Meine rien que par le contact de leurs mains.
    ____Ce contact se brisa d'ailleurs très vite lorsque Meine réalisa ce qu'elle venait de faire. Elle eut alors un léger rougissement tout en retirant sa main et en murmura un « Es tut mir Leid. » |« Désolée. »|. Il ne fallait pas non plus qu'il se fasse de fausses idées... N'est-ce pas ?
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Sujet: Re: Just like a prayer, Panzer. Mar 21 Fév - 19:07


Pendant un instant, Panzer eut bien l’impression de s’être trompé de personne. Il n’y a rien de plus désagréable comme sensation que celle de s’être adressé au mauvais individu. D’autant plus que, dans le cas présent, il lui avait parlé en allemand. Quoiqu’on en dise sur l’intelligence des têtes blondes de cet orphelinat, peu d’entre elles avaient jugé bon de parler une autre langue que l’anglais. Il était certain qu’elle se répandait dans le monde à une allure ahurissante. Toutefois, les étrangers se voyaient donc contraints d’abandonner totalement leur langue natale. Certains avaient dû s’être parfaitement adaptés. Et il y en avait d’autres, comme Panzer, abusivement fier de leur patrie, et incapable de parler totalement autre chose. On dit que les germanophones ont un bel accent anglais. Panzer, lui, avec son accent du bavarois d’un autre âge, appuyait un peu trop sur les « r » et les « h », si bien qu’il avait le timbre de voix presque stéréotypé du parfait allemand. Et cela se ressentait, quelque soit la langue dans laquelle il s’exprime.

A mi-chemin entre l’anxiété et l’impatience, il resta immobile, savamment accroupi aux côtés de la demoiselle, comme s’il la demandait en mariage. Et il l’aurait volontiers fait, s’il était certain de son identité. On pouvait se croire dans un mauvais film à l’eau de rose, tant le garçon avait pu sembler illuminé par cette charmante créature. Il fallait savoir une chose ; en plus de son accent, Panzer avait la fâcheuse tendance à considérer la gente féminine comme purement décorative, un peu à la manière de penser des hommes, il y a fort longtemps. Autant dire qu’il pouvait paraître terriblement machiste. Et, cette fois encore, il crut être tombé sur la perle rare. La jeune fille tourna sa charmante figure vers lui, si bien qu’il put la considérer, dans la lueur des cierges.

L’atmosphère lumineuse rendait son teint doré, en parfaite osmose avec ses cheveux blonds, dont de gracieux ourlés venaient caresser sa nuque de nacre. Bon, ses yeux ne pouvaient pas se vanter d’être bleus ; toutefois, l’émeraude dont ses iris étaient vêtus aurait pu rendre jaloux n’importe quel Aryen. Panzer n’était pas réputé pour ses vêtements hauts en couleur. Ainsi, lorsqu’il tombait sur une gente dame en parfait accord avec son code vestimentaire, il redoublait d’admiration. On aurait pu croire qu’il venait de décrocher le parfait trophée de chasse. Malheureusement pour lui, Meine était naturellement dotée d’un caractère propre et d’une âme. Non, Friedrich, sa personne ne se résumait à une simple robe de velours et de dentelles noirs. Il serait temps que le garçon en prenne conscience. D’autant plus qu’avec la personnalité sur laquelle il venait de tomber, c’était un véritable coup de poing qu’il allait se prendre. Bah, après tout, il avait l’habitude de se faire frapper …

Et, finalement, pour sublimer l’éloge mental qu’il dressait de la demoiselle, cette dernière lui répondit. Affirmatif. Meine, c’était elle, la femme de sa vie. Accent berlinois. Voix claire et haut perché, comme un noble oisillon. Chose rare : le regard morne du garçon s’illumina étonnement par le jeu de lumière des bougies. Il aurait voulu manifester son allégresse par quelque mot, mais ses lèvres ne parvinrent à laisser s’échapper que du vide. Elle lui demanda de se présenter, ce qu’il allait faire, en pseudo-gentleman qu’il était, sans plus tarder. Néanmoins, une chose étrange se produisit. Alors qu’elle ne lui avait offert qu’un sourire des plus polis et des plus convenables, une joie intense sembla se manifester au creux du sein de la jeune fille qui, dans un mouvement des plus enjoués, s’empara de sa main, s’exclamant presque un peu trop fort qu’il était allemand. Il était peut-être temps qu’elle le remarque. Cependant, sa surprise était de mise, quand on savait que le pensionnat ne comptait, à tout casser, que deux allemands et demi, à présent.

