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 Hammer — don't force it, get a bigger hammer.

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Hammer
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Feuille de personnage
Wammy’s: H & A
Double Compte:
Âge: 17 ans /25 ans
Sujet: Hammer — don't force it, get a bigger hammer. Dim 18 Sep - 4:07


JE T'EMMERDE.
.
    PSEUDONYME : Hammer
    NOM : Hayley
    PRÉNOM(S) : Sarajevo
    QI: 196
    DATE DE NAISSANCE : 22.10
    ÂGE : 16 ans
    SEXE : ✔ M ❒ F
    ORIGINE : Anglaise
    ANCIENNETÉ : Deux ans

ET TU COURS COURS COURS.
.
    Couleur des cheveux : brune
    Couleur de la peau : blanche
    Tatouage/Piercing ? : aucuns
Couleur des yeux : bleue
Taille en centimètres : 178
Corpulence: athlétique

TOUT LE MONDE MENT.
.
fort
charismatique
sûr de lui
observateur
persuasif
meneur
    arrogant
    incorrect
    acerbe
    méprisant
    frustré
    caustique

Sarajevo est simple à suivre. Il est aigri à l'extrême, comme peut l'être votre grand-père, vétéran, borgne, cujatte et vieux garçon. Sarajevo n'a que seize ans mais considère déjà que sa vie est finie malgré son intelligence et ses capacités. Désagréable, provocateur et moqueur, il est loin d'être l'ami idéal. Mis à part si vous correspondez à certaines critères : il faut lui tenir tête, ne pas baisser les yeux, se battre et peut-être qu'il mettra la merveilleuse mécanique de son cerveau en branle pour vous accepter comme égal. Et puis il se révèle : sensible mais égoïste, mélancolique mais brutal. Tout est prétexte à bagarre ou mauvaise blague, tout est bon pour le détourner de sa propre douleur de pauvre petite chose mal traitée par la vie.

Hammer n'a que très peur de lien sociaux parce qu'il n'en a jamais eu réellement besoin. Par la passé il avait six "frères", ce qui lui suffisait et gardait donc ses distances avec autrui. Au collège il n'avait pas d'amis, pas de camarade. Ayant toujours eu le sang chaud, les autres l'évitaient, même si ce n'est qu'après l'accident que son agressivité atteint son paroxysme.

Hammer est un pauvre connard. Un connard à qui on pardonne beaucoup parce qu'il est handicapé. Un connard qui en joue.

Hammer ce n'est pas votre ami, même pas votre ennemi. C'est simplement ce garçon qui se fout de votre gueule de temps en temps, un type horripilant qui traîne avec des racailles et des moins que rien. Jamais il ne vous laissera s'approcher pour le découvrir. Il cachera toujours sa vraie nature.

Hammer va bien. Mais Hammer n'est pas heureux.

VASTE DÉFOULOIR, EXTRÊME EXUTOIRE.
.

EXPERT MÉDECINE
FUTUR MÉDECIN LÉGISTE


    Définissez vous en une phrase.
    • Non.


    Vous offrirez quoi à Noël à votre meilleur ennemi ?
    • Les hauts de Hurle-vent.


    Parmi ces livres ci-dessous, lequel serait le plus susceptible d'être votre livre de chevet ?
    • Les 120 journées de Sodome du Marquis de Sade.


    Ce que vous devez impérativement arrêter de dire. Sérieusement.
    • « D'un point de vu biologique... »


    La petite manie dont vous vous passerez bien ?
    • N'avoir aucune notion du temps.


    Il y a forcément quelque chose que vous auriez dû faire depuis longtemps et n'avez toujours pas fait.
    • Faire mes devoirs. Mais je les ai jamais fait, commencer maintenant serait pas judicieux pour ma réputation.


LÈVE TOI ET MARCHE.
.
Le temps ne s'arrête pas. Les battements du coeur ne vont pas jusqu'à occulter le monde. C'est bien dommage, mais pour dire vrai, c'est l'inverse. Tout va trop vite, le corps explose en protestations et souvent une seule pensée tourne en boucle dans l'esprit aliéné : COURS COURS COURS. C'est une fuite en avant et une bataille perdue d'avance. Il y l'obstacle de la chair et des muscles mais surtout ce trou du cul de Oslo qui vous projette du sable à même la tronche. Vous vous retrouvez à crachez vos poumons en deuxième place alors que vous avez fait le meilleur départ.

