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 L'aurore imaginaire. > Milk

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Sujet: L'aurore imaginaire. > Milk Sam 12 Juin - 15:19


~ Dans les épreuves cruciales, la cigarette nous est d'une aide plus efficace que les évangiles.

      Ferme les yeux, ferme les yeux. Une brume autour de toi t’enivres et t'envahis comme si c’était tes derniers instants d’existences. Cette lumière aveuglante, bien qu’elle t’inspire froideur et fuite, ne te donne pas envie de bouger, mais tu n’as pas envie de rester. C’est si paradoxal. Tu es si paradoxal.
      Depuis combien de temps pourris-tu dans cet endroit ?


    Shadow se réveilla en sursaut au moment ou un pigeon vint de poser sur le rebord de la fenêtre de l’endroit ou il se trouvait… Ou se trouvait-il, déjà ?
    Ses yeux parcoururent la pièce, se posèrent sur les araignées, les moutons de poussière et les petits pas des rongeurs se baladant ici et là, dans les canalisations, sous les lattes de parquet vieillot, entre les cartons. Une multitude de paquets y étaient entreposés, sur certaines étiquettes on pouvait lire « 1985 – Roger, affaires personnelles de bureau. Private. ».
    Shadow soupira. Tout le monde savait que Roger avait des pratiques... Plutôt spéciales dans son genre. Enfin, ce n’était que des rumeurs. Ce genre de rumeurs qu’il voudrait débusquer avant les autres. Pas pour être le plus fort, pour se sentir concerné par sa vie.
    Non pas pour dire « regardez-moi », mais plutôt pour donner un sens à son existence à l’orphelinat.

    C’était donc dans le grenier qu’il se trouvait. Il s’étira, regarda à travers les quelques rainures du volet pourri de l’unique fenêtre, et la lumière parvint avec facilité à sa rétine. Douleur, douleur. C’était déjà le matin.

      Regarde, cette couleur, Shadow, regarde là. Ce rouge, rouge sang, rouge vermeille, rouge. Le rouge de l’amour. Un amour que tu as perdu. Tu as encore perdu, pour la deuxième fois. Le sang, l’amour, ses cheveux, toute une gamme de couleur dont tu as rêvé, que tu as admiré. TU n’as pas pu la toucher, pourquoi ? Parce que tu n’osais pas le toucher, et tu avais peur que ta paume effleure sa peau. Une autre dépendance. Une autre, une nouvelle ; Mais elle est partie, tu ne sais pas ou, tu ne sais pas quand. Tu l’as cherché, mais il n’était plus là. Son esprit s’était envolé… te laissant seul ici, sans amour. Après June, voici celui que tu désirais. C’était un mauvais coup, tu en es persuadé… Ils n’avaient aucune attache. C’est ce que tu pensais, c’est ce que tu voulais, pour toi-même. Mais tu t’es rendu compte que tu étais dépendant de cet endroit. Sinon, que ferais-tu ?


    Il s’étira, et s’affala sur le sol, la poussière créant alors un brouillard oppressant. Shadow s’en fichait.
    Il regarda son portable. Six heures du matin. L'aurore. Bon dieu, combien de temps avait-il dormi ?
    Il se souvint que vers deux heures, il était sorti de sa chambre pour aller fumer dehors. Parce que oui, à la wammy’s, pas le droit de fumer à l’intérieur. Dans tout les pubs du pays, c’était autorisé, mais là, non. Donc, il était sorti, réveillé, et en pleine forme pour une nuit torride en tête à tête avec sa cigarette. Son briquet rose à la main, sa casquette dans l’autre et son manteau posé sur ses épaules pour ne pas attraper froid, il s’était dirigé dehors.
    Et puis, il y avait croisé End. End et une petite bouteille de vodka. Comme un con, Shadow prit la bouteille et la finie, cul sec. C’est à partir de là que Shadow ne se souvient pas de l’histoire. En fait, après, il a décidé, « pour se rapprocher du ciel », d’aller dans le grenier, parce que les rats « sont ses amis ». Il s’y était dirigé, la tête déjà dans les étoiles avant même d’y être arrivé, et l’air nonchalant et fatigué en plus. Il ne marchait pas droit, manqua de tomber deux fois et tomba trois fois. C’est ça, la vie.
    Vers deux heures, après une longue conversation avec les murs, il s’était endormi.

    Et c’est maintenant qu’un mal de tête terrible lui tirailla l’esprit et le cerveau.

