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 Hollywood — it's a horror show come on round.

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Invité
Sujet: Hollywood — it's a horror show come on round. Mar 19 Juil - 23:51


Razorblade

PSEUDONYME : Hollywood.
NOM : Egillsdóttir.
PRÉNOMS : Hannah Alìs.
QI : 196
DATE DE NAISSANCE : 3 novembre.
ÂGE : 15 ans.
SEXE : F.
ORIGINE : Islandaise.



Evening Sun
peau : blanche.
cheveux : noirs.
tatouage/piercing : aucun.
yeux : noirs.
taille : 1m60.
corpulence : trop ronde.
Killing Lies
qualités & défauts :
« ... allez tous vous faire foutre. »



Heart in a Cage


Hollywood est insignifiante. Elle est juste une ombre, un grain de poussière, une partie d'un rien. Elle n'est pas une athlète, pas une esthète, pas une artiste, pas une intellectuelle, pas une fille jolie ni une fille gentille, pas une fille intéressante ni avec des revendications.
C'est une ombre au tableau, une silhouette floue en arrière plan, l'ébauche d'une débauche ratée, une esquisse effacée déchirée. Elle est constante, ennuyeuse, désespérante. Elle n'a pas d'avenir, pas de projets. Elle reste assise sur les marches de l'escalier, on lui passe devant. C'est juste une fille assez moche, plutôt grosse, banale à mourir de ses cheveux ternes à ses yeux sans couleur, à sa peau sans odeur, à son regard vide, à son air boudeur ou simplement blasée. C'est une fille dont on se dit qu'à défaut d'un physique facile, elle doit être gentille. Mais elle ne l'est pas. On lui parle et on la trouve juste morne, sans conversation, si tant est qu'elle répond. Alors on se dit qu'elle est dépressive et on la traite d'emo, on se moque un peu. Et puis elle vous regarde à côté, de travers, les yeux pas fixés et elle s'en va.
Elle ne s'aime pas.

Elle ne s'aime pas. Elle ne sait pas. Elle n'aime pas les miroirs, l'eau qui reflète, tout ces trucs à la con. Elle est mal à l'aise, elle est mal formée, pas habituée. Pas besoin d'expliquer tout ça, c'est connu.
Elle ne vous aime pas. Elle est mal adaptée, elle n'arrive pas, elle s'en veut un peu, puis elle abandonne.
On ne lui a pas vraiment appris la vie.
Elle n'a pas vraiment de sentiments, Hollywood, c'est peut-être clinique, peut-être que ça se soigne. Elle ne connait que la rancœur, et puis la rage, la colère, toutes ces choses qui vous consumment. Et puis l'ennui.
Mais quand elle vous voit, vous ne lui disez rien.

Mais qui se préoccupe de ça.
Hollywood n'existe pas. Il faudrait pour cela qu'elle pose sa marque dans le monde, qu'elle s'implique, mais elle n'en a jamais eu le courage ni la capacité. Ni l'envie. Elle glisse, Hannah, elle passe comme une pensée passive, elle disparaît dans les méandres des mémoires. Elle se coule dans le moule jusqu'à y disparaître, et elle ne se sent jamais mieux que quand elle ne se sent plus, quand elle pourrait tout aussi bien s'évaporer, quand rien ne la rattache au sol. Elle est grise, Hannah, de la tête au pied, de son regard transparent où se perdent des vieux nuages jusqu'à ses cheveux longs et pleins de poussière, elle est grise et maladive, pas crédible, déséquilibrée sur les bords.
Personne ne connait Hannah, dans l'orphelinat. Il y en a bien qui connaissent Hollywood et qui se foutent de sa gueule, à l'occasion, il y en a d'autres qui vivent en collision permanente avec son univers. Il y en a qui disent qu'elle se cache, la gamine, d'autre qui pense qu'elle porte le deuil, qu'elle a du chagrin. Mais ce n'est pas vrai. Elle n'a rien.

Hollywood, parfois, elle vous regarde, et quand ses pupilles papillonnent sur vous sans jamais vous toucher, fixant un point que nul n'atteint jamais, on se dit qu'elle n'a pas toute sa tête.
Peut-être qu'elle est un peu lente.
Hollywood, parfois, elle sent obligée d'écraser de sa maigre force le peu qu'elle a le pouvoir de dominer. Insectes en tout genre, animaux à moitié morts. C'est glauque, ce penchant étrange et nauséabond.
Peut-être qu'elle est un peu méchante.
Hollywood, parfois, elle se parle toute seule. Elle regarde passer les heures en attendant la sienne. Elle s'imagine de sombre desseins qui ne valent rien, des désirs de pacotille.
Peut-être qu'elle est sur la mauvaise pente.

Elle semble se contenter si bien de sa petite existence si monotone, dans son antichambre mortuaire toute préparée. Mais il lui arrive fréquement de perdre pied.
Parce qu'Hannah, elle est un peu démente, il faut l'avouer.
De temps à autre elle envoie tout se barrer, elle repeint sa chambre aux couleurs d'un chaos soigneusement préparé, elle défonce les portes ouvertes, casse du verre dans les couloirs, emmêle tout ce qui se peut et perd tous ses moyens. C'est psychotique, c'est paralytique.

C'est qu'elle est sans doute cinglée.
Elle ne rêve pourtant que d'absolu. Elle rêve d'accidents de voitures, de grands incendies, d'ouragans, de tsunamis, de broyeurs à morosité, d'ébranlements de routine, elle rêve de grands feux de joies, de cigarette dans de l'essence, d'apocalypse, de milliers de morceaux, de crimes et de sacrilèges, de sang, de torrents, de malédictions et surtout de cris, et de brûlures, et d'agonie, d'asphyxie et de morts violentes qui agiteraient ses songes.

