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 Gimme Gimme Gimme a man after midnight } Pv Arpy

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End
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Sujet: Gimme Gimme Gimme a man after midnight } Pv Arpy Ven 22 Avr - 17:36

    RESERVE TA JOURNEE DEMAIN, GROS ! J'ai BESOIN de toi ! Urgence, Endy-chou.

    Un sms d 'Arpy, contact orné d'un petit coeur, contact avec qui il devait bien avoir une centaine d'sms, contact qu'il considérait comme une de ses meilleures amies. Au début End ne savait pas du tout à quoi s'attendre. Oh, après une seconde de réflexion le fait qu'Arpège voulait sûrement sortir en boite, ce qui n'aurait pas été étonnant de la part de la jeune fille. Ouais, elle voulait sûrement sortir, prendre un verre, se tirer un coup puis rentrer à Wammy's House complètement défoncée. Oui, ça se serait passé ainsi. Ils auraient passé une demi heure à poils dans leurs chambres à chercher la meilleure tenue, et quand ce serait fait les deux compères auraient fait le mur, faisant attention à ne pas croiser de surveillant dans les couloirs, puis ils auraient marché jusqu'à Winchester, riant aux éclats, contents de leur soirée. Puis peut être qu'ils auraient trouvé une boite sympa où trainer. End aurait regardé Arpège qui se serait trouvé une proie intéressante, elle l'aurait emmené dans les toilettes où les murs n'auraient pas résisté à la sulfureuse brunette. Puis, bien bourrés, ils seraient rentré à WH et se seraient fait engueuler.

    Oui, ça aurait du se passer comme ça. C'était comme ça qu'imaginait la soirée que End allait passer cette nuit là. Il répondit au sms. Demandant à son amie dans quelle boîte ils iraient.... Et la réponse le laissa pantois.

    Il pleuvait. End regardait le ciel. Il était gris, presque noir. Pourtant la journée n'était pas si avancée que ça. Enfin, il devait bien être 17h... les cours étaient finis. Et End après avoir jeté son sac dans sa chambre s'était rué dehors. Il respira un grand coup, l'air frais lui faisait du bien, et la pluie le rafraichissait. Il sortit son portable de sa poche et envoya un sms à Arpège.

    «J'suis en bas. »

    End cligna des yeux, et passa sa manche sur son visage humide. Il se retourna. Deux orphelins étaient en train de courir, pour aller s'abriter à l'entrée de Wammy's House. Puis il aperçu un prof qui l'observait de loin. End attendait le chauffeur du taxi qui allait les conduire Arpège et lui à l'hôpital.

    A l'hôpital, vous avez bien entendu.

    Arpège avait une sorte d'infection. Aux ovaires il paraît. Et elle devait aller rapidement se faire opérer. Elle avait demandé à End de l'accompagner. Ce n'était pas à une fête qu'ils iraient ce soir là, mais bien à l'hôpital. End n'avait pas hésité une seconde et avait dit oui. Elle avait besoin de soutien, et il se montrerait présent, il se montrerait là. Et c'est pourquoi il attendait Arpège sous la pluie, un taxi privé devait venir les prendre, payé par Moriarty attention. Après tout, même si le directeur avait des airs bourrus il faisait attention à ce que ses orphelins ne s'abiment pas trop. Il en allait de même pour Arpy, tous les frais seraient payés par Wammy's House, elle n'aurait pas à s'en faire de ce côté là.

    End frissonna, il faisait plutôt froid. Et il attendait. Il attendait.


HJ- Pas très long >.< je me rattraperai

♔ ♔ ♔



Dernière édition par End le Jeu 5 Mai - 18:16, édité 1 fois
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Arpège
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Sujet: Re: Gimme Gimme Gimme a man after midnight } Pv Arpy Ven 22 Avr - 19:03

    Arpège n’avait jamais eu besoin de personne. Jamais. C’était une débrouillarde. Déjà petite, elle s’enfermait dans sa roulotte, au cirque, et apprenait la guitare seule. Et de surcroit, elle ne demandait jamais d’aide. Disons qu’elle avait trop de fierté pour cela. Elle voulait montrer qu’elle pouvait tout faire toute seule. C’était aussi ce qui constituait une partie de sa réputation, enfin, en quelque sorte. Pour elle, c’était se rabaisser que de demander à quelqu’un un réel service, ou encore montrer qu’elle avait besoin de quelqu’un pour quoi que ce fut.
    C’est pourquoi dans le SMS qu’elle envoya à End ce jour-là, elle mit le mot « besoin » en majuscule. Car c’était important, et plus que ça, même. Pourquoi End ? C’était simple. Il était son meilleur ami, ou du moins, un de ceux qui comptaient le plus pour elle. Bien qu’elle ne fût pas une grande émotive, il fallait bien le reconnaître. Ils avaient un lien assez fort, comme un frère et une sœur. C’était sans compter qu’ils avaient une foule de point communs, et le fait qu’ils aient été amants enlevait entre eux la moindre forme de pudeur ou de gêne. Et puis, il y avait tout de même une raison bien précise. La raison pour laquelle elle lui avait demandé de réserver sa journée était secrète, intime, frustrante, troublante, gênante, déchirante. Oui, elle aurait pu demander à Disaster, mais elle couchait trop fréquemment avec lui pour qu’il sache son secret. Oui, elle aurait pu demander à Maschera, mais il n’était pas le genre d’amis avec qui on partage ce genre de choses. Oui, elle aurait pu demander à Lux, mais le fait de révéler cela à une fille la dérangeait encore plus que le dire à un homme.

    C’était tout bête, pour ne pas dire tout con. Elle était incapable de produire un ovule sain. En d’autres termes, elle n’ovulait pas. Vous me direz que cela était étonnant, pour la petite nymphomane qu’elle était, de ne pas recevoir les hormones mensuelles. On aurait pu penser qu’elle recevait son immense désir sexuel de cette période de prérègle. Non, sa libido était tout simplement naturellement élevée. Oui, vous avez bien compris, elle n’avait pas ses règles. A vrai dire, ses ovaires ne lui servaient absolument à rien. Et par conséquent, elle ne pouvait enfanter.
    Comment le vivait la mélomane ? Mal. Terriblement mal, même. C’était une douleur profondément ancrée en elle, qui la torturait un peu plus chaque jour. Cette espèce de ménopause prématurée lui pourrissait la vie. Et c’était une des raisons pour lesquelles elle se donnait aussi facilement. Quelque part, cette non-ovulation lui donnait le sentiment qu’une partie de sa féminité n’existait pas, et de ce fait, peu lui importait d’avoir une image de salope. Elle n’était pas une vraie femme. Elle ne serait jamais une mère. Jamais une femme. Jamais une mère. Ces deux phrases tournaient en boucle dans sa tête comme un vieux disque rayé, l’anéantissant à chaque répétition.
    Le pépin actuel ? La jolie brune s’en contre fichait. Le médecin scolaire lui avait tout simplement dit qu’on allait lui retirer les ovaires, soit en passant par le nombril, ou tout simplement le vagin. Quelque part, c’était un soulagement : elle n’aurait pas de cicatrice abîmant son joli corps de jeune femme au crépuscule de son adolescence. Elle n’était pas très curieuse sur ses problèmes de santé, elle ne se souciait que des conséquences. Elle avait tout de même cru comprendre que c’était une sorte d’infection, ou quelque chose comme cela.

    Arpège regardait par la fenêtre, la pluie venant s’abattre sur les carreaux. Quelle sale journée. Son téléphone vibra, sur son lit. C’était End qui lui indiquait être en bas. Elle souffla un bon coup. Elle avait ce sentiment étrange que l’on ressent lors de son premier rendez-vous avec un garçon, une espèce de nausée, un mal de ventre insoutenable. Elle avait brièvement expliquée le problème à son ami par SMS. Elle n’était pas certaine de supporter son regard sur elle en descendant. Peu importait, il fallait qu’elle y aille.
    Arpy quitta la vue d’ensemble de la Wammy’s House qu’elle avait de la fenêtre et s’empara d’une veste que Monroe lui avait cousu. Avant de sortir, elle s’alluma une cigarette, et savoura la première taffe, les yeux fermés. Sûrement se ferait-elle tuer, car elle ne devait pas fumer à l’intérieur. Mais, eh, elle allait se faire couper les ovaires, ils n’avaient rien à lui dire les pions. Elle referma la porte derrière elle et marcha dans les couloirs, les élèves la regardant de travers. C’était horrible, cette impression que tout le monde était au courant, cette paranoïa. Arpège termina sa clope en arrivant dehors, et jeta le mégot par terre. Elle sera dans la poche de sa veste son paquet de cigarettes et avança vers End, situé de dos.