      Cette douleur, elle ne te rappelle rien ? Une sorte de douleur permanente, qui tordait ton ventre, qui tordait tes moindres muscles ? Une sensation de désir de mort, une envie d’en finir. Oui, lui, encore lui. C’en est fini, tu ne referas confiance à personne. Ils ne sont plus que des objets sexuels, des choses que tu peux manipuler à souhait. Tu n’aimeras plus, l’amour entraine la douleur, c’est ça, la fatalité.
      Cette voix, dans ton esprit, tu l’entends, n’est-ce pas ? Tu voudrais lui crier d’arrêter, mais tu n’y parviens pas, pourquoi ? Parce que tu veux l’écouter, tu veux comprendre, tu veux ne plus souffrir.
      Ecoute-moi, je dis la vérité, moi, Shadow.


    Un doliprane vite avalé, Shadow entreprit d’aller ouvrir les volets. Ensuite, il devrait retourner dan sa chambre, sinon, les surveillants – élèves comme adultes – lui en ferait voir de toute les couleurs. Il devra se rendormir, de toute façon, sinon la nuit prochaine, il ne pourra pas tenir. Il avait en ce jour trahis ses idéaux de vivre la nuit, il s’était fait avoir, à cause de l’alcool.

      Qui t’as poussé à boire, Sho ? Qui ? C’est ta douleur, tu voulais l’oublier, tu voulais ne plus en entendre parler. Mais c’est tellement dur, c’est insupportable. Parce que cette relation, si courte a-t-elle été, tu l’as ressentie comme une vraie histoire. Tu étais amoureux, fou amoureux. Ne te bouches pas les oreilles, écoutes-moi, fais moi confiance.


    Un bruit, qu’est-ce ? Shadow, releva la tête, se sortant de ses pensées. Il se glissa sans un bruit vers le côté d’une boite en carton, d’environ un mètre de haut. Tout en sachant très bien que l’intrus le verrait. Il fallait qu’il ai l’air… Sain d’esprit ?

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Invité
Sujet: Re: L'aurore imaginaire. > Milk Dim 13 Juin - 16:55


« La chasse au soleil.



Et soudainement, il n'y eût plus rien. Un silence. Des ombres distordues sur les murs de la chambre. Des ombres rampantes. Des ombres difformes. Des monstres difformes. Et les halètements de Milk. Encore un cauchemar, un rêve, rien de plus.
« Rien de plus. »
Et c'était déjà la deuxième fois que cette illusion lui rendait visite, qu'elle l'arrachait aux si tendres bras de Morphée. (Un miroir brisé en face de lui, aux bords brunis, et il tentait de distinguer son propre reflet.) Milk se tenait en face de Milk. (Alors le garçon sourit, par politesse, et tendit sa main à la silhouette noire qui imitait chacun de ses gestes.) Alors le garçon sourit, et ses gencives s'écartelaient d'elles-même, (se déchiraient,) se rétractèrent rapidement, et ses dents blanches comme le lait, pendues (à un lamentable bout de chair), oscillaient, oscillaient, un dernier va-et-vient (avant de se détacher.) Sans aucun bruit. Elles tombaient, une par une, comme dans un gouffre insondable. La gorge de Milk était noire, (noire), noire comme le miroir.

« Elles sont là, elles sont là. »
Les doigts du surveillant s'accrochaient désespérément à ses joues. Elles étaient là. Tout allait bien. Elles étaient là. Ce rêve, il le détestait. Tout ce que Milk voulait, c'était que les ombres quittent sa chambre. Que la lumière les croque, les dévore, qu'elle n'en laisse plus une miette. Une prière pour un morceau de soleil. Une prière pour que ses crocs radieux embrasent ces taches affreusement immobiles. Milk se sentait mal. La tête qui tourne. La nausée qui monte.
Vite. Sortir.

Et une expiration digne de ce nom daigna enfin quitter les lèvres de Milk. Peu à peu, la migraine s'éteignait, ses pas se faisaient stables. Il retrouvait un semblant d'équilibre sur ces deux jambes trop longues. A présent, il ne lui restait plus qu'à aller trouver le soleil. Oh, il savait bien qu'il était trop tôt pour que l'astre pointe le bout de son nez, mais il n'avait pas le choix. Tout sauf retourner dans cette chambre infestée de monstres. Ces horreurs.
Automatiquement, il se dirigea vers le grenier, la pièce la plus haute de l'établissement. C'était sans doute là que le soleil l'entendrait le mieux. Il lui ferait des signes, l'inviterait à entrer dans sa chambre et à chasser toutes ces vilaines choses qui y traînaient. Et le soleil tendrait ses oreilles de feu. Puis il l'aiderait. Happy ending. La seule chose qui ne lui était pas venue à l'esprit, c'était que les étoiles ne sont pas des mammifères dotés d'un sens de l'ouïe très développé. Mais bon, ce n'était pas comme si Milk avait l'habitude de beaucoup réfléchir, hein. Ainsi il dévala les marches, le cœur léger, le souffle tranquille, le pas rapide. Plus que quelques heures avant que son messie ne se lève de son lit de terre.