Coupé dans son élan, Panzer considéra Meine, interloqué. Il ne savait s’il devait lui aussi manifester autant de joie, quand on sait qu’il ne souriait réellement jamais. Finalement, un peu confuse, elle lui lâcha la main. Croyant à des bonnes manières, il la laissa faire, ne se doutant pas une seconde que sa compatriote pouvait être de l’autre bord. Comme pour la rassurer –et Dieu seul sait à quel point il est rare que Panzer se montre galant ou souhaite mettre les autres à l’aise-, il agita les doigts, en se redressant, prenant lentement appui contre l’autel.

-« Naja, egal. » murmura-t-il, dans un demi-sourire.
| « Ne t’en fais pas, ce n’est pas grave. » |

Une fois debout, il épousseta le bas de son long manteau noir, qui lui donnait des allures de vampire rachitique, et tendit son autre main gantée, pour l’inviter à se relever.

-« Ich bin Panzer, der einige Deutsch von Wammy’s House ... aber nicht mehr ... »
| « Je suis Panzer, le seul allemand de la Wammy’s House ... enfin, plus maintenant … » |

Il haussa élégamment un sourcil, envieux de tout savoir de sa future épouse. Oui, il s’était dès lors mis en tête de la faire sienne. Après tout, son délectable surnom l’y invitait. Quelle idée de se surnommer « mienne » ? Peut-être était-elle en attente de son prince charmant ? Bon, normalement, c’est dans un château qu’elle patiente, gardée par un dragon. Tout portait à croire qu’ils étaient les protagonistes d’un tout nouveau conte allemand, dans lequel les deux aimés se rencontrent dans une église aux allures abandonnées, eux-mêmes tout de noir vêtu. C’était un peu lugubre. Et surtout désopilant, quand on savait que le prince de l’histoire se prenait pour la réincarnation du grand méchant de l’Histoire de leur pays ; et que la princesse était davantage du genre à s’enticher des autres princesses …

-« Tu es arrivée depuis longtemps ? J’aurais dû venir à ta rencontre plus tôt ; ils sont bien peu à s’intéresser à notre langue-mère. C’en est bien dommage, j’ai bien cru que j’allais perdre mes bases … »

Oui, c’est ça Panzer, fais-lui la cour. Grimpe le haut de la tour dans laquelle elle attend. Grimpe bien haut, mais fais attention, car plus dure sera la chute. Avec un peu de chance, le dragon voudra bien de toi, lui.
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Meine
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Sujet: Re: Just like a prayer, Panzer. Sam 26 Mai - 17:37


_____Marlen avait toujours adoré l'accent berlinois et elle s'était toujours discrètement moquée de ceux qui prononçaient l'allemand « comme des barbares », selon elle. Mais pour une fois, elle ne fit pas sa difficile : il savait prononcer Meine et c'était déjà un énorme avantage sur la majeure partie de la population de l'orphelinat. De plus, ce n'était pas comme si elle souhaitait entrer dans une relation plus profonde avec lui, ne serait-ce qu'amicale.
_____Il s'appelait Panzer, comme les chars, comme cette chose disgracieuse, blindée et vulgaire. Meine n'appréciait pas du tout ce pseudonyme, tout comme elle préférait que l'on ne comprenne pas le sien : les quelques remarques déplacées qu'on avait lui osé lui exprimer l'avait pétrifiée d'idiotie et de dégoût (les interventions étant majoritairement masculines). Mais il était bien connu que ce que Marlen ne supportait pas que l'on fasse à son égard, elle se permettrait amplement de l'appliquer aux autres. Ainsi, elle nota bien l'âpreté de ce pseudonyme d'un goût douteux : c'était bien un homme. « Et bien je suis ravie de faire ta connaissance. Cela fait plaisir de savoir que je ne suis plus si loin de ma terre natale. »