    « Eh ma gueule ! Bien ou bien ? T’as vu ça, on a chauffeur, c’trop la classe. »

    Un sourire léger flottait sur ses lèvres, un sourire qui sonnait faux. Faux, tout comme son air joyeux. Elle se forçait à ne pas paraître gênée et monta dans la voiture qui venait tout juste d’arriver. Arpège était tellement stressée qu’elle se mangeait nerveusement l’intérieur de la bouche, tordant les lèvres, le regard tourné vers la fenêtre. Elle regardait le défilé des paysages. Elle n’osait pas parler. C’était nouveau pour elle, de se sentir gênée comme cela. Elle n’ouvrit pas la bouche du trajet, qui n’était pas si long. La seule chose qu’elle dit fut en arrivant à l’hôpital, et cela n’avait aucune importance.

    « Des barres, à l’hosto ils pensent que t’es mon frère, parce qu’on est enregistré sous l’même nom. T’sais c’que c’est ? Arpège et End Wammy’s ! Trop stylé, nan ? »

    Mais, même elle, ne ricana pas, comme elle faisait habituellement. Arpège sortit de la voiture et regarda l’édifice qui semblait se dresser devant elle comme un géant. Jamais elle n’aurait la force de rentrer à l’intérieur, c’était trop pour elle. Elle tourna vers End les yeux les plus tristes du monde et tordit la bouche.

[Mais nan, c'est très bien :3 Moi c'est pas top, mais j'ai répondu dès que j'ai vu ta réponse. Te sens pas obligée de répondre aussi vite, j'ai juste eu un élan \o/]
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End
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Sujet: Re: Gimme Gimme Gimme a man after midnight } Pv Arpy Jeu 5 Mai - 14:20



    End ne savait pas où se mettre. C'est vrai, bien qu'il connaisse par cœur les corps féminins mis à nu l'intérieur de ceux ci restait pour lui un grand mystère. A ce qu'il avait compris Arpège n'avait plus ses règles, Arpège ne pouvait pas enfanter et il fallait lui retirer les ovaires. D'après ce qu'il avait comprit. Il ne savait rien de comment Arpège le vivait. Il ne savait pas quelles étaient ses souffrances, le fait de ne plus se sentir femme, le fait de savoir qu'elle n'aurait jamais d'enfant, à moins d'adopter... C'étaient des souffrances cachées dans l'ombre, des souffrances auxquelles Arpège ne voulaient sûrement pas livrer, même à ses proches amis. Alors lui, End, un mec, un mec un peu trop viril qui n'avait retenu qu'une seule chose des règles : c'est que la fille pourra pas baiser pendant une semaine. Il n'avait pas ce problème en étant gay et c'était très bien comme ça. Bref, End, un mec en plus, avec une queue, sans vagin. C'était un mystère. Il se posait bien des questions : est ce que c'était douloureux ? Comment sa petite Arpy le vivait ? Se sentait-elle triste, anxieuse ?

    Mais non, Arpège ne montrait rien. Elle restait repliée sur elle même. Elle avait beau être une fille extravertie il y avait toute cette ombre à laquelle End ne pouvait pas accéder. Il voulait l'aider, il voulait comprendre. Mais il n'osait pas lui poser directement les questions. Peut-être que ça la gênerait trop, peut-être poserait-il des questions idiotes, peut-être serait-il à côté de la plaque, peut-être qu'Arpège se moquerait de lui, parce qu'il était un mec et que les mecs ne pouvaient pas comprendre ce genre de chose. Après tout, il était gay, lui non plus ne pourrait pas avoir d'enfant, c'était pareil. Mais peut-être, sûrement, dans le cas d'Arpège c'était beaucoup plus complexe et douloureux. Mais alors, pourquoi l'avait-elle appelé ? Lui, et pas quelqu'un d'autre ? Elle aurait pu appeler Lux... quoique, plus délicat tu trouves pas. Oui, elle l'avait appelé, lui, et pas un autre.
    Et c'est pourquoi End était encore plus gêné. Il devait être un homme, il devait servir de protecteur, de confident et de mec de mec qui rassure quoi merde. Il devait faire quelque chose, agir, peut-être la prendre dans ses bras, mais merde, agis End !

    Le brun attendait sous la pluie. Quand enfin il entendit des pas derrière lui, il se retourna, c'était Arpège. Bien sûr, qui allait sortir par ce temps là je vous le demande. Bref, elle était là, sa jolie Arpy, elle lui semblait si fragile à présent, il avait l'impression que la moindre remarque de sa part allait la briser. Alors il esquissa juste un sourire gêné. Ses cheveux étaient mouillés, les gouttes coulaient de son visage, sa veste en cuir noir supportait bien la pluie, il avait les mains dans les poches. La voiture arriva pile au moment où Arpège s'arrêta devant lui. Le chauffeur leur fit un signe de la tête, leur demanda si c'était pour eux deux ou si d'autres allaient arriver.

    « Eh ma gueule ! Bien ou bien ? T’as vu ça, on a chauffeur, c’trop la classe. »

    « Tu m'étonnes, ils ont vraiment de l'argent à dépenser dans cet orphelinat de fous. »

    « Après toi ma puce. »


    Il la laissa passer. La sentant stressée. Enfin la voiture démarra et ils partirent. Un silence de mort. Le bruit de la respiration saccadée d'Arpège. Encore le silence, que du silence. Le chaffeur leur posa quelques vagues questions comme s'ils faisaient semblant de s'intéresser. Après tout les orphelins n'avaient pas le droit de livrer des informations à qui que ça soit. C'était bien chiant parfois. Mais bon. La brune regardait le paysage défiler, et ainsi en fit End. Il avait toujours cet air stone, comme s'il était toujours indifférent, mais c'était bien loin de la réalité.

    Enfin le supplice se termina, ils arrivèrent à l'hôpital et descendirent de la voiture, laissant le chauffeur se garer ailleurs.

    « Des barres, à l’hosto ils pensent que t’es mon frère, parce qu’on est enregistré sous l’même nom. T’sais c’que c’est ? Arpège et End Wammy’s ! Trop stylé, nan ? »

    « Haha, ils sont vraiment près à tout. »


    End regardait l'immense hôpital, étudiait de près le paysage.

    « Tu sais je... »


    Il se tourna vers elle. Et s'arrêta. Elle le regardait, elle le regardait avec des grands yeux apeurés. Juste tristes. End entrouvrit la bouche en voyant ce spectacle, il n'avait jamais vu Arpège avec cette expression là. Alors il bégaya.

    « Arpège... tu... »

    Il referma la bouche, ses sourcils bougèrent un peu, puis il prit le visage d'Arpège dans ses mains en la regardant.

    « Je suis là, tout va bien se passer, mon Arpège. »


    Un baiser sur le front. Des petites tapes sur les joues.

    « Tu sais j'ai pas tout compris, mais... il faut que tu y ailles. C'est vital pour ta santé. Je vais t'aider à franchir cette épreuve. »


    Il retire ses mains, la prend par l'épaule et l'aide à se diriger vers l'hôpital.

    Qui ressemblait maintenant à un monstre.

♔ ♔ ♔

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Arpège
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Sujet: Re: Gimme Gimme Gimme a man after midnight } Pv Arpy Mer 18 Mai - 18:47


    Ce fut à cet instant précis qu'Arpège eut une révélation. LA révélation. Oh, elle le savait depuis bien longtemps, et c'était une des raisons pour laquelle elle était ce qu'elle était. Mais tout de même, elle réalisa réellement ce qu'elle n'avait pas aperçu nettement depuis toutes ces années. Et aussi bizarre cela puisse-t-il être, la jeune musicienne eut un petit sourire en coin. Ce qu'elle remarqua ? Que la vie était sale. Oui, une petite chienne rancunière qui se vengeait dont on ne savait de quels maux, mais qui y allait à fond. Une gamine malaimée qui voulait attirer l'attention sur elle en lançant par poignées pleines des kilos de merde fraîche aux visages de tout le monde. Une pute mal baisée, une salope en manque, une grand-mère malsaine et vicieuse. Et toutes ces images se mélangeant dans la tête d'Arpège furent à l'origine de ce petit sourire, même si elle avait la nausée rien que d'y penser. Quoi qu'une certaine fierté l'envahissait. C'était une réelle découverte, puisque personne ne le l'enseignait aux enfants. Ces derniers avaient juste à grandir et à découvrir d'eux-mêmes ce qu'il en était vraiment. Pour Arpège, c'était aujourd'hui. Quoi qu'il en soit, le petit sourire disparut aussi rapidement qu'il était apparu.