Elle est morte, Holly. Au lit de ses désirs trop peu chrétiens, de Dieu qui ne lui parle plus depuis longtemps. Elle git dans un grand cercueil d'occasion, dans des draps sales qui ont déjà servi – peut-être pour une grand-mère, ou pour un fils modèle. Elle est noyée dans une bassine d'acide. Elle flotte dans les eaux sombres où avancent ses démons.

Elle est un peu sauvage, pas assez humanisée.
Elle est de passage. Elle reste sur le bas coté de l'autoroute, éternellement, sans jamais demander quoi que ce soit, sans jamais s'imposer vraiment. Elle a choisi de ne pas choisir, de constamment se diluer dans la rétine des autres.
Alors, en définitive, que fait-elle ?
Elle s'assied, elle regarde le mur. Elle écoute la pluie tomber.
Et au fond ?
Elle attend que raisonnent enfin les hurlement de la démesure.




Fear of Sleep

Définissez vous en une phrase.
  1. Non.
  2. Dans un souci d'objectivité, je pense qu'il faudrait poser la question à mes amis...
  3. Anthropologiquement parlant ou bien ?
  4. Sérieusement, t'as pas quelque chose d'autre à faire que me demander ça ?
  5. Je suis un.
Vous offrirez quoi à Noël à votre meilleur ennemi ?
  1. Une bataille navale.
  2. Les hauts de Hurle-vent.
  3. Le DVD d'Ed Wood par Tim Burton.
  4. Un poisson rouge.
  5. Une corde.
Parmi ces livres ci-dessous, lequel serait le plus susceptible d'être votre livre de chevet ?
  1. Finnegans Wake de James Joyce.
  2. H2G2 : The Hitchhiker's Guide to the Galaxy de Douglas Adams.
  3. Totem et Tabou de Sigmund Freud.
  4. Harry Potter de J.K Rowling.
  5. Les 120 journées de Sodome du Marquis de Sade.
Ce que vous devez impérativement arrêter de dire. Sérieusement.
  1. « Le si n'aime pas le ré pour la centième fois ! »
  2. « Ton niveau s'élève à la dérivée d'une constante. »
  3. « Plus vite ! Hé que ça saute ! Allez ! Merde ! »
  4. « D'un point de vu biologique... »
  5. « Je comprends ce que tu ressens... »
La petite manie dont vous vous passerez bien ?
  1. Câliner tout le monde.
  2. N'avoir aucune notion du temps.
  3. Faire des private jokes.
  4. Accro au high five.
  5. Caser des citations partout.
Il y a forcément quelque chose que vous auriez dû faire depuis longtemps et n'avez toujours pas fait.
  1. Faire mes devoirs. Mais je les ai jamais fait, commencer maintenant serait pas judicieux pour ma réputation.
  2. M'excuser au près de la personne que j'ai insulté il y a trois semaine. Peut-être. On verra.
  3. Quelque chose que je dois faire ? Euh. Non non, j'ai fini ma classification, ma maquette de l'ADN, tout est bon. Non ?
  4. Ranger ma chambre si je trouve un jour le temps.
  5. Lécher les bottes du professeur pour m'accorder un délai supplémentaire si j'ai pas la flemme.






You only live once


La fille du cannibale a une vie un peu spéciale.
Elle collectionne les globules blancs, qu'elle a coulés dans du ciment.


Je me rappelle du premier oiseau mort.
Il avait fait sa demeure dans le grand marronnier au dehors de la cuisine. Je le voyais parfois bouger dans les feuilles affreuses de l'arbre. Je le regardais sans intérêt, apathique, comme une grenouille à moitié demeurée. Il s'était un jour élancé et avait fait plusieurs cercles en désordre dans l'air de cette fin d'après-midi gelée. Puis, par la fatalité atroce, la même qui l'avait fait naitre oiseau, gros et difforme, il avait foncé droit dans la barrière de la cour, et avait violemment heurté le bois.
Il y eut un bruit sourd et grotesque, et il tomba.
Je demeurais immobile, dans la pièce carrelée d'un blanc de vieux laboratoire, usé et délavé ; la main encore en l'air, tenant un quelconque objet témoin de ce que je faisais avant de m'attarder à la contemplation de l'animal. Un immense silence régnait, percé par quelques bruits lointains de la campagne. J'avais la tête tournée vers la baie vitrée sale, immobilisée. Je ne sentais la douleur de mon cou qui s'engourdissait que de très loin. C'était un arrêt sur image ; aujourd'hui encore, je suis distraite très facilement.
Puis, dans cette atmosphère étrange, propre aux documentaires animaliers ou aux films noirs un tant soit peu esthétiques, j'amorçais un mouvement. Gauche, je perçais cette couche insonore qui portait encore le deuil du volatile. À pas peu précautionneux, je marchais jusqu'à lui et me penchais.
Après un moment de perplexité où je ne sus que faire, je lui touchais le buste. Sous les plumes rugueuse, je sentais quelque chose d'étrange. C'était d'une texture indéfinissable, ni liquide ni solide ; ce n'était ni chaud ni froid, plutôt entre les deux. Je m'interrogeais l'espace d'un instant, et regardais le ciel blanc gris, opaque.
Mais déjà je savais que la chose avait été identifiée dans mon esprit méticuleux et instable. C'était ce qu'inconsciemment peut-être j'avais toujours cherché à connaître, à comprendre. Ce que je voulais car étrange et pernicieux, insoluble et lointain. C'était absurde et monstrueux, et jamais jusqu'à présent je n'avais posé le doigt dessus. C'était ce court moment de vie qui survient après la mort.

