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 Le grand méchant loup { Seth

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Invité
Sujet: Le grand méchant loup { Seth Ven 5 Fév - 20:53

Âge : 16 ans.
Date : Juillet 2009.
Lieu : Chambre de Linda.


« Et en un instant, je cesse de me poser des questions. Je me plonge dans ses bras pour mieux me noyer dans ses yeux. Je me sens vibrer. Quelque chose me touche. Je crois que c'est l'amour. »


Son dos heurta les draps tandis qu’une douce chaleur affriolante se répandait dans tout son corps et que les battements de son cœur s’accéléraient. On se situait quelques mois avant que l’orphelinat ne devienne un lieu de terreur et, pourtant, la perversion était déjà là. Dans toute sa splendeur, coruscante et lumineuse, elle avait étalé ses appâts, s’agglutinant autour de ses bras, autour de son visage, de son corps et de son cœur, déchirant les fondements de son esprit pour la bercer de douces illusions et la laisser se perdre à des songes éphémères et audacieux.
Qu’y pouvait-elle si son cœur ratait un battement à chaque fois qu’elle le croisait dans un couloir, dans la cour ? D’une pulsion inconsciente était née la croyance d’un amour vain qui avait pénétré au cœur même de sa conscience, qui s’était assis au premier rang et qui refusait de s’en déloger, bousculant les principes et le refoulement qui avaient pourtant tenté de l’étouffer, de l’écraser, de le réduire à néant, sachant que la confrontation de deux amours impossibles perturberait l’âme.
Pourtant, elle s’y était accrochée, avalant les belles paroles qu’il lui délivrait chaque jour depuis le moment de son adhésion aux Pacifists, se droguant de tout ce qui le composait : de sa voix, de son odeur, de la texture de sa peau à son toucher, de ce regard languissant et inconsolablement navré d’où s’écoulait une insidieuse ivresse qu’il lui desservait chaque jour. Seth représentait son nouvel univers, son monde, et elle avait refaçonné sa vision des choses de manière à le placer au centre et à faire graviter tout le reste autour de lui. Adieu ses beaux espoirs psychédéliques qui rêvaient de la voir avec Near. Il n’y avait plus que Seth. Et à cet instant précis, elle se laissait glisser avec délice dans ses yeux verts mordorés, jouant avec l’une de ses mèches rebelles qui le caractérisaient si bien.

Oh, bien sûr, on l’avait mis en garde. Elle connaissait l’histoire de Seth avant même que celui-ci ne lui fasse part de son envie de rejoindre son groupe, d’abord pour soutenir sa cause, puis dans le seul espoir de pouvoir mieux la connaître, elle. Elle, qu’il disait avoir suivi du regard depuis son arrivée ici, elle, qu’il berçait de compliments et à qui il répétait sans cesse son désir, son envie de mieux la connaître. Elle, qu’il considérait comme son reflet, son miroir, si semblable et pourtant si différent, qu’il croyait être celle qui le connaissait le mieux.
Mais à côté de tous ces jolis mots, les rumeurs étaient venues la frapper de plein fouet et l’avait rendue d’abord perplexe et méfiante. Seth était associé au gigolo de la Wammy’s House, celui qui parvenait à mettre n’importe quelle personne au fond de son lit et qui était prêt à coucher avec n’importe qui pour peu qu’il en retire quelques satisfactions personnelles. On le jugeait cynique, indifférent, peu soucieux des règles et des conventions, se moquant de tout et de tout le monde, dénigrant les sentiments et méprisant les naïfs. Seth avait une sale réputation et, pourtant, il continuait de séduire tout le monde… Et Linda ferait parti de son palmarès de chasse, persuadée d’être différente à ses yeux.
Il le lui avait dit après tout. Elle ne faisait que croire naïvement à tout ce qu’il pouvait lui raconter. Les plus beaux mensonges, tissés à souhait par Seth, sonnaient allègrement à ses oreilles. Sa splendeur sulfureuse, sa mystérieuse coutellerie de facéties, ses sombres regards équivoques, ses chaînes, dont ses pieds étaient empêtrés, auraient pourtant dû être des symboles qui expliquaient assez clairement les inconvénients de son amitié. Mais elle représentait la candeur à l’état pur, brut, et corrosif, prête à pourrir dans la défection et la misère. Elle était trop parfaite, la petite Linda. Elle voyait le monde comme l’explosion d’un millier de candélabres qui se reflétaient à présent dans les yeux de Seth, volcanique et séduisant. Il l’avait persuadée de l’aimer et il avait fini par y arriver.