    La seconde d'après, End s'empara de son visage, le calant entre ses deux grandes mains. Oui, il était là, oui tout allait bien se passer, oui il fallait qu'elle y aille, oui c'était vital pour sa santé. Les mots du brun ténébreux résonnaient dans son crâne comme un écho infatigable. Dans les yeux d'Arpège, on pouvait lire une lueur d'incompréhension, comme dans ceux d'un chaton égaré à qui l'on fait une déclaration d'amour. Son regard fouillait celui de son ami, tandis que sa bouche restait entrouverte. Il fallait bien le dire, elle était littéralement assommée par ce qui lui arrivait. Le cauchemar devait prendre fin, ici, maintenant. Malheureusement, le baiser qu'End déposa sur son front lui rappela que rien de tout cela n'était faux. Elle se tourna vers l'immense hôpital, s'empara d'une des mains du jeune homme, et la serrant de toutes ses forces, apeurées. Qu'aurait-elle fait sans lui ? Sûrement ne serait-elle même pas montée dans la voiture la menant jusqu'ici. Non, c'était même une certitude. Quelque part, il lui donnait la force d'avancer, et ça aussi, c'était une découverte. Elle réalisa que les amis n'étaient pas là que pour le sexe, ou encore pour la déconnade. Un ami, c'était cette force, ce courage apporté par quelqu'un d'autre, une béquille efficace, une baguette magique. Et dire qu'elle ne le découvrait qu'aujourd'hui, qu'elle était dépendante des autres, quelque part. Horreur. Mais pas aussi horrible que ce lieu qui hantait ses pires cauchemars. Elle souffla un bon coup en tordant la bouche. Elle hésitait à s'allumer une autre cigarette, mais cela n'aurait fait que retarder le supplice, et elle sentait la force l'envahir, elle n'allait tout de même pas la repousser.

    « Allez, mec. Et, hmm. Merci, vraiment. »

    Premier pas. Qui lui sembla un kilomètre, d'ailleurs. Voilà, le plus dur était fait. Quoique..
    Elle soupira, ne lâchant pas pour autant la main de End, et se dirigea vers l’accueil. Elle donna son faux nom, du moins celui sous lequel elle était enregistrée, à une espèce d’infirmière sûrement meilleure au lit que dans son métier. Enfin, Arpy n’était pas d’humeur à penser au sexe, aussi mignonne l’hôtesse put-elle être. On la dirigea vers une chambre, puis on lui demanda de se laver intégralement avec un savon désinfectant avant de se glisser entièrement nue sous une espèce de robe tout à fait hideuse, avec des fleurs imprimées dessus. Elle grimaça en voyant le vêtement, mais ne dit pas un mot, et ne remercia même pas l’infirmière lorsqu’elle laissa les deux adolescents dans la chambre. Arpège s’écroula sur le lit, regardant le plafond, et entraînant son ami près d’elle en le tirant par la main. La situation ne pouvait être plus gênante. Et pourtant, la petite nymphomane se leva, et retira le moindre de ses vêtements, afin de prendre sa douche. Elle n’avait strictement aucune pudeur, c’était bien connu. Et de toute façon, End l’avait déjà vu en tenue d’Eve, alors à quoi bon faire une histoire pour qu’il détourne le regard. C’était sans compter que, mis à part que son corps n’était plus couvert, elle se mettait à nue, sentimentalement parlant. C’était quelque chose qu’elle avait enterré en elle depuis longtemps, et voilà que le passé faisait à nouveau surface.
    Avant de rentrer dans la cabine de douche que possédait la chambre, Arpège fit à son ami une petite blague qu’elle jugea sûrement être drôle. Une de ses blagues plus que vulgaires mais qui faisaient tout son côté sauvage et frivole. Evidemment, une blague crue et portée sur le cul.

    « Désolée, Endou, j’aurai bien baisé ‘vec toi, mais on m’a d’mandé d’être a jeun d’en bas avant l’opération. »

    Mais pas un sourire ne naquit sur le visage de la brunette, ce dernier étant simplement empli d’une tristesse franche. Le masque tombait peu à peu. Elle détourna le regard et fit couler l’eau, s’étant faufilée dans la cabine de douche. Le savon marron coulait sur son corps comme du sang sur un cadavre chaud. Elle se sentait déjà à moitié morte, et ne s’imaginait pas que dans peu de temps, elle serait sur le billard en train de se faire découper les ovaires. Cette image lui venant à l’esprit, Arpège poussa un petit cri de désespoir et enfouit son visage dans ses mains. De grosse larmes commencèrent à couler sur son visage aux traits sauvages.


Désolée pour la niaiserie des discours sur l'amitié et le retard ._.
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End
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Sujet: Re: Gimme Gimme Gimme a man after midnight } Pv Arpy Jeu 19 Mai - 13:55



    Arpège serrait la main d'End. Et les doigts de celui-ci caressaient la peau douce de la jeune fille. End n'avait jamais remarqué à quel point les mains d'Arpège étaient douces. Il ne lui avait pas souvent serré la main en fait. Juste caressé un peu partout, embrassé, enlacer. Finalement il n'y avait jamais eu de gêne entre eux, ils pensaient se connaître par coeur, sur le bout des doigts, ils pensaient qu'il n'y aurait pas d'embarras entre deux adolescents qui auraient couché ensemble. Et End pensait tout connaître d'Arpège. Mais il se trompait lourdement, à présent il se sentait comme … en trop, dans son intimité, comme un parasite, il sentait bien le malaise de la brune, et même si elle tentait de tout cacher il le sentait quand même. Mais il n'avait pas envie de fuir, de fuir hors de son intimité, il fallait qu'il y reste, et c'était surement bien plus dur pour elle que pour lui. Il sentait que s'il partait, que s'il faisait un pas de travers Arpège tomberait en petits morceaux. Oui, finalement il découvrait toute une partie d'elle qu'il ne connaissait pas. A chaque fois c'est la même chose, c'est dans les moments difficiles qu'on découvre réellement la personne. Ce n'était pas une si mauvaise chose en soit... ce n'était pas un mauvais côté que End découvrait, mais un masque qui tombait petit à petit. Tout le monde porte un masque, pour se rassurer, pour se protéger... celui qu'Arpège était en train d'enlever, ou plutôt celui qu'on était en train de lui casser. Le brun découvrait une Arpy vulnérable et fragile, et bon dieu, il avait envie de la protéger, il avait envie que tout ça ne soit qu'un affreux cauchemar, qu'il se réveille, il avait envie que son amie puisse enfanter comme les autres, il avait envie qu'elle retrouve le sourire. Pas qu'il n'aime pas ce qu'il voyait derrière le masque mais il ne connaissait pas la jeune fille si vulnérable.

    Ils arrivèrent dans la chambre, on demandait à Arpège de se laver avec un savon spécial et d'enfiler ensuite une robe de goût douteux. L'infirmière les laissa enfin seuls et Arpy s'étendit sur le lit, elle n'avait pas lâché la main d'End de tout le long et ce dernier se coucha à côté d'elle. Il ne savait franchement pas quoi dire. Qu'est ce qu'on peut dire à quelqu'un qui doit se laver avec du savon marron, enfiler une robe de grand mère et se faire arracher les ovaires hein ? Rien, strictement rien. Il avait juste l'impression que le moindre mot allait tout casser. Si on pouvait encore casser quelque chose. Arpège était si différente, si calme, enfin, n'allons pas jusqu'à sereine, elle semblait prête à s'effondrer... et les dialogues rassurants et End ça faisait deux. Il était parfaitement capable de dire une connerie, de dire quelque chose de blessant sans faire exprès, alors il préféra se taire.

    Enfin la jeune fille se leva, et commença à se débarrasser de ses vêtements. End regardait toujours le plafond, puis il se redressa, regarda Arpège et regarda ailleurs. Pas qu'elle n'était pas agréable à regarder mais ce n'était pas le moment. Puis la jeune fille ouvrit la bouche.


    « Désolée, Endou, j’aurai bien baisé ‘vec toi, mais on m’a d’mandé d’être a jeun d’en bas avant l’opération. »


    ça aurait pu le faire rire en temps normal, mais le ton de la voix de la brunette trahissait son malheur intérieur, alors End ne disait rien, il finit par émettre une sorte de rire forcé, mais on sentait que vraiment, vraiment, à ce moment là rien ne pouvait vraiment le faire rire. Certes End avait toujours été considéré comme un gros dur, haha, le gars qui se bat avec les autres, qui rentre à Wammy's House couvert de bleus, le mec qui dit ce qu'il pense, presque cruellement, le type qui se la joue fort et invincible... grossière erreur de croire qu'End pouvait être une personne froide et sans sentiments de plus. Au contraire, c'était un garçon très sensible. Difficile à croire ? Peut-être pas tant que ça. C'était juste un gosse qui avait lui aussi un masque. Mais bref, tout ça pour dire que oui, il ressentait la douleur D'Arpy, à travers ses pores, dans toute sa chaire refroidit par le froid de l'hôpital. Certes il ne pouvait pas comprendre, il n'était pas une femme. Certes il ne pouvait pas savoir, ce n'était pas lui qui était nu et qui devait se faire arracher les ovaires. Certes il ne pouvait pas expliquer, ce n'était pas lui qui perdait son masque.

