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 Arpège | La fumée lui monte à la tête ♪

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Arpège
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Feuille de personnage
Wammy’s: H / A
Double Compte: Screen, Jesse
Âge: 17 ans / 25 ans
Sujet: Arpège | La fumée lui monte à la tête ♪ Mer 19 Jan - 23:01

« She’s a maniac »

PSEUDONYME : Arpège, Arpy pour les intimes.
NOM : Le Blanc
PRÉNOM(S) : Ariel
QI: 172
DATE DE NAISSANCE : 30 / 11
ÂGE : 17 ans
SEXE : ❒ M ✔ F
ORIGINE : Française

« Oh oh, pretty woman ! »


Couleur des cheveux : Brune.
Couleur de la peau : Blanche.
Tatouage/Piercing ? : Piercing à l’oreille droite
Couleur des yeux : Gris
Taille en centimètres : 174 cm, sans les talons.
Corpulence: Plutôt fine, il faut l’avouer. Elle n’est pas musclée, étant donné qu’elle ne pratique que le sport de lit.

« I don’t love you, I’m just passing the time »


Musicienne
Déterminée
Franche
Drôle
Attirante
    Egocentrique
    Agaçante
    Têtue
    Nymphomane
    Folle

Résumer le caractère d’Arpège en quinze lignes n’est pas une tâche aisée. Elle ne le serait pas moins en quarante, ou en deux. À vrai dire, cette tâche n’est pas aisée tout court. Autant que de répondre à la question « Qui est Arpège ? ». Cela pourrait paraître simple. En effet, il est facile de décrire les apparences. Alors commençons par là.

Arpège, c’est elle. Oui, la fille qui vous voyez avec une guitare, là-bas. N’est-elle pas ravissante ? On dirait qu’elle est née pour ça. Et c’est le cas. Sa faculté à jouer de la musique se présente comme un don, la matérialisation même de toute son intelligence. La jeune fille a toujours eu un ukulélé ou une guitare entre les mains, d’aussi loin qu’elle s’en souvienne. Pas besoin pour elle de faire de quelconques efforts pour améliorer son niveau, comme prendre des cours. D’ailleurs, elle n’a jamais compris le solfège. Pourquoi s’embêter à poser de la musique sur du papier ? C’est absurde. La musique, pour Arpège, est dans l’air, dans les oreilles, dans l’estomac, dans les poumons, dans la tête, dans le cœur, dans l’âme. Enfin, partout où elle n’est pas emprisonnée par l’encre, ou matérialisée comme une science. Oui, la jolie brune vit la musique, et cette dernière est venue à elle tout naturellement. Les sons n’ont pas de secrets pour Arpège. Il suffit qu’elle entende une chanson, quel que soit son style, pour la reproduire sur son instrument à cordes. Si elle chante ? Oui, bien sûr. Elle a même une voix plutôt jolie, peu commune, un peu grave. Il faut dire que fumer presque un paquet de cigarettes par jour, et même deux lorsqu’il y a une fête, c’est-à-dire un jour sur deux, ça n’aide pas forcément.
Est-ce qu’Arpège sait qu’elle est talentueuse ? Bien sûr. Elle sait aussi qu’elle est belle, sexy, attirante, drôle, populaire et tout ce qui va avec. Disons qu’elle est légèrement égocentrique, on ne peut pas le nier. La jeune musicienne s’aime, c’est comme ça. Il lui arrive de dire « Si j’me connaissais, j’serai amoureuse de moi. Tu vois ? ». Une certaine forme de narcissisme qu’elle a développé, et qui fait qu’elle s’émerveille devant le moindre de ses défauts. Arpège adore sa personnalité ainsi que son physique, on ne peut rien y faire. Aussi insupportable cela puisse-t-il être, c’est comme ça.

