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 Zadig ● tu poursuis ta destinée à travers ces emmerdes préfabriquées.

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Invité
Sujet: Zadig ● tu poursuis ta destinée à travers ces emmerdes préfabriquées. Jeu 27 Oct - 17:07




Time ain't gonna cure you, honey,
time don't give a shit.
PSEUDONYME : Zadig
NOM : Zällermann
PRÉNOMS : Neville Klaus
QI: 171.
DATE DE NAISSANCE : 22 / 07
ÂGE : Dix-neuf ans
SEXE : Masculin
ORIGINE : Allemande
ANCIENNETÉ : Deux ans
MANIE : Se gratter le dos de la main.



He don't brings sexy back.
Couleur des cheveux : brune
Couleur de la peau : caucasienne
Tatouages : mais vous ne saurez ni où ni quoi
Couleur des yeux : marron
Taille en centimètres : 186.
Corpulence: normale
Modeste
Attachant
Réaliste
Loyal
Bienveillant
Ingénieux
    Nostalgique
    Indécis
    Tourmenté
    Tête en l'air
    Ironique
    Las



Tape ain't gonna fix it, honey,
it ain't gonna stick to you. Six
kinds of glue won't hold you.

Les autres parlent de moi comme le type éternellement égaré dans le labyrinthe de ses propres réflexions, peut-être n'ont-ils pas tort, peut-être le suis-je réellement. Mais je suis l'opinion objectif qui te manque, je suis le brin d'illogique qui te fait hurler de frustration. Je suis une vieille chose cabossée qui tire sans arrêts des conclusions morales de chaque livre qui vaut la peine d'être lu ou d'enseignement direct. Un méli-mélo de phrases insensées, un chaos de mots.
Lorsque mes yeux se tuent devant les pages aux mots et lettres colorées, dès que je jette grossièrement de belles choses écrites, quand je ricane avec ironie et que je me masse les yeux, tous se disent « Qu'est-ce qu'il peut être, bizarre, parfois ! » , tous ne comprennent pas que je déteste la plupart de ces livres récents, que certaines choses me paraissent comme les plus belles conneries commerciales que j'ai jamais rencontré. Ça me donne envie de vomir ; envie de vomir comme ces stars Disney pseudo-chanteurs me donne envie de briser tout et n'importe quoi. Peu me comprennent tandis que mon être se tue à les comprendre, eux, ces personnes pourvues de la logique transmise par la société actuelle. Et si seulement tu pouvais savoir à quel point ça m'énerve et ça m'embête, ma belle ! Quand les personnes disaient se tuer à me comprendre, s'éventrer à suivre mon mode de pensée horriblement simple, cela m'a coupé. Plus jamais, ô grand jamais, je ne partagerai tout la pagaille qui réside dans ma petite tête de con. Quitte à être hypocrite envers moi-même, je le ferai. Mon esprit pensera compliqué ; ma bouche parlera simple. Point final.
Tiens, sinon, il fait vraiment bon, aujourd'hui. Pourvu que ça continue, les vagues de chaleurs sont toujours les bienvenues, comme le soleil. Et ce café n'est pas écœurant, d'ailleurs. Et pourquoi d'ailleurs devrait-il soit-disant toujours faire moche en Angleterre ? Qui a envie que le ciel soit couvert de nuages à part certaines personnes pseudo-dépressives ? Mon Dieu, qu'ils sont insouciants de la beauté du sol-

À quoi tu penses, Zadig ?
Je. Au beau temps, j'espère que ça va continuer.

Tu vois, maintenant tu ris comme une enfant et tu dois te dire « Il est simple d'esprit, ce type ! » , de toute façon, j'ai toujours pensé qu'il fallait être timbré pour me trouver intelligent et totalement givré pour me trouver attirant et vouloir sortir avec moi. Givrée ou alors n'avoir aucun respect envers ma personne et vouloir sortir avec moi juste pour se foutre de moi, quoi qu'il en soit, il y a de fortes chances que je finisse à jamais seul en mode célibataire hystérique. Comme Bridget Jones, mais sans Mark Darcy et beaucoup de Daniel Cleaver et de cigarettes et seul et sans parents.
Rien que cette affirmation immonde à avaler, au goût semblable à celle de bile, me donne envie de pleurer. Vraiment, j'ai jamais été doué pour me contenir en émotions et sentiments.
Alors j'envoie souvent le monde se faire foutre sans oser le clamer à haute voix.
Quoi qu'il en soit, j'ai une vie de merde et la seule chose qui me console est de voir les notes, les accords, les musiques, les chiffres, les lettres et les mots avoir une couleur. Je remercie Dieu de m'avoir donné une synesthésie multiple même si j'ai cru être un être à part et encore plus cheum que je ne le suis déjà.
Heureusement que toi, ma belle, t'en sais rien de ce que je pense là, maintenant, même si je sais qu'après ce rendez-vous tu ne voudras pas me voir plus loin que comme étant un ami. Quelle fille voudrait d'un gars comme moi ayant perdu toute confiance en lui et qui passe le plus clair de son temps à réfléchir à des trucs compliqués plutôt que de vivre pleinement sa vie en mode heureux ?

Je serais toujours ainsi, le type à la chevelure en pagaille, l'air bête et penseur qui s'allume cigarette sur cigarette, aux résultats médiocres et qui se demande toujours si le fait qu'il soit surdoué n'est pas une immense blague.

Je suis Neville, Klaus Zällermann, un raté qu'on a surnommé Zadig.





Définissez vous en une phrase.
  1. Non.
  2. Dans un souci d'objectivité, je pense qu'il faudrait poser la question à mes amis...
  3. Anthropologiquement parlant ou bien ?
  4. Sérieusement, t'as pas quelque chose d'autre à faire que me demander ça ?
  5. Je suis un.

Vous offrirez quoi à Noël à votre meilleur ennemi ?
  1. Une bataille navale.
  2. Les hauts de Hurle-vent.
  3. Le DVD d'Ed Wood par Tim Burton.
  4. Un poisson rouge.
  5. Une corde.

Parmi ces livres ci-dessous, lequel serait le plus susceptible d'être votre livre de chevet ?
  1. Finnegans Wake de James Joyce.
  2. H2G2 : The Hitchhiker's Guide to the Galaxy de Douglas Adams.
  3. Totem et Tabou de Sigmund Freud.
  4. Harry Potter de J.K Rowling.
  5. Les 120 journées de Sodome du Marquis de Sade.

Ce que vous devez impérativement arrêter de dire. Sérieusement.
  1. « Le si n'aime pas le ré pour la centième fois ! »
  2. « Ton niveau s'élève à la dérivée d'une constante. »
  3. « Plus vite ! Hé que ça saute ! Allez ! Merde ! »
  4. « D'un point de vu biologique... »
  5. « Je comprends ce que tu ressens... »

La petite manie dont vous vous passerez bien ?
  1. Câliner tout le monde.
  2. N'avoir aucune notion du temps.
  3. Faire des private jokes.
  4. Accro au high five.
  5. Caser des citations partout.

Il y a forcément quelque chose que vous auriez dû faire depuis longtemps et n'avez toujours pas fait.
  1. Faire mes devoirs. Mais je les ai jamais fait, commencer maintenant serait pas judicieux pour ma réputation.
  2. M'excuser au près de la personne que j'ai insulté il y a trois semaine. Peut-être. On verra.
  3. Quelque chose que je dois faire ? Euh. Non non, j'ai fini ma classification, ma maquette de l'ADN, tout est bon. Non ?
  4. Ranger ma chambre si je trouve un jour le temps.
  5. Lécher les bottes du professeur pour m'accorder un délai supplémentaire si j'ai pas la flemme...






You've got to go straight ahead, you've
got to, you've got to go straight ahead !