    Il jouait avec ses doigts, pour s'occuper, par stress aussi peut-être. Il se tripotait les ongles, espérant que ce geste si anodin allait l'occuper, pour qu'il pense à autre chose, pour lui donner du courage même. Il était perdu dans l'étude de son index gauche quand il entendit quelque chose. La bruit de la douche le couvrait mais il en était persuadé, il venait bien d'entendre un cri. Un cri étouffé qui venait de la douche. Le brun se leva d'un coup et courut -tant qu'il pouvait courir en une seconde et demi – vers la source de ce cri. Arpège était un peu recroquevillée sur elle même et semblait pleurer.

    « Arpège ? »


    Oui, elle pleurait bien. End était comme ça, debout devant la douche, se demandant s'il devait entrer ou attendre qu'elle ai finit. Oh et puis merde.

    « Viens là. »


    End agrippe Arpy par le bras et la prend entre ses bras. Qu'importe que son t shirt soit trempé, qu'importe que le savon glisse sur lui, elle a besoin de lui. Elle est si fragile entre ses bras musclés, elle est si petite sous ses mains tendues sur ses épaules. Elle est si belle, même quand elle pleure. Sa petite Arpège.

    « Chuut. Chuut. »


    Murmure t-il, réconfortant. Mais que dire, que dire à Arpège, lui qui ne peut pas comprendre, lui qui ne sait rien de ses souffrances, lui qui n'a jamais rien su et qui patauge dans son ignorance. Pourquoi est ce si dur de lui parler, de dire des mots doux, des mots rassurants ? Pourquoi a t-il si peur ? Et la douche reste allumée, l'eau coule, sur lui, sur ses habits, sur ses cheveux, sur la peau nue d'Arpy, sur leurs corps enlacés.

    « Tu n'es pas seule, je suis là. »

    « Tu sais... »

    « C'est vrai que je ne peux pas comprendre, c'est vrai que je ne peux pas savoir ce que tu ressens... mais... tu vois, moi non plus j'ai pas d'ovaires, on peut vivre sans ! »


    Disait-il le con, en essayant de détendre l'ambiance.

    Au moins il essayait.


♔ ♔ ♔

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Arpège
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Sujet: Re: Gimme Gimme Gimme a man after midnight } Pv Arpy Jeu 23 Juin - 16:55


    La petite Arpège savait précisément pourquoi le fait de ne pouvoir enfanter la rendait si faible, si triste, si déchirée. Tout cela venait sûrement de sa propre mère. Elles s’étaient aimées, d’un amour inconditionnel et presque surréaliste. Elles avaient tant partagé, elles s’étaient apportées beaucoup. Patricia avait donné à Ariel l’envie d’être mère, de pouvoir apprendre à une enfant ce qu’était la vie, tous les bons côtés qu’elle avait, et cette petite étincelle qui la rendait si merveilleuse. Quelque part, Arpège avait été amoureuse de sa mère. Mais voilà, elle l’avait tué. Oui, elle avait souhaité, dans un excès de rage, de la voir tomber de son fil, la belle funambule qu’était Patricia. Et comme un oiseau abattu par les fusils enragés de chasseurs, elle était tombée avant de s’écraser sur le sol. Morte. Morte. Morte. Il lui en avait fallu du temps, avant d’accepter cette idée. C’était sans compter que tout ce que sa mère n’avait pas eu le temps de lui transmettre, son père ne lui avait certainement pas transmis. Trop occupé à déprimer sur la mort de sa femme, trop occupé à ne pas voir le malheur de son enfant, la seule chose qui lui restait de la personne qu’il avait aimé.
    Et voilà, Arpège ne pouvait transmettre la vie. Peut-être était-ce la raison pour laquelle elle bousillait la sienne à coucher, à boire, à fumer et à se droguer. Adopter ? C’était hors de question, elle ne voulait pas d’un bâtard qui n’était pas sien.

    Arpège, le visage dans les mains, laissait couler les larmes le long de ses joues, lesquelles se mêlaient à l’eau de la douche. Elle secouait la tête en de mordant la lèvre inférieure, chassant l’image de son corps frêle sur la table d’opération. Ne pas y penser.
    End, certainement alarmé par son cri, ouvrit le rideau. Il n’y eu pas un seul instant de pudeur entre les deux adolescents. Il se glissa sous la douche, tout habillé, et la serra contre elle. Elle enfouit son visage dans son cou, sanglotant cette fois un peu plus bruyamment, ravalant la honte qui lui tordait l’estomac et qui lui faisait tourner la tête. Cependant, elle se sentait légèrement plus apaisée. Elle aurait pu passer sa vie dans les bras d’End, son End. Il était comme un colosse, face à elle, si fragile. Ah, elle n’était plus là Arpège, la petite catin allumeuse. Envolée pour laisser place à la véritable Arpy. Elle confiait tout son être au brun ténébreux qui la serrait contre elle comme on enlace une enfant qui s’est blessée. Il lui murmurait de se calmer, dans le creux de son oreille. Les mains de la musicienne serrait comme jamais le tee-shirt de son ami, tandis qu’elle secouait sa petite tête vide contre son torse rassurant.

    « C'est vrai que je ne peux pas comprendre, c'est vrai que je ne peux pas savoir ce que tu ressens... mais... tu vois, moi non plus j'ai pas d'ovaires, on peut vivre sans ! »

    Arpège ricana doucement, le nez plein de morve, étouffant un dernier sanglot. Elle leva ses yeux pleins de larmes vers son ami, son maquillage ayant sûrement coulé sur ses joues, lui donnant probablement un air de morte-vivante. On pouvait lire dans son regard désolé un grand merci. Oui, ses yeux le faisaient pour elle. Elle ne se sentait pas de remercier le brun avec des mots, elle l’avait déjà fait un tout petit peu plus tôt, pas la peine de le dire à nouveau. De toute manière, il devait bien comprendre à quel point elle lui était reconnaissante, et comme elle n’oublierait jamais ce qu’il faisait pour elle en ce moment même. Et puis, ce silence était trop beau pour être brisé par une quelconque parole. Ce qu’elle fit ? Elle s’approcha tout doucement du visage de End, et posa ses lèvres contre les siennes. Ce baiser était tout sauf sexuel. C’était son remerciement à elle. Il fallait dire qu’elle n’était pas très douée pour remercier, alors elle offrait ce qu’elle avait l’habitude de faire. Elle décolla sa bouche, et le regarda avec un petit sourire. Arpège attendit qu’il sorte de la douche et termina de se laver, en chantant tout ce qui lui passait par la tête.

    « P’tain, cette robe est tell’ment cheum à la race, j’vais gerber. »

    Arpège était allongée sur son lit, comme en arrivant à l’hôpital, regardant le plafond aux côtés de son ami. Cette remarque sur la robe qu’elle devait porter, elle la fit juste avant qu’une infirmière n’entre, lui annonçant qu’elle allait la diriger vers le bloc opératoire. Shootée par les médicaments, la brunette se redressa légèrement, et fit un signe de la tête. Un infirmier débarqua, et emmena Arpège, étalée sur son lit à roulettes, suivit par une perfusion. Avant de sortir, elle fit un clin d’œil à End, lui demandant de ne pas bouger, qu’elle reviendrait dans peu de temps. Elle stipula aussi qu’il avait le droit de taxer dans son paquet de cigarettes, mais qu’il devait lui en laisser plus de la moitié. C’était parti.


    Saleté de main qui la secoua comme un vulgaire sac. Elle grommela, fronça les sourcils mais refusa d’ouvrir les yeux. Où était-elle ? C’était quoi tous ces bruits autour ? Est-ce qu’elle rêvait ? Mon Dieu, elle avait envie de vomir ses tripes, elle avait mal au ventre. Sa respiration s’accéléra, elle secoua faiblement la tête. Elle ne sentait que cette douleur qui lui tenait le bide, le reste de son corps était désormais inexistant et abstrait. Arpège n’avait, à vrai dire, plus l’impression d’avoir de corps. Elle n’était plus qu’une âme errante souffrant affreusement. Oui, elle rêvait certainement. Pourtant elle sentit à nouveau cette main la secouer, la tirer de son sommeil. Nouveau gémissement de sa part, elle ouvrit très faiblement les yeux. La lumière l’agressa. Horreur, elle avait un tube dans la bouche. Elle ne respirait pas par elle-même. C’était quoi ces conneries ? Elle pleurait ? Elle avait du sang sur les mains. Non, elle faisait le pire cauchemar de sa vie. Une infirmière vint lui retirer cet affreux tube, lui donnait encore plus envie de vomir. C’était donc ça, les réveils d’anesthésie générale.

