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 Lula – petite princesse c'est pas l'heure de la promesse.

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Invité
Sujet: Lula – petite princesse c'est pas l'heure de la promesse. Mer 20 Avr - 21:32


You used to get it in your fishnets,
now you only get it in your night dress.

PSEUDONYME : Lula
NOM : Chiastraelli
PRÉNOMS : Lolita, Julietta
QI : 161
DATE DE NAISSANCE : 23/08
ÂGE : 19 ans
SEXE : ❒ M ✔ F
ORIGINE : Italienne


Like a call-girl in her prime.

peau : blanche, tâches de rousseur
cheveux : roux
tatouage : un coeur,
juste entre les seins
yeux : bleus-verts
taille : 1m79
corpulence : mince,
quand même des formes
Baby doll, you're a porn soul.
optimiste
sociable
souriante
active
curieuse
diplomate
affectueuse
ouverte
nymphomane
mythomane
opportuniste
menteuse
borderline
intenable
bordelique
narcissique



Et je cherche aux étoiles à qui donner mon corps.


« Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-lii-ta : le bout de la langue fait trois petits pas le long du palais pour taper, à trois reprises, contre les dents. Lo. Li. Ta. »

Pour sa bouche ouverte comme une porte de l'enfer, pour les golfes du Mexique de ses jambes écartées, pour ses pieds qui ont foulé nus les rues pourries des vieilles villes, pour ses monstrueux yeux aux airs des phares maudit qui noyaient les navires dans des océans vert marins, pour son nom de pute ou d'ange, pour son grand front blanc d'extra-terrestre, pour les trainées de pluie rouge qui ont laissé des marques sur ses joues pales, pour l'ostensible impudeur de ses cheveux qui saignent dans son dos de nymphe, pour la candeur affectée des ses dents entrouvertes au cœur de ses lèvres, pour ses doigts de fée déchue de ses pouvoirs, pour ses cuisses impies, pour ses genoux pliés, pour ses épaules fléchies, pour ses poignets menus, pour ses seins, ses seins, ses seins, pour son nez recourbé juste ce qu'il faut, juste ce qu'il faut, pour ses reins, pour son cou, pour sa langue, pour ses hanches, et pour son sourire de princesse, et pour son putain de regard, la salope.

Il faudrait parler de Lula poliment. Il faudrait dire « Lula » comme si on parlait d'une fille bien, d'une fille respectable. Il faudrait pouvoir la regarder dans les yeux, lui porter le minimum d'attention qu'on réserve à ses égaux. Il faudrait pouvoir lui parler sans condescendance, la voir comme quelqu'un de normal qu'on ne mépriserait pas plus que ça. Il faudrait pouvoir l'imaginer en fille de quelqu'un, en amoureuse de quelqu'un, en sœur, en mère peut-être un jour. Mais on n'y arrive pas. Mais Lula n'est pas ce genre de fille.
Lula on la rabaisse, Lula on la baise, Lula on la tabasse, Lula on la hait, Lula on la laisse crever dans un coin, et c'est tant mieux pour elle, elle ne vous en voudra même pas.

Lula est un fantasme. Lula est diablement belle, on ne peut pas lui enlever ça. C'est sûrement sa seule qualité indéniable. Mais c'est là que s'arrêtent les compliments.
Lula est un phénomène. Lula est un putain de problème.


.


Elle était assise sur la balançoire, les cheveux dénoués, en maillot de bain. Elle fixait dans l'herbe un point indéfini, un peu à la droite de ses pieds, l'air songeuse. Elle fredonnait doucement, sans mélodie et sans grâce. Il ne la regardait pas.

— Lola ?

Lula. Un lu comme une bouche entrouverte et un la comme son œil hébété. Lula. Claquement de langue. À force, il la connaissait. Il aurait pu dessiner les yeux fermés la forme de sa nuque, prévoir précisément ce qu'elle allait dire ou faire. Lula était une fille terriblement prévisible en théorie. Seulement pour lui. Comme si l'allure folle de sa course, ses airs de sauvageonne ne l'avaient pas impressionné. Non, de tout les gens — et ils étaient nombreux — que Lolita avait connus, il était le seul à pouvoir prétendre la connaître, à avoir percé le mystère qui n'en était pas un. En vérité, il était surtout à s'y être essayé.

— Oui ?

