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 my pulse slow. vice

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Wammy’s: H / A
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Sujet: my pulse slow. vice Dim 20 Nov - 22:39

    doesn’t matter about the time we take
    doesn’t matter about the lies we make


    Quelque chose va prendre fin ici. C'est parfois ce qu'on se dit, inconsciemment, sans vraiment poser de mot sur cette sensation, cette certitude qui s'impose à nous et nous encercle jusqu'à nous étouffer, lentement, nous coupant du reste du monde. Pure n'avait envie de rien depuis ce SMS. Ni d'aller consoler Angel, ni d'aller remonter le moral d'End, ni d'aller se promener avec Green ou d'aller en ville avec Snow. Son monde social lui semblait désespérément vain, ses aboutissants obscurs et les différents orbites de ses composants complètement futiles. Elle se sentait seule depuis ce SMS, parce que même s'il semblait anodin, il était lourd de sous-entendus.

    Tout cela n'était qu'impression, supposition et ressenti. Pure n'avait reçu qu'un message laconique de celui qu'on pourrait définir comme son meilleur ami. Rendez-vous au Tribunal à l'heure du déjeuner, il faut qu'on parle. Ou quelque chose dans ce goût là. Rien de bien excitant et pourtant elle s'en retrouvait particulièrement chamboulé. La dernière partie de la phrase lui paraissait menaçante tout du moins.

    Heureusement, aujourd'hui elle se sentait belle. Cela paraissait prétentieux de ressentir ça aussi clairement mais ça l'aidait, elle se sentait plus sûre d'elle que jamais, bien qu'absolument terrifiée. Peut-être confondait-elle se sentir belle avec la confiance en soi. Sûrement que ses nouvelles frippes y était pour beaucoup. Pure s'était trouvé dans ce style un peu désuet de petite dandy et ce fut accompagné du claquement rassurant de ses derbies qu'elle se rendit au lieu de rendez-vous imposé par Vice.

    Elle prit peur un instant, comme effrayé de ce qui l'attendait derrière la double porte boisée. Comme une enfant qui craint les représailles en espionnant le père Noël, elle poussa l'un des porte et jeta un coup d'oeil et, une fois soulagée de se savoir seule, entra, fermant derrière elle. Que craignait-elle ? L'inconnu.

    La jeune fille s'installa lentement, prenant possession des lieux, caressant du bout des doigts le bois faussement vieilli des pupitres, s'asseyant parfois, changeant de siège pour en tester la dureté et l'angle de vue.

    Ce fut quand elle s'installa à la place du juge, sur la haute chaire centrale, qu'on poussa la porte. Pourtant elle se sentait à la place de l'accusé.


♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: my pulse slow. vice Lun 21 Nov - 18:22

another head aches, another heart breaks
i am so much older than I can take
and my affection, well it comes and goes
i need direction to perfection

    La frustration est la colère qui n'a pas de mots – la hargne sans le geste, l'emportement sans raison, le ressentiment sans aigreur.

    Vice n'avait tout d'abord pas eu de motif précis justifiant son mépris pour Néron ; il avait naïvement pensé à une jalousie quelconque, une rivalité injustifiable, une concurrence illégitime. Pure, cependant, n'avait-elle pas déjà rendu les armes en l'acceptant céans ? N'y avait-il pas eu une ultime tentative d'affranchissement, un besoin insondable d'accomplissement autre ? Longtemps, il s'était contenté d'observer l'adolescent avec un sentiment d'incroyable absence – réalisant avec irritation que l'attraction ne méritait pas son prix.

    Justifier l'abandon de Pure s'était révélé vain, sinon naïf. Avait-il jamais pensé qu'il puisse justement ne pas avoir de raison précise ? Avait-elle seulement conscience de l'éloignement qui s'était établi entre eux ou avait-elle préféré, égoïste, se détourner de cette gêne inquiétante ? Vice n'avait pas eu réellement besoin d'une introspection prolongée afin de réaliser qu'il ne pourrait répondre à certaines questions de lui-même. Devait-ce pour autant signifier qu'il était tenu de s'interdire l'appellation de « meilleur ami » ? – Il ne pouvait décemment s'imaginer une réponse à l'interrogation banale qui lui suivrait, naturelle, raisonnable.

    C'est pourquoi Vice avait décidé qu'elle devrait lui donner des réponses – il était alors évident que sa satisfaction palliera l'issue de leur soirée, irrécusable.

    N'avait-il pas décidé de faire de la maîtrise de soi un credo en arrivant à la Wammy's House ? Le détachement était sa meilleure arme – qu'importait tout cela sinon que Pure possédait en elle un peu de lui-même ? Néron ne devait-il pas être un prétexte, une bagatelle pour expliquer son excitation ?

    Il entra.
    Poussa la porte avec une relative normalité : l'odeur boisée que dégageait le tribunal demeurait semblable – rien n'avait changé sinon la silhouette flétrie de Pure dans le coin de la pièce. Il décida de ne pas accorder de réelle importance à la place qu'elle s'était choisie, s'accorda quelques secondes pour poser son sac dans le coin de la pièce – la violence du bruit confirma qu'il ne le jeta plus qu'il ne le posa – puis, enfin, glissa sa main gauche dans sa poche avec nonchalance.

    Il se dit enfin qu'il pourrait commencer à parler, que les inflexions de sa voix seraient calmes et tranquilles, parce qu'il savait pertinemment que dire et de quelle façon – tout semblait écrit. Son éternelle casquette sembla de trop – il la retira.

