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 How much longer until you break ? /Drunk

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Invité
Sujet: How much longer until you break ? /Drunk Ven 30 Avr - 22:29

here for the morceau de piano que joue Sam.
What's done is done it feels so bad
What once was happy now is sad
I'll never love again
My world is ending


    « Dis Lucifel, tu m’aimes, pas vrai ?
    - Bien sûr, que je t’aime.
    - Tu ne m’abandonneras pas comme les autres, pas vrai ?
    - Non, je serais toujours là pour toi. »

    Menteur. C’était tout ce qu’on esprit avait pu assimiler. Menteur. Menteur. Menteur. Lucifel était décidément bien plus doué en la matière que lui. Et pourtant, il en fallait beaucoup pour berner Samaël. Mais Lucifel, son frère, le trahir ainsi, il ne l’aurait jamais cru. Depuis petit, l’ainé Esaias était sa bouée de secours. Quand son monde s’effondrait, Lucifel persistait envers et contre tout. Il prenait le petit gosse perdu et geignard dans ses bras, caressait maladroitement ses cheveux, embrassait son front pâle et fiévreux et lui disait que tout irait bien.

    Il lui disait que la vie n’était pas facile, mais que tant qu’ils seraient ensembles, rien n’était insurmontable. Quand Papa se mettait à crier, et que le gamin qu’il était se jetait sous le lit, effrayait, c’était Lucifel qui calmait les ardeurs violente de Sveinn pour ensuite lui tendre la main, avec un sourire rassurant, et toujours quelques dragibus pour sécher ses larmes. Lucifel lui avait la promesse d’être à jamais à ses côtés, de toujours s’occuper de lui. C’était le seul en qui Samaël avait placé toute sa confiance… Et il lui avait tout simplement craché au visage.

    Le plus âgé de quelques minutes avait bafoué le peu de chose en quoi Samaël croyait encore. Il avait piétiné sans plus de cérémonie les rares sentiments dont Samaël était encore capable de faire preuve. L’islandais n’accordait pas d’importance à l’amour, si ce n’est celui désespéré et égoïste qu’il vouait à son grand frère. Samaël savait que l’être humain était mauvais, vicié, pour en être la preuve vivante, mais son frère était pourtant ce qui lui permettait d’y croire un peu, parfois.

    Ironique, puisqu’il savait que Lethal n’était pas une blanche colombe. Il avait tué de sang-froid, et emprisonnait le monde dans une sordide toile de manipulation. Pourtant, Seth n’avait jamais été capable de le croire foncièrement mauvais. Sauf à présent, quand il s’était accroché à sa chemise, à genoux, le regard perdu, apeuré, à lui hurler de ne pas l’abandonner, de ne pas le laisser choir dans la décadence qu’il s’était créé. Et comme son cœur avait eu mal, lorsque Lucifel détourna le regard, fier, et se dégagea de sa poigne sans un mot. Méprisant. Samaël avait essuyé le pur mépris de son propre frère.

    Il n’y avait pas eu de raison à cette rupture soudaine. Sa voix posée et calme, un peu hautaine dans ses intonations, avait lâché l’implacable « C’est fini. » et n’avait laissé aucune option à Samaël autre que de sombrer dans une profonde hystérie. Le gamin en lui était déboussolé, c’était tous ses repères qui venaient de partir en fumée. Que lui restait-il, sans Lucifel ? A quoi pouvait-il encore se raccrocher, sans la figure fraternelle emblématique ? Qui s’occuperait de lui ? Qui le forcerait à prendre ses médicaments ?

    Qui le pousserait à croire que malgré sa putain de maladie, la vie valait encore la peine d’être vécue ? Qui pourrait à nouveau lui faire croire en de telles stupidités ? Personne, évidement. S’il s’était raccroché à la vie pendant ces putains de vingt d’existence, c’était bien parce que Lucifel était là. Maintenant, il n’y aurait plus personne pour lui faire croire qu’il valait quelque chose. Car au fond, qu’avait réussi Samaël dans sa vie ?