Arpège, c’est elle. Oui, la fille qui crie, là-bas. Non, ne vous en faîtes donc pas, ce n’est pas de douleur. C’est juste son rire. Et s’il y a une chose qu’elle aime dans la vie, c’est rire. Peut-être qu’avec ce dernier, tout est plus facile, tout passe mieux. En tout cas, il n’est pas rare de l’entendre s’esclaffer bruyamment. Pourquoi ne se contente-elle pas de glousser, comme toutes les autres filles de son âge ? Car Arpège aime se faire remarquer. Oui, cela va de pair avec son égocentrisme. Elle adore que l’attention soit tournée vers elle, qu’elle soit au centre de tout. Ce trait de son caractère est tellement extrême, qu’elle jubile lorsqu’elle entend dire du mal d’elle. Comme le dit une chanson de Fall Out Boy « Je m’en fous de ce que tu penses, à partir de moment que c’est à propos de moi ». Disons que cette phrase correspond parfaitement à Arpège. Une des nombreuses raisons pour lesquelles elle attire beaucoup l’attention, c’est son langage ainsi que sa manière d’aller vers les gens. Quoi de plus improbable qu’une grande brune, avec un léger accent français, venant vers vous, et vous déballant un discours sur la littérature anglaise au XVIIe siècle ? Cela peut être surprenant, mais Arpège est cultivée. Et tout ce qu’elle sait, elle a besoin de le dire à quelqu’un. Enfin, surtout, tout ce qu’il lui passe par la tête. Et ce quelqu’un, cela peut être vous, comme n’importe qui. Cela implique qu’elle est d’une franchise déconcertante. Parfois, vexante. Elle ne va pas s’embarrasser avec des paroles hypocrites.
Il faut dire que se faire remarque de la sorte, que ça soit en hurlant de rire, en jouant de la guitare, en tout simplement en allant harceler les gens, cela a eu de l’effet. Certaines personnes ont une certaine admiration pour elle. Ces gens-là, elle joue avec eux. Parce que c’est drôle, bête et méchant.

Arpège, c’est elle. Oui, la fille qui embrasse deux personnes en même temps, là-bas. Et sûrement qu’elle couchera avec eux, dans peu de temps. Oui, les deux. Quelle importance s’il s’agit d’un garçon et d’une fille ? Elle est bisexuelle. Elle aime les courbes des femmes et les angles des hommes. La jeune femme porte dans sa bouche la salive de toute la Wammy’s House, au moins. Tout le monde a déjà embrasse Arpège, ne serait-ce qu’une fois, si ce n’est pas plus. Elle est aussi facile à cueillir qu’une pâquerette. Ne vous en faîtes pas, elle en a conscience, elle ne fait pas ça en toute naïveté. C’est même avec plaisir qu’elle offre son corps, comme un jeu. Puis, coucher, souvent, c’est utile. Et ça fait du bien. Le sexe, un passe-temps comme un autre. N’y a-t-il pas quelque chose derrière ? Des sentiments, peut-être ? Non, jamais. Arpège n’est jamais tombée amoureuse, et ce n’est pas demain que ça arrivera. Ces attachements sentimentaux ne sont là que pour se prendre la tête. Si elle couche avec une personne, c’est soit en toute amitié, soit sur un coup de tête, soit pour dégoûter quelqu’un qu’elle n’aime pas. C’est quelque chose qu’il faut savoir : lorsqu’Ariel n’aime pas quelqu’un, cette personne a de fortes chances de souffrir le martyr. Elle n’y va pas à moitié, et elle fera tout pour l’humilier (pourquoi pas en couchant avec elle ?).

Arpège, c’est elle. Oui, la fille collée au mur, là-bas. Aussi étrange que cela puisse paraître, elle a des faiblesses. Non, ce n’est pas une blague. À commencer par sa « phobie » : ce qui se trouve derrière elle. Elle ne supporte pas avoir du vide dans son dos. La peur que quelqu’un surgisse est trop forte pour qu’elle se risque à se décoller des murs. C’est pour cette raison qu’elle garde souvent une main dans son dos, tandis que l’autre bat un rythme sur des cordes imaginaires, comme une manie, un tic. Pourquoi Arpège est-elle si effrayée lorsque quelqu’un se trouve derrière elle ? Cela remonte sûrement à l’époque où l’homme aux gants noirs la poussait dans une pièce pour la harceler sexuellement. Elle est ressortie de cette période de sa vie brisée, et en même temps plus forte que jamais. Cependant, lorsqu’elle se retrouve seule, le masque tombe. Et toutes ses culpabilités antérieures surgissent. Arpège s’en va pour laisser place à Ariel. Si vous saviez à quel pour elle voudrait oublier son ancienne vie, son ancien nom, qu’elle est responsable de la mort de sa mère.

Arpège, c’est elle. Oui, n’ayez pas peur. Elle est comme vous. Mais en plus trash.

Classe



    Définissez vous en une phrase.
    1. Sérieusement, t'as pas quelque chose d'autre à faire que me demander ça ?


