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 Life is your creation ► Stereo

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Invité
Sujet: Life is your creation ► Stereo Dim 4 Déc - 12:27

Identité

PSEUDONYME : Stereo
NOM : Langlois
PRÉNOM(S) : Salomé
QI: 163
DATE DE NAISSANCE : 25 / 08
ÂGE : 17 ans
SEXE : ❒ M  ✔ F
ORIGINE : Française
ANCIENNETÉ : Un an


Physique

Couleur des cheveux : A la base ils étaient châtains. Maintenant, ça dépend des jours. Elle est accro aux teintures étranges.
Couleur de la peau : Claire, sans plus.
Tatouage/Piercing ? : No, thank you.
Couleur des yeux : Chocolat, quand elle ne porte pas de lentilles.
Taille en centimètres : 161 cm.
Corpulence: Longiligne.



Caractère

Calme
Patiente
Honnête
Imaginative
Discrète
Romantique
    Distraite
    Bordélique
    Introvertie
    Têtue
    Paresseuse
    Jalouse

« – Dis-moi à quoi me sert mon étoile, si je perds le Nord. »

Hey, Stereo ! Dis-moi, dis-moi. Qui es-tu sous ton déguisement ? Quand on enlève la couleur extravagante de tes cheveux, que l'on retire tes lentilles colorées et la couche épaisse de timidité qui t'enveloppe comme l'emballage d'un bonbon, à quoi est-ce que tu ressembles ? Explique-moi, raconte-moi, je veux savoir. Ou plutôt, ils veulent savoir. Ne te cache pas derrière ce rideau s'il-te-plaît... Bon, très bien, je vais m'en occuper à ta place. Vraiment, quelle enfant tu fais.

Soit, pour te décrire, que dire ? Il faut peut-être commencer par ce qui est évident : tu n'aimes pas te frotter aux autres. Ils te font peur, t'impressionnent, tu te juges toujours en-dessous d'eux. Tu crains qu'ils ne découvrent la personne que tu es vraiment derrière tous ces artifices que tu t'efforces de mettre en place jour après jour. Ta teinture changeante, tes yeux cachés sous ces voiles bariolés, tes vêtements superposés sur ton corps en un ensemble étrange, tes accessoires par centaines. Alors tu te refermes sur toi-même, comme une huître voulant protéger sa perle irisée et ô combien précieuse de la mer salée et avide.

Et cette perle, c'est un concentré de jolies choses. Ou presque. Parce qu'enfin, tu es comme tout le monde Stereo ; imparfaite. Le truc c'est qu'il faut toujours commencer par le positif. C'est ton père qui te disait ça souvent, tu te souviens ? Oui... Donc, tes qualités. La première, c'est probablement ton calme à tout épreuve. Quoi qu'il arrive, même si intérieurement tu bous de colère et d'agacement, tu fais tout pour garder la tête froide. S'il y a un problème, si tu dois attendre pour quelque chose d'important et même si tout le monde s'agite autour de toi, tu fais ce qu'il y a de plus sage : tu te tais et tu patientes. Oui, tu es sage. Un peu trop parfois, mais on verra ça plus tard. Passons plutôt à ta seconde qualité. Ton imagination.
Ta tête, elle est remplie de papillons dans tous les sens, de monstres à huit pattes crachant le feu, et de flocons de neige en sucre glace. A travers tes yeux couleur chocolat, Stereo, la vie devient un songe. L'eau se fait sirop, les nuages barbes-à-papa. Le caramel colle aux doigts comme de la super-glu, et le vent fait des nœuds dans tes cheveux, épais comme des pelotes de laines. Ton esprit, il vogue entre Mars et Saturne, au milieu des étoiles. Tout est beau, extraordinaire. Donc toi quand tu t'ennuies, tu te poses quelque part, n'importe où (la plupart du temps où il ne faut pas) et tu penses. Tu transformes les garçons en filles, leur ajoute des têtes de lapins en peluche adorables. Pour en avoir moins peur. Parce que pour toi, les garçons, ce sont comme des martiens venus te taper la causette en javanais. Totalement incompréhensibles. Tu aimerais bien les approcher davantage. Mais alors faire le premier pas, plutôt mourir... Ce qui nous amène à ta troisième qualité. (Prépare-toi parce qu'après on passe aux points négatifs, et tu vas en baver.)
Nous disions donc. Stereo, tu es romantique. Les grenouilles se transformants en princes charmants, les films à l'eau de rose, les musiques à deux balles, tu aimes bien. D'ailleurs, les-dites musiques, tu tentes souvent de les reproduire avec ta guitare quand tu es sûre que personne ne t'écoute. Oui, quand tu es vraiment tout seule, tu essayes de faire sortir des notes justes de ton instrument (le problème, c'est que tu n'as jamais appris à jouer, soit que tu es incapable de suivre une partition. Mais c'est accessoire, évidemment), seulement et uniquement quand tu t'es assurée vingt fois que la pièce était bien déserte. Parce qu'au fond, tu en as un peu honte de ce côté fleur bleue. Tu le dissimules comme tu peux, sous tes piles de pulls en laine.