Elle avait levé la tête, avec cet air si bien établi, quel curieux mélange de surprise, de joie et d'empressement, un étonnement léger, un bonheur à peine esquissé. Ses yeux étaient curieux, attentifs et rieurs. « Oui », avait-elle demandé, comme si elle attendait la réponse le plus vite possible, comme si elle était suspendue à chacun de ses mots.
Il ne la regardait toujours pas.

— Rien, soupira-t-il.

Elle haussa les sourcils, l'air contrit, avec une petite moue ironique, juste ce qu'il fallait pour ne pas être vexante. Il les connaissait, toutes ces petites mimiques, il les reconnaissait, ses airs affectés, ses moindres mensonges du quotidien. Il en avait soupé, à la longue.

On pouvait décrire le mode de fonctionnement de Lula de manière précise. Il avait lui même divisé la chose en cinq phases.
La première, c'était l'indifférence. C'était quand elle avait repéré sa proie, choisie avec minutie ou bien complètement par hasard. Il s'agissait de l'ignorer de faire comme si elle n'avait jamais remarqué son existence. Mais c'était par ailleurs, et c'était surtout, se rendre inévitable. Être à côté de la personne, pour parler à une autre, passer là par hasard, le cou dénudé, prendre un air ingénu, essayer de l'intriguer. Peu à peu, par n'importe quel moyen, il fallait que la cible s'intéresse à elle, soit captivée, n'aie la tête remplie que de Lula. Ensuite, avec la méthode acérée du tueur en série, elle passait à l'étape suivante. L'intérêt. Cette étape où Lula te regarde avec de grands yeux énamourés, où elle te harcèle de questions sur toi et toi seul, comme si son monde avait cessé de tourner pour ne prendre que ta personne comme centre de gravité. Qu'est-ce que tu aime, qu'est-ce que tu fais, qu'est-ce que tu pense ? Qu'est-ce qui agite tes paroles et tes actes ? Puis naturellement venait la phase physique, la collision des corps, l'attaque charnelle de plein fouet. Après, arrivait la quatrième phase, un mélange temporaire de la troisième et la deuxième. La dernière fermait la marche. C'était le départ, c'était la fuite, c'était Lula qui quittait la chambre en emportant ses vêtements, qui laissait le drap vide, qui se taillait et puis c'est tout. Fin. Point sur une histoire qui se répétait inlassablement.
À la longue, ça le fatiguait, de la voir faire ça. Il préférait quand elle se contentait de se faire baiser sans demander son reste.
À la longue, ça le fatiguait, de la voir comme ça.







Ne te blesse que d'air pur,
couvre toi d'étincelles.
Définissez vous en une phrase.
  1. Non.
  2. Dans un souci d'objectivité, je pense qu'il faudrait poser la question à mes amis...
  3. Anthropologiquement parlant ou bien ?
  4. [b]Sérieusement, t'as pas quelque chose d'autre à faire que me demander ça ?
  5. Je suis un.


Vous offrirez quoi à Noël à votre meilleur ennemi ?
  1. Une bataille navale.
  2. Les hauts de Hurle-vent.
  3. Le DVD d'Ed Wood par Tim Burton.
  4. Un poisson rouge.
  5. Une corde.


Parmi ces livres ci-dessous, lequel serait le plus susceptible d'être votre livre de chevet ?
  1. Finnegans Wake de James Joyce.
  2. H2G2 : The Hitchhiker's Guide to the Galaxy de Douglas Adams.
  3. Totem et Tabou de Sigmund Freud.
  4. Harry Potter de J.K Rowling.
  5. Les 120 journées de Sodome du Marquis de Sade.


Ce que vous devez impérativement arrêter de dire. Sérieusement.
    « Le si n'aime pas le ré pour la centième fois ! »
  1. « Ton niveau s'élève à la dérivée d'une constante. »
  2. « Plus vite ! Hé que ça saute ! Allez ! Merde ! »
  3. « D'un point de vu biologique... »
  4. « Je comprends ce que tu ressens... »


La petite manie dont vous vous passerez bien ?
  1. Câliner tout le monde.
  2. N'avoir aucune notion du temps.
  3. Faire des private jokes.
  4. Accro au high five.
  5. Caser des citations partout.