    Vous offrirez quoi à Noël à votre meilleur ennemi ?
    1. Une corde.


    Parmi ces livres ci-dessous, lequel serait le plus susceptible d'être votre livre de chevet ?
    1. Les 120 journées de Sodome du Marquis de Sade.


    Ce que vous devez impérativement arrêter de dire. Sérieusement.
    1. « Le si n'aime pas le ré pour la centième fois ! »


    La petite manie dont vous vous passerez bien ?
    1. Faire des private jokes.


    Il y a forcément quelque chose que vous auriez dû faire depuis longtemps et n'avez toujours pas fait.
    1. M'excuser au près de la personne que j'ai insulté il y a trois semaine. Peut-être. On verra.

Histoire



    On ne naît pas toujours dans le milieu où l'on souhaite grandir. La naissance est un cri de douleur, de torture. L'air pénètre dans les poumons. On croit mourir, alors que c'est la vie qui entre en nous. On se débat, on vient de nous faire quitter le paradis. On pleure, on a mal, on veut retourner d'où on vient.
    Pour son cas, Ariel fut accueilli par des rires. Non, des éclats de rire plutôt. Des applaudissements, des cris, de la musique, des sifflets, des trompettes, des projecteurs. Sa naissance fut un Enfer pour la jeune mère et pour l'enfant. Patricia était d'une beauté inégalable. En ce jour, sa fille est son sosie au même âge. Une chevelure d'un noir de jais tombant en cascade sur des épaules frêles, de grands yeux gris ornés de longs cils, une bouche luisante, des pommettes rosées, une peau blanche et douce, une poitrine plutôt volumineuse et souvent mise en valeur, une ossature fine et des oreilles légèrement décollées. On peut ajouter dans la liste une taille dans la moyenne. Malheureusement, Ariel hérita de la voix rocailleuse de sa mère, cette foutue fumeuse incapable d'arrêter de cloper durant sa grossesse. Par conséquent, l'enfant naquît avec plusieurs défaillances. Pour commencer, la jeune fille est stérile. Ariel est en effet incapable de porter un nourrisson en elle et, surtout, de voir un de ses ovules être fécondé. Ce secret qu’elle n’a jamais répété représente tout d’abord une honte pour elle, mais principalement une douleur qu’elle n’effacera jamais. On peut ajouter qu’Ariel naquît avec un doigt en plus, juste à côté de l'auriculaire. Il fut enlevé dès sa naissance, ce qui laissa une cicatrice assez conséquente. Pour finir, il y eu les problèmes respiratoires. En effet, même aujourd'hui, la jeune fille a besoin de prendre des médicaments pour dégager ses poumons.
    Bernard s'approcha de la petite, s'en empara et avec des ciseaux roses à pois verts, il coupa le cordon ombilical. Avec un sourire malicieux, il leva l'enfant au-dessus de sa tête et cria :
    « Ariel ! Ma fille ! »
    Retentit alors un tonnerre d'applaudissements de la part de toute la troupe du cirque. Patricia, la jeune funambule, regarda son enfant en souriant, et ferma les yeux, heureuse.

    L'activité favorite de Patricia, quand Ariel était bambin était sans hésiter de caresser l'aile de son petit nez en goutte d'eau. C'était la seule chose que la fille hérita de son père, ce fameux acrobate.
    Les deux amoureux se rencontrèrent au sein de la troupe de cirque à laquelle ils appartenaient tous les deux. Ils ne filaient pas forcément l'amour parfait, mais ils s'aimaient, et c'était le principal pour ces deux artistes qui avaient bien dix ans d'écart.
    Ariel eut une petite enfance bercée par les couleurs chaudes de la toile tendue du chapiteau, les cercles de feu, le sable de la piste, les rugissements de fauves, les applaudissements et l'amour de sa jeune mère. Patricia vouait une admiration sans limites à sa fille, qui faisait craquer tout le monde avec son petit rire enfantin. Dès sa naissance, elle montra à tout le monde un caractère bien défini. Ariel était plutôt exigeante, et de toute façon, elle avait tout ce qu'elle voulait. Un rien la faisait exploser de rire, ce qui la caractérisera sa vie durant. On pouvait dire qu'elle avait la langue bien pendue. En effet, lorsqu’elle parait dans ses explications incohérentes, impossible de l’arrêter.