Elle n’était pas assez courageuse pour se rendre compte de ce qu’il se passait, elle ne voulait pas être fière d’avoir dit non à celui qui lui faisait tourner la tête. Near ne lui accordait aucune attention, dénigrant son existence et la reléguant au rang de simple groupie excitée. Linda voulait plus que cette richesse, cet amour attristé que lui offrait le numéro un. Elle désirait obtenir cet air qu’elle voyait si souvent s’afficher sur le visage du beau brun, à la fois impérieux et dégingandé, intriguant et intimidant, attirant et inaccessible. Elle avait entendu soupirer les filles sur son passage et eut une pensée pour elles alors qu’elle tendait le bras pour toucher la joue de Seth, du bout des doigts, suivant avec un frisson le galbe de sa joue.
L’avait-elle obtenu ou était-ce le contraire ? Qui maîtrisait l’autre ? D’après Linda, c’était elle qui avait fini par céder à ses avances, mais ce n’était qu’une fois de plus qu’un décor suborneur dressé de toute pièce par Seth. Une fois qu’il l’aurait obtenue, elle ne deviendrait plus qu’une chose fade et dépourvue d’intérêt à ses yeux, sa beauté deviendrait sa laideur, sa défection serait sujet de moqueries et de rires. Aurait-elle pu s’en douter, à cet instant précis, alors qu’un sourire timide s’étirait sur son visage ? Certainement pas. Elle se plongeait avec ravissement dans son supplice, se faisant elle-même la victime de son bourreau et se condamnant toute seule à l’éternelle souffrance.
Qu’elle était stupide, la petite Linda. Persuadée que son bien-être résidait en un être sombre et portant les rumeurs les plus odieuses et les plus scandaleuses sur son dos, délaissant son amour que certains poètes romantiques auraient pu jugé pur et vrai (à savoir sans retour, insatisfait, mais bien réel) pour un autre, plus sombre et plus pervers, qui ne ferait que la meurtrir pour l’écraser au sol. Elle arrachait avec exaltation ses ailes d’anges, ne laissant que deux longues plaies sanguinolentes le long de son dos, s’enhardissant et laissant couler sa main le long de la peau crayeuse de Seth, se moquant, pour une fois, des racontars.

Berry avait abandonné la chambre, elle avait donc tout son temps pour s’abandonner totalement au démon, à son démon. Son amour inextinguible pour Near l’avait plongée dans ce chaos puisqu’elle avait peuplé ce qu’il lui restait de sentiments de sa passion et des chimères qu’elle nourrissait depuis trop longtemps, les transférant sur Seth et faisant de lui son nouvel univers. Les effusions oratoires de ce dernier avaient eu raison du silence pesant de Near et lui avait procuré des voluptés égales, capables de contenter ce manque qui la rongeait un peu plus chaque jour, creusant un vide, s’acharnant sur son esprit, le lacérant de ses griffes et lui faisant goûter le suave venin du désir inassouvi et non contenté.
Elle était grande. Elle était capable de comprendre ce qu’elle faisait et ce vers quoi elle se dirigeait à cet instant précis.


« Seth… Tu m’aimes vraiment ? Ce n’est pas un mensonge ? »

Murmura-t-elle, bien qu’elle connaisse déjà la réponse à sa question. Seth ne lui mentait pas. Seth ne lui mentirait jamais. Il le lui avait dit. Elle voulait se dévoiler, s’offrir entièrement, pour lui permettre de recomposer une confiance qu’il avait avoué être bancale envers les autres.
Jolie, gentille, candide, Linda qui se fera manger par le grand méchant loup.


« Je t’aime, Seth. »
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Invité
Sujet: Re: Le grand méchant loup { Seth Sam 6 Fév - 15:37

Il disait tout bas :
"Petit bouton de rose,
aux pétales humides,
un baiser je dépose"


    Que les jeunes filles étaient naïves.

    Dîtes leur « je t’aime » et voilà qu’elles ouvrent grand leurs bras pour céder à toutes vos folies. Si faciles à manipuler, les pauvres adolescentes. Il était si simple de jouer de leur petit cœur vierge et innocent, qui battait faiblement à la vision des beaux garçons. Celui-ci sera le bon, croyaient-elles vainement. Elles imaginaient leur vie avec celui-là. Le chien, le futur petit Matthys. Et des rêves pleins les yeux, elles s’adonnaient au péché de chair, les jambes écartées, la tête pleine de je t’aime hypocrites. Et sans préservatif.

    Et on les retrouver à crever sur les tables d’avortement, les pauvres innocentes.

