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 Rétablissement

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Invité
Sujet: Rétablissement Lun 24 Aoû - 10:22

-… Excuse-moi. Laisse-moi juste rester ainsi… Quelques secondes… S’il te plait.

Pétrifié, il ne vit rien sur le visage de Galène que le calme pacifique qui était sa marque de fabrique. Un calme presque trop calme. Et ce genre de paroles dites avec cette expression, ou cette absence d’expression, il n’y avait rien de plus dérangeant. Mal à l’aise, il hocha un peu la tête, faiblement, ses yeux traduisant les milliers de questions qu’il se posait en cet instant précis. L’air stoïque du professeur ne l’avait pourtant jamais dérangé plus que ça, mais là… là il avait ses bras autour de son corps. Il avait ses bras autour de son corps et un visage qui ne disait rien. Et Tears était très, très, mauvais en devinette. Eternel sensible, il s’étonnait toujours de ces gens qui choisissaient l’impassibilité, chose bien impossible pour lui. Il n’y avait pas, chez Tears, un seul grain de peau, un seul éclat d’œil qui ne montrait ce qu’il pensait. Le reste dépend de l’interprétation que lui donne, à ce grain de peau, ou cet éclat dans l’œil. Qualité ou défaut ? Il y avait des situations où il crevait d’envie que son visage ne le trahisse pas, mais l’impassibilité lui faisait peur. Elle faisait peur tout comme elle attirait, par son mystère et son absence de réponse.
Le fait était que le jeune surveillant était tout à fait déboussolé, et il avait de nouveau tourné la tête pour ne pas montrer son manque de repère. Il ne pensait qu’aux bras chauds de Galène, il ne pouvait penser qu’à ça, et ça le fragilisait tellement qu’il attendait d’être lâché pour pouvoir respirer un tant soit peu normalement. Au bout de ce qu’il lui sembla un long moment, le professeur le libéra, et Tears hésita à se retourner. D’habitude, il trouvait des solutions farfelues et assez bêtes aux comportements qu’il ne comprenait pas, mais là, rien ne lui vint. C’était ce qui le frustrait le plus. Ca l’irritait presque.

-Je pense qu’il vaut mieux aller se changer avant d’attraper froid. Est-ce que tu veux venir prendre un café ou un chocolat chaud dans ma chambre après cela ?

A la première phrase, il hocha la tête. A la deuxième, il se retourna, un peu surpris. Il hocha aussi la tête, comme s’il avait perdu usage de la parole. Comme si ses lèvres avaient la flemme de s’ouvrir, ou étaient collés par l’eau de pluie. Prendre un chocolat avec quelqu’un lui passera l’envie de rester dans sa chambre, sans rien faire. Chambre qu’il faudrait qu’il range un peu d’ailleurs. Ainsi, après ce petit hochement de tête, il prit Flokjes dans ses bras alors que celui-ci couinait de l’humidité et du froid qui l’agressait. Maintenant, il devait décolla ses lèvres, chose délicate mais faisable. Celles-ci entrouvertes, le plus difficile était maintenant de faire sortir une voix de là dedans. Après un essai défectueux où ses lèvres bougeaient sans qu’il ne parla, il réessaya jusqu’à finalement se faire – faiblement – entendre.

-A… Alors… à plus tard…

Et il disparut. Il disparut se réfugier dans sa chambre, ou il s’avachit sur le lit, nez au plafond. Sa chambre, autrefois si rangée, était dans un fouillis assez conséquent, mais il rangera plus tard. Il adorait ranger, remettre tout bien en place, même si ça lui prenait toute la journée, mais il n’avait pas le temps là. Pourtant il restait sans rien faire, à perdre son temps. Flokjes, lui, s’était dépêché de rejoindre sa cage, dans sa paille chaude. Après un quart d’heure d’immobilité, Tears se décida à enlever son t-shirt, alors que celui-ci lui collait atrocement à la peau, comme s’il ne voulait pas quitter le corps du jeune homme. Jeune homme qui ne se gêna pas pour le lancer un peu plus loin sur un pile de vêtements sales. Le pantalon alla de même rejoindre le tas informe de tissu. Puis le surveillant se leva enfin, tel un zombie, pour regarder ce qu’il lui restait de propre dans son placard. Et il ne lui restait…… rien. Bon. Okay. Haha. Commençant à paniquer, il chercha dans tous les coins de sa chambre un vêtement un tant soit peu propre, mais rien à faire. Tout était sale, parce qu’il n’avait pas fait de lessive depuis des semaines et des semaines. Retour de bâton, outch. En tout et pour tout, il ne restait que son jogging qui lui servait de pyjama et… sa tenue classieuse pour les grandes occasions. Pas le costume du bal hein, ça il l’avait loué. Ici c’était juste une chemise noire à manche longue, comme les business man, avec un jean foncé. Ce n’était pas particulièrement excentrique ou super woah, mais ça changeait quand même de son habituel duo de-t-shirt. Il essaya donc le tout, se regarda un instant dans la glace, ne se reconnaissant plus. C’est qu’il était tellement habitué à ses vieux t-shirt délavés que… ben, une chemise, ça le mettait mal à l’aise. Surtout une noir. Ca lui donnait un air… vampirien, le contraste étant frappant. Son air nonchalant était passé à la trappe, car il fallait dire que cette chemise lui donnait de l’allure, mais il n’aimait pas ça. Surtout pour aller boire un chocolat, c’était trop, c’était too much. Il déboutonna quelques boutons pour faire plus décontracte, froissa un peu le tissu et ne commit pas l’erreur fatal de la mettre dans son pantalon. Il aurait pu. Il aurait pu commettre cette erreur de gout, et s’il ne l’avait pas fait, ce n’était pas qu’il considérait ça comme une erreur de gout. C’était que ça aurait fait trop sérieux, c’est tout. Ainsi vêtu, il sortit discrètement dans le couloir pour se diriger vers la chambre de Galène, espérant qu’en une demi-heure, il avait aussi fini de se changer.
Le nez face à la porte, il hésita. Il hésita alors qu’il n’avait aucune raison d’hésiter, puisqu’il savait pertinemment qu’il allait frapper à la porte. Et il frappa, deux petits coups.


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Invité
Sujet: Re: Rétablissement Lun 24 Aoû - 13:22

    { Résiste ! Prouve que tu existe ! Refuse ce monde égoïste ! }

    Il l’avait gêné, il le voyait bien ; même lorsque Tears était dans ses bras il pouvait le sentir. Mais quoi de plus normal après tout, il fallait se mettre à sa place : son « petit ami » l’avait quitté soudainement, son meilleur ami n’avait pas tardé à suivre et puis soudainement, l’un de ces collègues de travail qu’il ne connaissait pas plus que cela l’enlaçait, collant leurs corps vêtu de vêtements trempés !
    A la place du joli blond, Galène aurait surement eu une réaction semblable, voir un peu plus violente : il aurait repoussé l’imprudent, mais juste de manière à lui faire comprendre qu’il ne voulait pas de ce genre de chose. Pourtant Tears n’en fit rien, Tears ne dit rien. Tears supporta.
    Et lorsqu’il le lâcha enfin, alors qu’il aurait pu l’enlacer ainsi pendant des heures durant, juste pour sentir son cœur battre sous ses doigts glacés, ou juste pour le plaisir de perdre son nez dans ces cheveux blonds à l’éclat chatoyant, respirer l’odeur de sa peau chaude et s’en délecter…
    Intérieurement, le professeur d’arithmétique se secoua. Il était sérieusement en train de tomber dans une « niaisitude » romantique digne des plus grandes héroïnes de shôjô manga que lisait parfois son ex-petite amie… A la Tohru Honda par exemple… Et ça, ça lui faisait franchement peur aussi… « Ouh mon dieu ! Mais secouez-moi » pensait-il tout bas, à l’intérieur de son crâne.
    Et sur son visage, rien ne transparaissait, si ce n’était ce léger sourire avenant qui étirait ses lèvres. Parce que Galène n’était pas comme beaucoup, un glaçon frigide et asocial, non, bien au contraire, malgré toute son impassibilité une étrange chaleur se dégageait de lui, de ses mots, de ces gestes, et de ce sourire qui ne semblait pas pouvoir le quitter alors.

    { Cherche ton bonheur partout, va… Si tu réalises que le matin tu te lèves sans savoir où tu vas… }

    Tears le regardait à présent et il regardait Tears ; le silence était un peu gênant mais ses iris bleues essayait de décrypter ce que les lèvres du surveillant qui s’agitaient essayaient de lui faire comprendre sans pour autant qu’aucun son ne s’échappe de sa gorge. Ces lèvres, qu’il observait avec une envie contrôlée, mesurée, qu’il ne toucherait pas si l’homme qui se tenait en face de lui ne le voulait pas. Ou peut-être qu’il essaierait juste une fois de voir s’il avait ne chance de les saisir avec délicatesse, de les faire siennes, de ne pas s’inquiéter du reste, de partir à l’aventure de cette chair rose et délicate qui tremblait un peu et qui finalement avait réussi à formuler quelques mots.
    Et les yeux de Galène qui remontèrent aux yeux un peu fuyant de ce Tears mal-à-l’aise et qui bientôt ne purent plus voir que sa silhouette au loin, grimpant les escaliers, tournant au coin du couloir, y disparaissant parce qu’il avait finit par s’enfuir. Et ce même Galène qui se retrouvait seul dans le hall d’entrée, au pied de ces mêmes escaliers, hésitant entre l’amusement et l’agacement ; amusé par la situation et par le comportement du surveillant même s’il n’y avait là rien de drôle évidemment, et agacé par son manque de retenu, par le fait qu’il avait fini par céder, qu’il avait oublier rien qu’un instant ses bonnes résolutions. Ses sourcils légèrement froncés, contrarié par ce conflit interne, il remonta dans sa chambre, passant devant celle de Tears en tendant l’oreille mais les rires des orphelins parcourant les couloirs l’empêchaient de surprendre le moindre souffle, le moindre murmure, la moindre plainte en provenance des lieux… Alors il continua comme si de rien n’était, se rendant dans ses propres appartements (même si ce n’était qu’une chambre comme les autres ).
    Si c’était le souk dans la première chambre du dortoir des adultes, ce n’était nullement le cas dans la numéro neuf où il tout était en ordre.
    La chambre était meublée simplement – lit, table de nuit, armoire, commode et bureau – les murs étaient sobres, avec juste une immense toile signée d’un nom inconnu de tous sauf des amis du peintre dont il faisait parti – la toile représentait des cheveux galopant dans l’écume d’une plage lors d’un coucher de soleil – et qui lui prenait presque toute la largeur d’un mur, au-dessus de sa couche ; sur la commode, il y avait une petite bouilloire avec quelques pots de porcelaines joliment décorés qu’il avait hérité de sa mère lorsqu’il s’était échappé de la maison, lorsqu’il avait décidé de voler de ses propres ailes : thé, cacao, café… Et quelques bols semblant provenir du même artisan avec les jours de la semaine joliment décoré dessus.
    A côté de cette commode trônait un énorme ours en peluche blanc avec un nœud papillon d’un magnifique bleu, une couleur proche de celle de ces iris et sur lequel le surnom « Gaby » était écrit et répété en lettre d’argent ; et sinon il n’y avait rien.

    Fermant la porte derrière lui, d’un geste empreint d’une certaine douceur, il se déshabilla au rythme de ses pas le conduisant à sa penderie, délaissant tout pour se vêtir de nouveau de A à Z dans des vêtements propres et sec qui sentait bon la lessive et l’air frais ; optant pour une tenue décontracté – jeans en coupe droite brun et t-shirt blanc avec une multitude de mots d’origines diverses étalés sur le tissu – il soupira ensuite en allant faire bouillir de l’eau, tout en réfléchissant à ses actes. Il allait devoir rattraper le coup maintenant et ce n’était pas le fauteuil confortable à côté de l’ours ou sa chaise de bureau en bois rustique qui allait pouvoir l’y aider. Enfin ce n’était pas non plus comme si le dialogue était mort, c’était juste qu’il avait mit son collègue mal à l’aise et qu’il ne savait pas vraiment comment rattraper le coup. Et si Galène était le calme, ce n’était qu’a l’extérieur car son intérieur était totalement paniqué.
    Et les minutes passèrent silencieuses, avant que la bouilloire ne siffle, qu’il ne l’arrête et qu’il se rende compte que ses vêtements mouillés trainaient encore au sol. Quel manque de discipline ! Délaissant l’eau bouillante après avoir cependant arrêté la machine, il alla s’occuper de tout cela, ramassant ses vêtements et les jetant dans une panière à linge salle caché dans l’ombre de la grande armoire…
    Et ce fut alors qu’on frappa à sa porte ; se délestant des tissus humides, il eut un léger sourire en coin avant de retourner à son eau et à ses bol tout en disant d’un ton apaisant.