Si vous vous amusiez, pour le bien de la science, ou que sais-je, à dresser la liste de mes compagnons à quatre pattes, vous seriez sans doute face à de curieux résultats. — Il vous faudra auparavant, bien sûr, vous accorder sur une définition du terme allant plus loin que l'animal de compagnie au sens classique qu'on lui donne. — Vous auriez, sur cette liste, un nombre d'espèces assez variées, allant de la grenouille au chat errant, passant par des foules d'insectes, et des oiseaux, bien évidemment. Il y aurait un ou deux chiens, des lézards peut-être. Je vous entends déjà vous demander si je n'aurais pas habilement caché depuis toujours un amour immodéré des bêtes en tout genre. 
Je ne sais pas.
Je pense que les autres gens les préfèrent vivants.

J'avais l'habitude de ramasser, à compter de mon expérience avec le pigeon, tous les petits animaux morts que je trouvais sur mon chemin. Au début il ne s'agissait que d'un délire fantasque, d'une gamine comme une autre. Des petites chrysalides, des mues d'insectes, un pauvre lézard écrasé sur le bord du sentier. Je les prenais dans mes mains, et certains tombaient en chemin, mais je continuais avec ceux que je gardais entre les paumes. Je les emmenais de l'autre côté du jardin, très loin dans le champ abandonné, jusqu'aux buissons rejoints les uns aux autres. Je leur avais construit une petite maison dans le sable, tracé les fondations, des petits carrés pour chacun. Je les disposais ainsi, dans leurs petits enclos, dans leurs petits tombeaux. Je les regardais alors, tous étalés et je prenais du recul.
Je m'asseyais dans la terre, puis je m'allongeais. Je sentais avec force l'atmosphère lourde de l'extérieur, la gravité du ciel. Je pensais avoir le souffle coupé. C'était épouvantable, mais je restais là, à moitié enterrée avec mes morts.
J'ai toujours eu du mal à respirer.

Je me rappelle les paysages d'Islande. C'était le gris qui s'étalait dans le ciel où je n'avais jamais vu de soleil, un ciel gris comme un buvard, et un sol marron hideux, et la campagne qui n'en est jamais une. Je n'aime pas l'Islande. C'est une île froide, désertique, dépeuplée, dépressive. Je déteste cette endroit. Je déteste la pluie, la neige, et la nuit surtout, la nuit qui dure des jours, et la journée, qui ne dure même pas deux heures en hiver. Je hais ce pays plus que tout autre chose. Pourtant je ne peux pas m'empêcher de le trouver sublime.
J'habitais en face d'un champ de lave. Notre maison se tenait toute seule en plein milieu de nulle part. Il fallait faire des kilomètres jusqu'aux habitations les plus proches. Il y avait un semblant de forêt et une sorte de rivière qui y passait. Et il y avait cet immense vide de roche qui s'étendait et s'étendait et s'étendait. C'était affreux, c'était à se flinguer.
Mais qu'est-ce que c'était beau.
J'habitais en face d'un champ de lave.

Je me rappelle de mon père.
Je me rappelle ne jamais être allée à l'école.
Je me rappelle avoir appris toute seule au moyen de livres ayant appartenus à la femme de mon père, morte quelque mois après ma naissance.
Je me rappelle ne pas avoir eu de mère. Juste des photos sur la cheminée.

Je me rappelle des moments.
Je me rappelle les soir de printemps. Je me rappelle les questions que je lui posais.
« Est-ce que je suis laide ? »
Je regardais la nuit tomber, dans l'herbe humide et l'air froid, la campagne à l'horizon s'étalant sous mon œil ensommeillé mais pourtant en éveil.
« Non, » disait-il. Son ton était celui de l'évidence, un peu silencieux, étonné. Il avait fait une pause imperceptible qui l'embarrassa. « Tu parles très bien pour ton âge, et tu sais résoudre des équations. »
Le bruit rauque de sa voix aux consonances nordiques sonnait comme le chant d'un merle. C'était misérablement et ridiculement beau pour ce que c'était, ce son articulé dans le soir glacé, cette présence qui était la sienne et dont je ressentais de manière étrange et déplacée le besoin.

Je me rappelle des moments. Je me rappelle des visages.
Je ne peux pas y mettre des noms et je ne chercherais pas à le faire. Je n'établirais pas de chronologie. Je ne ferais que dire en vrac tout ce que j'ai vu, écouté, avalé, attrapé, tout ce qui me reste dans le creux de ma mémoire.
C'est peu.

Mais surtout, je me rappelle de cet instant où je courrais sous le ciel gris, qui semblait éternellement couvrir un orage, et où je m'arrêtais soudainement.
C'était alors la tombée de la nuit.
Je voyais au loin si je me retournais, l'image de la maison, un point blanc lointain au milieu d'un vide.
J'avance de quelques pas, et l'atmosphère est épaisse comme des milliers d'années de mauvaise humeur, et de mélancolie.
Et pourtant, il y a quelque chose qui me réconforte, de savoir que je suis là, dans cet endroit si désespérant, où le froid dure des mois et la nuit dure des jours, où les pierres sont aussi malheureuses que moi.
Je marche encore un peu.
Et, tandis que j'avance, la pluie tombe enfin. Je l'attendais. Les gouttes coulent petit à petit, et le tonnerre gronde. Mais cela ne dure pas, cela me raffraichit juste ce qu'il faut.
Je m'arrête. Longtemps.
J'ai regardé la nuit engloutir tout, tandis que les lumières que mon père allumait des fenêtres de la maison sont les seules taches dans l'obscurité. Mais je ne me retourne pas.
J'avance, en sachant qu'il va m'appeler en criant, et que je vais devoir revenir et parcourir des mètres et des mètres au retour.
Il fait noir. Je distingue à peine les buissons de l'orée du bois, où je suis.
Je ne bouge plus. Je suis trempée. J'écoute.
Les longs murmures de la pluie frappent les feuilles des arbres régulièrement. J'ai froid, un froid léger et agréable. Je frissonne un peu.
C'est à ce moment que je sais que ce que je voudrais, c'est hurler un grand cri de soulagement, et une fois pour toute, être libérée.
Je ne m'en sens pas capable. Je reste timidement immobile.
Je sens autour de moi la forêt qui vit, le champ de lave, la terre des volcans qui s'anime, les animaux lointains, le ciel et les étoiles, et toutes ces choses avec lesquelles on ne peut que se sentir en ami, et brusquement je me sens atrocement émue.
Je ne dis rien.
Quelques instants plus tard, pour taire l'inquiétude de mon père que je devine, j'entamerais le chemin du retour.
Mais je reste là encore, dans le noir, imprégnée de toute chose autour de moi. Je n'ai pas peur de la nuit ni de ses sortilèges. Je les ai bien connus depuis longtemps.
Et comme une voix dans le lointain, je sens une présence, indicible, d'une puissance inimaginable, derrière tout ça. Elle est dans le buisson, elle est dans la pluie, dans les bêtes nocturnes, dans le ciel d'encre et même peut-être en moi. Je ne sais pas ce qu'elle dit. Le plus important est de connaître son existence.
J'ai toujours cru que cette voix était Dieu.