_____Elle avait repris son doux et calme sourire ainsi que son rythme de parole détendu et relaxant (certains diront lent). Lorsqu'il se redressa, elle fit de même, réalisant presque avec honte qu'elle était toujours assise par terre. En quelques mouvements légers, elle réajusta son jupon, vérifia que ses cheveux étaient bien coiffés et se passa un léger coup sur le visage pour effacer tout vestige de ses quelques larmes.
_____Ce dernier mouvement la poussa vers une nouvelle crainte, plus grande encore que celle que provoquait son intérêt un peu trop poussé : avait-il vu, entendu ou deviné ses larmes ? Si oui, il fallait absolument qu'elle éclaircisse le malentendu : elle n'était pas en train de pleurer pour quelque stupidité adolescente, elle valait bien mieux que cela. De la même manière, ce n'était pas comme si elle pleurait véritablement la mort de sa mère et de sa grand-mère, elle était plus forte que cela, voyons. Non, si elle pleurait c'était par émotion artistique face à la chanson en allemand qu'elle chantonnait, c'était tout. La beauté des paroles divines qui émanaient de ce chant la transcendait et elle ne pouvait qu'en pleurer. Oui, c'était ça. Ce n'était pas comme si elle était une pauvre petite orpheline qui cherchait à ce qu'on la prenne en pitié, la chouchoute, la câline, l'admire, … Ou en tout cas, pas par un homme.
_____Elle était jolie Marlen, avec son calme et son sourire discret mais omniprésent, comme si le temps s'arrêtait et que l'on se retrouvait momentanément dans une aire de repos et de douceur, comme si tout devenait tout à coup beaucoup plus serein. Mais elle avait un côté assez distant aussi, avec ses manières polies et le fait qu'elle ne parle jamais de trop : ce que l'on prenait souvent (et c'était volontaire) pour de la timidité ou de la modestie était en vérité un rejet complet de tout lien profond dès que l'on ne répondait pas à certains critères. Et ce Panzer venait de perdre encore quelques points avec sa cape d'un goût douteux, qui eut droit à un regard léger de la part de l'allemande et à plusieurs remarques mesquines au fond de son crâne.

_____« Je suis ici depuis environ dix-huit jours et j'ai pu remarquer les limites de leur connaissance en allemand. Mais certains, à l'instar de Muse il me semble, ont une motivation louable dans ce domaine. Je suis heureuse que notre pays soit plus exigeant dans l'apprentissage des langues étrangères : c'était éprouvant et ennuyeux, mais à présent j'en suis bien soulagée.  »»
_____Lorsque Marlen était gênée, stressée ou intimidée, elle avait l'habitude de parler un peu plus ; rajoutez à cela le fait qu'elle parlait pour la première fois depuis longtemps en allemand et vous comprendrez sa relative prolixité. Il était impoli de ne pas répondre précisément aux interrogations d'un interlocuteur, surtout lorsqu'on désirait s'exempter de tout différent : s'il était poli et assez agréable, elle avait la désagréable impression qu'il pouvait être potentiellement dangereux. Rien que son intérêt particulier et sa façon de parler un peu à l'ancienne le démontrait ; et comme d'habitude Marlen s'adaptait à la situation pour surtout, surtout éviter les ennuis.
_____« Perdre tes bases, à ce point ? et elle eut un petit rire mélodieux pour accompagner cette remarque. Tu dois être ici depuis un certain temps ! et son ''ici'' avait un goût amer. Et bien si tu as encore cette crainte, n'hésite donc pas à venir me parler, ce serait un plaisir de converser avec toi.  »

_____Parfois Meine s'en voulait de tant d'hypocrisie, puis elle faisait le bilan de sa vie parfaite et sans ennui et finissait par s'en féliciter. Lancée dans son entreprise de socialisation avec l'adversaire et cherchant à éclaircir un ultime point sur son goût vestimentaire, elle ajouta : « Serais-tu toi aussi ici pour célébrer un deuil ? » Après tout, ils étaient tous des pauvres orphelins ou des enfants abandonnés ici, non ?
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Sujet: Re: Just like a prayer, Panzer. Ven 16 Nov - 20:53


Panzer ne s’en était pas rendu compte, mais un mièvre sourire –tendant davantage vers le rictus qu’autre chose- avait fendu son faciès terne, à la manière de Mister Jack qui découvre les premières giboulées. Elle n’était ici que depuis 18 jours. Un oisillon à peine tombé du nid. Un nid d’aigle, bien entendu. Pas l’un de ces pigeons roucoulants qui gonflaient le poitrail dans les salles de classe. Non, en chaque allemand, il y avait un oiseau de proie qui sommeillait. C’était certainement pour ça qu’il s’était rendu dans la chapelle. Il l’avait sentie. Le parfum un peu trop sucré qu’elle avait fait sa rosée lui noyait les sens, lui qui s’enformait tous les soirs dans des effluves de café et de cigarettes.