    « Tu peux rentrer, la porte est ouverte, Tears. »

    Et tout en disant cela, il s’était retourné, légèrement appuyé sur le meuble, son cœur battant un peu plus vite dans sa poitrine, résonnant dans sa tête en une musique troublante. Il ne lui restait plus qu’une succession de choix à faire, dont chacun risquait de le mener sur les sentier de la tristesse et de la perte…

    { Résiste ! Suis ton cœur qui insiste ! Bats-toi, signe et persiste ! }

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Invité
Sujet: Re: Rétablissement Ven 28 Aoû - 15:59

-Tu peux rentrer, la porte est ouverte, Tears.

Il attendait alors quelques secondes avant d’ouvrir la porte. Par politesse, pour ne pas faire celui qui se précipitait dans la pièce dès que l’autorisation résonnait dans ses oreilles. Tears tourna donc la poignée, ouvrit la porte non sans délicatesse et entra. De là, ses yeux s’arrêtèrent sur Galène qu’il salua d’un petit signe de tête. Puis son regard descendit jusqu’aux inscriptions de son t-shirt qu’il essayait de déchiffrer en vain, avant de parcourir la chambre des yeux. Chaque détail qu’il regardait, que ce soit le tableau un peu kitch au dessus du lit ou l’énorme peluche qui faisait un peu peur, se reflétait dans ses yeux qui paraissaient toujours un peu fatigués. Puis il se rendit compte qu’en observant ainsi toute la pièce, il avait oublié d’ouvrir la bouche. Sauf qu’il ne pouvait ni dire bonjour, ni bonsoir, vu qu’ils se sont vus il y a une demi-heure à peine. Il ne pouvait pas non plus dire « re », car ce n’était pas un pauvre geek, il ne savait même pas se servir d’un ordinateur. Enfin, ce n’était pas qu’il ne savait pas, c’était qu’il n’en utilisait jamais.
Il fit alors quelques pas pour s’approcher de Galène mais s’aperçut qu’il n’avait pas fermé la porte. Etourdi, il se retourna donc pour la fermer, avant de s’approcher timidement. Heureusement que la chemise, un peu trop grande pour lui, avait des manches longues, car les tripoter lui permettait de déstresser un peu. L’apparence mature du vêtement contrasté donc avec ce que ces mains en faisaient, se logeant dedans, les tripotant entre elles, comme un enfant. Et maintenant, il était là, en face de lui, et puis quoi ? Et puis il avait des questions, Tears. Parce que ce qu’il s’était passé tout à l’heure l’intriguait, parce qu’il avait beau chercher, il ne trouvait aucune explication logique. Parce que pour Tears, l’idée de plaire ne lui effleurait même pas l’esprit. Ou plutôt, ne lui effleurait plus l’esprit. C’était fini ce temps là. Alors le surveillant ouvrit la bouche, prêt à parler, puis la referma. Ne pas parler sans réfléchir. Il n’avait même pas formulé sa question, et il savait que même formuler, ce sera un désastre. Qu’il oubliera au fur et à mesure les mots qu’il voulait dire, comme d’habitude. Même quand il avait trouvé le mot bon, le mot parfait, il lui échappait l’instant d’après, et il était obligé de faire une pause et d’en trouver un autre, plus maladroit. Le fait qu’il avait ouvert un instant la bouche montrait au moins qu’il voulait parler, ce n’était pas si mal. Et maintenant il réfléchissait, regardant le mur derrière Galène, ou le nounours, en se disant qu’il était mignon quand même, ce nounours. Qu’il était blanc comme Flokjes. D’ailleurs, si le lapin était là, il aurait surement été ravi de se nicher au creux de la volumineuse peluche. Et on ne l’aurait plus retrouvé, tellement leurs blancs étaient semblables.
Le surveillant cligna les yeux un instant, il s’était laissé distraire. Il avait pourtant une question. Alors il ouvrit la bouche encore, pendant quelques secondes, pour la refermer. Parce qu’il n’avait toujours trouvé pas comment la poser. Les yeux fuyants, il se dit qu’en commençant sa phrase, le reste allait peut-être venir tout seul. Encore fallait-il la commencer.

-Heu… tout… tout à… l’heure… pou… pourquoi… ?

Quelle belle phrase, avec sujet verbe complément.


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Invité
Sujet: Re: Rétablissement Sam 29 Aoû - 12:15

    { L’homme est sans nul doute la plus belle création des cieux ; la plus terrible aussi }

    Il l’avait regardé s’avancer, approcher dans la pièce, quelques secondes après qu’il lui est signifié que la porte était ouverte, et il n’avait pu s’empêcher, d’un rapide coup d’œil, de constater que Tears n’avait pas dans son placard que ces grands t-shirt qu’il portait habituellement, mais qu’il avait aussi, des choses plus classes tel ce qu’il portait à présent. Et qui d’ailleurs, le rendait encore plus beau, mettant son corps pourtant frêle en valeur. Et, dieu, qu’il était désirable ainsi ! Il arrivait à troubler l’esprit de Galène, qui pourtant, était un homme raisonnable qui savait rester sage. Mais en sa seule présence, de le savoir si seul aussi sans doute, ce calme placide qui l’habitait semblait fuir, remplacer par la furie brulante du désir : oui, Galène désirait Tears à un point tel que ca en devenait étrange. Comme s’il était malade en fait. Mais était-ce une maladie du sexe ou une maladie d’amour ?… La question ne se posait même pas, la réponse était toute bête : il s’agissait d’un mélange des deux. Après tout, n’était-ce pas normal de désirer toucher celui que l’on aimait ? Que ce soit un homme ou une femme d’ailleurs puisque, même s’il était à quatre ou cinq sur l’échelle de Kinsey – donc plus proche de l’homosexualité en fin de compte.
    Mais laissons-là la sexualité de notre professeur d’arithmétique favoris et revenons à notre petit agneau blond. Enfin non car Galène voyait plutôt le surveillant comme une fleur qu’il serait incroyablement facile de briser et qui tenait bon malgré l’acharnement de la météo à la voir tomber ; oui, une fleur dont il avait envie de prendre soin et à laquelle il voulait volontiers se piquer le doigt au risque de succomber à ses charmes ensorceleurs… Quoi qu’en fait, il avait déjà succomber à ses charmes en tombant amoureux. Mais il tenait bon pour résister à ses envies les plus profondes, les plus mesquines et les plus simples aussi, tel celle de faire en sorte que leurs lèvres se rencontre.
    Il avait commencé à céder dans le couloir en l’enlaçant, il l’avait troublé, il l’avait vu, il fallait qu’il fasse attention à présent, le voir le fuir serait une chose un peu déprimante et il n’avait en aucune façon l’envie de l’effaroucher. Ni non plus celle de lui faire encore plus de mal.
    Alors même qu’il savait que l’amour était une épine dans le cœur, capable de vous empoisonner comme de vous faire vivre des rêves magnifiques… C’était un peu une arme à double tranchant en fait.
    Mais las de penser de cette sorte, de laisser couler le silence qui lui semblait pourtant tranquille, il observa son homologue masculin, en voyant ses lèvres remuer sans qu’aucun son ne sorte de sa bouche et il leva un sourcil curieux, mouvement à peine perceptible ; il allait lui demander ce qu’il préférait boire alors, mais la question tomba finalement, sournoise, à laquelle il ne répondit pas, du moins de suite, lui posant simplement sa propre interrogation d’un ton léger, calme, qui le caractérisait si bien au final. En général, l’étonnante maitrise de soi dont il faisait preuve rassurait les personnes qui le côtoyaient : elles savaient qu’en cas de problème, il serait celui qui resterait posé et qui ferait les bons choix, les bons gestes.
    Pourtant, cette fois-ci, il hésitait, tiquait un peu aussi sur les choix qui s’imposaient à lui.

    { Le cœur à ses raisons que la raison ignore… }

    « Tu préfères un chocolat ou un café ? »


    Il ne répondit à sa question qu’après, lorsqu’il lui tendit le bol chaud, fumant, remplis à moitié pour lui permettre de le prendre sans risque de se brûler et il lui proposa d’aller s’asseoir dans le fauteuil confortable et solitaire qui se trouvait à côté de l’ours en peluche, en lui signifiant qu’il pouvait le déplacer à sa convenance. Lui-même s’était servit un chocolat chaud – parce que le café aurait eut tendance à trop exciter ses nerfs placides – et avait tiré sa chaise de bureau pour s’asseoir en face de lui. Alors il avala une gorgée du liquide brun de manière distinguée puis il finit par répondre.

    « J’en avais envie. »


    Il aurait pu rougir comme une adolescente en fleur de cette simple déduction ; il aurait pu aussi se montrer plus subtile, plus doux dans le choix de ses mots et pourtant il avait l’impression que d’agir ainsi aurait pu perdre Tears. En fait, le blond devait déjà être perdu. Ce devait être embarrassant ou compliqué pour lui de gérer son cœur brisé et de savoir en même temps qu’un autre homme s’intéressait à lui, un être qui restait calme là où il aurait du paniquer. Et en fait, c’était le cas : le brun était totalement paniqué ! Mais il préférait ne pas le montrer, ne voulant pas l’alarmer encore plus.
    Parce qu’il avait peur. Oui, il avait si peur de le voir partir au loin… Alors même qu’il ne s’était rien passé.
    C’était stupide n’est-ce pas ? Mais avoir un QI largement supérieur à la moyenne ne signifiait pas qu’on s’en sortait plus facilement pour les questions de cœur ; ca ne signifiait pas non plus qu’on pouvait garder tous ses moyens en cas de peur…
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Invité
Sujet: Re: Rétablissement Lun 31 Aoû - 12:14

-Tu préfères un chocolat ou un café ?

Le surveillant avait l’étrange impression qu’il évitait sa question. Il l’avait évidé alors qu’il avait tellement pris sur lui pour la poser. Dépité, il marmonna qu’il voulait bien un chocolat, merci. Timide, sans rien dire d’autre, renfermé sur lui-même à cause de cette absence brutale de réponse, il prit le bol dans ses mains, les manchettes non boutonnés pendouillant sur ses poignets. D’un œil un peu ailleurs, il fixait le liquide marron, mettant ses mains là où le bol contenait le liquide pour se réchauffer les paumes. Il fallait dire que le surveillant était assez gourmant en ce qui concernait ce genre de sucrerie, mais évidemment, il serait trop timide et polie pour demander plus. Levant le nez pour regarder où Galène lui proposait de s’asseoir, il s’y dirigea lentement et s’assit sur le bord du fauteuil, comme les invités. Puis, ne sachant pas quoi dire, il se contentait de souffler un peu sur son bol et de jetait des coups d’œil rêveur à l’énorme nounours qui lui faisait l’honneur d’être son voisin. A vrai dire, il ne savait pas trop ce qu’il faisait là. Ce n’était pas comme si le professeur et lui avaient beaucoup de conversation dès qu’ils se voyaient, ce n’était pas non plus comme s’ils étaient des supers potes ou ce genre de choses. Ce n’était pas comme s’il détestait sa compagnie, loin de là, mais il ne savait absolument pas ce qu’ils pourraient bien se dire. Et les silences embarrassaient Tears jusqu’à la moelle, et même s’il faisait parfois des efforts pour les briser, ça ne lui laissait que de mauvais souvenirs. Se tracasser pendant dix minutes en cherchant un sujet de conversation, ça le mettait effroyablement mal à l’aise. Perturbé, sans rien dire, les yeux baissés sur son chocolat chaud, il attendait. Il n’allait quand même pas reposer sa question, ça allait faire lourd…

-J’en avais envie.