Et c'est seulement à ce moment là que vous sentez que quelque chose de vrai remue en vous, quand tout s'efface justement parce que vous devez reprendre votre souffle, accroupi comme si vous vous apprêtiez à chier sur la piste. Le sang bat sur votre nuque, la gorge brûle et vos muscles mis au supplice un instant grincent d'aise en se relâchant. C'est la meilleure des dopes, celle qui fait planer le plus loin et prévoit un atterrissage en douceur. Il faut boire maintenant.

Joseph nous intima de nous placer dans nos couloirs respectifs puis engueula consciencieusement Dakar qui avait retiré le haut de sa combi sous prétexte qu'elle le moulait trop et lui donnait un air pédé.

— Vous avez tous des allures de pédé, t'es tout à fait à ta place.

C'était pas faux. Le lycra moulait jusqu'à leurs poils de bite. Même si on leur avait demandé de s'épiler, histoire de gagner quelques secondes, les mecs avaient refusé. Sauf moi, ce qui avait eu un grand succès dans les douches. On était six, j'étais celui qui en voulait le plus. Je pardonnais jamais à celui qui me volait la premier place de l'essai du jour et bien souvent c'était Oslo, le mec énorme, blond, imposant et accueillant comme une porte de prison. On était six. On était comme des frères.

On a tous été abandonné peu après notre naissance, on a grandis dans des familles d'accueil qui voulaient pas vraiment de nous. Ou qui nous ont un peu trop aimé, comme le père de Malta qui venait le voir chaque soir dans son lit. Moi je crois que j'ai toujours été là, déjà là à l'époque de la mère de Joseph et Barney, la fondatrice du centre, avant qu'elle ne meurt à moitié folle et laisse la place à ses fils.

Au début c'était un orphelinat comme les autres. Peut-être plus petit, et même assez minable, cassé entre deux immeubles du centre de Bath. Et puis quand les fils Peterson ont repris le taudis, ils ont décidé de faire des pensionnaires de grands sportifs. Et comme Oslo, Dakar, Malta, Cali, Boston ou moi étions trop cons pour prétendre à un sport d'équipe, ils ont choisi le sport qui demandait le moins de neurones : l'athlétisme. On avait tous entre quatre et sept ans quand on a commencé. Ca nous semblait normal, pas vraiment une vocation mais personne ne pensait à protester. C'était aussi naturel que de couler un bronze : le matin, en semaine, on se levait à cinq heure pour aller jogger, puis on prenait un petit déj' hyperprotéiné et on partait en cours à la middle school de quartier où on restait entre nous.

Alors c'était pas à la veille de mes quatorze ans que j'allais me remettre en cause. Pour moi, la course, c'était tout. C'était ma façon penser, de manger, d'évacuer, de fuir et d'aspirer. Parce que c'était, il me semblait à cette époque, le seul moyen de dégager de ce trou. Je rêvais de gloire, de terre battue, de foule et de médailles. J'ai jamais trop su pourquoi. Un con de psychologue me dirait sûrement, petit, c'est normal, t'as été abandonné alors tu cherches à attirer l'attention. Peut-être. J'en suis pas trop sûr. Ce dont je suis sûr c'est que je hais les psys.

Joseph nous a ramené au bus pour rentrer au centre histoire qu'on prenne une douche. Bon Dieu ce que ce bus pouvait m'évoquer l'enfer. Il y avait dix places. On était six. Et on sentait la mort. Il s'est mis à pleuvoir et j'ai senti une crampe dans ma jambe, ce qui m'a étonné dans la mesure où je buvais tellement que je passais le plus claire de mon temps à pisser. Me suis massé, c'est passé, j'ai oublié.

Barney nous attendait avec une gueule de mec qui a pas chié depuis plus d'une semaine. Pendant un moment on a flippé, on a cru qu'il avait trouvé les revues pornos cachées dans le buffet.

— Bon les merdeux. Y'a un mec qui a appelé.
— Ah ça doit le macro de Sarajevo.
— Ou plutôt le père de Dakar qui propose de l'échanger contre des chameaux.

Barney a même pas sourcillé.

— C'était l'entraîneur de Usain Bolt.

Dakar, qui avait décidé d'étrangler Cali lâcha un "quoi ?" tout à fait à propos et, parce que je m'étais contenté d'adresser un doigt à Boston, lui ai filé un coup de coude bien senti et une réponse :

— Berlin, neuf secondes cinquante-huit, merdeux.