    Vous êtes vous posé la question ne serait-ce qu’une seule fois ? On lui compte un nombre incalculable de conquête et on dit que le monde est à ses pieds. Mais est-ce si vrai ? Combien comptez-vous de véritables amis, pour s’inquiéter de son sort en tant qu’otage ? Combien lui comptez-vous de véritables relations, sans haine, ou sans artifice ? Même les rares qu’il estimait ne l’aimaient pas… Prenons Isis, par exemple. Elle est belle Isis, cette poupée de verre, de trop nombreuses fois brisées, qui s’était soi disant éprise de son air incube. Mais elle méprisait, lui et ses faux semblants. Quand Samaël n’était pas là, oh combien c’était une libération pour son cœur.

    Voyons Storm, cette démente petite rousse, qui haïssait Samaël et ses manières de tout son être, quand lui, pourtant ne désirait que ses attentions les plus louables. Reed, ce grand-frère de substitution dont pourtant, il était méfiant. Ou Drunk, cette petite chose incapable de remarquer que Samaël l’appréciait réellement, et non pas simplement en temps que jouet… Mais à force de se faire sa jolie réputation sordide, plus personne ne croyait dans les mots de Seth, même quand ces derniers étaient la vérité vraie.

    Il n’y avait à jamais eu que Lucifel pour croire encore en lui. Pour croire en ses capacités qu’il n’avait pourtant pas. Aucune intelligence notable, incapable de réussir quelque chose ou de garder quelqu’un de précieux à ses côtés. La preuve en était. La première désillusion de Sam avait eu lieu à ses treize ans, quand il avait appris que Haakon n’était que l’instrument d’un père aux envies peu catholique envers son fils. Puis son premier amour qui préféra se nourrir de l’amour d’un mari violent que du sien, pur et innocent, le seul amour qu’il pouvait donner à ses quatorze ans. Alors Samaël préféra largement tout détruire, que tout reconstruire. Il souffrait, alors il pensait égoïstement que tout le monde devait souffrir avec lui.

    Et ainsi il commença à briser les cœurs, quand ce n’était pas les corps des jolies adolescentes qui s’adonnaient à lui. Peut-être que Samaël avait quelques bâtards dans le monde ? Que pouvait-il en savoir ? Et dans ses envies de tout détruire, vie, personnalité, cœur… Il en avait oublié comment reconstruire, voire construire, tout simplement. Créer une véritable relation, lui, il disait qu’il trouvait ça superficiel et surfait. Qu’au final, tout le monde serait trahi, et qu’il n’aimait pas savoir qu’il devrait un jour être au rendez-vous si quelqu’un allait mal. Pourtant, oh pourtant, combien il aurait donné pour ne plus se retrouver seul, à ce moment-là.

    Combien il s’en voulait, d’être incapable de croire à cette notion de base qu’on appelait amitié. L’islandais savait que ce n’était pas si mal, de donner un peu d’attention pour en avoir en retour. Et pourtant, il en était purement et simplement incapable. Sa vie sociale était un échec.

    Parce que son unique monde n’avait été que Lucifel. Et son monde s’était barré sans prévenir, le laissant là, dans la vaste salle du trône, vide. Et il était certain d’avoir entendu son simulacre de cœur se briser dans sa poitrine. Comme il aurait souhaité que ce dernier n’ait jamais existé ! Comme ça faisait mal, de voir Lucifel tourner les talons sans un regard même pour celui qu’il avait prétendu aimé durant ces vingt ans.

    Alors Samaël avait voulu le haïr, de toute son âme. Il avait voulu se convaincre qu’il ne l’avait pas éperdument aimé. Mais il en était bien incapable. Haïr son frère relevait de l’impossible. Il ne pouvait que vivre avec ce trou béant dans sa poitrine. Il ne voulait même pas arraché son cœur : il n’avait tout simplement plus.