Surpris, il leva les yeux vers lui. Yeux qui baissa et glissa sur le côté droit quelques secondes après. Qu’est ce que ça voulait dire… ? A la fois rassuré qu’il ait répondu et troublé par la réponse, il baladait son regard sur le mur. Ce n’était pas ce genre de réponse qui allait l’avancer dans sa quête de réponse, au contraire, ça l’embrouillait totalement. Il était évident que si Galène avait fait ce qu’il avait fait, c’était que quelque part, il en avait envie. Ou alors il faisait des choses dont il l’avait pas du tout envie parce qu’il était maso, mais c’était moins probable. Pas avancé pour un sou, Tears fixa un instant son chocolat chaud. Le mot « envie » dans la tête du pauvre petit surveillant abandonné au silence, n’avait aucune connotation érotique. Même si avoir envie de l’enlacer, ça le gênait tout autant que quelques connotations érotiques… enfin, beaucoup moins quand même. Bref, sur ce, il ne savait vraiment pas quoi dire. Mais alors vraiment pas. Et il n’aimait pas ça, il n’aimait pas ce genre de situation. Pour occuper sa bouche, il commença lentement à siroter son chocolat. Pendant de longues secondes, les yeux fixant le sol, ses lèvres trempant dans la boisson, il y pensait encore. Au pourquoi du comment qu’il avait fait ça. Mais apparemment, Galène voulait faire son mystérieux. Et que voulez vous qui réponde à ça ? Il s’était contentait d’hocher la tête. Un lourd et grand silence suivit. Il pourait durer des heures.
Et voici alors un post rp où le personnage ne dit et fait, absolument rien.


Dernière édition par Tears le Dim 27 Déc - 15:11, édité 2 fois
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Invité
Sujet: Re: Rétablissement Lun 31 Aoû - 17:27

    { C’est dans le silence que s’épanouissent les plus belles fleurs ; c’est dans la solitude qu’elles se fanent… }

    Le silence ne le dérangeait pas, il n’en semblait pas plus troublé qu’il paniquait toujours. Son corps battait fort dans sa poitrine, comme un adolescent en pleine confusion, découvrant ses premiers sentiments pour la personne devant lui. Et il avait peur que Tears n’entende ces battements éreintant qui résonnait dans son crâne, tapait, lui donnant des maux passagers qu’il ignora. Il fallait rester décontracté en toute circonstance. Mais il fallait aussi le mettre à l’aise et là, Galène avait un peu de mal parce qu’il ne savait pas de quoi parler. Leurs conversations habituelles tournaient autour de la pluie et du beau temps, pas de quoi en faire tout un plat, pas très intéressant non plus.
    Il avait bu la moitié de sa tasse déjà et Tears ne disait toujours rien. Parce qu’il n’avait rien à dire, parce qu’il n’y avait rien à dire tout simplement. Parce qu’il lui sembla alors que sa réponse était stupide, même si c’était la pure vérité.
    Mais que pouvait-il rajouté ? Mise à part s’il lui disait sans subtilité qu’il l’aimait depuis quelques temps déjà, au risque de le faire fuir et de lui donner l’envie de l’éviter… Ou de courir se réfugier de nouveau dans sa chambre. Après tout, il n’avait pas la chance de le connaitre aussi bien que le connaissait Taken ; même si celui-ci était parti soudainement, laissant le surveillant triste et seul. Comme on aurait laissé une plante mourir en partant en vacances sans demander à qui que ce soit de lui donner à boire.
    Ou pas.

    Le bol glissa doucement contre ses cuisses, se posant dessus en un équilibre parfait alors qu’il observait son visage pâle, un peu perdu, se demandant de quelle manière il pourrait rompre le malaise qu’il avait sentit s’installer. Un léger soupir franchit ses lèvres alors qu’il se grattait la nuque, sous ses longs cheveux noirs ; il n’avait jamais été très doué question sentiments et lui qui pouvait être si loquace devant ses élèves semblait devenir muet avec ses amants/amantes, préférant alors les gestes tendres aux mots doux pourtant essentiels à une bonne compréhension de l’autre. Le regardant toujours il finit par dire, légèrement gêné, les joues légèrement rouges.

    « Tears, t’est-il déjà venu à l’esprit que quelqu’un d’autre ici puisse t’aimer ? »

    Non, il n’avait rien dit sur lui, il n’avait pas précisé, il tâtonnait le terrain, juste, il ne voulait pas trop s’engager sur un sol qui risquait de s’effondrer à tout moment. Même si ce qui se briserait ne se trouvait qu’à l’intérieur de lui… Et qu’il n’en laisserait paraitre que le minimum. Ce n’était pas qu’il était inexpressif, c’était juste qu’il ne savait pas retranscrire ce genre d’émotion. Alors il le regardait en se contentant de lui sourire doucement, ne s’avançant pas trop. Pourtant, il lui aurait été facile de lui dire simplement et stupidement « je t’aime » . Oui, facile. Et pourtant il n’y arrivait pas. Et c’était bien la première fois qu’une telle chose lui arrivait ; avant il n’avait jamais eu de mal à dire ses sentiments, sans détour, comme ça… Peut-être était-ce parce qu’il sentait le blond fragile… Comme s’il avait l’impression qu’en disant cela il allait le détruire… Oui c’est ca, le détruire.

    « Je suis heureux que tu sois là »


    Mais ne l’avait-il pas déjà dit ? Ne radotait-il pas ? Oh mon dieu ! Il devenait sénile avant l’âge si c’était le cas ! Mais ses idées s’embrouillaient dans son esprit, les questions se mélangeaient, les sujets de conversations stupides qu’il avait trouvé se faisait la malle et il n’arrivait pas à rattraper quoi que se soit. Et bientôt son cerveau fut vide. Ou presque, il y avait une phrase qui tournait en boucle et qui voulait franchir ses lèvres qu’il maintenait volontairement closes. Il ne fallait pas que le charme soit rompu, que le surveillant s’en aille et le fuit maintenant qu’il était là.

    « Et bien, moi, j’éprouve de forts sentiment pour toi… »


    Trop tard.
    La phrase avait gagné, les mots étaient sortis seuls, sans aucune autorisation de la part de son propriétaire qui avait tourné les yeux vers la fenêtre, légèrement rouge. Mais calme. Alors qu’en fait il mourait de peur. Oui. La peur qu’en entendant cela, Tears ne laisse tomber le bol et s’en aille. Oui, terriblement peur…
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Invité
Sujet: Re: Rétablissement Sam 5 Sep - 13:39

Dans le silence, on entendait parfois les lèvres de Tears tremper dans le chocolat chaud, et ce même liquide couler dans sa gorge. Et ça l’embarrassait. Il préférait qu’on n’entende rien. Se sachant pas quoi faire, il se contentait de fixer son propre reflet sans vie sur la surface chocolaté. Un soupire, un mouvement lui fit lever le nez vers Galène. Celui-ci se grattait la nuque, comme gêné. Au moins il n’était pas le seul. Mais cela voulait aussi dire qu’il l’ennuyait aussi. Peut-être Galène était-il déçue du manque de loquacité de Tears, peut-être regrettait-il de l’avoir invité ici. Comme le professeur semblait vouloir parler, le surveillant le regardait, comme pour l’encourager. Mais pourquoi il avait des couleurs sur les pommettes ? Lui qui avait toujours le teint et l’expression faciale d’une plaque de marbre.

- Tears, t’est-il déjà venu à l’esprit que quelqu’un d’autre ici puisse t’aimer ?

Pris de court pas la question, il ouvrit de grand yeux qu’il dévia automatiquement vers le bas, et rougis comme une donzelle. Il n’y avait pourtant pas de quoi, c’était juste une question comme ça… pourtant, il se sentait étrangement gêné. Pas d’une gêne habituelle. Mais celle que l’on de part la superposition de plusieurs choses gênantes qui s’ensuivent. Il déglutit avec difficulté, ce demandant ce qui pouvait bien passer dans la tête de Galène. Une pensée lui vint, la pensée que peut-être… mais non, ça ne pouvait pas être ça. Ca ne pouvait pas l’être parce qu’il ne le voulait pas. Rejetant cette chose qui lui avait effleuré l’esprit, il se contenta de secouer un peu la tête, de droite à gauche, en signe de négation. En un an, deux personnes l’avaient aimé. C’était déjà trop. Il n’avait plus assez d’imagination pour croire que ce genre de miracle arrive encore. Miracle, ou malheur, car il savait très bien qu’il ne pouvait pas les satisfaire. Il savait que ses richesses intérieures étaient trop pauvres qu’il soit intéressant sur la longue durée. Il savait qu’il ne pourra pas être à la hauteur, répondre aux attendre des autres. Il savait qu’il était atrocement maladroit, exigent et il continuait à penser qu’une seule personne avait pu combler ces lacunes, mais qu’elle était partie. Donc, non, personne d’autre ne pouvait l’aimer. Mais d’autres personnes pouvaient toujours le prétendre.
Aimer, ça faisait mal. Tears ne se disait pas ça comme un émo rebelle trop déchiré par l’amour ou comme une femme brisée. Il se disait ça comme un enfant. Comme un enfant dirait "Le feu, ça fait mal" en conclusion de s’être brulé. Et un enfant, quand il sait que quelque chose fait mal, il ne recommence plus. Parce qu’il a peur de la douleur. Surtout qu’on ne tombe pas amoureux sur commande, bien heureusement. Et donc les probabilités d’aimer en retour quelqu’un qui vous aime, ou que votre aimer soit réciproque, sont très très faibles. Et donc les chances de blesser quelqu’un et d’autre blesser sont très très hautes.

- Je suis heureux que tu sois là.

Extirpé de ses pensées, il reconcentra son attention sur Galène. Ah… donc il ne l’ennuyait pas. Soulagé, il se contenta de sourire. Quand il y pensait, il avait presque l’air d’un muet, c’était assez terrifiant. Et s’il ne parlait pas dans les cinq minutes qui suivaient, alors peut-être perdrait-il a jamais l’usage de la voix ?! Eh le voilà qui pensait des choses stupides. Parce que les compliments, il avait toujours du mal, horriblement de mal à les accueillir. Pourquoi il aurait du en attraper l’habitude, avec Octave. Mais ça n’est jamais, jamais rentrer. Mais il était content. Embarrassé mais content.

- Et bien, moi, j’éprouve de forts sentiments pour toi…


Un grand silence. Des yeux étonnés, un cœur qui manqua un battement, des oreilles rouges. Mon dieu. Est-ce que… c’était une blague ? Il déglutit deux fois d’affilé, les yeux cherchant en vain quelque part où regarder. Qu’est ce que ça voulait dire, ça ? Il parlait d’amitié ou… ? Non, il avait parlé d’amour deux minutes avant, ça ne pouvait pas être une coïncidence. Alors c’était pour ça… Dans ses yeux, des larmes commencèrent lentement à monter. Ca faisait plaisir, il ne pouvait pas nier qu’une vague de plaisir l’envahit quand il entendit ses mots. Mais la peur prit automatiquement sa place. Les gens pensaient qu’il suffisait d’être gentil pour avoir Tears dans leur lit. Les gens avaient tort. Il n’avait pas le choix, il fallait qu’il prenne la parole, même si sa gorge lui faisait un peu mal.

- … Je… heu… merci…

Il ne pouvait pas s’arrêter là… ce serait vraiment mesquin de sa part. Même si Galène ne lui avait posé aucune question, même si, si faut, il se faisait des idées, il bégaya difficilement. Ses mains torturaient ses manches. Pourquoi avait-il envie de pleurer ?

- Mais…. je … ne suis pas… très… doué… je suis pas quelqu’un de… d’agréable…

Je me plains tout le temps, je suis faible, je pleure sans cesse, je demande toujours plus, ou alors je veux moins. Je n’ai pas grand-chose à raconter, je ne suis pas super intelligent, je n’ai pas masse d’humour. Je ne suis pas vraiment beau, je n’ai pas vraiment de passion, je suis juste un poids. Et je ne veux être le boulet de personne.