Bien, maintenant on peut passer aux défauts. Dur de savoir par où commencer. Tu. En. As. Tellement. Bref, le moindre c'est que tu ne sais pas mentir correctement. Dès qu'il faut te trouver une excuse, tu bégayes, te trompes dans tes mots, trébuches cent fois et te mets à rougir ; encore plus qu'un tomate bien mûre. On peut ajouter dans cette catégorie que tu es distraite comme pas deux. Tu oublies une tonne de chose, fait souvent de mauvais mouvements (je n’énumérerais pas tous les objets que tu as cassé de ta naissance à ce jour, histoire de préserver un minimum ta dignité), tombe après dix mètres de course. Les plus gentils diront que c'est mignon, les autres te balanceront franchement que c'est pitoyable. Voilà voilà.
Après, on peut dire que tu ne sais absolument pas ranger quoi que ce soit. Ta chambre, c'est Bordeland. A chaque fois, tu décides de tout nettoyer, dans un élan exceptionnel de bonne volonté. Et puis tu tombes sur un souvenir que tu avais oublié. Et tu commences à chercher dans tes tiroirs, pour en trouver d'autres. Au final, quand tu as vidé toutes tes armoires par terre, tu te rends compte que tu es crevée et que tu n'as plus la moindre envie de faire le ménage. Tu t'allonges sur ton lit, tes écouteurs sur les oreilles. Tu t'endors. Fin de la tentative de rangement, yay.
Et puis, quand tu as une idée en tête, tu ne la lâches pas. Tu peux être vraiment bornée parfois, tu refuses d'avouer que tu as tort, même si tu sais pertinemment que c'est le cas. Tu restes accrochée à ton opinion jusqu'au bout, jusqu'à ce que la personne en face de toi se lasse et abandonne. Et si elle est aussi têtue que toi et qu'elle ne lâche pas non plus le morceau ? Dans ce cas, le duel peut durer des heures. Vraiment, pour ton petit esprit tordu, ce serait un affront de taille de dire ces simples mots : « Je me suis trompée ». Tu t'en sentirais bien trop humiliée.
Enfin, nous arrivons à l'ultime point. Ta jalousie. Il en faut peu pour que tu sois piquée à vif. Quelqu'un que tu aimes particulièrement t'abandonne vaguement pour aller parler à une autre personne, et voilà que ton cœur se serre violemment. C'est automatique, tu ne fais pas exprès. Tu ne contrôles rien, tu sais juste que quand ça t'arrive, tu te retrouves complètement paumée et avec une irrésistible envie de coller des gifles à tout le monde. Mais tu te dois de rester calme. Surtout, ne pas perdre ce qui fait de toi quelqu'un de « remarquable ». « Remarquable » par ton silence et ton état taciturne, si c'est pas formidable.

Quoi ? Tu trouves que j'exagère ? Et bien tu n'avais qu'à te décrire toi-même, ma petite. Il est trop tard pour regretter maintenant. Il a toujours été trop tard.