La fille du cannibale a mis du beurre dans sa téfal,
Elle découpe des morceaux de viande qu'elle lui prépare comme une offrande.


« Mon ange, mes larmes. Ma petite poupée de sable aux yeux d'argile. Faudra pas mourir avant moi, faudra pas partir avant ton papa, comme ta maman qui n'est plus là. Faudra rester à mes côtés parce que je n'ai plus rien d'autre pour vivre. Faudra m'aider, me faire aller mieux même si tu peux pas, vérifier si je me cogne pas la tête en me mordant les doigts. Pleure pas trop si je te crie dessus, ça ne ré-arrivera pas. Ma princesse. J'ai pour toi l'amour le plus incommensurable. Je t'ai faite et pourtant tu es née toute seule. Je ne comprendrais jamais comment mes mains ont pu te sculpter. Je ne veux pas te voir aller aux endroits étrangers, je sais que personne ne te voudra autant de bien que moi. Reste encore à la maison. Avec ton vieux père qui n'aime que toi. »

J'ai tout été pour mon père, j'ai été moi et j'ai même été ma mère. J'ai été élevée pour être son jour et sa nuit, son tout et sa vie. J'ai fait la femme et la fille en ratant les deux. J'ai pas tenté ma chance aux jeux dangereux, j'ai écouté ses conseils plus ou moins avisés. Je l'ai laissé me parler quand plus personne ne croyait en lui. J'avais ce respect qu'on m'avait toujours appris, qu'il m'avait toujours appris. J'ai grandi en prenant chacun de ses mots pour parole d'évangile. J'ai jamais contesté. Encore aujourd'hui, quand je pense aux années passées, je vois mon père et je ne suis pas capable de lui en vouloir pour quoi que ce soit. Comme s'il n'avait jamais eu le choix.
Et puis, comme si moi, j'avais pu faire autrement.

Moi je me suis jamais sentie utile pour personne, à part mon père. J'étais son garde-fou, son repère, son phare dans l'obscurité. C'est à ça que je servais. La nuit quand il avait ses crises, il venait me regarder dormir. Je faisait comme s'il ne m'avais pas réveillée avec ses pas lourds. J'attendais que son cœur se calme, et qu'il aille se recoucher. Je faisais la muse endormie. J'étais son chef d'œuvre, son tableau le plus accompli, la chose dont il était le plus fier. C'était mon but, mon apothéose, la seule raison pour laquelle j'étais là. Je n'ai jamais remis ça en cause. Jamais. Ça vit toujours quelque part en moi.

Ma vie c'était la maison. La maison c'était ma vie. J'allais pas à l'école. Je n'allais pas à la ville. On avait un étage, avec nos deux chambres et la salle de bain, et un rez-de-chaussé avec une cuisine, un living-room et une salle à manger. Il avait sa pièce rien qu'à lui au sous-sol. Je regardais jamais ce qu'il faisait. Il peignait, principalement, et puis il passait du temps sur l'ordinateur. Peintre, c'était son métier, mais bien sûr il devait faire des petits boulots. Moi aussi j'aurais pu travailler parfois, pour les vieilles dames du coin, nourrir leurs chats, faire un peu de ménage, leur tenir compagnie. Il aimait pas trop ça. Mais après tout moi non plus. Je n'aimais pas trop les gens. Lui, il aimait pas que je sorte, ça le dérangeait. Il avait peur pour moi, tout le temps.

Je ne me rappelle pas avoir un jour senti son amour comme un fardeau ou une plaie. Il ne m'a jamais, dans les faits, traitée de manière déplacée. Car ce n'était pas de l'amour, en vérité, plutôt comme une espèce d'addiction à un médicament. J'était la peluche d'un enfant qui aurait peur du noir.
Mon père avait très très peur du noir.

Ma vie était morne au possible, vous dirais-je. Ce n'était pas entièrement vrai.
J'avais une étrange existence.

En onze ans, j'ai dû ne jamais quitter la maison, en incluant le champ de lave, la forêt et la rivière. Mon père se faisait tout livrer, et voilà.
Je me levais tout le temps à la même heure, même l'hiver où le jour était illuminé deux heures seulement, même l'été où la nuit était blanche. Je me débrouillais si j'avais faim, j'étais libre. Tous les soirs, je mangeais d'une pizza décongelée avec amour par mon père, qui me mettait devant la télé avec autant d'affection. S'il était de bonne humeur, il mangeait avec moi. Sinon, il allait sur son ordinateur.
Le reste de mes journées n'était qu'un vaste terrain vague. Soit j'errais dans la maison en noir et blanc, soit j'errais dans les champs teints en sépia.
Pour comprendre ce que je vivais, il faudrait enregistrer le son d'un après-midi pluvieux et le repasser en boucle, des jours et des jours durant.
Même moi, j'en avais mal au coeur, à la longue.