    Seth faisait partie de ces connards. De ceux qui murmurent aux creux des oreilles vierges des tendres mots d’amour sans sens. Pas pour lui, en tous cas. Oh, combien de « Je t’aime » ces lèvres anémiées avaient chuchotés ?! Combien de « Tu es l’unique à mes yeux » avait-il déclaré sur l’oreiller, comme une confession ? Bien trop pour que maintenant, ces mots eut une réelle valeur dans sa bouche. Et pourtant, les pauvres filles continuaient d’y croire. Si naïves… si douce… Si innocente. A croire que le monde leur appartenait.

    Et là, Samaël, cet affreux démon se retrouvait sur le corps pâle de Linda, à caresser doucement ses clavicule, avec ce sourire. Ce sourire affable et moqueur. Mais ce sourire qui les faisait toutes craquer. Ce sourire avant-garde, dangereux. Personne ne devrait se fier aux sourires. Ils étaient faux, factices. Un sourire, ça ne voulait rien dire. Et pourtant, c’était ces belles rangées de dents biens blanches qui avaient fait succomber la douce, l’innocente Linda dans ses bras osseux. Oh, si naïve enfant, à croire que le monde lui appartenait encore. A croire que Seth pouvait lui appartenir.

    La jeune enfant n’était qu’un défi pour le type qu’il était. Elle était une âme à pervertir, une pauvre petite fille esseulée qui tombait dans les griffes doucereuses du grand méchant loup. Mais qu’il était agréable ce loup. Qu’il était tendre et amoureux. Il faisait tout pour la satisfaire, après tout. Pour combler les caprices de son petit cœur de gamine virginale. On lui avait dit qu’il ne pourrait jamais corrompre Linda. Que cette gamine n’avait d’yeux que pour Near et qu’elle voyait la vie comme un gros pot de dragibus dont les noirs étaient à virer – il connaissait une certaine rousse qui n’aimerait pas ce principe.

    C’était mignon. Une adolescente qui voyait le monde en couleur fluorescente et artificielle. Elle devait en avoir, des rêves pleins la tête, pour croire malgré les horreurs qui se déroulaient dans l’orphelinat, que le monde restait tout doux, tout moelleux. Comme un gros marshmallow. Ne restait plus qu’à faire fondre la guimauve de manière exquise. Linda découvrirait la cruelle vérité en criant son nom. Et sûrement qu’il en rirait, le grand Incube qu’il était. Il se délecterait de cette pauvre pucelle qui découvre que finalement, les hommes sont tous des salauds.

    Devenir le centre du monde de la châtaine n’avait pas été chose aisée. Faire en sorte que malgré les rumeurs, elle croie à son sourire mielleux, à ses paroles amoureuses. Et surtout, tâche ardue, mais qui ne rendait l’histoire que plus passionnante encore, remplacer Near dans son doux cœur qui n’avait encore jamais battu aux rythmes des passions effrénées souvent accordés aux adolescentes. Non, Linda n’avait encore rien connu du désir ardent. Ses amours platoniques l’avaient nourrie d’illusions candides et ingénues. Lui, il lui ferait connaître les premiers émois du sexe. Lui, il lui montrerait le revers tranchant de l’amour.

    Avec ce sourire conciliant qu’il n’accordait qu’à ses victimes.

    « Je t’aime, Ma Linda. » lui murmura-t-il, le nez au creux de ses clavicules blanches. Combien c’était facile de murmurer ces trois mots que d’autres, pourtant, ne pouvait prononcer à l’amour de toute leur vie. On disait que c’était se rendre vulnérable à l’autre, que d’avouer tout son amour. Et pour en avoir brisé, des cœurs, il pensait qu’en effet, c’était vrai. Mais on ne se rendait fragile que si la pensée était vraie et pure. Comme Linda, qui croyait dur comme fer à son amour à présent pervers.

    Finit, l’adolescente aux amours insatisfaits. Elle avait trouvé en Seth l’homme qui lui dirait tout ce qu’elle souhaitait entendre. Et Samaël éteignit la lumière, emportant dans les ténèbres l’image de son adorable sourire. Les démons les plus vicieux, qu’ils soient cachés sous votre lit ou dans votre cœur, s’épanouissaient toujours bien mieux dans les endroits abscons. Et l’islandais, horrible tentateur, s’épanouissaient sans mal dans les bras frêle et dans le cœur ingénu de la petite Linda.

    Maintenant devenue grande. Et comme tous les adultes, elle déchanterait bientôt. Son cœur en marshmallow fondait lentement à mesure que le plaisir et la douleur se mêlait en elle.

