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 fin d'un silence. {Truth.

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Invité
Sujet: fin d'un silence. {Truth. Sam 17 Juil - 15:37



« Extinction du noir.



C'était le silence de la fatigue. La surdité momentanée qui vrombit dans nos oreilles. Milk titubait dans les couloirs de la Wammy's, ou plutôt il y errait. Tout semblait avoir perdu son sens, tous ses sens semblaient avoir été perdus. Ces maudits cauchemars revenaient sans cesse, ils avaient désormais entaillé le visage de Milk de cernes mauves avant de s'acharner sur ses joues et de leur donner une teinte grisâtre. Pauvre Milk! Le surveillant n'était plus qu'un fantôme aux yeux livides. Un être à part. Déconnecté. Il voyait les orphelins passer d'un air hébété, sans plus entendre leurs rires et jacasseries. Le jeune homme se contentait d'avancer. Tout simplement. On lui avait arraché sa curiosité des beaux jours pour lui ajuster des œillères noires et serrées. Il n'avait même plus d'inspiration pour ses fictions, et d'ailleurs, Milk n'osait même plus énoncer un simple “Il était une fois”. Au vu de ses rêves noirs, tout conte se transformerait en histoire d'épouvante; et, comme vous devez le savoir, le surveillant préférait largement déblatérer au sujet d'unicornes à crinière arc-en-ciel que divaguer à propos de croque-mitaines aux yeux couleur sang. Tss. Le garçon avait vraiment besoin de se trouver une occupation.Et c'est donc sans broncher qu'il accepta d'aller fouiller la chambre de Truth et Kennedy. Ces deux fillettes, il ne les connaissait pas plus que ça. Bon, c'était clair que l'Américaine ne passait pas inaperçue, mais Truth...elle ne parlait pas beaucoup, elle jetait des coups d'oeil fugaces. Il la croisait parfois, un échange de regards vaguement surpris et rien de plus. Intrigante pour sûr, mais pas des plus loquaces. Un joli petit mystère. Un motus et bouche cousue.
Lorsqu'il se retrouva devant la porte blanche, Milk s'arrêta. Paupières closes. Il essayait d'imaginer le monde qui se cachait derrière la morne porte qui servait d'introduction. Sans doute, les affaires de Kennedy s'étalaient dans tous les sens et rongeaient l'espace réservé à la colocataire et peut-être que cette dernière, à l'apparence plutôt discrète, rangeait toutes ses affaires comme pour cacher un secret. Le surveillant fit glisser ses doigts sur le bois du meuble, les yeux toujours fermés, donnant quelques dernières retouches à son tableau imaginaire. Et de la musique, beaucoup de musique. Kennedy avait tendance à chantonner du vieux punk et il avait déjà surpris Truth alors qu'elle vissait des écouteurs dans ses oreilles.
Clic.
La poignée céda.

On avait souvent dit à Milk que les apparences sont trompeuses, et là encore, cette maxime faisait preuve d'absurdité. Certes, le jeune homme était loin d'avoir tout bon, mais il y avait bel et bien un lit défait sur sa gauche, aux couvertures jonchées de pulls et de vieux vinyles, alors que le lit de droite semblait être un modèle de paix et de propreté. De toute façon, il n'était pas venu ici pour examiner les édredons des orphelines, non, non. “On dit que Kennedy cache de la... drogue, des produits illicites...” avait chuchoté Roger à son oreille. Milk ne s'y connaissait pas vraiment en pilules et en herbe, il faut dire qu'il n'en a jamais eu besoin pour s'envoler vers une nouvelle dimension. La poudre d'escampette résidait sûrement dans un sac plastique. Peut-être se trouvait-il dans la petite armoire crème? Peut-être sous la couette? Ou tout simplement derrière ce tableau? Le pauvre surveillant se démenait. Avec sa curiosité, il avait perdu tout entrain, et finit par s'échouer lamentablement sur le plancher au bout de quelques minutes. Quelques instants de repos et il repartirait à la quête du St Graal, il se l'était promis. Cependant, l'observation d'un plafond se révéla très ennuyeuse. Lenteur et difficulté l'accompagnèrent lorsqu'il se leva pour examiner les quelques disques rangés sur la table de Truth. Un brin de curiosité au bout des doigts, il attrapa les pochettes, les observa, les retourna, et finit par les ouvrir “sans le faire exprès”, évidemment. Après tout, ce n'était pas la faute de Milk. La pochette des disques était d'un noir statique et vide, sans aucun nom d'artiste éventuel, sans aucune marque de production. C'était plus fort que lui, vous comprenez? Il glissa un des premiers enregistrements qui lui était tombé sous la main dans la vieille chaîne de Kennedy avant de s'asseoir sur son lit, un sourire satisfait collé aux lèvres. Mimique qui ne tarda pas à se défaire. Le CD ne semblait déclencher rien d'autre que des grésillements et des murmures oppressants et incompréhensibles, deux voix d'hommes, une courte pause, quelques vocalises, des chuchotis et le silence.
Ainsi, la première voix que Milk entendit depuis des jours s'éleva, délicieusement enfantine et divinement légère, délicatement espiègle et merveilleusement simple. Inutile de faire défiler d'autres adverbes et adjectifs, sachez juste que chaque muscle du surveillant se détendit. La fin du silence. C'était comme si ces trilles étaient celles d'une sirène, inondant son esprit de...de quoi, au juste? De douceur, peut-être même d'euphorie ou de félicité? Il ne le savait pas vraiment. Le jeune homme se sentait bercé par le roulis de ces vagues harmonieuses et il aurait même pu basculer du côté de Morphée, si seulement, oh si seulement personne n'était rentré...
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Sujet: Re: fin d'un silence. {Truth. Mar 27 Juil - 20:03