Je ne collectionais pas que les animaux morts. J'avais des caisses remplies de billes grises, de livres, de bouts de verre, des papiers blancs déchirés. Et puis des journeaux, des coupures de presse découpées et perdues, éparses. J'en avais rejoint certains dans un classeur. Il s'agissait en grande partie de pages sur la vie de stars de cinéma, et plus précisément sur leurs morts. Je ne sais pas pourquoi je les collectionnais. Peut-être que ce monde était si lointain et si éloigné de moi qu'il m'attirait irrésistiblement. Peut-être n'était-ce encore que mon comportement morbide. Je l'ai dit ; je ne sais pas.
Marilyn Monroe, overdose - probablement assassinée, ou ayant volontairement mis fin à ses jours. Peg Entwistle, s'étant pendue du grand H sur la célèbre colline hollywoodienne. Dorothy Stratten, abattue et défigurée par son mari jaloux. Lana Clarkson, assassinée de manière peut-être accidentelle. Rebecca Schaeffer, tuée par un fan fou qui considérait qu'il fallait en finir avant qu'elle ne devienne rien d'autre qu'une de ces « putes d'Hollywood ». Elizabeth Short, connue sous le nom de Black Dahlia, retrouvée dans un parc sauvagement et atrocement mutilée par un meurtrier non identifié. Laurie Bird, se défenestrant - triste présage auguré par son nom - suite à une overdose de valium ; elle se trouvait être dépressive. Clara Blandick, met fin à ses jours en avalant trop de pilules pour dormir, et en s'enserrant la tête sous un sac en plastique. L'album lui même doit encore se trouver dans mon ancienne chambre, si la maison n'a pas été rachetée. Sur la couverture, en lettres maladroites et effacées était écrit HOLLYWOOD SUICIDES, MURDERS, FAMOUS & MYSTERIOUS DEATHS.
Peut-être, dans mon optique de découvertes sur la mort, était-il primordial de savoir que les gens beaux et riches mourraient aussi, et qu'ils n'étaient pas tous heureux.

Quand il pleuvait trop pour sortir, je m'entrainais à l'apnée dans ma baignoire. Je m'immergeais le plus longtemps possible, jusqu'à ce moment où mon corps dicté par l'instinct de survie, refuserait de me laisser agir et me sortirais de l'eau de force. Je me retrouvais haletante, et plus rien n'avait le même air. Je ne me sentais plus moi-même pendant quelques secondes. C'était un exercice comme une autre pour passer le temps.
J'avais pour autre occupation découvert un jour l'usage du téléphone. Mon père n'aurait pas voulu que je l'utilise, aussi le faisais-je quand il était absent. Je m'asseyais à côté du poste, ouvrait l'annuaire et composait au hasard. Souvent, le numéro était occupé, ou cela sonnait dans le vide. Mais ce que je préfèrais, c'était quand on déccrochait. Je me taisais et j'écoutais le « allo ? allo ? » d'une voix étrangère. Pas celle de mon père, non, une autre.
Si je tendais l'oreille j'arrivais à entendre parfois le bruit d'une salle à mqnger, d'une famille, d'un dîner. C'était à la fois curieux et merveilleux. Puis on raccrochait, faute de réponse. Je rayais ensuite méthodiquement le numéro de l'annuaire, pour ne rapeller jamais la même personne. Après, je restais longtemps immobile à rêver à ces gens, à ces gens qui n'habitaient pas la maison, à ce à quoi leur vie devait ressembler, aux familles, aux enfants, à la ville, à l'école et à toutes ces choses qui ne voulaient rien dire, mais dont je comprenais vaguement le principe. J'étais une enfant intelligente. Mon père m'a toujours trouvée géniale parce que je savais résoudre des équations sans avoir été à l'école.

Mais le plus souvent je me contentais de m'allonger sur le sol, et de ne plus bouger. J'écoutais les bruits de la maison, mon père qui pianotait à la cave, les mouches qui se promenaient, le bruit du réfrigérateur, la tuyauterie usée et jamais vérifiée, et le vent qui soufflait dehors.
La vérité, c'est que je faisais toujours ce rêve où je me retrouvais statufiée, et où la poussière me recouvrait, les araignées bâtissaient leurs toiles sur moi, et où je restais là si longtemps que les murs tombaient et le lierre poussait jusque sur mon corps, et j'étais devenue de marbre, si bien qu'on ne pouvait pas me déloger.
Je rêvais de ne pas quitter la maison.
Je me taisais et je faisais semblant d'être morte.

La fille du cannibale a des soirées un peu brutales...
On dirait de la chasse à courre, elle n'a jamais connu l'amour.


C'est arrivé un jour comme un autre.
L'instant d'avant j'allais bien, et tout à coup mon cœur a battu beaucoup plus fort, et je n'ai pas su pourquoi.
Mon père était entré dans la cuisine où j'étais assise une tasse vide à la main. Il avait l'air bizarre, et je n'ai pas compris. Sans rien dire et le fixant avec calme, je le vis se saisir du téléphone et y baragouiner d'incompréhensibles mots.
Ce n'est que quand il se mit à agiter les mains dans tous les sens que j'y vis les prémices d'une crise. Silencieusement je me posais à ses côtés et tentais de l'empêcher de s'arracher les yeux. Mais ce n'était pas comme d'habitude, et quand je suis revenue de l'étagère à pharmacie, il gisait à terre les paupières ouvertes. La porte s'ouvrit et l'une des rares dames du village à être jamais venue chez nous entra. Elle mit ses mains sur sa bouche et composa les numéros des secours.
Je me rapelle de ça. Je m'en rappelle comme d'un film muet. Je vois les actes sans le son, sans l'urgence et la vitesse du moment ; comme si j'avais été anesthésiée. L'ambulance est arrivée, et ils se sont précipités vers mon père. J'étais à l'extérieur.
Je n'ai pas su quoi faire.
Je n'ai rien fait.
Je suis partie en courrant.