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Sujet: Re: Rétablissement Dim 6 Sep - 19:50

    { L’amour fait mal. L’amour rend fou. Mais Galène à toute sa tête. }

    Le silence, pesant et gênant, qui se trouvait là, torturait son esprit, jouait avec ses nerfs, oppressait son corps, et la peur qui grondait serrait son cœur, tel un serpent vicieux qui l’empêchait de battre correctement, lui interdisant de reprendre une respiration normale, lui donnant l’impression légère de suffoquer. Le silence, véritable supplice des âmes et des Hommes avait pris possession de la pièce et le laissait soudainement faible, lui qui voulait paraître si fort, si sur, si calme et si rassurant. Il était rare qu’il se montre ainsi, qu’il se dévoile autant à quelqu’un, surtout à la personne qui laissait son cœur frissonnant à chaque fois que ses beaux yeux bleus l’apercevaient. Bien sur, il ne pouvait pas reprendre son air avenant et doux de d’habitude, la gêne qui colorait ses joues encore bien trop présente puisque le silence régnait encore en maître sur son aveu.
    Le surveillant blond avait tout a fait raison dans sa suite logique sur l’amour ; Galène pensait la même chose, mais il ne le prenait pas à la manière d’un enfant, plus à la manière d’un philosophe qui aurait écrit bien trop de thèse, qui aurait trop lu de livre et qui en aurait conclu simplement : l’amour fait mal, mais c’est la douleur qui nous prouve que l’on est vivant. Alors je veux aimer, toujours et encore, parce que ça fait mal mais parce que ca fait aussi du bien, dans les très rares cas où notre amour est partagé. Et au vu de la réponse, maigre, concise de Tears, Galène venait de conclure qu’il n’était pas dans un de ces rares cas de bonheur. Mais il s’y attendait, il le savait, avant même de se déclarer : le blond aimait sans doute encore le brun qui était parti, le laissant seul en proie à ses pulsions, à ses envies toujours plus fortes, et il n’y avait pas dans son cœur meurtris, de place pour le beau professeur d’arithmétique. Non, il n’y en avait pas, la place était déjà toute prise par un fantôme, un fantôme du passé et Galène ne pouvait pas lutter contre ça, il ne pouvait pas lutter contre un simple souvenir… Il ne pouvait, et ne voulait pas non plus. A croire qu’il aimait souffrir.
    Mais ce n’était pas ça, en réalité. Il ne voulait simplement pas s’imposer à ce cœur brisé, blessé sans doute trop de fois, brimé par les orphelins les plus rebelles, ce cœur qui ne donnait que de l’amour du réconfort et qui se cachait dans la poitrine de ce bel homme fragile.
    Galène aurait voulu poser des questions, il aurait voulu savoir pleins de choses de Tears, le connaître mieux, plus… « intimement »… Oui, c’était le mot, il voulait le connaître en profondeur, juste parler pour l’instant. Oh bien sûr, il y avait ses désirs physiques aussi mais s’il cédait à ses pulsions les plus simples, les plus niaises aussi, il savait contrôler les plus ardentes sans que rien ne transparaisse. Non, vraiment, mise à part l’embrasser, l’enlacer et discuter de lui, Gabriel ne désirait rien d’autre. Et le jeune grecque porta sa tasse à ses lèvres, buvant une nouvelle gorgée de chocolat, savourant le liquide chaud et sucré sur sa langue, coulant dans sa gorge, réchauffant son estomac, lui laissant un arrière-goût amère dans la bouche, accroché à ses papilles gustatives, le faisant frissonner.

    { On ne peut forcer les gens à s’aimer entre eux. L’amour est égoïste. }

    Et puis, il y eut la suite.
    Et là, le brun releva la tête de son chocolat chaud, la tasse descendant se poser sur ses genoux bien droits, alors qu’il l’observait lui dire qu’il n’était pas quelqu’un d’agréable. La surprise passa dans ses yeux bleus alors qu’il cherchait le regard fuyant du surveillant, ne comprenait pas pourquoi il disait cela si soudainement. Légèrement sceptique, il lui fit un sourire rassurant et sa voix s’éleva, douce, comme s’il avait peur de le briser juste avec des mots.

    « Je ne te trouve pas désagréable, bien au contraire. J’ai eu le temps de m’en rendre compte, depuis que je suis là. Je crois qu’il n’y a ici personne qui pense plus aux orphelins que toi. Et puis ce n’est pas comme si c’était le genre de sentiment dont nous sommes maître, n’est-ce pas ? »

    Sans doute n’était-ce pas les meilleurs mots à lui dire, sans doute s’avançait-il trop mais ça n’avait pas d’importance, Tears était là, devant lui, un peu gêné certes, mais il ne l’avait pas fuit en apprenant la vérité. Alors, il n’avait pas à se plaindre, vraiment, il fallait juste qu’il ne fasse rien qui puisse le blesser. A moins que cette révélation ne l’avait froissé et dans ce cas il endurait en silence sans rien lui dire. Et si Galène avait mal, il ne le montrait pas non plus.
    Parce que sa peine ne valait pas sa joie, tout simplement.
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Sujet: Re: Rétablissement Jeu 10 Sep - 17:02

- Je ne te trouve pas désagréable, bien au contraire. J’ai eu le temps de m’en rendre compte, depuis que je suis là. Je crois qu’il n’y a ici personne qui pense plus aux orphelins que toi. Et puis ce n’est pas comme si c’était le genre de sentiment dont nous sommes maîtres, n’est-ce pas ?

Evidemment, qu’il ne le trouvait pas désagréable. Parce qu’il le connaissait encore peu. Il ne savait pas à quel point il pouvait parfois faire preuve d’une chiantisse assez conséquente. Il ne savait pas comme il tournait les choses gentilles de façon à ce qu’elle lui fasse mal. A lui. Est-ce qu’il aimait avoir mal ? Sinon pourquoi s’obstinait-il à se le faire lui-même ? Galène ne savait pas à quel point Tears pouvait, dans sa tête, contredire tous les faits et gestes des gens. Parce qu’il n’aimait pas qu’on le prenne comme un enfant, mais il avait peur dans le monde cruel des adultes. Il n’aimait pas souffrir, mais il en avait besoin. Il n’aimait pas qu’on le pense trop fragile, il vous contredira cependant si vous dites qu’il est fort. Il ne voulait jamais être ce qu’on dit. Sauf quand ça le faisait souffrir, alors il serait d’accord. Il serait d’accord mais il aura très mal. Il s’avérait énervant, à imaginer des choses sans queue ni tête, à imaginer que ça va mal quand tout va bien, et que tout va bien quand ça va mal. Ainsi, même si les compliments de Galène sonnaient délicieusement à ses oreilles, il se sentait honteux de les croire. Il se sentait narcissique et malsain, sali par ce plaisir d’entendre gentiment parler de nous. Ca le dégoutait, il n’aimait pas ça. Ce n’était pas qu’il n’aurait pas les compliments, mais qu’il n’aimait voir combien ça lui faisait plaisir. Alors qu’il ne le méritait pas. Voilà tout.
Et ces sentiments dont il parlait, c’était… lesquels ? Est-ce qu’il parlait de ces forts sentiments… ? Il ne savait pas si ce genre de sentiments était comme ceux qu’il avait déjà éprouvé, une fois. Si c’était le cas, alors il était vrai qu’on ne pouvait apprivoiser de pareils sentiments. Ils rampent à vos pieds, et comme un serpent, lentement, se glisse en vous. Sous votre peau, dans vos veines, vous fragilisant avec la compensation d’être heureux. Heureux d’un bonheur fragile. Ca faisait des dégâts, ces sentiments. Et le plus souvent, on a rien demandé. Se remémorant quelques passages de sa rare vie sentimentale, les yeux floutés dans le tourbillon de ses pensées, il hocha la tête. Un hochement de tête qui montrait qu’il comprenait horriblement bien.
Puis il revint à la première réplique de Galène.

- Merci… mais…

Il détourne les yeux, gêné, tripotant sa tasse d’une main distraite.

- Je… je n’arrive pas à… enfin, je… je suppose… que vou... tu… veux une réponse… même si… tu… n’as rien demandé…

D’un mouvement nerveux, il rentre un peu son cou dans ses épaules.

- C’est que… les… les orphelins par exemple… ils… sortent souvent… entre eux et… des fois c’est… juste sur… un coup de tête… mais… mais moi… je peux pas. … Je… trouve ça méchant… d’être avec quelqu’un… sans l’aimer.

Il devint d’un coup tout rouge, en se rendant compte de ce qu’il avait dit. Dit comme ça, venant de lui, ça paraissait presque agressif. Ca ne l’était pas, pourtant. Paniqué devant la brusquerie sur lequel il termine sa phrase, il ouvre la bouche pour se rattraper, vite, dire quelque chose d’autre. Parce que là, c’était assez brut, mais il n’avait pas su le dire autrement.

-…

Il n’arrivait à rien, il avait honte, il était mort de honte. Il aurait voulu se cacher quelque part


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Sujet: Re: Rétablissement Dim 20 Déc - 14:20

    { On ne peut empêcher un cœur d’en aimer un autre }

    Trop de calme, trop d’attente. Trop de mots dégradants venant de sa part. Alors même qu’ils ne lui étaient pas adressés, il le faisait souffrir. Et cette souffrance n’avait rien de délicate, elle faisait juste mal, rien n’était agréable en elle. Car elle n’était pas désirée, non, elle était même proscrite dans cette scène. Et pourtant, elle s’était invitée, là, seule et nuisible, faisant peiner le cœur de Galène, le laissant cogner dans le vide et se serrer un peu plus au fond de sa poitrine. Oui, il ne le connaissait pas, il ne connaissait presque rien de lui, seulement ce qu’il avait pu observer, ce qu’il avait pu obtenir de détails dans leurs trop rares conversations ; pourtant, ces sentiments n’étaient pas factices ; loin de l’être même, ils avaient sans doute été causé par ces trop nombreuses fois où il l’avait croiser en compagnie d’orphelins, où lorsqu’il l’avait vu sourire, rire parfois. Il n’avait rien d’ennuyeux pour lui et sans aucun doute, il était loin d’être parfait – personne ne l’est de toute façon – mais c’est de lui que le brun voulait. Ses lèvres se serrèrent un court instant ; il avait peur de dire des choses fâcheuses, de nouvelles choses blessantes peut-être, en commentant ce que Tears disait, rouge – était-ce de timidité ou de honte, il n’aurait su le dire – et puis vinrent ces paroles, un peu incompréhensibles et à la fois si claires qui lui firent comme un choc. Oui, un choc, alors même qu’il avait déjà connaissance de cette cruelle vérité : Tears ne l’aimait pas, Tears ne l’aimerait sans doute jamais et leur relation allait sans doute devenir tendue. Galène comprit qu’il venait de briser le lien si faible de collègue à collègue qui l’unissait au surveillant, il l’avait brisé au moment même où il lui avait dit qu’il l’aimait. Et ça n’en était que plus douloureux...

    { On ne peut obliger un cœur à en aimer un autre }[/center]

    Pour la première fois de la conversation, alors même qu’il se trouvait fasse à lui, il avait baissé les yeux et regardait sa tasse, confortablement logée entre ses mains et où le liquide brun laissait encore des ondes apparaître à sa surface, cherchant rapidement à reprendre contenance. Il n’avait pas pensé que d’entendre ces mots, pourtant si maintes fois entendus, lui ferait si mal. Bien sûr, ce n’était nullement la faute du surveillant, il n’y pouvait rien s’il ne l’aimait pas. C’était ainsi, c’était un fait qu’il se devait accepter. Parce qu’au fond, il avait beau garder son calme en toute circonstance et paraître – bien plus qu’être d’ailleurs – cool, il était humain, comme tous les autres – ou presque – et même si depuis de nombreux jours, de nombreuses semaines, il se targuait d’accepter que ses sentiments ne fussent pas partager, la vérité lui tombant ainsi sur la tête, pesait un poids bien trop lourd pour ses épaules qui lui paraissaient alors bien frêles.
    Il sentit que Tears voulait reprendre la parole, mais le silence perdura ; anéanti était peut-être un mot trop fort pour décrire son état et pourtant c’est le seul qui lui venait à l’esprit à ce moment là. Anéanti simplement après cette échec amoureux, alors même qu’il était si jeune et qu’il avait encore toute la vie devant lui… Peut-être avait-il besoin de vacances. Cela faisait bien longtemps qu’il n’en avait pas pris… Depuis son arrivée ici en fait, il n’avait pas songé à s’en aller ne serait-ce qu’une semaine, même lorsque les orphelins étaient eux-mêmes en vacances.
    Il finit par relever la tête, après ce qui lui sembla être d’interminables minutes et il lui fit un léger sourire.