Il y avait un croissant de lune, à présent, pour répondre à son soleil omniprésent. La lune lui faisait moins mal aux yeux. Sa lumière était plus tapissée, plus douce, et gorgée de charme. A tel point qu’elle pouvait lui arracher cette étrange expression qui, à vrai dire, ne lui allait pas du tout. Comme si un croque-mort essayait de vous réconforter. Parce qu’il s’était épris de vous. Parce que vous êtes juste blonde et bonne. Il n’y connaissait vraiment rien. Le voilà qui s’ébroue, même, quand elle feigne s’intéresser à lui. On dirait qu’elle vient de retourner sa question à une plus pucelle qu’elle. Il aurait presque couiné si sa gorge n’était pas si enrouée. Il se racle la gorge, comme un homme distingué qu’il n’est pas.

-« Un peu plus de 3 ans, maintenant. Il parle lentement, insiste sur la langueur de son séjour ici, sur le fait que son arrivée est une prétendue libération. Tu parles. Il y en a bien, en effet, qui connaissent quelques mots. Mais ça ne vole jamais très haut. Contrairement à toi, chérie, aigle d’outre-Rhin. Ça ne vaut pas un véritable échange. » Avec une paire de boobs comme la tienne.

Il ressemble à un sale gosse à qui on vient d’assouvir un caprice. En lui refilant une jolie jeune fille bien blonde et bien polie. Une poupée. Dont il n’a même pas lu le mode d’emploi. Mais il s’en moque. Elle lui répond. S’adresse à lui. Les lèvres tournées dans sa direction. Mieux encore, elle est tellement bien programmée qu’elle s’enquit même de savoir ce qu’il fait ici. Le sourire de Panzer grince. Il pourrait lui découper la figure en deux. Non, vraiment, il devrait être interdit de rire. Il pose son regard sur l’autel, fait mine de l’épousseter, genre, il vient souvent ici, qu’il prend soin de ce mââââ-gni-fique lieu de recueillement … Il tire même un peu trop sur le linceul qui recouvre le meuble vétuste, manque de faire vaciller le vase.

-« Je … Oui, hrm, je viendrai te voir. Au lieu de venir ici. Il lève un peu les yeux, il ne fait que s’enrhumer ici, même si le chœur faisait suffisamment résonner sa voix quand il s’entraînait à y clamer des discours. Ce sera plus agréable. Ses pupilles s’attardent sur les chevilles de la demoiselle. De fait, j’ai depuis longtemps renoncé à entreprendre quelque deuil. » Il relève ses pupilles maussades vers elle.

S’il en croit les rares romances qu’il a pu voir, dans les films de guerre, c’est à ce moment-là, que le soldat pose sa main calleuse de soldat, contre la joue de sa bien-aimée, comme pour lui dire adieu. Panzer se croit plus chanceux, la guerre qu’il mène, personne n’en a conscience. Il lève quand même la main, effleure les plumes blondes de ce jeune aigle.

Quel pigeon il fait.
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Meine
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Sujet: Re: Just like a prayer, Panzer. Sam 17 Nov - 11:11

_____Il y avait certaines personnes qui ne savaient pas sourire. C'était un fait et pourtant Meine avait toujours du mal à en réaliser toute l'étendue, toute la portée. Pour elle, qui simulait rire et larmes avec le plus grand des naturels, ces « troubles du sourire » était un véritable mystère anthropologique. Comment pouvaient survivre socialement sans savoir sourire à la demande ? Pis, comment survivre socialement quand le peu de sourire que l'on arrivait à dessiner était maladroit, voire effrayant ? Cela la dépassait complètement. Panzer la dépassait complètement. Cet être la dépassait tellement qu'elle n'avait pas le temps d'avoir peur.
_____Celle qui avait amené la sociabilité au rang d'art avait l'impression de se retrouver face à un animal de foire. Éberluée, mais toujours aimable et souriante, elle était hypnotisée par le rictus qui s'était dessiné sur le visage de l'allemand. Même ceux qui ne savaient pas sourire pouvaient rendre le tout attendrissant, comme lorsque Screen essayait désespérément d'être appréciée en souriant, ce qui était absolument adorable. Mais il n'y avait rien d'adorable dans ce macchabée essayant de se rendre humain juste en éloignant atrocement le coin de ses lèvres. Elle avait l'impression que sa bouche avait gagné dix centimètres et qu'elle allait continuer à s'allonger jusqu'à faire le tour de son crâne, c'était paranormal.

