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 Break break hm hm ( Hurricane )

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Invité
Sujet: Break break hm hm ( Hurricane ) Dim 16 Mai - 17:49

Suite de HERE
- Reste là…

Un murmure, une voix déraillée, des lèvres blessées. Presque inaudible, presque. Silence au alentour, silence de mort, et il y avait eu ce murmure. Sur le pas de la porte, main tendue vers la poignée, il se retourna lentement. Presque stupéfait. Il resta interdit un moment, le visage dirigé vers ce lit blanc où le corps de Hurricane était étendu, lit blanc taché de rouge. Soupire léger, de la tendresse dans les yeux. Les blessés avaient besoin de personnes près d’eux qui leur parlent, ils avaient besoin d’avoir une présence qui leur montre qu’ils sont en vie. Même quelqu’un avec autant de fierté que l’italien avait besoin de ça. Ce n’était qu’un garçon. Un adolescent. Et s’en apercevoir le rassurait parfois. Mais pas dans ces conditions non, il ne voulait pas s’attendrir de ses faiblesses dans ces conditions. Parce qu’il savait que si on frappait fort, même les diamants pouvaient voler en éclat, et que c’était ces éclats qu’il voyait là. Ce "Reste là", n’était qu’un éclat, un petit éclat qui s’était envolé avec le choc. Parce que la situation était trop extrême, parce qu’on avait frappé trop fort sur sa fierté, qu’on l’avait brisé. Ce n’était pas ce genre de faiblesse qu’il voulait provoquer chez lui, pas comme ça. Ca avait beau lui faire bien trop plaisir, ça ne signifiait rien, il ne prenait pas sur sa fierté, il n’en avait plus. C’était juste un diamant éclaté. Mais bon dieu, ça brillait encore.
Un murmure, un éclat aussi agréable que désagréable. Ca brillait sous ses yeux mais ça lui coupait la peau. Désagréable, oui, parce qu’il sentait la honte lui chauffer les oreilles et lui serrer le cœur, cette sensation abjecte d’avoir manqué à son devoir de meilleur ami. Egoïste adolescent qui se fourre dans les bagarres en abandonnant les blessés. Ce n’était pas ton habitude de fuir dans la colère, Dew. Ce n’était pas dans tes habitudes de perdre ton sang froid. Mais qu’est ce que c’était, au final, les habitudes. Les comportements soi-disant habituels, il suffisait d’une situation un peu inhabituelle pour les renverser. Rien n’était figé. Un Dew hors de lui et un Hurricane qui demandait de la compagnie. Il fallait vraiment qu’il ait été stupide pour avoir forcé l’italien à dire ça, il fallait vraiment qu’il ait été con. Cependant dans une situation comme celle-ci, tout était tellement possible. Ca révélait aussi quelques facettes souterraines. Que Dew n’était pas aussi calme et doux que ça. Que Hurricane n’était pas aussi borné et immature qu’il le montrait. Et ça n’étonnait ni l’un, ni l’autre. Parce qu’ils se connaissaient, que c’était dingue comme ils se connaissaient.
Bruit de pas sur le carrelage blanc, il revenait sur ses pas, mollement, les mains pendouillant le long de son corps. Sa rage était toujours là, grondante de façon menaçante au fond de son ventre, mais la demande de Hurricane l’avait fait taire. Un peu. Tais-toi, rage. Tu ne fais qu’empirer les choses, on n’a pas besoin de toi là. On a besoin de compassion, de mots, de tendresse. Il s’assit sur le tabouret et le regardait. Ses sourcils remontaient un peu vers son front, comme dans un regard plein de compassion, mais c’était des sourcils crispés. Encore ces petits plis de peau anxieux. Coudes sur le genou, il était un peu penché, et il laissait son regard couler le long de son corps. Torse, bras, clavicule… ça lui faisait tellement mal de le voir dans cet état. Voir ce corps torturé, voir ce corps n’être qu’un "corps", alors que pour lui c’était tellement plus. Il bloqua sur sa main, égratignée. Main de pianiste égratignée. Il la regardait là, se crispa d’un coup et la saisit. Sans la soulever du matelas, il avait juste passé sa propre main sous elle et se pencha encore un peu pour poser sa tête dessus. Le front dessus, comme désespéré, un peu. Beaucoup. Hey, tu vois pas que je suis dingue de toi. C’est pourtant tellement flagrant. En vrai tu le sais, hein ? C’est pour ça que tu as été plus désagréable que d’habitude ses derniers temps. T’es au courant. Ca te débecte, hein, parce que je suis pas dans ce monde là. Que j’y connais rien. T’as pas besoin de novice. Comme un kikoolol qu’on rejete d’un forum dès sa fiche d’inscription. On en veut pas, c’est pas de la même trempe que nous, un autre monde. Sa main était un peu froide. Il resta comme ça quelques temps. Juste comme ça. Un soupire, les minutes qui passaient le calmaient un peu. Front contre sa main, comme une prière, envie brusque. Juste pour dire hey je suis là. T’en fais pas, je suis là. Toujours là. Dehors, malgré le vent qui battait contre les fenêtres, le soleil émettait quelques rayons timides. Et il se redressa, après avoir effleuré sa main de ses lèvres, il se redressa. Maintenant, bizarrement, il aurait aimé rester ici plus longtemps, avec lui. Il ne voulait plus le quitter des yeux.

- Je dois aller chercher l’infirmière, je reviens de suite, ok ?