    Vers ses quatre ans, l’enfant surprit une conversation qui changea le sens de sa vie. Son père s’adressait vivement à un homme qui lui était alors inconnu.
    « Ecoutez, je veux bien que vous aillez racheté le cirque, disait Bernard. Mais je ne vous autorise pas à exclure de la sorte ma fille !
    - Comment dire ? Elle ne sert à rien. Encore aurait-elle un talent, cela serait passé. Mais c'est une bouche en plus à nourrir. Ariel est inutile à la troupe et elle prend de la place. Envoyez-la chez ses grands-parents, je ne sais pas moi.
    - Le cirque, Patricia et moi sommes sa seule famille ! Elle n'a que quatre ans, voyons ! Laissez-lui le temps de s'affirmer un peu. C'est une artiste, vous voyez bien qu'elle a sa place ici.
    - Bon. Elle a encore un an pour monter un numéro. Sinon, elle quitte la troupe. »
    Ariel se posa une question : Qui était cet étrange type au chapeau rouge ? Du haut de ses autre ans, il y eu une chose qu'elle comprit : elle devait trouver quelque chose à faire au sein de la troupe, et ce, le plus rapidement possible.


    Ariel s'essaya à l'acrobatie, comme son père. Ce dernier tenta de lui apprendre les bases, mais la petite se montra très peu douée pour cette discipline. Ses petites mains ne parvenaient pas à tenir fermement le trapèze, et elle retombait à chaque fois. Cela dit, elle persévéra, les bleus s'accumulant. Bernard lui faisait remarquer qu'elle était peut-être trop jeune pour pouvoir faire ce que lui faisait sans problèmes. L'enfant ne comprenait pas pourquoi son père réussissait, tandis qu’elle n’y parvenait pas.
    La seule chose qui fit arrêter Ariel fut ses problèmes respiratoires. Elle fut conduite à l'hôpital, et y séjourna deux mois entiers. La troupe dû faire une pause dans sa tournée, en attendant que la petite sorte du centre. Sa mère venait tous les jours à son chevet. Elle se penchait au-dessus de sa fille, lui caressait les cheveux et lui chantait des chansons, sa voix grave la berçant.
    Quand Ariel fut capable de respirer sans machine, on lui administra un traitement qui l'embêta plus qu'autre chose. Tout d'abord, elle devait prendre des comprimés dégoûtants qu'elle n'arrivait jamais à faire couler dans sa gorge. Puis, matin et soir, elle devait aspirer un produit horrible contenu dans un tube.
    Quand elle retourna au chapiteau, elle laissa tomber son numéro d'acrobate, et se dirigea vers la profession de sa mère. Tenir sur un fil, cela ne pouvait pas être bien compliqué. Patricia y arrivait très bien. Et puis, c'était dans les gênes, elle allait y arriver. Malheureusement, le résultat fut le même qu'avec son père : Ariel enchainait échecs sur échecs. La petite était révoltée : comment pouvait-elle échouer face à ces activités qui paraissaient pourtant si simples ? Elle fêta ses cinq ans, le jour de son renvoie approchant.

    Un jour, alors qu'elle jouait avec un petit chien de la troupe, un clown, s'approcha d'elle et lui fit une proposition qui éveilla dans le regard d'Ariel des étoiles :
    « Eh, petite Princesse ! Sois pas si triste. Pour mon nouveau numéro, j'ai besoin que tu t'habilles comme le singe dans Aladin, et que tu prennes ce ukulélé. Capich ? Tu vas voir ma chérie, ça sera grandiose ! Tu seras sous les projecteurs, ton coeur va battre à cent à l'heure, ta tête va tourner : La gloire, quoi ! T'inquiète pas, j'ai tout vu au niveau du boss et de tes parents. On commence les répet's demain, petite puce. »
    Les répétitions ne furent pas de tout repos. Le clown lui apprit un morceau de ukulélé qu'elle devait savoir à la perfection pour pouvoir faire semblant de le rater lors de la représentation, cela devant produire un effet comique. Ce qui aurait dû prendre plus d’une semaine pour une enfant de cinq ans, prit une demi-heure. Ariel était extrêmement douée, ce qui n’était pas pour lui déplaire. Elle trouvait enfin une utilité au sein de la troupe.
    Le numéro se passa bien. Les spectateurs explosaient de rire lorsqu'ils la voyaient, déguisée en singe, hausser les épaules en disant : « Oups, j'ai oublié : J'vais me faire gronder ! ». En soi, Ariel ne trouvait pas cela très drôle, mais puisque le public avait l'air d'apprécier, elle ne disait rien.