« – Hello darkness, my old friend ; I've come to talk with you again. »


Classe


    Définissez vous en une phrase.
    1. Dans un souci d'objectivité, je pense qu'il faudrait poser la question à mes amis...


    Vous offrirez quoi à Noël à votre meilleur ennemi ?
    1. Une corde.


    Parmi ces livres ci-dessous, lequel serait le plus susceptible d'être votre livre de chevet ?
    1. Finnegans Wake de James Joyce.


    Ce que vous devez impérativement arrêter de dire. Sérieusement.
    1. « Le si n'aime pas le ré pour la centième fois ! »


    La petite manie dont vous vous passerez bien ?
    1. Caser des citations partout.


    Il y a forcément quelque chose que vous auriez dû faire depuis longtemps et n'avez toujours pas fait.
    1. Ranger ma chambre si je trouve un jour le temps.


Histoire



« – When I was young, I'd listen to the radio, waitin' for my favorite songs... When they played I'd sing along, it made me smile. »

« Je m'appelle Salomé Langlois, j'ai dix ans, et actuellement j'adore la guitare qu'il y a dans mon grenier... Papa dit qu'elle était à grand-père et qu'il ne faut pas la toucher parce qu'elle est fragile, c'est dommage. Sinon, plus tard, je ferais allumeuse de réverbères, comme le monsieur dans le Petit Prince. Parce que ça doit être cool de voir des étoiles tout le temps. Je suis sûre qu'on peut apercevoir des Plutoniens, comme ça. Mais ne vous inquiétez pas, même si j'en rencontre quelques uns et que je les suis sur leur planète, je ne vous oublierai pas... La deuxième classe du CM2, cette année a été super, je vous aime très fort. Bonne continuation à vous tous ! »

Sur le cahier à la couverture rouge de la dernière année de primaire, la petite fille écrit le plus soigneusement possible. Elle essaye de dessiner de belles lettres rondes, en espérant qu'on se rappellera d'elle comme de quelqu'un d'agréable. L'année prochaine, pour son entrée au collège, elle ne sera plus dans la même ville. Elle s'en va avec son papa, loin, suffisamment loin pour qu'on appelle la nouvelle maison « autre part ». Ses amis, ces personnes avec qui elle a pris soin de tisser des liens depuis la petite classe, elle sait qu'elle ne les reverra plus. Son papa à beau lui dire que, si, ils retourneront de temps en temps dans leur ancienne ville pour qu'elle puisse les voir, elle ne le croit pas. Elle sait que les grandes personnes, surtout sont papa, font tout pour donner à leurs enfants une vie agréable et sans souci. Ils mettent des petites touches de couleur dans leurs vies en noir et blanc, mentant par-ci par-là, et sont heureux de les voir sourire et éclater de leur petit rire cristallin. Alors non, la petite fille ne croit pas son papa.

Sa maman ? Elle n'est pas là. Elle n'est plus là. Ne l'a jamais été d'ailleurs. Mais ce n'est pas grave, au moins, comme ça, elle ne lui manque pas. Quand la petite fille demande où elle est allée, son papa lui répond qu'elle est partie au ciel, avec des larmes au bord des yeux. La petite fille, elle ne voit pas ce que ça a de triste d'être allée dire bonjour aux martiens. C'est plutôt cool, au contraire. Mais bon, elle laisse son opinion de côté et se contente de serrer son papa dans ses bras, comme si elle le comprenait. Comme si elle était capable de le soutenir. Sauf que c'est faux. Elle n'a jamais pu comprendre les grandes personnes. Elles sont trop compliquées, avec leurs esprits plein de nœuds. Il vaut mieux ne pas essayer de les analyser.

Toujours appliquée sur ses lettres, la petite fille agrippe son stylo de la main gauche, comme si elle avait peur qu'il s'envole. Elle se dépêche un peu maintenant, elle sent les regards de ses camarades qui veulent écrire à leur tour, impatients. Elle pense à la guitare de son grand-père dans son grenier. Qu'est-ce qu'elle aimerait essayer d'en jouer... En plus, elle est pour gaucher, ce serait vraiment génial. Son manche droit, ses cordes tendues à l'extrême, son bois lisse... La petite fille, il lui faut vraiment faire de gros efforts pour ne pas s'en approcher.