    Tout lui revint en tête. Bon, ça y était, elle n’avait plus d’ovaires. Mais plus important, elle voulait voir End. Elle demanda à un jeune médecin qui passait là si elle pouvait voir son « frère ». L’homme lui indiqua qu’elle était en salle de réveil, qu’ils attendaient donc qu’elle soit parfaitement éveillée. Arpège n’avait pas la force de faire un scandale, elle s’allongea à nouveau, regardant le plafond. La douleur était plus faible, mais présente. Ignoble.
    Une dizaine de minutes plus tard, on la tira de cette salle bruyante pour la conduire à nouveau dans sa chambre. End était là. Arpège eut envie de pleurer, rien que de le voir. Elle jeta un coup d’œil par la fenêtre. Oh, la nuit était tombée, la pluie battait toujours sur les carreaux. La musicienne écouta distraitement les indications du médecin, et attendit que la porte ne se referme avant de se jeter sur son paquet de cigarettes. Elle porta une clope à sa bouche et l’alluma.

    « J’t’ai pas trop fait attendre, beau gosse ? »

    Voilà. Elle n’était plus une femme.
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Sujet: Re: Gimme Gimme Gimme a man after midnight } Pv Arpy Sam 20 Aoû - 23:39

    End n'avait jamais aimé les hôpitaux. Il se disait que certes ça pouvait être un lieu de joie, le lieu où une femme accouche et voit son bébé pour la première fois, mais c'était aussi un lieu de mort. Ne parlons même pas des maladies, des infections, des accidents qui nous amènent direct en chambre d'hosto, à part tout ça c'était le lieu où beaucoup de personnes perdaient la vie. Il repensait à sa mère, à son suicide. Elle n'était pas morte tout de suite. Elle s'était jeté du haut d'un immeuble, et connement elle avait raté son coup. Tous ses os s'étaient brisés mais elles n'étaient pas morte. Ils l'avaient ramenés sur un brancard, direct à l'hôpital avant d'appeler sa famille. La seule famille qui lui restait en fait, le petit End et sa sœur. Sa sœur ne pouvant plus bouger, ni parler, ni faire quoi que ça soit qui prouvait qu'elle était encore humaine et non un mort vivant qui venait de se faire violer, End se rendit tout seul à l'hôpital. Il se souvient encore, avoir couru jusqu'au bus, les larmes lui avait monté aux joues, dans le bus il se souvient encore, les gens le regardaient, peut-être s'inquiétaient-ils pour lui, sûrement qu'ils avaient un peu pitié. End n'avait rien osé dire alors que maintenant il aurait sûrement crié une injure. Mais bref. Il arrivait aux urgences le cœur battant. Il se souvient encore de l'accueil, des longs couloirs interminables, des cris, de la foule, de cet endroit qui empestait la mort. Puis enfin, son lit, le lit de mort de sa mère. Elle n'était pas encore morte, mais en sale, très sale état. Puis quelques minutes plus tard tout s'arrêtait, les médecins affluaient, poussaient End en lui disant de partir. Et ce docteur, vient le voir, lui annonce qu'ils ont fait ce qu'ils ont pu, mais que c'était fini.

    End détestait les hôpitaux, ça lui rappelait sa mère. L'odeur de mort par mort, et de formol, ça empestait. Mais il savait au moins une chose. Que se retrouver tout seul dans un hôpital, il n'y a rien de plus stressant. C'est pourquoi il supporterait d'y entrer, car il savait qu'Arpège ne devait pas être seule ne serait-ce qu'un instant. Il lui fallait quelqu'un, pas forcément quelqu'un qui s'y connaisse en médecine, en ovaires, que sais-je, juste... quelqu'un, pour la réconforter, pour la soulever lorsqu'elle tomberait à cause du choc, pour l'embrasser, lui laisser pleurer sur son t shirt, et lui promettre de rester avec elle, tout du moins jusqu'à ce qu'elle ai envie.

    Elle pleurait contre son torse, il avait l'impression qu'il allait lui briser tous ses os saillants juste s'il serrait un peu trop fort. Il avait l'impression d'être comme une béquille, au cas où elle tomberait. Il ne voulait pas, ne pouvait pas la lâcher. L'eau coulait sur sa tête, dans son cou, sur ses habits, mais il s'en foutait. Son maquillage coulait sur son t shirt, mais il s'en foutait. Elle ne disait rien, il ne disait rien, le silence faisait tout. C'était juste le contact de leurs deux peaux qui disaient tout ce qu'il y avait à dire. « ça va aller » « je suis là regarde »  « tout va bien se passer » « tu seras toujours une femme à mes yeux » « je t'aime ». Et End et Arpège préféraient tout deux le langage du corps au langage commun. Y'avait qu'à voir comment ils baisaient comme des lapins. Mais ce n'était pas seulement au sens sexuel, End n'avait juste besoin que d'une caresse sur le genoux, des doigts se perdant dans une main, pour exprimer des choses. Et il comprenait bien le geste d'Arpège quand celle-ci l'embrassa, doucement. End ne fit pas grand chose si ce n'est la serrer plus fort contre lui. Après quoi il la lâcha, passa son index sur la joue froide de son amie et sortit de la douche. Deux secondes plus tard elle chantait. Le brun se demanda si elle faisait tout pour se vider la tête ou si elle essayait juste d'être heureuse.

    « P’tain, cette robe est tell’ment cheum à la race, j’vais gerber. »


    « Ouais... »


    Tout ce que pouvait répliquer End dans ses grands moments de compassion et de stress. A vrai dire il n'y avait rien à dire. Arpège était allongée sur le lit, End assit à ses côtés, il regarda la robe, sans aucun dégoût dans son regard, de toute façon elle aurait beau s'habiller avec des sacs poubelles qu'il la trouverait toujours jolie. Elle était belle Arpège, même dans cette robe immonde. Même avec le maquillage qui avait coulé. Même avec ses yeux rougis par les larmes, elle restait si belle. Mais sa beauté était différente aujourd'hui, c'était une beauté craintive, on la sentait si vulnérable, elle qui avait l'air si forte d'habitude. A la Wammy's House, End l'admirait, parce qu'elle se montrait sans aucune faille, rien ne pouvait l'atteindre, rien. Et là... il la sentait si faible. A cause des médocs, à cause de ses ovaires, tout ça. Mais ce n'était pas pour ça qu'il l'admirait moins. Juste qu'il découvrait une autre partie d'elle, certes pas très gaie, et peut-être qu'End ne devait rien en penser. Mais ce qu'il pensait c'est qu'Arpège serait toujours sa petite Arpège, même si on lui enlevait ses ovaires, même si elle tuait quelqu'un, même si elle pleurait, même si elle se montrait faillible. Rien ne le décevait, il ressentait juste sa tristesse, et ça ne lui plaisait pas, qu'elle ai des problèmes, qu'elle souffre, il aurait voulu posséder une baguette magique et régler tout ça d'un tour de main.

    Enfin les infirmiers arrivèrent, End, la bouche entr'ouverte et l'air inquiet regarda Arpège s'éloigner, avec toute la classe dont elle était capable. Sa main, machinalement s'avança vers la brune, mais il ne pouvait pas l'attraper, il se leva, fit quelques pas et la regarda s'éloigner dans le couloir. Elle lui lança qu'il pouvait fumer. Fumer ? Quelle bonne idée. C'est pas qu'il était en stress mais un peu quand même. Il retourna dans la chambre, attrapa le paquet et s'en fuma une. Il se foutait totalement de ce que les infirmiers pourraient dire, s'il se faisait rôder il arrêterait, puis voilà. La fumée et la nicotine le firent décompresser un peu, il remercia intérieurement Arpège de lui avoir laissé son paquet, elle savait exactement de quoi il avait besoin, elle était comme lui. Ça aurait pu être lui sur la table d'opération, on lui aurait enlevé ses couilles. End frissonna à cette idée et commença à réaliser ce que signifiait vraiment enlever les ovaires à une femme. Pareil, il ne pourrait pas faire d'enfants, pareil il ne serait pas comme les autres, pareil il y aurait cette indescriptible honte. Il ferma les yeux, s'étendit sur le lit, réfléchissant, écoutant la pluie battre sur les carreaux. Il en avait pour un bout de temps.

    Il n'avait pas pu dormir, trop angoissé pour son amie. Et puis elle arriva. Avec le médecin, celui-ci lui fit des tas de recommandations qu'Arpège semblait écouter d'une oreille sourde. Quand ce dernier partit elle se jeta littéralement sur son paquet de clopes.