Toutes ces soirées où nous courrions pour nous rejoindre d'un bar à l'autre, ces matins où nous insultions les touristes qui marchaient sur la voie cycliste, ces heures de cours passées à ne rien faire ou rire ensembles, les couleurs naissante dès que mutti jouait du piano, les bières immondes que consommait oncle Hans, nos jours heureux quand les fardeaux du passé ne revenaient pas. Rien ne peut remplacer Berlin, nulle ville ne peut l'égaler, Paris, Londres et Tokyo peuvent carrément aller se cacher dans un trou de souris. Elle ne me quittera pas, elle restera une plaie que l'on ne peut cautériser. Jamais je ne veux oublier ces belles années, quitte à en souffrir.

▬ Et comment tu fais pour briser autant de cœurs ?

    Antje,

Si tu lis ces mots, garde-les pour toi, ne les partage à personne. Si tu lis ces phrases qui vont te paraître absurde et insensée, je t'en remercie. Cela doit te paraître bizarre et vieux jeu de t'envoyer une lettre, mais un sms m'a paru grossier et te voir en face me tuerait en seul regard.
Une salope, voilà la dernière chose qui me passe par la tête en ce moment en pensant à toi, à tes rires cristallins vrais, à ta beauté lorsque s'étirent tes commissures et à ton scintillement que jalousent avec secret les étoiles. Dans cette histoire, ou plutôt ce beau merdier, la fautive, ce n'est pas toi — qui suis-je pour blâmer les raisons du cœur que la raison elle-même ignore ? Tout ton être sait ce que je dis à travers tes mots, je ne veux pas te le sortir maintenant.
Ces derniers mois seront gravés en moi comme étant les plus beaux moments de mon adolescence, même s'ils étaient peut-être faux et superflus, tu as illuminé mon existence comme le premier rayon de soleil après un orage incessant, tu as chassé par ta voix toutes mes peines, toutes mes craintes, tu les as remplacées par de la joie et un bonheur incroyable.
Je quitte Berlin, définitivement.
C'est loin, là où on m'envoie, quelque part en Angleterre, et, je sais que tu vas pouffer suite à ces mots, cet endroit existe pour les surdoués ; je ne suis donc peut-être pas si idiot que ça, au final.

Tu vas me manquer, terriblement.
Sois heureuse, je te le souhaite.
Et puis je t'aime ! je t'aime de tout mon foutu cœur,
De tout mon esprit en bordel.

    Neville.

« Holà caliente chica » ne signifie absolument pas « Bonjour, sublime demoiselle » , je tenais à te le dire.


▬ Gamin, ma mère pensait que j'étais un dégénéré mental.


Sous ses yeux, elle se brise ; sous ses yeux, elle s'écroule. Ses doigts glissent sur ce bout de mur, ses ongles se font détruire avec tristesse et ses genoux finissent à terre. Sa voix en lambeaux qui hurle à voix basse son prénom, lui qui court pour serrer sa nuque de ses petits bras d'enfant et elle qui déverse toute sa tristesse au milieu des « je t'aime » et des « je ne te laisserai jamais. » avec une main protectrice sur le haut de sa tête, des mouvements de bercement.
Tout l'océan de son regard se déverse sur son petit bout à elle, sur son petit bout qui ressemble à tant d'êtres qu'elle a aimé, son petit bout de sept années, la frimousse qui grimace de tristesse se demandant si c'est par sa faute que sa maman est triste. Diantre ! Que Silke l'aime, son fils. Elle l'aime, elle l'aime, elle l'aime, son fils qui voit la vie technicolor, la chose la plus importante à ses yeux, elle l'aime entièrement, elle l'aime d'un amour maternel implacable, de ses joues rondes de gamin qu'elle caresse du bout de ses pouces à ses mains sans cesse couvertes de peinture, réticentes à appuyer sur quelques simples touches de piano.
La main forte et usée de son oncle agrippe son épaule, une manière d'exprimer qu'il la comprend, sa douleur. Et Neville le voit, que derrière cette moustache se planque une grimace de tristesse, il le voit rien qu'à ses yeux. Solitude et amertume se bousculent en lui alors que son bouille tristounette se lève pour contempler son unique bout de famille. Rien, son physique n'a rien d'eux, aucune ressemblance avec ces gens aryens blonds comme le blé. Lui, l'éternel « tu ressembles à ton père » ressort constamment des bouches de son entourage, lui, c'est le portrait craché d'un type qui a fui la grossesse ou tout simplement abandonné la perpétuelle lutte pour la survie.

Mini-Klaus, pourquoi quand ta mère agrippait ta main et te disait que vous y alliez, pourquoi à chaque fois tournais-tu une dernière fois la tête pour contemple ce Mur qui te semblait grandiose et terrifiant en même temps ?


A NOIR, E BLANC, I ROUGE, U VERT, O BLEU : VOYELLES,
JE DIRAI QUELQUE JOUR VOS NAISSANCES LATENTES :
A, NOIR CORSET VELU DES MOUCHES ECLATANTES
QUI BOMBINENT AUTOUR DES PUANTEURS CRUELLES.


Mi est bordeaux, Ré est vert bouteille, Sib est jaune tirant vers l'orange, Sol est sable et ainsi de suite.
Ce n'est pas une hypothèse, mais une affirmation encrée dans son esprit, bien réelle puisqu'il les voit à travers sa vision enfantine du monde.
Il déteste le piano ou plutôt ses mains se dégoûtent au moment de frôler l'ivoire des touches. Deviens virtuose comme ta mère, deviens aussi doué qu'ton connard d'père ; jamais il ne le sera. Fous y de l'âme, fous y toute ta haine envers cet instrument qu'eux chérissent. Toi, tu es la créature en laquelle un sang sale dévalent en tes veines, tes artères sont bouchées par son immondice. Toi, t'as à peine onze ans et voilà que tu vois le monde autrement. Parce que ton géniteur était un drogué, un pur, un dur, parce que ton géniteur a claqué via overdose, parce que ta mère est issue d'une famille cent pour cent nazi, que ses grands-pères étaient des zéros et que tes grands-parents sont des héros inconnus, butés par des fusils à pompes dans une vaine tentative de traverser le Mur, parce que tu es pas né dans la meilleure famille qu'il existe, Neville, parce que ta mère enchaîne les petits boulots, parce que ton grand oncle ne peut plus bosser pour cause de santé fragile, parce que sur tes maigrelettes épaules reposent une destinée toute tracée, parce que devenir riche et honorable c'est trop complexe pour toi, idiot d'cancre.

Les « Neville n'écoute jamais en classe, il se laisse facilement distraire. » « Neville devrait voir un psychologue. » « Neville ne fait jamais complètement ses devoirs ou les exercices en classe. » « Neville ne fiche rien en sport. » t'en as dix à la seconde, marquées en rouge sur ton agenda. Tout le monde se demande comment t'arrive à avoir à peine la moyenne et réussir à ne pas redoubler.

Toi, t'es déjà en marge de la société, toi, tu sais même pas comment t'as fait pour avoir des amis, toi, tu penses qu'à des trucs qui dépassent ton entendement, toi, tu penses que à tes leçons de basse avec le drogué dans l'appartement au dessous du tien. Toi, toi, toi.

Toujours toi, Neville, jamais eux.
Parce que toi, tu as une vie de merde.


▬ On avait un rire digne des caniveaux, des espoirs vains dans l'cerveau.

– Mais merde, elle est où cette classe ?

Il traverse les couloirs qu'il a fini par trop bien connaître, il longe les murs que ses mains cavalent avec désintérêt, mais ça fait bien longtemps qu'il est là, ça commence à faire bien longtemps qu'il arpente ces terres désormais connues. Il ne reconnaît pas tout ces nouveaux, ces gamins de douze ans. Il se souvient juste s'être à nouveau réveillé trop tard et avoir manquer la cérémonie à laquelle on l'avait convié. Mais il a reconnu ce dos et cette allure au loin.