    L'influence des Words l'engage tout d'abord à structurer son discours mais il préfère se raviser. « Pure. » Ces surnoms paraissent stupides – plus rien soudain ne semble avoir de sens tangible et même leurs émotions, dans ce tribunal fictif et illusoire, paraissent dérisoires. Sa voix résonne terriblement et il éprouve le besoin de s'asseoir. Il tente d'ignorer ses jambes qui tremblent d'appréhension. « Je crois qu'il faut qu'on parle. »

    Banal.
    Néron ne doit pas avoir meilleure introduction de toute façon.


Dernière édition par Vice le Mar 22 Nov - 7:12, édité 1 fois
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Sujet: Re: my pulse slow. vice Lun 21 Nov - 23:26

    when i’m with you it’s from within
    i know you can see through my skin



    Un frisson lui parcourut l'échine, une douleur familière fit son retour, comme jamais oubliée malgré le temps passé. Et des souvenirs défilaient, semblant lointains et pourtant terriblement proches, et tout cela parce Vice avait choisi de lancer son sac plutôt que de le poser comme à sa calme habitude. Elle se souvint du regard de sa mère, si chargée de reproches qu'elle s'en retrouvait pétrifiée, de ses gestes agressifs et pourtant si anodins : la fermeture du lave-vaisselle, le déplacement d'une chaise.

    Et sa mère qui l'ignorait ostensiblement, montant le volume de la télévision, ouvrant un magazine quelconque. Débrouilles-toi avec ça Perla, essaies de comprendre pourquoi je t'en veux. Sens-toi coupable.

    Pure ne craignait pas une quelconque violence physique. Seulement des reproches, et elle les sentait arriver aussi sûr que Vice prononcerait son pseudonyme d'un air grave.

    De nouveau elle se sentit frémir, comme horrifiée par tant de claire voyance. La jeune fille se contenta de lui répondre d'un signe de tête, constata que ses mains étaient gelées et déglutit avec peine. Elle essayait de se convaincre qu'elle se faisait des idées, que Vice cherchait simplement à l'accaparer un moment. Après tout cela faisait un moment qu'ils ne s'étaient pas retrouvés seuls, comme avant, alors qu'il squattait son lit, ses chaussures à l'entrée de la pièce, un livre ouvert sur son visage endormi. Une sensation plus précise s'imposa alors, elle commençait peut-être à comprendre, en distinguait tout du moins les contours.

    Il retira son éternelle casquette, celle-là même que Pure s'amusait à lui chaparder pour la coiffer et imiter l'air impassible de son ami. Pourquoi ces scènes intimes lui semblaient-elles si lointaines désormais ? Elle fut troublée par son regard, rien de bien inhabituel en soit, ces yeux à la destination abstraite lui ayant toujours parus trop scrutateurs, il lui parut bien plus dur encore qu'à l'accoutumée.

    — Je crois qu'il faut qu'on parle.

    Cela sonnait comme une réplique d'un mauvais film. We have to talk. The talk. La discussion qui semblait mettre fin, obligatoirement, à un couple dans une série américaine. Elle ricana intérieurement. Peut-être paraissaient-ils un couple aux yeux des autres, mais c'était bien loin d'être le cas. Parfois elle se demandait si ils étaient réellement amis.

    — Parle de quoi ?

    Elle fut étonnée par le son de sa propre voix, profonde, calme et mesurée. Tout le contraire de son état. Quelque part elle se savait prise au piège, elle venait de mettre le doigt dans une machine infernale qui ne s'arrêterait qu'après l'avoir consumée pour de bon. Pourquoi distinguait-elle sa mère, en filigrane de Vice ?

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: my pulse slow. vice Dim 18 Déc - 12:42

i know you think i'm holding you down
and i've fallen by the wayside now
and i don't understand the same things as you



    Il n'y aurait pu y avoir que ça.

    Au fond, quelque chose d'imperceptible dans le regard de Pure vient changer la donne ; une façon comme une autre de lui dire qu'il restait encore quelque chose à sauver. Un désespoir salace, amer, dansant le long de son visage et faisant trembler son regard, qui semble hurler à la reconnaissance.

    Alors Vice s'applique à pincer la fermeture éclair de sa veste en cuir, déformant la paume de son pouce par la force de sa prise, d'abord étranger à sa déroute, plein de naïveté à l'idée qu'elle puisse mériter son désarroi.

    Que dire.
    Il conçoit soudain sa maladroite entrée en la matière, le regard emprunt d'une gaucherie glaciale et soupèse les mots de Pure avec une lenteur caractéristique. Le calme de sa voix dissimule ses craintes – à quoi bon se confronter cependant à une adolescente démunie et pleurnicharde ? Aurait t-il un mérite quelconque à l'incriminer, la voix tremblante de colère ? Éprouverait-il un quelconque plaisir à la voir se tortiller de gêne ?

    N'est-ce pas pour cela qu'il s'est tourné vers elle ?

    Néron est la gangrène dont la progression doit être arrêtée. Il ne cherchait pas à lui être agréable – dans ce tribunal, leur rencontre ne donnait-elle pas des airs de sombres règlements de compte ? Il était impossible qu'elle ne soit pas réellement consciente de son éloignement – ou peut-être lui a t-il semblé naturel, a fortiori nécessaire. Avait-elle l'impression qu'il battait de l'aile ?