    « J’t’ai pas trop fait attendre, beau gosse ? »


    « Arpège... »

    « Pour moi tu seras toujours une femme. »


    End s'en voulait, de n'arriver à dire que ça. Le pire c'est qu'il avait réfléchit pendant tout le temps où la brune se faisait opérer, il avait réfléchit à ce qu'il aurait pu lui dire quand elle reviendrait, et finalement au moment où elle avait passé cette porte sa tête s'était vidée. Complètement. Il se sentait coupable, peut-être devrait-il changer de sujet, lui dire des conneries, pour la faire oublier. Mais il savait très bien ce que ça signifiait, quand il y a un soucis, et que tu souffres, dés que tu penses à autre chose le moment où tu repenses à ton soucis n'est que plus douloureux. Tu tombes de plus haut encore. Pour lui c'était ça, et il ne voulait pas faire de mal à Arpy. Jamais. Mais avec son tact il pouvait la briser à tout jamais. Alors peut-être qu'il fallait juste prendre son visage dans ses mains, ce qu'il fit, la prendre dans ses bras, ce qu'il fit, l'embrasser sur le front, ce qu'il fit.

    « On va rentrer à Wammy's House, tu reprendras une vie normale, je te le promets, je serais là pour toi... »


    Tout ce qu'il pouvait dire.



♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: Gimme Gimme Gimme a man after midnight } Pv Arpy Lun 29 Aoû - 19:46


    En fin de compte, les hôpitaux, ça la connaissaient bien la petite Arpège. Certes, contrairement aux autres enfants, ceux ayant une enfance plus ou moins ordinaires, ou du moins respectant le schéma peint par la société, elle n’avait pas commencé sa vie dans l’un d’entre eux. Elle était même née dans un cirque, pour tout savoir. Ce n’était qu’après que les complications avaient débarqué. Une maladie respiratoire de folie la clouant au lit durant plusieurs mois, avec assistance, évidemment. Toutes ces intubations lui étaient bien trop familières à l’époque, mais la maintenaient en vie. Suite à ce séjour fortement sympathique, elle avait eu le droit à un traitement à vie, et à une visite médicale tous les deux mois, voire plus fréquemment en cas d’urgence. Sans compter que, étant une jeune foraine, elle ne voyait jamais les mêmes médecins. Autant dire qu’elle en avait vu des hôpitaux à travers la France. En Angleterre, bien heureusement, pour elle, ses visites se faisaient chez le médecin scolaire, Jaw. Elles étaient brèves, étant donné qu’il s’intéressait peu à ses patients.

    Ce n’était que récemment qu’Arpège avait retrouvé la joie des hôpitaux. Et quelle joie, les amis. Examens sur examens, tests sanguins, rendez-vous avec le chirurgien et l’anesthésiste, opération. Finalement, depuis quand savait-elle réellement qu’elle ne pouvait enfanter ? On le lui avait toujours dit. « Il y a des chances que tu ne puisses pas avoir d’enfants, Ariel. » Mais ce n’étaient que de simples possibilités. Et à l’époque, sincèrement, qu’est-ce qu’elle pouvait bien en avoir à foutre d’avoir des bébés ou non, elle n’était qu’une gamine pensant à s’amuser et à jouer de la musique dans son cirque, la vie de rêve. Mais une fois arrivée à la Wammy’s House, lorsque toutes les filles de son âge se vantaient d’avoir leur règle, Arpège attendait. Attendait. Attendait quelque chose qui ne vint jamais. Oui, jamais elle ne se réveilla un matin en poussant un soupir de désolation et en se disant « putain, j’ai taché mon lit ». Elle fuyait les conversations de pré pubères du style « Ouais, moi quand je serai maman, mes enfants seront surdoués aussi et iront à la Wammy’s House comme moi ! » et se faisait déjà prendre dans les toilettes de l’orphelinat. Lorsqu’elle révéla qu’elle n’avait pas ses règles au médecin, quelques tests furent effectués, et la nouvelle tomba comme une tasse en porcelaine sur le sol. Stérile. Au fond, elle l'avait toujours su, mais lorsque cela s'était confirmé, le choc fut violent. Personne ne devait être au courant, plus personne ne voudrait d'elle et de son espèce de ménopause prématurée, sinon. Elle voulait être encore désirée. Alors Arpège garda son secret pour elle. Elle n'alla même pas se confier à ses meilleurs amis. Vous réfléchissez un peu ? Ses plus grands potes étant certains de ses amants, elle ne pouvait se permettre de révéler sa stérilité.

    Mais il fallut bien un jour que quelqu'un soit au courant, à cause de cette stupide opération. Au fond, End lui avait beaucoup ressemblé, à une certaine époque. Ils avaient été tous les deux de putes de luxe se donnant à quiconque, prenant quiconque. Bref, baisant quiconque. Finalement, Endy-chou avait fini par trouver l'amour, lui. Angel était quelqu'un de bien, il fallait le dire. Il avait tout de la petite tapette, le contraire parfait d'End. Et pourtant, ce qu'ils s'étaient bien trouvés. Ce fut à partir de ce moment qu'Arpy et le brun ténébreux devinrent très amis. Avant, ils se contentaient de baiser, de papoter brièvement, et de jouer un peu de la musique ensemble. Mais là, avec cette interdiction de coucher ensemble imposée par le concept de la fidélité, ils se trouvèrent une forte amitié, de gros point communs. C'est souvent que la brunette envoyait un sms à son ami pour qu'ils aillent en boîte afin de finir le plus mal possible et qu'elle puisse serrer un nombre de mâles et de femelles incalculables.
    L'urgence, aujourd'hui, était autre, bien évidemment. Pas une seconde il n'avait hésité à venir, et c'était là qu'elle voyait qu'elle n'avait pas confié son amitié à n'importe qui. End était une personne de confiance, et elle se remerciait de l'avoir trouvé.

    « Pour moi tu seras toujours une femme. »

    Le regard d'Arpège se perdit dans le vide. Tout ce qu'elle put faire, c'est porter sa cigarette à sa bouche, et tirer une longue taffe dessus. La fumée s'échappa entre ses lèvres pulpeuses, et l'odeur de tabac envahit vite la chambre qui s'apparentait plus à une prison. End ne pouvait s'imaginer à quel point sa phrase la touchait. C'était précisément ce qu'elle avait besoin d'entendre. Elle avait tellement peur de ne plus être une femme, d'être un monstre nymphomane asexué, n'était désiré par personne. C'était sincèrement sa hantise. Et elle l'avait, ce sentiment d'avoir perdu tout ce qui faisait d'elle un être féminin, cette espèce de boule dans le ventre la déchirant, cette envie de vomir sur le lino de sa chambre, ce dégoût d'elle-même. Jamais plus elle n'oserait se regarder dans un miroir, elle se serait trouvé bien trop laide. Comment la vie avait-elle pu faire cela à un être aussi parfait qu'Arpège, comment ?
    Arpy serra fort la main d'End, son pouce tremblant caressant faiblement son index. Elle tira une nouvelle taffe, essuyant nerveusement un semblant de larme qui perlait à son oeil. Un sourire crispé se dessina sur son visage. Elle cligna des yeux plusieurs fois avant de les plonger dans ceux de son ami. Ce qu'elle pouvait lui être reconnaissante d'être près d'elle en ce jour sombre. Ce qu'elle lui était reconnaissante d'arriver à lui dire cela, d'arriver à trouver les mots. Il avait raison, elle allait être une femme, à nouveau.

    « On va rentrer à Wammy's House, tu reprendras une vie normale, je te le promets, je serais là pour toi... »

    Arpège ne voulait pas lire dans les yeux du jeune homme de la pitié. Elle voulait simplement qu'ils oublient, lui comme elle, ce qu'il s'était passé ce jour-ci. Elle refusait qu'il ait envers elle un comportement différent, un regard plein de compassion. Elle ne supporterait pas qu'il se souvienne d'elle comme Ariel, la jeune fille en larmes sous la douche à qui on a coupé les ovaires. A l'idée qu'il puisse lui demander chaque jour "Tu vas mieux ?" lui créa une boule dans la gorge. Elle n'osa plus le regarder dans les yeux. Sa bouche se mit légèrement à trembler. Avalant difficilement sa salive, d'une voix chevrotante, elle balbutia :

    « Tu.. Tu promets d'plus m'parler d'aujourd'hui, 'k ? J'veux dire, fais comme si j'étais normale, que t'm'avais pas vu chialer, et qu'j'étais la même. J't'en supplie, prends pas pitié d'moi, End. »

    Suite à ces quelques mots déclarés faiblement, elle ne put empêcher une petite larme de couler sur sa joue, pour venir s'écraser entre ses lèvres. Arpège passa ses bras autour du coup de son ami, le serrant fort contre elle. Elle savait qu'il comprendrait ses paroles. Il aurait demandé la même chose qu'elle. Il ne se vexerait pas en disant "Ah ben tu m'as demandé de t'accompagner, et maintenant tu me demande d'oublier ? Tu manques pas d'air ! ". Lui non plus, il n'aurait supporté d'avoir un traitement différent de la part de la mélomane, si on lui avait fait une vasectomie, ou quelque chose de ce genre. Oui, comme dit plus haut, ils étaient pareils lui et elle. Et, eux aussi, ils s'étaient bien trouvés.