Encore quelques mots. Une dernière lettre. Point final. Elle passe le cahier à son voisin, puis range ses affaires et quitte la salle de classe avant qu'on ait pu lui dire au revoir. Elle n'aime pas ça, c'était trop gênant. Sur le chemin du retour, elle traîne des pieds, laissant ses semelles accrocher la boue à chacun de ses pas. Elle s'imagine que les feuilles mortes sont des soldats de plomb tombés au combat. Elle transforme une rampe d'escalier en un serpent suintant le venin, auquel elle échappe en tournant à l'angle d'une toute petite allée. Une allée avec des maisons en papier mâché, habitées par des poupées. Et une fois tout au bout du chemin, elle s'arrête. C'est étrange, sa maison à elle, elle n'arrive pas à la déformer. Peut-être parce qu'elle est trop vide, sans âme, avec ses lumières éteintes et ses cartons empilés devant les fenêtres, pleins à craquer, prêts à être chargés dans un immense camion. Des cartons qu'elle déteste plus que tout. Elle n'a aucune envie de partir de la petite allée des poupées.

Seule face à sa maison sans vie, la petite fille pleure.

 « – Happée coulée, semée par les avis divers, les « moi je sais », mieux que tous réunis. »

La fragrance du petit jour flotte dans l'air.

La nouvelle maison a un toit rouge. Rouge coquelicot, rouge sang et rouge fraise à la fois. Un rouge étrange, mystérieux, nouveau. Un rouge que Salomé ne connaissait pas, mais qu'elle aime bien quand même. Les yeux à-demi ouverts seulement, elle retient un bâillement. Il est tôt, elle n'a pas beaucoup dormi dans la voiture. Elle n'arrêtait pas de penser aux cartons dans le grand camion. Maintenant elle se tient bien droite, seule sa tête tombe un peu sur le côté. Dans sa main, elle tient un ours en peluche presque entièrement déchiqueté. Un cadeau de son papa. Doucement, elle tente de faire un pas. Elle aimerait aller voir l'intérieur de la maison, mais elle ne tient plus debout. Alors lentement, elle se laisse tomber sur le bitume. Assez d'avoir à rester droite. Des hommes portants des jeans tâchés et des pulls immenses font des allers-retours entre la pièce de l'entrée et le véhicule de transport. Quelques uns l'observent en passant, puis l'esquivent afin de terminer leur travail au plus vite. D'une voix pâteuse, la petite fille appelle son père. Il doit être à l'intérieur, en train de régler quelques affaires. Hm. Le soleil levant, franchissant la ligne d'horizon, l'aveugle. Elle se roule en boule, serrant sa peluche contre elle, se demandant vaguement si son père serait capable de l'oublier là. La réponse, négative, s'impose à elle, mais pour ne pas passer pour une prétentieuse aux yeux de sa conscience, elle enfouie sa solution au fond de sa tête.

Elle attend.

Les minutes passent, elle entend des voix au-dessus de sa tête, elle ne sait plus si elle rêve ou si elle est encore éveillée. Elle n'arrive pas à oublier la guitare de son grand-père, se languissant de savoir si elle a été conservée ou non. Elle espère de tout son petit cœur d'enfant que oui. Se pelotonnant davantage, elle voit défiler les visages de ses amis, à qui elle n'a pas dit au revoir. Peut-être aurait-elle dû. A la réflexion, elle se sent un peu coupable. Vouloir laisser une bonne image de soi et s'enfuir comme une voleuse, ça ne colle pas trop... Enfin, des bras viennent se glisser sous son dos et la soulèvent à quelques mètres du sol. Curieuse, elle ouvre un œil, pour voir le visage de son papa. Il a un sourire aux lèvres, ses yeux paraissent fatigués. Une barbe brune fleurie légèrement sur son menton et ses joues. Lui aussi il aimerait pouvoir dormir, sûrement. Incapable de prononcer le moindre mot, la petite fille renifle légèrement. Avant de sombrer pour de bon.