    Il ouvrait la bouche. « De ce con de Néron. » L'établissement de la situation passait de banal à maladroit. N'était-il que cela – un stupide adolescent incapable de se donner de la contenance ? Il se pince l'arrête du nez – le grondement grave de sa voix laisse évidemment sous-entendre qu'une autre alternative est impossible. « Je pensais que tu savais ce que tu faisais. » Il croise son regard vert, s'approche de quelques pas de la chaire centrale, tendu en une frustration irrationnelle. D'une expiration, il force l'odeur du bois neuf à intégrer ses narines – cette odeur si particulière qui lui rappelle le frémissement d'un livre – qui, soudain, le détend. « Je pensais que .. Je – ce mec m'énerve. Il est banal, non ? » éclaircit-il d'une voix pleine de fiel, presque antipathique.

    Alors Vice ne peut s'empêcher d'inspirer et d'expirer, mis à nu, en manque d'air, éructant sa colère comme un enfant capricieux. Néron a la simplicité que recherche Pure, que Vice méprise tant. Sans nul doute n'est-il pas compromis, lui, par les déconvenues du vice.
    Mais ceci, Vice ne peut le comprendre.
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Sujet: Re: my pulse slow. vice Mar 3 Jan - 23:17

    i like you when,
    when you take off your face



    Elle avait la sensation que seule sa respiration était audible, qu'elle expirait trop fort. Toutefois ce n'était pas ce qui l'étonnait le plus. Ils n'échangeaient que quelques mots, qu'une maigre amorce et pourtant ils comprenaient, au travers de leur regard, de leur non-dit, du frémissement d'un sourcil ou du coin d'une lèvre. Puis tout lui semblait disparaître, tout ce qui lui faisait peur, l'attitude de Vice, les souvenirs de sa mère, laissèrent place à un calme froid, distant, inhabituel. Adulte.

    Ses mains étaient toujours gelées, son estomac tout aussi contracté, mais ses yeux parvinrent enfin à voiler ses faiblesses, quoique trop tard, à celui qu'elle considérait, bien qu'inconsciemment, comme un nouvel ennemi. Elle balaya tout cela d'un abaissement de paupière, se raffermissant d'une pression exagérée de mâchoire, faisant saillir d'avantage ses pommettes. Finalement elle pencha la tête, faussement étonnée. Plus tard elle repensera à cette scène et comprendra que c'étaient en réalité les mots de Vice qui lui avaient donné cette force nouvelle de se confronter à l'autre. Elle avait toujours eu peur d'être blessée et Vice, au vue de leur relation, était la personne la plus encline à cela, mais également la plus apte à la mettre hors d'elle.

    — J'aime bien Néron, c'est comme un ami.

    Derrière cela il y avait une forme de provocation, un dédain, l'air de dire qu'il était en droit de ne pas l'aimer mais qu'elle n'en avait fichetrement rien à faire. C'était également une façon de lui signifier que s'il insistait, la jeune fille ne le dispenserait pas d'un monologue sur l'affection naturelle qu'elle portait à l'objet du conflit. Elle ne l'avait pas tout à fait qualifié d'ami, juste histoire de pousser Vice dans ses derniers retranchement. Elle s'étonna à peine de sa ténacité, de son quasi courage. Elle ignora la remarque sur la prétendue banalité de Néron, portant ses mains à son cou pour les lier sur sa nuque, Pure retint un instant sa respiration pour relâcher, soudainement, comme un secret longuement gardé, ce qu'elle savait être le commencement.

    — Tu pensais quoi ?

    La voix est basse.

    Beaucoup d'autres répliques lui vinrent certaines digne d'un Shakespeare belliqueux, et pourtant elle se contenta de peu, les avalant, faisant rouler leur amertume sur sa langue. Et pourtant cela voulait tout dire, résumant toute la frustration de leurs interactions passées, parce que après tout, Pure savait parfaitement, désormais, pourquoi Vice l'avait fait venir ici. Néron avait passé la nuit dans sa chambre. Mais, bien que cela soit chose rare au sein de la Wammy's House, cela était resté totalement innocent. Néanmoins un bourdonnement d'agacement la détournait de ses préoccupations principales, à savoir, rétablir la vérité.

    — Toi, t'as le droit d'avoir toutes les filles que tu veux, n'est-ce pas ?

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: my pulse slow. vice Mer 15 Fév - 18:39

it's empty in the valley of your heart
the sun, it rises slowly as you walk
away from all the fears
and all the faults you've left behind



    Il s'étonne de sa voix un peu amère.

    Sans doute n'est-ce qu'un effet pernicieux de son angoisse haletante. Il ne comptait plus le nombre de fois où elle s'était tue devant ses démonstrations écœurantes de débauche, ne se risquait plus à se souvenir de ce qui, dans ses yeux, ressemblait alors à de la déception. Et c'est le reproche qu'il défie dans le regard perlé de Pure, c'est l'accusation et le blâme qui le font se sentir comme faisant face à sa mère et ses mensonges.

    Mais Vice n'est plus ce petit enfant à qui l'on choisit de cacher un secret et Pure, quand bien même ressent-elle une quelconque affection pour Néron, n'est pas amoureuse de lui. Il en oublierait ses priorités. Sa bouche est trop sèche – agacé, il se passe la langue contre ses lèvres gercées. « Alors, Néron, c'est quoi ? Un moyen de te venger, c'est ça ? »

    Il cligne lentement des yeux. Quelque chose dans ses yeux noirs pousserait à croire qu'il va sourire mais son regard demeure obstinément sérieux. Il voudrait se croire en colère – le sentiment de déception qui se répand en lui est particulièrement désagréable. Était-ce cependant aussi simple ? L'odeur du gel réparti en parts égales sur tous ses cheveux passe subitement sous ses narines et l'enivre. Pure n'était-elle que pétrie par la jalousie, avait-elle adopté Néron par sollicitude, et combler, peut-être, un sentiment d'utilité ?