Il s’était déjà levé, il avait déjà lâché sa main, et sur le pas de la porte, un moment d’hésitation. Main figée sur la poignée, il se retourna, ouvrant la bouche dans une envie subite de parler. Silence, seconde hésitation. Il la referma, et partit. Peut-être pour revenir plus vite, ou peut-être pour éviter d’aggraver la situation. Prendre ses distances, ne plus retomber dans ce genre de pensées. Blessé ou pas, ça ne changeait rien au fait que dans sa chambre, WildCat l’attendait. Blessé ou pas, ça ne changeait pas le fait qu’il ne l’aimait pas. Rien n’avait changé. Ca le mortifiait. Ca le mortifiait d’avoir vu une ouverture dans une situation aussi horrible. Alors que rien n’avait changé. Même dans la mort, mais dans l’obscurité absolue, le vide, rien ne changera jamais. Et s’il mourrait pourtant, il regretterait tellement de ne pas lui avoir dit… c’était con. Montant les escaliers à nouveau, il alla frapper à la chambre de l’infirmière avec un certain empressement, une anxiété non cachée. Il s’était éloigné de son calmant et la rage reprenait peu à peu le dessus, sournoisement. Elle ouvrit la porte, il raconta tout d’une traite, rapidement, sans même s’apercevoir qu’elle était en pyjama et à peine réveillée. Mais son récit avait quand même de quoi réveiller, et deux minutes après, la jeune femme s’était vaguement habillé pour sortir se rendre à l’infirmerie. Dew ne l’avait pas suivi. Il était resté là, à la regarder partir. Au milieu de l’escalier, l’infirmière lui demanda pourquoi il ne bougeait pas. Il répondit qu’il allait la rejoindre dans quelques minutes. Un hochement de tête, rien de plus, elle continua à descendre pour rejoindre le blessé. Un soupire, dans le vide, dans le noir. Un long soupire, il avait l’air tellement calme. Tellement serein. La lune était encore visible, le soleil ne produisait qu’un rayon rougeâtre dans le ciel encore obscur. La lune et le soleil, tout deux visibles. Les deux opposés ensemble, c’est là qu’ils étaient le plus beaux. C’était vraiment à ce moment là que Dew les trouvait les plus beaux. Un pas, un autre, il finit par monter l’escalier. Le monter lentement, monter les étages un à un pour se retrouver au grenier. L’endroit poussiéreux où personne ne pouvait l’entendre, le voir, le trouver ridicule et abrutie. Mais surtout, l’endroit où il pouvait tout détruire sans que cela ne soit trop grave. Les tables étaient déjà à moitié cassées, les chaises totalement bancales. Et il était calme Dew. Sauf que le pas de la porte franchie, il péta littéralement une durite. Folie compressé qui sortit d’un coup, explosant tout. Tout ça avait été tellement compressé, réduit, compacté au fond de son ventre, qu’il n’en pouvait plus. Boulet de canon, il laissa tout jaillir sans frein. D’un coup violent et fatal, sec et ultime, parce qu’il avait trop ravalé sa rage. Il avait à présent besoin de la vomir. Fracas de chaises contre les meubles, éclat de bois dans l’air, hurlement, larmes, canapé éventré et miroir brisé. C’était tellement puérile, tous ces objets ne lui avait rien fait. Mais il avait la rage au ventre, la vraie, celle qui rendait enragé. Celle qui rendait fou, celle qui blessait, opération à cœur ouvert. Se défouler, tout dégurgiter, imaginer que les jumeaux étaient chacune de ses choses. Et les défoncer à coup de pied, une grimace de douleur sur le visage, des larmes acides lui brulant les yeux. Yeux rouges et gonflés, les nerfs en feu, dents serrés, il ne réfléchissait pas et brisait ce qu’il avait sous les mains. La rosée. La rosée qui apaisait le sol et les plantes, qui les ressourçait. Que dalle. C’était du pipeau tout ça, c’était vraiment de la grosse merde. Il avait beau d’être retenu de ne pas débouler dans la salle de trône, il avait beau avoir fait cette énorme effort sur lui-même, il se retrouvait quand même là, à tout casser dans un hurlement sauvage. Possédé, vraiment possédé. Alors qu’il était censé avoir pris ces distances, alors que tout ça devrait lui passer au dessus de la tête. Jusqu’à quel point était-il épris de ce garçon là… c’était terrifiant, ça le terrifiait. Vraiment, il était effrayé. Mais c’était la tête vide qu’il s’était défoulé, vidant son énergie en se battant dans le noir, en se battant contre le vide, le rien. Une bataille acharnée, comme s’il avait peur de ne pas gagner. Essoufflé et émergeant peu à peu pour reprendre conscience, il constata le désastre de son emportement. Un soupire, il ne se sentait pas mieux pour autant. Mais physiquement, son envie de violence était passée. Muscles engourdies, tempes en sueur et poings en sang, il ne pouvait plus faire grand-chose maintenant, même s’il croisait les jumeaux. Reprenant un peu de souffle, il finit par sortir au cas où quelqu’un ayant entendu le vacarme aurait eu l’idée de venir voir. Et il descendit les escaliers comme il les avait montés. Calme. Mais épuisé. Et tout aussi calmement, il ouvrit la porte de l’infirmerie. Il lui avait menti, il n’était pas revenu tout de suite. Mais qui s’en préoccupait ?
L’infirmière était assise près du lit, penchée. Elle lui avait déjà mis d’énormes bandages autour du torse pour que les côtes restent en place. Maintenant, elle était en train de lui plâtrer le bras. Il passa à côté du lit quand elle enroulait les bandes plâtrés et humides autour du bras de l’italien. Ayant aperçu ses doigts écorchés du coin de l’œil, elle lui dit d’aller se désinfecté immédiatement. Il grimaça et s’en alla chercher du coton et du désinfectant dans un placard, avant de s’asseoir sur le rebord de la fenêtre pour soigner ça. Soigner ces petites écorchures qui ne lui faisaient même pas mal, alors que ces plaies de Hurricane l’avait laissé agonisant. C’était assez pathétique en soi. L’ambiance était assez étrange dans la grande infirmerie de la Wammy’s House. Une jeune femme habillée à la va vite penchée sur un lit blanc et un jeune homme assit sur le rebord de la fenêtre qui se tamponnait les poings avec du coton, regardant tantôt le lit, tantôt dehors. Ce qui était surtout étrange était qu’il regardait les deux avec la même expression. La même expression douloureuse et pourtant apaisé. Tout va bien maintenant, hein. S’il était fumeur, il se serait volontiers griller une clope. Il ne l’était pas, et là tête appuyé sur la fenêtre, il ferma un moment les yeux. Tout allait bien, elle s’occupait de lui. Et lui, pourquoi il était assis sur le rebord de la fenêtre au lieu d’être à ses côtés ? Sans doute que ça lui faisait trop de mal de le voir dans cet état. Ou qu’il ne voulait pas qu’il le voit dans le sien. Poings en sang, inquiet, perturbé. Ou alors qu’il n’arrivait plus à le regardait en face depuis qu’il lui avait si subtilement baisé la main. Plein de raisons, et sans doute qu’aucune ne correspondait. Qui sait. Quand il rouvrit les yeux, la jeune femme avait presque fini, soignant les petits détails. Un patch fait de gel glacé sur l’œil, pour dégonfler le cocard, ce genre de choses. Alors il descendit de son perchoir et alla caller son épaule contre l’un des quatre piliers qui soutenait le lit à baldaquins. Elle le remercia pour les premiers soins qu’il lui avait apportés, il lui dit que c’est normal, et elle lui dit qu’il devrait rester ici pour le veiller quelques temps, qu’il fallait le ménager. Il dit que c’était ce qu’il comptait faire. Elle se leva pour remballer un peu ses affaires, et il se décolla du pilier pour s’approcher du lit d’à côté et le pousser contre celui d’Hurricane. Elle lui dit de l’appeler au moindre problème, il la remercie. Petit claquement de porte. Silence. Puis il enleva ses chaussures et s’assit en tailleur sur son lit, collé contre celui de son meilleur ami.