La fragrance du petit jour flotte dans l'air.

« – So many songs we forgot to play, so many dreams swinging out of the blue, we let them come true. »

– Salomé. Tu pleures ?
– Non, c'est juste la pluie. Pourquoi ?
– J'sais pas, on dirait.
– Ah...

Silence. Salomé a toujours été avare de mot. En fait, c'est comme s'ils se perdaient entre sa gorge et sa langue. Ils claquent contre son palais, demandant à sortir, mais elle refuse. Elle les garde prisonniers, dans une cage de sang et d'ivoire. Elle a peur de dire une parole malheureuse ; ça lui arrive si souvent. Alors elle se tait. Et elle écoute la respiration de Théo. Son Théo, avec ses grands yeux qui disent « je t'aime », ses baisers qui la rendent toute chose, ses mains qui se baladent entre ses reins quand la nuit tombe sur la maison au toit rouge. Oui, son Théo, le sien.

Celui auquel elle peut parler sans bégayer. Celui qui la rattrape quand elle trébuche. Celui qui la fait rire avec ses cheveux jamais coiffés et ses expressions de vieillard. Celui qui fait grimper son cœur à du deux cents battements par minute. Celui qui marche avec elle sous la pluie. Celui auquel elle s'agrippe comme s'il pouvait partir en fumée à tout moment. Elle a peur Salomé. Peur qu'il la délaisse, peur qu'il découvre qu'elle n'est pas celle qu'il pensait, peur qu'il s'en aille. Elle l'aime tellement. Trop probablement. Pour une tonne de raisons qui n'appartiennent qu'à elle. C'est ce qui causera sa descente aux Enfers d'ailleurs ; mais nous n'en sommes pas encore là. Bientôt, bientôt...

En attendant, ils sont toujours sous cette fameuse averse. Vous vous demandez peut-être pourquoi. Non ? Tant pis, je vous le dis quand même, ça m'occupera. La première raison est qu'ils n'ont pas de parapluie (sans dec ?). La seconde, est qu'il n'y a pas le moindre abri en vue. La troisième... Est le simple fait qu'ils n'ont pas du tout envie de courir. Du coup, la pluie s'infiltre dans leurs chaussures comme des petites perles glacées, trempe leurs vêtements et dégoulinent le long de leurs cheveux : super classe. Tremblante de froid, la jeune fille sent un petit rire lui échapper. Puis un autre secoue son corps, incontrôlable. Au final, elle est prise d'un fou rire indéfinissable : la situation est stupide, trop stupide. Le garçon à ses côtés la suit dans sa crise ; juste parce qu'il est capable de n'importe quoi pour lui plaire ; juste parce qu'il aime savoir qu'elle s'amuse. C'est stupide, un couple, vous savez.

Au bout de la rue, on voit enfin la maison au toit rouge. Rieuse, Salomé prend Théo par la main. Et ils se mettent à courir, comme s'ils voulaient en fin de compte éviter les gouttes d'eau. Pliés en deux, ils arrivent devant la porte, le battant s'ouvre, les lumières sont éteintes, la maison est vide. Soudain silencieux, ils ôtent leurs chaussures, glissent vers la cuisine où ils découvrent un mot du père de la jeune fille. « Aujourd'hui je rentrerai tard. ». Comme tous les soirs quoi, aurait voulu dire l'intéressée. Sauf qu'elle est trop occupée à suivre le garçon aux cheveux décoiffés dans l'escalier de bois clair. Les marches s'envolent, le couloir est traversé en riant. La chambre bleue est ouverte, avec ses murs recouverts de photos, sa fenêtre ruisselante et son odeur de flamme juste soufflée. Lentement, elle l'embrasse, sent son souffle dans son cou.

Et la porte se referme.