    C'était, au fond, la solution la plus confortable, celle qui lui offrait une place d'exception, qui rendait ses élucubrations plus agréables. L'envie de réduire Néron en bouillie pulsait encore contre ses tempes – il lui semblait cependant que la colère avait brutalement disparu et qu'il finirait par rire de la situation non moins cocasse. La colère se distinguait du profond sentiment d'incompréhension, préférable, avec lequel il observait Pure. Vice se gratte le lobe de son oreille, caressant du bout des doigts ses piercings froids. Il avait l'allure d'un bien mauvais rockeur.

    « Qu'est-ce que tu croyais ? » Tu pensais quoi ? Il paraît laisser sa phrase en suspens, la voix élevée, le ton quasi badin puis déglutit, vainement. La boule qui tiraille sa gorge ne disparaîtra pas. Puis il sait aussi que quelque chose comme la gêne est en train de s'imposer entre Pure et lui, que son attitude, monstrueusement défensive, n'est pas à laisser au hasard. Alors, enfin, il entrevoit quelque chose, pinçant l'arrête de son nez d'un air excédé. « Tu essaies de me prouver quoi, en faisant ça ? Mon Dieu, Pure .. » Vice n'avait pas pour réelle habitude de jurer, surtout de façon aussi dépassée. Et soudain, il abandonne la mise en scène, ignore son angoisse latente, s'approche de la haute chaire. Plus son visage de se rapproche de celui de Pure et plus il lui semble perdre ses mots.

    Il parvient cependant quand même à ouvrir la bouche. « Je ne pensais pas que tu oserais un truc aussi personnel. » Les filles ? Qu'ont-elles de personnel ? C'était jeté avec tant de mépris à ses pieds. N'était-il toutefois en quelque sorte pas légèrement responsable ? « Je pensais pas que ce genre de trucs pouvaient te rendre jalouse. » Son vocabulaire, comme sa pensée, régressait. Il lève les yeux vers elle, amène. « Tu m'as toujours connu comme ça. » En une réplique, le voilà, le gosse raisonnable. Perdu dans les affres de son égocentrisme.


i will not hear what you have to say.
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Sujet: Re: my pulse slow. vice Mer 22 Fév - 1:14


you are mine
i gave everything


Comme toujours Pure était la proie de sentiments contradictoires, faisant d'elle une lunatique parmi tant d'autres. Si la colère grondait un instant passé, une angoisse plus tempérée coulait en elle, à mesure que Vice s'approchait. Parce qu'elle s'accrochait aux mouvements de ses mains, au roulement de ses épaules, à ces yeux qu'elle voyait pour la première fois si vrais. Parce qu'elle perdait tous ses moyens.

Elle ne répondait pas, le laissait s'enfoncer en elle plus profondément, dévoilant à nouveau sa vraie nature de couarde, ses sourcils en accents tristes, sa moue exagérée. Une partie d'elle aurait aimé démentir, une autre était satisfaite de la découvrir jaloux, ou tout du moins, pour une fois, étonné de tant d'audace. Finalement une troisième part montrait les crocs.

— Tu essaies de me prouver quoi, en faisant ça ? Mon Dieu, Pure .. Je ne pensais pas que tu oserais un truc aussi personnel.

Ses yeux se voilèrent un instant et elle-même ne sut décrire son état, par la suite. Comme si une douleur trop intense l'anesthésiait enfin, comme si une partie de son esprit faisait barrage de l'information, conscient que cela l'ébrécherait. Pure était bien trop choquée pour percer l'intérêt de cette dernière phrase ou plus précisément l'intérêt que Vice lui portait en réalité. La seule chose qui lui parvenait était sa déception.

— Je pensais pas que ce genre de trucs pouvaient te rendre jalouse. Tu m'as toujours connu comme ça.

— Mais c'est pas juste.

Elle avait presque glapit, puérile et pleurnicharde, elle baissa son visage sur la chaire pour ne plus avoir à affronter ces reproches, ces attaques qu'elle encaissait dénudée. Inspirant bruyamment elle parvint à se reprendre, ou tout du moins à ne pas chialer comme une gosse. Pure n'avait pas pour habitude de vider son sac ou même de parler autrement que superficiellement d'elle. Dans le cas contraire, elle s'exposait à une crise de larmes nerveuse absolument honteuse ou carrément de colère injustifiée. Comme avec Ginger. Comme avec Screen. Mais ces filles n'évoquaient pratiquement rien comme miasme en comparaison de Vice.

Après les crocs ce fut les tours des griffes.

La tête toujours baissée elle releva ses yeux verts, s'étonnant elle-même de pouvoir si vite le regarder en face. Puis déferla en elle un torrent de souvenirs, de ressentis, d'idées, tant de chose qui firent qu'elle se détacha d'elle-même et partie se réfugier dans un coin de la pièce. Sa véritable nature désormais comme seule maître de sa carcasse.

— J'ai rien fait avec Néron, bordel. C'pas parce qu'il a dormi dans ma piaule que ça s'est fait. Suis pas comme toi.

Jamais elle ne se serait autorisée la dernière phrase en temps normal. Il s'agissait toutefois d'un juste retour des choses.

— Mais maintenant que tu sais tout, je suppose que j'ai plus aucun intérêt pour toi, hein ? C'était plus drôle quand y'avait d'la dramaturgie, non ?