J'ai couru plus vite que jamais. Sur le coup je ne sentais plus rien, ni l'horrible douleur de mes pieds qui frappaient le sol dur, ni mon sang de gamine qui me battait les tempes, ni mes cheveux sales qui me cachaient la vue, ni mes ongles que j'enfonçais sans m'en rendre compte dans ma peau. Juste un atroce hurlement qui venait de l'intérieur, de mon ventre vide, de mes organes en pierre meurtrissante, de mon cerveau en pleine ébullition. Je ne voulais pas me retourner. J'avais en moi la naissance d'un premier chagrin, d'un premier crime passionel, d'une première maladie grave qui me consumerait jusqu'à la fin de mon existence. Je voulais continuer à courrir, jusqu'à me dissoudre dans l'atmosphère. Je voulais tuer, je voulais saccager, je voulais brûler des villes entières et noyer tout cela dans une immense mare de ma propre immondice. Je voulais donner un sens à tout cela ; je voulais étouffer la raison et tordre la réalité pour assouvir mes sombres désirs. Je vivais pour la première fois la réalité des pulsions sauvages et meurtrières que j'abritais depuis lors, habilement cachées sous un gout morbide pour des choses déprimantes. C'était comme un monstre que j'aurais invité à ma table de dinette, avec lequel j'aurais joué aux poupées, pour le laisser s'infiltrer comme un virus dans les moindres tissus de mon organisme. C'était une apocalypse à ma propre échelle. C'était la poussière dont j'étais faite qui soudainement prenait feu.

J'avais envie de loger une balle entre les deux yeux de tous les pandas qui n'étaient pas foutus de baiser pour sauver leur espèce. J'avais envie d'ouvrir les vannes de dégazage de tous les pétroliers et de polluer toutes ces plages Françaises que je ne verrai jamais. J'avais envie de tout salir d'une fumée bien noire.


J'ai couru, parcourru tout le champ de lave, dépassé les endroits que je connaissais. Je suis entrée dans la forêt, et je suis allée plus profond que jamais ; et une fois cela fait, je suis allée plus profond encore. Je me suis laissée écorcher par les ronces et les orties, mes cheveux se sont remplis de feuilles, et des branches ont marqué mon visage de traces de bagarre, et je ne savais pas où j'allais mais j'ai continué. Et puis dans une inévitable clairière j'ai vu l'eau qui coulait avec violence, et c'était si fort que je n'ai rien pu dire. Alors j'ai avancé à tâtons. L'eau me fouettait le visage tandis que je me baissais... J'entendais les rares oiseaux siffler autour de moi. Envahie de la plus grande exaltation vécue alors que je n'ai jamais ressenti depuis, je ne voyais déjà plus rien. Et quand ma tête y entra mon corps quitta le sol et la gravité même ne me retint plus. Le torrent me pris furieusement avec lui pour qu'enfin je ne sente plus rien, plus de colère, plus de douleur. Un silence amnésique et idéal.
Et je suis morte.

J'avais envie de détruire quelque chose de beau.


Si tu crois que c'est facile de faire face
et de faire disparaître les traces...


Et on m'a repêchée.
On m'a tirée du fleuve, les vêtements lourds d'eau, moi lourde de moi-même, et le lit de la rivière qui ne voulait pas qu'on m'emmène, qui cherchait à me retenir, en son sein si pur et si froid, mortel à petite dose. On m'a entourée de serviettes chauffantes, on m'a frotté les os de peur qu'ils ne se brisent, et on a guetté la pulsation salvatrice de mon cœur.

Et puis je me suis réveillée.
Et j'ai ouvert les yeux dans le grand lit blanc, et je suis restée muette, et je me suis levée, j'ai demandé mon père d'une voix sans timbre, et puis on m'a dit de me calmer, de me recoucher, et je ne voulais pas, et je me suis battue un peu, comme une sourde, et j'ai abandonné, et je me suis redressée dans mes draps, les cheveux en batailles, les joues rouges, les pupilles humides et la gorge affreusement nouée, je ne sais pas pourquoi, et j'ai regardé par la fenêtre, j'ai guetté un signe, et je suis restée là complètement retournée, toute la journée sans rien boire ni manger, j'ai tant attendu, je l'ai tant attendu que mes yeux ont mouillé tout mon visage, et j'ai tant espéré qu'il vienne, je l'ai tant souhaité, j'ai tant cru qu'il allait venir, surgir, qu'on allait me dire où il était mais il n'est pas venu, et le lendemain non plus, et je n'ai rien voulu entendre, les mots des autres ont giclé sur ma tête et rebondi dans l'autre sens, et j'ai répété « papa papa papa, papa papa papa » jusqu'à ce que mes lèvres gercent, et j'ai hurlé alors que je n'avais jamais hurlé avant, mes poumons m'en ont fait mal, et j'ai crié en vain, et j'ai dit qu'il avait besoin de moi qu'il avait besoin d'Hannah sa fille chérie et qu'il avait besoin de ses médicaments et qu'il ne les prendrait pas si je n'étais pas là, et j'ai parlé sans souffle jusqu'à ce que ma bouche soit sèche, et je l'ai tant attendu, je l'ai tant attendu je l'ai tant attendu mais il n'est jamais venu.
Et plus rien ne sera jamais comme avant.

Et si le sourire est de mise, c'est pas pour elle qu'elle l'utilise ;
Derrière la mort elle se déguise – sous ses yeux se cachent des valises.