    – Ja—ko—b !
    – Zällermann ! il hurlait, bordel tu m'avais juré que tu serais à l'heure, t'es franchement inutile comme mec. Déjà que toi redoubler, ça me paraît normal, mais moi j'ai l'impression de me faire loger à la même enseigne d'idiot et ça heurte mon ego là !
    – Calmos boss, je suis là, ça commence dans cinq minutes, tout va bien.
    – J'ai vu passer Klein et ça m'a déprimé. Il est en dernière année et nous on doit se taper encore deux ans dans cet horrible endroit.
    – Cette année, on bosse et on arrête de faire les cons ?
    – Ah mais t'as rêvé toi ! Regarde, on est des dieux pour eux, on va en profiter !

Il a haussé les épaules sans conviction et entra après le professeur. Il scrutait les autres et n'écouta qu'à peine les petits discours que le maître et Jakob lui infligeaient. À travers ses mèches hirsutes tombant sur ses yeux, il contemplait les mots colorés sur le tableau et ne prononçait que quelques grognements pour faire croire à son comparse qu'il l'écoutait.

    – Mais surtout, cette année, nous avons trois nouveaux élèves ! Lequel préfère se présenter ?
    – Moi, m'sieur ! Je suis Jakob, Jakob Kolman, j'ai bientôt quinze ans et je suis dans un groupe même. Mais au final vous savez qui je suis alors bon, je ne vois pas vraiment l'intérêt de me présenter. Le type à l'ouest à côté de moi, c'est Neville — il se présentera pas par lui-même de toute façon. Quatorze ans, bassiste de mon groupe et puis c'est tout. Ah oui, il est nul en maths, sa moyenne de l'année passée était cinq alors sachez que c'est un cas perdu dans cette matière. C'est pour ça qu'il redouble comme moi !
    – Jakob, je ne pense pas que c'était à vous de le faire.
    – Mais m'sieur de toute façon, il écoute jamais. Hein, Nevivi ?
    – Hein, quoi ? Qu'est-ce que tu dis encore comme conne-
    – Vous voyez, je vous l'avais dit… Ah bordel ! Ça fait mal mec !
    – Petite nature, va. il repris le ton plus bas, tu fais chier maintenant il va nous avoir à l'œil ! T'es vraiment qu'un pauvre con Kolman !

Il plaqua son dos contre sa chaise et grimaça le plus qu'il le pouvait. Bordel, ce mec avait toujours eu le don naturel de lui pomper toute son énergie, à croire que chez lui, c'était naturel. Aussi naturel que toutes les filles de la classe qui avaient tourné le dos pour mieux détailler son visage, aussi inné que sa manière d'attirer l'attention sur lui. Neville écrasa sa main contre son front tout en fouillant son esprit pour sortir tout les défauts de son meilleur ami avant que son attention soit attirée par le et toi ? du professeur. Ça l'avait frappé, maintenant, ce type aux cheveux très blonds et aux yeux trop bleus qui dégageait une allure sérieuse. Rien à voir avec lui ou Jakob.

    – Carl Dittenberger, j'étais dans le privé.
    – Et quel âge tu as ? Tu fais une activité spéciale ?
    – J'ai sauté une classe. Je joue de la guitare.

Le petit avait l'air d'un de ces gosses de riches blasé naturellement car monsieur avait déjà tout ce qu'il voulait ou pouvait avoir. Mais il y avait autre chose dans lui, cet air désinvolte lorsqu'il sourit poliment, un quelque chose sur lequel Neville n'arrivait pas à mettre un doigt dessus. Finalement, il tourna la tête en direction de l'autre con.

    – Eh, Jakob, vous vouliez pas un deuxième guitariste avec Niko ?
    – Neville, le jour où je recruterais un gamin comme lui qui a l'air de jouer des airs de mandolines pour guitariste, tu peux toujours en rêver en te branlant devant un poster de Claudia Schiffer !


··········

On s'était assis au café pas loin de l'endroit où on avait l'habitude de répéter, à chaque fois que l'on décidait de faire une pause, on y allait. À force, les serveurs avaient fini par bien nous connaître, surtout moi puisqu'il était à quelques minutes de là où je résidais.
C'était mi-juillet et il faisait incroyablement chaud, le calvaire du collège c'était enfin terminé et jamais les vacances d'été ne m'avaient jamais semblé aussi tranquilles. On remarquait les touristes, la plupart vont voir Checkpoint Charlie ou essaient vainement de se confondre au quartier. Même lorsqu'on était en pause, Jakob continuait à bosser et tournait son stylo en cherchant quelles paroles poser sur la fiche blanche. On avait seize ans, on était des gamins.

    – Impossible de bosser avec cette chaleur ! Il fait tellement chaud que j'ai l'impression que mon coca vient direct du Pôle-Nord.
    – Ma bière, on dirait qu'elle était dans un iceberg.
    – C'est clair, j'ai envie d'aller à la mer ou au moins à la piscine.
    – Oh man, non, aller à la mer ? Ça vaut pas la peine si c'est pour voir passer des mères de familles unsexy.
    – On va à la soirée de Tom ?
    – Ouais, il faut. On lui a promis, on peut pas le laisser tomber !
    – J'aime ce sentiment que si on ne vient pas, personne ne vient.
    – T'es vraiment qu'un enfoiré nombriliste, Kolman.
    – Rah, dis ce que tu veux pépé Niko, mais Carl est sûrement d'accord avec moi.
    – C'est clair, y a rien à redire, on est un peu des stars. Et tout ça pour quoi ? Juste car on joue dans un groupe et qu'on rehausse le niveau classe des gars !
    – Putain ! Déjà trois heures moins le quart ? 'Faut que j'y aille les gars.
    – Tu vas voir ta Antje chérie ?
    – Dis-moi, ça fait quoi d'être amoureux transi ?
    – Je suis pas amoureux transi.
    – Oh, Antje, tu es le soleil qui illumine mes journées, tu sens bon la fleur et tu ressembles à un ange ! Je ne suis rien sans toi, si tu savais ! Je t'aime, marions-nous ! Ayons six enfants et trois chiens, deux chats et cinq hamsters !

Carl se rapprochait plus d'un sale con qu'un type charmant et bien poli, cette attitude polie et affinée qu'il pavanait devant les autres, ce masque qu'il ne laissait que rarement tomber à terre. Il ressemblait à un comédien sans cesse en train de jouer une pièce, abordant différentes facettes. Un bel enfoiré, en soit, bon en classe et guitariste affreusement bien trop doué, il incarnait le rôle du fils parfait aux yeux de ses parents.
Non, l'odeur de la cigarette ne parvenait jamais aux narines de ses géniteurs, sa moyenne ne chutait jamais et il ne provoquait aucun conflit en plus de débarrasser la table sans faire de chichis. Il était mon meilleur ami, celui que j'attendais au coin d'une rue pour aller en cours, celui avec qui parler était un détail, celui avec qui on se fait des coups bas, celui avec qui on passe son temps à s'envoyer des piques méchantes, une amitié bien vache en gros. Mon meilleur ennemi même. Quel bel enfoiré, ce Carl.

    – Va te faire foutre, Carlita !
    – Oh mais Nevivi, faut pas prendre la mouche ! On rigolait !
    – À ce soir, bande de cons.


▬ Car ouais, je t'aimais et je t'aimais chaque jour encore plus fort.

    ▬ C'est qui ?
    ▬ Miss Allemagne !