- Hey. Ca va ?
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Hurricane
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Feuille de personnage
Wammy’s: House
Double Compte:
Âge: 17
Sujet: Re: Break break hm hm ( Hurricane ) Ven 21 Mai - 11:37


    La dernière fois, le plafond n’était pas blanc comme ça. D’ailleurs, il n’y avait pas de plafond du tout à l’époque. Il pouvait voir le ciel, les nuages noirs d’un orage qui se préparait au-dessus de lui. Et le sol ne lui faisait pas autant de bien que le matelas moelleux sur lequel son corps en miette reposait maintenant. Cligner des yeux lui faisait mal, et pourtant il ne voulait pas les fermer. De peur qu’il n’arrive pas à les rouvrir. Stupide pensée, mais savait-on jamais.
    La dernière fois, la compagnie n’avait rien d’agréable. Cette fois-ci, la présence de ce type lui faisait autant de bien qu’un verre d’eau pure au beau milieu d’un désert.
    Ouch, ça pique, bordel, si on peut même plus respirer tranquillement maintenant... Non, allez, ça chatouille, à peine. T’as pas mal, garçon, t’as pas mal. La douleur, c’est psychologique. Pense à autre chose. Pense à la dernière fois que t’étais dans un état aussi pitoyable. T’as survécu, t’as pas été déformé à vie, espère juste que t’es pas dévisagé cette fois. Prie pour que tes os se reforment comme il faut, prie pour que la médecine actuelle puisse quelque chose pour toi, pour tes dents, pour tes côtes, pour tes cicatrices, pour ta dignité.

    Il cligna des yeux, et grimaça. Que ça s’arrête, merde. La douleur, il la détestait. Que ça s’arrête le plus vite possible, voilà tout ce qu’il demandait. Qu’on le crève, au pire, mais que ça s’arrête. Il observa Duncan qui venait de poser sa tête sur ses doigts, et il ne pouvait plus apercevoir son expression. A quoi il pensait, ce sportif à la con qui lui avait sauvé la vie ? Qu’est-ce qui lui passait par la tête ?
    L’italien n’arrivait pas vraiment à réfléchir. Il fixa donc de nouveau le plafond, et certaines souffrances lui rappelaient sa délicieuse enfance.
    La dernière fois, il ne s’était pas laissé faire, il n’avait pas été battu à mort par des gars plus nombreux que lui sans pouvoir rien faire pour se défendre. Toutes griffes dehors, toute la violence du gamin déchaîné qu’il était avait fait des ravages parmi le groupe de criminels de bas étage qui pensaient pouvoir faire de lui leur quatre heures. Ils croyaient pouvoir le dominer, le ridiculiser, le rabaisser et lui faire du mal juste pour le plaisir, juste parce que leur vie était trop merdique pour se trouver une meilleure occupation. Forcément, le môme esseulé qui passe en pleine nuit par un quartier chaud, devant des types alcoolisés qui en temps normaux n’étaient déjà pas sains d’esprit… Il les avait regardés dans les yeux, fixement, avec cette expression de celui qui ne se laissera jamais faire. Un mafieux qu’il allait devenir. Pas question de plier ou de baisser les yeux devant ces minables qui ne lui arrivaient même pas à la cheville. Fussent-ils cinq et costauds, fut-il lui-même totalement seul et frêle. Allez au diable. Ils se foutaient de lui, ouvertement. Et ils avaient raison. Il n’avait pas la moindre chance. Jusqu’à ce qu’à force d’agitation, de coups et de morsures, il se débatte assez pour s’emparer d’un des revolvers que l’un des mecs tenait à la main et voulait utiliser contre lui pour le calmer, comme l’on calmerait une bête folle.

    BANG.

    Ensuite, il ne s’en souvenait plus très bien. Le type touché avait gueulé des horreurs, pendant qu’il agonisait, et deux autres avaient pris peur : les autres, dans une rage folle, avait continué à faire du mal à l’adolescent qui tenait le flingue si fermement qu’il s’en était brûlé les doigts.

    BANG.

    Du vide, encore. Il avait très mal, au-dessus de lui, la pluie commençait à tomber, et il n’y avait plus la moindre agitation autour de lui. Sincèrement, il pensait que sa dernière heure était venue. Encore. Il n’avait aucun ami. Il n’avait personne sur qui compter. Il regardait la pluie qui s’écrasait sur sa peau et sans doute qu’il pleurait, il ne s’en souvenait pas. Tout ce qu’il demandait, c’était de la reconnaissance. Que quelqu’un l’apprécie à sa juste valeur, qu’on lui témoigne du respect, qu’on cesse de le regarder de haut comme le petit merdeux qu’il était. Fallait croire qu’il était condamné à rester un déchet mafieux dans les bas-fonds de l’Italie, et de crever comme crevaient tout ceux qui ne servaient à rien.

    Et maintenant quoi ? La même situation, et pourtant tellement différente. Aujourd’hui, des bras amicaux l’avaient sauvé. L’italien savait que le brun n’éprouvait pas de pitié pour lui ; il l’avait vu dans ses yeux, la rage pure, la vraie. Il connaissait ce regard, et il avait largement assez l’habitude de le voir pour le reconnaître dans les iris chocolat. Dew s’inquiétait sérieusement pour lui. Haha, ce con. Il n’avait décidément rien de mieux à faire que s’inquiéter pour lui ? Peut-être que cette fois encore, l’argenté aurait du crever. Pourquoi le destin s’acharnait-il à le laisser revivre à chaque fois ? Comme s’il avait encore des choses à vivre… Mais peut-être n’était-ce pas le destin, cette fois. Alors qu’il aurait du mourir, c’était le sportif qui l’avait empêché d’aller vers la lumière. Quel gros chieur… C’était cruel de vouloir qu’il reste encore dans cet orphelinat débile, dans cette ville débile, dans ce monde malade, dans cette vie tellement inutile. Tout le monde pouvait très bien se passer de lui, tout continuerait à tourner sans lui. Mais Dew n’avait pas voulu laisser faire ça. Fallait-il le remercier ? Le remercier de le faire survivre alors que ceux pour qui il éprouvait de l’admiration se passaient fort bien de lui, le faire survivre alors que le sportif lui-même vivait le parfait amour avec Wildcat ? Bah… Il aurait été tranquille, débarrassé de toute cette jalousie et ces pensées stupides s’il était mort. Mais en même temps, c’était lâche. Dilemme à la con. Devait-il se laisser mourir maintenant, ou pas ?

    Ca chatouille, sur la peau de sa main. Mais ce n’est pas la douleur cette fois. C’est la bouche de Dew. Qui l’a frôlé. L’a-t-il fait exprès ? Sans doute que non. Il ne se rend pas compte. Il a trop l’habitude de faire des choses stupides sans penser à tout ce qu’elles peuvent signifier. Genre, lui demander de sortir avec lui sans aucune raison valable. Genre, lui sauver la vie avec cette étincelle de douleur et de colère dans le regard, comme si la vie de l’italien lui importait vraiment. Dew était simplement trop gentil. Il ne se rendait pas compte des émois qu'il causait au mafieux, il ne se rendait pas compte que ce simple contact lui avait accéléré le pouls. Et ce n'était pas sa faute. Il était juste trop gentil.