Y'a eu un silence. Le mec avait entraîné Hines quand il était gosse. Et il arrivait demain pour nous entraîner, nous. Bénévolement.

— Z'avez intérêt à être sages, les connards.

Dakar et moi on s'est lancé un regard entendu, les lèvres déformées par le même rictus moqueur. Les trois autres ont ris comme des veaux. Je sais pas si un mec qui est né dans une famille lambda, qui mange chaud trois fois par jour et à qui on offre une console de jeux à chaque Noël peut vraiment comprendre l'émotion qui nous a traversé. Quelqu'un s'intéressait à nous. Peut-être qu'il nous confierait ses plus grands secrets, nous conférant alors une supériorité sur les autres athlètes ou peut-être même adopterait l'un d'entre nous, pour l'entraîner à devenir le nouveau Dieu des JO tout en le couchant dans des draps de satin et en le torchant avec de la soie. On s'est mis à rêver comme des pisseuses du Prince Charmant.

Le soir, alors que Malta ronflait déjà, ma jambe droite à recommencé à m'élancer d'une douleur vive qui s'éteignait puis revenait, comme si mon coeur y avait établi sa résidence de villégiature. Je m'étais fait mal, y'a deux-trois jours, un truc vraiment con, je m'étais pris une poignée de porte. Mais il n'y avait rien, pas de bleu, pas d'écorchure. J'ai laissé tombé mais j'ai eu du mal à m'endormir. Le lendemain, à cinq heure, c'était oublié.

Pendant le jogging on était silencieux, concentrés presque. C'était rare. D'habitude Barney nous laissait courir seuls et on faisait les cons à démolir des boîtes aux lettres ou à lancer les journaux des braves gens à Arès, le chien du gardien du musée. Mais il est venu avec nous et on a couru en silence, on a pu voir le soleil se lever et comme à chaque fois, on se sentait les maîtres du monde.

Mais pour le retour j'ai dû trottiner, ma jambe me faisait souffrir. J'avais l'impression qu'un fil invisible s'y tendait et semblait sur le point de se rompre. Barney avait pas l'air content. Il a dit aux autres de rentrer au centre et m'a fait asseoir sur les marches d'une église méthodiste. Il a commencé à me masser avec cet air concentré, impassible et indéchiffrable qu'il arborait presque toujours, comme tourmenté par des choses au-delà de nos compréhension. Je l'ai laissé faire même si c'était trop gay.

— Tu pourrais pas courir.
— Hein ?

Il m'a regardé droit dans les yeux et a répété avant d'ajouter :

— Tu t'es claqué un muscle. Là.

Il a montré du doigt un hématome tout neuf au milieu de ma cuisse gauche. J'ai touché cette blessure avec répugnance et douleur.

— Je peux bien courir quand même !

J'ai vu son regard. Ce regard que lance un père quand non c'est non.

— Tu peux pas me retirer ça, tu sais très bien ce que ça représente putain, t'es qu'un enfant de salaud si tu me fais ça ! BORDEL DE MERDE JE VIS QUE POUR CA.

Me suis senti con à hurler devant ce type au regard triste, assis sur le parvis d'un lieu de culte, un beau samedi matin. Je me suis senti con quand je me suis rendu compte que j'avais rien d'autre dans ma vie que cinq vrais faux frères, deux vrais faux pères et surtout la course à pied. Je croyais que Barney était comme Nicolas Cage, qu'il n'avait qu'une seule et unique expression en rayon. Pourtant le frère Stevenson m'a regardé comme s'il comprenait. J'ai compris qu'il avait compris. Il a compris que j'avais compris qu'il avait compris. Il m'a mis de la crème à la cortisone et on est rentrés. J'allais courir.

J'ai répété les massages toutes la matinée jusqu'au déjeuner. J'ai commencé mes étirements avant tout le monde, j'ai remis de la crème. Et alors que j'étais en train de me changer dans ma chambre, Oslo est rentré sans frapper.

— Dégage pervers.

Il a pris son habituel air ahuri puis, comme raffermi par une mission divine, il cessa de se dandiner.

— J'ai quelque chose pour toi.

Instinctivement j'ai mis mes bras au-dessus de ma tête. Quand un de nos disait ça c'est que l'autre allait se retrouver à la trappe, c'est à dire sous l'aisselle de l'autre. Mais rien ne vint, Oslo se contenta de rire et de me lancer une boîte en carton, avant de sortir, faisant craquer le plancher.