    Et le loup mangea le petit Chaperon Rouge.
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Invité
Sujet: Re: Le grand méchant loup { Seth Ven 23 Avr - 21:29

« Ses yeux verts se rivèrent hardiment dans les siens. Un contact si intense qu'il menaça de lui arracher toute conscience de sa propre identité. »



C’était si doux, si exquis, elle se sentait au Paradis, ne se doutant pas que les chaudes flammes de l’Enfer venaient déjà lui lécher les orteils et lui brûler la plante des pieds. Elle n’entendait pas encore cette voix mélodieuse qui lui murmurait au creux de l’oreille qu’elle venait de commettre la pire erreur de toute sa vie. Pour l’instant, elle préférait se noyer dans son horreur, se persuader que cette illusion n’était ni onirique ni chimérique, que cet univers n’était pas qu’une simple invention destinée à la perdre.
Tout ceci était vrai. Fondamentalement vrai. Peu importaient les différentes définitions que pouvaient accorder les philosophes à la Vérité, cette réalité les regroupait toutes : de l’ascension vertigineuse vers le sommet de la grotte de Platon, à celle brute et dure fournie par la Nature de Spinoza, l’amour de Seth s’écoulait en elle, insidieuse ivresse qui la droguait de toute cette condescendance. Elle ne se doutait pas que les regards d’apitoiement à son égard la rendraient purement et inéluctablement folle, que cette ineffable compassion qui la poursuivrait durant de nombreux mois pourrirait son esprit et son cœur.
Elle ne s’était pas fait avoir ! Ce n’était pas une arnaque… C’était ce qu’elle avait toujours voulu, ce dont elle avait toujours rêvé et qu’elle n’avait pas pu obtenir. C’était la concrétisation de ces sentiments qui rongeaient son âme à force de ne rien recevoir en retour. C’étaient tous les soins dont elle entourait le numéro un de la Wammy’s House enfin récompensés par de l’attention. Elle avait réellement l’impression qu’on s’intéressait à elle.
Seth était un si bon acteur. Il avait su tisser autour de sa personne de merveilleux décors suborneurs, époustouflants de beauté, regorgeant de l’hypocrisie la plus vile et la plus archaïque. Chaque rainure, chaque ombre, chaque mot, tout avait été construit avec minutie et patience pour finir par attraper le Petit Chaperon Rouge, pour l’enfermer dans des songes qui le navreraient pour le restant de sa vie.

Et il disait tout bas que le monde ne pouvait plus avoir de sens si elle disparaissait, que si elle venait à mourir un jour, il se montrerait plus brave qu’Orphée et qu’il vaincrait la Mort pour la récupérer. C’était si facile d’y croire… Si simple de réorganiser le monde autour de cette unique personne. Au diable Near et son mépris ! Au diable ses cheveux blancs ! Au diable son jeune âge et sa taille ! Ses yeux n’étaient plus tournés que vers Seth. Il n’y avait que ce nom dans son esprit, douleur lancinante qui ne s’estompait réellement que lorsqu’il était près d’elle. Dis, Seth, tu m’aimes, hein ? Et à cette interrogation candide, à l’image de la virginité qu’elle représentait encore, il se permettait de lui mentir, de bafouer tout ce en quoi elle croyait.
Cherchait-il à briser tous les sourires parce qu’il se considérait lui-même comme trop malheureux ? Il avait plongé au plus profond des enfers, devenant la putain et la traînée de vieux bonhommes transcendés par le temps, alors que Linda, elle, avait continué de sourire malgré l’image des corps sans vie et décharnés de ses parents, l’un vidé de son sang, et l’autre les pieds élevés au-dessus du sol, image intransigeante de la défection même. Elle avait su conserver toute sa dignité, toute sa fierté, elle avait entretenu avec soin son intégrité pour rester la gentille et merveilleuse petite fille modèle, tendrement aimée, tendrement chérie. Heureuse au possible alors que tout aurait dû aller de travers. Etait-ce ce rayonnement qui dégoûtait Seth et qui le poussait à détruire ?
Elle n’en savait rien, la petite Linda, perdue au milieu de ses bras pâles, persuadée d’avoir fait le bon choix et d’avoir gagné le cœur du glacial gigolo. Dites-lui je t’aime une bonne dizaine de fois et elle vous croira sans sourciller, prête à devenir la risée de l’orphelinat pour vos beaux yeux, prête à ce qu’on lui rit au nez pour peu qu’elle puisse croire à ce tout ce que vous lui racontez. Elle voulait de l’amour, elle voulait qu’on reconnaisse son existence, qu’on sache qu’elle était là quand elle entrait dans une pièce. Elle voulait que quelqu’un, qu’une personne, au moins, suive sa silhouette. Elle voulait faire partie d’une vie qui n’était pas pour elle, elle aurait aimé s’élever vers des sphères plus hautes, mais elle devait se contenter de sa propre inexistence.