    Oh. Les doigts de l’infirmière. Délicieux, frais, agiles. Guérisseurs. Sainte-mère de tous les Saints, Khythin. Et l’autre idiot, il était où ? Il avait dit qu’il revenait. A tous les coups il était parti faire l’abruti. Il savait faire que ça. Faire un truc… bête. Mais l’italien n’avait pas la force de poser la question à la blonde qui s’affairait à le réparer, et malgré sa dignité en ruine, il ne voulait pas faire croire à la jeune femme qu’au bord de l’agonie, la seule personne qu’il voulait voir, c’était Dew. Ca pouvait bien être vrai, mais ce n’était pas la peine de partager ça avec elle. Qu’il revienne vite, quand même. L’italien se jura que si le sportif avait décidé d’aller s’en prendre aux jumeaux tout seul, il lui ferait la peau personnellement. Arg, sa tête lui faisait trop mal. Ses pensées n’étaient plus cohérentes. Il ne se rendait compte que d’une chose : il lui fallait ce mec dans les parages. Maintenant. Et là seulement il pourrait dormir en paix. Qu’est-ce qu’il foutait, sincèrement ?

    Hn, le revoilà. Il était temps. Ca faisait au moins dix minutes qu’il avait disparu et que l’infirmière se demandait à haute voix ce qui pouvait bien le retenir, en espérant qu’il ne fasse pas de bêtise, et qu’il avait l’air vraiment inquiet pour toi Hurricane, et que sans lui tu n’aurais sans doute pas tenu la nuit, heureusement qu’il avait eu les bons réflexes, et heureusement que tu as un ami tel que lui… Mais qu’est-ce qu’il avait aux mains, et qu’il devait aller se désinfecter sans tarder. L’italien, interloqué, n’avait pas assez de force pour se tourner ou baisser la tête pour voir ce qu’il avait, et ça l’emmerdait énormément. Qu’est-ce que tu es parti faire, Duncan ? Un truc que tu vas regretter, à tous les coups ? Tu vois, c’est ça ton problème. T’es tellement con que tu serais prêt à faire des trucs qui te ressemblent pas juste parce qu’on fait du mal à tes amis. Tu sais quoi ? T’es con. Je te jure que si t’as fait quelque chose de mal à cause de moi, je te tue de mes propres mains. Je t’aurais embrassé avant, évidemment, mais ça, tu auras pas le temps de faire une remarque dessus.

    Dew : « Hey, ça va ? »

    Plâtré et sans doute dans un état minable, l’italien sait qu’au moins il n’est plus couvert de sang et qu’il est sans doute un peu plus présentable que lorsque le brun l’a trouvé dans la réserve. Il respire doucement, ses côtes lui font toujours mal, mais l’infirmière lui a administré des antidouleurs, et il peut donc enfin réfléchir plus ou moins tranquillement, même si maintenant son cerveau est à moitié endormi.
    Il se contente donc de hocher la tête mollement. Ca va mieux oui, carrément. J’ai plus l’impression que je suis en train de me vider de mon sang comme un porc. Ca fait du bien, tu sais, de ne plus avoir cette impression.

    Hurri : « T’as fais quoi… T’as fait quoi à tes mains, ducon ? »

    L’inquiétude par l’agressivité, c’était sa méthode préférée ; à moins que ça ne soit juste la seule qu’il connaisse.
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Invité
Sujet: Re: Break break hm hm ( Hurricane ) Dim 23 Mai - 17:44

- T’as fais quoi… T’as fait quoi à tes mains, ducon ?

Et c’était un garçon plâtré de la tête à pied, un épais pansement sur l’œil et un large bandage sur les côtes qui lui demandait ça. C’était un type qui avait passé une heure ou deux à se faire torturer, à cracher ses entrailles, à espérer mourir pour calmer la douleur, qui lui demandait ça. Et après, il lui disait qu’ils n’étaient pas amis. Alors qu’il lui demandait ça. Bon sang, c’est toi dont il faut se soucier ici, Hurricane. Et l’agressivité de l’italien était tellement banale qu’il ne la nota pas. Il savait bien qu’il était comme ça, William. Ca le rassurait presque… ça montrait qu’il n’était pas devenu totalement légume. Ca montrait que c’était bien lui, qu’il était bien vivant… là, vivant en face de lui. C’était tellement plus rassurant de le voir plâtré, de le voir lui parler comme ça. Un soupire, un sourire, et il baissa les yeux vers ses mains légèrement abimées par les éclats de verre, sans savoir comment expliquer ça. A part avec la vérité. De toute façon, c’était tout ce qu’il pouvait dire maintenant, la vérité. Il n’avait plus la force mentale de nier quoique ce soit. Oui, je t’aime. Oui, j’ai voulu sortir avec toi pour marquer ma propriété. Oui, je sors avec WildCat pour t’oublier. Lentement, il tendit ses paumes et le bouts de ses doigts écorchés au dessus de Hurricane.

- C’est rien regarde. Je suis allé me défouler un peu dans le grenier et j’ai frappé un miroir sans faire exprès. J’espère que j’aurai pas sept ans de malheur, haha…