    L'année suivante, la petite accompagnait chacun des numéros par un morceau de ukulélé, son nouveau meilleur ami. Cet instrument lui allait à merveille, et il lui plaisait réellement. Ariel prenait un plaisir fou à courir sur la piste en grattant les cordes. Malheureusement, le propriétaire du cirque, qui avait renoncé à renvoyer la petite, refusait tout de même à ce qu'elle ait un numéro rien qu'à elle. Selon lui, les spectateurs n’étaient pas là pour « écouter une même jouer de la musique ».
    Le cirque connaissait un succès fou en France, et ils se déplaçaient de régions en régions. Ariel avait désormais six ans, et elle apprit à jouer de la guitare. L’instrument était adapté au costume qu’elle portait sur scène. Jamais l’enfant ne fut plus épanouie.

    Ce mercredi, c'était à Patricia de monter sur scène. Elle avait mis au point un nouveau numéro complexe. De ce fait, la décision avait été prise qu'elle ne serait pas accompagnée par un morceau de guitare.
    « Dès que Quentin sort de scène, tu entres. Ok, Patou ?
    - No problem.
    »
    La femme souffla un coup. Ariel tira le tutu de sa mère.
    « Maman, j'sais plus ! Je joue quoi déjà comme morceau là ?
    - Tu joues pas, on a dit.
    - QUOI ? Mais c'est quoi ça ?! Nan mais tu t'sens pas bien ?
    - Me parle pas comme ça ! Et lâche moi, je dois allez sur scène !
    »
    Patricia couru sur la piste avec un grand sourire, sous les applaudissements et les cascades de lumières. L'enfant resta bouche bée. Sa mère ne lui avait jamais parlé comme ça. Elle si douce, si gentille, elle l'avait … Disputé ? Non ! Impossible. Et pourtant, c'était le cas. Ariel s'assit par terre, posa sa guitare et croisa les bras, les sourcils étroitement froncés.
    * De toute façon, j'm'en fiche*
    Le public retint sa respiration. Patricia monta sur le fil alors qu'un grand silence s'installait dans le chapiteau.
    * J'suis meilleure qu'elle, d'abord*
    Patricia fit un demi-tour net. Le public poussa une exclamation de surprise. La funambule se tenait debout sur une jambe. Tonnerre d'applaudissements.
    * Elle veut juste que j'lui pique pas la vedette. Elle est nulle Maman. *
    Patricia fit de gracieux mouvements des bras, offrant aux spectateurs une prestation époustouflante.
    * Elle peut tomber, rien à foutre*
    La funambule montra un léger déséquilibre, mais rattrapa son faux pas avec un sourire splendide. Elle fit un petit saut accompagné d'une nouvelle chorégraphie des bras. Faux pas.
    * Tombe ! *
    Patricia tomba comme une mouche. Un cri aigu sortit de sa bouche. Le public hurla, se mettant debout, la montrant du doigt. Bernard se rua sur la piste.
    « MAMAN ! »
    Patricia mourut.



    Ariel regardait la pluie battante s'écraser contre les vitres de la voiture. Son visage n'offrait aucune expression. Que de l'indifférence.
    « Bernard, tu es certain de ton choix ? Tu vas tellement nous manquer, toi et ta petite !
    - Je suis désolé, mais je ne reviendrai pas sur ma décision. La perte de Patricia me pousse à partir de la troupe avec Ariel. Je suis encore une fois désolé, mais je ne peux rester.
    »
    Personne ne lui en voulut vraiment. D'ailleurs, comment lui en vouloir après ce qui était arrivé la semaine précédente. Bernard monta à l'avant de la voiture, et démarra.
    Ariel regarda le chapiteau s'éloigner petit à petit, serrant contre elle son vieux ukulélé. Elle ne laissa pas sortir les larmes qui perlaient à ses yeux.
    La petite intégra une école publique, pour la première fois de sa vie. Elle apprit à lire et à écrire, mais sa maîtresse fit remarquer au père que l'enfant s'ennuyait fermement en classe, ne parlait pour rien dire, mais obtenait de très bons résultats aux évaluations. La seule justification de Bernard était qu'Ariel n'avait jamais connu d'autres enfants, et qu'elle venait de vivre un choc émotionnel.
    Elle continua la guitare, jouant en boucles les morceaux qu'elle connaissait. Un jour, elle s'en lassa et vint voir son père :
    « J’peux rentrer au conservatoire ? »
    Il ne se fit pas prier. Aussitôt demandé, aussitôt fait. L'homme avait l'air de prendre du plaisir à écouter sa fille jouer. Ariel se répétait « J'ai tué Maman. Je dois redonner le sourire à Papa. » Alors, elle travaillait difficilement.