« REVEI- »
Euh...non. On se calme, là. Le ciel a toujours sa mine cuivrée et, pire que tout, tu as failli réveiller quelqu'un. Un zoom rapide. Un calcul mental. Un être solitaire qui traînait la nuit? Un frisson. Le chat noir. C'était lui. Aucun doute là-dessus. Personne n'avait ce long manteau noir, et ce béret qui dormait parmi les poussières. Oh, si le félin savait que sa fidèle casquette traînait par terre... Tout doucement. A pas de loups. Milk s'introduit dans la pièce et ramassa le vêtement grisâtre. A genoux. Il observa son visage quelques minutes, peut-être même quelques siècles. Le surveillant ne l'avait jamais vu aussi reposé. Pff, un sourire. Lorsqu'elle était endormie, l'Ombre se libérait des troubles qui la hantaient. Plus de visière pour assombrir son minois, plus de réflexions pour émacier son visage, plus de fumée pour dissimuler ses humeurs. Shadow, et rien que Shadow. Tu parles d'un fauve maudit. Ce matin-là, l'adolescent ressemblait plutôt à un chaton égaré.
« Toujours aussi maigre... »
Un soupir. Milk se leva silencieusement. Pour une raison qui lui demeurait inconnue, l'orphelin lui était d'une importance extrême. Non, pas d'une importance extrême. Son existence n'était pas indispensable à sa vie, loin de là. C'était juste que... Shadow était différent. D'un côté, il y avait les gosses qui adoraient Milk et s'agglutinaient sur lui pour entendre ses histoires, de l'autre, des gamins sadiques dont le plus grand but était d'annihiler le peuple de la Wammy's. Et puis, il y avait Shadow. Shadow et son sourire de verre. Shadow et son éternelle cigarette. Shadow et ses grands yeux vides. Ou non, peut-être pas vides. Au contraire, angoissés, réfléchis, calculateurs, froids. Froid, c'était le mot. Shadow lui faisait froid dans le dos. Et c'était ça qui était merveilleux. Il suffisait au surveillant de jeter un œil sur sa silhouette noire pour frémir. Un regard, un émoi. Milk avait toujours été un personnage fragile, en quête de mystères et de sensations, mais Shadow dépassait son entendement. Tout simplement.
Le jeune homme posa la casquette sur un carton et partit chercher une bouteille de lait. Au moins, c'était un semblant de petit déjeuner.


et la
lumière fût. »




« Sh...Shadow ? »

Les doigts de Milk se serrèrent autour de la bouteille de lait. Maladivement.

« Tiens. Bois ça. »

Il coinça gauchement le récipient entre les bras de l'Ombre. Tsk, il se sentait ridicule. C'était juste que, quand il l'avait vu, là, les yeux fermés, il n'avait pas pu résister. Parce que Shadow perdait tous ses mystères quand il baissait ses paupières. Mais plus maintenant. Maintenant, les gouffres s'étaient ouverts, et Milk avait trop peur de s'y laisser aspirer. Il ne vit même pas le visage de son interlocuteur qu'il se précipita vers l'unique fenêtre du grenier. Après tout, il était venu ici pour rendre visite au soleil, hein. Et c'est non sans un certain ravissement qu'il vit que ce dernier semblait être au rendez-vous. Un souffle. Attention, écoutez : l'aube est une oeuvre. Il pouvait la sentir par tous les pores de sa peau, oh, la tendre chaleur de ces rayons. Et les pépiements des oiseaux. Et les premiers roulements d'une brise. Et ces tas de nuages mauves qui mordillaient l'orbe brûlante. Milk posa sa main pâle sur la vitre poussiéreuse de la fenêtre, y fit glisser ses doigts. Une brusque envie de toucher le ciel. Ça y était, les ombres s'étaient sûrement retirées, Milk avait tout de suite senti les crocs de l'astre passer sur son corps fébrile. Un soupir de bien-être.

Non, il ne pouvait pas se l'autoriser. Il n'était pas seul. Derrière lui, une ombre se tenait encore debout. En éclaircissant sa gorge, Milk glissa ses mains dans ses poches. Il se retourna et... non, rien. Rien du tout. Que pouvait-il dire? Qu'avait-il à dire? Alors, malgré lui, le chasseur de soleil se contenta de fixer stupidement Shadow. Shadow et ses grands yeux pleins de vide.
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L'aurore imaginaire. > Milk

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