Un rire nerveux, et il avait rétracté ses mains, à genoux sur le lit qu’il avait collé à celui de Hurricane. Si tu savais comme j’ai la rage, William. Si tu savais comme je ne supporte pas de te voir dans cet état. Si tu savais comme ça m’horripile. J’en aurais presque vomi. Là, ca va mieux. Il s’était défoulé, mais surtout l’italien avait reçu les soins nécessaires. Le rouge avait été remplacé par le blanc. Beaucoup de rouge, pour beaucoup de blanc.
Pensif, il se dit que Hurricane a dû en recevoir, des coups, dans la mafia… mais il ne connaissait pas le passé de son ami, il n’avait aucune idée de combien il avait souffert. Ce qui lui importait à lui, tout ce qu’il lui importait vraiment à lui, c’était qu’il ne souffre pas ici et maintenant. Juste ici et maintenant. Le passé, il en était en dehors. Il était en dehors de son passé, de tout ça, totalement en dehors de tout ça.
Tout ce qu’il savait, c’était que dans son agressivité, Hurricane n’était qu’un petit chat qui hérissait ses poils, qui voulait juste qu’on le respecte, qui voulait qu’on l’aime. Chat mouillé qui quémandait de l’attention, de l’affection, mais qui ne savait que griffer. Il voulait être aimé, mais il avait peur que ça fasse mal, il était effrayé à l’idée de passer de chat de gouttière à chat de salon. Dans un chouette jardin à côté, il y avait un chien. Un gros chien affectueux, la langue toujours dehors, qui était doux avec tout le monde. Sauf que pour un chat, être ami avec un chien, c’était hors de question, question de fierté, de ce que les regards pouvaient penser. Le féroce chat de gouttière qui sympathisait avec un chien, perte de crédibilité assurée. Alors pour se prouver son existence, il passa son temps à se battre, à jouer avec les autres chats de gouttière, toutes griffes dehors, les poils sans cesse hissé, queue tendue. Un groupe de chat de gouttière qui se cherchait, pour jouer, tout en se faisant mal. Sauf que le chien lui, il aimait vraiment beaucoup le petit chat gris. Vraiment vraiment beaucoup. Il était jaloux de le voir jouer comme ça. Il avait envie de le protéger de leurs griffes, lui dire qu’il n’avait pas besoin de ça pour exister. Que s’il le voulait, il pouvait jouer avec lui. Ou s’il ne le voulait pas, il pouvait au moins se faire adopter dans une maison pour se faire câliner, même si ce n’était pas par lui. Malgré la grosse touffe qui cachait ses yeux, il l’avait bien vu, le chien, que ce petit chat gris était différent des autres. Qu’il était plus sensible que les autres. Et bien plus fier. Mais le petit chat ne voulait ni de l’affection du chien, ni celui d’une maitresse de maison. Pourtant, les soirs de pluie, oreilles baissés, il regardait sur le rebord d’une fenêtre la lumière chaleureuse d’un salon chauffé au feu de bois. Mais il se disait que ce n’était pas pour lui, vu qu’il avait passé toute son enfance dans la rue, que c’était pas son monde. Le chien lui, se désolait d’être ainsi rejeté par le petit chat, alors il décida de le laisser tranquille, de ne pas se mêler de sa vie… et il se concentra sur la grande chatte de salon que son maître avait trouvé pour lui tenir compagnie. Un beau félin noir au poil parfait, mince, sportif. Rien à voir avec le petit chaton gris, maigre, quelques touffes de poil en moins, et pourtant adorable et terrifiant. Mais il essaya d’oublier. Parce que même s’il savait que le chaton voulait de l’affection, il ne pouvait rien faire pour lui s’il refusait. Il ne pouvait rien faire s’il préférait s’arracher les poils avec les autres chats de gouttière, sans oser faire ce qu’il veut, sans oser être heureux, de peur de n’être pas assez sauvage, de peur de perdre le respect des autres chats sauvages. C’était un monde dur, celui des chats de gouttière. Au bout d’un moment, le chien trouvait ça pas mal ridicule, ça l’énervait… il avait envie de prendre la petite bête par la peau du cou et de la balloter pour lui aboyer à la gueule dans un coin. Lui dire que s’il veut de la chaleur, il peut en avoir s’il se bouge. Lui dire que s’il voulait pas de son affection à lui, que s’il le détestait, c’était pas grave… mais qu’il pourrait être adopté dans n’importe quelle maison s’il était un peu gentil. S’il acceptait de ranger ses griffes et d’être un peu moins sauvage. Pas renier sa nature non, mais ne pas l’exacerber. Si être un mignon chat de salon ne lui allait pas, être un chat de gouttière indompté et méchant n’était pas mieux. Il n’était pas méchant. Il le savait, le chien. Sauf que le molosse, triste d’être tout particulièrement rejeté, passait son temps avec la chatte noire pour oublier tout ça. Il oubliait tout ça, ce n’était plus ses affaires, s’il ne voulait pas de lui, alors tant pis. Sauf qu’un soir de tempête, alors que truffe par terre, il reniflait l’odeur du petit chaton qui flottait dans l’air, il le trouva inerte sur le bas-côté de la route.
Et voilà où ils en étaient. Petit chat écrasé.

- Faut que tu te reposes maintenant.

Assis en tailleur, il enlevait ses chaussures et les posa au pied du lit avant de revenir près de Hurricane et de lui passer le drap sur le corps, mais pas comme un mort, non, pas comme un mort. Comme pour faire une petite sieste. Il était près de 5h du matin, mais ils avaient tout deux besoin de dormir. Parce que c’était fini tout ça, c’était fini. Pour sa part, il savait qu’il ne réussirait pas à dormir de si tôt, mais il voulait encourager Hurricane à se reposer. Du coup il s’enfonça lui-même sous son propre drap, drap léger et blanc, sans vraiment l’intention de dormir. Juste pour être là, veiller sur lui, tranquillement. Il s’était mis au bord de son propre lit, trainant son oreiller avec lui, pour ne pas être trop loin de l’italien. Parce qu’il n’avait vraiment pas envie qu’il se sente seul, parce qu’il était là pour lui, pour ça. Se montrer utile du mieux qu’il peut. Allongé sur le côté, la tête douillettement enfoncé dans l’oreiller, il regardait Hurricane. Cette dictature n’en aura plus pour longtemps. On va faire cesser ça. Toi, reposes toi, t’en as assez fait. T’en as trop fait… regarde à quoi tu ressembles, t’en as bien trop fait. Mais grâce à toi maintenant, l’envie de les détruire, de les déchiqueter et de les abattre s’est fait plus forte que jamais. La révolution gronde. On va s’en sortir. Et il regardait son profil, et il regardait sa lèvre inférieure un peu ouverte maintenant, avec une future petite cicatrice. Ca les rendait encore plus attirante, ses lèvres. Et il était là, comme un con, allongé à côté de ce garçon alors que sa petite copine devait surement l’attendre. Qu’elle devait s’inquiéter de voir qu’il n’était pas dans son lit, à elle. De voir deux battes de baseball ensanglantées sur le pas de sa porte, avec un mot explicite. Il avait zappé tout ça, ça ne lui avait pas traversé la tête, parce que son meilleur ami était dans un état pitoyable. Parce que juste là, rien d’autre ne comptait à ses yeux. Pour rien au monde il aurait quitté ce lit. Leurs oreillers se touchaient, une mèche argentée de cheveux manquait de lui chatouiller le nez. C’était cruel de lui offrir pareille ouverture dans pareille situation. Alors il roula sur le dos, comme lui, et plaça ses mains sous sa nuque, coudes à l’air. Juste pour regarder le plafond. L'amour, c'est rien quand c'est politiquement correct. C’était bien ce détail qui l’embêtait… Il aurait tout donné pour ne pas avoir ce genre de pensée. Pour ne pas être politiquement incorrect. Aimer dans le vide était déjà quelque chose d’inconcevablement dur, alors si en plus ce genre d’envie, l’envie de se redresser sur le coude et de l’embrasser, lui venait aussi facilement à l’esprit, ses nerfs si solides finiraient par ne tenir qu’à un fil. Plafond blanc, il réussissait quand même à y penser. Histoire de lui montrer son affection, et puis après lui demander d’oublier. Quelque chose comme ça… histoire de, juste symboliquement. Lui dire qu’il était sérieux, voilà… l’embrasser pour lui dire qu’il était sérieux, mais que ce n’était pas grave, qu’il n’attendait rien de lui. Lui dire à quel point il avait eu la frousse de sa vie, qu’il avait besoin de lui, mais que seulement en ami ça lui allait aussi. Ce genre de truc, rien de bien grave, qu'il se disait. Juste l'embrasser. Juste un peu. Et sans même s’en rendre vraiment compte, il avait roulé sur le côté pour se redresser sur le coude, le visage de Hurricane sous le tien. Puis blocage. Plus rien. Plus rien du tout. Comme s’il avait soudainement eu envie de lui dire quelque chose, sans se souvenir de ce que c’était. Comme s’il avait soudainement eu l’envie de l’embrasser, sans vraiment réfléchir, et que le regard de Hurricane l’en empêchait.
Du coup, il avait l’air bien con.
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Hurricane
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Sujet: Re: Break break hm hm ( Hurricane ) Jeu 24 Juin - 10:19