_____C'est instinctivement qu'elle eu un petit rire à ses remarques sur les orphelins de la Wammy's House, comme s'il venait là de faire une blague particulièrement drôle. Elle était passée en pilote automatique, tellement son esprit était à présent tendu vers la tentative de compréhension de cet étrange animal. S'il n'était pas en deuil, que faisait-il en noir ? Que faisait-il dans cette chapelle sainte ? Comment connaissait-il son nom ? Il était maladroit, ses mouvements n'étaient pas naturels, ses mots sonnaient atrocement vide, il bégayait. Il se passait quelque chose à l'intérieur de ce petit cerveau qu'elle n'arrivait pas à concevoir. Et comme d'habitude lorsque Meine n'avait pas une explicatif simple et réaliste devant elle, elle recommençait déjà à extrapoler et à imaginer les pires scénarios. Mais sûrement aucune supposition de son esprit tordu ne saurait atteindre l'abomination, l'absurdité de ce qu'il se passait en réalité sous ce crâne. Plongée dans ses pensées et sous pilote automatique, Marlen ne pensa pas véritablement à réagir aux étranges symptômes qu'il contractait. Ainsi, ce ne fut qu'au dernier moment qu'elle réalisa dans quelle situation elle s'était retrouvée.
_____Ce fut le contact qui brisa tout. En touchant ses cheveux, il avait au passage effleuré sa joue. Le simple fait qu'il ai touché sa peau réveilla toute sa répulsion, son dégoût et sa peur. Un véritable électrochoc qui parcouru son corps tout entier et la fit reculer de deux pas précipités, les yeux révulsés, la respiration en suspens, des mots insalubres au bord des lèvres. Elle se retint cependant de l'envoyer verbalement en enfer. Non, Marlen est quelqu'un de bien plus perfide que cela, bien plus tordu. Il ne serait pas dit derrière son dos qu'elle était une petite aguicheuse vulgaire.

_____Au dernier moment, elle transforma ce qui aurait du être une expression de dégoût en masque de surprise. De nouveau, elle était la petite idiote qui ne sait pas où elle est et ce qu'il se passe. La pauvre petit colombe est au bord des larmes et observe l'étrange jeune homme en papillonant les yeux d'incompréhension. Affolée, elle jette quelques regards autour d'elle comme pour y chercher un soutien. Mais elle se retrouve seule dans cette situation délicate. Ses douces lèvres s'entrouvrent pour laisser échapper, dans un souffle bordé de larmes un :
_____« Je suis désolée. »
_____Une larme coule le long de sa joue tout en prononçant ses mots. Une main la chasse furtivement. Une jupe tournoie pendant qu'elle fait demi-tour et court à petits pas vers la sortie. Un sanglot se fait entendre juste avant que la porte ne claque derrière elle.

_____Marlen n'arrêta pas le jeu tout au long de son retour à sa chambre. Pauvre jeune fille sombre aux yeux larmoyants, elle rentrait tristement chez elle et elle voulait cette fois qu'on le sache. Arrivée là-bas, elle parlerait à Screen de tout ce que cet étrange Allemand avait osé et essayé de lui faire. Elle fondrait en larmes dans les bras des autres filles de sa chambre en parlant de ses lèvres souillées, de la force avec laquelle il avait essayé de la violer. Il fallait que chaque fille de l'orphelinat aie été prévenue que cet ignoble Panzer était un dangereux pervers Mais savoir que Meine avait été la victime, que personne ne le sache, sa réputation en dépendait.
_____L'aigle avait attrapé sa proie.

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Just like a prayer, Panzer.

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