Oh oui, elle en était certaine maintenant. Elle l’avait trouvé son joli prince charmant qui l’emporterait sur son cheval blanc. Elle savait que c’était lui, qu’il lui était destiné. Il n’avait pas de beaux cheveux blonds ni de beaux yeux bleus ni cet air innocent et candide sur le visage, mais il avait son charme à lui… Il possédait cette attraction ineffable, cette horreur et cette mésestime qui ornaient des fois ses yeux mordorés. On lui hurlait d’ouvrir les yeux, de comprendre que tout ceci n’était qu’un jeu inventé par Seth pour la perdre, mais elle refusait d’y croire. La brave Linda, la gentille Linda n’aurait jamais pu se faufiler de manière aussi naïve dans le terrier du loup. Seth avait su la rendre spéciale, il lui avait donné un rang. Peu importaient ses frasques et ses nombreux déboires, Seth n’était pas celui que les racontars et les chuchotis de couloirs – pervers et vicieux – annonçaient. La jalousie dévorait le cœur de chacun parce que Linda avait su capturer cet oiseau rare.
Pauvre Linda… Emprisonnée dans sa jolie cage dorée, ne distinguant pas encore les bords cruels de la fin, se contentant d’avancer toujours plus, ne se doutant de rien, croyant que tout était au mieux dans le meilleur des mondes. Si une philosophie pouvait s’appliquer à sa personne, c’était bien celle que Voltaire avait offert à Candide. Toujours croire que chaque cause possède sa conséquence, que les choses s’arrangent en fonction de ce qui existe et de ce qui est non-humain. Ainsi, les nez étaient légèrement recourbés pour que l’on puisse y poser des lunettes dessus, la taille des gens variait en fonction de la hauteur des portes de chez eux.
Pour Seth, Linda ne devait être qu’une proie créée pour montrer, une fois de plus, sa suprématie. Un joyeux brut qu’il se ferait un plaisir de déformer autant que possible. Fondre, reconstruire, de manière à ce que chacun de ses bords soient biscornus et sombrement laid. Incroyablement moche. Le mieux aurait été de la plonger dans la pire des bassesses, de la forcer à vendre son corps, à elle aussi, de la rendre dépendante des « pilules magiques » vendues avec un sourire carnassier par les marchands des rues malfamées de la ville, de lui faire quitter ce sourire ingénue et niais qui devait en agacer plus d’un… C’était ce qu’il se murmurait depuis quelques jours. Linda était devenue le nouveau sujet à sensations, se rendant toute seule coupable de péchés les plus atroces. Coucher avec Seth, c’était coucher avec le diable. Parler avec Seth, c’était se souiller à chaque seconde. L’éclat de Linda en avait pris un coup, les dorures dont on l’avait ornée s’effilochaient au fil des secondes, tombant à ses pieds, ternes et sales, pour ne plus laisser qu’une humaine banale et stupide qui avait su se laisser séduire par la pire créature qui soit.

« Tu es bête Linda ! Tu le regretteras ! »

Mais elle n’en avait que faire. Ce n’étaient que des mensonges.
Jaloux, jaloux, jaloux, jaloux, jaloux, jaloux, jaloux !
Ils étaient tous jaloux ! Elle commençait à les détester de ne pas se réjouir pour elle. Elle qui avait toujours été aveuglée par son amour sans fin et sans but pour Near avait trouvé quelqu’un qui l’acceptait.
Charognes !
Elle les trouvait laids dans leur bassesse et dans leur bêtise.
C’est toi, Linda, la fille stupide. Pauvre chérie…
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Invité
Sujet: Re: Le grand méchant loup { Seth Dim 25 Avr - 13:41

Love is like a sin my love
For the one that feels it the most
Look at her with a smile like a flame
She will love you like a fly will never love you, again


    On accordait à Samaël bien des qualités et des défauts. Souvent complémentaires. On voyait en ses habiles mensonges un excellent acteur, en sa paranoïa un peu superficielle quelqu’un de prudent, en sa pure insouciance l’homme qui ne se prenait pas la tête. Tout dépendait de qui le côtoyait, et surtout, de ce qu’il avait bien pu faire subir au vis-à-vis. Pour ses amis garçons, Samaël était un peu le modèle. Celui qui comptabilisait le plus de conquête, celui qui arrivait à faire succomber la plus farouche des vierges et qui suscitait le respect. Pour les plus innocentes des filles, qui n’avaient pas eu le loisir de l’approcher, il était un bel-âtre, une icône au sourire affable et au mot toujours plaisant. Un véritable prince. Et pour les déchues… Oh pour celles-ci, Samaël était la plus fidèle retranscription de l’incube.