Elle se mordit brutalement la lèvre, comme pour se faire taire, fixant un Moi imaginaire derrière Vice, recroquevillé. Elle reprit, se baissant pour lui faire totalement face.

— C'pas une excuse. Le pire c'est que tu le sais, c'pas parce que je disais rien que ça me faisait pas mal. Et tu le savais, tu le savais.

Elle agrippa le rebord de la chaire, se penchant dangereusement. Elle n'était plus jolie, elle n'était plus mignonne. Elle n'était plus pure, elle était rancune. Des mèches vinrent obscurcir sa vision.

— Alors j'aimerais bien savoir de quel droit tu m'dictes ma conduite. Comme si on s'appartenait.

Elle marqua une pause, terrible.

— Parce que c'est pas le cas, non ?

Même s'ils en crevaient d'envie.

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: my pulse slow. vice Sam 25 Fév - 0:22

Now won't you do what I told you
I remember when you used to be shy
Yeah, once we were so fine
You and I why you gotta make it so hard on me
    Il se tait tout d'abord et l'écoute, mu par la ferme impression que cela, peut-être, apaisera ses paroles et qu'il est capable, pour un temps, de faire abstraction de lui-même et d'imaginer Pure, même à travers sa rancune et son désarroi.

    Il aimerait imaginer qu'il n'en est pas la cause et que Pure l'a chéri d'une façon qui les a conduit à se retrouver dans ce tribunal. Que lui-même oriente leur relation vers un tournant désagréable et dérangeant pour une simple futilité d'orgueil et que sa curiosité a été piquée. Néron devenait le prétexte essentiel à cette mise au point qui prenait peu à peu des airs de réquisitoire.

    Vice l'observe parler, voudrait amorcer un mouvement, quelque chose pour dissimuler la répulsion presque naturelle qu'il se met à l'entente de sa voix brisée qui conserve, encore, malgré tout, une intonation harmonieuse qui n'a rien de féminin mais qu'il s'amusait alors à apprécier. Il observe ces mots qu'elle écorche, il observe sa bouche bouger avec une rapidité presque inquiétante, il entend ces mots qu'il n'a même plus la force de mépriser. Il est tout près d'elle, il ne peut plus rien feindre et elle va le voir, elle va voir son expression se refermer tandis qu'elle contournait enfin le mur qu'elle avait érigé pour tout lui cracher au visage.

    Ils marchaient encore d'égal à égal et Vice savait que Pure en était consciente, que s'il entendait son ton se brouiller et ses traits se durcir, c'était parce qu'elle espérait gagner du temps. Tout restait remédiable et s'ils ne se jetaient pas encore leur passé à la figure, c'était parce qu'ils tenaient encore à leur semblant d'avenir.

    Vice cependant, avait bien grand mal à l'assumer. Pure sembla subitement plus raisonnable : tandis qu'elle achevait sa diatribe qu'il trouva stupidement mélodramatique et qu'elle s'occupa soudain à souder chacune de ses expressions, soulagée de s'être enfin défaite de sa colère, il ébaucha un mouvement vers son bras qu'il frôla.

    Sa position, toute proche de la chaire principale, était trop incommodante. D'un geste agressif et brutal, Vice contourna la place pour s'asseoir sur la place du procureur. Ils conservaient une distance d'usage – rien qui puisse la froisser. Elle semblait bien trop en colère pour essayer quoi que ce soit. Il trouva enfin un semblant de réponse, non moins acide.

    « J'oubliais que tu croyais en toutes ces insanités que constituaient l'indépendance et le libre-arbitre. Éloignée du grand méchant, tu rejoins ton grand pote, Néron, c'est ça ? » Il lui semblait pourtant qu'il avait bien débuté son numéro d'éloquence gratuite. Son regard se teint de méchanceté, il lève les mains au plafond pendant quelques secondes en une presque ovation religieuse, le regard faussement fasciné par le majestueux lustre et baisse brusquement le regard vers Pure, un sourire amène aux lèvres, applaudissant une fois, deux fois, trois fois. Il laisse passer un temps pendant que son sourire se tarit. « Bravo, i miei complimenti pour cette belle leçon de vie, ma chère Pure ! » Le préfixe affectueux sonne presque comme une insulte dans la bouche de Vice. Il s'étonne de cette colère froide, de tout son calcul.

    Les paroles de Pure résonnent encore. Il ne peut plus s'arrêter. « Si je comprends bien ton raisonnement .. » Puis il semble soudain se calmer. Sa voix prend presque un ton docte, détestable. « Tu ne l'aurais jamais approché si tu n'avais pas été horrifiée en me voyant lécher les fesses des minettes de l'orphelinat. » Sa vulgarité était secondaire, relégué à un plan dont il se préoccuperait plus tard.

    Ce n'était plus même une question. Par un bordel hasardeux, Pure et Vice faisaient face à leurs sentiments.

    Très certainement avec un considérable temps de retard.

And I'm sorry but it's not a mistake
And I'm running but you're getting away
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Sujet: Re: my pulse slow. vice Mer 2 Mai - 20:27

you're shooting stars
from the bottom of your eyes


Mues par un sentiment difficilement nommable et irrépressible, les épaules de Pure ployèrent sous ces ironiques applaudissement comme elles l'auraient fait sous une grêle froide et épaisse. Elle n'avait ni la répartie de Vice ni même sa force, maintenir leur égalité dans le discours lui pesait et l'écoeurait, elle préférait de loin son rôle passif de conseillère ou de spectatrice. Toutefois la sagesse dont elle était malheureusement empreinte lui soufflait que rien ne pourrait plus être comme avant et qu'il fallait, quoi qu'il ne lui en coûte, continuer.