    « Je comprends ce que tu veux dire. Et j’en avais conscience avant même que tu ne prononces ces mots… Pourtant… »

    Et là, sa phrase s’arrêta. Il fut incapable de continuer. Comme s’il avait perdu ses mots. Lui, l’amoureux des belles lettres autant que des chiffres, avait vu les mots qu’il voulait prononcer s’envoler avant d’avoir franchit ses lèvres. Pourtant quoi ? Pourtant je me sens triste ? Pourtant je souffre ? Pourtant quoi ? Pourtant… Pourtant… Pourtant… Ca ne revenait pas. Alors, il ferma la bouche pour ne plus ressembler à un poisson gobant de l’air, mordant l’inférieure en baissant de nouveau la tête.
    Si la porte était restée ouverte et si des orphelins étaient venus à passer, il aurait surement ri de le voir ainsi « jouer » l’affligé. Alors qu’il ne jouait d’aucune manière que ce soit. Il se retrouvait comme une jeune fille en fleur qui s’en irait en pleurant de voir leurs sentiments refusés par l’être aimé.
    Oh , bien sûr ! Il aurait pu sortir une phrase digne d’un shôjô manga à la Fruits Basket – du genre « accepte mes sentiments même si tu ne les partages pas ! – mais Galène n’était pas Tohru Honda, il n’était pas cruche à ce point là. D’ailleurs, il était bien loin de ressembler à l’héroïne naïve de cette histoire… Non ?
    Se redressant, il porta de nouveau sa tasse à ses lèvres mais ses mains tremblaient ; maintenant, qu’allait-il arriver ? Il avait été fou de croire qu’en avouant ses sentiments au bel homme blessé, il pourrait s’en rapprocher. Oui, il n’avait pas réfléchi… Du moins, il ne l’avait pas fait correctement.

    { On ne peut faire oublier à un cœur les blessures de l’amour }
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Invité
Sujet: Re: Rétablissement Dim 27 Déc - 15:06

Quand il y réfléchissait… merde, quand il y réfléchissait… il venait de le recaler assez sévèrement. Alors que ce n’était pas ce qu’il voulait, ce n’était pas comme ça que ca devait se passer, c’était trop soudain, trop… il n’avait pas réfléchi à ses mots avant de les dire. Il commençait toujours ses phrases sans les avoir fini dans sa tête, et c’était catastrophique. A chaque fois, c’était catastrophique. Et le silence qui suivit était une vraie torture. La tasse dans les mains, il avait le ventre qui se crispait à chaque seconde qui passait, il avait la gorge sèche et les tempes brulantes. Il se sentait mal, horriblement mal. Parce qu’il avait blessé quelqu’un, il lui semblait bien qu’il avait blessé quelqu’un. Et cette sensation était une horreur, comme si on pétrissait ses intestins avec des mains puissantes, et ses oreilles en feu lui donnait mal à la tête. Parce que Galène n’avait pas mérité qu’on lui dise choses si cruelles, parce que Tears ne méritait même pas d’être face à lui, d’être aimé de lui. Les mains crispées sur sa tasse, le regarde noyé dans le liquide, il espérait, il espérait vraiment que Galène se soit trompé. Qu’il ne l’aime pas. Il ne fallait pas qu’il l’aime, il ne fallait pas que ce soit ça, que ce soit de l’amour. Faite que ce ne soit pas de l’amour. Parce que si ça l’était, si c’était ce sentiment qu’il avait connu autrefois, alors c’était vraiment trop cruel. C’était vraiment trop horrible pour cet homme en face de lui. Et Tears ne méritait pas qu’on souffre pour lui. Parce qu’il n’était… tellement insignifiant. Il n’était pas digne d’être aimé, c’était vraiment quelque chose qu’il ne comprenait pas. Pas du tout. Ca lui passait totalement au dessus de la tête. Comment quelqu’un de censé pouvait l’aimer ? C’était inconcevable, c’était absurde. Autrefois… autrefois il avait accepté d’être aimé. Parce que c’était de la part de quelqu’un d’absurde, d’aussi absurde que le fait qu’il puisse être aimé, d’aussi fou que ce sentiment puissant et indomptable.
Un fou qui lui avait appris qu’il n’était pas rien, qu’il était quelqu’un d’extraordinaire, qu’il avait des qualités. Mais tout ça, tout ça, c’était fou aussi. C’était absurde. C’était dans sa tête. En vrai, dans la vraie vie, en dehors des murmures d’un amoureux rêveur, c’était pas vrai.
Un reflet dans son chocolat chaud, reflet déformé par le liquide noir. En plus d’être faible, le voilà qui avait été cruel. Il ne savait pas du tout quoi faire pour se racheter… il s’était aperçue de la signification de sa phrase quelques secondes après l’avoir dite, ça avait été… tellement inattendu. S’il avait réfléchi… si seulement il avait un peu réfléchi, ca ne se serait pas passé comme ça.

- Je comprends ce que tu veux dire. Et j’en avais conscience avant même que tu ne prononces ces mots… Pourtant…

Ses yeux s’étaient levés vers Galène. Yeux qui semblaient toujours fatigués, affligés. Et c’était avec horreur qu’il vit le même regard chez le professeur. La bouche légèrement entrouverte, comme la sienne, il attendait qu’il continue sa phrase. Il attendait, les yeux rivés sur lui, attendant avec attention. Mais rien. Alors il baissa à nouveau les yeux. Galène en avait eu conscience… et pourtant, pourtant il avait voulu que Tears sache quand même. C’était presque héroïque. Tears, lui, n’aurait jamais eu ce genre de courage. Il aurait eu bien trop peur de se faire rejeter, il aurait été mort de trouille… il aurait été trop faible, bien trop faible. Et Galène avait fait cet effort là. Effort vain parce que Tears était trop sentimentale, trop faible, pour être moderne. Pour dire ok sortons ensemble quand le type était pas trop moche et pas trop méchant. Et qui sait, peut-être, tomber amoureux par la suite ? C’était ce que tout le monde aurait fait. Lui, fleure bleu, n’arrivait pas à concevoir de faire ça, ça avec quelqu’un pour qui il n’avait pas ces sentiments. Idéaliste, il ne s’en rendait pas compte, qu’il se renfermait, qu’il attendrait infiniment quelque chose qui ne viendra jamais. De plus, s’il avait suivi cette logique auparavant, celle de devoir obligatoirement tomber amoureux avant de faire quoique ce soit, alors jamais… jamais il n’aurait vécu ce qu’il avait vécu avec Octave. Il avait pris un risque, il avait été absurde et fou, lui aussi, ce jour là. Là… là c’était pas du tout pareil. Pas du tout. C’était pas comparable, il n’y avait plus cette absurdité, cette absence de pensée, cette folle confusion. C’était genre, dans les règles, presque officiel. Et s’il prenait ce risque, s’il acceptait d’être avec lui alors même qu’il n’était pas les mêmes sentiments, alors même que le fait était su de Galène, il allait juste… juste le blesser encore plus. Enfoncer le couteau dans la plaie et saupoudrer le tout de sel. Bon dieu, il ne savait pas quoi faire, il pataugeait complètement.

- … Je… je suis désolé… je voulais… pas … le dire comme ça…

Il n’avait pas voulu le dire du tout d’ailleurs. C’était son rêve tiens, d’avoir une télécommande pour faire pause, marche arrière… en même temps, même une fois en arrière, il n’aurait pas su quoi dire.

- … Ca veut pas… dire que… que… je t’aime pas… C’est juste… pas pareil… enfin… pas comme ça… mais ça empêche… pas que… enfin…
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Invité
Sujet: Re: Rétablissement Dim 27 Déc - 16:20



    { L'amour est une fumée faite de la vapeur des soupirs }

    Adorable. Le premier mot qui lui venait en tête lorsqu’il voyait Tears, lorsqu’on lui parlait de Tears, était celui-là : a-do-ra-ble ! Allant jusqu’à souhaiter que ce dernier ne doive jamais souffrir, scellant en lui-même des promesses plus absurdes les unes que les autres à son encontre, avant même de prendre conscience des profonds sentiments ancrés dans son cœur. Oui, avoir une intelligence hautement supérieure à la moyenne ne faisait pas des gens de la Wammy’s House des extra-terrestes ; ils restaient humains, sujets à des sautes d’humeur, obligés de suivre le chemin tracé de leur destin, blessant sans cesses les autres voire eux-mêmes, en sauvant d’autres dans de très rares cas. Et la situation dans laquelle le professeur de mathématiques s’était fourrée était plus qu’humaine. Banale peut-être même. Après tout, donnez-moi la probabilité qu’une personne en aimant une autre voit son amour rendu de la même manière du premier coup… Si vous trouvez ce chiffre, vous vous rendrez compte qu’il est extrêmement bas. Et de plus, rien ne sera prouvé, ce ne sera qu’une supposition se basant sur des données chiffrées, parfois même faussées. Après Octave, après le départ de Taken, Tears avait disparu de longs jours, de longues semaines, pour le plus grands désespoirs de certains de ses collègues. Mais il avait fallu continuer à avancer, ne pas se laisser aller, attendre patiemment le retour du surveillant blond et l’accueillir comme il se devait pour lui donner l’envie de sourire à nouveau, de rire, d’être comme il l’était avant, un peu gauche et maladroit mais tellement aimant, tellement altruiste. Peu de personnes en ces lieux devaient se soucier du bien-être des orphelins autant que lui. Enfin, ce n’était qu’une supposition « Galènienne » ; et le professeur enjolivait peut-être un peu les choses. Ou pas.
    Et ce même professeur prenait peu à peu conscience, qu’il avait tout gâché. Oui, tout. Parce que, maintenant, aucun doute là-dessus, lorsque la discussion serait terminé, et le blond parti, celui-ci allait sans doute beaucoup cogiter. Et la prochaine fois qu’il le verrait, Galène supposait qu’il fuirait. Il pensait que Tears était ce genre de personne là. A la fois capable de faire face à une réalité dure, cruelle, voir surprenante et en même temps de la fuir. Par facilité, par désespoir, par… Peu importait par quoi au fond, rien que le fait de penser qu’il pouvait le fuir lui donnait envie de déprimer sévèrement.

    Mais il ne fallait pas. Il ne fallait plus montrer ce côté abattu au beau blond face à lui, blond qui s’était remis à bafouiller des excuses et à essayer de rattraper les choses. Mais les mots que l’on prononce ne peuvent être ravaler. Tears aurait beau essayer, ils resteraient gravés dans l’esprit du brun. Pendant un certains temps, puis il passerait à autre chose, il ferait face à cette triste réalité. Parce que Galène était comme ça, à ne pas vouloir se laisser abattre à cause de sentiments non partagés. Parce qu’on comptait sur lui aussi, de différentes manières.
    Sa tasse à présent vide retourna se loger sur ses genoux et il leva ses grands yeux sombres sur le surveillant. Il aurait volontiers posé son index sur ses lèvres pour lui signifier, sans un mot superflu, qu’il n’avait plus besoin de parler, qu’il avait compris, qu’il pouvait retrouver une certaine sérénité. Et puis, il n’y avait rien eut de méchant dans ses gestes, dans ses paroles, non rien. Il avait juste parler un peu trop vite avec des mots un peu trop cru.
    L’observant essayer de trouver ses mots – maigre source de réconfort mais réconfortant quand même – il ne put s’empêcher d’esquisser un faible sourire.

    « C’est cette partie de toi que j’aime le plus, je crois…. Merci d’être si gentils avec moi. D’autres seraient déjà parti après mes aveux sans plus chercher à savoir ce qu’il adviendrait de moi »

    Il n’y avait pas d’hésitation dans ses mots. Il était sûr de ce qu’il disait, persuadé même qu’il fallait le dire. Être honnête, franc avec cet homme si sensible. Cet homme qu’il aimait tant, trop à en juger par la gêne qu’il avait occasionner. Mais c’était ainsi.
    Regardant sa tasse vide, son sourire toujours aux lèvres, il se leva lentement et alla la poser sur un torchon prêt de la vaisselle propre, tournant la tête vers lui, il continua.