J'ai pas tout de suite compris ce que c'était. Et puis je me suis mis en colère. Et enfin je me suis fais pitié, à moi aussi. J'ai laissé les anti-douleur sur mon lit défait, sans y toucher.

Mon corps était tout ce que j'avais. Il était le Temple. Je n'avais jamais bu une goutte d'alcool, jamais tiré une taffe de cigarette ou autre. Je ne me masturbais jamais avant les courses, histoire d'être plus agressif. Je mangeais sainement, je dormais dix heures par nuit. Tout tournait autour du sport. Prendre des médicaments me semblait sacrilège mais ce qui me dérangeait le plus était qu'un abruti comme Oslo avait compris que je souffrais assez pour réduire mes chance d'impressionner l'entraîneur. Je ne sais pas trop si je lui en voulais ou lui en était reconnaissant : il avait essayé de m'aider, malheureusement ça ne m'évoquait qu'une pitié mal placée. J'ai lâché un juron parce que j'étais déjà en retard.

On attendait comme de braves petits soldats, en rang, en tenue, la tête haute, nos tuteurs à nos côtés quand le mec est descendu de sa voiture. Même pas une voiture de luxe, on a été déçu. Il était en jean. Seconde déception. Il nous a salué avec le sourire je-suis-proche-des-jeunes.

— Alors les mecs, ça vous botte la course ?!

Malta était au bord de la crise de nerfs à essayer de se retenir de rire, Boston, qui était maintenant dans le dos de l'entraîneur nous adressait des grimaces d'attardés, faisant saillir ses dents et agitant les bras comme un perdu. Joseph le calme d'une claque à l'arrière de la nuque et Malta laissa échapper quelques larmes.

On s'est échauffé avec lui, il nous a expliqué comment améliorer nos foulées, nos appuis, nous départ et surtout nos arrivées. Il disait qu'il fallait se jeter corps et âme droit devant, sans même songer à ralentir, balancer sa carcasse comme si sa vie en dépendait. Quelques secondes, disait-il, font tout. Et puis on a rejoint chacun notre couloir et on a mis en place nos starters. J'avais les mains qui tremblaient. Mais le stress c'est bon pour ce qu'on fait. Au moins ma cuisse ne me faisait plus vraiment souffrir. J'avais juste une sensation sourde comme si elle était entourée d'un bandage trop serré. Alors que je m'accroupissait, le mec est venu vers moi. Il a murmuré, rien que pour moi :

— Tu sais, t'es celui que m'intéresse le plus. T'as vraiment le corps et l'esprit.

J'ai pas répondu et Joseph l'a chassé, préparé le chrono. J'ai pris une grande inspiration, comme si j'essayais de tout aspirer. J'ai bloqué mes poumons, j'ai regardé droit devant moi, ai placé mes pieds sur les starters et ai visualisé la piste. Allez pas trouver une mise en abîme à la con comme quoi la piste qui se déroulait devant moi était la vie qui m'attendait. Je n'y crois pas. c'est juste une putain de piste en terre battue dans un quartier craignos.

Joseph a levé la main, y'a eu le silence habituel, rompu par le grincement de dents de Boston, à ma droite. À vos marques. Vous vous accroupissez. Prêts. Vous tendez les jambes. Partez. Vous partez. Et ça recommence, cette panique vous envahi à nouveau. Une panique quasi enfantine, une vois de crécelle qui hurle : ne me laissez pas derrière ! Je gagne, je suis en tête, Oslo est violacé par l'effort, Boston a abandonné, mes jambes sont libres d'une quelconque barrière. J'ai dépassé la barrière de la chair et des muscles. Il reste quarante mètres et le COURS COURS COURS a laissé place à PUTAIN PUTAIN PUTAIN. Je vais enfin dégager d'ici.

J'ai toujours cette idée en tête, le fait que je vais être intégrer à une école d'athlétique de l'État quand mes genoux s'entrechoquent avant de s'écraser au sol. Je me vois tomber mais je ne comprends pas. Et puis la douleur, la blessure, la mort, qu'on me tue cette jambe, par pitié, enlevez-là moi, je vous en prie.