Elle rit. Beaucoup. Toujours, encore et encore bien plus fort, son rire inonde nous inonde, nous ensevelit. Moi, je la regarde sans la regarder, parce qu'elle est aussi transparente qu'opaque, je sens la pression de ses lèvres contre ma joue et en même temps non. Irréelle, voilà ce qu'elle est, cette fille arrivée tout droit d'un bled paumé de notre belle nation un beau matin dans notre salle de classe.
Antje. Deux voyelles, trois consommes. Des bras ventouses qui s'accrochent à vous et puis, voilà, c'est tout. Des cheveux châtains et lisses qui glissent toujours sur ses épaules, une silhouette féminine agrippée à la volée, d'une taille normale, pas boulimique, pas nymphomane, pas pute.
Juste Antje, celle qui s'accrochait à mon cou et à celui de Carl.

HOW DO YOU TELL A CHILD THAT THERE'S
NO GOD UP IN THE SKY AND IT'S ALL A LIE FOR NOTHING.
HOW DO YOU TELL A SON THAT HIS DADDY LEFT HIS MUM
WHEN SHE FELL IN LOVE WITH A GIRL LIKE YOU ?

Elle dépose sa tête sur mon épaule, s'y love avec une nonchalance calculée tout en enlaçant ma taille de son unique bras vacant. Son parfum titille mon odorat, m'entoure et me fait prisonnier que je ne connais pas plus que le résident de l'appartement en face du mien, cette fille fraîchement débarquée. Tout mes membres tantôt se crispent, tantôt se détendent, un peu comme si mon corps barbotait dans des eaux troubles, tumultueuses et tièdes, et ma propre tête s'avachit sur la sienne, mes mains la capturent par son épaule et sa joue.
Même que j'ai le cœur qui bat cent milles fois par secondes paré à se barrer de ma poitrine tant il cogne. Il cogne toujours encore et plus fort, prêt à briser ma cage thoracique, à traverser ma chair. Il cogne, frappe, cogite, mon cerveau me comprend plus rien à rien, un peu comme si tout Chinatown se situait dans ma tête.
Elle est un cataclysme de sentiments, un tsunami qui passe au travers de tout et de rien avec violence. Un éclair de nouveau, un tonnerre qui frappe en pleine âme. Antje, celle qui progressivement devenait ma lubie, mon tout et mon entier en l'espace d'une minable soirée. L'horizon du futur me paraît fade et impossible sans sa voix de tourterelle hurlant mon prénom au milieu des foules, inimaginable sans sa paume lisse se glissant dans la mienne, apocalyptique sans ses commissures s'étirant pour m'offrir son plus beau sourire. Antje, je l'aimais à voix basse, je l'ai aimée au début sans pouvoir le prouver, profitant des instants où elle me gratifiait de sa présence.
Antje est une foudre qui a électrisé ma vie et qui m'a transpercé en plein cœur, une personne qu'on ne peut oublier.

Et ces caresses du bout des doigts, ces embrassades perpétuelles sur nos joues, ces mèches entortillés étaient notre marque de fabrique d'une drague enfantine. Et alors qu'elle redresse son visage et que toute ma silhouette s'immobilise et que je plante mon regard dans le sien et que ses iris ambrés me brûlent et que je sais qu'elle sait ce qui va se produire et elle sait que je le sais aussi.
Une collision entre comètes, une étoile qui explose au terme de sa vie, un Big Bang de faux d'artifice, des flammes qui embrasent la chair et carbonisent les os, même la pluie ne peut stopper ces cling clang clong qui se produisent en moi.
Des gouttes dégoulinent sur nos mèches, sur nos visages, sur ma chemise collée contre ma peau, sur la veste posée sur ses minces épaules, sur le toit de l'abri-bus.
Et ce baiser mouillé, mon embrassade trempée, la réelle première fois que j'embrasse quelqu'un alors que l'alcool s'est dissipé a été bizarrement agréable.
La vie, la Terre et l'Univers entier m'ont semblé beaux après coup.


I MAY SAY IT WAS YOUR FAULT,
CAUSE I KNOW YOU COULD HAVE DONE MORE.
OH YOU'RE SO NAIVE YET SO.

Une poignée de jour après les « Frohe Weihnachten ! » , les biscuits en masse, les décorations étoilées ou clignotantes, les sapins un peu partout pour faire joli, se dressaient les coupes de champagne, les comptes à rebours, les paillettes, les confettis ou encore les serpentins qui gisent sur le sol sans oublier le fameux rendez-vous à la Porte de Brandebourg.

21:56 : Aujourd'hui, je me suis réveillé à vingt heures, pas que ça change grandement de mon quotidien, mais si je m'étais levé plus tôt, j'aurais sûrement pu suivre ma mère, partie à Dieu sait quelle réception. Ne pas avoir de projet pour ce foutu jour, c'est carrément décevant, l'impression que toute vie sociale m'appartienne s'est tirée à l'anglaise.

23:03 : Jakob m'a hurlé à travers le combiné : « […] Faut que tu viiennes ! On est chez Carl ! Et ça tuue, tu devrais déjà être là depuis longtemps putain ! Même que y a Antje, aussi ! »

23:11 : Je me suis pris la tête pendant huit minutes à cause d'elle qui durant deux heures n'a pas été foutue de répondre à mes appels. Et aussi que l'autre blond m'ait rien dit et j'ai pas envie de bouger, il fait trop froid, ni de m'habiller. Finir cette bière puis m'habiller. Voilà.

23:23 : Quelqu'un pense à moi. J'ai loupé la S-bahn, le prochain est dans cinq minutes environ. Il fait vraiment froid. Fuck ?


HOW COULD THIS BE DONE
BY SUCH A SMILING SWEETHEART,
OH AND YOUR SWEET AND PRETTY FACE,
IN SUCH AN UGLY WAY SOMETHING SO BEAUTIFUL ?
THAT EVERYTIME YOU'RE ON HIS SIDE.

23:36 : Bizarrement, l'immeuble de Carl, je l'ai toujours haï avec son style bien européen, bien richard, bien soigné, bien élégant. Tout comme les voitures garées devant, tout comme ses parents, tout comme lui. Parquet bien ciré, femme de ménage qui passe trois fois par semaine minimum, lustres en cristal et j'en passe. Comme voisins ? La vieille mamie avec un collier de perle qui te regarde mal dès que tu la croises, un couple de nouveaux riches avec rire faux-cul et les autres encore pire.

23:41 J'étais dans tout mes états, prêt à briser n'importe quoi, alors pour me calmer j'ai sprinté pour monter les escaliers.

23:43 Une fois mon souffle reprit ( penser à arrêter la clope ou définitivement ne plus courir ) ma main a frappé avec une quasi-hystérie contre la porte ; j'ai attendu une minute pour finalement rentrer sans qu'on ait daigné de m'ouvrir.

23:44 Jakob m'a embrassé totalement ivre avant de repartir avec une fille sous le bras, j'ai aperçu Nikolas : il était en train d'arroser les autres avec du champagne. L'appartement est un foutu carnage.

23:45 En voyant Nadia, me suis empressé de lui demander si elle avait vu Carl ou Antje et elle m'a répondu négativement. Un mauvais pressentiment m'a traversé alors ma main a emprisonné une bouteille de vodka mélangée à Dieu sait quoi pour en descendre presque un quart, vu Sarah au passage qui m'a avoué en pleurant qu'elle était amoureuse de Jakob et j'ai du lui faire un câlin pour la consoler.

23:54 Après avoir réuni Jakob et Nikolas, être monté au première étage, avoir salué à la hâte des potes, fais la bise et câlins forcés à des amies, Klara m'a dit qu'elle avait vu Antje disparaître dans la chambre tout au fond. Mes jambes ont tremblé, c'était sa chambre.