Il y a forcément quelque chose que vous auriez dû faire depuis longtemps et n'avez toujours pas fait.
  1. Faire mes devoirs. Mais je les ai jamais fait, commencer maintenant serait pas judicieux pour ma réputation.
  2. M'excuser au près de la personne que j'ai insulté il y a trois semaine. Peut-être. On verra.
  3. Quelque chose que je dois faire ? Euh. Non non, j'ai fini ma classification, ma maquette de l'ADN, tout est bon. Non ?
  4. Ranger ma chambre si je trouve un jour le temps.
  5. Lécher les bottes du professeur pour m'accorder un délai supplémentaire si j'ai pas la flemme.



Tu la vois la belle bleue des feux d'artifices ?


J’me fais du saut à l’élastique
J’me fais du saut en parachute
Pour demander aux goélands s’ils ont vu passer le printemps
Ils m’disent que t’es en Amérique
Que toi tu t’es barrée comme ça
Que t’as pris l’train d’une autre ville
Alors moi je cherche les filles


▬ Alors, Lolita. Elle fit une pause. Qu'as-tu à me dire ?
▬ C'est Lola, lâcha-t-elle agacée, après un silence.
▬ Bien. Lola, je suis ta nouvelle psychologue.
▬ Ce serait pas plutôt psychiatre ? demanda-t-elle, en secouant la tête avec énervement, brusquement, comme pour chasser un insecte de son cou.
▬ … Non ? Elle attendit un temps, puis repris sans avoir eu de réponse. Mais puisque tu en parle, commençons par là, si tu veux bien ? L'adolescente lui lança un regard noir. Pourquoi es-tu là ? Tu le sais ?
Il y eut un silence tendu. Lolita regarda avec attention le bout des orteils, le pied nu posé sur le fauteuil. Un ventilateur crachotait dans l'atmosphère étouffée d'un mois de juin en Italie, dans un bureau renfermé. La femme la regardait avec les sourcils haussés, une moue perplexe et un sourire en coin. Puis la rouquine soupira, et se redressa sur le vieux siège en cuir. Elle lança un regard noir au docteur et ouvrit la bouche avec une morgue toute juvénile.
▬ J'ai été suivie par des spécialistes et diagnostiquée cliniquement comme instable psychologiquement, récita-t-elle d'un ton saccadé, comme une tirade apprise par cœur. Je souffre de nombreux troubles de l'esprit, majoritairement relatifs à l'ego et aux relations avec les autres, plus particulièrement à la perception que les autres ont de moi. Je suis mythomane, narcissique, nymphomane, complétement auto-centrée, avec une forte tendance au délire érotomane. J'ai une propension aux fantasmes – sexuels ou affectifs – supérieure à la moyenne. Je suis instable affectivement, et il m'est, paradoxalement et en dépit de tout les symptômes énoncés ci-haut, impossible d'entretenir des relations saines et surtout durables dans la continuité. Lesdits symptômes dont je souffre ont été qualifié comme n'étant pas suffisamment grave pour justifier un internement, mais assez pour être largement plus que de simple traits de personnalité. C'est pourquoi je dois être assistée par des thérapeutes et des personnes qualifiées, afin de surveiller l'évolution de mon psychisme et son impact sur ma vie de tout les jours. En cas de dégénérescence observée, un traitement médicamenteux, concernant mes pathologies dans leur entièreté, ou seulement certaines, partiellement, pourra ou devra être envisagé. Elle la regarda froidement. Vous êtes contente, ça y est ?
▬ Bien, dit-elle avec calme. Maintenant, parles-moi de ton enfance.
Lolita haussa le sourcils et roula les yeux.
▬ Sérieusement ?
▬ Oui.
▬ On s'en fout, honnêtement. Elle soupira. Mais puisque vous insistez.



Sur mon tricycle en roues arrières
Je me barre de l’autre côté de la Terre
Aller me fumer une cigarette
Est-ce que t’aurais des allumettes
Pour foutre le feu à leur pays
Des molotofs est-ce que ça te dit?
Mais dis-moi toi est-ce que tu sais
Est-ce qu’on va tous au paradis ?