Il paraît que j'ai hurlé à en faire pleurer nerveusement Cali. On m'a raconté que je roulais sur le dos, plantant mes ongles dans ma cuisse, les yeux exorbités. On m'a parlé de bave aux lèvres, de cris inarticulés et puis, enfin, d'une accalmie. Je ne me souviens de rien. Je me rappelle de l'hôpital, des infirmières qui chassent les autres, du médecin qui tâte, inquiet ma jambe en décomposition partielle. J'ai fait une thrombose veineuse profonde, un infarctus de la jambe en gros. Et comme elle n'a pas été alimentée en sang pendant toute la durée du transport à l'hôpital et de la prise de décision de mes tuteurs, un muscle est mort. Comme ça, en un claquement de doigt, je suis devenu un zombie avec un membre contaminée par une forme de septicémie.

— Sarajevo.

Je ne réponds plus. Je ne dors plus. Je ne mange plus.

— Écoute moi, Sarajevo. Je t'en prie.

La voix de Barney se brise et c'est plus par étonnement que je daigne le regarder. Je croise mon visage dans la glace. J'ai perdu cinq kilos en deux jours, j'ai les yeux creux. On dirait un mourant.

— Je vais signer. Tu ne veux pas perdre ta jambe, n'est-ce pas ? Alors tu dois sacrifier ton muscle. Il est mort de toute façon. Tu pourras marcher, tu pourras...

— ET JE POURRAIS COURIR ? HEIN ?! Évidemment, tout le monde court avec une canne, un putain de nouveau membre à vie hein ! ET JE VAIS FAIRE QUOI APRÈS ?! Me la jouer femme de ménage au centre parce que j'ai plus rien !? DIS-LE MOI !

— Je vais trouver une solution.

Je l'ai regardé comme on contemple un dignitaire nazi en phase d'être jugé pour crime contre l'Humanité. Je n'ai pas répondu. Si Barney voulait se prendre pour Jésus, c'était son problème, pas le mien. Et j'ai décidé de me laisser mourir. Mais un matin, une femme est entrée, à baissé mon taux de morphine, sans écouter mes protestations et m'a emmené. J'étais entouré de cauchemars aux uniformes verts et aux visages anonymes.

— Regarde Sarajevo.

Le monstre à lunettes a tapoté l'écran de l'électrocardiographe.

— C'est ton coeur.

J'allais l'envoyer chier quand on m'a posé un masque sur la tronche. Compte à rebours Sarajevo, bientôt tu sera un incapable.

— Je vous emmerde, crevez.

Et je me suis endormi. Et je me suis réveillé dans un corps qui n'était plus le mien.

Ma jambe me faisait peur. Je refusais de tirer le draps pour contempler le travail de boucher des chirurgiens. Mais je sentais une douleur croissante se nicher à la place de mon muscle disparu, partit pour les incinérateurs de déchets humains. Et puis la rééducation a commencé.

Mes vrais faux frères venaient parfois avec un air gêné, contrit, effrayé. Je les renvoyais. Joseph ne venait plus. Barney, chaque jour. Souvent ma jambe me faisait souffrir et il n'avait pas la permission d'entrer lorsque, pris de rage, j'entreprenais de frapper mes éducateurs avec la canne métallique de vieillard qu'on m'avait refilée. Je devais apprendre à me déplacer sans plus faire confiance à mon corps. Car, même s'il me semblait que ma jambe pouvait supporter mon corps, elle était incapable de m'aider à me déplacer sans que ma claudication ne finisse par me faire tomber.

Je voyais cette canne argentée comme une moquierie constante. Je percevais l'éducateur comme celui qui colportais la nouvelle de mon handicap. Et j'emmerde les infirmières qui me sourient alors que je les envoies chier. Et j'aimerais voir crever chaque membre du groupe de soutien aux nouveaux handicapés avec leurs banderoles à la con. Je voudrais que tout brûle puis renaisse et que ça recommence. Je sais ce que Icare a ressenti en tombant vers le sol. Il n'avait pas peur. il maudissait son père de lui avoir fourni des ailes si limitées, de lui avoir vendu du rêve pour lui reprendre si tôt. De lui avoir fait croire qu'il pourrait être spécial.

Et voilà que je raconte ça comme si c'était du passé. Alors que le passé est lointain, oublié, pardonné. Je n'ai pas l'intention d'oublier. Même maintenant dans cette berline noire avec les deux molosses à l'avant.