    Timothée était terré dans le grenier, accroupi au milieu du bazar, recroquevillé sur lui-même dans un coin presque impossible d'accès. Il avait éteint la lumière pour plus de sureté et avait pris grand soin de trouver une position confortable pour ne pas avoir à bouger avant bien longtemps. Ici, personne ne le trouverait, personne ne le questionnerait, personne ne le torturerait, il serait à l'abri de tous les dangers de la Terreur. Ainsi, il serait calme et en paix... Certes sale, affamé, mort de peur, manquant beaucoup de sommeil et ayant la gorge asséchée... Mais calme et en paix, c'était tout ce qu'il désirait. Et Dieu sait combien le jeune homme était dur à contenter. Enfin, il manquait une seule chose à son bonheur complet, un unique et simple détail. A tâtons, il sortit son baladeur CD de son sac, comme on sortirait un bijou inestimable de son écrin. Un soupir de contentement échappa instinctivement de sa bouche lorsqu'il porta les écouteurs à ses oreilles. Puis, de nouveau, sa grande main blanche retourna dans le sac à la recherche ses disques convoités. Les longs doigts tâtonnaient, de plus en plus affolés. Le castrat retira brusquement les écouteurs et posa le baladeur sur le sol. Ses deux mains étaient à présent frénétiques à l'intérieur du sac. D'un mouvement, il le vida sur le sol avec fracas. Encore une fois, il chercha avec frénésie, exploitant le peu de lumière qui arrivait jusqu'à son trou. Pendant 5min il éplucha chaque parcelle de ce qui était déversé sur le sac, puis rangea tout. Alors, il bougea presque tous les meubles à sa portée, passa les doigts dans chaque interstice, vérifia toute ses poches, alla même jusqu'à vérifier s'il n'avait rien laissé à l'intérieur du baladeur, contrairement à son habitude. Mais non, la lutte était vaine. Ses disques avaient disparus.

    Etait-ce un rapt, un kidnapping ou un acte de sadisme profond ? Etait-il seul ou en groupe ? Etait-ce prémédité ? Son secret était-il découvert ? Demanderaient-ils une rançon ? Serait-il violé, torturé, charcuté, dépecé, exploité, ridiculisé ou même défiguré ? Ses bourreaux le surveillaient-ils, là, maintenant ? Ou allaient-ils surgir à la sortie du grenier ? Etait-ce un attentat d'ordre privé ou bien commandité par les jumeaux ? Etait-ce Aphrodite ? Avaient-ils détruit les disques ? Les avaient-ils jetés ? Si oui, depuis quand ? La benne à ordure était-elle déjà passée cette semaine ? Oh mon dieu... Il commençait à paniquer, sa respiration était haletante et il s'était mis en boule, la tête contre les genoux, essayant de calmer les battements de son coeur. Les questions se multipliaient, poussées par les ramifications qu'elles entrainaient, aggravées par l'imagination et l'intelligence débordante de l'adolescent. Il ne pouvait arrêter la machine ou s'empêcher de penser. Les possibilités étaient multiples, mais toutes horribles. Et toujours cette question, pire que toutes les autres, oppressante et omniprésente. Comment allait-il faire sans musique ? S'écouter chanter sur ces disques enregistrés par son père était son unique soulagement, sa seule possibilité de félicité. Sans eux, il n'était qu'un gamin peureux dans un grenier sombre parce qu'il a peur de la tyrannie de ses camarades. Avec eux, il était un artiste protégeant son don, un réchappé de la lucidité qui louait la beauté, un chanteur fort et heureux.