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Sujet: Re: Gimme Gimme Gimme a man after midnight } Pv Arpy Lun 3 Oct - 19:02


    Ce n'était pas parce quelqu'un perd une jambe qu'il n'est plus un humain. Ce n'est pas parce qu'on enlève une couille à un homme qu'il n'est plus un homme. Ce n'est pas parce qu'on enlève ses ovaires à une femme qu'elle n'est plus une femme. Au delà du physique il y a la conscience, c'est ça qui fait de nous des Hommes. C'est ça qui fait de nous des humains. Ce n'est plus le corps qui compte finalement, c'est ce qu'on est au delà de ça. C'est pour ça qu'End ne pourra jamais prouver quoi que ça soit quand il vend son corps au plus méritant, pareil pour Arpège. Elle voulait s'offrir à tous les hommes, peut-être pour se prouver qu'elle serait encore une femme, même si elle n'avait pas ses règles, et toutes ces conneries. Ce n'est pas ça qui fait de toi une femme. On dit toujours 'une fille devient femme quand elle a ses premières règles', 'une fille devient une femme lorsqu'elle fait l'amour la première fois' 'une fille devient une femme quand elle a un bébé' mais ce sont des conneries. Ah, bah quand t'es vieille et que t'as la ménopause ça veut dire que t'es plus une femme ? Ce sont des conneries pures et simples. C'est sûr qu'une enfant n'est pas femme, mais c'est peut-être parce qu'il n'a pas encore totalement développé sa conscience. Tu deviens une femme quand tu l'as décidé. Tu deviens une femme quand tu sais que tu en es une. Pas besoin d'avoir baisé, d'avoir la culotte pleine de sang, et un môme dans un landau pour prouver que t'es une femme. C'est totalement stupide.

    Alors à la Wammy's House ce sont des petits génies. Certains ne veulent pas grandir, d'autres veulent s'échapper de l'adolescence, en donnant ouvertement leur corps au premier venu. End, Arpège, ce n'est pas ça qui fait de vous un homme et une femme, ce n'est pas ça qui fait de vous quelqu'un. On peut avoir l'impression que oui, parce que tu as quelqu'un au dessus de toi, qui te caresse, qui t'embrasse, qui est en toi, qui t'offre un peu de tendresse. Peut-être qu'End se disait qu'il serait aimé comme ça. Mais peut-être que ce n'est pas ça la solution. Oh, on fait ce qu'on veut de son corps. Mais parfois il ne nous obéit plus. Et parfois il nous fait défaut. Ce n'est pas le corps qui fait de nous ce que nous sommes. Le physique, que tu sois beau ou laid, ce n'est pas ça qui fait de toi ce que tu es, heureusement. Il y a des choses au delà. Et ce n'est parce qu'Arpège n'avait plus d'ovaires qu'elle ne serait pas une femme. End aurait bien voulu expliquer tout ça à son amie, mais il était strictement incapable d'aligner autant de mots dans une phrase. Ah, qu'est ce qu'il n'aurait pas donné pour pouvoir la réconforter comme il se doit. Mais dans la réalité on ne trouve pas si facilement les mots qui calment, les mots qui réconfortent.

    Alors tout ce qu'il pouvait faire c'est regarder Arpège, de son seul oeil, ça faisait un peu peur, mais il faisait ce qu'il pouvait. Pour paraître compréhensif, parce que c'est pas qu'il l'était pas hein, juste que son visage avait l'habitude de paraître blasé et stone. Tout ce qu'il pouvait faire c'est serrer la main de la brune, la serrer, la serrer, juste pour lui dire qu'il était là. Qu'il ne la quitterait pas. Peut-être pas qu'il la comprenait, oh, il n'avait pas la prétention de la comprendre. Mais il aimerait. Il aimerait partager sa souffrance, il voulait la lui enlever et la prendre pour lui, comme John Coffey. Il voulait juste... qu'elle se sente bien. Avec ou sans ovaires. Et même si elle n'aurait jamais d'enfant elle serait toujours une femme. Il voudrait être à sa place, juste pour qu'elle, puisse faire ce qu'elle veut. Lui il était gay alors peut-être, peut-être pourrait-il un jour comprendre ce qu'elle ressent. Peut-être qu'il voudrait un jour un enfant, mais ne pourrait pas en avoir. Bon c'est vrai que pour lui il y aurait toujours des solutions, du genre prendre une mère porteuse. Mais peut-être commencerait-il un jour à ressentir ce qu'Arpège avait bien pu ressentir en ce sombre jour. Il s'en souviendrait de ce jour. Le jour où une amie aurait versé des larmes devant lui, parce qu'elle avait peur de ne plus être femme. Le jour où une amie avait besoin de lui. Le jour où il aurait voulu prendre la souffrance de quelqu'un pour lui.

    Il était encore trempé, ses vêtements avaient un peu séché, mais il était encore trempé. Il avait un peu l'air con comme ça. Mais il s'en foutait. Il pensait trop à Arpège pour se soucier de quoique ça soit d'autre.


    « Tu.. Tu promets d'plus m'parler d'aujourd'hui, 'k ? J'veux dire, fais comme si j'étais normale, que t'm'avais pas vu chialer, et qu'j'étais la même. J't'en supplie, prends pas pitié d'moi, End. »


    A ces mots la brunette versa une larme puis entoura le Shape de ses bras minces. End la serra fort contre lui, et commença à lui caresser les cheveux, jouant avec les mèches ébènes entre ses doigts ornés de bagues en tout genre.

    « Jamais je n'aurai pitié de toi...t'es bête. »


    Il patpat sa tête puis la serre encore plus fort, mais pas trop, de peur de l'étouffer. Elle avait l'air si fragile. Mais ce n'était pas par pitié qu'il l'avait accompagné. C'est parce que c'était son amie. Parce qu'elle était Arpège.

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: Gimme Gimme Gimme a man after midnight } Pv Arpy Sam 29 Oct - 15:02


    Il était très probable qu’End n’avait pas conscience de toute l’affection que pouvait lui porter Arpège. Et même elle, ne se rendait pas compte. S’avouer à elle-même qu’elle éprouvait tant d’attachement à une personne, c’était impossible. Pourtant, il fallait se rendre à l’évidence. End était certainement un des meilleurs amis que ce monde cruel avait bien pu dégueuler, et la jeune musicienne avait bien de la chance de l’avoir trouvé sur son passage. Finalement, si elle n’était pas née en France dans un cirque, si sa mère n’était pas tombée de son fils, si son père n’était pas devenu dépressif, si elle n’avait pas été abusée par son manager, si elle ne s’était pas rebellé, si on paternel ne s’était pas suicidé, si elle n’avait pas fait ces foutus tests, si elle n’avait pas été un génie, jamais elle n’aurait eu la chance incroyable de rencontrer le brun ténébreux. Et sa vie aurait été autre, certainement, sans la présence quotidienne du jeune homme. En ce jour triste, Arpège réalisait vraiment pourquoi elle lui avait demandé à lui et pas à un autre de l’accompagner à l’hôpital. Elle lui devait tant, ne serait-ce que pour sa présence lors de cette étape difficile.

    End, merci d’exister. Arpège ne te le dira jamais, car elle a trop de fierté pour l’avouer. Mais merci d’être née, merci d’être ce que tu es. Merci pour t’être retrouvé par hasard à la Wammy’s House. Si tu n’existais pas, il aurait fallu d’inventer. Juste pour le bien être de la jeune musicienne. Elle a besoin de toi, tu sais. Et c’est pourquoi elle te sert fort dans ses bras en ce moment même. Tu sens ? Tu sens comme elle t’aime ? Tu sens que chacune de ses larmes est une larme d’amour, d’amour envers toi ? Jamais Arpège n’a autant eu dans sa vie le besoin de dire à quelqu’un à quel point elle l’aime. Elle n’ose pas, elle ne veut pas gâcher cet instant précieux. Mais, juste, sache-le. Serre-la. Parce que tu es sa seule famille, tu es le frère qu’elle n’a jamais eu. C’est à vie, ce lien. Lorsque toutes ses amies enfanteront, c’est de toi dont elle aura besoin pour regarder des films tristes, fumer des joints et manger des chamallows. Lorsqu’elle se mariera, tu l’accompagneras l’autel. Et elle sera fière d’être à tes côtés. Alors, encore une fois, merci.