    Ariel devint l'étoile de son école de musique. Son niveau en guitare dépassait la normale pour une enfant de son âge. Elle maîtrisait l'arpège et la coordination de ses doigts à merveille. Tout le monde admirait son talent. Le directeur du conservatoire ne tarda pas à lui réserver des places dans certains des concerts que l'école organisait. Ariel avait la vague impression de retrouver le cirque. Jouant devant tout le monde, baignant dans la lumière et sentant son coeur battre sous les applaudissements. Son père était on ne peut plus fier d'elle. Il criait sur tous les toits que sa fille était un prodige.
    Elle avait dix ans. Sa mère était morte depuis quatre années, déjà. La douleur s'était estompée, mais elle pensait toujours être la responsable de la mort de Patricia.
    Un soir, Ariel jouait pour une autre salle de France extrêmement connue, qui avait entendu parlé d'elle. Ses doigts dansaient sur les cordes tout comme sa main sur le manche en bois de sa nouvelle Yamaha. Elle était seule sur scène, c'était la première fois. Et tant de gens s'étaient déplacés pour la voir. Ariel laissait la musique la porter. Elle se sentait vraiment bien. Il n'existait plus que cet air qu'on avait composé pour elle.
    Salut. Tonnerre d'applaudissements. Noir. Direction sa grande loge.
    Elle poussa la porte, posa sa guitare, et se laissa tomber dans un fauteuil. Ce qu’elle était fatiguée. Elle leva les yeux, et poussa un cri quand elle aperçue dans un miroir le reflet d'un grand homme qui portait des gants noirs. Après quelques secondes, elle reconnut l'homme qui gérait la salle. Elle sourit :
    «Alors m'sieur, z'avez pensé quoi du concert ?
    - Tu es vraiment … époustouflante, ma petite Ariel.
    »
    L'enfant n'aimait pas vraiment son sourire malicieux, mais elle ne dit rien, par politesse. Elle alla se débarbouiller rapidement le visage. L'homme la suivit du regard, toujours en souriant d'une manière aussi déconcertante qu’effrayante. Quand elle passa près de lui, il se dégagea sur le côté, et elle crut sentir sa main frôler son buste. Elle fit volte-face, le foudroyant du regard. Puis, elle lui demanda d'un ton sec :
    «Vous pouvez me passer mon pull qui est à côté d'vous ? »
    Il ricana :
    « Tu n'en auras pas besoin, petite. »
    L'homme aux gants noirs ferma la porte à clé.

    Ariel pleurait. Jamais elle n'avait autant pleuré, même pas le jour de la mort de sa mère. Son père la regardait, assis en face d'elle, calme. Elle sanglotait, ne pouvant pas parler. Son nez coulait, ses yeux rouges étaient gonflés et ses mains cachaient son visage. Elle avait mal, elle était sale, humiliée. Elle souffrait tellement. Tout son petit corps brisé tremblait. Elle abattu son point sur le sol. Son être était souillé. L'enfant se semblait si faible, si triste, si effrayée. Si sa mère avait été là Bernard la regardait encore, ne bougeant pas d'un poil. Ariel poussa un cri de rage.
    « P.. Pa.. Papa..
    - Oui, mon ange ?
    - J.. Je.. Il m'a..
    - Quoi donc ?
    - Je.. sais pas.. ce qu'il m'a fait ! J.. j'ai.. mal..
    »
    Elle reprit sa respiration et leva son visage déformé par la haine et la tristesse vers Bernard. Ce dernier n’avait pas une once de colère dans son regard. C'était pire. Il était totalement indifférent. Ariel comprit que son père était fou. La mort de Patricia l’avait entièrement changé, et ce, à tout jamais. Il ne pensait plus pareil, il n’était plus le même. Il était vide. Ce n'était plus son père.
    Bernard la prit dans ses bras. L'enfant explosa encore plus en sanglots, criant des mots incompréhensibles. En réalité, elle insultait son père. Elle était trop faible pour se débattre, ni pour faire quoi que cela soit. Il tint alors un discours que la petite fille n’oubliera jamais tout au long de sa vie. Et aujourd’hui encore, elle se souvient mot à mot ce que son géniteur lui dit.
    « Ecoute. J'ai compris ce qu'il s'est passé. Ce n'est pas grave, tu sais. Il faut le laisser faire s'il recommence. Regarde comme tu es célèbre ! Je suis si fier de toi, ma fille. Quand tu es sur scène, j'ai le cœur qui bat comme jamais. Tu es belle, et tu ressembles tellement à ta mère dans ces moments-là ! Je suis heureux, tu ne peux pas savoir comment. Allez, sèche donc ces larmes de crocodiles, ma chérie. Ce qu'il t'a fait, ça serait arrivé un jour où l'autre. Tout le monde passe par là, Ariel. C'est le directeur de beaucoup de salles, cet homme. Laisse-le faire, je te dis. Viens, on va manger. »
    Ariel n’était qu’une enfant. Elle écouta alors ce que cet homme vide lui dit de faire. Elle laissa faire l’homme aux gants noirs. Une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, peut-être plus. Sûrement, même.
    Enfer pour la musique.