    Cet être infernal et sublime, qui susurre à votre oreille les plus belles paroles. Ou les plus atroces. Car après tout, ces je t’aime vides de sens, étaient-ils réellement si bons à écouter ? Bien sûr que non. Voilà l’odieux subterfuge ! Ces beaux mots, ces mots que les romantiques glissaient sur l’oreiller à leur bien aimé, pour Samaël n’étaient qu’un moyen d’enfoncer un peu plus l’horrible pieu du désir charnel dans le corps de sa pauvre victime. Ce n’était qu’un moyen de la torturer de nouveau, en la faisant goûter à l’immonde délice qu’est la naïveté de croire qu’un homme tel que lui pourrait à jamais leur appartenir.

    Jusqu’à son identité, on avertissait la pauvre pucelle. Samaël, ce démon tentateur qui crache son venin sur le corps de vestale sans autre forme de procès. L’image même du serpent qui souilla Eve, la faisant ainsi bannir de la terre sacrée. Voilà à quoi étaient condamnées les pauvres filles qui se faisaient bêtement avoir ! Pourtant, quelle aubaine que d’être ainsi à la Wammy’s House. Qui pouvait deviner son prénom méphistophélique ? Personne, absolument personne. On le connaissait sous Seth, cet adorable garçon charmeur et prêt à tout… pour avoir ce qu’il désirait.

    Linda n’était qu’un défi de plus. Qu’un prénom parmi la longue liste de celles qui s’étaient déjà faites avoir. Ne t’inquiète pas, ma douce enfant. Tu n’es pas la seule à t’être laissée ainsi corrompue par sa voix grave. Tu n’es pas la seule à avoir sacrifié beaucoup plus qu’elle ne le pensait entre les bras de ce jeune adulte qui semblait avoir pourtant des intentions louables. Oh non. Tu n’es pas unique comme tu le pensais. Bientôt tu découvriras le monde des cœurs brisés, arrachés sans remords, par les vauriens d’hédonistes, dont le seul plaisir durable et valable était le sexe. Ils vous prenaient tout, ces monstres à la recherche des courbes féminines à pervertir.

    Pourtant, les femmes n’étaient pas si naïves. Une fois le complexe du prince charmant passé, il était difficile de les faire croire à nouveau aux contes de fées. Mais c’était sous-estimer ce sombre monarque qu’était l’islandais. Il usait des faiblesses sans peine. Les trouver était un véritable jeu d’enfant. Pour Linda, la douce enfant, il s’agissait de son amour inconditionnel mais insatisfait pour Near. Il suffisait de lui promettre monts et merveilles. Attentions et tendresses, amour éternel et la voilà qui sombrait naïvement dans un océan de rêves de gamine esseulée. Mariage, enfant…

    Pour le brun, il n’avait suffit que prononcer des mots comme « Tu es l’unique, ma douce Linda » « Sans toi à mes côtés, Linda, la vie n’a aucun sens » « Je t’aime, ma jolie Linda » « Tu sais Linda, je pourrais jusqu’à te révéler mon vrai prénom… Tu le veux, Linda, mon véritable prénom ? » et personne n’était capable de déceler la petite intonation sadique, le petit sourire mutin, lorsqu’il lui chuchota « Samaël… » L’ultime avertissement, qui pourtant ne suffit pas à faire fuir la belle.

    Belle qui se cambrait sous son corps, qui soupirait d’extase alors que ses mains fines parcouraient son dos, pour s’y agripper, à moins que, incapable de pouvoir réellement trouver une accroche, elle en serre les draps jusqu’à s’en blanchir les phalanges, alors que les lèvres exsangues sillonnaient son corps, en des baisers tantôt passionnés, tantôt plus retenu, plus éphémères… Toutes les attentions dont rêves une femme… Pour finalement la voir jouir. Pour voir sa tête retomber doucement sur l’oreiller, haletante. Et lui, en parfait amoureux, déposa un tendre baiser sur ses lèvres, dissimulant le sourire satisfait dans les ténèbres. Il avait gagné son pari et cela avait été tellement simple…

    « Je t’aime, Linda… » Se permit-il d’ajouter avant que la belle ne sombre dans un profond sommeil. En espérant se réveiller aux côtés du plus charmant des princes. Qui fut contre toute attente, là. A ses côtés, un bras sur sa poitrine, l’air endormi. Un si bel agneau. Qui aurait cru, en regardant Samaël dormir, qu’il était si dangereux, si amoral ? Personne. Il respirait calmement, les traits un peu tiré par quelque rêve sûrement un peu sombre, les mèches se collant à ses joues pâles… Innocent. Seth avait l’air si innocent, quand le sommeil le terrassait…