    Tout ce qu’il lui restait, si on pouvait considérait cela comme ça, c’était la musique. C’était son talent pour le piano, qu’il avait développé suite aux encouragements de son frère. Putain, même ça encore, il le devait à Lucifel. Qu’est-ce qu’il avait pour lui, merde ? Les doigts couraient sur le clavier nacré, enchainant les accords sans une seule faute. C’était rapide, mais pas trop. Il aimait bien ce qu’il jouait. Il ne se souvenait plus où il l’avait entendu, mais le brun adorait cette mélodie.

    Le narcoleptique essaya vainement de vider son esprit. De remplacer le visage glacial de son frère par la partition de la mélodie. Ou par quelque chose d’autre, n’importe quoi. Mais non. Il n’y avait dans sa tête que toutes les promesses que Lucifel n’avait pas tenues, et ce « C’est fini » pétrifiant qui tournait en boucle dans sa tête, sur le rythme de la mélodie que maintenant, il était loin de trouver reposante.

    Mais faîtes taire cette horrible voix ! Que cet horrible film cesse, que la douleur qui s’emparait à chaque seconde de son corps, jusqu’à paralyser ses doigts cesse enfin ! Pitié ! Il n’en pouvait plus, de se morfondre. De subir cette pure torture qui était loin d’être un délice, oh non. Il n’en pouvait plus de se sentir aussi faible et vide. Même la morsure brulante des blessures infligées quotidiennement par Aphrodite n’était pas si atroce. Là, il n’y avait juste plus rien.

    Que le blanc éthéré de la salle de musique. Que la mélodie qui résonnait contre les murs dont les contours semblaient flous pour Samaël. Que le grand piano à queue sombre. Et cette voix qui murmurait à son oreille à chaque note frappé.

    Violement, il plaqua ses mains sur le clavier. Avant de se laisser tomber contre le majestueux instrument, la tête reposant sur les touches. Cacophonie infernale et éphémère. Qui fit taire l’espace d’un court instant sa souffrance. Avant que le silence ne saisisse de nouveua la pièce, et que la voix cruelle de Lucifel résonne à nouveau dans sa tête.

    Les mains crispées sur le clavier, la gorge serrée, le regard perdu d’un gosse esseulé, Samaël ne répondait plus de rien. Samaël n’était plus qu’une ombre, qui retenait tant bien que mal des larmes qui de toute manière ne coulerait jamais.

    Pourquoi diable fallait-il qu’il ressente le revers de la médaille ? C’était donc ça que ressentait les femmes esseulées, après avoir cru à son amour factice ? Oh, comme la sensation était horrible…
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Invité
Sujet: Re: How much longer until you break ? /Drunk Dim 9 Mai - 15:50


I heard there was a secret chord...

Il pleut. Des trombes, comme tant de samedis déprimants qui cloitrent nombre d'orphelins à la Wammy's, d'avance trop fatigués par le ciel de plomb pour ne serait-ce que penser quitter les lieux pour prendre l'air. Finir trempés.
Drunk n'avait pas eu le choix que de suivre Seth cependant et, peu importe ce que le feu de la salle commune et Kipling peuvent en penser, il se retrouve à le suivre sous les cordes, avec un vague parapluie un peu trop maigre pour les abriter tous les deux.
Samaël se moque de lui, le taquine sans qu'il n'ait vraiment de réaction, mais ça n'empêche pas le brun de rire. Drenig ne dit rien, il le regarde simplement, et les longs bras gorgés d'eau passent ses épaules une fois sous l'abri-bus.

"Et là prochaine fois, je te kidnappe. Genre semaine en amoureux."

Le plus jeune relève les yeux.

"En amoureux."

Mince. Il ne faut pas employer de mots intrigants avec lui, Seth n'est pas sans le savoir, mais a simplement été débordé par son enthousiasme dirait-on. Il fait la grimace.

"Eh... Je t'aime... bien, Drunkie."
"Oui."

La réponse est d'un romantisme effarant ceci dit. L'aîné sourit.