    Taper un miroir sans faire exprès, voilà l’une des choses que seul un Duncan pouvait dire avoir fait en réussissant presque à être crédible, parce qu’il en était capable. Pourtant, l’italien n’était pas né de la dernière pluie, et il savait très bien quand le brun mentait. Non pas qu’il soit si terriblement habitué à chaque inflexion de sa voix, non pas qu’il sache pertinemment ce que cachaient ces iris chocolat quand le sportif tentait d‘éviter de se faire gronder… mais presque. Allongé dans son lit, il n’y avait pas grand-chose que l’argenté puisse faire pour tenter de lui faire payer ses bêtises, et de toutes façons, il ne pouvait pas vraiment y faire quoi que ce soit. Soit, le brun avait pris la liberté d’aller massacrer des objets inanimés innocents : c’était son bon droit. Au moins les objets ne seraient pas rancuniers, pas comme certains rouquins. William s’autorisa un silence pour lui répondre et détourna les yeux, un peu trop souffrant pour grogner ou même pour froncer les sourcils et lui lancer un coup d’œil agressif et réprobateur.

    Dew : « Faut que tu te reposes maintenant. »

    Les draps l’enveloppaient, lui faisaient du bien. Douce chaleur contre sa chair meurtrie, le velouté du tissu collé à sa peau le plongeaient déjà dans un demi-sommeil, sans que son sauveur n’ait besoin d’insister, il aurait pu s’endormir aussi sec, s’il n’avait pas eu aussi mal aux dents et aux côtes. Il détestait avoir mal aux dents autant qu’il détestait les gens débiles, la liqueur de poire, la pizza aux anchois et les moustiques. Ca l’empêchait toujours de dormir. Toutes les autres douleurs passaient presque inaperçues grâce aux médicaments de l’infirmière, mais alors les dents, il n’arrivait jamais à penser à autre chose. Il grimaça. Il fallait qu’il s’occupe l’esprit d’une quelconque façon, et tout ce qui paraissait vaguement intéressant dans cette chambre inerte se trouvait à côté de lui, et s’installait dans un lit juste à côté du sien, comme s’il n’avait rien de mieux à faire. Et ta chérie, elle t’attend pas ? C’est bon maintenant, tu m’as sauvé, tu as fait ta bonne action de héros gentil et marrant, t’as encore bien joué ton rôle de mec adorable que tout le monde rêverait d’épouser. Tu peux t’en aller maintenant. Je te suis pas reconnaissant.



    Oh, et puis merde. Il lui jeta un œil pour voir ce qu’il trafiquait, pour voir si lui réussissait à dormir, et pour l’envier si c’était le cas. Peut-être aussi pour l’observer tranquillement sans que le baseballer ne pense qu’il l’admirait. Mais le brun ne dormait pas. Il fixait le plafond comme si sa vie en dépendait, et l’italien scruta son profil et le regard qui passait dans l’unique œil qu’il arrivait à discerner. Il n’arrivait pas à comprendre ce qui pouvait bien passer par le cerveau amorphe de ce type, et peut-être bien qu’il ne voulait pas le savoir. Il se contenta donc de le regarder un peu, avec son œil valide, qui coula un regard le long du visage bien tracé du brun, s’attardant sur son front, son nez, sa bouche… et il le détesta encore cent fois plus. Il ne savait même plus pourquoi il le détestait, ni pourquoi il se persuadait que c’était le cas, mais il sentait au fond de lui qu’il ne pouvait plus rien faire d’autre pour se défendre que le détester un peu plus à chaque fois que le brun faisait ce qui aurait du lui valoir tellement d’amour et d’affection de la part de son pauvre petit italien handicapé des sentiments.

    Le petit chat que le gros chien avait secouru ne savait plus vraiment quoi faire. Il était tout petit, tout fatigué, tout abîmé, son ego écrabouillé comme son petit corps, et il respirait si vite que sa petite poitrine en tremblait ; il ne pouvait rien dire, rien faire, quand la seule chose qu’il voulait vraiment c’était se blottir doucement contre le corps chaud et rassurant du chien qui avait beau l’avoir remplacé par cette pimbêche de jolie chatte de salon, restait la seule créature au monde qui n’avait pas fini par le rejeter malgré son attitude grognonne et désagréable. Les oreilles baissées, le regard triste, il avait vraiment besoin de cette chaleur qui pourrait lui inspirer tellement de force, cette force insoupçonnée que procurait l’amour et savoir qu’on était aimé. Mais il avait peur. Il avait trop peur. Les coups et les blessures et même se faire écraser par une voiture : qu’est-ce que ça pouvait bien faire, il avait l’habitude d’avoir mal, il avait l’habitude que son corps souffre ; ce dont il avait peur, c’était la souffrance morale, la souffrance de son petit cœur abîmé. Ce que l’on craint le plus, c’est l’inconnu. Il avait peur de ne pas être à la hauteur.

    Il aurait du se rendre compte qu’autour d’eux, la plupart des autres chats espéraient qu’un jour le petit chat gris et le chien s’entendent bien. Ils n’avaient aucune envie de se moquer du petit chat. Il se donnait trop d’importance, il se croyait plus fort et plus admiré qu’il ne l’était. Beaucoup le trouvaient simplement stupide de rejeter l’affection quand elle était mise devant son museau, quand tellement d’autres n’attendaient que ça.
    Hurricane soupira imperceptiblement. Il sentait les bras de Morphée s’approcher de lui, lentement certes, mais même ses dents ne pouvaient rien faire contre la fatigue intense que ressentait son corps. Il était tard, il avait mal, et la seule chose qui pouvait lui faire du bien maintenant serait une bonne journée entière de sommeil, ne serait-ce que pour que sa chair puisse se reconstruire paisiblement.

    Il avait besoin de repos.
    Pas d’un Duncan aussi près de lui qui semblait s’être arrêté en plein élan d’approche.

    L’italien le regarda droit dans les yeux, la tête légèrement tournée vers lui, leurs visages séparés uniquement d’une petite vingtaine de centimètres, et il lui semblait ne l’avoir jamais fixé aussi intensément. Avec un regard turquoise emprunt d’une surprise sans limites, et de cet air de « what. The. fuck. Are you doing. » Hm, il y avait peut-être aussi un tout petit brin de « t’attends quoi, pourquoi tu t’arrêtes, approche-toi encore. » Cette partie-là pouvait être un peu plus subtile et difficile à décrypter, mais elle était présente quand même.