    Et pourtant, se cachait derrière plus vicieux mensonges encore. Il ne lui suffisait pas d’obtenir ce qu’il voulait de sa proie, comme une horrible vengeance, il voulait les piétiner, ravager leur dignité, détruire leur cœur qui battait d’un tout nouvel amour, sans qu’elles n’aient aucune chance de se reconstruire après lui. Il était capable de bien des choses, pour faire subir à sa jolie proie son obscure vengeance. En ces femmes qui se donnaient si facilement, il ne voyait que le visage de sa mère, être qu’il avait toujours haït, l’accusant de tous les mots. Et pour atteindre cette pauvre Vigdis, l’islandais ne voyait que le moyen de déchoir les fillettes de leurs illusions. Et Linda, la pauvre, n’échappait pas à la règle. Il lui offrit trois jours de répits. Trois jours où à nouveau il fut le parfait petit-ami, faisant taire les mauvaises langues en comblant celle qui dirigeait son groupe de toutes les attentions.

    Mais c’est bien connu que le Diable n’attend pas. Sa queue fourchue enserrait déjà le cou et le cœur de l’innocente, mais on ne le voyait tout simplement pas. Qu’importe les langues avisées qui voulaient sauver Linda de cette emprise invisible. Il était trop tard. La prise se resserra doucement, lorsque le quatrième jour, l’adolescente vint le voir avec un sourire heureux, pour l’embrasser, pour quémander son attention. Et Samaël eut le pire sourire qu’une femme pouvait voir. Ce sourire calme, paisible, qui dévoilait une rangée de dents parfaitement blanches et alignées. Un sourire des plus naturels, qui contrastait avec les mots cruels qu’il prononçait :

    « Et bien Linda, tu crois vraiment que j'ai encore envie de toi, maintenant que tu t'es donnée comme la plus candide des catins ? »
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Invité
Sujet: Re: Le grand méchant loup { Seth Ven 7 Mai - 21:58

« Pourquoi je ferais une chose pareille ? J’ai choisi de pas choisir la vie, j’ai choisi autre chose. Les raisons ?
Y’a pas de raison. On n’a pas besoin de raison quand on a l’héroïne. »

Trainspotting.


« Je... Tu... »

Ses bégaiements instables la dégoûtaient autant que cette phrase sordide qui tournoyait dans son esprit.
Crac.
Elle l'entendait. Les tic-tacs de la grande horloge l'écœuraient.
Crac.
Elle le sentait. Son cœur qui se déchirait sous les tourments de la démence.
Ce n'était pas un conte de fées. Ce n'était même pas réel. Tout ça n'avait été que décors suborneurs et chimères. C'était la fin de la pièce.

« ... Tu plaisantes, n'est-ce pas ? »

Ca avançait, lentement – mais sûrement – mélodie atroce qui montait en crescendo, prête à la saisir par les chevilles pour l’entraîner avec elle au fond du gouffre. Elle ne voulait pas sombrer. Elle aurait voulu continuer à vivre son rêve. A jamais. Mais la réalité rattrape toujours l’imprudent qui s’égare dans les tortueuses ruelles du bonheur, elle refuse de le laisser s’en aller vivre sa vie. Rien n’est jamais beau et parfait. Le parfait est d’ailleurs une conception idiote puisqu’il ne peut pas exister, il ne peut pas prétendre à une matérialité concrète. Alors il est condamné à se tortiller dans les méandres de l’imaginaire en attendant que quelqu’un daigner lui donner forme, que quelqu’un accepte de tenter de le façonner. Sans défauts. Sans même une ride pour souiller son beau visage. Au moins la cruauté se complaisait-elle dans les traits de Samaël. Au moins pouvait-elle y vivre. Au moins pouvait-elle aspirer Linda, lui faire vivre son tourment. Déchirer, briser, écorcher, détruire, anéantir, annihiler, faire que son cœur et sa fierté ne soient plus qu’un petit tas de cendres pourrissant à côté de son corps souillé.
Elle se sentait tomber de son piédestal, trahie. Les yeux hagards et la bouche ouverte, elle ne se souciait plus de son apparence. Ca ne pouvait pas être vrai. Elle ne voulait pas y croire. Ce genre de choses arrive tout le temps, mais pas à elle. Pas lui. Il ne pourrait pas. Les rumeurs n’étaient pas fondées, le faux devait rester faux.
Pas vrai, Sam ? Tu plaisantes ? Tout ceci n’est qu’une immense facétie et tu vas m’annoncer la chute d’ici quelques secondes. J’ai presque failli me faire avoir. J’ai presque failli y croire…