Pure ravala son envie de simplement quitter la pièce, coup de théâtre dans son mélodrame à l'italienne. Et longtemps elle se tut, comme si elle réfléchissait à une pique, à une excuse, à ce qu'elle pouvait bien faire pour, à son tour, blesser Vice. Mais elle se contentait d'attendre, elle ne savait trop quoi, un signe, un frémissement de sa part, elle voulait être sûre, d'une certaine manière, qu'il ne la détestait pas, comme un chien qui dresse l'oreille après s'être pris une raclée de son maître. Elle n'était qu'une pauvre fille, de celle qu'on croit forte et qui crève de peur d'être rejetée.

Elle déglutit elle lui jeta un coup d'oeil en biais avec, encore, cette expression belliqueuse qui en cachait une autre. Vice avait lancé cela, sans trop réfléchir ou au contraire en y songeant trop, simplement histoire de faire mal, de se cacher. C'était immature et les yeux verts de Pure lui renvoyait clairement cette constatation, mais finalement elle laissa cela de côté, comme on laisse sur le bord de la route les immondices dont on ne veut plus. Et pour sa part elle regretta ses propres paroles qui avaient conduit à ces dernières remarques.

Pourquoi ne laissait-il pas tomber cette stupide histoire, pourquoi ne pouvait-il pas accepter que cette nuit passée avec un ami n'avait rien à voir avec ce que Pure pensait de lui ? Répondre à cette question lui prenait du temps. Pour un spectateur extérieur, ou un psychologue confortablement vautré dans son bureau, la réponse était simple. Pour quelqu'un convaincu de n'être rien, beaucoup moins.

Elle essayait vaguement, difficilement, de puiser en ses dernières ressources d'humour pour apostrpher son ami, détendre l'athmosphère mais elle perdit toute confiance en croisant à nouveau ces yeux reflétant la colère. Il lui semblait maintenant bien étrange et impressionnant d'avoir réussi à faire rire Vice par le passé. Même l'avoir vu éternuer relevait désormais du surnaturel.

Et alors qu'elle n'avait même fini de penser, que la dernière phrase de Vice se dispersait dans l'air, elle répondit.

— Oui.

Elle dressait dès lors, lentement mais sûrement, le drapeau blanc du vaincu, celui qui préfère panser ses blessés et enterrer ses morts plutôt que de continuer à perdre les siens.

— Oui Néron me tient compagnie quand je me sens trop seule. Et souvent je me sens seule quand tu ne réponds pas à mes sms ou quand je toque sans réponse à ta chambre.

La défait de Pure ne signifiait pas qu'elle admettait un tort. C'étai simplement admettre ce qu'elle pensait vraiment. Et elle le découvrait en même temps que Vice.

— Néron je le vois que quand je sais que tu ne me réponds pas parce que tu es occupée ailleurs, avec quelqu'un d'autre. Néron je ne le vois pas pour te rendre jaloux - et puis jaloux de quoi, vous êtes trop différents - je le vois simplement pour arrêter de penser à toi.

Elle fronce un peu les sourcils.

— Pas dans le sens que tu imagine. Il meuble. C'est pas un bouche-trou non plus, c'est simplement comme si j'étais avec un frère : je suis obligée de le supporter et il m'empêche de me sentir trop seule.

Et, enfin, summum du ridicule, Pure sentit le rouge de ses joues s'intensifier et des larmes s'accrocher à ses cils. Elle grimaça et tourna la tête pour fuir le regard qu'elle devinait, peut-être à tort, agacé du Word.

— J'suis jalouse et pleurnicharde, mais j'ai jamais voulu te faire du mal.

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: my pulse slow. vice Sam 19 Jan - 12:36

Roll away your stone, I’ll roll away mine
Together we can see what we will find
Don’t leave me alone at this time,
For I'm afraid of what I will discover inside

    Les explications fusaient, réticentes : ce n'était rien sinon peu suffisant. Si ce n'était pas la colère, démesurée et affligeante qui menait Vice, sans doute se serait-il contenté de blâmer leurs contretemps, la tendance qu'ils avaient à fuir, ou pis, encore, la simple idée que cette mascarade ne nécessitait pas d'explications. Que les mots que Pure mettait leurs attitudes respectives n'étaient finalement qu'une circonlocution de plus, détestable.

    Il l'observait s'écheveler à retrouver dans son regard froid et détaché un calembour de plus qu'elle s'était tant amusée à mettre en scène ce qui lui semblait déjà des jours. Pas de ceux qui s'enchaînent avec difficulté et avec une relative rapidité mais ceux qui étaient le théâtre d'un éternel besoin de soulagement. Pas ceux, encore, qui se consument du bout d'une cigarette, ceux là s’engrènent encore avec une commodité désarmante.

    Qu'avaient-ils partagé de si immense pour s'imposer un tel revirement ?

    Néron n'était qu'un prétexte fallacieux à ses accusations – était-ce pour autant raison suffisante à reculer, épouvantés par leur invective ? Il n'avait pas l'allure des gagnants d'autant que Pure ne semblait lui accorder qu'un crédit minime : que retenait Vice de franchir les quelques mètres qui les séparaient ? Il serait démesuré d'accuser l'anxiété ou la peur. Il n'était pas de ceux là mais par dessus tout était confiant de ce qu'il pourrait trouver chez Pure. Sans doute le savait-il déjà, en quelques sortes n'était-ce là que sa dernière cabriole, lui qui aimait tant la littérature. Mais il n'était plus question de distinguer la diégèse d'un quelconque narrateur ou de déceler les non-dits, s'enorgueillir de trouver une tenace, habile métaphore. C'était le spectacle du monde, dénué de noir et de blanc.