Barney est le seul à m'avoir réellement dit au revoir. J'aurais aimé qu'il pleure un peu, histoire d'avoir l'impression d'une fin et pas cette sensation de manque, d'acte manqué même. Pour finir il m'a simplement demandé si je savais pourquoi sa mère m'avait appelé Sarajevo.

— Parce qu'elle avait le sentiment que tout le monde se taperait dessus à cause de moi ?

Il a eu son sourire d'anglais.

— T'es toujours en guerre, Sarajevo.

Et j'ai appris qu'il avait falsifié mes premiers tests de QI pour me garder, j'aime à la croire, auprès de lui. Et j'ai vaguement ressenti ce que ça aurait pu me faire d'avoir un père. Et j'ai eu le souvenir fugitif d'une vieille dame qui me faisait sauter sur ses genoux. Et je me suis souvenu avoir une bonne vieille mère, un jour. Et c'est comme si j'avais perdu un père et une mère, à nouveau.

J'allais rejoindre ma seconde chance. Une chance que je n'avais jamais considérée au vue de mes résultats scolaires dans la moyenne.

Et on roule depuis ce qui me semble des jours, blottis dans ce silence agressif et puis on s'arrête et je manque d'avaler ma langue en découvrant le bâtiment à la gueule de bunker du IIIe Reich. Je sens mes sourcils s'arquer et ma gueule s'ouvrir mais un des mecs en noir se contente de lever la vitre de séparation entre la banquette avant et arrière tandis que son compère sors de la voiture.

Duo de connard. Tu peux être sûr qu'ils se paluchent en matant des films de boules avec des pré pubères. Mon rire résonne bizarrement quand je fais mine de me masturber en le fixant, dans le rétroviseur en arborant une gueule de dégénéré. Dommage que la vite soit pas teinté, hein mec ?

Et alors que je croyais que son pote ouvrait la portière pour me foutre une dérouillé, un mec entre, pépère et s'installe à côté de moi. Renifle. Me regarde. Re renifle et m'ignore.

Toi et moi on va pas être copain.

C'est ce que je me suis répété quand son poing a fait connaissance avec mon nez qui se brisait alors pour la première fois. J'avoue avoir pleurniché, rien qu'un peu, avant de me servir de la canne en alu pour lui défoncer sa sale petite tronche contente d'elle. Après tout, c'était sa faute : je l'avais simplement appelé racaille, ce qu'il était puisqu'il sortait visiblement d'une école militaire. Pauvre merde au crâne rasé.

Et maintenant j'ai un putain de bandage sur le nez qui fait que je me fous de ma propre gueule quand je croise mon stupide reflet. Ce qui est moins drôle c'est que je me suis déjà mis à dos le dirlo. Il m'a fixé de ses yeux ambres. Il a eu l'air plus vieux qu'il ne l'est d'un coup, et m'a dit que l'autre passera en premier dans son bureau. J'ai corrigé, quand il a dit "dans", j'ai dit "sous" et l'autre crétin a fait mine de me boxer encore un peu. Il a arrêté d'évoluer y'a quelque temps celui-là.

J'essaie de fuir, je tourne à en chopper des crampes, cette canne mal réglée me donnant des durillons, son bruit presque sexuelle de succion quand elle couine sur le lino me met hors de moi. Alors quand je trouve enfin une cour, vide, tranquille, trop idyllique alors que je ne rêve que de bâtiments en ruine, elle prend cher. Je lui donne ce qu'elle veut à cette salope. Et chaque coup d'alu contre le muret ne fait qu'empirer les choses et je reprends mon martelage de plus belle, je veux forger une statue en forme de bite géante, graver un fuck dans la pierre, tracer les contours d'un vagin sur le gravier, tout pour simplement retirer ce stupide embout en caoutchouc de cette putain de canne. Je m'entends grogner, presque geindre, peut-être pleurnicher encore un peu, de rage, tandis que la prothèse se tord, se déforme, sans toutefois perdre l'embout en question.

C'est inutile.

Je la laisse tomber, comme je laisse tomber l'idée de devenir un athlète, d'être connu, d'être reconnu. J'ai l'impression de devenir adulte et pourtant de rester un gosse auquel on refuse des jouets. Je tombe, encore, puisque ma troisième jambe de fait défaut mais ni es éraflures, ni les jurons ne parviennent à calmer ce sentiment tenace d'injustice.

Et au-dessus de moi, une fenêtre, un regard ambré, un signe de tête. C'est mon tour.