    « NON !
    - Comment ça ?
    - J'ai dit : NON.
    - Que t'arrive-t-il aujourd'hui ? Allez, viens donc.
    - J'en peux plus. Z'êtes un monstre, un salopard ! Vous ruinez ma vie, connard.
    - Je ruine ta vie ? Je te réserve de grandes salles, rien que pour toi. Gamine, viens ici je te dis !
    - Approchez pas d'moi ! J'vous jure que j'en ai plus rien à foutre d'la musique, si j'suis obligée de me faire toucher par un vieux pervers comme vous. J'm'en fous d'la célébrité... J'veux vivre, c'est tout !
    - Tu es certaine de ton choix ?
    - Vieil enculé !
    »

    Bernard sombra dans une profonde dépression. Ariel avait tout comprit. Il se fichait d'elle. Tout ce qu'il désirait de sa fille était qu'elle ressemble à sa femme, sous les projecteurs. Il voyait Patricia à travers Ariel, c’était sa seule raison de vivre. Maintenant qu'elle n'était plus qu'une vulgaire enfant qui allait à l'école, il la délaissait. Pourtant, la fillette ravala ses maux, et tenta de s'épanouir. Jamais elle ne parla du fait qu'elle avait été abusée sexuellement par un homme qui disait faire son « bonheur ».
    Le jour de l’anniversaire de sa fille, Bernard se suicida.



    « Arpège. J’ai pas d’passé, garçon, donc stop it now tes questions. »
    La Wammy’s House. Un lieu parfait pour cette petite fille qui aurait dû être brisée, mais qui, au contraire, ressorti de cette période de sa vie grandie. Ou presque. Toujours est-il que cet orphelinat regroupant des surdoués lui offrait tout ce qu’elle désirait. Une nouvelle identité. Une nouvelle vie. Arpège. Elle n’hésita pas vraiment pour son nouveau nom. Elle choisit évidemment un pseudonyme en rapport avec la musique. Là-bas, tout semblait plus simple. Les relations, surtout. Devenir L, cela lui importait peu. Arpège, c’est tout ce qu’elle voulait être.

    « Yolé, calmos. C’est la première fois qu’tu vois des seins ou quoi ? Fu fu fu. »
    Il n’y avait rien de plus amusant pour elle que de retirer une à une la virginité de ces orphelins déboussolés, mâles ou femelles. Cela constitua rapidement une partie de sa réputation, assortie d’un mépris de la part de nombreux habitants de la Wammy’s House. Arpège s’en fichait. Tant qu’elle passait un bon moment, peu lui importait de ce que les gens pouvaient dire d’elle. Et puis, elle était peut-être la première à médire ou à blesser, donc qu’on lui rende la pareille lui était égal.
    Il n’y avait pas que ce point qui faisait partie de sa réputation. Elle était également « Arpège, celle qui joue juste trop bien de la guitare, quoi. ». Ce n’était pas déplaisant, au contraire. Elle retrouvait un certain succès qu’elle n’avait pas connu depuis qu’elle avait quitté la scène, il y avait quelques années. Et ce qu’il y avait de mieux, c’était cette lueur d’admiration qui brillait dans les yeux de ceux qui l’écoutaient. Rien ne pouvait lui apporter plus de satisfaction que cela.
    Arpège apprit assez rapidement l’anglais. Ce n’était pas si compliqué, tout le monde le parlait dans l’orphelinat. Il suffisait d’écouter un minimum et de reproduire, comme la musique. Cela confirma que sa capacité d’assimilation touchait la perfection. Elle en profita pour apprendre l’espagnol, qui était assez proche du français, alors cela ne lui posa pas énormément de problèmes. Son énorme potentiel linguistique l’assimila bien vite au groupe des Words. Arpège, encore une fois, n’en avait rien à faire. Être rangée dans une catégorie, cela ne lui apportait pas beaucoup.