Mais le sourire demeura à sa place. Cet affreux sourire fier de celui qui a réussi son coup. Linda n’avait été qu’une pauvre vierge parmi tant d’autres qu’il avait pu défoncer à coups de reins bien placés, à coups de mots tout droits sortis de phrases préconstruites qu’il desservait à la populace féminine depuis des années. Elle n’était qu’une fille en plus. Un nom à ajouter sur une liste qui s’étendait sur des kilomètres. Un pauvre nom perdu parmi des dizaines d’autres. Ses larmes n’avaient aucune valeur. Elle savait que même si elle pleurait, même si elle hurlait, frappait, insultait, ou sombrait dans la folie, Samaël ne se soucierait pas plus d’elle que maintenant. Elle n’était rien. Elle avait cru être tout. Elle avait cru avoir de l’importance. Son narcissisme et son égoïsme lui sautaient à présent à la gorge, lui chuchotant et lui rappelant sa naïveté et sa crédulité.
Candide.
Elle avait été candide. Elle se serait frappée si elle l’avait pu. Comment avait-elle pu se laisser attraper par de simples mots ? Par des compliments aussi dérisoires et aussi fades ? Comment avait-elle pu y déceler la moindre émotion ? Seth n’avait jamais rien ressenti, n’avait jamais rien éprouvé pour elle. Elle n’était qu’une chienne, une catin, sa putain qu’il avait pu baiser pour un temps, son jouet dont il était maintenant lassé et qu’il jetait au fond d’un caniveau à la mine patibulaire.
C’en était risible. Ridicule. Nuisible.

« Tout n’était qu’un jeu… Quelle idiote. »

Elle aurait voulu oublier. Oublier son nom, oublier sa voix, oublier son odeur, oublier son sourire, oublier sa façon de l’appeler, oublier sa façon de la toucher, oublier cet amour feint et factice qui lui déchirait le cœur et l’âme, oublier jusqu’à son existence. Elle aurait voulu pouvoir se munir d’un marqueur et tirer un long trait bien épais sur ces quelques mois passés ensemble, sur tous ces sentiments jetés pêle-mêle dans une relation qui n’avait eu d’importance que pour elle.
C’était pire qu’un drogué en manque. Tous ses membres lui faisaient mal, brûlure incessante et ineffable qui se répandait dans son sang et touchait chacun de ses organes. Son cœur n’était plus qu’une boule rouge sanglante qu’elle aurait voulu arracher de sa cage thoracique pour ne plus entendre ses battements, son esprit était divisé en deux parties, véritable champ de bataille, carnage déplorable, qui laminait les dernières pensées qu’il lui restait. Elle ne pouvait plus envisager son avenir. Elle ne pouvait plus rien envisager du tout. Les affres de l’amertume emplissaient sa bouche et l’empêchaient de prononcer le moindre mot. Sa respiration s’était faite haletante.
Seth, Seth, Seth, Seth, Seth, Seth, Seth.
C’était à la limite du soutenable. Jamais elle n’aurait cru pouvoir avoir autant mal, pouvoir avoir cette impression de n’être pas tout à fait en vie, mais pas tout à fait morte non plus. C’était comme si des milliers de lames s’enfonçaient doucement dans sa chair sans pouvoir la tuer. Elle aurait voulu pouvoir s’achever elle-même, pouvoir mettre fin à ses jours pour ne plus ressentir ses entrailles qui se tordaient dans tous les sens. Il lui fallait sa dose d’opium, sa dose de défection, quitte à passer pour la dépouille en putréfaction d’un pauvre animal. Elle voulait attirer le rapace, faire en sorte qu’il trouve encore de quoi détruire, de quoi s’amuser sur son pauvre corps. Elle voulait provoquer elle-même son bourreau et s’autoproclamer victime de ce monde pour ne pas laisser Seth s’enfuir. C’était stupide. Et ridicule. Et elle savait que le peu de fierté qu’il lui restait l’empêcherait de commettre cette erreur.

Qui était-elle ? La pauvre fille souriante sur laquelle on pouvait s’essuyer les pieds si ça leur chantait ? Elle n’était pas un flocon de neige magnifique et merveilleux, elle était faite de la même merde que le reste du monde. Elle était aussi pourrie, aussi tordue, aussi folle que la plupart des gens normaux. Sa magnificence n’était rien de plus que le résultat de pauvres fidèles incapables de voir que le leader de leur mouvement n’était rien de plus qu’une bonne poire sur laquelle on pouvait verser tous les maux… Et tous les mots.

« J’espère que tu t’es bien amusé au moins. »

Que cette répugnante patine de pourriture ait au moins pu combler ton ennui, Seth.
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Le grand méchant loup { Seth

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