    Hurricane : « Je peux dormir sans que tu me surveilles… »

    Il avait mis quelques très longues secondes avant de marmonner ça sans réelle conviction, et il espérait que le brun ne s’éloigne pas trop vite. A moins que ça ne soit l’inverse, et qu’il ne se retienne de lui grogner de reculer immédiatement. Il ne savait plus. Il n’avait pas envie d’y réfléchir.



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Sujet: Re: Break break hm hm ( Hurricane ) Jeu 24 Juin - 20:24

Il le regardait, encore et encore. Et le regardant, il ne put s’empêcher de penser à Spring. De se rappeler comment tout ça c’était passé… y a des semaines. Il le regrettait tellement, maintenant. Mais il ne pouvait pas, parce que c’était sa faute. Il se rappelle quand, sur FaceBook, il n’avait pas pu s’empêcher de lui dire son approbation envers sa vie sentimentale, qu’il trouvait ça malsain, qu’il devait s’apprendre à s’ouvrir, qu’il ne devait pas avoir si peur de s’attacher aux gens. Il lui avait dit tout ça, et il l’avait regretté l’instant d’après. Quand Hurricane l’avait pris au mot. Comme un défi, jurant ainsi fidélité à sa nouvelle conquête pendant un mois. A cette Spring.
Dew avait toujours pensé que faire une même chose envers tout le monde faisait perdre de la valeur à cette chose. Pas comme la valeur d’une monnaie, pas comme ça… mais un peu quand même. Sauf qu’entre voir tout le monde avec cet argent qui ne valait entre leurs mains que cinq centimes, et voir une seule fille le posséder, dans un gros billet de cinq-cents euros, il ne savait pas ce qu’il préférait. Le privilège ou la valeur. Choisissez. Le voir dans les mains tout le monde en petites pièces ou dans les mains d’une unique personne avec tout son éclat. Une unique personne qui n’était pas lui. Oui, définitivement, il détestait ça. Surtout quand la seule fille qui possédait ce billet ne se rendait pas pleinement compte de la valeur de l’argent qu’elle avait entre ses mains manucurées.
Il ne supportait pas Spring. Il ne supportait pas la façon dont elle était devenue plus qu’un simple défi pour Hurricane, il ne supportait pas la façon dont Hurricane en était amoureux. Timidement, ne sachant pas très bien comment agir avec ce sentiment, se posant des questions, essayant de se prouver le contraire avec des actions qui montrait bien qu’il avait des sentiments plus que doux. Et quand il la défendait, qu’il la vantait, qu’il prenait tout particulièrement soin d’elle comme il ne l’avait encore jamais fait, c’était tout simplement trop enviable. Non non, ça n’aurait pas dû se passer comme ça. Au bout d’une semaine, il aurait du aller le voir et lui dire "Hey ducon ! J’ai essayé d’avoir une copine comme tu m’as dis, mais c’est vraiment trop chiant !!", il aurait dû grogner sans cesse devant les attentions de la jeune fille, l’envoyer bouler. Ca aurait du se passer comme ça. Il se rendait compte qu’il avait toujours voulu, intérieurement, que ça se passe comme ça.
Parce qu’elle n’avait pas le droit de l’avoir. C’était ce qui l’énervait le plus, après le fait qu’elle ne soit pas juste n’importe qui pour Hurricane. Ses anciens amants, eux, ne "l’avaient" pas. Elle, elle l’avait. Grâce à lui. Elle avait droit à ses attentions, ses sentiments, sa petite timidité. Le pire, ce qui le mettait hors de lui… c’est qu’elle n’avait pas l’air de se rendre compte à quel point c’était extraordinaire. Elle disait "c mimi". Elle disait ça comme si elle avait l’habitude. Alors qu’il savait lui, à quel point elle était la plus chanceuse du monde. A quel point les petites actions de la part de l’italien n’étaient pas que "mimi". Si les anciens amants de son meilleur ami avaient le droit de coucher avec lui, Spring avait le droit à cent fois plus. Elle en était juste contente alors que lui aurait été mort de bonheur depuis longtemps. Son affection pour elle, la possession qu’elle avait sur lui, le fait qu’elle imagine tout ça naturel… ça le rendait fou. C’était trop, les trois d’un coup, c’était trop. Elle n’avait pas le droit à autant. Elle devait choisir l’un de ses droits privilèges, elle n’avait pas le droit d’avoir tout.
Elle n’avait surtout pas droit à cette chanson. Cette chanson adorable qu’il avait mis sur FaceBook. Alors comme ça, il ne respirait plus quand elle était dans les parages ? C’était abominable à dire mais il en avait eu autant la rage que lorsqu’il avait vu Hurricane presque mort. Ces deux situations n’étaient pas comparables dans leurs états dramatiques, mais son cœur n’avaient pas fait la différence. Il avait cru mourir dans les deux situations. Comme si ce petit organe qui lui servait de pompe avait fait un saut dans le vide, accroché à un petit élastique. Cette chanson, il la détestait. Elle était trop belle et trop vrai. Elle n’avait non plus droit à ce statut abordant une psychologie inverse charmante venant de cette même chanson, à cette sortie dans un resto qui servait la cuisine préférée de la demoiselle… mais cette chanson, c’était vraiment trop injuste qu’elle y ait droit. Il l’avait écouté à cinq heures du matin, il ne se rappelle plus si les larmes étaient du à la fatigue ou à ses paroles qui montraient à quel point il se dévoilait. Cette histoire d’un garçon fou d’une fille, qui pendant le refrain, tente de se convaincre qu’il n’était pas amoureux. C’était tellement lui, ça. Et c’était parce que c’était tellement lui que ça semblait tellement sincère et que c’était tellement horrible. C’était pas une chanson macho, non, ce n’était pas une chanson de façade. C’était des paroles qui mettaient à nue sa timidité et son incompréhension envers le sentiment amoureux. Il se dévoilait, Hurricane. Il montrait son petit cœur tout mou. Mais pas à lui, non, pas à lui. Il n’aurait jamais pensé, Dew, que Hurricane s’ouvrirait si facilement.
Il lui avait dit de s’accrocher à quelqu’un pour qu’il rende tout ce qu’il donnait gratuitement, son corps et son cœur, beaucoup plus précieux… mais voir ainsi cette préciosité sous ses yeux le rendant encore plus fou de jalousie. Il voulait rendre à Hurricane la préciosité qui devait lui être attribué. Mais ça aurait du être avec lui putin, ca aurait du être avec lui.