    Mais il était sans eux, démuni et apeuré. Un instant, il chantonna pour lui même, pour se rassurer, pour se calmer. Mais il y avait toujours cette peur que l'on puisse l'entendre, qu'un être perfide soit posté derrière la porte du grenier et puisse écouter tout ce qu'il dit. Ou encore, que les jumeaux aient installé des micros un peu partout. Tout mais pas ça ! Il se tut donc rapidement tandis que les questions défilaient, encore et encore, et qu'il en devenait fou, totalement fou, fou de ses raisonnements si crédibles par son intelligence si maniaque et terre-à-terre quand il s'agissait de prouver ses délires paranoïaques. Si seulement la machine s'arrêtait, si seulement tout s'arrêtait, maintenant, qu'il puisse être calme sans ces inquiétudes continuelles dans la tête. Juste être calme, complètement calme, figé dans une oisiveté bienfaitrice où il ne pourrait plus se triturer l'esprit sur des choses aussi insignifiantes que la disparition de l'unique activité qui lui faisait supporter ces longs instants de solitude dans les coins les plus sales et glauques de la Wammy's House.

    Et s'il les avait oubliés ?

    Sur son bureau, en refaisant son sac, pour pouvoir tout remettre en ordre et refaire une sélection dans sa longue liste de disques. Oui, cet instant où il avait été persuadé que le rire caractéristique de Kennedy s'élevait au loin et qu'il s'était précipité à l'extérieur de la chambre, terrorisé. Mais oui ! Merci, mon Dieu !

    Et l'immense travesti détala à toute vitesse en dehors du grenier, dévala les escaliers, le coeur battant, le nez au vent, le courage au coeur et l'âme vaillante. Ce ne fut qu'arrivé près des couloirs plus fréquentés par les élèves qu'il se mit à marcher, reprenant son attitude discrète et effacée de la jeune fille muette et associable qu'il jouait constamment. Durant ce laps de temps il chassa au loin ses suppositions sur la possibilité de vol par Kennedy, de bande l'attendant au tournant pour le faire souffrir après cette découverte et autres idées ravissantes. Elles étaient toujours là, bien sûr, et il stressait de plus en plus à chacun de ses pas, bien sûr. Mais il avait l'esprit bien trop obnubilé par le numéro de sa chambre que sa conscience ne se rendait même pas compte de ses angoisses. Son salut approchait !

    La poignée était entre ses mains, il la fit glisser avec délice, il avait un plaisir fou à sentir monter son excitation au fur et à mesure que la félicité approchait. Il ne prêta même pas attention au fait que la porte n'était pas verrouillée. Il fit délicatement ouvrir la porte, savourant même le léger grincement provoqué. Puis il s'arrêta, net. La porte claqua avec fracas. Son visage était passé du blanc au rouge. A grandes enjambées, il fonça sur le monstre intrus et d'un brusque mouvement fit s'ouvrir le lecteur CD et récupéra le disque. Sans prêter attention aux paroles possibles du rapace il rangea délicatement son trésor dans son écran et le remit sur le bureau. De là, il se retourna et figea ses sombres yeux gris dans les pupilles de la vermine ayant osé souiller son sanctuaire. Une voix s'éleva, froide et ferme, froide mais belle, le mélange de la voix d'un enfant et d'une femme. Brutale.

    « Es-tu fier, bâtard ? »


    Soudain il fut face à Milk, le regard baissé, méprisant. L'insulte n'était pas dite pour être insultante. Il pensait ce mot, il le jugeait s'accordant parfaitement à l'attitude de ce païen. Il n'y avait qu'un bâtard pour avoir une attitude aussi couarde. La voix s'éleva de nouveau, plus haute, plus hystérique.