"Tu ne sais même pas de quoi on parle."
"Non."


Drunk se souvenait de beaucoup de moments de ce genre.
C'était moche d'être si froid. Drunk avançait vraiment au milieu de la foule sans vraiment la voir, en faisant preuve d'un stoïcisme que n'ont pourrait pas qualifier d'exemplaire, mais plutôt un peu malsain. Du moins ça aurait pu l'être pour n'importe qui d'autre.
Il n'était pas certain que ce soit vraiment bon pour lui d'agir autrement - mais de toutes façons, il en était incapable, vis-à-vis de ce manque de volonté qui le caractérisait. Or on ne pouvait nier les quelques personnes qui aimaient venir le voir, mais aucunement il n'avait engagé le mouvement.
Etait-ce vraiment une bonne chose ?
En soi, il n'avait jamais eu de problème en agissant comme il en avait l'habitude. Et les habitudes dictaient sa vie autistique. Rencontrer de nouvelles personnalités, s'en rapprocher tellement, ne serait-ce que physiquement, se faire aborder, entrainer, être embrassé. Être surpris. Être perturbé. Un peu perdu. On avait toujours déconseillé quoi que ce soit du genre à son entourage. Un jour il finirait par ne pas comprendre, et il n'essaierait pas, oh non, loin de là, et ses réactions pourraient être véritablement variées. On ne pouvait pas prévoir qu'elles seraient-elles.
Valait-il toujours mieux rester à sa place sauve que de prendre le risque ? Même sans savoir lequel il pouvait être ?

Peu importait aux autres. Et Drenig avait du se faire à être à leur contact parce que ces derniers en avaient quelque chose à faire. Et selon qu'ils prennent des gants ou non, il se laissait faire.
La Wammy's house l'effrayait, le prenait à la gorge, l'enfermait parfois autant qu'elle le réchauffait singulièrement. Parfois c'était les trois à la fois.
Et pour l'instant, quand Samaël pour ne citer que lui, l'approchait, agissait à sa façon à son égard, bousculait un peu trop son microcosme, pour l'instant, tout allait bien. Mais si un jour il prenait peur, pour une raison comme une autre, son esprit était bien trop étroit pour relativiser et se focaliserait sur cette angoisse. Drunk ne pouvait penser qu'une chose à la fois, semblait-il.
Tant que serait le bon côté, tout irait bien.
Samaël jouait bien, il avait de la chance.
Pire que ça, même. Au de-là de ses approches, la tendance pouvait aussi s'inverser, et en ne venant que trop régulièrement le voir ainsi, il pénétrait peut-être un peu sa bulle. Son cercle répétitif. Il faisait peut-être partie du refrain comme le faisait son frère.

Aujourd'hui Seth n'était pas là.
Et très honnêtement, ça n'aurait pas du le déranger. D'ailleurs ça n'avait pas été le cas. Peut-être encore quelques jours, et la situation aurait été différente, mais pour l'instant, rien.
Pourtant. Pourtant il s'était bien levé, s'était bien rendu jusqu'à la salle de musique, avait bel et bien cherché le brun en y venant.
Drunk était au courant pour sa maladie. C'était arrivé suite à un concours de circonstances, mais toujours était-il qu'il savait, et que contrairement à toute personne élevée, consciencieuse de ne pas rentrer dans le mauvais sujet, de vexer la personne, il ne connaissait aucunement l'empathie pour y faire attention. Il y faisait juste attention, ça pouvait en être dérangeant, mais il pouvait interroger Samaël à ce propos, sans savoir le complexe que ce dernier avait à ce sujet.
C'était attendrissant d'une certaine façon venant de quelqu'un comme lui, mais ne pensant que trop peu au autres, pour ne pas dire pas du tout, il pouvait en être irritant. Mais aujourd'hui, il savait bien que cela faisait un certain temps, trop en tous cas, que Seth n'avait pas pris ses médicaments, et il les tenait nerveusement dans sa main, poussant de l'autre le lourd battant de la porte de la salle de musique. Entrouvert. Ça n'arrêta donc pas la mélodie.