I KNOW THAT SHE KNOWS I'M NOT FOND
OF ASKING, TRUE OR FALSE IT MAY BE,
WELL SHE'S STILL OUT TO GET ME.
I KNOW THAT SHE KNOWS I'M NOT FOND
OF ASKING, TRUE OR FALSE IT MAY BE,
SHE'S STILL OUT TO GET ME.

23:58 Jakob m'a donné du courage et Nikolas a vainement tenté de me rassurer, mais rien n'y peut : je continue à fixer stupidement la porte, je me suis senti mal alors j'ai liquidé la fin de la vodka.

23:59 La porte s'est ouverte, un rire bête de personne bourrée a résonné. Et j'ai su quand les deux corps ont traversé l'encolure que j'étais un foutu cocu. Ils ne nous ont pas vu, se sont embrassés et le « oh, les bâtards ! » de Jakob les ont fait réalisé que nous étions là. Les gens en bas ont commencé le compte à rebours et successivement mes yeux dérivent entre Antje et Carl. On m'a tapoté l'épaule.

00:00 Tous crient « Prost Neujahr ! » en bas. Je me suis tiré de là avec empressement.


JUST DON'T LET ME DOWN,
JUST DON'T LET ME DOWN,
HOLD ON TO YOUR KITE,
JUST DON'T LET ME DOWN,
JUST DON'T LET ME DOWN.

00:05 Arrivé en bas de l'immeuble, j'ai gerbé toute ma peine, ma colère, tout les biscuits de Noël et la vodka bue sur une voiture neuve.

00:10 La moitié de ma bande de potes est descendue. On m'a dit qu'on était désolé pour moi, mais on m'a aussi dit qu'on allait aux Porters fêter dignement le Nouvel An et qu'ensuite on irait au club avant d'aller à une autre soirée. J'avais les yeux rougis, avant qu'ils n'arrivent j'ai pleuré.


HOLD ON TO YOUR KITE,
JUST DON'T LET ME DOWN,
JUST DON'T LET ME DOWN,
HOLD ON TO THIS KITE,
JUST DON'T LET ME DOWN.



▬ La fin de ce foutu commencement, le début de cette foutue fin.


WILL THOSE FEET IN MODERN TIMES ?
UNDERSTAND THIS WORLD'S AFFLICITION,
RECOGNISE THE RIGHTEOUS ANGER,
UNDERSTAND THIS WORLD'S ADDICTION

L'épisode Antje n'a jamais cautériséer, il n'en a pas eu le temps. Sa simple présence m'écœure, les filles sont de vraies salopes briseuses de cœurs, l'idée que sa bouche puisse lâcher un rire crétin alors qu'au coin je me tiens encore péniblement sur mes deux jambes. Elle me donne la haine, sa simple vue, elle me donne envie de tout foutre en l'air et moi-même au passage. Un jouet cassé, un pantin désarticulé par le temps, dis-moi pourquoi ne vois-tu pas tout le mal que tu me fais ? Et dis-moi, pourquoi au lieu de regarder le sol avec un air empli de regrets, tu souris égoïstement ? Tu sais, moi, j'ai jamais été doué pour conquérir une fille et, tu sais, moi, j'ai pas la force d'affronter ton Dom Juan, tout me manque pour te gagner encore. À croire que tu préfères te faire pavaner et montrée à tous comme un trophée de chasse, un trésor fièrement volé plutôt que de te faire aimer.
Dis, où me suis-je trompé ? Tes sentiments pour moi, quand ils ont été foutus à la porte, où ont-ils été jetés ?
Dis-moi, putain, dis-moi pourquoi, dis-moi encore et encore, crache-les, ces réponses ! Prends-tu plaisir à me faire mariner dans l'attente angoissante, au final. Prendrais-tu plaisir à savoir que je me tortille comme secoué par les spasmes de l'amour dans mon lit, que je me laisse périr et pourrir par le syndrome du cœur brisé ?
Je t'ai aimée, je t'ai chérie, accroché à toi pour mieux pouvoir entrelacer ton corps frêle lorsqu'il cogitait sous l'effet de tes innombrables sanglots ; étais-je un simple plan pour que tu finisses avec lui ?
Ne souris pas, ne ris pas, cesses donc de faire semblant, ce petit jeu devient lassant. Car je sais que tu sais que jamais, jamais tu ne rencontreras un type de mon genre en continuant ainsi, qu'aucun de tes futurs Jules ne pourra prendre autant soin de toi que moi.
Reste, reste, reste, reste, putain ! reste à mes côtés, j'ai terriblement besoin de toi, de te parler, n'ignore pas ma douleur pour que ta conscience aille mieux, sois encore là pour moi et je le serai pour toi. Ne m'abandonne pas, ne me laisse pas alors qu'aucune épaule ne me laisse te pleurer, toi qui illumine même les plus sombres coins de mon âme.
Non, non, non ! Reste, reste encore et à jamais, reste. Reste là, vraiment, pas en tant que plaie.
Je t'aime encore s'il-te-plaît, rend ma douleur moins douloureuse, ma tristesse moins triste. Chérie, rend ma dépression moins dépressive.
Je suis juste là, sur le canapé en face de celui où tu es assise, alors, s'il-te-plaît, sors moi de ma grande dégringolade en Enfer.


I WAS BLIND - COULDN'T SEE.
WHAT WAS HERE IN ME ?
I WAS BLIND - INSECURE,
I FELT LIKE THE ROAD WAS WAY TOO LONG.

Encore un mois s'est écoulé, je n'en suis pas vraiment certain, la notion du temps m'échappe. Je me sens crever de l'intérieur, un peu comme si on m'avait fait avaler de la cyanure et que lentement et avec plaisir elle grignotait ma chair, ravie de me bousiller. Etendu sur mon lit en train de réfléchir à quatre-vingt milles trucs bêtes et grotesques, les mêmes sanglots se déversent à l'autre bout de l'appartement, ricochant contre les carreaux froids et buttent contre mes tympans. Les rares instants où son squelette se traîne à la table de la cuisine, elle ne peut s'empêcher de pleurer, encore et encore, et je sais pertinemment qu'elle s'envoie au passage quelques antidépresseurs lorsque les larmes commencent à trop l'étouffer. Il y a deux semaines, oncle Hans est mort, mort de vieillesse, de fatigue ou de tristesse, je ne sais rien, il avait juste l'air paisible dans son lit.
Le drogué d'en face a été envoyé en cure par un de ses proches, la voisine bruyante du dessus a déménagé, le nouveau locataire ne fait aucun bruit, la jolie fille du bus a un copain, la rivière de la vie suivait toujours tranquillement son court au milieu de la tumulte.
Ce que je sais de tout ça ? Que ma synesthésie m'emmerde encore plus qu'avant, dans les mots encrés frappés sur un vieux papier, sur les affiches de publicité, dans les notes de musiques et m'angoissent terriblement.
Aujourd'hui, je ne suis pas allé en cours, tout comme hier et la semaine passée. Depuis deux semaines, mes membres sont collés à mon matelas, comme deux aimants qui s'attirent, je ne trouve pas la force de bouger de mon pieu, de faire autre chose que m'éclater les tympans et noircir mes poumons. « La peine rampe sous sa chair, il pue la peine et la tristesse » a dit une de mes vieilles voisines à une autre la seule fois où je suis descendu prendre le courrier. Je ne sais pas trop quoi en penser.

    — Eh mec, toujours en vie.
    — Ouais, pourtant je pensais être un revenant vu la gueule que tu tires.
    — T'sais, Neville, faut qu'j'te dise que'que chose, il sourit tristement, t'sais Antje, elle en est raide dingue.
    — De qui ?