« – I've waited hours for this, I've made myself so sick... »

Dans le noir, la jeune fille pince les cordes de la vieille guitare. Le son est faible, il aurait bien besoin d'enceintes. Mais telle n'est pas la préoccupation principale de l'adolescente à cet instant. Non non non.
Ses cheveux sont gris aujourd'hui. Gris terne, gris triste. Elle a le cœur en vrac, juste bon à jeter dans un sac. Les yeux perdus dans le vide, une succession de fausses notes retentit dans la pièce. Elle se sent vide Salomé, très vide. Des idées noires tanguent dans sa tête, elle ne cesse de repenser à son désastreux après-midi. Il en a fallu si peu pour que tout s'écroule. Et le pire, c'est que tout est de sa faute. Il l'avait seulement laissé quelques heures pour être avec une autre fille. Une amie d'enfance, rien de grave. C'est ce dont elle avait essayé de se convaincre. Pourtant, en tournant à l'angle de ce couloir, en la voyant dans ses bras. En le voyant sourire. Elle avait senti le monde devenir rouge. Elle avait tenté de rester calme, de ne pas perdre son sang-froid. Elle n'avait pas réussi. Non, au lieu de se dire que tout ceci n'était peut-être qu'une étreinte d'au revoir, elle avait foncé et l'avait giflée, cette fille qu'elle jugeait telle la pire des ordures. Théo était devenu Tonnerre.

Il lui avait demandé ce qui ne tournait pas rond chez elle, avait crié qu'il fallait qu'elle s'excuse. Salomé avait tourné la tête vers la fille qu'elle venait de frapper, la main tremblante. Sa victime improvisée avait les larmes aux yeux. Hésitante, la jeune fille avait ouvert la bouche, prête à annoncer son « pardon ». Puis elle s'était ravisée. Elle n'avait pas envie, ne pouvait pas. Qu'est-ce qu'il avait, lui, à prendre une autre fille dans ses bras aussi ?! Agacée, elle avait osé ouvrir la bouche et dire ce qu'elle pensait. Les mots, tapageurs, avaient quitté leur cage. Ils n'auraient pas dû. Le regard plein de colère, le garçon avait tourné les talons et était parti. Pas un mot de plus.

A la réflexion, Salomé voit bien qu'elle a agi n'importe comment. La jalousie l'a étouffée, à en sombrer, à en mourir. Et voilà qu'elle se retrouve seule, la petite demoiselle. Dans l'obscurité. Avec entre les mains un instrument dont elle n'arrive pas à tirer le moindre son correct. Seule, seule, seule, triplement seule. Son père n'est pas là, il est encore censé « rentrer tard ce soir ». Sa mère a toujours été absente. Théo lui a tourné le dos. Que faire, dans ces moments-là, hein ?

Décrocher le téléphone.

Le téléphone qui sonne, insistant. Retentissant dans toute la maison. Un instant, la jeune fille a envie de faire la morte, de laisser la sonnerie retentir encore et encore jusqu'à ce qu'elle s'arrête. Faire comme si elle n'était pas là. Malheureusement, son père lui a toujours dis qu'il fallait répondre quand quelqu'un appelait. Alors elle se lève, Salomé. Elle pose la guitare dans un coin de sa chambre, ses cheveux gris assombrissant son visage pâle. Elle descend les marches de l'escalier, une par une. Le téléphone sonne toujours, rien ne semble pouvoir l'arrêter. Dommage. Elle aurait tellement voulu dormir, elle aurait tellement voulu qu'on la laisse rêver. Songer à ce temps où le rire était la chose la plus naturelle au monde. Vidée, elle porte le combiné à son oreille.

– Allô ?

Un faible « allô », qui aurait bien besoin d'enceintes lui aussi. Et puis ensuite, tout s'enchaîne. Une voix qu'elle aurait toutes les peines du monde à reconnaître à présent lui dit bonjour. Puis un flot de paroles surgit du téléphone, la submergeant sans pitié. On lui pose des questions. « Êtes-vous la femme de ménage ? », « Saviez vous que votre père avait des soucis avec son travail ? », « Vous étiez vous rendu compte d'une quelconque anomalie dans son comportement dernièrement ? ». A toutes ces interrogations, la réponse reste la même. Non. Non, elle n'est pas la femme de ménage, non elle ne savait pas, non elle n'avait rien remarqué. Enfin, involontairement, on l'achève.

– Votre père s'est suicidé cet après-midi dans les alentours de six heures. Je suis désolé.