J’ai eu une enfance très banale. J’étais une petite fille comme les autres. Mignonne, passablement, comme le sont la majorité des petites filles de huit ans. Je n’avais rien de spécial ou de particulier. Je souriais beaucoup, et les gens m’aimaient bien. J’étais très sage. Je faisais tout dans les règles.
Ma vie était joliment réglée comme du papier à musique. Il y avait la chorale du mercredi après-midi, l’atelier théâtre du samedi matin. Il y avait la danse le mardi et le vendredi soir, et la piscine trois fois par semaine. Il y avait l’école où je faisais de mon mieux. Il y avait tous les goûters d’enfants où j’allais, en robe rose poudrée et les cheveux lissés, il y avait les jeux dans la cour de récréation, les copines qui n’en était plus le lendemain mais le redevenait à la fin de la semaine, les garçons qui venait nous voler nos poupées, les meilleures amies pour la vie qui changeaient tout les deux mois. Il y avait le concours annuel pour l’élection de la mini-miss de la ville d’Avola auquel m’amenait ma mère tout les mois de juin. Il y avait les anniversaires, la famille et les parents qui s’extasiait toujours autant devant mon minois d’ange, les cadeaux sous lesquels je croulais à toute époque de l’année.
J’étais juste une petite fille pourrie gâtée.
Je trouvais ça normal, qu’on me traite comme une reine. Je n’étais pas odieuse pour autant. Au contraire, je souriais avec application et je continuais ma routine, école natation danse théâtre chant, mini-miss à la fin de l’année, afin de combler les espoirs de mes parents et premiers sujets. Je faisais tout bien comme il faut. J’en étais très fière.
Après, il y avait le reste du monde. C’était comme un parterre infini d’auditeurs à captiver. C’était ce à quoi je pensais en me couchant, en me levant. Je ne sais pas quand est né ce besoin irrépressible d’attention, d’affection, de reconnaissance. Je crois qu’il a toujours fait partie de moi.
C’était comme une faim, comme une soif, quelque chose d’inavouable et latent, comme un désir charnel pour l’humanité toute entière. C’était caché dans mes sourires qui sonnaient faux. C’était le besoin que les parents de mes amies aient la coupable envie de m’avoir en lieu et place de leurs filles. C’était la quête dans les regards des autres filles de cet éclair de jalousie gamin qui leur tordait le cœur. C’était la fierté que je cherchais à provoquer chez les institutrices, les professeurs, les entraineurs. Et tout cela contribuait à me créer une aura invincible qui m’entourait et me faisait garder la tête haute et arrogante ; un sourire modeste sur les lèvres, les yeux brillants d’excitation.

J’étais intelligente. J’avais de très bonnes notes. J’étais suffisamment doué dans les activités que je pratiquais pour faire effet aux spectacles de fin d’année. Mais au fond de moi, je rêvais d’autre chose, de plus grand. Je rêvais d’un amour universellement partagée et destinée à moi et moi seule.
Et ça, c’était l’univers qui tournait autour de moi.


Je vais la nuit quand il est tard
Au gré des fantômes et des nues
Je demande aux gens dans la rue
Je demande si on ta pas vu
Je tape les portes et rien ne vient
Je crie ton nom sur les chemins
Sur mon tricycle en roues arrières
J'voudrais bien aller voir la mer



Très vite, c’est devenu impossible à gérer. Je n’étais pas habituée à recevoir des refus, dans tout les cas possibles. C’était invivable, mon besoin cruel de désir. J’avais grandi. J’avais treize ans et j’étais insupportable. C’était le bordel dans mes affaires, c’était le bordel dans mes amours. Je n’étais plus aussi parfaite. Pourtant je continuais religieusement à m’entrainer à la nage, afin de rester mince – c’est ce que je me disais. Je surveillais tout mes repas, je ne voulais pas qu’on excède mes quantités de calories journalières, mes cinq fruits et légumes, mon thé vert détoxifiant. Je ne buvais qu’occasionnellement et modérément, en soirée. Je ne fumais pas. Je ne me droguais pas. J’avais dans l’idée que mon physique était la seule chose que j’avais de mon côté pour me faire apprécier, et qu’il fallait la conserver, et surtout en profiter. Je ne suis pas de ces personnes qui ont « quelque chose de spécial », quelque chose qui perdure. Ma jeunesse, c’est mon atout majeur. Vous verrez qu’à vingt-cinq ans déjà, je serais moins frappante. Qu’à trente trois ans j’aurais perdu toute ma fraicheur. Qu’à quarante-sept ans je serais déjà pourrie jusqu’aux ongles. C’est pour ça que j’ai décidé de me flinguer à vingt-sept ans. Comme les rock-stars. Mais ça, c’est autre chose.