La nouvelle m'a tellement sonné, je me suis senti con d'aimer encore une fille qui en aime déjà un autre. Nikolas semblait gêné de m'apprendre cela, ses doigts se tortillaient dans tout les sens, son corps se reposait contre l'encolure de la porte. Il a lâché un soupir et s'est laisser tomber comme une massue sur mon lit, alors je me suis redressé et ait lié mes mains. J'attendais, j'attendais la confirmation de l'identité de la personne en espérant que ce n'était pas lui. Tout sauf lui.

    — De Carl, finit-il par lâcher avec crainte de ma réaction.

Les voisines ont donc raison, je pue la peine, la tristesse, la douleur, la rancœur. Je pue l'amour brisé. J'ai baissé la tête et me suis tût.
Ces temps-ci, il fait très gris et très moche, Berlin aussi doit être très triste.


CAUSE LOVE IS NOISE, LOVE IS PAIN
LOVE IS THAT BLUES I'M SINGING AGAIN.
LOVE IS NOISE, LOVE IS PAIN
LOVE IS THAT BLUES I'M SINGING AGAIN.


    — Putain, j'espère qu'on va être sélectionnés.
    — Ferme-la Jakob, t'es soûlant à la fin !
    — Tu peux parler monsieur La déprime qui ne va plus en cours ! Les profs trouvent que tu mets long.
    — Va te faire voir, c'est pas drôle.
    — Mec, je me gèle les couilles pour toi alors sois cool au moins !
    — T'étais pas obligé, tu sais.
    — Nœud-nœud, j'ai grimacé à l'entente de ce surnom désagréable, je sais que c'est dur de se faire piquer sa copine par un mec de quatorze ans supposé être ton pote-pote, mais je t'en supplie, contiens ta rage car c'est le seul guitariste qu'on ait, d'accord ?
    — Ouais.
    — Allez viens, c'est bientôt notre tour.

Quelques minutes après, nous avions foulés le sol de la scène sous les yeux sceptiques des spectateurs, ce genre de regard qui te met la pression, mais pas moi. Mon état était trop zombiesque pour que cela me fasse frémir d'appréhension, non, dès que mes pas ont marché sur le sol de la scène, je l'ai remarquée, là, au premier rang dans le public. Elle s'était faite une tresse sur le côté et portait une chemise en jean, bien droite, son regard suivait Carl avec fascination comme s'il brillait et en rien mon allure de mort-vivant ne l'avait interpellée.
Quelle salope égocentrique. Et je vous jure, je vous jure que j'ai réellement essayé de tenir le coup, durant une quinzaine de minutes, j'ai ravalé ma colère et me suis forcé à ne pas la regarder, à ne pas voir ce spectacle écœurant, tout cet amour pour lui qui émanait d'elle, tout cet amour dont je ne crois pas qu'elle m'ait porté malgré avoir fait à peu près un demie année avec cette fille. Ça devait être cela qui m'a ancré dans une colère noire, ça et ce foutu concert qui ne servirait à rien et, sous les yeux ébahis d'Antje, le regard stupéfait des spectateurs et l'air tout sauf étonné de Jakob et Nikolas que, d'une façon soudaine, je me suis libéré de cette sangle qui me pesait trop lourd avant d'air bruyamment lâché ma basse sans en avoir à foutre qu'elle se brise ou non. Tout ça, tout ce foutu mélodrame pour envoyer un crochet du droit à ce salopard, le voir tomber à terre par stupeur puis l'attraper par son col pour mieux lui hurler : « C'était ma copine, espèce de connard ! » et mes mains ont dégagé leur emprise sur le tee shirt du sale blond pour récupérer l'instrument à terre et me tirer de la scène, de la salle, de l'endroit.

    — Neville ! Neville ! je l'ai ignorée royalement, Neville, stoppe-toi putain ! sa main avait agrippé mon bras, alors je me suis retourné, furieux.
    — Mais dégage, bordel ! Attends, tiens, tu me parles, mais quel exploit ! On t'a droguée ?
    — Neville, t'es vraiment con ou quoi ? Tu as frappé Carl !
    — À qui la faute ? j'ai ricané doucement, tu penses pouvoir me faire la morale juste car j'ai foutu une droite à ton Carlichou ? Excuse-moi, vraiment.
    — À quoi tu joues !
    — À quoi je joue ? À quoi je joue ! Tu oses me dire ça ? Toi ? La salope qui m'a trompé puis quitté pour un de mes soit-disant amis sans même t'être excusée ne serait-ce qu'une seule putain de fois ? Tu sais, je t'aurais pardonnée de m'avoir trompé, si tu le voulais, je me serais même remis avec toi. Mais nada, niet, rien, tu m'as regardé sans émotion me déglinguer, sans même y mettre un terme !
    — Neville, je…
    — Oh ? Tu comprends maintenant ? Tu vois enfin ce que je suis devenu par ta propre faute ? Un cadavre ambulant. Une saloperie de cadavre qui traîne sans but et tu connais le pire ? Mon oncle est mort, ma mère sombre dans une sorte de dépression et avale antidépresseurs sur antidépresseurs. Oh, mais tu devais t'en foutre non ? Si tu savais comme je savoure cet instant, de voir ta jolie petite bouille se décomposée sous le poids du, hm, comment dit-on déjà ? Ah oui ! Regret. Eh tu sais quoi, tu vas en baver, maintenant que tu te sens aussi coupable, tu ne vas jamais t'en pardonner à moins que je te pardonne. Mais tu sais quoi, ma chérie ? Jamais je ne te pardonnerai juste pour te voir te décomposer mentalement. Désolé, mais tu finiras pute pute plus tard, à baiser mecs en mecs pour te sentir exister et crois-moi, je serai tellement heureux à ce moment-là que ça tu tueras.

J'ai été un connard profond, je ne le nie pas, si mes souvenirs sont exacts, elle a fondu en sanglots après lui avoir tourné le dos sans même me retourner une dernière fois.
Sur l'instant, j'étais terriblement heureux, puis je me suis senti terriblement mal.


WALK IN SILENCE,
DON'T TURN AWAY, IN SILENCE
YOUR CONFUSION, MY ILLUSION,
WORN LIKE A MASK OF SELF-HATE,
CONFRONTS AND THEN DIES.

Jakob m'a forcé à faire une pause dans le groupe tout en me faisant la morale de ne plus mettre un pied en cours, quant à Antje et Carl, ils devaient m'éviter soigneusement. Je ne sortais que pour voir certaines personnes, j'étais occupé. Occupé à quoi ? Occupé à m'occuper de ma mère.
À part aller travailler, elle ne faisait plus rien, ne disait plus rien, se perdait dans ses sanglots ; jamais elle n'avait été aussi laide. Et parfois, je l'entendais jouer, le piano poussait des notes mélancoliques et je voyais des couleurs moroses, tristes qui me rendaient par la suite moi-même triste. J'adore ma mère, je l'aime comme tout enfant aime sa maman. Je lui porte un respect profond d'avoir élever son idiot de gosse alors que quelques mois auparavant son mari a crevé d'overdose, de m'avoir garder, de m'avoir aimer, d'avoir été là.
Sans honte, j'aurais pu hurler dans la rue que j'aime ma maman très fort et qu'elle est la meilleure des mères. J'ai beau râlé quand elle me sermonne encore d'un « va te laver ! » ou « arrête de fumer comme une cheminée ! » mais quelle mère ne le fait pas ? Sans ma mère, je me sens vide, vide et inutile. Mais ma mère, elle aussi, m'a quitté.
Le dix-huit mars, aux alentours de dix-neuf heures, son corps étalé sans vie sur le carrelage de la salle de bains m'a fait régurgité tout mon estomac, quant à son visage livide, il a poignardé ma ventricule pour y laisser une blessure impossible à refermer, à guérir. La police, les pompiers, des services dans le genre sont arrivés peu après leur avoir passé un appel, en attendant, je n'ai pas pu détourner les yeux du gin et de la boîte de somnifères dans ses mains. Sûrement dans un de ses élans de désespoir, quand elle n'avait plus toute sa tête.
Et alors, quand l'agent de police à commencer à me questionner, j'ai compris, j'ai saisi le truc : plus personne, je n'avais plus personne et j'étais seul. Ce déclic a allumé une angoisse naissante en moi et, par soucis de savoir ce que je deviendrais, je me suis tirée de mon propre appartement envahit par des forces de l'ordre et une suicidaire à l'intérieur. Un agent a tenté de me rattrapé en vain, j'avais déjà déguerpi loin de la dure réalité qu'était ma stupide existence.