    Était-il lâche au point de ne pouvoir l'affronter ? Pure se redressait, finalement, le cheveu dressé, doux, sans aucun doute. Elle n'était pas à même de faire face à la réalité, il ne voulait lui-même se donner un rôle inutile de victime dépassée. Il s'imaginait s'avancer, l'embrasser, il l'imaginait, d'abord surprise et rétorquant qu'il cognait le tabac froid. Il s'imaginait, aussi, la serrant dans ses bras, il imaginait ses seins contre son maigre torse. Cela lui paru encore plus naïf, peut-être, que de l'interrompre et de clamer dans l'air impersonnel du tribunal ce qu'ils dissimulaient avec tant de maladresse.

    Il voulait se croire moins démuni qu'elle et refusait de voir la pudeur qui se reflétait dans son regard alors qu'elle s'appliquait à poursuivre sa timide répartie. C'était ce qui la rendait attachante, Vice intégrait ce fait mais ne parvenait pas à creuser sa pensée, était capable de s'en contenter. Aussi découverts qu'étaient ses mots, frappant les siens, éloignés des réalités, pour la première fois Vice constatait tout l'attachement qu'elle mettait à siéger nue devant lui.

    Le désir, claquant, disconvenu et désagréable tendit finalement son corps. Il n'avait pas besoin de cela. Que lui restait-il ? Ils étaient bien trop éloignés des réalités. Il l'aurait été encore plus s'il affirmait ne pas être parfaitement conscient de ses actes quand ses pieds montèrent finalement jusque l'estrade. Pure attrapa son regard. Il franchit les quelques mètres qui les séparaient : l'odeur de linge propre qui se dégageait de ses vêtements qui lui avait semblé si enfantine à une époque aiguisa ses sens. Parce que voilà ce qu'était Vice : fragile, stupide, conduit simplement par ses envies. La littérature n'avait plus d'importance, les jolis mots non plus. En tout cas pas quand il posa ses mains sur ses épaules et s'approcha pour un baiser sur ses lèvres.

    Si jamais il en avait rêvé, Vice s'était imaginé exigeant, un peu violent, presque sûr de lui. Le rictus qui secoua ses lèvres ne se méprenait pas avec un sourire, c'était trop tôt, peut-être trop tard. « Il n'y aura pas d'inconvénient pour ça alors. » Il refusait de s'expliquer, d'expliquer leur situation ou encore d'y mêler un quelconque pathos. Ils n'en avaient de surcroît pas besoin.

Cause you told me that I would find a hole,
Within the fragile substance of my soul
And I have filled this void with things unreal,
And all the while my character it steals

Darkness is a harsh term don’t you think ?
And yet it dominates the things I see
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Double Compte:
Âge: 17 & 25 ans
Sujet: Re: my pulse slow. vice Dim 17 Fév - 20:58

whenever i'm alone with you
you make me feel like i am home again
whenever i'm alone with you
you make me feel like i am whole again


Ce fut bon d'arrêter de penser, ne serait-ce qu'un court instant. Ce fut enfin salvateur quand elle ferma les yeux, persuadée d'être enfin morte, insensible, douce, tiède, finie. Ce fut inconsciemment qu'elle entrouvrit la bouche en même temps que les yeux, fixés sur ses lèvres, et ce fut avec une certaine douleur qu'elle refusa qu'il s'éloigne, l'attrapant doucement par le col. Elle n'osait pas le toucher vraiment mais prolongea le baiser avec naturel. Et plus il durait, plus ses sens lui revenaient. Et ce fut finalement de grosses larmes chaudes qui la rappelèrent à la réalité.

Pure le repoussa en détournant la tête, comme brûlée à son contact. Elle ne savait même pas pourquoi elle ne se sentait pas mieux, comme si le baiser faisait simplement partie de la dispute, sans y mettre un terme, sans être la promesse d'autre chose. Elle se mordit la lèvre, étonnée que Vice y ait laissé sa fragrance, comme si des lèvres possédaient un parfum. C'était son premier baiser et si elle s'était plu à l'imaginer de mille et une façon, elle n'y avait jamais pensé de façon purement pratique.

Toujours écarlate, elle passa une main sur son visage pour essuyer ses stupides larmes, réalisant à ce moment là qu'elle ne souriait pas. Pourtant, quand dans ses rêveries de gamines elle imaginait Vice l'embrasser, elle s'était vut heureuse. Elle ne l'était pas, pas plus qu'elle était réellement malheureuse. Elle était surtout perdue et absolument terrifiée que tout ceci, pour Vice, n'est qu'une signification moindre, comme une poignée de main ou une bise.

Elle eut du mal à le regarder dans les yeux, elle eut du mal à lire son expression et son estomac se contracta quand elle finit par parler.

— Qu'est-ce que ça veut dire pour toi, ça ?

Peut-être que tout cela allait trop vite, qu'elle le confrontait trop tôt à une question pareille. Mais Pure savait qu'elle ne tiendrait pas une minute de plus dans le doute.

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: my pulse slow. vice Lun 17 Juin - 22:36

Your effortlessly graceful scene
That drips from every pore of you
Where logic cannot intervene
I wanna take a bath with you
And wash the chaos from my skin
I wanna fall in love with you
So how do we begin ?