    « Tu sais, tu n’es pas forcé d’éprouvé la même chose pour moi. J’avais l’impression de faire quelque chose de mal en te cachant mes sentiments... Mais je ne veux pas que cela devienne un fardeau pour toi ou que tu te sentes obligés envers moi, d’accord ? »


    Tout en parlant, il était revenu s’asseoir à sa place, face à Tears, emprunt de cette douceur étrange couplé aux calmes qui ne semblait jamais vouloir le quitter. Au fond, il ne pouvait rien y faire. Parce qu’il n’était pas du genre à sauter sur les autres et à les forcer. Il préférait que Tears sache. Que s’il avait besoin, il pouvait venir à lui. Et secrètement, il espérait même que, peut-être, il finirait par éprouver des sentiments semblables à son encore. Au fond, lui aussi était un grand sentimental ; mais d’un genre différent, du genre de ceux qui prennent leur mal en patience et attendent patiemment en restant en retrait, secourant juste leurs aimés au moment où ils en avaient besoin sans attendre en retour.

    { Car, vois-tu, chaque jour je t'aime davantage, Aujourd'hui plus qu'hier et bien moins que demain }

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Invité
Sujet: Re: Rétablissement Mer 30 Déc - 21:26

- C’est cette partie de toi que j’aime le plus, je crois…. Merci d’être si gentil avec moi. D’autres seraient déjà parti après mes aveux sans plus chercher à savoir ce qu’il adviendrait de moi.

Cessant de chercher ses mots, le surveillant ferma sa bouche d’un coup, comme un poisson. Et, embarrassé, il se mordillait la lèvre inférieure, baissant encore un peu les yeux. Parce que les compliments étaient toujours difficiles à avaler. C’était dur à accepter, parce qu’il avait envie de lui dire que non, qu’il se trompait, qu’il n’avait rien de gentil, qu’il y avait pensé aussi, à partir, parce que la situation le gênait trop. A force, les compliments qu’on lui faisait, il les connaissait : il était gentil. Mais c’était tellement… banal, insignifiant. Qui voudrait de quelque chose de juste gentil ? Alors même qu’il savait bien qu’il pouvait penser des choses méchantes parfois. Etre gentil, ça ne servait à rien du tout. « Il est comment ton petit copain ? » « Bah… il est… disons… il est gentil quoi. » C’était plat, c’était stupide… on pourrait croire qu’il n’aimait pas être gentil, mais c’était juste qu’il ne s’aimait pas des masses lui-même. Et pourtant, pourtant, ça le touchait ce genre de compliment, parce que lui aussi il aimait bien les gens gentils. Mais il savait bien que les méchants étaient plus passionnants, qu’il était plus palpitant, plus classes. Pas les profondément méchants, mais les gens un peu sombres, inaccessibles, mystérieux. Il fallait être fort pour avoir ce genre de caractère. Lui ne l’était pas, et il n’avait pas la force d’être désintéressé. Il était trop faible, il avait trop envie d’être aimé, il était… oui, il était trop gentil. L’être trop, c’était pas vraiment une qualité. C’était juste qu’il était faible. Alors non, il n’était pas tellement fier d’être gentil.

- … Les… les gens qui seraient partis… je… je pense pas… qu’ils auraient été… forcement méchants…

Ils auraient été trop gênés, trop embarrassés…. Ou alors ils auraient été trop gentils eux aussi. Et ils auraient voulu que Galène les oublie, pour ne pas le faire souffrir. Parce que tant que Tears restait là, assis, face à lui, il donnait de l’espoir à Galène, du faux espoir, et ça le ferait sans doute souffrir. C’était cruel. Qu’importe les choix, il n’y en avait jamais un plus gentil que les autres.

- Tu sais, tu n’es pas forcé d’éprouvé la même chose pour moi. J’avais l’impression de faire quelque chose de mal en te cachant mes sentiments... Mais je ne veux pas que cela devienne un fardeau pour toi ou que tu te sentes obligés envers moi, d’accord ?

Surpris, le blond leva des yeux un peu étonnés vers le professeur. Parce que ce qu’il lui disait ne lui était jamais venu en tête. D’accord, il avait peut-être vaguement songé à la possibilité de sortir avec lui, parce que c’était ce qui se faisait maintenant, sortir avec des gens sans forcement avoir de sentiments. Mais de là à se forcer d’avoir des sentiments… c’était… impensable. C’était surtout totalement impossible. Il avait pourtant cru que Galène avait compris qu’on ne tombait pas amoureux sur commande, que ce n’était pas quelque chose qu’on choisissait, que c’était quelque chose de totalement incontrôlable, rebelle, sauvage. Depuis quand on se forçait d’aimer quelqu’un ? D’accord on pouvait faire semblant d’être amoureux, on pouvait dire des Je t’aime à foison sans même le penser une seconde, on pouvait faire toutes les choses que les amoureux faisaient sans pour autant l’être. Mais il parlait de sentiments, de se forcer d’éprouver la même chose… comme s’il le pouvait. Comme si c’était quelque chose qui se forçait. Si c’était le cas, si on pouvait aimer et cesser d’aimer sur commande, il n’y aurait jamais eu autant de sang versé pour l’amour au cours de l’histoire. Il n’y aurait jamais eu de passions interdites. Jamais. Parce que ce n’était pas comme ça que ça marchait.

- ...

L’atmosphère était vraiment embarrassante, parler de sentiments, comme ça, un chocolat chaud dans les mains, ça le foutait vraiment mal à l’aise. Et qu’en plus il lui dise ça. Il savait bien qu’il essayait d’être gentil, ça ne faisait aucun doute qu’il l’était. Ses yeux bleus-gris sur lui, sa bouche tremblait un peu. S’ils n’avaient pas la même vision de l’amour, c’était encore plus gênant d’en parler. Déjà que le sujet l’embarrassait.

- Je… je… ne pense pas… qu’on… qu’on puisse se forcer… qu’on puisse forcer des choses… comme ça. Je… pense que… c’est pas… possible… alors ne… ne t’inquiète… pas.

Un faible sourire réconfortant. Parce qu’il savait bien que si ce genre de choses était possible, alors Galène n’aurait pas à souffrir autant. Quoiqu’il avait l’air d’aller mieux… c’était pas comme si… comme si se faire rejeter par lui était un truc vraiment douloureux. Parce qu’il était si insignifiant, et qu’il y avait plein de personnes beaucoup mieux pour Galène, que ça ne devait pas être bien sérieux, comme sentiment. Ca ne pouvait pas être ce sauvage amour. Juste que Tears lui plaisait, et quand quelqu’un qui nous plaisait bien nous disait gentiment que ce n’était pas réciproque, on passait à quelqu’un d’autre. Il le savait ça, Tears. Mais il ne pouvait pas s’empêcher de culpabiliser quand même.
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Sujet: Re: Rétablissement Jeu 31 Déc - 14:34


    { L'amour est comme la rougeole, plus on l'attrape tard, plus le mal est sérieux }

    Tears avait raison dans sa manière de voir les chose. Sans doute plus que Galène d’ailleurs. Mais le trentenaire ne possédait malheureusement pas la même manière de pensée que le blond qui ne devait sans doute plus savoir où se mettre. De toute façon, il savait déjà que ce qu’il avait dit ne pouvait être effacé de la mémoire du surveillant, que c’était trop tard qu’il ne se comporterait plus avec lui de la même manière que d’habitude. Au final, il avait de nouveau commis une erreur, la même que les fois précédentes mais cette fois, Andrew – son ami le plus proche – ne serait pas là pour lui prendre la main et l’entrainer en boite ou dans un tout autre endroit susceptible de lui changer les idées. Il ne serait pas là pour lui offrir des verres, le faire boire, le faire rire, l’entrainer dans une valse de la perdition. Il ne serait pas là pour essayer de lui faire oublier ses soucis récents et les déboires de son cœur, incapable d’aimer les personnes qui pourtant n’attendaient que ça.
    Oui, au fond, Tears avait raison de repousser ses avances, il pouvait s’en contenter, non, il le devait. Peut-être que, malgré la douleur intense qu’il ressentait dans le creux de sa poitrine, il s’en remettrait plus facilement que si le surveillant avait accepté de partager ses sentiments et son temps et qu’au final, après de longs mois de vie communes, il ne se lasse de lui comme sa précédente amante et qu’il ne l’abandonne à une douleur qui aurait été, alors, bien plus destructrice. Oui, Tears avait bien fait, Gabriel devait accepter cette situation, un point s’est tout. Il y était contraint, forcé, obligé, oui, il n’avait pas le choix. Il ne pouvait pas forcer le blond. Même si une toute petite voix au fond de son esprit lui soufflait qu’il n’attendait que ça. Ce qui était totalement vrai. Mais maître de lui, il ne cèderait pas, il ne voulait pas lui faire plus de mal qu’il n’en avait déjà fait. Et lorsque l’on aime quelqu’un on ne le force pas à faire le genre de chose auxquelles l’incitaient cette petite voix infâme, perfide et traitresse !
    Un léger soupir s’échappa d’entre ses lèvres. Ses yeux étaient devenus un instant vide. Cette situation lui rappelait des souvenirs, les souvenirs d’une sortie bien arrosée.

    Flash-back

    « Allez, Gabriel --♥ ! Sort avec elle ! Qu’est-ce que tu risques ?! De te prendre un râteau ?! Tu déconnes j’espère, elle n’attends que ça, que tu sortes avec elle ! »

    Andrew avait tapé sur son épaule brusquement, il avait manqué s’étrangler avec son verre de cocktail ; aujourd’hui, ils étaient une trentaines, fêtant l’anniversaire d’un ami commun. Et il y avait cette fille, cette belle rousse aux courbes effacées qui discutaient avec des amies à elle dont elle n’avait rien à envier. Le brun à ses côtés le connaissait par cœur, savait ce qu’il désirait le plus parce qu’il était comme un frère pour lui, un jumeau. Son meilleur ami. Et même si celui-ci nourrissait des sentiments à son encontre, il le poussait toujours dans la bonne direction, au risque de se faire du mal à lui-même.
    Alors le grecque s’était levé et ils étaient allé discuter avec les filles. Ils s’étaient bien amusés s’étaient indéniables. Et au matin, ils sortaient ensemble. La rousse et lui.
    S’en était suivit de longs mois de vie commune, riche en émotion, pendant lesquels ils avaient eut le temps d’apprendre à se connaître et à s’épanouir.
    Mais ce petit bonheur, ce petit bout de paradis ne dura qu’un et demi ; car un beau matin alors qu’il se levait tard, comme d’habitude les jours où il ne travaillait pas, elle l’attendait, assise calmement devant un café et la phrase tomba lourde de sens.

    « J’en ai marre de toi. Je prends mes affaires et je m’en vais. Gabriel, demain je ne ferai plus partie de ta vie et je ne veux plus en faire partie. »

    Il n’avait rien trouvé à rétorqué, encore trop endormi, trop choqué, trop surpris par cet aveux. Elle s’était levé en soupirant, était passé à côté de lui, penaud et débraillé comme jamais, allant faire ses valises.
    Et elle était partie, comme elle le lui avait dit. Quelques heures à peines s’étaient écoulées entre sa décision égoïste et son départ. Et le brun n’avait rien fait pour la retenir malgré son cœur mis à mal

    Flash Back

    C’était la meilleure des choses à faire. C’était la meilleure décision à prendre. Rester ainsi. Oui, c’est ce qu’il pensait. Même si ça faisait vraiment mal. Il devenait même impoli dans sa tête. Il devrait finir par s’habituer à cette douleur au creux de sa poitrine. Ou alors il devrait devenir insensible… Mais là, il doutait sérieusement en être capable. Changement radical de personnalité ; trop compliqué.
    Ce qu’il avait dit au sujet d’une obligation d’éprouvé des sentiments avait été très mal formulé ; mais qu’importait à présent, une erreur comme celle-ci ne pouvait pas être rattrapée si ce n’était fait immédiatement. Ce n’était décidément pas la journée des réflexions profondes pour le brun…
    Et puis Tears lui exposa sa manière de voir les choses, manière bien plus honorable plus juste et il lui demanda de ne pas s’inquiéter, lui offrant même un sourire qui semblait porter une once de réconfort en lui, chose que nota Galène. S’il était réellement retombé aux moments de ses émois adolescent, il aurait rougis soudainement devant ce simple sourire.
    Diable de la tentation. Voix suave dans sa tête. Frisson désagréable courant le long de sa colonne vertébrale. Ne résiste plus ! Saute-lui dessus ! Allez ! Arrête de lutter ! Cède ! C’est ce qu’elle lui disait avec véhémence et lui perdu, fixait les lèvres du surveillant.
    Moment gênant. Pour l’un comme pour l’autre, aucun doute là-dessus. En fait, peut-être qu’il aurait dû partir dès le départ ; ça aurait été net, clair, précis et il ne culpabiliserait sans doute pas autant. Et les nerfs de Galène ne joueraient pas autant avec lui non plus.
    Il finit par fermer les yeux, renversant sa tête en arrière un instant avant de le regarder de nouveau.