EVERY CORNER ABANDONED TOO SOON,
SET DOWN WITH A DUE CARE.
DON'T WALK AWAY IN SILENCE,
DON'T WALK AWAY.

J'ai couru, je me suis échappé, j'ai couru sans savoir où j'allais, sans même me poser la question, mais inconsciemment, mes pas étaient déterminés à aller jusqu'à une destination qu'ils connaissaient bien. De longues minutes passées à souffrir des points naissants dans mes côtes, la douleur d'être hors d'haleine et de malgré tout continuer à avancer aussi rapidement, les poumons enflammés comme si de l'alcool à 90° y avait été déverser. En boucle, les événements récents se repassaient en boucle dans ma tête, comme si ma cervelle avait été remplacée par un projecteur et ma mémoire par des bobines de films. L'impression qu'on cognait mes tempe et que les pulsations folles de mon cœur avaient été éparpillées partout dans mon corps, je me sentais comme invincible, hors de portée à tout dommages ou dégâts. Planté devant sa fenêtre, j'ai hurlé sourdement son prénom, j'ai désespérément tenté de l'appeler mais aucun son ne s'est propulsé de ma gorge.
Alors j'ai recommencé à courir, à parcourir, à traverser Berlin, de Charlottenberg à Tempelhof en passant par Mitte puis remonter à Kreuzberg et à me dépêcher de passer Friedrichshain pour revenir à Mitte. À Mitte où j'ai beaucoup traîner, beaucoup bu, beaucoup fumé, beaucoup suivit un groupe d'étrangers soûlards. Ils parlaient beaucoup et en anglais, ils me disaient que Berlin était génial même s'ils peinaient avec la langue et m'expliquaient qu'ils étaient en vacances. Lorsque j'ai rétorqué que les vacances étaient finies depuis longtemps, ils ont proclamé « Not for university students ! » avec un accent qui était tout sauf anglais ou américains. Aux alentours de trois heures du matin, ils se sont excusés car leur avion partait le jour même. Ils m'ont griffonné une adresse puis m'ont salué joyeusement avec « If you come on day in France, come say hello ! » et pendant quelques secondes mon esprit a butté avant de comprendre qu'ils venaient de France et, à en croire l'adresse, de Grenoble. Mais il a suffit du « France » pour percer le mystère de leur jeans super serrés, c'est typiquement français.
Si à ce moment je n'avais pas été complétement ivre et à la masse, je serais rentré chez moi. Peut-être que les policiers étaient encore là, je n'en savais rien. Cela devait bien avoir fait plus de six heures que je m'étais échappé de cet enfer. La seule chose dont je me souvienne clairement de cette nuit était m'être planté devant sa fenêtre, d'avoir bu des litres de bières avec des étudiants bobos français et d'avoir soudainement reçu un coup de poing.
Et puis blanc total.


▬ Ramenez-moi, s'il vous plaît, à l'époque où le bonheur existait.

    – Ça sert à rien !

Il envoie balader le stylo et cale son dos contre le dossier de la chaise, la frustration traverse son corps, rampe sur sa peau et l'incapacité le descend en un seul coup. L'infirmière l'énerve, l'envie de lui tordre le cou le chatouille sans cesse et s'amplifie lorsque le médecin auquel il décrocherait bien une droite. Mais niet, l'incapacité de faire ces simples gestes le prend par le col et se moque de lui. Bon Dieu qu'il est ridicule, ce pauvre Neville.
Il a l'air si différent de ce qu'il était avec ses cheveux trop longs, sa barbe de trois jours, ses yeux trop haineux. Il ressemble à un fou, un fou qui traîne ses restes comme un fardeau. Pauvre toi, Neville, alors que les personnes de ton âge font un tas d'activités excitantes, tu restes cloitré à tenter d'écrire convenablement.
Ça te semble si loin le jour où tu t'es réveillé la peau couvertes de bleus et de cicatrices et en même temps si proche, tu as arrêté de compter les jours et les mois qui défilent, la notion du temps t'échappe. Depuis combien d'heures as-tu cessé de vouloir ressentir ne serait-ce qu'un seul autre sentiment que l'amère défaite et la vicieuse incapacité ? Tu es un bon rien même plus capable d'écrire son prénom, c'est tout, tu ne sers strictement à rien. Il faut accepter cette vérité empoisonnée, pour l'instant, le moment, tu n'es plus rien outre un pauvre gamin qui ne peut plus se servir convenablement de ses mains. Tu ne rimes à rien.
Tu es seul, même pas une famille d'accueil, ton psychiatre est la seule chose qu'il te reste.

    – Vous devriez canaliser votre rage, Neville, votre rage.
    – Ah bon ? Vous êtes bien drôle.
    – Je ne plaisante pas, sachez-le, je ne plaisante jamais.
    – J'en ai assez, ça fait deux foutus mois et la seule chose que je peux faire est ouvrir et fermer mes mains, bouger mes doigts de la main droite.
    – Pour deux mois, ça semble être bien.
    – Non, non c'est pas bien putain ! Je suis même pas capable d'écrire mon prénom ni de réussir à tenir bien une fourchette ! Jouer c'est même carrément impossible !
    – Et donc ?
    – Et donc ? Et donc j'ai personne, j'ai rien, je suis rien, je n'attire que la pitié des autres comme un pauvre crétin !
    – Qu'est-ce qui vous fait penser cela ?
    – Mais c'est… c'est évident merde ! Vous-même vous avez pitié de moi, vous et tout ce foutu endroit, je suis le pauvre gamin qui ne peut plus rien foutre de ses doigts, sans mère, sans famille, sans amis car il leur a à tous tourné le dos ! Y a que le malheur qui existe pour certains.
    – Vous ne croyez donc pas au bonheur ?
    – Le bonheur ? Le bonheur ! il s'écria, À quoi tient le bonheur ! Tout me persécute dans ce monde, jusqu'aux êtres qui n'existent plus !
    – Là où tu iras, tu seras bien mieux qu'ici, crois-moi Neville.
    – Zadig, c'est Zadig désormais.

Tu as baissé les yeux, car tu savais que cette offre tu ne l'avais accepté que par pitié pour toi-même.


··········

    – Lâche-moi, Elza.
    – Pourquoi tu pars ?


Oui, pourquoi tu pars toujours trop vite ? Pourquoi tu arrives toujours trop tard ? Tu es un coup de vent, une bourrasque, rien ne reste, même une odeur, pour supposer que tu étais là. Est-ce car tu ne peux supporter son regard attristé ou est-ce par simple marque de désintérêt. Ça te tiraille quand elle passe ses doigts sur tes phalanges ? Ça te prend par les tripes quand sa main suit le tracé de tes cicatrices ? Tu es lâche, Klaus, si lâche. À peine les lueurs matinales se pavanent, tu te tires comme un voleur, tu t'échappes pour mieux revenir et ça fait toujours plus mal.