Vous savez ce que ça fait d’être amoureux ? Non, ce n’est pas le terme. Vous savez ce que ça fait, quand vous plaisez à quelqu’un ? Quand cette personne rougit, est gênée en vous voyant, vous regarde à la dérobée ? Vous savez ce que ça fait, quand quelqu’un vous aime ? Quand vous êtes sa première pensée au réveil, quand il ne peut se détacher de vous, même si ses sentiments sont mêlés de haine, quand il ne peut regarder les autres sans sentir votre ombre les rabaisser, quand il s’obsède, quand il n’en peut plus d’attendre ?
Moi, c’était ça ma drogue. C’était ça le calmant, ce qui animait le monstre de narcissisme logé dans mon cœur.
Et vous connaissez cet autre sentiment, quand la personne qui vous plait ne vous remarque pas ? Quand vous vous agitez dans tous les sens et qu’elle reste insensible. Quand on vous signifie clairement que vous n’intéressez pas.
Moi, je n’ai jamais pu le supporter. Jamais.

C’était effarant, quand cet aspect curieux de mon caractère prenait de l’importance, comme il parasitait ma vie. C’était vital, c’était terrible. Je souriais aux mères avec enfants dans la rue ; et si je voulais que le petit garçon de six ans me voie comme une princesse, je voulais aussi que la femme de trente ans mon aînée soit fascinée par ma présence. Je voulais tout ceux que je croisais, apercevais ; aucun membre de mon entourage n’était épargné — si ce n’est mes parents. Et ma psychologue.
Oui, parce qu’au bout d’un moment, cela se voyait, mon obsession pour le regard des autres. Ma mère ne trouvait pas ça normal. Mon père inquiétait de mon soin excessif pour mon apparence. Et eux deux désapprouvaient fortement mes fréquentations. Le fait est que j’étais précoce. Ne me faites pas rire, et dites moi combien de garçons dans un collège rechigneraient à sortir avec l’une des rares filles qui ne joue pas les vierges effarouchées ? Vous la connaissez, la réponse, hein. Ce n’était pas non plus formidable ; ça ne durait jamais longtemps. Je me lassais vite. Et petit à petit une autre face de ma pathologie se dévoilait : une fois que je considérais une personne comme acquise, elle ne m’intéressais plus.
J’entrais donc dans un centre médical psychologique pour enfants et adolescents, au rythme d’une séance de deux heures par semaine ; après avoir fait jurer à ma mère que personne n’en saurait rien.


Et demande aux rois de la nuit
Ils m’disent tous que toi t’es partie
Dans les bras d’un apocalypse
Qu’tu t’es tracée comme une éclipse
Sur mon tricycle à cœur perdu
Je vais tout nu sur les avenues
J’voudrais fumer une cigarette
Mais y a plus d’soufre sur l’allumette



— Lola, tu sors avec Antonio ?

Je mordillait une des mèches de mes cheveux, et l’enroulait autour de mon doigt. Elle était assise sur une chaise en plastique blanc, le regard avide. Le vent s’était fait absent de la moiteur du jardin. Je laissais glisser un de mes pieds sur le côté du hamac. Puis je la fixais avec la bouche ouverte et interrogative.

— Oui. Pourquoi ?
— Je ne sais pas, Lo. Il a quand même, enfin. Vingt-deux ans.

Je me retournais et contemplait les lueurs de soleil qui transperçait les feuilles de l’arbre au dessus. Ce n’était pas la première fois. Je souris gentiment.

— J’ai bientôt seize ans.
— Et tout le monde dit que tu portes trop bien ton prénom. Pourquoi tu ne t’intéresses qu’aux garçons plus âgés ?

Mais je ne m’intéresse pas qu’aux garçons plus âgés, Chiara. J’aime aussi les garçons de mon âge, qu’est-ce que tu crois. Mais ils n’ont pas tous le cran. Et je sais que la moitié fantasment déjà sur moi, alors à quoi bon ? J’aime aussi le s garçons plus jeunes, mais ça je ne te le dirais pas. Du moment qu’on me regarde avec un regard énamouré, je me fiche qu’ils aient quatre ou quatre-vingt deux ans. Et j’aime aussi les filles, qu’est-ce que tu dirais si je te racontais ça ? Si je t’explique que je pourrais aussi bien faire de l’œil à ta sœur de vingt-neuf ans, la putain de bombe brune, si mon faible sens des convenances ne m’en empêchait pas ? Que là, maintenant, j’aimerais bien te draguer, toi ma meilleure amie, parce que je te trouve mieux roulée qu’aucun mec que tu connais, parce qu’ils ne te regardent pas comme je te regarde ? Moi si tu voulais, je pourrais tomber amoureuse de toi. Pour deux semaines ou trois. Et puis je me lasserais.
Je suis une petite connasse doublée d’une parfaite emmerdeuse.