    Arpège essuya une dernière larme, tira une taffe sur sa cigarette et l’écrasa sur la table de nuit, avant de jeter son mégot par la fenêtre. Le temps s’était quelque peu calmé, un rayon de soleil vint même caresser le visage de la jeune femme. Un chant d’oiseau parvint aux oreilles des deux orphelins, et une envie folle de sortir dehors vint à Arpy. Elle ne savait pas vraiment si elle avait le droit de se lever, certainement pas, d’ailleurs. Mais elle avait terriblement envie de sentir le vent sur son visage, de respirer l’air frais. Et de fumer une cigarette.
    Arpège regarda autour d’elle et vit un fauteuil roulant. C’est bon, elle avait une idée en tête. Un léger sourire se dessina sur son visage, et elle se tourna vers End, après avoir attrapé son paquet de cigarettes et un briquet. C’est tout ce dont elle avait besoin.

    « Mec, aide-moi à me foutre sur le fauteuil roulant et amène moi dehors. Discretos, faut pas qu’on s’fasse choper par les infirmières. »

    Vous voulez la vérité ? Arpège se croyait à fond dans un film, et c’était vraiment drôle. Elle s’accrocha au cou de End qui la porta telle une princesse pour l’asseoir dans le fauteuil. Une légère douleur se fit sentir au niveau de son ventre, mais elle était encore trop anesthésiée pour être pliée en deux. Merci les médicaments qui shootent. Elle s’empara de sa perfusion et fit signe à son ami qu’ils pouvaient partir. Comme des espions en cavale, ils faisaient en sorte de ne pas se faire remarquer par le personnel de l’hôpital. Arpège montra à End un ascenseur vide dans lequel ils pourraient monter, et ils s’y engouffrèrent. Ce ne fut qu’une fois les portes refermées que la jeune femme explosa de rire, la situation étant vraiment trop hilarante. Elle saisit la main d’End pour y déposer un baiser, toujours le rire au bord des lèvres. DING. L’ascenseur d’ouvrit au rez-de-chaussé, et les deux amis purent se diriger vers le parc de l’hôpital, après avoir franchi le hall principal. Ils suivirent un petit sentier les amenant à un lieu paisible, où plusieurs patients se promenaient tranquillement autour d’une petite marre. Arpy s’alluma une cigarette et en tendit une à End, en souriant. Elle était bien mieux ici que confinée dans sa chambre d’hôpital. Encore une fois, elle demanda de l’aide à son ami qui la fit s’assoir sur l’herbe.

    L’air s’engouffrait dans ses cheveux, elle avait presque l’impression d’être un oiseau. Et pendant ne serait-ce qu’une seconde, elle oublia absolument tout. Elle oublia la mort de ses parents, elle oublia la Wammy’s House, elle oublia les cours, elle oublia la chasse aux Hiddens, elle oublia sa stérilité, elle oublia son opération, elle oublia sa santé de merde, elle oublia à quel point la France lui manquait. Tout ce qu’elle savait, c’est qu’elle était libre, qu’elle fumait sa clope, qu’elle était dans les bras de son ami, et que rien ne pouvait plus lui faire plaisir. Elle aurait pu passer sa vie, ici, dans ce parc d’un hôpital londonien à profiter du soleil, du temps, du silence et du vent.


HRP : J'ai trop abusé de End, genre je l'ai fait amener Arpy dehors et tout. J'suis trop désolée ;_;
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End
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Sujet: Re: Gimme Gimme Gimme a man after midnight } Pv Arpy Mer 16 Nov - 22:54


    Il ne sait pas de quoi sera fait le futur, il ne voit pas l'avenir, sans s'étendre sur le sujet peut-être que c'est mieux comme ça, mais ce qu'il sait, c'est qu'il n'abandonnera pas Arpège. Oh petite Arpy, si tu savais, comme End pense aussi tout ce que tu ressens pour lui. C'est comme quand on vient de croquer dans un bonbon et de découvrir un nouveau goût, c'est comme quand on vient de lever les yeux et découvrir un plafond qu'on n'avait jamais vu. Peut-être que ces secrets veulent être gardés mais peut-être était-il nécessaire qu'End les entrevoit. Tu te découvres pour lui, une façade inconnue, un secret timide et honteux que jamais il n'osera bafouer. C'est entre toi et lui, c'est un pacte presque muet que tu scelles dans ses bras à ce moment là. Il te serre fort, comme s'il voulait te prouver qu'il est là, te prouver qu'il entend tout ce que tu penses. A ce moment là il sait parfaitement que tu as besoin de lui, il sait tout ça, et il sait que tu aurais fait pareil si ç'avait été lui. Sûrement que lui, s'il avait perdu ses couilles il aurait chialé comme un bébé dans tes bras, c'est plus la peine de garder sa fierté, tu peux te dévoiler à lui, il t'aime comme tu es et c'est tout.

    Petit à petit ce moment tombera dans les souvenirs mais tu peux être sûr que jamais il ne l'oubliera. Le moment où il vit ton sourire sur ton visage encore humide de grosses larmes chaudes. C'est une blessure tellement profonde, et bizarrement il peut la ressentir. Il veut la ressentir. Il veut te prendre cette peine et la garder pour lui. L'englober et souffrir à ta place. Oh s'il pouvait le faire il le ferait. Mais ce moment où l'on s'aperçoit que tout va mieux parce qu'on est entouré, ce moment où tu souris parce que tu as compris que c'était la même pour End, ça restera marqué au fond de son cœur. Sois en persuadée, petite Arpège, tu n'es pas seule.


    « Mec, aide-moi à me foutre sur le fauteuil roulant et amène moi dehors. Discretos, faut pas qu’on s’fasse choper par les infirmières. »


    « T'es folle … tu viens de te faire opérer... mais bon, on va dire qu'il te faut un peu d'air frais pour guérir. Allez accroche -toi. »


    End attrape la petite Arpège, il a la chance d'être assez musclé, il ne regrette pas ses pompes du matin tiens, si bien qu'il la porte presque facilement. La posant délicatement sur le fauteuil roulant s'engage alors une véritable mission impossible pour éviter les infirmières et les surveillants, ils décident de passer par l'ascenseur pour rejoindre une porte de derrière. Ou un truc du genre. End ne peut s'empêcher de sourire, et même d'émettre un petit ricanement étouffé, quand Arpy elle, explose de rire. Le parc est à eux, il fait nuit et il n'y a personne bien évidemment. End a juste l'impression d'être seul au monde avec Arpège, ça fait du bien. Lui aussi, oublie tout, tout ce qui ne va pas dans sa vie, il est juste là pour Arpy, son Arpy, sa jolie Arpy. L'air pollué par la clope le fait cligner des yeux, tandis qu'il prend la brune dans ses bras, allongé dans l'herbe. Il ferme les yeux, tout lui semble plus loin. Ça fait du bien.

    « Arpège, regarde les étoiles, on m'a dit que c'était les grands rois du passé. »


    Certes End, c'était une blague tellement pas drôle, une référence tellement pourrie que Arpège et toi finissent par exploser de rire, et disserter pendant dix minutes sur le « il viiit en toi » du Roi Lion. L'air frais fait doucement virevolter ses mèches encore mouillées. Il ne veut plus que ça finisse il est bien, juste là, Arpège qui commence à s'endormir doucement sur son torse qui se soulève lentement. Et puis on commence à ne plus rien y voir. C'est pas si grave, Arpège et End sont les maitres de la nuit après tout. Pourtant, ils restent là, pendant près d'une heure et demi, à parler de tout et de rien, jusqu'à ce que Morphée se décide enfin à appeler la jeune fille qui demande timidement à son ami de l'aider à rentrer. Il dépose la princesse sur son trône et la ramène jusqu'à l'hôpital. Empruntant le même chemin et faisant attention à ne pas faire de bruit il se trouve que le sort est contre eux. L'ascenseur est en panne. C'est au premier étage. End prend Arpège dans ses bras et la monte jusqu'à sa chambre. Comme ça. Il pourrait soulever des montagnes pour elle. Bon certes, il arrive essoufflé jusqu'à la chambre. Arpège se moque de lui, mais, épuisée elle finit par s'endormir dans ses draps trop propres, serrant la main d'End, même dans son plus profond sommeil.

    Il dépose un baiser sur sa joue, il restera là, encore. Jusqu'au matin. Jusqu'à ce qu'elle ai encore besoin de lui.



- FIN -

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