    « Oui, je crois que tu as raison. Ce que j’ai dis était idiot. Pardon. »


    Et que pouvait-il dire d’autres ? Il ne savait pas. Il n’avait plus vraiment de quoi relancer la conversation. Et puis la situation semblait devenir de plus en plus gênante mais quoi qu’il advenait du temps futur, il résisterait à ses pulsions masculines et il ne le chasserait pas de la pièce. Il le laisserait partir quand celui-ci en aurait envie, quand il ne pourra plus tenir dans ses lieux étouffant. Pas avant.

    { L'amour ôte l'esprit à ceux qui en ont et en donne à ceux qui n'en ont pas }
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Sujet: Re: Rétablissement Jeu 14 Jan - 21:42

Tears était passif, faible, mou, légume, faible, je l'ai deja dis, inerte, inactif, masochisme. Tears avait besoin d’action, de force, de dynamisme, de passion, de vivacité, de résistance, de sadisme. Sinon il restait légume. Pourtant, il était sensible, habité des mœurs les plus tourmentés, les plus violentes, les plus combatives. Et quand il laissait sortir ces mœurs, quand il laissait une personne les voir, il s’emportait, il se noyait dans la houle puissante. Tears était un jeune homme qui avait besoin d’être stimulé, secouer, battu, forcé. Tears était ce genre de personne. Une carapace qu’il fallait casser d’un coup, brutalement… mais à l’intérieur, quelque chose plus fragile que la plus fine couche de cristal. Comment casser l’un sans l’autre ? C’était toute la question, toute la chiantise qu’un caractère comme celui de Tears pouvait apporter. Oui, il était chiant. Et il le savait parfaitement, et ça le faisait chier lui-même. Un long silence. Est-ce qu’il avait encore dit une connerie ? Est-ce qu’il lui avait encore fait mal ? Un soupire. Un grand vide, un blanc, un rien. Le nombre de silence qu’ils avaient eu… et la durée, ce n’était presque pas humain. Et il se sentait seul Tears, dans cet instant lent et angoissant. Il se sentait délaissé, il se sentait mit à l’épreuve, il se sentait mal. C’était sans doute cette chiantise qui faisait fermer les yeux de Galène, avant qu’il ne rejette un peu la tête en arrière.

- Oui, je crois que tu as raison. Ce que j’ai dis était idiot. Pardon.

… Alors il avait réfléchi. Pendant tout ce temps, il avait réfléchi à ce qu’il lui avait dit ? Hochant un peu la tête, il ne savait pas quoi répondre à ça. Non, il ne savait pas. Il n’était pas assez à l’aise pour disserter sur l’amour, là maintenant, et faire un remake du Banquet. De loin, sans même connaître ces deux hommes assis face à face, on pouvait clairement voir qu’ils n’avaient pas la même conception des choses. Pas cette même conception de l’amour. L’un avait besoin d’une relation calme, attendant platoniquement que l’amant exprime explicitement ses désirs avant de bouger le petit doigt. L’autre, enfermé dans sa routine, voyait l’amour comme une aventure où il ne suffisait que d’un regard, d’un rien, de rien, pour déclencher les mœurs les plus bestiales. Et ça faisait deux hommes qui attendaient. Et ca ne rimait absolument à rien. Tears aimerait aider Galène de son mieux mais il ne savait absolument pas quoi faire. Il n’avait aucune idée de quoi faire. Le trou noir. C’était malpoli de partir sans y être invité, mais ils ne faisaient que tourner en rond, et Tears ne servait à rien d’autre qu’à l’ennuyer et lui faire mal. C’était absurde, tout ça. Lentement, il but une gorgée de chocolat chaud.

- … Hm… alors… heu…

Pourtant il fallait bien parler, trouver quelque chose à dire, briser ce silence atroce. Mais il ne savait absolument pas quoi dire. Genre, vraiment rien. Un soupire, il regarde un peu sur le côté, les épaules abattues. Il attendait quelque chose qui ne viendra jamais. Il attendait, attendait, et c’était toujours un grand blanc. Il finit sa tasse, plus une goutte. Et promet moi que je n’attends pas pour rien.

- … Désolé de… ne pas…

Les mots lui manquaient. Ils lui manquaient alors que quelques mois auparavant, il avait appris à parler un peu normalement, il avait réussi à parler sans pauses, à tout dire. Il avait reprit confiance en lui, un peu. Et même seul dans sa chambre, il avait été si triste, si fâché, si hors de lui que si quelconque entrait, il le déblatérait des flots de paroles d’un type qui ne savait plus quoi faire de sa vie. Mais il avait appris à assumer, à dire, sans honte. Maintenant, c’était comme s’il avait régressé. Comme si on lui avait redonné cette honte de dire, cette maladresse, cette faiblesse. Juste parce qu’il était sorti, qu’il… qu’il essayait d’avoir tiré une certaine force de tout ça, d’être devenu plus fort. Et ce professeur avec qui il n’avait jamais eu une relation très bavarde, qu’il avait toujours trouvé trop calme, trop distant, ce professeur là lui disait des trucs bizarres. Qu’il l’aimait ; tout ça, alors que non, c’était pas possible. Surtout après ce qu’il s’était passé. Est-ce qu’il était au courant qu’il était sorti avec un orphelin ? Surement, sinon il ne serait pas aussi sur que Tears soit homosexuel. Alors depuis combien de temps il… ? Et pourquoi maintenant. Il ne pouvait pas partir, vu que Galène avait énoncé plus tôt qu’il n’aimait pas les gens qui s’enfuyaient. Pourtant il en avait vraiment envie, Tears. Parce qu’il se sentait plus mal que jamais, plus faible et inutile que jamais. Ca, il pouvait endurer. Mais il sentait surtout que le brun ne devait pas se sentir mieux : il venait de se faire jeter, et le cruel qui l’avait envoyé chier restait là, dans sa chambre, à boire un chocolat. Un soupire.

-… J’aurais aimé… pouvoir… mais… mais je peux pas… je peux pas… alors…

Replaçant une mèche blonde derrière son oreille, le regard déviant, il posa sa tasse vide sur le support le plus proche et finit par se lever. Lentement.
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Sujet: Re: Rétablissement Dim 27 Juin - 9:33

    { L'homme raisonnable s'adapte au monde...}

    Oh ce n’était vraiment pas gagné pour le brun, bien que ce dernier aurait sans doute du mal à passer à autre chose ; enfin du moins il y arriverait mais en même temps il penserait toujours « et si j’avais fais ci… Ou bien ça… Ou dis ça… etc. » et resterait un peu sur le passé même s’il préférait regarder l’avenir, sans cesse. Il faisait parti de ces personnes capables de s’adapter aux situations et en même temps capable de regretter amèrement les choses qu’il avait effectuées. Complexité purement galènienne, une fois encore. Enfin, de toute façon il n’était pas capable d’action, de force, de dynamisme, de vivacité, de résistance, de sadisme bref de toutes ces choses dont Tears avait besoin ; enfin si on omettait la passion, car ça il était capable de lui en offrir, beaucoup même. Mais sinon il ne pouvait lui offrir que calme, sérénité, tranquillité, passion, tendresse… Amour. Bien qu’à présent, il savait que le blond n’avait pas besoin de ça ; enfin pas du sien en tout cas.
    Bref, il allait vraiment falloir qu’il se décide à passer à autre chose, du moins, quand la situation serait devenue plus compliquée. Parce que peu à peu, son cerveau ne cessant de travailler, il comprenait des choses qu’il n’avait pas du tout envie de comprendre, de connaître, d’imaginer ; il voulait y rester aveugle, parce que sinon il sentait que cette stupide douleur allait devenir encore pire. Stupide douleur, stupide situation, stupides sentiments, stupide présomption ! Oui, il avait été bien arrogant, bien présomptueux de croire un instant que son amour puisse être partagé. Parce que Tears méritait mieux que lui, il méritait quelqu’un capable de prendre bien mieux soin de lui que le grec ! Voilà, c’était tout, c’était simple, il ne fallait pas chercher midi à quatorze heure, pas besoin d’y réfléchir plus que ça ! Donc son cerveau pouvait entamer le mode veille. Ce qu’il ne se décidait pas à faire en fait, continuant de savant calculs sans queue ni tête pour une simple histoire de sentiments ; en bref, il ne savait plus comment penser ; et il ne sentit pas la gêne qu’il avait occasionné, enfin le mal-être lors de son long moment de réflexion.

    Quoi que maintenant qu’il le voyait hocher la tête, il se demandait s’il n’avait pas oublié son attention ailleurs pendant un court instant ; bah trop tard de toute manière, ce qui était fait était fait. D’ailleurs, il aurait sans doute mieux valu pour lui qu’il ne dise rien, absolument rien de ses sentiments ; lorsqu’il observait Tears à présent, un peu à la dérobé pour le pas le gêné plus, il se rendait compte à quel point il avait pu le mettre mal à l’aise et il s’en voulait énormément à présent. Comment faire pour se rattraper ? Une autre tasse de chocolat chaud n’y changerait rien, au contraire il sentait que ce serait pire encore pour le blond s’il lui en proposait une. Et puis de toute façon sa tasse était loin d’être vide n’est-ce pas. Ne pas avoir la même conception de l’amour que lui, ne signifiait pas pour l’enseignement qu’atteindre son but était impossible ; peut-être que s’il arrêtait de penser, s’il arrêtait de réfléchir, il arriverait à aborder la situation de manière plus naturelle, de prendre plus de temps.
    Non, il n’aurait rien du lui dire, il aurait du tout garder pour lui, ne pas le pousser dans l’embarras ; parce qu’il aurait du prendre son temps, faire en sorte de mieux le connaître avant, de ne pas brusquer les choses, de l’amener simplement à l’apprécier petit à petit comme son collègue, puis son ami et puis… plus si affinité, vous comprenez ? Mais non, il avait joué l’idiot en se sentant coupable de lui cacher de telles choses et maintenant il se sentait coupable de le lui avoir avoué. Que de contradiction pour un simple homme ! Comme s’il était incapable de prendre des décisions et de s’y tenir. Quelle belle maturité d’esprit Galène, je te félicite ! Non vraiment !
    Et la voix fluette de Tears le tira de ses sombres pensées, de nouveau, il l’avait lâchement abandonné dans ce silence déplaisant ! Il se traita silencieusement d’abruti alors qu’il posait ses yeux clairs sur le visage du surveillant, son attention toute rassemblée, prêt à écouter la moindre syllabe de ce qu’il allait lui dire.
    Bégaiement.
    Oh bien sur, ca ne dérangeait pas le grec mais il se sentait quand même un peu mal pour le blond, ça faisait beaucoup d’épreuves en un très court laps de temps ; décidément, le crétin qu’il était ne lui simplifiait absolument pas les choses. Et de ce qu’il savait ou de ce qu’il ignorait dans son ancienne relation avec Octave, il n’en faisait pas le moindre commentaire. Tout ce qu’il savait c’est qu’il en voulait à l’orphelin de l’avoir abandonné d’une telle manière, de l’avoir laissé sombrer un long moment dans la dépression, parce qu’il n’avait pas été capable de prendre soin de lui.
    Enfin non… Quoi que…
    Peut-être qu’à l’époque, les deux amants non plus n’avaient pas la même conception du verbe Aimer ; peut-être que… Rah mais cesse donc de te poser des questions sans importance ! Vois dans quel pétrin tu as mis le blond à cause de tes actes et de tes paroles, il ne sait plus sur quel pied danser !
    Il esquissa un sourire rassurant

    « Non non, ne t’inquiètes pas, c’est de ma faute ! Absolument pas de la tienne… »


    Et il le vit poser sa tasse, puis se lever, lentement, très lentement. Nouveau silence. Et son esprit devint blanc.