    « Tu es fier, hein ? Avoue ! »


    Et il l'attrapa au col pour rapprocher son doux visage furieux de celui du surveillant discret. Il n'était plus la discrète Truth ou le peureux Timothée, tout son corps et son visage était métamorphosé par le mépris et la colère, c'était la première fois depuis bien longtemps qu'il se retrouvait dans cet état de furie. Seule la musique pouvait le mettre dans cet état-là. Si seulement, oh si seulement personne n'était entré...
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Sujet: Re: fin d'un silence. {Truth. Lun 2 Aoû - 18:36

    Si personne n’était entré, Milk aurait pu demeurer tranquille, les paupières closes, le sourire béat. Si personne n’avait montré le bout de son nez, Milk aurait pu s’assoupir, voire rêver. Rêver…rêver de quelque chose de beau, d’agréable, de joli, même ! Il aurait pu se reposer, tout simplement ; il aurait pu naviguer entre quelques îles imaginaires, croiser des pirates à l’œil de fer, s’embarquer pour des aventures extraordinaires... Il aurait pu oublier ce poison noir qui s’infiltrait dans sa petite tête, il aurait pu…il aurait pu… Pff, peu importe, de toute façon. C’était fini. Une gamine venait de se planter dans le décor et de détruire toutes ces éventualités. Sa voix détonait comme une explosion. Boum ! Comme de la dynamite. Plus que des carcasses d’espoirs brûlés à vif. Milk n’avait même pas compris ce que Truth lui reprochait, seuls les échos de ses hurlements se répercutaient dans sa pauvre cervelle.

    « …fier ? »

    Répéter stupidement les mots de la belle, c’était tout ce qu’il trouvait à faire. Les comprendre. Les analyser. Fier. Fier ? Fier de quoi ? Les cadavres de ses rêves pendant encore lamentablement devant ses yeux, Milk se contenta de lancer un soupir en guise de réponse. Ce n’est pas qu’il en avait marre, non. Le surveillant était juste épuisé. Son regard vide était rivé sur Truth mais il ne la voyait pas, non, il ne la voyait pas vraiment. Il devinait tout juste que c’était elle. …Elle ? Sa poigne semblait être celle d’un monstre. Elle. Truth. Monstre. Destructrice. Les sourcils du surveillant se froncèrent. Monstre. Insensé ? Fier de quoi ? Milk n’était fier de rien, enfin, pas maintenant. Ce n’était pas comme s’il avait accompli quoi que ce soit d’important… D’ailleurs, que venait faire son orgueil là-dedans ? Il ne comprenait rien, et tout ça commençait à l’agacer sérieusement. Monstre. Insensé. D’un geste faible et mécanique, il repoussa la petite furie et retomba lourdement sur son lit. Fier de quoi ? Encore son regard vague et stupide. Frustration. Il voulait écouter la voix, c’est tout. Défiguration. Sa grimace fatiguée se transforma en moue d’enfant gâté.

    « Tu m’énerves. »

    Ah, les formidables déclarations d’un Malone ensommeillé.

    « Je ne sais pas de quoi tu parles. Je ne comprends pas. D’ailleurs, j’ai même pas envie de comprendre. Tout ce que je sais, c’est que… » Un soupir. Une voix pitoyablement larmoyante. « oh, s’il te plaît…tu pourrais me prêter un de ces disques ? Un des disques noirs. Un seul. »

    Le surveillant humecta ses lèvres. Il fixait un point vide. Parlait-il seulement à Truth ou s’adressait-il à une entité secrète ? A la sirène, peut-être ? Lui-même n’en savait rien. Il se contentait d’exhaler sa piètre prière en espérant que la fillette hoche la tête. C’était elle la gardienne de son remède, de son élixir secret, de son retour à une relative normalité ; une tranquillité qui était devenue inespérée. Et cette voix… Milk serra ses poings. Cette réaction était plus que ridicule et il le savait. Pathétique. Il avait l’impression d’être une mauvaise actrice en train de réciter un monologue tragique. Tss. Vraiment. Truth devait le trouver minable à accorder autant d’importance à un misérable morceau de plastique. Il semblait bien que Milk eusse touché le fond de l’harassement. Cet ennui constant… Le surveillant misait tout sur la faible lumière que lui avait dévoilé la sirène. Après tout, elle était son seul espoir. Dramatisation peut-être, mais il n’avait pas le choix.

    « Et s’ils sont trop précieux, dis-moi juste qui chante… »

    Histoire que la sirène retire son masque noir. C’est tout. Ensuite il partirait. Oh oui, il partirait, il s’en irait, il délaisserait l’assassin de ses rêves. Sans hésiter.
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