— Je ne peux pas t'en vouloir. Jamais. Je ne peux pas.

Sous ses paupières closes, je devinais un certain soulagement. Il était comme endormi paisiblement. Je savais pourtant qu'il m'écoutait.
Je me redressais sur ma chaise, droite et raide.

— Tu sais, je t'ai beaucoup pleuré. Ils disent qu'on sera séparés pour toujours mais je ne les crois pas. Pourquoi ? Est-ce qu'ils pensent que tu ne viendras pas me chercher ? Je sais qu'où que tu sois, tu viendras me voir. Je le sais.

Je me penchais sur lui et aggripait sa main.

— Je t'en prie, ne me laisse pas. Je ne peux pas aller avec tous ces gens ; ici ils ne font que parler mais ils ne comprennent pas. Ils disent que c'était mal de se cacher de tout, mais c'est faux. Il ne peuvent pas savoir comme on était bien tout seuls. S'il-te-plait, reviens à la maison, comme avant, en sécurité tous les deux, on n'a pas besoin de beaucoup de chose d'autre. S'il-te-plait. Reste.

Devant son silence, je me repris. Plusieurs minutes passèrent sans qu'aucun mot ne fusse échangé. Puis doucement je continuais.

— Je ne peux pas t'en vouloir, papa. Jamais. Il n'y a pas de moi sans toi, sans toi je ne sers à rien, je ne suis qu'une coquille vide et je n'aurais plus rien n'à faire que compter les jours jusqu'à ma mort.

Je me rapprochais de son oreille pour y murmurer.

— Je serais seule et malheureuse. Regarde ce que tu m'as fait. Je ne peux pas devenir normale. C'est trop dur. Tu sais, je t'ai beaucoup pleuré.

J'essuyais mes yeux avec ma manche.

— Je t'ai attendu, tu sais. Je t'ai tant attendu... Je t'ai tant attendu... Je t'ai tant attendu.

Je me répétais une dernière fois, la gorge sèche.

— Je t'ai vraiment beaucoup pleuré.

Je me rassis en entendant des pas.

— Il va falloir l'emmener, dit une voix derrière moi.

Je me levais et regardais trois hommes fermer le cerceuil et le transporter hors de la pièce. Je les suivis à l'extérieur, montais dans la voiture sous le ciel gris. Il faisait sombre comme avant le plus long hiver à venir. C'était salement beau.

J'entrais dans la nef derrière le corps. Il y avait beaucoup de gens qui l'avaient connu, mais aucun d'entre eux n'avaient dû avoir de contacts avec lui depuis plus de treize ans. Je ne reconnaissais aucun visage. J'entendis le sermon commencer tandis que je me tenais statiquement debout. Le prêtre parlait encore et encore et seuls quelques mots me furent adressés.

— Il nous fut emporté par une crise violente. Il laisse derrière lui une fille, une famille et des amis éplorés.

Mais je n'écoutais déjà plus. J'avais levé la tête vers les vitraux de la cathédrale, et j'observais une lueur lointaine qui avait capté mon regard. Je sentais gronder en moi comme un chant religieux, un chœur de martyrs chantant dans mon corps, et je ressentis une immense bouffée de terreur et d'excitation qui ne faisait qu'accroitre au rythme inégal de ma respiration. C'était la fin. Fini la maison et papa et moi. Tout s'en allait. Il semblait qu'à chaque souffle que je prenais, je devenais peu à peu quelqu'un d'autre, et que tous les morceaux d'Hannah s'envolaient vers le ciel. Et pour la première et dernière fois depuis ce fameux soir, j'entendis comme une voix au lointain m'appeller, indécise, indistincte. C'était affreusement beau et terriblement triste. Et puis cela s'éteignit aussi aussi.
Je n'ai pas perdu que mon père. Ce soir là, Dieu est mort également.

C'est ici que commence ma fin du monde.

Il arrive qu'elle invite des hommes ; mais ce n'est pas elle qui les consomme.
Si tu crois que c'est facile de faire face, et de se regarder dans la glace...


— ...Vous comprenez, elle n'a jamais été rencensée ou déclarée. Elle n'est sur aucun document
officiel. C'est comme si elle n'existait pas. Il semblerait même qu'elle ait été consignée à la maternitée sous un nom matronymique. Hannah Egillsdòttir est inconnue de l'État.
— Ils ne sortaient jamais, disent les voisins - si on peut appeler ça des voisins, leur maison était loin de tout. D'ailleurs, presque personne ne savait qu'il avait une fille. On doit avoir deux dames qui disent l'avoir déjà vue.
— C'était un fou.
— La perte de sa femme a dû sacrément l'endommager.
— Il était dangereux.
— Plus pour lui même. Il avait de fréquentes crises d'épillepsie. C'était complètement irresponsable de faire tout reposer sur sa fille de douze ans.
— Comment va-t-elle ?
— Comme elle peut.