    Il allait partir ; quitter la chambre ; le laisser seul ; sur ces entrefaites, dans ce malaise qui était le leur ? Comme ça, juste comme ça ?... En même temps, le silence était sans doute pesant, gênant parce que le brun n’arrivait pas à trouver un équilibre entre ses pauses, ses réflexions, ses discours. Alors le blond pensait qu’il était grand temps de délaisser la pièce, la petite chambre du professeur et de s’en aller. Et Galène ne réagit pas, enfin en apparence il ne réagissait pas, il était juste tendu, sur sa chaise, incapable d’esquisser un geste alors que dans son esprit, une voix criait, s’insurgeait, l’insultait, le menaçait « Mais qu’est-ce que t’attends pour le retenir ?! Mais réagit bon sang, tu ne vas pas le laisser comme ça ?! Pas maintenant qu’il va mieux !! T’imagines, il rechute à cause de toi, tu vas faire quoi ? Vous allez vous éviter jusqu’à ce que l’un ou l’autre ne travaille plus là ?! »
    Et ensuite il ne resta qu’un seul mot dans son esprit maltraité, résonnant, de plus en plus fort, avec une tonalité clairement injonctive : Bouge ! Bouge ! BOUGE !!
    Et son cœur, sous cet ordre avait esquissé un geste, il s’était levé, avait délaissé la tasse qui encombrait ses mains à sa place, sur la chaise, et avant même de s’en être rendu compte, avant que le blond n’est posé la main sur la poignée de sa porte, avant même qu’il n’est pu en franchir le sol, il avait été derrière lui, avait glissé ses mains autour de sa taille en une ultime étreinte. Et la voix, imbécile de petite voix qui dans sa tête ricanait, contente d’elle, continuant de le soudoyer par ses paroles enjoliveuses « bah voilà… Quitte à ce qu’il te déteste, autant que ce soit pour quelque chose que tu as fait, non ? Ça ne vaut pas le coup de regretter quelque chose que l’on n’a pas pu faire. Et puis, s’il ne le veut vraiment pas, même en étant le plus gentil mec du monde, le plus attentionné, il te repoussera, il t’arrêtera, donc laisse-toi aller… Galène, exauce tes souhaits… »
    Et lui, le cerveau en arrêt momentané, comme un ordinateur qui aurait planté, il ne savait plus vraiment ce qu’il faisait ; il sentait juste le corps frêle entre ses bras, comme un peu plus tôt dans la journée, les vêtements mouillés en moins, il pouvait sentir sous ses doigts, les formes de son corps dissimulées habituellement par ses vêtements trop grand. Il ne parlait pas, n’en avait pas la possibilité, comme habité par une volonté extérieur à la sienne. Il avait abandonné son calme, son attitude « cool » et surtout, son self-control. Il avait glissé son nez sous les cheveux blonds, contre le cou, respirant son odeur, ses lèvres ne tardant pas à effleurer la peau tendre, incapable de résister à ces soudaines impulsions que la voix imaginaire avait provoquées chez lui. Mais il allait le regretter, il le savait au fond de son cœur, ouvert, qui cognait dans sa poitrine dans un rythme bien trop rapide pour être encore en repos ; il paniquait et en même temps incapable de réfléchir, de trouver une solution.
    Il ne voulait pas que tout soit fini, il ne voulait pas que Tears le haïsse jusqu’à la fin de ses jours, mais il ne voulait pas non plus abandonner. Il avait envie de crier, de laisser sortir le flot de sentiments qui le rendait fou. Il était comme un homme au bord du gouffre, tiraillé entre son désir de tomber pour ne plus souffrir et celui de vivre encore pour découvrir des choses plus belles encore que celle qu’il avait perdu. Et il restait à regarder le vide, indécis.

    Je t’en prie, arrête moi…. !
    Ou bien alors, ne me rejette pas.

    {... L'homme déraisonnable s'obstine à essayer d'adapter le monde à lui-même }


[... Pardon d'avoir mis tant de temps pour répondre ça --']
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Invité
Sujet: Re: Rétablissement Sam 31 Juil - 11:31

(T'inquièèèteuuu. Pour ma part, ferme les yeux sur les fautes, j'avais pas mon correcteur orthographique et là j'ai la flemme de relire D: )

Ca ne marchait pas comme ça. Ca n’avait jamais marché comme ça. C’était cruel, c’était injuste, mais ce n’était pas parce qu’on souffrait en essayant d’obtenir quelque chose qu’on l’avait systématiquement. Et ce n’était pas parce qu’on souffrait dans cette quête qu’il ne fallait pas essayer. Ce n’était pas parce qu’on était sûr de ne pas l’avoir qu’il ne fallait rien faire. Et ce n’était pas parce que, finalement on le faisait, qu’on l’avait. Les efforts ne sont pas toujours récompensés, ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas en faire. Ne pas s’enliser dans son échec, mais multiplier les efforts pour que le pourcentage d’échec trouve son compromis dans un pourcentage de réussite. Les efforts ne sont pas toujours récompensés non, soit parce qu’on s’en fout, soit parce qu’on ne les voit pas. Tears ne les voyait pas. Il ne voyait pas pourquoi Galène avait besoin d’en faire, donc c’était tout naturellement qu’il n’en faisait pas. Et s’il n’en faisait pas, si c’était si peu sérieux, alors tant mieux, c’était beaucoup plus facile. Pas de culpabilité, pas de contrainte compassionnelle, de pitié. Ainsi il ne pouvait pas accepter de sortir avec lui par simple gentillesse. Mentir pour ne pas blesser, prendre sur soi, être contraint. Le professeur ne semblait pas affecté, c’était tout naturellement qu’il ne l’était pas. Ou qu’il ne voulait pas qu’il le soit. Vraiment, il ne fallait pas qu’il le soit, il fallait qu’il s’en fiche. Ca lui permettrait d’être honnête, ou du moins de l’être plus facilement. De ne pas souffrir de la compassion et de l’idée d’être cruel.
Il s’était dit, pourtant, que sa préférence pour les personnes désagréables était malsaine. Qu’il valait mieux pour lui de se tourner vers les gens aimables et moins turbulents. Et Galène était ce genre de personne. Tendre et calme. Comme une jolie reconversion. Impossible reconversion. Il y avait comme rejet, comme une greffe qu’on refusait. Il voulait bien lui, avoir un nouveau cœur, mais son organisme le rejetait. Indépendamment de sa volonté, son organisme le rejetait. Un adepte des choses dégueulasses et mauvaises pour la santé ne pouvait pas devenir végétarien d’un coup et aimer ça. Même après avoir eu une saloperie d’indigestion à cause d’une de ces horribles cochonneries alimentaires, il ne pouvait pas se reconvertir. Parce que c’était tout simplement le fait de fréquenter ce qu’on appelait les "bad boys" qui le faisait évoluer un peu. C’était grace à ça qu’il réussissait à s’ouvrir, qu’il avait plus confiance en lui. Il fallait qu’on l’agresse pour qu’il se sente mieux dans sa peau, qu’on l’agresse et qu’on lui dise des trucs gentils après. Les trucs gentils tout seuls, ça ne marchait pas, c’était du flan. Il fallait préparer le terrain pour que ce soit efficace. On pouvait voir de l’égoïsme dans le fait qu’il pensait tout d’abord aux intérêts que lui seul pouvait tirer d’une relation amoureuse et non de ce que lui-même pouvait donner. Mais c’est juste qu’il était dans l’impossibilité d’imaginer les intérêts que les autres pouvaient tirer de lui. A part le seul appétit sexuel, et encore, il était loin d’être doué pour ça. Pourtant il y avait l’amour, bien sur qu’il y avait l’amour. C’était la seule chose qui pouvait donner de l’utilité à l’inutilité, de l’intérêt de l’inintéressant, de l’action à l’immobilité. Mais c’était rare, vraiment rare. Et les chances pour que quelqu’un éprouvant ce rare sentiment voit la personne pour qui il les nourrit, être affecté de ces mêmes émotions, et de plus envers lui, sont rarissimes. L’amour, ça craint, donc. Et surtout, il ne le méritait pas.
Oui, il avait besoin qu’on s’inquiète pour lui, il avait besoin de mots doux, de tendresse. Mais pour qu’il se lâche, pour ne pas qu’il reste enfermé dans son cocon calme et bégayant, il lui fallait de la force. Deux envies contradictoires totalement utopiques, tendresse et violence, douceur et force. Parce que quand votre toute première relation avait suivi ce schéma, c’est tout naturellement que vous cherchait à le reproduire. C’était comme poursuivre un fantôme, chercher un remplaçant parfait. Un sosie, un clone. C’était malsain, sans doute. Mais une chose était sur : en voulant trop protéger un oiseau dans son nid, on l’empêchait de s’envoler. C’était peut-être ça qui l’éloignait de Galène, qui produisait cette effet de rejet. Il savait que ça allait sans doute se produire.

- Non non, ne t’inquiètes pas, c’est de ma faute ! Absolument pas de la tienne…

Voilà. C’était ça. Alors qu’il fallait ou lui dire que c’était sa faute, ou le tarter en lui hurlant à quel point il était con. Sinon ça ne rentrait pas dans sa tête à la noix. Il n’avait pas besoin de quelqu’un qui paniquait comme lui, apeuré à l’idée qu’on le haïsse, faisant une crise de paranoïa en croyant que Tears rechutait et culpabilisant en pensant que c’était sa faute. Il n’avait pas besoin d’un deuxième lui. Pourtant il l’aimait bien, Galène. Pourtant il serait ravi de voir à quel point ce dernier s’inquiétait pour lui. Pourtant ça ne pouvait dépasser l’amitié. Est-ce qu’une fois encore, c’était sa faute ? Oui sans doute, car il était l’homme déraisonnable qui en avait marre de s’adapter au monde, et qui voulait l’adapter à ses envies, et poursuivre un fantôme.
Il voulait se tourner pour dire en revoir poliment, pour s’excuser, pour prendre congé. A la place, il poussa un cri. Un cri que des bras extirpèrent de son thorax, des bras qui l’enlacèrent soudainement, avec une précipitation quelque peu effrayante. Paralysé, les yeux grands ouvertes, les membres contractés, il sentit un nez contre sa nuque. Son nez contre sa nuque, et il le sentait qui humait sa peau, il frissonna de mal-être. C’était déplacé et ça l’était d’autant plus que ça venait de quelqu’un comme Galène. La seconde d’après, des lèvres qui caressaient sa nuque, sans gène, des lèvres inconnues. Ca le rebuta immédiatement et dans un sursaut rapide du à un spasme désagréable, il s’arracha brutalement des bras du professeur comme s’il s’était brulé. Les yeux effarés, le dos contre la porte, la bouche entre-ouverte, mains collés contre le bois. Il le regardait sans savoir quoi dire. Parce qu’en plus d’être déplacé, ça ne lui ressemblait pas. C’était comme voir une danseuse étoile en train d’essayer de chanter du rap. Il était juste abasourdi, et choqué. Car même si cette situation s’était déjà présentée le jour même, c’était sa répétition qui mettait mal à l’aise. Car ça montrait qu’il était sérieux. Ca montrait qu’il allait avoir de quoi culpabiliser. Et cela avait commencé la seconde suivant le rejet plutôt brutal du surveillant, la seconde où il avait pris conscience que sa réaction pouvait être facilement perçue comme du dégout ou de la répugnance. Ca avait été sec et impulsif. Mais il y avait des choses que, même en étant gentil, on ne pouvait contrôler. Ne soit pas assez égoïste pour croire que je te déteste.

-P-pardon, c’est pas ce… ce que… je…

Il avait envie de fuir, de s’enfuir. Parce qu’il ne voyait pas comment il pouvait bien se justifier. C’était juste l’intimité. Ce genre d’intimité, ces lèvres sur son cou, quand il n’avait pas de désir particulier envers la personne, ça le rendait vraiment trop mal.

… Je… pardon…

Et il quitta la pièce précipitamment.
Évolution ou régression ? Allez savoir.
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Rétablissement

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