Évidemment, ça tombait aujourd'hui. Le jour où elle était au plus mal. C'était impossible. Impossible. Tout ceci n'était qu'un cauchemar, il ne pouvait en être autrement. Elle allait se réveiller. La gorge sèche, l'adolescente écoute son interlocuteur lui parler encore un peu. Ses sincères condoléances... Des résultats étonnants au test de Q.I. qu'elle avait passé le mois dernier... Un orphelinat en Angleterre... Une voiture qui allait venir la chercher... Faire ses valises dans les heures qui venaient... Arrive ensuite le moment de raccrocher.

Comme assommée, Salomé remonte dans sa chambre et reste un instant les bras ballants au milieu de la pièce. Elle se demande vaguement ce qu'elle est censée emporter. Ne trouve pas de réponse. Mécaniquement, elle commence donc à ranger le plus d'affaires possible dans une large valise noire. La guitare de son grand-père est protégée en un instant par une housse sombre. Son Ipod glisse dans sa poche. Jetant un coup d’œil à l'horloge murale, elle analyse rapidement le temps qu'il lui reste avant de filer dans la salle de bain.
Une teinture bleue vive et des des lentilles foncées plus tard, elle est prête, patientant devant la maison au toit rouge avec son regard triste. Ses valises sont posées à sa gauche. Lentement, réalisant peut-être enfin ce qu'il lui arrive, elle sent son ventre se serrer en un nœud des plus tarabiscotés. Pire que l'esprit des adultes.

Seule face à sa maison sans vie, la jeune fille pleure.

« – You know that I could use somebody. Someone like you. »

Le temps passe. Déjà un an. Un an depuis que Théo l'a quittée, un an depuis qu'elle a reçu le coup de téléphone haï, un an depuis qu'elle est arrivée à la Wammy's House. La Wammy's House, c'est une heure de vol Paris-Londres puis une heure de voiture. La Wammy's House, c'est l'endroit où on l'a emmenée. La Wammy's House, c'est un orphelinat pour jeunes surdoués. Enfin, c'est ce qu'on lui a dit en tout cas, parce que pour l'instant, tout ce qu'elle voit, c'est un asile de fous. En exagérant juste un peu.

Et puis Salomé, maintenant, n'est plus Salomé. Salomé est devenue Stereo. « Stereo » parce que, quand on lui a demandé de se choisir un nouveau nom, la première chose qu'elle a senti dans sa poche était son Ipod. Et qu'elle se voyait mal se faire appeler MP3 jusqu'à la fin de ses jours. Donc voilà.

La jeune fille, maintenant, est plus ou moins la même qu'avant. Seuls quelques détails ont changé. Déjà, elle ne parle plus qu'une fois avoir tourné sept fois sa langue dans sa bouche (en d'autres termes, elle ne parle pas beaucoup). Ensuite, elle ne s'énerve plus. Quoique. En tous les cas, elle fait tout pour garder son calme le plus longtemps possible. Et puis, elle ne fait plus confiance aux garçons. Ils vous abandonnent tous, sans exception, quelle que soit la manière.

C'est ainsi. Maintenant, Stereo se laisse porter par les événements, et la vie continue. Oui, inévitablement, le temps passe. On ne peut rien y faire. Always running out of time.



HRP.
SURNOM(S) : Mint.
DATE DE NAISSANCE : 14/11/1996
ÂGE : 15-8+4x2.
SEXE : ❒ M ✔ F
AVATAR : Original de Mokaffe.
DÉCOUVERTE DU FORUM : DC Color, nyu.
EST-CE VOTRE PREMIER FORUM RP ? « And I said no, no, no. »
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Pure avatar


Feuille de personnage
Wammy’s: H / A
Double Compte:
Âge: 17 & 25 ans
Sujet: Re: Life is your creation ► Stereo Dim 4 Déc - 12:45

    J'aime vraiment beaucoup beaucoup beaucoup. C'est vraiment adorablement écrit et le personnage est attachant. Une pote de Pure à coup sûr.

    Ton personnage est un WORD !

    alea jacta est

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