    Il oubliait l'imprenable nécessité des explications, permanente, immonde passage obligé. Celle de mettre des mots, de formuler joliment, aussi. Sans froisser l'un, vexer l'autre, l'éternel besoin de consensus.

    Était-il capable de le lui accorder ? Serait-ce trop faire de zèle que de s'essayer, une fois encore, à faire fleurir des mots pour son bon plaisir ? Il ferait preuve de mauvaise fois s'il considérait qu'il était seulement question de manières, ici. Elle le lui demandait du bout des lèvres, la fatigue terrassait sa voix.

    Il lui était indispensable de concéder qu'il agissait avec une trop grande prudence, une pondération trop accrue. Il la connaissait beaucoup trop pour savoir qu'elle le méritait. Que la seule question qui valait la peine d'être posée le concernait et qu'il n'était plus question d'interroger les envies de Pure. Il refusait le barrage tacite voire superficiel que constituait Néron. Il le refusait et le moyen le plus vif, le plus acéré par lequel il l'exprimait était un baiser. Elle a le goût léger et éthéré de la nouveauté, sent pourtant toujours l'enfant qu'il a connue. Elle a toujours cet air effaré, cette mine incertaine et effrayée qui mâtine sa beauté.

    Il ne peut pas calmer ses peurs : il ne les connaît pas. De sa vie, il sait beaucoup de choses, des détails surtout, elle lui livre ses pièces pour composer son propre air. Il aurait été persuadé de la confiance qui motivait leur amitié, s'il s'était interrogé au moment pétillant et incertain où elle était à son paroxysme. L'économie de la parole, la profusion des regards étaient ses caractéristiques essentielles. L'un d'entre eux avait glissé, s'était fourvoyé. Ils ne composaient plus de la même manière : quand l'un semblait impénétrable, l'autre déconcertait. Pure saisissait avec une immense clairvoyance les enjeux et les questions soulevés par Néron ; faisait l'ingénue, souhaitait qu'il satisfasse une certaine concision, qu'il s'attache à la finesse des idées transmises. Pour cela et cela encore, sa colère s'engrena. Il sentit qu'il avait encore envie de l'embrasser - se retint de lui voler un second baiser cruel et bourru. Il renonça à la provoquer sur l'idée que Néron serait plus doux.

    Pourtant Néron n'était qu'un fantôme, il n'existait pas entre eux.

    Tout de suite alors, Vice s'apaisa. S'il persistait au milieu d'eux, c'était par les mots, les chimères, l'extravagance d'une pensée masochiste. Peut-être que Pure n'avait jamais fait que l'attendre - que cela requérait, encore, une dernière fuite. Son sexe se raidit contre sa longue jambe. Il entreprit de ne pas paraître trop irrité, se composa un visage impassible, une voix blanche, presque désagréable.
    « J'ai envie de faire l'amour avec toi. »

    Il ne gaspillait pas son temps en romantisme inutile. Il n'en voyait jamais l'intérêt, supportait de bien mauvaise grâce les caramboles des personnages dont il se nourrissait des aventures. Il ne suivait aucune tendance romanesque ou sentimentale. Il répugnait à suivre l'emballement charnel qui l'incitait à la déshabiller. Il ne fallait pas être son meilleur ami pour comprendre que Pure prendrait peur.


I wanna be much more like you
The way your smile lights up the room
I'll kick back as men flirt with you
To jealousy I'll stay immune
This confidence in me and you
This hope that you and I will bloom
I wanna fall in love with you
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Sujet: Re: my pulse slow. vice Lun 7 Oct - 17:15

Elle regarda ses propres mains avec passion, en faisant mine de ne pas avoir entendu. On lui avait finalement retiré un amour à sens unique, un amour enfantin, propre et réconfortant. Et en échange voilà qu'on lui parlait de sexe. Elle fit jouer ses jointures avec application, tandis que les dernières larmes séchaient. Et enfin on comprenait pourquoi Pure était Pure.

Pure vivait dans l'attente, dans une forme de désespoir qui faisait qu'on pouvait la plaindre ou l'admirer. C'était sa façon à elle d'être reconnue par les autres. Peut-être qu'enfin, Vice s'était retourné pour découvrir qu'elle était amoureuse de lui depuis la première fois où il avait envahi sa chambre, son espace, ses choses. Quand il avait posé les yeux sur un livre qui lui appartenait et sourit avec indulgence.

Elle n'avait plus envie de le regarder, elle n'avait plus envie de s'excuser ou de parlementer. Elle n'avait rien vu de la bosse dans le pantalon de Vice, elle n'avait rien deviné dans un baiser volé. Pure déglutit et lâcha, enfin :

— Il m'en faut plus que ça.

Elle se leva, les jambes en coton et, comme il était trop près d'elle, leva un instant ses yeux verts pour le repousser. Elle fit craquer son pouce dans sa main gauche. Pure savait qu'elle en demandait trop, et c'est pourquoi elle s'apprêtait à partir. Jamais Vice ne pourrait lui offrir une première relation saine, une relation virginale qu'elle avait rêvée. De plus, même s'il se montrait enfin accessible, elle savait parfaitement que le garçon ne luit offrait rien d'exceptionnel. Il se contentait de lui donner ce qu'il donnait à toutes les autres, avec suffisance, comme on jette un os à un chien pour qu'il cesse de geindre.

— Je dois aller en cours. Vice.

Ses dents vinrent presque blesser l'ourlet de ses lèvres tandis qu'elle prononçait son pseudonyme.

♔ ♔ ♔

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