Drunk resta longuement dans l'encadrement, détestant simplement le fait de devoir interrompre quelqu'un ou manifester sa présence.
Seth était de dos. Le morceau qu'il jouait, avec des mouvements qui malgré leur grâce appliquée pour la mélodie, tendaient à crisper le cadet de sa place tant leurs assauts paraissaient désespérés, et chaque note qui résonnait dans la pièce, si haute et grande, atteignait Drunk de telle façon qu'il se sentait près à faire demi-tour à tout moment.
Que fais-tu là. Ce n'est pas ta place.
Que fais-tu là. Pourquoi. Et que vas-tu faire.
Tu as même un peu peur.
Et pourtant il était là. Lui qui ne faisait jamais rien pour forcer le destin, faisait le choix de rester là et d'écouter jusqu'à la fin, puis d'avancer doucement, comme guidé, attiré par le piano comme l'aurait fait Hamelin et sa flûte. Conscience ou non qu'il allait droit dans la rivière glacée.
Puis le brun retombe violemment contre le clavier, dans un vacarme dissonant, et c'est le sonnette d'alarme qui engage les pas de Drenig. Même si ce n'est pas le moment. Même s'il n'a rien à dire. Même s'il n'a pas la moindre idée de ce qu'il peut lui arriver, du déchirement, et de la douleur que l'on peu éprouver. Pas la moindre. Et peut-être ne l'aurait-il jamais.

Quand bien même, il s'avança près de l'instrument, et, veillant à ne pas croiser son regard, comme toujours, il posa le petit flacon qu'il tenait être ses doigts crispés sur la surface ébène. Puis ces derniers glissèrent jusqu'à son pull, dont il tritura nerveusement le bas.
Il resta debout sans ajouter un seul mot, debout, à regarder fixement on ne savait quoi.

Allez savoir pourquoi Diable il faisait ça.
Parce que lui ne le ferait pas.


Dernière édition par Drunk le Mer 9 Juin - 18:52, édité 1 fois
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Invité
Sujet: Re: How much longer until you break ? /Drunk Mer 9 Juin - 18:42

You don't wanna hurt me,
But see how deep the bullet lies.
Unaware that I'm tearing you asunder.


    Egoïste. Tu n’es qu’un petit con égoïste, et tu souffre de tes propres vices. Regarde toi dans le miroir. Regarde ce corps maigre et blafard, souffrant de la maladie. Tourne toi, observe ces marques encore brulante. Observe tes cicatrices, elles sont les réminescences de ta punition. Caresse les de tes doigts longs et fébriles… Grimace. Tu mérite ton corps décadent. Tu mérites chacune de ses plaies qui se gravent en toi pour ne plus jamais s’effacer. Chaque entaille qui se marque sur ta peau hyaline te rappelerons bien trop souvent le mal que tu as fait aux autres. Et que tu as payé au centuple.

    Car c’est ce que tu vaux, démon désabusé. C’est tout ce que tu vaux. Observer ton corps maigre et haï, seul, sans personne pour te valoriser. Observer ce reflet écoeurant de toi-même. Cet être à moitié mort que tu balades dans les couloirs souvent déserts de l’orphelinat. Regarde toi, Dieu Déchu, enfant perdu, sans repère. Regarde ton pathétisme. Admire tes cernes malgré ces vingt heures de sommeil quotidiennes. Admire ta propre déchéance, et prend donc conscience de tout le mal que tu as fait. Parce que Samaël, cette solitude, tu la mérite, n’est-ce pas ?