J’ai sourit en suçant ma paille à limonade. Et puis j’ai haussé les épaules.
— Je suis désolée si ça t’embête, Chiara. Je comprendrais si tu n’as plus envie de rester avec moi.
— Arrête, c’est pas ça. Je t’adore. C’est juste…
— C’est quoi ?
— T’es chiante, Lolita.


Elle était blonde elle était brune
Qu’est-ce que j’en sais il faisait noir
Et putain moi j’avais top bu
Moi j’avais trop les idées noires
Elle est partie suivre l’aurore
Et moi j’ai fait au crépuscule entre l’alcool et les buvards
Entre les tours les funambules



Je me suis taillée un beau matin, et j’ai laissé ma famille parfaite, ma scolarité parfaite, mes relations parfaite, mon existence parfaite au placard.
J’ai suivi un copain que j’avais à l’époque avec ses potes tous plus âgés, et on a fait un tour d’Europe en miniature. On est passés de l’Italie à la France, et on a fait l’Espagne, Berlin aussi, et puis les alentours du Royaume-Uni un bon moment pour la forme.
Je dirais pas que j’étais en quête d’absolu, parce que les histoires de quêtes m’ont toujours gavées plus qu’autre chose, et qu’on sait très bien que les seuls trucs que je recherche sont la baise et le désir des autres. Je m’ennuyais, tout simplement. Et puis c’était séduisant. C’était bien. C’était vivre entassés dans le camping car, faire de l’œil innocemment aux garçons et aux filles à tous moments de la journée, se lever pour regarder les montagnes, se baigner toute nue, voler dans les villes en passant, devenir amie avec une autre bande à moto, et puis tous ces trucs qui arrivent quand on se fait la belle sur les routes.
C’est marrant, mais j’ai pas beaucoup de souvenirs de ces quelques six mois de ma vie. Je vois juste des bouts d’évènements, des images, des haleurs, des odeurs. C’était bien, vraiment.
Je me souviens de m’être jetée à l’eau dans un lac glacé d’Écosse, à sept heures du matin, et d’être restée là, stagnante, pendant un temps qui m’a semblé infini.
Je me rappelle d’une course-poursuite dans une ville catalane, un paquet de clopes à la main et les cheveux défaits.
J’ai encore en mémoire une nuit de débauche dans un jardin anonyme de la campagne anglaise, avec l’herbe des champs qui nous montait à la tête.
Je n’oublierais jamais l’odeur de la mer.

C’est con, mais je crois que je ne me souviens que des choses qui ont le moins de sens en y repensant. Et pas des gens. Parce que j’en ai rencontré beaucoup, moi, et que j’en ai aimé des tonnes. Mais au final ils vous laissent tous la même impression de vide au creux des reins.
Les gens ne méritent pas qu’on les garde avec nous. Il faut les vivre sur l’instant.

Et puis aussi soudainement que j’étais partie, je suis revenue chez moi, je suis rentrée avec ma propre clé, et j’ai passé la porte avec un grand sourire. Bien sûr, l’appartement était vide.
Je suppose que je m’imaginais acceuillie en fille prodigue, ma mère pleurant de me revoir, mon père plus heureux que jamais. Mais ils n’étaient pas là. Et comme je n’avais personne d’autre envers qui me tourner, j’ai appelé ma psychologue.

« — …un accident comme il en arrive tout les jours. C’est regrettable. Ils ont essayé de te joindre mais tu n’avais pas laissé de numéro. C’est curieux que tes parents n’aient jamais appelé la police pour que tu reviennes, d’ailleurs. Ils avaient confiance en toi. Tu avais de la chance de les avoir… »

J’ai laissé tombé le téléphone et je me suis assise dans le noir sur mon lit parfaitement bien fait.
Voilà. C’était tout.
Où je vais, maintenant ?