    « Eh ! Tu savais que quand on naissait dans un avion, ben on avait genre toutes les nationalités du monde. Azi, m’crois pas. T’as qu’à demander au dico, j’te jure qu’il sera d’accord avec moi. J’trouve ça juste trop ouf moi. Genre imagine, t’es là, tu nais, t’es dans un avion, et PAM, c’est bon, t’as toutes les nationalités que tu veux. Chinois, français, anglais, américain, brésilien.. Reviens là, garçon ! J’pas fini. Chilien, russe, japonais, indien.. Bref. Allez, chanson ! »
    Maschera, il était sympathique lui. Oui, lui. Il s’agissait bel et bien d’un garçon. Malgré son apparence de fille poussée à l’extrême, il n’en restait pas moins un mâle. Les énergumènes dans son genre intéressaient profondément Arpège. Elle avait abordé au moins une fois chaque orphelin, leur trouvant à tous des curiosités. De ce fait, elle était assez « connue » au sein de la Wammy’s House, ou si vous préférez, elle n’était pas inconnue.
    Si elle avait des amis ? Oui, effectivement. Elle était de ces gens qui sympathisaient rapidement avec les autres. Mais sa réelle amitié était extrêmement délicate. En effet, avoir de la sympathie pour quelqu’un ne lui suffisait pas. C’était en quelque sorte une manière de se protéger des autres. C’est pourquoi elle ne donnait sa confiance à personne. Il est difficile pour une jeune fille qui fut trahit par son père que de se livrer à n’importe qui. Il n’y a que son corps qu’elle donnait rapidement. Et ces règles sont toujours en application.


HRP


SURNOM(S) : Arpy, Harpie, Jool, Nana, Nanoune.
DATE DE NAISSANCE : 24 / 10 / 95
ÂGE : J'vous laisse faire le calcul (:
SEXE : ❒ M ✔ F
AVATAR : De la dessinatrice Dahlia.
DÉCOUVERTE DU FORUM : Il y a deux ou trois ans, peut-être via un partenariat. J'étais à l'époque Noki et Peluche.
NOTE SUR 20 DU FORUM : Ah, je n'aime pas noter. Le nouveau contexte est très bien, ainsi que les nouveau predefs. Et puis le design est juste wow, moi qui ne suis pas très rose, je le trouve superbe ! Et puis, c'est sans compter la super ambiance qu'il y a ici ♥


Dernière édition par Arpège le Sam 19 Fév - 15:48, édité 17 fois
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Âge: 17 & 25 ans
Sujet: Re: Arpège | La fumée lui monte à la tête ♪ Jeu 20 Jan - 17:41

    Bonjour et re Bienvenue ! 8D

    Ton personnage est une Word ! o/

    Alea Jacta Est !

♔ ♔ ♔

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Âge: 17 & 25 ans
Sujet: Re: Arpège | La fumée lui monte à la tête ♪ Jeu 17 Fév - 23:05

    Bonchoir ! 8D

    Où en est la fiche ? Elle me semble fortement joliment terminée, tu vois.

♔ ♔ ♔

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Âge: 17 ans / 25 ans
Sujet: Re: Arpège | La fumée lui monte à la tête ♪ Sam 19 Fév - 15:43

    Voooooooooooilà ! Je rajoutais la dernière partie. Terminée \o/
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Sujet: Re: Arpège | La fumée lui monte à la tête ♪ Sam 19 Fév - 21:43

Validée madame.

♔ ♔ ♔

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Sujet: Re: Arpège | La fumée lui monte à la tête ♪

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Arpège | La fumée lui monte à la tête ♪

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