    C’était un long rituel qu’il pratiquait ainsi tous les matins, depuis que Lucifel l’avait abandonné. Il n’était qu’une ombre angoissée. Du grand Seth, ne restait que les bourgeons qui croissaient dans ces filles larmoyantes laissées sur le trottoir, avec un sourire sardonique au lèvres. C’était ça, son empire sans sens. C’était les filles éplorées, les ruelles insalubres, et l’amour encore persistant pour son frère. Tout lui rappelait son jumeau. Les vêtements qu’il portait, qu’un jour Lucifel avait pris soin de lui acheté ou de lui faire essayer. Le parfum qu’il mettait, encore une fois choisi par Lucifel. En fait, c’était le même. Sa gourmette. Sa boucle d’oreille, une perle de jais… Toute ces petites choses, c’était encore et toujours grâce à son frère.

    Sa propre vie rappelait à l’islandais son frère. Ce moment étrange, de souffrance intense, quand il se laissait pourir sur le grand et majestueux piano, était encore un moyen de voir son visage, d’entendre sa voix. Il caressa les touches du bout des doigts, entendant sur les do les je t’aimes susurrés sur l’oreiller de sa voix grave, assimilant au si ses avertissement aigus, au fa ses rires… Il s’infligeait lui-même une torture sordide. Mais tout était bon, pour revivre dans le passé. Pour se noyer dans ces souvenirs des jours heureux.

    Où le brun se confortait dans les bras frêle de son frère, quand tout allait mal.

    Allons Samaël, pauvre petite chose, resaisis-toi. Regarde toi, espèce de mort-vivant, tu n’attires plus personnes, sauf ces regards de pitié que tu as toujours haït et méprisé. Ces créatures humaines dont tu t’efforce tant de créer leur perte se moque de toi, tu n’es plus rien sans ton frère. Ils s’en rendent bien compte, tu n’es qu’une chose brisée. Il ne reste plus qu’à jeter les morceaux sans un regard, parce que tu ne vaux plus rien pour personne.

    Pas même pour cet enfant effrayé, qui ne te regarde plus dans les yeux, qui se contente d’être là, avec des envies pas très claires, avec sa trousse à médicaments. Et toi tu ne comprends rien. Tu ne veux pas comprendre. Drunk. C’est bien Drunk que Dieu t’a envoyé pour te sauver. Si tu pouvais encore croire en ce dernier. C’est Drenig qui se dresse devant toi, et ça te fais sourire. Un peu. Un sourire triste et forcé, par forcément heureux de le voir là.

    Jamais Samaël n’aurait dû se montrer ainsi face à Drunk. Il ne fallait pas bousculer ses habitudes. Il fallait être joyeux et enthousiaste, quand Drunk était là, sinon il allait prendre peur. Ce serait ses repères à lui, qui dérailleraient. Et l’islandais ne souhaitait pas ça, oh non non. Le brun attrapa la main du cadet et embrassa ses doigts. Il se souvenait d’un moment étrange, où Drenig était à ses côtés.

    Ils avaient joué du Bach, un quatre main improvisé. Un moment atemporel, hors du tout. Seule la mélodie les transportait. Dans cet instant, Seth et Drunk avait été lié, ça n’avait pas duré longtemp. Mais ça avait été intense. Surtout pour le scandinave. Parce que Drunk, après leur duo, et ben il l’avait appelé Seth. Pour la première fois de sa vie… Il n’avait pas oublié son identité. Sur le coup, Seth ne réalisa pas trop.

    Mais alors qu’il était là, à dépérir, à se souvenir de tout ce qui le consistuait, l’importance de ce pseudonyme le frappa de plein fouet. Il se releva et attrapa Drunk contre lui, embrassant fébrilement sa tempes. Se montrer force, ne pas se laisser aller à ces larmes qui ne couleront jamais. Et lui expliquer, doucement, que ça ne servait plus à rien.

    « C’est adorable Drunk, mais ces médicaments ne me sauveront pas. Je suis un homme déjà mort… Ca ne fera que retarder l’échéanche, et je ne veux plus… »

    A l’heure actuelle, Samaël était prêt à se raccrocher à n’importe quoi pour s’en sortir. Même s’il s’agissait d’un vague souvenir d’une voix tremblante murmurant son pseudonyme maladroitement.
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