    – Reste avec moi, Neville, reste.
    – Tu dois aller en cours.
    – Alors accompagne-moi, allez, mes parents sont déjà partis, tu ne crains rien.
    – Je ne suis pas un trophée, Elza. Tu peux pas me vanter comme tu vantes ton nouveau sac.

Les genoux rabattus contre son torse, ses pupilles ne quittent pas tes gestes nonchalants, elle ne loupe pas un seul de tes mouvements et contemple à quel point tu es bien bas. Ne crois pas jouer au plus malin, tous la voient, ta peine à faire de petites choses si banales que ç'a en devient pathétique. Les vendeurs remarquent que sortir et attraper billets et pièces sont une souffrance, la bibliothécaire remarque ta difficulté à sortir un livre coincé dans une rangée et à tourner les pages, le postier aussi remarque ton calvaire à signer un reçu et Elza le voit très bien que boutonner ta chemise est un supplice. Tout comme elle te voit C'est toujours pour ça qu'elle abaisse tes mains et passe elle-même les boutons dans les feintes.

    – Arrêtes de toujours me prendre en pitié, Elza.
    – Arrêtes de toujours croire que je te prends en pitié, tu sais, moi, je tiens à toi, Neville.

Cette fois, sa tête ne se relève pas et puis pour faire quoi ? T'offrir un sourire remplit de tristesse pour ses sentiments qui ne sont pas réciproques ? Non merci, parce que ta bouche ne répond jamais à ces preuves d'affection, à cet attachement qui la blesse et remue le couteau dans une plaie déjà bien profonde dans son cœur. Ton téléphone a vibré, ce fut encore et toujours elle qui l'attrapait et regardait de qui il venait. Bon Dieu que tu pouvais la haïr, elle et ses mains valides.

    – Neville ?
    – C'est qui ?
    – Neville, c'est qui Carl ?

Tes lèvres ont frémi, l'idée de lui répondre franchement a traversé ton esprit mais s'est aussitôt volatilisée dans l'air pesant de la pièce. Avec la même lâcheté qui enserre ton cœur, tu as rétorqué personne. Car au final, désormais, il n'était personne. Juste quelqu'un que tu as connu à un moment de ta vie.

    – La lettre que tu as écrite, pour qui elle est ?
    – Quelqu'un.
    – Tu passeras me chercher à la sortie du lycée ?
    – Non, hier c'était la dernière fois.
    – Comment ça ?
    – Je pars, Elza, je pars réellement et, cette fois-ci, ne m'attend plus.

Et tu te souviens l'avoir quittée sans même oser tourner le dos, ça valait sûrement mieux pour toi, mais tu te souviens aussi l'avoir entendue fondre en larmes. Tu es abject, Neville, ça crève les yeux et ça te crève le cœur.


···········

Il dévala les escaliers, ça faisait déjà quoi ? Deux ans qu'il était là ? Deux ans, ça passe vite et en même temps ça semblait déjà être une éternité. On finit par s'acclimater à la langue, au bâtiment et à la culture qu'il y règne en pensant qu'il ne faut mieux pas appréhender le lendemain sous risque qu'il soit décevant. Non, ici, il fallait suivre le rythme qui tambourinait dans leur veines et ne pas se soucier de chaque nouvel arrivant. Et si vous croisiez un de vos amis lors de votre marche, mieux valait s'arrêter sous risque de ne pas le retrouver dans l'immensité de l'endroit si vous n'aviez rien d'autre à faire que de déambuler dans les couloirs. On reconnaissait les deux idiots qui sprintaient dans les couloirs en étalant une couche de peinture sur les murs, on finissait par connaître par cœur le baratin de Die, on pouvait coller un nom sur à peu près beaucoup de visages, on savait qui étaient les pokéfans et les travelos, on connaissait beaucoup de couples et comment ils finissent par rompre, on définissait son endroit à soi et puis voilà.
Mais ça faisait déjà un an, aussi. Déjà un an que sa vie avait à nouveau été perturbée, un an que toutes ses parcelles de mémoire qu'il aurait préféré oublier avec ressurgit du fond de ses entrailles. Il scrutait les gens, il cherchait cette foutue silhouette désespérément coûte que coûte quitte à s'asphyxier en manquant d'air avec sa propre haleine. Toujours encore et encore à rechercher quelque chose, quelque part, c'était comme ça avec Zadig. Jamais rien ne se finissait et ça commençait à devenir lourd, aussi lourd qu'une série après trente saisons et un manque d'imagination flagrant. Mais voilà qu'il y a un an, il était arrivé. Il était remonté à la surface pour mieux emmerder. Quel connard, quel enfoiré, quel salopard, l'étrangler serait la meilleure chose à faire.

– Bordel, Candide ! Putain, t'es obligé de me donner rendez-vous ici quand je suis à l'autre bout ? Mais t'es vraiment qu'un chieur, c'est inné chez toi !

Carl, tu lui donneras des envies de meurtres jusqu'à la fin de sa vie, toi et ton sourire foutu tordu.




Bratislava et ses moustaches
DATE DE NAISSANCE : j'en ai pas 8D
ÂGE : jeune jedi
SEXE : l'opposé de celui de Zadig
AVATAR : Remus Lupin d'Harry Potter
DÉCOUVERTE DU FORUM : ceci est un DC.
EST-CE VOTRE PREMIER FORUM RP ? voir plus haut.
pardonnez-moi, le caractère est immonde, mais bon ;;
et les paroles sont celles de Tape Song des Kills,
de Sappho des Tribes, de Naive des Kooks, une
citation de Rimbaud pour le style,



Dernière édition par Zadig le Lun 27 Fév - 18:28, édité 11 fois
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Sujet: Re: Zadig ● tu poursuis ta destinée à travers ces emmerdes préfabriquées. Jeu 27 Oct - 17:15

    Bonjour et bienvenue BG.

    Zadig est un WORD.

    alea jacta est

    Bonne continuation pour cette jolie fiche ! o/

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: Zadig ● tu poursuis ta destinée à travers ces emmerdes préfabriquées. Mer 9 Nov - 10:08

    Bonjour, la fiche est-elle toujours en cours ?

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: Zadig ● tu poursuis ta destinée à travers ces emmerdes préfabriquées. Sam 12 Nov - 0:52

    Oui, belle demoiselle ! elle l'est toujours et encore !
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Sujet: Re: Zadig ● tu poursuis ta destinée à travers ces emmerdes préfabriquées. Dim 27 Nov - 21:50

    Bonjour, la fiche est-elle toujours en cours ?

♔ ♔ ♔

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Wammy’s: H / A
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Sujet: Re: Zadig ● tu poursuis ta destinée à travers ces emmerdes préfabriquées. Dim 4 Déc - 11:42

    La fiche est archivée mais peut être débloquée par MP.

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: Zadig ● tu poursuis ta destinée à travers ces emmerdes préfabriquées. Sam 4 Fév - 19:41

Bonjour, bonsoir,

La fiche est-elle toujours en cours ?

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: Zadig ● tu poursuis ta destinée à travers ces emmerdes préfabriquées. Dim 12 Fév - 18:05

Bon je re archive alors.

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: Zadig ● tu poursuis ta destinée à travers ces emmerdes préfabriquées. Lun 27 Fév - 18:26

allez, c'est ( enfin ) fini 8D
( bon la fin est un peu tirée par les cheveux mais boooon. )

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Sujet: Re: Zadig ● tu poursuis ta destinée à travers ces emmerdes préfabriquées. Lun 27 Fév - 23:26

PAS TROP TÔT, SÉRIEUX. FNNFOLESKF

Je n'ai rien de constructif à dire.

Validey petit Neville.

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: Zadig ● tu poursuis ta destinée à travers ces emmerdes préfabriquées.

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Zadig ● tu poursuis ta destinée à travers ces emmerdes préfabriquées.

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