J'me fais vider des boites de nuit
J’me fais courser par des pourris
J’prends des bateaux les soirs de lune
J’fais des roulades entre les dunes
En béton la gueule à l’envers
J’me r’trouve la gueule dans la poussière
Puis y a des flics à chaque coin d’rue
J’ai pas parlé qu’ils m’tapent dessus



▬ Qu'est-ce que ça dit ?
▬ Et bien, tu seras contente d'apprendre que tu es psychologiquement stable selon l'analyse, bien que tu ais interrompu ton traitement pendant un moment.
▬ Et concrètement, je vais où ?
La femme sortit un dossier qu'elle plaça sur la table.
▬ 161 de QI. Elle lui sourit. C'est bien, c'est très bien, même. Donc, tu as deux choix. Sois tu es placé en foyer jusqu'à tes dix-huit ans — deux mois à peine, donc. Soit tu intègre la Wammy's House.
Elle lui fit glisser les papiers. L'adolescente resta silencieuse. Ses yeux parcourent les explications.
▬ Un pseudonyme ? Je choisis ?
▬ Oui. C'est comme tu veux.
▬ D'accord. Elle mordilla ses lèvres. Ce sera Lula.


On a tous une Lula dans nos cœurs
On a tous une lame de rasoir
Qui vient pour nous tailler le cœur
Et ma sale gueule dans le miroir
Lula tu sais quand t’es pas là
Tu sais moi j’fais n’importe quoi
Sur mon tricycle en roue arrière
J’voudrais bien aller voir la mer




Last day of magic, where were you?
SURNOMS : Sailor Lula alias Mei aka Aiiw.
DATE DE NAISSANCE : 18/01
ÂGE : quinze vazy.
SEXE : GURL SAY WHAT
AVATAR : Inoue Orihime de Bleach. Et des rousses randoms.
DECOUVERTE DU FORUM : Aisling, mais pour tout dire je le stalkais déjà bien avant.
NOTE SUR 20 : 18. mais le css ralentit un peu mon navigateur ;w; ( edit : non en fait la nouvelle version gère hii. donc trokoul. )


Dernière édition par Lula le Mar 14 Juin - 16:45, édité 16 fois
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Sujet: Re: Lula – petite princesse c'est pas l'heure de la promesse. Jeu 21 Avr - 9:29

Re-Bienvenue sur Wammy's House /o/

Alors ton personnage est soit une word, soit une shape, je te laisse choisir ce que tu veux !

Jolie fiche en passant *w*

Lancer de dés effectué

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: Lula – petite princesse c'est pas l'heure de la promesse. Mer 4 Mai - 22:03

    Hey, la fiche est encore en cours ? :3

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: Lula – petite princesse c'est pas l'heure de la promesse. Sam 7 Mai - 18:54

Oui, elle l'est ! Pardon je suis un peu ralentie au niveau écriture en ce moment ;____; mais j'y travaille, désoléee pour le retard, j'espère que ça ne me prendra pas trop de temps, pardon pardon.
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Wammy’s: H / A
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Âge: 17 & 25 ans
Sujet: Re: Lula – petite princesse c'est pas l'heure de la promesse. Dim 5 Juin - 2:21

    Je sais que la fiche est toujours en cours mais j'avais envie de te foutre la pression <3

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: Lula – petite princesse c'est pas l'heure de la promesse. Mar 14 Juin - 14:44

GNIH tu fais bien. Sérieux je suis trop lente je suis nulle tuez-moi ;w;

BON APRÈS AUTANT DE TEMPS J'AURAIS BIEN AIMÉ FAIRE UN TRUC COOL. Mais en fait c'est nul. Dx ( un jour je réécrirais et ce sera long et détaillé. là c'est le mieux que je peux. Buuuuh. )

C'est naze mais c'est ENFIIIIN fini. Je suis pas fière mais voilà hein c'est fait.

la classe a été mon grand dilemne parce que je la voyais aussi bien dans les deux argh. Mais. après réflexion ( et après avoir changé d'avis chaque jour ) je prendrais Shape parce que je préfère la couleur /pendue

Je vous aime. Encore désolée pour avoir tant trainé D8
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Sujet: Re: Lula – petite princesse c'est pas l'heure de la promesse. Mar 14 Juin - 23:27

Wha.

J'ai vraiment adoré ta fiche. C'est une petite perle. Alors je te valide avec plaisir *w*

Amuse toi bien ♥

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: Lula – petite princesse c'est pas l'heure de la promesse.

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Lula – petite princesse c'est pas l'heure de la promesse.

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