Je ne re croise pas l'autre con, et étrangement j'en suis presque déçu. Quand j'arrive dans le bureau, aussi richard que je m'y attendais, le dirlo n'a pas bougé d'un pouce. Il me tourne le dos, toujours à la fenêtre. Je m'assois, je n'y ai pas été invité, et pose ma jambe valide sur son bureau. Un seul regard en coin suffit à me faire changer d'avis.

— Vous tests démontrent d'une prédisposition dans les matières scientifiques et logiques. Vous serez placé dans le groupe Expert.

Je me cure le nez avec application, sans vraiment trop y faire attention. Encore un peu et on se croirait à Poudlard.

— À partir d'aujourd'hui vous n'êtes plus personne d'autre que Hammer.

**

Muni d'une nouvelle canne et de mes quelques affaires, on m'a conduit à ma chambre que je partagerai avec un autre mec. Une chambre de deux, compte tenu de mon passé violent. Je savais pas que mon casier m'avait suivi. Après tout c'est mieux comme ça, y'avait une chance sur trois pour que je tombe sur une putain de tarlouze comme camarade de chambrée.

C'est quand je me suis retrouvé à nouveau nez à nez avec la racaille que j'ai compris que ça aurait pu être mieux, en fait. Mais finalement, j'lui ai tendu la main à ce crétin et en même temps on s'est présenté, comme si on s'était reconnus, d'égal à égal, perdu dans un merdier commun.

— Moi c'est Hammer.
— Shark.

On était fait l'un pour l'autre, faut croire.

**

Ici, il n'y a que des pédés et des nymphos. C'est des rumeurs mais elles sont tenaces comme la merde sous vos souliers. Je n'ai plus d'avenir défini autre que le destin de finir médecin généraliste ou spécialisé ou médecin légiste pour le compte d'un reccueil à tarés. Bon et bien, laissons un souvenir impérissable sur le mur des chiottes de la vie. Ou encore une bonne grosse bite velue sur la façade de l'école.



PUIS TOMBE.
.
    SURNOM(S) : Prout
    DATE DE NAISSANCE : 20.12.90
    ÂGE : 20 ans
    SEXE : ❒ M ✔ F
    AVATAR : Random
    DÉCOUVERTE DU FORUM : Il y a longtemps.
    EST-CE VOTRE PREMIER FORUM RP ? Non.


Dernière édition par Hammer le Dim 20 Nov - 22:03, édité 2 fois
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Sujet: l Dim 18 Sep - 9:50

Rebienvenue, mademoiselle 8D
(j'ai envie de chanter "can't touch this" tududuudu~)

Alors ton personnage s'avère être un expert ♥

Alea Jacta Est

♔ ♔ ♔


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Âge: 17 & 25 ans
Sujet: Re: Hammer — don't force it, get a bigger hammer. Lun 12 Déc - 13:45

    Merci, merci !

    Je confirme que cette fiche est toujours en cours d'écriture.

♔ ♔ ♔

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Wammy’s: H / A
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Âge: 17 & 25 ans
Sujet: Re: Hammer — don't force it, get a bigger hammer. Ven 16 Déc - 0:58

    Fiche terminée. Désolée pour le temps de création et merci encore à Hanni pour les codes de la fiche. <3

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: Hammer — don't force it, get a bigger hammer. Ven 16 Déc - 16:19

Bienvenue sur WH belle inconnue, vous habitez chez vos parents ?

Euh je. J'aime en fait. C'est beau, c'est réaliste, Hammer pète la classe, bref.

ET TU VOIS J'AIME TELLEMENT QUE EUH. J'AIMERAI LIRE PLUS SUR HAMMER, SUR SON CARACTÈRE PAR EXEMPLE. D'8

Et du coup pour l'avatar tu gardes Tyki ? :3


♔ ♔ ♔

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Wammy’s: H / A
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Âge: 17 & 25 ans
Sujet: Re: Hammer — don't force it, get a bigger hammer. Ven 16 Déc - 18:21

Je rallonge le cara ? et oui je pense garder Tekki et remettre en vente les bg de HP.

♔ ♔ ♔

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Wammy’s: House
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Sujet: Re: Hammer — don't force it, get a bigger hammer. Ven 16 Déc - 18:32

Oui plz :3

J'approuve pour les BG.

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: Hammer — don't force it, get a bigger hammer. Sam 17 Déc - 23:09

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Hammer — don't force it, get a bigger hammer.

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