Le plus atroce, le plus cruel, c’était que Hurricane détruisait et alimentait ses espoirs en même temps. En sortant avec WildCat, Dew avait été résolu d’en finir avec ses sentiments immatures. Alors quand avait demandé à l’italien de respecter son corps et d’apprendre à s’attacher aux autres, et quand celui dit l’avait tenu à la lettre, il aurait du se sentir tellement soulagé. En plus de pouvoir jalouser qu’une seule personne au lieu d’une trentaine, Hurricane est pris, ce qui était comme une paire de cadenas sur un coffre qu’il avait déjà fermé à clef. Il l’avait aidé, Hurricane, il s’était rendu encore plus imprenable qu’il ne l’était déjà, il avait posté des gardes devant son château fort. Mais en même temps qu’il rendait l’accès plus difficile, il se faisait de plus en plus beau. Et c’était comme s’il essayait de donner à Dew l’occasion de lui déclarer la guerre, l’occasion d’avoir une raison de détruire ces gardes, cette défense, et d’envahir ce château fort. C’était des phrases, des allusions, des riens. C’était comme si Hurricane cherchait à éteindre un feu en lançant mine de rien, quelques gouts d’essence. Le feu ne pouvait jamais mourir tranquillement, et il souffrait, il souffrait. Il le tuait, avec cette amour qu’il avait pour cette fille, cette foutue chanson, les jolies pensées qu’il avait envers elle, mais il le maintenait en vie… avec cette petite jalousie qu’il semblait parfois avoir, avec le fait qu’ils se parlaient tellement longtemps sur le net la nuit, avec les indices que Spring parsemait comme quoi il aurait dis son nom la nuit. Laissez-moi mourir en paix. Arrête de jouer avec mon cœur. Me regarde pas comme ça.

- Je peux dormir sans que tu me surveilles…

Il ne lui répondit pas. Il le regardait, lui et ses lèvres rosées, avec une cicatrice plus brune que rouge, le sang ayant séché. Lui et sa peau translucide, on y voyait les vaisseaux sanguins éclatés, les égratignures, les heurts avec une précision affolante. Ca faisait joli. Ca avait vraiment quelque chose de beau. Les hématomes rendant les bouches de l’italien plus pulpeuse, pulpeuse de douleur et le seul œil qu’il avait de visible brillait d’une vie qui contrastait avec la mort de ce visage. Un cache-œil fait un avec compresse et du gel pour calmer les hématomes, un petit bout de nez toujours pointé, fier, mignon, légèrement rebroussé. Cheveux éparpillés sur l’oreiller, front à découvert, joli petit front. Un minois adorable qui, en plus de ne pas lui appartenir, appartenait à quelqu’un d’autre. Il s’était rapproché assez pour que ses intentions soient prévisibles et nets. Intentions douces, mais qui était similaire à un arrêt de mort. Quand il s’en aperçut à quel point il était prêt, trop prêt, il ne pouvait plus reculer. Hurricane avait bien vu ce qu’il allait faire, ne pas le faire aurait été comme ne pas manger la tarte dont on lui accusait le vol. Trop bête. La punition sera d’autant moins cruelle qu’elle sera méritée, qu’on ne le condamne pas que pour une intention. Autant faire l’erreur de sa vie, autant le faire bien. Proprement, ne pas se priver, à fond. C’est ce qu’il fit, les yeux fermés. Il n’avait rien répondu. Il avait effleuré son nez du sien, ses lèvres entrouvertes respirant chaudement sur les blessures buccales de l’italien. Effleurement des lèvres, puis il finit par appuyer doucement les siennes sur celles légèrement gonflées de contusions de son meilleur ami. Meilleur ami. Meilleur ami casé. Il enferma sa lèvre inférieure dans sa bouche entrouverte, caressant les gerçures du bout de la langue, nettoyant le sang qui y était encore incrusté. Des lèvres sèches qu’il humidifiait du bout des lèvres, alors qu’il tentait de se faire une entrée dans sa bouche. Sans y parvenir, de peur de lui faire mal aux dents. Il savait que s’il ne réagissait pas, c’était que la parole lui déchirait la bouche, que les gestes de rejets lui étaient impossibles par ses membres vidés, et il en profitait. Cruellement. Mais il essayait tant bien que mal de faire que ce baiser soit trop doux pour ne pas être une agression, mais assez humide et sensuelle pour ne pas être chaste et simplement affectif. Les yeux fermés, il ressentait chaque reliefs et creux de cette fine pellicule de peau blessée, et il ne pouvait pas croire qu’il était en train de l’embrasser, enfin. De manière totalement amoureuse, dans une situation où il passait facilement pour un connard. Il avait une copine, et lui aussi. Il profitait de l’état de semi-légume de son ami. Il l’embrassait trop longuement, trop sensuelle. Mais même s’il avait tenté une entrée, il n’avait franchi sa bouche, de peur de se faire mordre, de vraiment trop profiter de la situation, de l’agresser.

Petit chat amoché, blessé, que la grande langue du chien cherchait à réconforter. Mais plus que du réconfort, il voulait lui montrer qu’il était plus apte à prendre soin de lui que n’importe quel animal. Surtout plus que cette chatte zébrée. Chatte que le petit chat gris semblait beaucoup trop aimer, qu’il se plaisait à protéger et avec qui il passait son temps à jouer. Alors le chien voulait lui rappeler sa présence, qu’il était là, lui, toujours là. La langue pendue, gémissant douloureusement en voyant ce petit chat inerte, léchant et léchant encore.

Mains de chaque côté de son oreiller, bouche langoureusement écrasé contre la sienne, le bout de leur nez se heurtaient. Il prenait son temps, il prenait tellement son temps… ça lui passait au dessus de la tête. Il embrassait son meilleur ami, il avait sa bouche contre la sienne. Dans la poche arrière de son jean, son portable se mit à vibrer de toutes ses forces, le paralysant sur place. Le paralysant, ses lèvres contre les siennes, sans bouger. On pouvait entendre une mouche voler dans le silence gênant. Ca continuait à vibrer, il avait ouvert les yeux et attendit pour voir si ça allait s’arrêter. Ca vibrait encore, il se décolla ses lèvres de celle maintenant plus humides du blessé. Un regard, un regard empreint de jalousie possessive féroce, et d’une tendresse immense. Regarde d’une demi-seconde, car il finit par se redresser totalement et prendre le portable dans sa poche. Dans sa main, il vibrait encore un peu, lueur bleue de l’écran, il décrocha. A genoux sur le lit, une main sur les draps, mollement, l’autre contre son oreille, tenant l’appareil. Il regardait Hurricane, et répondait par "Ouais", "Hm", "… Oui, j’arrive de suite, t’en fais pas". Un clac, il raccrocha et passa par-dessus l’italien, en prenant bien soirée de ne pas l’écraser, pour sortir du lit. Glissant le portable dans sa poche, il appuya son bras libre contre la structure du lit en se penchant un peu.

- Je reviens te voir ce soir.

Un bruissement de rideau qu’il ferma autour du lit, et il partit aller régler d’autres dégâts causé par les jumeaux. Le soir, il ne revint pas. Le soir d’après non plus, le suivant encore moins. C’était sa punition pour l’avoir sauvé. On l’empêchait d’aller lui rendre visite, lui donnant corvées sur corvées pour condamner tout temps libre. Stressé, il ne pouvait rien faire d’autre que d’attendre devant son ordinateur. Un signe.
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Sujet: Re: Break break hm hm ( Hurricane )

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Break break hm hm ( Hurricane )

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