— Nous allons prendre le parti de croire que tu n'es pas folle. Tu as de quoi être perturbée, certes. Mais tu es sans doute également très intelligente.
— Je suis folle, murmurais-je.
Prostrée sur le divan, les jambes relevées, mes bras les serrant un peu trop fort, mes grands yeux creux fixaient un mur de l'autre côté du mur. Je voulais voir plus loin que la pierre, je cherchais peut-être un échapatoire.
— Tu as un QI extraordinairement élevé selon les tests. Plus de 190. C'est très bien pour toi, tu vas avoir un endroit où aller.
Alors c'était pour ça, les équations.
Juste un chiffre de plus. C'est drôle. Mon père était fier pour peu de choses.
— Je suis folle, répétais-je. Je cherche des choses qui n'existent pas. J'attends des gens qui n'arrivent pas. Je collectionne les morts des autres en rêvant à la mienne. Je ne pleure pas, je ne crie pas, je voudrais mais je n'arrive pas. Je cherche des raisons, mais il n'y en a plus.
— Tout ira bien, me dit doucement le psychiatre. Tu es sous le choc. Tu as vécu ostracisée pendant beaucoup trop longtemps.
Il ouvrit un dossier et me lança un air compatissant.
J'avais l'impression d'être déjà loin. C'était un peu irréel, cet hôpital, comme un endroit entre deux mondes. Je ne savais pas où j'allais. Je ne me rappelais déjà plus beaucoup d'où je venais.
— On sait où tu peux aller, Hannah. Il te faut juste un pseudonyme.
C'étais comme si j'étais partie depuis des années de la maison. Je ne revoyais plus rien, ni les alentours, ni l'intérieur, tout semblait s'effacer ; comme les lettres de l'album où je conservais des coupures de journaux, quel était l'inscription ?...
— Hollywood suicides, soufflais-je.
Il eut un petit blanc, puis-il griffona quelque chose.
— Très bien, dit-il laconiquement. Hollywood.
Je me retournais vers la fenêtre et essayais de distinguer où était la direction de la maison. C'était fou comme tout s'était enchaîné vite. Je n'avais plus de père, plus de domicile, et plus de nom. Hannah était morte et j'avais un espèce de vide de plus en plus grandissant dans la poitrine, comme si j'allais m'évanouir au moindre moment.
— Il n'y a pas de raisons, répetais-je hébétée. Il n'y en a jamais eu.



***



Maintenant, je vis avec des gens.
Il y en a beaucoup. Comme à la télévision.
Je n'arrive pas à les distinguer. Je passe entre eux sans les voir ; je suis comme un trou noir qui avalerait les étoile sur son chemin. Parfois j'entre en contact avec des comètes. Mais les autres ne sont que des poussières que je vois sans comprendre.
Je n'arrive pas à ressentir des sentiments pour la plupart des humains de ma connaissance. Premier signe de la psychopathie primaire. J'ai les émotions, certes ; mais les sentiments, je n'y arrive pas.
J'essaye, mais je n'y arrive pas.

Ça fera trois ans bientôt que j'ai quitté la maison.
Je marche dans la foule et j'essaye de me perdre, d'être une poussière et d'y disparaître. Je dois croiser des milliers de visages, souvent les mêmes, mais je n'en remarque aucun.
J'ai beau chercher mon père dedans, je ne le trouve pas. Je sais pourtant qu'il est quelque part. Tant que je me rapelle de lui, de son amour, de sa protection, il est là ; tant que je respire, tant que j'avance, tant que je vis tant bien que mal, je ne sais qu'on ne peut pas me l'enlever. Il est en moi ; comme les fleurs, les oiseaux, les Marilyn Monroe mortes d'overdose, les champs de lave et l'air froid de la nuit ; il est en chaque chose qui font le monde, dans la pluie, dans le vent, dans l'eau de la rivière où je suis morte un soir, dans la voix lointaine que j'entends encore un peu, comme cette fois où dans le noir Dieu a existé un instant. Tant que je me souviens. Tant que j'ai encore une mémoire dans le peu qu'il me reste.
Je sais que je suis folle, je sais aussi qu'il n'est pas bon de vivre avec les morts. Mais si tous les vivants restent entre eux, ils se sentiront seuls, non ? Je ne peux pas laisser mon père tout seul ; je sais qu'il aura peur, et je ne sais pas s'il a ses médicaments là où il est. Je dois les lui apporter. C'est le peu d'humanité dont je puisse faire preuve.

Je m'appelais Hannah Egillsdòttir. J'habitais en Islande. J'avais un père.
On m'appelle Hollywood à présent.
Maintenant je ne suis plus rien qu'un bout d'humanité anonyme et pourrissante.





Red Light
SURNOM : Lulalula~
DATE DE NAISSANCE : un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaitre. ( genre ! même pas. )
ÂGE : kinzan làa fleùre de laâge lol mdr.
SEXE : princesse hihihi /out
AVATAR : anarchy stocking, panty & stocking with garterbelt. (j'avoue que j'exagère - on a qu'à dire qu'elle est pas grosse et moche en avatar)
DECOUVERTE DU FORUM : par une collègue en faisant le trottoir.
NOTE SUR 20 : c'est pas mal, mais y a pas beaucoup de clients ce soir.

Oh et pardonnez moi de vous imposer cette dark kikoo emo useless, je vous promets que les deux personnages seront actif ;;


Dernière édition par Hollywood le Mer 3 Aoû - 19:07, édité 2 fois
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Invité
Sujet: Re: Hollywood — it's a horror show come on round. Mer 20 Juil - 0:01

    Ce Cyanide est un bon gars XDDD je suis morte.
    Ah tiens ça faisait tellement Lula ça va ? 8D
    Hollywood est RIDDLE sois heureuse.
    Lancer de dé effectué. :3
    (rebienvenuuue)
    (bonne continuatioooon)
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Wammy’s: H / A
Double Compte:
Âge: 17 & 25 ans
Sujet: Re: Hollywood — it's a horror show come on round. Ven 29 Juil - 13:19

    Bonjour o/ La fiche est-elle toujours en cours ?

♔ ♔ ♔

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Invité
Sujet: Re: Hollywood — it's a horror show come on round. Mer 3 Aoû - 21:28

Elle est finie, même !

C'est très emo et décousu pardon pardon.
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Feuille de personnage
Wammy’s: H / A
Double Compte:
Âge: 17 & 25 ans
Sujet: Re: Hollywood — it's a horror show come on round. Jeu 4 Aoû - 17:06

C'est l'une des meilleures fiches que j'ai lu de ma vie. Ma médiocrité m'a sauté au visage, du coup.

Validée.

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: Hollywood — it's a horror show come on round.

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Hollywood — it's a horror show come on round.

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